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Les chapitre 17 et 18 de Nimrodh les oubliés en ligne sur le site d'Écritures plurielles !

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 Odyssée d'un Vampire

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ChaoticPesme
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MessageSujet: Odyssée d'un Vampire   Mer 22 Nov - 0:06

Cette histoire et adaptée est inspirée du jeu Legacy of Kain : Blood Omen. Les personnages de cette histoire sont la propriété de Crystal Dynamics et Silicon Knights.



Chapitre I : L’assassinat


Je devais m’arrêter. Cette nuit, j’avais fait trop de chemin. Même dans l'obscurité mes yeux me faisaient souffrir. Souffrir de vouloir se fermer alors qu’il fallait encore que je continue. Il fallait que je m’arrête pour la nuit, mais je ne pouvais pas le faire ici.
Depuis des heures, je pataugeais dans la vase de ce long chemin forestier qui n’en finissait pas. La pluie et cette boue salissait mon armure au point que je croyais bien qu’elle perdrait pour toujours sa belle blancheur immaculée. Cette pluie aussi, n’en finissait pas. J’étais trempé jusqu’aux os, et me sentais aussi lourd qu’une enclume de forgeron. J’étais devenu abruti de fatigue, le moral dans mes chausses trempées. Sur cette route, il y avait quelques rares lanternes dont la lumière était assez intense pour me maintenir éveillé, mais les forces de Dame Nature semblaient ce soir, prendre un plaisir malsain à me torturer physiquement. J’étais exténué, harassé, et trempé... Quand je pensais à ce que j’étais devenu ces dix dernières années, quelle déchéance ! Jamais je n’aurais cru qu’un homme au sang noble comme moi, soit obligé de faire cela : Tout quitter, pour partir vagabonder dans tout Nosgoth, sans savoir ou aller, avec la peur du lendemain au ventre. Les conteurs et les écrivains appelaient cela « partir à l’aventure », quelle plaisanterie !
Ma famille dépossédée de ses biens, déchue, humiliée par les classes inférieures... Puis Dieu, dans son sadisme infini, était venu par la suite ajouter la touche finale, comme la cerise sur son immense gâteau : Le fléau. La terrible maladie qui s'était répandu à une vitesse phénoménale dans ma ville, puis dans les villages alentours, puis dans presque tout le Nord Ouest de Nosgoth. J’avais été alors contraint de fuir, de tout abandonner, de peur que ce mal qui ravage tout sur son passage ne m’atteigne mon aussi...
C’était il y a 5 ans, il me semblait encore que c’était hier. Je n’avais pas choisi cette vie tourmentée et chaotique, c’était seulement Dieu, dans son infinie cruauté, qui l’avait décidée pour moi...
Je me jetais, dos contre le troc d’un arbre, laissant tomber mon épée au sol. Je n’en pouvais plus, il fallait que je me repose tout de suite ! Mes longs cheveux noirs et mouillés me couvraient la vue et me bouchaient les oreilles, je n’entendais, et ne voyais quasiment plus rien. Je sentais mes yeux se fermer enfin, malgré ce déluge qui ne voulait toujours manifestement pas s’arrêter... Je savais que j’allais dormir ici d’un sommeil agité, mais je n’avais pas le choix, mon corps ne voulait plus bouger, ma tête ne souhait qu’une chose en cet instant : Lui obéir pour se reposer.
Je me réveillais, l’esprit embrumé. J’ignorais combien de temps j’étais resté contre le tronc de cet arbre, mais lorsque je dégageais mes cheveux, la pluie ne s’était toujours pas arrêtée et il faisait encore nuit noire. Je me sentais un peu plus reposé, mais pas suffisamment pour reprendre vraiment ma route au travers de ce chemin boueux. Cependant, je ne pouvais pas rester plus longtemps ainsi, au risque d’attraper une quelconque maladie à cause de cette humidité qui ne ferait que me ralentir encore plus. Alors que je m’appuyais sur mon épée pour me relever, mon regard se posa un peu plus loin, sur un poteau de bois au dessus duquel trônait une lanterne. Celle-ci émettait une lumière jaunâtre assez faible, mais elle me permit de voir également ce qu’il y avait à côté : Un panneau indicateur ! Peut être allais-je enfin arriver à un village dans cette épaisse forêt ! Je me précipitais aussi rapidement que je pus vers la lumière et regardais ce qu’indiquait le panneau.
_ Ziegsturhl, 1 mile, me dis-je à voix haute
Je m’aperçus avec dépit que j’avais encore du chemin à parcourir, mais au moins, arrivé à destination, j’aurais peut être la chance de trouver dans ce trou perdu une auberge ouverte...
