Ecritures plurielles

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Les chapitre 17 et 18 de Nimrodh les oubliés en ligne sur le site d'Écritures plurielles !

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 Programme Darwin

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sebrich
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Dim 4 Nov - 19:47

Claude Lupus


Je continuais d’observer Anaïs, tandis que je me dirigeais vers la fenêtre. Je jette un rapide coup d’œil vers l’extérieur, et me retins de jurer. Là en bas se trouvait une belle petite armada de gens de l’organisation, tout plus armés les uns que les autres. Ils devaient vraiment craindre le spectre qui habitait ma cheftaine. Je me posais la question de comment tout ce beau monde avait fait pour ne pas se faire remarquer quand la discussion derrière moi me fit revenir à mon attention principal.

-Alors, Robert, que dites vous de ma proposition ?

Le dénommé Robert semblait encore mal à l’aise, face à ma boss, mais moins que quand il avait sur lui cet espion de métal.

-Je… je ne vois vraiment pas de quoi vous voulez parler.
-Oh, s’il vous plait, dis ma cheftaine d’un ton que je ne lui connaissais pas. Nous savons tout deux très bien que vous avez besoin de ce parasite pour votre cercle. Et puis moi, j’ai besoin de vous pour reprendre une vie plus calme.

Robert se trémousse sur sa chaise, sentant sans doute l’épée de Damoclès se balancer au-dessus de sa tête. Malgré tout les talents de comédienne d’Anaïs, il ne semblait pas sur le point de céder, et le temps nous manquait, avec cette petite armée qui nous attendait dehors.
Mon œil se focalise nerveusement sur l’endroit où se trouvait normalement l’anglais, coincé dans l’autre dimension. Je redoutais qu’il ne commence à s’impatienter, et tenter par lui même de sortir de cet endroit. Mais tout ce qu’il y gagnerais, c’est de se perdre.

-Allons Robert, de quoi avez vous peur, lançais-je ?
Ils se retournent tout les deux, presque étonné de me voir là. Ils m’avaient occultés de leur esprit, sympa.
-C’est vrai, vous ne risquez rien de votre position. Ceux de dehors croient que l’on vous tortures, ou que sait-je encore. Sans micro, ils ne sauront pas ce que vous avez dit, ou fait. Et puis, je pari que vous aurez un sacré avancement dans le cercle Shinka, en leur amenant la puissance formidable de Rasmanaël. Peut-être même serez vous le futur bras droit de votre chef ?
Je lui dis tout cela tout en me rapprochant de lui, un sourire en coin, pour donner une illusion de bonne entente.
Il semble séduis par l’idée du pouvoir. Ah, c’est gens, toujours précipiter dans le puit par leur orgueil et leur envi de pouvoir.
-C’est un marché honnête, vous ne trouvez pas ? Conclus-je par un grand sourire.
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Hoshi
Maître Golem
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Mar 6 Nov - 19:06

Shaaxalaxx

En baissant les yeux, l’on peut voir le ciel démoniaque. Le violet a remplacé le bleu des cieux humains et il y a des traînées vertes, orange ou même parfois jaunes.
Quand on lève les yeux, il y a des sortes herbes aux couleurs rouges. Se paysage semble s’étendre loin, très loin. Ici et là, des rochers percent le sol, pointant vers le bas tel des stalactites.

Tout cela est le monde d’où je viens, le monde duquel je suis tombé pour atterrir ici.
Le sorcier endimanché se tourne vers moi.

« Bien, je crois que c’est à vous, maintenant. »

Il se retire pour me laisser sa place. J’ai le temps d’apercevoir notre chef qui fait un grand sourire et ses yeux sont grand ouverts, on le croirait dans un état second. La lumière démoniaque qui est émis par la faille se reflétant sur son visage lui donne un air effrayant.
Voyant que je l’observe, il ravise son expression et tend la main vers la faille, m’invitant à avancer.

Je m’exécute. La porte du monde des spectres et des démons m’est ouverte.
Je tends une main pour la passer à travers la faille mais à mon grand étonnement, je passe au travers. Je me retourne vers le sorcier et le boss.

« Eh bien, me dit ce dernier, qu’est ce qui t’étonne ? Cette faille n’est qu’un test, nous n’allions pas libérer toute l’énergie des artefacts et des sorciers tout de suite. Cela devrait suffire pour que tu communiques avec tes semblables. Exécution. »

Je ne réponds pas. Tiens, le patron me tutoie. Lui qui parle habituellement aux membres du cercle avec respect. Aurais-je une place particulière pour lui ? Evidemment ! Je suis l’émissaire des spectres !

Je retire mon bras, déçu malgré tout.

« Bien, et qu’est-ce que je fais alors ?

-Vous pouvez communiquer avec vos semblables d’ici, Il n’y a pas de problèmes dans ce plan, allez-y, me dit le sorcier. »

Je fixe alors la faille, puis ferme les yeux

« Vos pensées sont les miennes.
Mes pensées sont les vôtres
Je suis vous, vous êtes moi, nous ne sommes qu’un. »

Je le sens, nous sommes tous liés. Je n’ai qu’à penser, ils sauront tous.

« Il est temps de se réveiller et de se mettre en route.
Il est temps de vous préparer, il n’y a plus de doute.

La prospérité vous attend de l’autre côté de la porte, dans cet autre monde
Un repas des plus copieux, suivez donc les ondes
Qui vous mèneront dans ce monde où la faim n’existe pas et où votre dîner pourra être constant
Qui vous mèneront dans ce monde où la nourriture est abondante, Humains au goût si appétissant.

Suivez ma voix. Venez. Venez. Il n’y a plus de doutes.
Venez vers moi. Venez. Venez. Je vous montre la route ! »

Nous sommes tous liés. Je n’ai qu’à penser, ils sauront tous
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Lex
Vilain petit canard


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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Jeu 8 Nov - 23:05

Peter Easton

Mal vu bonhomme.

« Que cherchez-vous à faire au juste? »

L'homme s'était tourné vers Anaïs ignorant la tentative de Claude. Il avait pris une soudaine assurance.

« Vous débarquez chez moi, vous vous mettez à genoux, vous me menacez, vous essayez de jouer sur l'ubris...Si Rasmanaël avait voulu quelque chose, il s’en serait emparé. »

Il prit un air songeur regardant attentivement la jeune femme. Ce qu’il jouait mal la comédie ! Il finit par ajouter :

« Vous n'êtes pas Rasmanaël, c'est évident, mais dans ce cas vos exigences me paraissent encore plus obscures.
- Sauf si vous arrêtez deux secondes de jouer la comédie.
- Quelle comédie? Je suis censé être quoi au juste? »

C’était déjà mieux. On pouvait sentir l'excitation gagner monsieur Robert, petit à petit, mot après mot. Ses répliques maladroites laissaient place à un aplomb légèrement arrogant.

« Être celui qui va livrer Rasmanaël aux siens. Être ma seule porte de salut.
- Votre...salut, dit monsieur Robert avec un rire moqueur.
- Je ne veux plus fuir, je ne veux pas mourir. »

Le corps d’Anaïs se mit à trembler. Ma prison éthérée donnait à la scène un aspect dramatique ; les sons me parvenaient légèrement étouffés et grésillant. Les protagonistes, bien que relativement immobiles, paraissaient en mouvement perpétuel.

« Vous voulez proposer vos services d'innocente à une organisation criminelle?, nota soudainement l’homme. Auriez-vous perdu la raison ?!
- Mais…mais…
- En fait, j’aurais été prêt à vous soutenir auprès de Prométhéus, mais à tout bien réfléchir, ce serait inconsidéré de ma part.
- Mais puisque je vous propose toutes ses connaissances !! »

C'était pitoyable. Elle était maintenant à genou, l'échine courbée ; ses épaules se soulevaient par soubresauts, hachant maladroitement ses paroles. Avec la distorsion elle paraissait en pleine crise d’épilepsie.

« Bien, maintenant si vous voulez bien, je vais sortir d'ici et appeler mes camarades. Toi, tu bouges pas! »

Il avait ajouté cela à l'intention de Claude. Ultime tentative, Anaïs se jeta à ses pieds dans une plainte lamentable.

« Je ferez tout ce que vous voulez, je vous en supplie...
- Tout ?
- Absolument tout !! Je vous en prie… »

Un rictus mauvais apparut sur le visage de monsieur Robert. Il ne put résister une seconde de plus et tout le mépris qu'il canalisait depuis le début de la conversation explosa d'un seul coup.

« Tu ferais tout ce que je désire? Et bien laisse toi mourir et laisse Rasmanaël s'emparer d'un corps digne de ce nom! »

Il donna un coup de pied sec pour se débarrasser d’Anaïs.

« Répugnant ! Madeleine aurait honte. Je vais te laisser aux mains de tes amis de l’Organisation. Ils se feront un plaisir d’en finir avec ce spectre de malheur. »

Il partit d’un rire sinistre.

« Tu t’es vue ? Nous avons tout ce qu’il faut à Shinka, merci de ta pitoyable proposition. Nous n’avons pas besoin d’un déchet de ton espèce ! »

Il jeta un coup d’œil en direction d’un Claude désemparé par la réaction de sa cheftaine.

« Dommage, tu aurais dû m’écouter plus tôt. C’est fini pour toi aussi petit. Enfin…maintenant ou dans une semaine, quelle différence ? »

Il sortit de son appartement arrêtant aussitôt son rire, prenant un air traumatisé, et il se mit à courir comme s’il fuyait le diable en personne. Quelle mise en scène, vraiment. Les gars dehors allaient-ils gober la comédie ?

Alors, Anaïs bondît sur ses pieds, fraîche et déterminé.

« Bon, il faut qu'on bouge et vite! On a ce qu'on voulait. En espérant que Peter ne se soit pas perdu... »

C'est alors que...
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Aurélien
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Ven 9 Nov - 23:26

Séraphin

C’est joli. Un peu dépouillé, comme paysage, et un peu inversé, mais joli. Le mal de crâne doit être conséquent lorsqu’on essaie de passer. Etre soumis à une inversion de gravité en faisant un pas, ou plutôt, dans le cas présent, en enjambant une marche, voilà qui doit faire un sacré choc. L’espace d’un instant, pourtant, je ressens presque l’envie de me jeter dedans. Aucune perturbation, ça a l’air parfaitement net. Je m’attendais à ce qu’il y ait des parasites, comme sur une chaîne câblée qu’on ne reçoit que par l’opération du saint esprit, mais là, s’il n’y avait pas la différence de couleur, on ne se rendrait même pas compte qu’on est devant un écran. C’est étrange, la lumière n’a même pas l’air de passer. Elle passe sans doute un petit peu, mais, sans doute à cause de la différence de luminosité, on la voit comme piégée au niveau de la faille. Je ne sais pas trop pourquoi on m’a envoyé là. Il doit bien y avoir une bonne raison. Sans doute pour voir si vraiment ça fonctionne bien, même si je fais l’âne devant. Le contrôleur me parle. On se croirait sur un chantier.