Après encore une heure de marche, la pluie cessa enfin. Je me sentis doublement soulagé qu’elle s’arrête alors que j’étais en vue du village vers lequel le panneau m’avait dirigé. Il était simplement constitué de 4 petites habitations de bois, et d’un bâtiment un peu plus grand, qui faisait surement office de taverne. Celui-ci possédait la seule porte qui n’était pas fermée à cette heure de la nuit.
Ainsi donc, il n’y avait en définitif, aucun endroit dans ce maudit village tant attendu où je puisse passer la nuit... Quelle plaie ! Je me dirigeais, alors que la fatigue commençait à reprendre le dessus sur mon courage, vers ce grand établissement, avec l’infime espoir de pouvoir au moins m’y restaurer. Je poussais la porte d’entrée qui s’ouvrit dans un grincement. Il y avait à l’intérieur une petite 10ène de tables en bois, sur lesquels étaient posés des assiettes sales et des chopes vides. Apparemment, le ménage et l’entretien de son établissement n’était pas la priorité du maître des lieux ! La porte d’entrée était ouverte, pourtant, l’établissement avait l’air désert.
_ Oh hé ! Il y a quelqu’un ?
Malgré la grandeur de la salle, ma voix ne résonna quasiment pas. Voyant que personne ne répondait à mon appel, j’allais m’accouder au comptoir tout au fond de la salle. Vu d’ici l’établissement paraissait rustique, même ancien, car le bois était vermoulu à certains endroits. Je rêvassais depuis quelques minutes, lorsqu’enfin, un être humain apparut, sorti d’une porte dérobée. C’était un homme grassouillet, barbu et chauve, portant un tablier tâché de choses dont je n’aimerais pas vraiment connaître la nature. Je pensais pouvoir enfin faire une pause dans mon voyage en buvant et mangeant quelque chose pour oublier mes difficultés, mais le tavernier prit les devants en me disant :
_ La taverne ferme ! Tu ferais mieux de passer ton chemin étranger !
_ Comment ? Même pas une chope de bière pour un voyageur fatigué venant de la lointaine Coorhagen ?
J’hésitais un instant, puis je continuais.
« La rétribution sera conséquente, car je suis un homme de sang noble. »
_ Je ne reste ouvert pour personne, en ces temps ténébreux. Des choses qu’aucun homme sain n’accueillerait apparaissent la nuit !
Je serrais très fort le pommeau de mon épée en lançant un regard assassin à cette outre pleine de bière... A cause de ce manque d’énergie et de sommeil qui me rattrapais, j’avais une irrésistible envie de m’en servir contre ce dégénéré. Aussi, le mieux que j’avais à faire, c’était de partir, pour éviter de commettre une bêtise irréparable. Car j’imaginais que même dans ce village perdu au milieu de nulle part, les crimes devaient aussi se payer... Je partais alors sans me retourner, forcé de reprendre ma route dans la longue nuit amère.
Comme pour annoncer mon infortune à tout Nosgoth, la pluie se remit à tomber de plus bel, lorsque je sortis de la taverne. Je levais machinalement la tête quand je sentis les premières gouttes sur mes cheveux, qui avaient à peine eu le temps de sécher à l’intérieur de l’établissement. Je me disais que les Dieux avaient réellement décidés de me faire de moi leur souffre douleur pour cette nuit. Je pensais à ce moment, que le pire était à venir, que je devrais supporter cette pluie pendant le reste de la nuit, jusqu’à ce que les lueurs du jour me réchauffent un peu le cœur. Cependant, mon sort semblait être tout autre...
Lorsque je baissais la tête pour m’apprêter enfin à partir de cet endroit, je vis arriver vers moi huit hommes. La plupart d’entre eux étaient vêtus de haillons et leur tête était couverte d’une capuche. Elle leur couvrait la tête, mais ne cachait pas leurs visages. Ceux-ci étaient banals, oubliables au-delà du possible, mais ce qui les singularisait était cet espèce de rictus colérique, comme s’ils étaient enragés ! Ils étaient encore à une 30ène de mètres de moi et ne m’avaient sans doute pas encore vu dans cet obscurité, machinalement, je posais la main sur la garde de mon épée... Qu’est ce que des brigands fichaient dans ce village perdu à cette heure de la nuit ? Etait-ce... Pour moi qu’il étaient venus ?
Alors qu’ils se rapprochaient, j’essayais de discrètement passer sur le côté de la taverne, pour ne pas attirer leur attention, mais c’était sans compter l’homme qui était en tête. Il projeta son regard fou sur moi, et éructa à qui voulait l’entendre :
_ C’EST LUI !!
Les autres réagirent à ce hurlement en dégainant tous leur épée et la brandirent vers le ciel. Je serrais les dents en dégainant la main, tandis qu’ils accélérèrent leur pas en ma direction. Un frisson me parcourut tout le corps jusqu’à faire trembler mon armure... Je savais que je n’étais pas assez en forme pour faire face à tant de brigands à la fois, je le savais...
Un éclair éclata au dessus de ma tête, tandis qu’un déluge de fer me frappa de plein fouet. Je résistais tant bien que mal, essayant d’éviter de me faire tailler en pièce au premier assaut. Je résistais, je réussis même à en tuer deux d’entre eux, mais les autres semblaient increvables, comme s’ils étaient possédés ! Mon armure n’était pas intégrale et mes ennemis savaient exactement où frapper pour me blesser. A ce rythme là, je ne pouvais pas tenir très longtemps...
J’avais encore pourfendu un de ces mécréants, mais je n’en pouvais plus. Je n’arrivais plus à bloquer la pluie de coup qui me tombait dessus tellement l’effort demandé était intense, j’étais trop épuisé ! Ma vue se troublait, je perdais trop de sang, Bon Dieu, je perdais trop de sang !
Au bout de quelques minutes encore, s’en était fini, les brigands s’étaient arrêtés. La tête dans l’herbe boueuse, je regardais la lame mon épée brisée en deux pendant la bataille. Je souffrais le martyr de mes blessures, ça faisait mal, si mal... J’avais envie de me relever pour les exterminer, mais je ne pouvais pas, je ne pouvais plus rien faire. J’entendais malandrins se retirer, j’avais bien cru qu’ils allaient simplement me laisser ici pour mort, mais je me trompais encore une fois...
_ Achevez-le !
Ce fut la dernière chose que j’entendis. Je sentais toujours la pluie au dessus, et la terre molle au dessous de moi, mais mes oreilles ne percevaient plus aucun son. J’aperçus un homme qui s’avançait vers moi, une épée à la main, la lame vers le bas. De ma position, je le vis seulement la lever jusqu’au dessus de sa tête... Je n’avais aucune illusion quant à ce qu’il allait faire.
J’allais mourir ici, moi, un homme de sang noble, de la main d’un groupe de brigands qui en voulaient uniquement à ma vie, même pas à ma bourse... Je ne saurais jamais pourquoi ces gredins m’en voulaient, ni comment ils connaissaient mon visage. J’allais mourir, et de la façon la plus misérable possible ! Comme un rat...
Je sentis le contact froid de l’épée assassine me transpercer le corps et mes os de part en part, mais aucun cri de douleur, aucune plainte atroce ne sortit de ma bouche... Ma fierté, c’était tout ce qu’il me restait en cet instant... Je n’offrirais pas mes cris à ces chiens... Jamais... Ils ne les auront jamais...
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ChaoticPesme
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MessageSujet: Re: Odyssée d'un Vampire   Mer 22 Nov - 0:07

Chapitre II : L’aube d’une non vie



Je me réveillais, avec l’odeur putride de la mort qui me collait au corps, en même temps que le goût amer de la défaite dans ma bouche. J’étais dans un lieu de chaos... Attaché à deux énormes poutres par les mains, j’avais impression de subir le supplice de la roue. Pourtant, je ne sentais rien. Je me rendis compte que tout mon être était désormais froid, fermé à la douleur, même la plus insoutenable, lorsque je baissais les yeux... Une épée, celle qui m’avait tuée, me traversait la poitrine. A quelques mètres de moi, au bord de la falaise rouge sur laquelle j’étais, s’étendait une fournaise qui vomissait vers moi ses flammes infernales qui n’attendaient qu’une chose : M’engloutir à jamais.
C’était peut être ce qui me restait de mieux à faire, me jeter dans ce gouffre de feu, et disparaître... Mais je ne pouvais même pas ! Mes mains étaient liées à ces poutres, et elles l’étaient peut être pour l’éternité, à présent...
Ah, Vae Victis ! Souffrances à ceux qui ont été conquis. Par ironie du sort, j’étais celui qui souffrait. Mon désir d’en finir ne pouvait être satisfait en cet instant. J’étais face au supplice de Tantale, voulant attraper la mort, mais elle filait entre mes doigts chaque fois que j’essayais de bouger mon corps.
J’en avais assez d’essayer de mourir. Par lassitude, mes yeux se baissèrent de nouveau sur la lame de cette épée qui me traversait le poitrail. Je pensais à ces hommes qui m’avaient attaqué. Ils me connaissaient, ou au moins, connaissaient-ils seulement mon visage... Mais à présent, tout cela n’avait plus d’importance. J’étais dans cet horrible endroit, et incapable d’en sortir par mes propres moyens.