« Hé, Séraphin, tu peux essayer de passer derrière, pour voir comment ça fait ?
-Gagné, dis-je tout haut.
-Quoi ?
-Oh, rien. Qu’y aura-t-il d’autre pour votre service ?
-Un petit cent mètres à vitesse maximale autour de la faille ?
-C’est sécurisé ?
-Non.
-J’ai des chances de survie ?
-Non.
-Vous plaisantez ? Dis-je, d’un air faussement abasourdi.
-Oui, répond-t-il en riant ».

Je quitte ma place, et je contourne la faille en passant derrière une colonne. C’est drôle, de l’autre côté de la porte, on ne voit rien. Enfin, on voit tout. Comme s'il n’y avait pas la faille.
« C’est moi que tu regardes comme ça, Shaaxalaxx ? Mais oui, toi aussi, tu as de beaux yeux ! ». L’espace d’un instant, j’ai envie de dire ça tout haut, mais voilà qui n’aurait pas fait bien sérieux. Bon, phase deux.
J’accélère, et je marche d’un pas lent mais décidé autour de la faille. Ce n’est pas aussi grand que ça en a l’air, finalement. En fait, c’est surtout très haut. Et c’est surtout parce qu’on est dans un tunnel. De profil, ça ne se voit pas non plus, c’est bien trop mince. On se croirait dans un roman de science fiction. En accélération, je reviens près du contrôleur. Comme cela, il ne bouge pas beaucoup. A combien estime-t-on la hauteur du sursaut ?

« C’est bon, ça marche, dis-je en lui frappant l’épaule.
-Woh, tu m’as fait peur. Bon, ben c’est parfait. On peut refermer, dit-il tout fort ».

Des hommes retirent le matériel, c’est encore moi qui vais devoir porter le plus gros. Toute une machinerie pour ouvrir une porte. Une porte dimensionnelle, mais quand même. Je me demande s’ils ont des catacombes, dans leur monde. Il faudra que je demande à Shaaxalaxx, un de ces jours.
Je songe à ce démon, à qui j’ai remis les manuscrits. Encore faudrait-il qu’il ait le temps de les utiliser, avec sa bande, sinon, on va encore dire que je vole sans vergogne les mémés sans défense. Dans l’abondante foule –enfin, abondante si on compare aux plateaux des émissions de critiques d’art qui passent sur la cinq à onze heures du soir, et dont le débit fait concurrence à l’Inspecteur Derrick- je cherche le patron. Il doit être au premier rang, j’imagine. Pas très difficile à repérer, à l’odeur. Même le jour de l’ouverture d’essai, il a trouvé moyen de se barbouiller de son espèce d’eau de Cologne épouvantable. Je me demande si c’est parce-que c’est le patron ou si c’est pour ça qu’il y a un périmètre de « sécurité » d’au moins trois mètres autour de lui.

« Dites, patron, le contrôleur a rempli les papiers comme quoi ça marchait comme il fallait. Quand prévoit-on de l’ouvrir pour de bon, alors ?
-On devrait faire ça le 6 Juin, inutile de trop tarder ; on n’a que trop de retard. Puisqu’on manque de temps, je vous charge de régler les dernières formalités ; le dossier sera à rendre le plus tôt possible dans mon bureau.
-Bien ».

C’est dingue, ça, même pour ouvrir une faille vers un monde démoniaque, il faut remplir des papiers. Ils ont vraiment peur que les spectres arrivent sans leurs passeports et qu’ils se réfugient en masse dans nos gares, à vingt sept dans la même chambre, se recouvrant de couvertures dès qu’un policier arrivera ?
Soit ; je les ferai. Je n’en ai vraiment aucune envie, mais il le faut. De toute façon, c’est plus une habitude de maniaque qu’autre chose. Je suis sûr qu’il ne les lira même pas. Je pourrais dessiner un putois en page dix qu’il ne se reconnaîtrait même pas.
Le six Juin, hein ? Débarquement en 1944. Il me semble qu’il y a eu quelque chose, aussi, le six Juin 1994. J’ai dû lire cela quelque part, ou le voir dans un film de science fiction. Le temps passe vite. J’espère pour eux, et pour nous tous, qu’ils seront à l’heure.
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Ayoju
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Mar 13 Nov - 0:18