L’Enfer ? Peut être, ou peut être pas... Je voulais y mourir, mais plus j’y pensais, plus mon regard ne cessait d’être attiré par la lame blanche et pure de cette épée. C’était comme si elle n’avait jamais tué quiconque.
Tuer... Ah, si seulement cette même lame qui avait eu raison de moi pouvait à présent me servir, si seulement sa poignée pouvait se glisser dans ma main immobile et trancher mes menottes. Mais que ferais-je après cela ? Qu’est ce qui me retiendrait de me jeter dans ce puits infernal qui s’étend devant moi ? Je ne pourrais rien faire pour m’en aller, pour retourner vers la vie qui m’avait quitté, rien.

C’est alors que, pris d’un désespoir pronfond, j’entendis derrière moi, parmi tous les cris incessants, les hurlements d’agonie qui arrivaient jusqu’à mes oreilles, des bruits de pas.
Quelqu’un dans cet enfer était libre, libre de ces mouvements ! Liberté ! Ah, si je pouvais lui demander de me libérer ! Mais comment pouvais-je être sûr que ce n’était pas un de mes geôliers qui venait me torturer ? Je n’eus pas le temps de me poser beaucoup de questions que le quidam s’adressa à moi, dans mon dos.
_ Veux tu vivre ?
Vivre... Je ne savais pas. Mon désespoir de ne pas me sortir de cet asile impie qui avait accueilli mon âme, contredisait le désir qu’avait mon corps à vouloir revoir la lumière du jour. Je ne pouvais rien répondre à mon mystérieux interlocuteur, mes lèvres refusaient de se risquer à une déception.
_ Veux tu tuer... Tuer tes assassins ?
Mes assassins ! Ceux qui m’ont odieusement enlevé la vie, sans que je sache le moins du monde pourquoi. Un homme de mon rang ne s’abaisserait pas à une telle vengeance...
Un homme ? Mais j’étais mort ! Je n’étais plus un humain, je n’avais rien à regretter !
Ainsi, un inconnu me donnait l’occasion de venger mon honneur dans la mort... Et si c’était une tromperie ? Un simple moyen de me bercer d’illusions pour m’envoyer encore plus vite vers ce chaudron de flammes qui n’attendait que moi ? Cependant je n’avais pas le choix, tout mon être me disait que je n’avais pas le choix. Si c’était une tromperie, il valait mieux le savoir tout de suite. Je fis alors un signe de la tête, assez fort pour que mon interlocuteur puisse le voir.
A ce moment, je sentis un contact, pas directement sur mon corps ni sur mon armure, mais je sentis en moi, l’arme se mouvoir. C’était l’inconnu qui la faisait bouger ; il la bougeait, et pour la première fois, j’avais mal. Mais cette douleur n’était rien, comparée à celle que m’avaient infligé ces vauriens. Elle n’était rien non plus, comparée, à ce que j’allais leur faire subir !
L’inconnu tira alors un coup sec sur l’épée, et me la retira de mon poitrail. Ah ! Soulagement, lorsque je regagnais soudainement mes forces et forçais les menottes qui retenait mes poignets à ces maudites poutres qui me retenaient prisonnier. A ce moment, je vis enfin le visage de mon libérateur.
J’ai déjà vu ce visage sans âge, ces yeux blancs, cette figure grisâtre et ridée sur des gravures qui contaient l’histoire de Nosgoth. C’était Mortanius, le Nécromancien. J’ignorais pourquoi il avait été jusqu’au plus profond de ces abysses pour me voir moi, en particulier, mais cela n’avait pas d’importance ! J’étais ignorant, de pourquoi on m’avait tué, de pourquoi on me proposait de revenir à la vie, mais mon jeune esprit arrogant s’en fichait éperdument ! La seule chose qui m’intéressait à présent, c’était de tuer mes assassins, de leur faire payer chaque goutte de mon sang qu’ils avaient versé !
Le Nécromancien tenait l’épée par la lame, il me tendit le pommeau, en attendant que je la prenne. Contrairement à tout ce que j’avais pensée en entendant les paroles de cet homme auparavant, ce choix que j’avais eu pouvoir ressusciter, n’était pas gratuit, il y avait bien un prix à payer. Cependant, comme un imbécile, je sautais sur l’occasion, sans me préoccuper des conséquences ! Lorsque je pris l’arme en main, mon corps se métamorphosa, si rapidement, que je sentis à peine le changement. Sur la lame brillante de l’épée, je vis mon armure luisante devenir aussi noire que la nuit, mon visage humain rosâtre se colorer d’un gris monstrueux, mes cheveux noires se décolorer en un blanc sans vie.
En quelques instants, je devins une créature aux airs démoniaques. Je disais que je n’étais déjà plus humain, mais j’avais tort. Tant que j’étais prisonnier dans cet enfer, je restais ce que j’avais toujours été, mais en m’accordant la résurrection, le Nécromancien avait fait de moi quelque chose d’autre, quelque chose qui ne serait jamais plus pareil à un humain.
J’étais dans les 1ers pas d’une nouvelle vie, mais même avec cette nouvelle arme en main, rien n’était donné, pas même la vengeance...

Je me réveillais, débout, cette arme qui mit fin à mon ancienne vie à la main. Il faisait sombre, les faibles lumières ondulaient comme celles que font les flammes d’une cheminée, les soirs d’hiver. Cette image me restait dans la tête, mais elle se dissipa très vite lorsque j’observais la source de cette lumière : C’était une grosse torche enfermée derrière un grillage, dans une cavité enfoncée dans le mur. Cette lueur faible me piquait les yeux, même dans cette obscurité qui m’entourait, oppressante, tel un vêtement trop chaud. J’ignorais comment je m’étais retrouvé ainsi, à me réveiller dans cette position, tel un somnambule endormi, marchant au hasard. Cependant, en me retournant, je vis bel et bien, d’où j’étais sorti de ma léthargie : Derrière moi, enfoncé dans un grand trou creusé dans les dalles de pierre, était disposé un cercueil. Il était ouvert. Comment j’avais pu sortir de l’abyme infernal, là où mon âme avait été exilée, pour atterrir dans ce lieu... ? Je pensais que je ne le saurais jamais. Et au fond, je m’en fichais, mon but était toujours le même ! Peu importe ce que j’avais pu devenir, en quel genre de monstre le Nécromancien m’avait transformé ; tout ce que je voulais, c’était tuer mes assassins, et les envoyer dans l’enfer auquel j’avais échappé !
Mon regard restait cependant attiré par le cercueil, sans que je puisse m’en détacher. Je m’étais levé, et avait abattu le couvercle sur le côté, puis je m’étais éveillé réellement. Tel un zombie décharné en manque de chaire humaine, j’avais poussé la porte de mon repos éternel, affamé de vie... Au fond de moi, je ne savais pas si j’avais fait le bon choix, mais la soif de vengeance que j’éprouvais empêcher la question d’arriver jusqu’à mon esprit.
J’observais autour de moi les endroits les moins sombres, tout n’était que pierre et décorations mortuaires. Je m’avançais vers le seul passage ouvert, et découvrit avec stupeur une tombe. Contrairement, à mon cercueil, le couvercle en pierre qui maintenait la tombe fermée était très solide. Celui qui se trouvait là-dessous, lui, ne risquait pas d’en sortir. J’étais à l’intérieur de ce qui semblait être un vieux mausolée, il fallait que j’en trouve l’entrée.
J’avançais de nouveau, dans les entrailles humides et de la décrépitude, écartant du pied les quelques rats que je croisais. De mon vivant, une ambiance aussi oppressante m’aurait fait traverser cet endroit aussi vite que mes jambes auraient pu courir ; ici, je ne ressentais rien d’autre que de la curiosité. Je ne m’occupais même pas de savoir s’il y avait quelqu’un de vivant dans ce mausolée, si j’allais le rencontrer, s’il allait être effrayé, ni quoi que ce soit qui concernait ce lieu, je ne pensais qu’à la vengeance, rien qu’à la vengeance. Je ne me souciais pas non plus de ce que je ferais une fois que je l’aurais accomplie... Je voulais simplement lacérer la peau de mes ennemis, avec cette même épée qu’ils avaient utilisée contre moi !
Avant que je n’eux le temps de m’interroger de nouveau, je vis quelque chose, éclairé par une de ces torches murales.
Je disais « quelque chose », car, entouré par cette lueur grasse, comme un masque de cire, l’homme qui se tenait là ressemblait plus à un animal qu’à un humain. Dans un premier temps, il ne m’entendit pas, je pus alors l’observer. Ces vêtements semblaient noirs, mais étaient couverts de poussières, leur donnant un aspect grisâtre. Il était courbé, non pas qu’il examinait une chose en particulier, mais son dos portait une légère excroissance, sans doute était-ce une bosse. Son visage blanc à la lumière indiquait qu’il ne devait pas souvent s’exposer au regard de l’astre du jour. A un mètre de lui, posée contre le mur, il y avait une pelle, marron de terre. Sous doute était-ce le fossoyeur d’un cimetière adjacent à cet édifice. Pour je ne sais quelle raison, il était en train de regarder les ossuaires, creusés au pied des murs de pierre de cette pièce. Ce ne fut qu’au bout d’un moment, lorsqu’il s’apprêtait à reprendre sa pelle pour s’en aller, qu’il me vit enfin. L’expression de son visage me parut indécise, comme s’il ne me voyait pas bien.