Chaptitre 9 : Le visage de Lilith

Ken Loann
J'arrivai à la fin du petit entrainement entre Elix et Cidolfas. D'après la mine de ce dernier, ça s'était bien passé. Ne m'ayant pas remarqué, je lâchai un toussotement.
- Puisque vous en avez fini, commençai-je une fois qu'ils se soient tournés vers moi, je penses qu'il faudrai partir voir votre amie, Elix.
Il regarda la petite lucarne. Il faisait nuit noire.
- En effet, étant donné que je dois reprendre ma forme originelle pour nous amener à destination, nous devons profiter de la nuit afin que personne ne puisse nous voir.
J'acquiesçais. Ayant déjà vu sa véritable forme n'importe quel humain normalement constitué s'enfuierai en voyant Elix sous sa forme de démon, attirant ainsi l'attention sur nous, chose que nous cherchions à éviter.
- Et bien dans ce cas, ne perdons pas plus de temps, s'exclama Cidolfas.
Il ne fallu pas longtemps pour nous préparer: Nous n'avions aucune bagage, Cidolfas assurant pouvoir nous créer le matériel dont nous pourrions avoir besoin et moi pouvant facilement contribuer à rabattre du gibier, même si cette pratique me dégoutai.
Une fois dehors, le voyage fut extrêmement rapide. Je savais que le démon que nous allions voir habitait à proximité d'un volcan, or le plus proche volcan se trouvait à plus de 2000Km du lieu où nous nous trouvions. Aussi, changer d'environnement en un battement de coeur, ça impressionne. Mais une fois arrivé, je vis tout de même Elix chanceler.
- Holà, ça ira ? demandai-je, inquiet.
- Le combat avec Cidolfas m'a pris beaucoup d'énergie, et vous transporter sur une aussi longue distance aussi vite m'en a demandé encore plus, expliqua-t-il.
- Où sommes-nous ? demandai-je.
- Près de l'Etna, en Italie, me répondit-il.
- Arriverez-vous à nous conduire jusque chez votre amie? demanda Cidolfas.
- Non, impossible la nuit.
Je levai un sourcil interrogateur. Il continua:
- Il est impossible de trouver l'accès à sa demeure la nuit, dit-il. Même pour un démon.
- Dans ce cas, nous allons camper pour la nuit, dis-je. Nous poursuivrons demain, frais et dispos.
Il ne nous fallu pas longtemps pour établir notre campement. Tandis qu'Elix commençait à se reposer, Cidolfas alluma rapidement un feu, puis m'accompagna afin de débusquer de quoi diner. Répugnant à donner la mort intentionnellement à un animal, je me contentai de les attirer vers Cidolfas qui, et j'en fut touché, les tuait rapidement sans les faire souffrir. Sur le chemin du retour, nous étions chargés de 3 lièvres et d'autant de pigeons. Alors que je pensai trouver Elix endormi, je le vis le regard plongé dans le feu, l'air absent. A notre approche, il nous regarda. En voyant les gibier, il me lança un regard compréhensif. Il savait combien j'appréciais la vie et que donner la mort était une dure épreuve pour moi.
Alors que Cidolfas salivait pendant la cuisson de la viande, Elix remarqua mon air pensif.
- Ken, quelque chose ne va pas? me demanda-t-il.
- Non, rien, dis-je. je repensai juste à l'Organisation.
- Vous y étiez depuis longtemps? demanda Cidolfas.
- Oui et non, répondis-je.
J'hésitai, ma formation m'avait appris à ne pas divulguer d'information sur l'Organisation. Et j'en avais acquis des habitudes qu'il m'était difficile d'oublier.
- J'y suis entré il y a un peu plus de 2 ans, mais j'ai su que l'Organisation m'avait repéré depuis beaucoup plus longtemps.
- Ah bon?
- Oui, j'ai pris connaissance de mes... capacités assez tard, mais l'Organisation me surveilait enfait bien avant cela. Je les soupçonne d'avoir un oeil sur moi depuis ma naissance en fait.
Ils restèrent muets, m'invitant tacitement à continuer.
- Lorsque j'ai progressé dans la hiérarchie, j'ai eu accès à des dossiers sensibles, dont certains concernaient ma propre mère. Et oui, ma mère à travaillé pour l'Organisation, mais elle l'a quitté environ 6 mois avant ma naissance. Rien n'en indique la raison dans son dossier. Mais une note avait été rajouté par le médecin chargé de son dernier bilan de santé a relevé des anomalies au niveau du foetus....
- Attendez, si je comprends bien, elle était enceinte de vous lors de sa dernière mission, et ça vous a affecté? dit Cidolfas.
- On peux dire ça comme ça. Je penses que mes pouvoir vienne de là, répondis-je. Ma mère est morte peu après l'accouchement, et mon père ignorait tout de son travail. mais l'Organisation ele, savait tout et c'est sans doute pour cela qu'elle a gardé un oeil sur moi.
- Tu as dis avoir pris conscience de tes pouvoirs tardivement.... dit Elix.
- Oui, en fait j'avais à peine 18 ans quand je me suis rendu compte que lors d'une ballade en forêt, je discutai avec un écureuil depuis 10 bonnes minutes.
- Ça devait être intéressant!
- Les animaux ont des besoins simples contrairement à nous. Les sujets de conversation tournaient principalement autour de la nourriture. J'ai même une fois entendu deux mouches débattre sur la nature des excréments qu'ils survolaient et dont l'odeur leur était si agréable. L'une pensai à un ours, l'autre à un loup, alors qu'il ne s'agissait que d'une vulgaire crotte qu'un chien avait fait lors de sa promenade.
Ils s'exclafèrent.
- Quel sujet de conversation passionnant! dit Elix.
- Je ne vous le fait pas dire! J'aurai pu les écouter pendant des heures si leur sujet de débat avait été un peu plus... attrayant. Les mouches sont de vraies pipelettes.
Nous continuâmes à nous raconter des anecdotes de nos vies pendant quelques heures, riant aux situations loufoques que nous avions vécus. Puis, le sommeil se faisant sentir, Cidolfas fit apparaitre trois sacs de couchages où nous nous emmitouflèrent afin de passer la nuit au chaud. Le lendemain, nous devions rejoindre l'amie d'Elix, la gravité de la situation nous rattraperai bien assez tôt.