_ Qui va là ? dit il d’une voix rauque et grasse qui rebondissait contre les murs
_ Personne en particulier.
Je le sentis soudain plus inquiet, puis il eut un hoquet de terreur lorsqu’il aperçut enfin, brillant malgré la faible lumière, l’épée que je tenais fermement. Pris de panique, il saisit sa pelle et se précipita vers moi, en brandissant l’instrument, telle une épée. Il avait sans doute cru que j’étais là pour le tuer.
Ce n’était pas lui que je voulais, mais si en m’attaquant, c’est la mort que ce pauvre imbécile cherchait, alors il l’aurait !
Je fis un mouvement de la main qui fut si vif que je crus ne même pas l’avoir fait, pointant la lame de mon épée en avant, et transperçant la gorge de ce fou. Le combat était déjà terminé avant d’avoir commencé. Je retirais la lame d’un coup sec, faisant gicler de sa gorge une grosse gerbe de sang qui m’éclaboussa. L’homme tomba sur les genoux, sa pelle frappa le sol dans un claquement de métal assourdissant. Il était là, agonisant, ne pouvant même pas hurler sa douleur...
Je fus pris d’un tremblement... Ma main était couverte du sang de ce malheureux qui avait croisé mon chemin, je fus soudain saisi par la soif... Mais ce n’était pas normal, ce n’était pas une soif que de l’eau aurait pu apaiser... Ce n’était pas une soif humaine... Non, ce,’était pas possible que le Nécromancien m’eusse fait cela, et pourtant, la soif était là... Plus je regardais l’homme se vider de son sang, plus cette soif était forte ! Elle me tiraillait les entrailles ! J’en avais besoin, j’en avais besoin !
Je tendis la main, presque contre ma propre volonté vers la fontaine de sang qu’était devenu cet homme mourant, mais je n’eus pas le temps de m’en approcher, qu’il se produisit quelque chose qui m’aurait glacé le sang, si cela avait été encore possible : Le sang ne coula plus vers le sol pierreux, mais comme guidé par une magie morbide, il se mit à couler comme une rivière, dans le vide... Le flot de liquide de vie se dirigea vers mon visage, c’est à ce moment, que j’ouvris la bouche...
Que c’était il passé ensuite ? J’avais l’impression d’être en transe, lorsque le sang coula dans ma bouche, vidant la vie restante de ma victime pour renforcer la mienne. Lorsque je recouvrais mes esprits, l’homme était à terre, définitivement mort. Comment décrire ce que je ressentais à ce moment... C’était indescriptible pour les humains. Je sentais encore le goût du sang dans ma bouche ; et, au lieu de vomir, d’avoir envie de cracher mes entrailles pour me punir d’avoir fait une chose aussi abjecte, je me délectais ! Oui, je me délectais de ce goût pourtant si semblable à de la ferraille ! Je l’appréciais comme un nectar divin ! J’étais rassasié, mais une partie de moi en réclamait encore... Et encore...
Qu’étais je devenu ? Etait ce le prix que j’avais eu à payer pour accomplir ma vengeance ?
Poussé par une curiosité qui ne pouvait attendre, je me regardais dans la lame de mon épée. Mêlée du sang de ma victime, j’y regardais ma bouche, et j’y vis 4 de mes dents qui dominaient maintenant toutes les autres, 4 canines pointues, et acérées... C’était elles, qui réclamaient du sang...
Qu’étais-je devenu, je ne savais pas, mais je savais qui j’étais : J’étais Kain, le jeune noble transformé... En vampire...
Avais-je vraiment fait le bon choix... ? Echanger mon âme humaine contre mon désir de vouloir à tout prix tuer ceux qui m’avaient tués, de vendre mon humanité contre une malédiction de n’être ni mort ni vivant... Oui ! J’avais fait le bon choix, c’est ce que mon esprit arrogant voulait penser...
Dans ma tête, comme un écho provenant de nulle part, le Nécromancien me parlait, il riait.
« Tu aurais le sang, dont tu es assoiffé »
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MessageSujet: Re: Odyssée d'un Vampire   Mer 22 Nov - 0:10

Chapitre III : La route vers la vengeance



J’avançai comme le cadavre ambulant que j’étais, les lèvres rouges de sang de ma victime. J’éprouvais une satisfaction morbide après avoir accomplit ce forfait, ce meurtre, alors que dans ma vie mortelle, cela n’aurait même pas effleuré mon esprit... Je me disais que cela devrait surement s’aggraver avec le temps.
Je ne m'inquiétai pour ma nouvelle nature jusqu’à la sortie du mausolée. Je me faisais une joie de parcourir l’obscurité d’un pas assuré, d’observer la lueur pâle des torches avec un sourire malicieux ainsi que... d’écouter, étouffé par les murs de pierres, le bruit enchanteur de l’orage que j’entendais de dehors, ainsi que de regarder la lumière vive, blanche et pure des éclairs au travers des vitraux colorés.
Ce n’était plus moi. Ce n’était plus moi qui admirais toutes ces choses qui me paraissaient si fascinantes, et que je n’aurais jamais remarquées dans ma vie. Ce n’était plus moi. J’avais laissé mon humanité au même endroit que ma mort, dans cet immense chaudron infernal duquel Mortanius m’avait arraché... A présent, plus rien ne serait jamais comme avant, plus rien du tout... J’étais comme un nouveau né. Un bébé... Pas innocent, mais qui avait tout à apprendre, de cette non-vie que je venais de choisir, comme un imbécile...
L’épée à la main, je poussais du bout des doigts la porte double du mausolée. La porte était très épaisse, pourtant, je ne ressentis aucune difficulté à la pousser. La seule chose que je ressentis, ce fut une douleur indéfinissable. Faible, mais inconnue de mon corps de mortel d’autrefois. Je rentrais immédiatement et tendis la main au-delà du seuil... Sans doute étais-ce parce que c’était la première fois... Je ressentis simplement une chaleur intense dans le creux de ma main, comme si Nosgoth était soudain passé de l’hiver à l’été. Ma nature de vampire se révélait d’elle-même à moi, mais de la façon la plus brutale qui soit, car je ne m’attendais vraiment pas à une telle cruauté de la lumière...
Malgré la chaleur du soleil qui pourtant se couchait, je m’avançais dans cet élément qui à présent me détestait plus que moi...
Je l’avais présumé auparavant, que le mausolée se trouvait à proximité d’un cimetière. A présent, j’en avais la conformation. C’était un endroit sinistre entouré de grilles rouillées, des herbes folles mal taillées qui poussent jusque sous les pierres de sépultures grisâtres... Les unes, simplement faites de deux planches de bois clouées l’une sur l’autre, les autres, plus nobles, constituée d’une belle croix en bronze. Mais quelles qu’étaient les formes de ces sépultures, elles étaient toutes aussi sinistres les unes que les autres. De mon vivant, j’ai probablement été tenté d’aller regarder les noms sur ces tombes, pour m’indigner des nobles personnes qui avaient été enterrés ici dans cette terre pourrie par les pluies et les vers, mais en ces instants, rien d’autre ne m’intéressait... Aucune autre raison n’aurait pu me détourner de ce qui était devenu depuis ma résurrection, mon but ultime : Faire payer au centuple ce que j’avais subi, tuer mes assassins, et cracher sur leur cadavre !
Je me rendis compte que ce cimetière était bien plus grand que je ne m’y attendais. Plusieurs mausolées, avec le mien, avaient été construits à divers endroits. N’ayant plus de vie à perdre, j’étais très curieux de voir les mystères qu’ils pouvaient receler, mais ma vengeance, elle, ne pouvait attendre...
A la sortie du cimetière, je tombais sur un petit sentier forestier, c’est à ce moment que j’appris une nouvelle chose ce ma nouvelle nature, encore une fois, à mes dépends... Le soleil était en train de se coucher et je sentais mes forces renaitre... Cela, jusqu’à ce que la pluie se mette à tomber. Pour les êtres vivants, ce n’était qu’un simple contact humide, tout à fait inoffensif, mais pour la créature de la nuit que j’étais devenu, cet innocent phénomène naturel devint soudain un contact acide ! Ce n’était pas suffisamment mortel pour m’arrêter, mais j’en vins rapidement à la conclusion que si une simple goutte d’eau pouvait brûler ainsi ma peau, alors il me serait désormais impossible de pouvoir traverser à pied une rivière ou une étendue d’eau... Sans que mon corps ne devienne cendres calcinés.
Lorsque la nuit fut tombée, je me sentis soudain plus fort, malgré les multiples petites brûlures que l’averse m’occasionnait sur mon crâne et sur mes bras, au travers de ma côté de maille.
Alors que j’avançais, pris par la faiblesse et la faim, malgré le peu de sang que le fossoyeur avait eu à m’offrir, j’attendis plusieurs bruits de bottes, tapant sur l’herbe comme pour la punir. J’ignorais de qui il pouvait s’agir, mais je ne désirais pas éviter les propriétaires de ces bottes. Etait-ce moi ou eux qui fûmes le plus surpris... Je ne pourrais jamais le dire. Mais voilà que je reconnus quatre des têtes encapuchonnées qui m’avait attaqué au sortir de la taverne, alors que je pensais reprendre ma route... Une vague de rage incontrôlable déferla sur moi au même moment qu’un torrent de haine... Cette fois, j’avais la chance d’être bien plus forts que tous ces misérables réunis ! J’allais enfin pouvoir les envoyer, là d’où je venais !