Dernière édition par le Ven 16 Nov - 23:21, édité 1 fois
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Jeu 15 Nov - 22:07

Anais Mastrorelli :

Aussi loin que l'armée s'étire, brume pas dans le trou à l'envers. Seul. Fermé. Faim. Plus les meurtrissures de nos âmes qu'on déchire. Aussi loin que l'armée s'étire. Feu. Feu. Meurent. Aussi loin...
Froid. Très froid. La peau de mon corps et gelée. Quelque chose me pique le dos...
Claude ? Peter ?
Mal à la tête. Très mal... Qu'est-ce qui m'arrive ? Où suis-je ? Pourquoi est-ce qu'il fait noir ? Pourquoi est-ce que j'arrive pas à bouger ? Mes vêtements ! On m'a retiré mes vêtements ? Il y a quelque chose qui pèse sur mes poignets. Dans mon dos, je crois que c'est de la moquette...
J'essaye de bouger, mais c'est comme si tout mon corps étant en plomb. Non. je suis paralysée. Je sens mon corps, mais je suis incapable de le bouger. Et autour de mes poignets, je crois que c'est des chaines...
Qu'est-ce qui s'est passé ?
J'étais dans le salon de Robert. On avait eu ce qu'on voulait. Ca n'avait pas été facile. Heureusement j'ai compris ce qui clochait quand Claude a parlé de la promotion qu'il pouvait avoir au sein du cercle Shinka. Il y avait eu une étrange lueur dans son regard, et c'était devenu clair. Le mépris qu'il éprouvait pour notre proposition le poussait à refuser toute communication. Alors j'ai joué le jeu. J'ai été à fond dans l'humiliation, pour qu'il n'en puisse plus, pour qu'il ne résiste plus à l'envie de me jeter son mépris à la gueule. Ca a marché. J'allais rouvrir la faille pour Peter et puis... Je crois qu'il y a eu un bruit de fenêtre brisé, et puis un gaz... Je n'ai pas eu le temps de penser, ni de réagir. Je suis prisonnière ? L'organisation a du lancer l'assaut au moment où...
Putain...
Peter !
Je n'ai pas eu le temps d'ouvrir la faille pour Peter avant de tomber dans les vappes ! Il est toujours invisible. Et... Quelque part... Bon sang ! S'il ne m'a pas suivie pendant qu'on m'emmenait, ça va être coton, pour le retrouver !
Ah oui, accessoirement, pour le retrouver, il faudrait que je ne sois plus prisonnière. Bon, ça, c'est un détail. Un détail gênant, mais un détail quand même. Réglons-le au plus vite. En commençant par la question traditionnelle, où suis-je ?
_ Ohé ?
Ma voix ne raisonne pas. Je suis dans un espace relativement petit. Si je prête l'oreille, j'entends des bruits. Des pas sur du gravier. Ca vient de pas loin. Brrr, fais franchement pas chaud, ici, par Toutatis. Je sais pourquoi on m'a déshabillée. Ca m'est déja arrivée d'utiliser la matière de mes vêtements pour synthoniser une arme défensive. Mais là, je vois pas ce que je pourrais synthoniser vu que je ne peux pas bouger et que...
Ah oui, je ne l'avais pas remarqué, ça non plus. Impossible de tendre mon esprit vers le dehors. Impossible de tendre mon esprit en moi. Rasmanaël s'est recroquevillé dans un coin de mon âme, plus engourdi que jamais. Ma magie est paralysée, comme mon corps... Je crois que je commence à comprendre ce qu'on m'a fait.
Lumière blanche, violente, dans mes yeux. Une silhoutte passe à travers la porte. Je cligne une ou deux fois, ça me permet de m'habituer. Je suis dans une sorte de camion, allongée par terre, nue. Je tourne la tête vers le sol. J'apperçoit des dessin noir sur la moquette. Je suis au centre d'un pentagrame, un pentagrame semblable à celui que j'ai tracé devant la maison de grand mère, en un peu plus sophisitiqué. Si j'arrivais à me relever, je ne pourrais pas avancer d'un pas, parce qu'il me serait impossible d'en sortir. Mais bon, ce n'est pas un problème pour l'instant parce qu'il m'est impossible de me relever. On a tracé des signes semblables sur tout mon corps nu. C'est ça qui me paralyse. Une main ramène mon visage vers le haut. Je sens une odeur de nourriture et réalise que je suis affamée. La femme, car c'est une femme, ammène devant ma bouche un pilon de poulet. Je mord avidement dedans. Je sens que c'est tout ce qu'on me donnera, pas question de courir le risque de me détacher pour me nourrir. De toute façon, je n'ai pas l'intention de rester, n'en déplaise à l'agrément du service hotelier ici. La chaleur dans ma bouche me rend le froid encore plus dur à supporter. La femme a fini de me nourrir, elle est en train de s'éloigner vers la porte de sortie du camion. Je l'interpelle :
_ Hé ! Vous êtes au courant, à Prométhéus Démonica, qu'on peut mourir d'une pneumonie ? Tu sais ce qui se passe, si je meurs, non ? Je peux pas bouger, vous pouvez bien me laisser une couverture.
Elle se retourne. Maintenant que mes yeux se sont fait à la lumière je peux enfin voir son visage triste et désolé.
_ Madeleine ?
Elle ne bouge pas, ne bronche pas en entendant son nom. Je comprends. Enfin, je crois que je comprends.
_ Où allez vous m'emmener, Madeleine ?
Je ne m'attends pas à une réponse, mais elle reste là, la main encore sur la poignée de la porte.
_ Dans un endroit sans air ni lumière, ou vous me garderez jusqu'à ce que vous ayez trouvé un moyen de neutraliser rasmanaël. A ce moment là, vous m'abattrez. C'est toi qui le fera, n'est-ce pas ?
Je la regarde bien en face, à présent. Des larmes coule sur son visage immobile, pourtant tout le reste de son attitude est imperturbable. Je sais qu'elle ne répondra pas. Elle m'a formée. Elle sait comme je suis habile à faire douter, à convaincre. Elle sait que si elle me parle, elle devient vulnérable et puis... Et puis elle n'a rien à me dire, de toute façon. Que pourrait-elle me dire ? "C'est la voie que j'ai choisi, Anais, elle fait de toi mon ennemi" ? "Je n'ai pas le choix" ? Elle sait très bien qu'elle est en train de me sacrifier, moi, la petite fille qu'elle a aimé, pour ses conviction. Je la connais suffisement pour savoir qu'elle ne se mentira pas sur cet acte. Elle me sacrifie parce qu'il faut me sacrifier. Comme elle sacrifierait sa propre vie s'il fallait.