« Qu’est donc ! Je croyais que nous t’avions tué ! »
« Bâtard ! »
« Défends-toi, rustre ! Nous t’avons battu une fois et nous te battrons encore ! »
C’était les paroles que venaient de prononcer ces imbéciles, juste avant que ma lame ne leur coupe les membres... Quelle joie ! Quelle enivrante joie que d’entendre leurs hurlements tandis que je leur tranchais les bras et les jambes. Les ricanements qui avaient vite laissé place aux cris d’agonie resteraient à jamais gravés dans ma mémoire... Pour l’heure, je ne voulais que tuer, tuer encore, et encore ! Alors que je venais d’achever les premiers qui avaient osé de défier, il en sortit cinq autres de derrière les arbres, s’étant aperçu de l’infortune de leurs compagnons. Oui, ma soif de sang n’était pas encore apaisée ! Ma faim de chair humaine déchiquetée n’était pas encore comblée ! Il devait encore y en avoir d’autres, d’autres victimes prêtes à être écorchées vives... Je tranchais la tête de deux de ces marauds à la suite alors que leur épée semblait bien trop lourde pour m’atteindre... Je me faisais un festin du sang déversé au milieu même du combat, le liquide de vie venait m’abreuver et me guérissait presque instantanément de la moindre égratignure et de l’acidité de la pluie ! J’empalais le troisième sur ma lame puis la remontais d’un coup sec, ouvrant le corps en deux du ventre au sommet du crâne... J’entendis le dernier prononcer quelques mots, avant que mon épée ne dévoile le contenu de ses entrailles à tout le monde :
« Quel sortilège est-ce donc ? »
Le combat était terminé, et j’étais complètement repu. Je me surpris à sourire, face à ce qui était maintenant un amas de sang et de viscères, parfois encore palpitantes... Et pourtant, pourtant, dans cette vision, je ne pus trouver de réconfort, seulement de la malice et une certaine délivrance. Oui, car il n’existait pas plus grande délivrance que celle de la vengeance accomplie. Mes assassins étant morts, ma quête était achevée.
Ne pensant pas encore à ce que j’allais devenir, je me remis à marcher, sans doute, pendant une heure encore, au travers de la forêt.
Cependant, sur ma route, je fus à nouveau interrompu par la voix du Nécromancien dans ma tête. Elle était faible, et pourtant très claire, mais si faible, que l’instant d’après, je ne savais pas si j’avais réellement entendu cette voix, ou si je l’avais simplement rêvée...
« Ce n’est pas encore fini, Kain ! Ces imbéciles n’étaient que les instruments de ton meurtre. Cherche, du côté de leur maître... Cherche, du côté des Piliers ! Et accède à la forteresse de l’esprit ! »
Ce message passa en moi comme un courant d’air, je l’oubliais même, quand au hasard de mes pas, ceux-ci me conduisirent en un lieu que j’avais déjà vu...
J’aperçus, éclairé par une torche couverte posée au sommet d’un poteau de bois, un panneau, indiquant le prochain village : Ziegsturhl. C’était dans ce coin perdu dans la forêt que mon assassinat sanglant avait eu lieu. Je marchais encore une 20ène de minute, impatient, pour je ne savais quelle raison encore, de revenir dans ce village qui avait scellé ma destinée. Lorsque j’aperçus les premières maisons, je jetais un rapide coup à l’endroit où avait eu lieu mon meurtre... J’ai eu l’impression que si j’avais retrouvé mon corps à sa place, j’aurais pu de quelque manière que ce soit... Mais je ne me faisais pas d’illusion plus longtemps. Mes meurtriers défaits, je n’obtiendrais pas la moindre rédemption...
Malgré l’heure tardive et la pluie devenue plus fine, il y avait encore quelques personnes qui trainaient au dehors de chez elles, des hommes gras et laids adossés contre un mur d’une maison, à fumer une pipe immonde. D’autres plus maigres et habillés de loques, semblant désœuvrés, ou ivres, sortant de la taverne et cherchant leur maison. Je ne ressentis pas vraiment de faim, et malgré l’orgie de sang que ceux qui m’avais tué m’avait offert, une partie de moi en réclamait encore, comme pour être sûr que je n’aurais plus faim avant un bon moment... Après tout, je n’avais aucune raison de faire de faveur, à aucun habitant de ce village... Aucune milice, aucun soldat ne se soucierait d’un tel trou perdu au milieu de nulle part ! Ces gens goûteraient mon épée, et moi, leur sang...
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