_ Bien sûr, ce sera toi. Pour la même raison que c'est toi qui te charge de ma garde aujourd'hui. Je suppose que tu as réclamé cette faveur à l'Organisation en échange des services rendus par le passé.
Elle me sacrifie, comme Abraham sacrifait Isaac. Sa Foi en sa cause est à jamais établie. Je n'en suis pas moins sa disciple, son amie, sa fille, sa petite soeur. C'est bien ce qui prouve la puissance de sa cause. C'est une cause pour laquelle on sacrifie une amie, une soeur, une fille. Je te reconnais bien là, Madeleine. Je te reconnais si bien.
_ Moi aussi, j'y ai souvent repensé, à notre dernière mission. Mais tu te trompe. Je ne me suis pas enfermée dans une bulle de bonheur. J'ai décidé que je me battrais d'une autre façon. Celle que me propose prométhéus demonica ne me semble plus juste. Tu dis qu'il faudrait construire un monde ou il ne soit pas dangereux d'être innocente. C'est ce que je fais tous les jours. Ma méthode à moi prend plus de temps. Elle est plus aléatoire. Mais contrairement à toi, j'y crois encore. De tout mon coeur. Je l'aime, cette humanité imparfaite. Et je crois qu'un jour elle atteindra le niveau de sagesse qui lui est nécessaire pour assurer sa survivance et celle du monde autour.
Elle pleure franchement, maintenant. Je lui sourit avec douceur.
_ Pleure, Madeleine, ça fait du bien. Je ne te juge pas. Tu voudrais que j'ai raison, mais au fond de toi, tu es maintenant sûre que je me trompe, qu'il n'y a pas d'autre moyen que le tiens. Pour moi, tu resteras toujours celle qui m'a tout appris. Je désapprouve ton choix d'aujourd'hui. Il fait de toi mon adversaire, et si nous devions nous affronter, je ne t'épargnerais pas, je ferais tout pour vous neutraliser, toi et tes comparses. Tu fais bien de me neutraliser la première. Je te comprends, Madeleine. Je te remercie d'être là, de n'avoir laissé à personne d'autre le soin de me garder.
Elle descend du camion immobile.
_ Je t'aime, Madeleine. Je t'aime quoi qu'il arrive.
J'entends sa voix, légèrement tremblante, mais encore bien faible.
_ Moi aussi, je t'aime Anaïs. Je t'aime, mon Innocente.
Et l'obscurité m'envelloppe à nouveau.
Pourquoi je ne pleure pas, moi ?
Sans doute parce que j'ai trop à faire pour m'en payer le luxe. Sortir d'ici. Retrouver Claude, qu'ils gardent surement tout près d'ici. Le camion ne roulait pas quand je me suis réveillée, je suppose qu'on a pas quitté Paris encore. Et partir à la recherche de Peter.
Ca fait beaucoup trop pour m'attendrir.
J'inspire à fond... Et donne un violent coup de dent dans ma lèvre inférieure. Le gout âpre du sang me coule dans la bouche. Dans le noir, je ne peux pas vraiment voir sa couleur, mais j'espère que sa suffira. Je suce ma lèvre afin de remplir ma bouche de sang et crache en direction de ma main droite. Raté. Je recommence. Au bout de la troisième fois, je sens le crachat sanglant atteindre ma main. Je peux encore bouger les doigts. Je trace un petit signe sur le sol. Une petite flamme s'allume à coté de ma main. Eclairant l'intérieur du camion ou je suis prisonnière, et le petit signe que je viens de tracer avec mon sang sur le sol pour l'allumer. Ca marche. Ma lèvre saigne toujours. Je réaspire le sang, le relance vers ma mains, et trace un autre dessin. Un dessin qui modifie celui du pentagrame ou je suis.
Prison brisée. Je tends mon esprit, trouve celui de madeleine, près du camion. Non, pas encore quitté Paris. Le loup garoup est enchainé, dans le camion d'à coté. Il se débat comme un forcené.On attends l'ordre officiel du supérieur pour démarrer le transfert des prisonniers. J'envelloppe sa volonté avec la douceur qu'on prends à ramasser un petit oiseau blessé qui se débat. Plus tard. Reviens. Immédiatement.
Une part d'elle me résiste, mais c'est sans effet, j'ai le controle de son corps. Je fais particulièrement attention à ne pas lire ses pensées. Ce serait de l'indiscrétion. C'était quand même mon amie. Je ramène sa main sur la poignée du camion, je la fait ouvrir. La lumière m'inonde de nouveau. Je la rammène près de moi. Je tends sa main vers moi, la pose sur les courbes noires qui parcourent mon corps, les efface de sa main. Je sens mon pouvoir qui s'éveille.
Et maintenant, dors, Madeleine.
Elle tombe inerte sur le sol du camion. Je la déshabille rapidement et enfile ses vêtements. J'apperçoit quelqeu chose accroché à son cou, au bout d'une chaine. Ma bague. La bague de grand mère. J'arrache la chaine et repasse la bague à mon doigt. Je lui laisse sa veste pour en recouvrir son corps. Puis ouvre la faille et repasse dans le monde invisible.
_ Peter ? Peter vous êtes là ?
J'essaye de tendre mon esprit, mais pas de trace de Peter a proximité. On l'a bel et bien semé quand on s'est fait emmenés par l'Organisation. Quelle poisse !
Un cri. Un homme de Prométhéus Démonica vient de regarder par la porte du camion et d'apercevoir le corps inerte de Madeleine. Je lui passe à travers. On est dans un vaste hangar, éclairé par une verrière, au dessus. Le matin vient de se lever. L'autre camion, celui qui contient Claude, est juste à coté. Tous ceux qui le gardent s'en éloignent pour se précipiter vers le mien. Ah oui, c'est vrai, on me prends pour Rasmanaël. On a pas idée que je vais me soucier de Claude avant de m'enfuir. Ca en devient facile. Pauvre Madeleine, son mensonge finit par se retourner à mon avantage. Je me précipite vers le camion resté sans surveillance, passe dans la cabine du conducteur, rouvre la faille pour réapparaître, et m'installe au volant. Il ne reste plus qu'à faire un petit mouvement de l'esprit pour que le moteur démarre, même sans clef. Les hommes de Prométhéus Demonica se retournent, ébahis. Je roulent plein gaz vers les portes.
Ouvrez vous...
Je déboule dans la rue, lève une main devant moi pour ouvrir la plus longue faille que j'ai jamais faite, et disparaît, avec le camion et Claude, a l'intérieur...
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Marc
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Lun 19 Nov - 23:10

ELIX HERES


_ Devons nous vraiment descendre là dedans ? Demanda Ken d’une voix soucieuse en parcourant le volcan du regard

Je le regardais attentivement. Ses mains tremblaient légèrement, une tension planant dans son regard. Sur son front, de la sueur commençait à perler, nullement due à la chaleur ambiante. Comprenant la source de son inquiétude, je m’apprêtais à le rassurer lorsque Cidolfas me devança.
_ Je ne pense pas qu’il y ait de quoi s’inquiéter, Ken. Si je ne m’abuse, l’amie d’Elix est une artisane ou une architecte, non une native des volcans, expliqua-t-il en tournant la tête vers moi. Elle a donc du isoler son repaire du puit de magma.

J’acquiesçais silencieusement, me morigénant de n’avoir pas prévu la répugnance animale de Ken vis-à-vis du feu terrestre, puis me glissai de profil dans l’étroite fissure, ou je m’immobilisai.
_ Après ça, il y a un tunnel assez large, mais la pente est abrupte. Je vais vous porter l’un après l’autre. Evitez de toucher les parois, ils contiennent des pièges.

Cela dit, je finit de traverser, et m’élançais dans le vide en déployant mes ailes, invisible dans l’obscurité régnante. Concentrant ma propre lumière intérieure, je la diffusais dans ma chevelure cristalline, l’illuminant d’une lueur douce. Puis je fis signe aux autres de venir. Cidolfas passa le premier, traversant doucement la paroi épaisse. Lorsqu’il commença à vaciller, je le saisi au niveau des aisselles, puis revenait au centre.
_ Pas de blagues, grogna-t-il tandis que j’amorçai la descente.

La galerie sur laquelle débouchait le puit était tout aussi large, et bifurquait à une dizaine de mètres. Et surtout, elle était brillamment éclairée.
_ D’où vient toute cette lumière ? S’interrogea Cidolfas, tandis que Ken, constatant la fraîcheur ambiante, se détendait quelques peu.
_ Du soleil, dis-je avec un sourire. Drémaris a modelé la roche de tous ses tunnels pour former des millions de fissure minuscule. Toutes ensembles, elles peuvent illuminer les sous-terrains, ce qui est impossible avec toute autre sorte de lumière.
_ Vraiment aucune ?
_ J’y ai moi-même veillé il y a deux siècles, dis-je sombrement. Même ma propre lumière serait étouffée, ici.

Nous suivîmes le premier tunnel jusqu’à arriver à un embranchement, ou je pris à droite, les autres me suivant en silence. Je les guidais ainsi pendant plus d’une heure, observant attentivement les parois alentours. Les tunnels se ressemblaient tous, et je sentais mes compagnons s’impatienter peu à peu. Je m’attendais presque à entendre une réplique de Cidolfas lorsque je la trouvais.
_ Ici, dis-je, désignant du doigt un dessin semblant fait à la craie sur le mur. Désolé d’avoir mis aussi longtemps à trouver, mais ce graffiti est mobile, et ces tunnels ont été fait pour être parcouru en volant, et donc plus rapidement.

Comme à chaque fois, l’amertume me pris à la gorge lorsque je vis ledit graffiti de plus près.
Tant de siècles passés, mais une douleur toujours présente, pensais-je en posant ma paume marquée sur la rune signifiant « Paria ».
A peine avait fait cela que la paroi du tunnel sembla onduler, puis devenir vaporeuse. Lentement, je traversais la roche devenue intangible et m’avançais dans un nouveau tunnel, lequel était bien différent des précédents. Il était d’abord deux fois plus grand et illuminé d’une lumière plus douce, chaleureuse. Le sol était égal, recouvert intégralement par un tapis aux tons clairs. Les murs étaient taillés, lissés et couvert de gravures colorées. Ses gravures. J’entendis les autres étouffer une exclamation lorsque leurs yeux tombèrent sur la merveilleuse représentation du Jardins Aux Milles reflets, puis sur l’image de l’Arche De La Pensée, lors du jour grandiose qui vu le sacre de celui qui avait été mon oncle. Et enfin sur celle montrant Trois jeunes démons réunis autour d’un vieux grimoire, émerveillé par l’idée de prendre leur premier envol. Ou plutôt qui aurait dû montrer cela.
_ Pourquoi…commença Ken, prenant une inspiration. Pourquoi une partie a-t-elle été arrachée ?
_ Drémaris a toujours eu son apparence en horreur, dis-je, tendant de camoufler ma tristesse. Les lois démoniaques, expliquai-je en voyant ses sourcils se hausser, sont cruelles. En particuliers envers ce que vous les humains appelez les métis. Or c’est ce qu’est Drémaris.

Leurs visages se fermèrent, montrant leur compréhension. Caressant doucement la gravure, je me remémorai les quelques années de cette enfance à présent loin. Puis je m’attardais sur le visage de la seconde enfant, et une lame de douleur me traversa.
_ Mon Aimée, murmurais-je, si bas que les autres ne le perçurent pas.

Poussant un soupir, je me dominai, exerçant la poigne de fer que tout démon majeur impose à ce qu’il ressent. Passant devant les autres, je me dirigeai vers la porte ouvragée terminant le hall.
_ Restez bien derrière moi, dis-je simplement.

D’une pensée, j’actionnais la poignée. Le battant s’ouvrit alors à la volée, et un éclair de fourrure fila devant moi pour bondir, tous crocs dehors, sur mes compagnons. Rapidement, je puisai dans ma volonté et la projetai vers la bête. Elle l’atteignit au cou, se fondant autour de sa gorge telle une laisse sur laquelle je tirai aussitôt. Il émit un couinement de stupeur, puis trébucha et s’étala de tout son long sur le sol, prenant ainsi la presque totalité de la largeur.
_ Couché Conscius, dis-je d’un ton léger.

Un grondement sourd lui échappa, qui se mua très vite en gémissement plaintif, tandis que ses quatre queues aux écailles rouges sang ondulaient doucement. Sans me presser, je m’approchais de lui, et posait l’un de mes long doigts sur la fourrure lie-de-vin entre ses multiples yeux.
_ Ces humains sont avec moi, petit chiot, déclarais-je d’une voix autoritaire. Que je ne te vois pas essayer de leur arracher un morceau, compris ?

Ses queues ondulèrent d’avantage, mais je ne défis pas ma laisse mentale, peu sûr qu’il m’obéisse. Doucement, je me penchais vers son oreille droite, ressemblant à s’y méprendre à la mienne, et lui murmurai :
_ Tiens tu tant que cela à rissoler ?

Il se tendit aussitôt et poussa un autre gémissement, qui ne m’attendrit pas d’avantage que le précédent. Enfin, à contre cœur, il écarta les mâchoires, faisant siffler ses deux longues canines en sabre sur ses babines, et fit jaillir à trois reprise une langue noire fourchue, signifiant ma victoire. Lâchant un petit rire, je desserrai ma volonté, et le laissai se relever. Plaquant ses yeux sombres sur moi, il souffla bruyamment puis, ignorant ostensiblement mes compagnons, il s’éloigna vers la porte, faisant riper ses trois pattes écailleuses sur le tapis et le griffant de la dernière.
_ Un…chiot ? Releva Cidolfas d’un ton sardonique.
_ Une chimère, précisais-je. Crée par Drémaris comme animal de compagnie.
_ Il avait manifestement l’air de vous apprécier.
_ Il me jalouse l’amitié que me porte sa maîtresse, dis-je avec un sourire en coin. Laquelle s’inquiète qu’un jour je perde patience et le détruise, ce qui ne risque pas d’arriver.
_ Ha bon ? Répliqua Ken, l’air septique.
_ Ce serai gâcher un long travail, rétorquais-je en me dirigeant à mon tour vers la porte. Avez-vous la moindre idée du mal que j’ai eu à trouver du sang de dragon dans ce monde ?
Cidolfas émit un petit rire tandis que Ken pâlissait en me suivant. Une seconde fois, je m’approchais de la porte. Et nous entrâmes.

La scène que nous découvrîmes était exactement celle à laquelle je m’attendais. Conscius, réussissant le prodige de gémir et ronronner à la fois, sa tête énorme posée sur les genoux de sa maîtresse, occupée à le consoler en lui murmurant à l’oreille.

_ Tu le couve trop, Drémaris, la gourmandais-je.
_ C’est parce que je l’aime, Elix, dit-elle en se redressant.

Un nouveau coup de poignard m’atteignit lorsque que je contemplai son visage. Marchant droit vers elle, je la relevais totalement, maîtrisant mon inquiétude. Son aile gauche – la seule restante – se recroquevillait légèrement et avait perdue sa teinte, ayant viré au gris sale. Mais surtout, le poison s’était répandu. Ses veines, normalement invisibles, pulsaient d’une noirceur malsaine sur l’ensemble de son bras droit, de son visage et de sa gorge, dissimulant ses traits. A ma gauche, Conscius gronda méchamment. Je l’ignorais.
_ Drémaris, pourquoi ne m’as-tu pas appelé ? Demandais-je d’une voix sourde.
_ Je n’ai plus mon pouvoir d’esprit, Elix, répondit-elle dans un murmure.

Serrant les dents, je déployais mon propre pouvoir, l’enveloppant toute entière dans un mélange de volonté et de lumière. Puis je prononçais sept mots de pouvoirs, et l’ombre commença à reculer dans ses veines, glissant lentement vers son avant bras droit, au cœur du quel je les scellai à nouveau.
Petit à petit, son visage m’apparu, son aile membraneuse retrouva sa couleur granit. Sa silhouette se redressa réellement, retrouvant sa grâce. Ses lèvres se dorèrent de santé, son visage anguleux apparut. Mais lorsque ses yeux s’ouvrirent, ils n’avaient pas la couleur ambre que je leur connaissais. Pourtant, le sourire qui illumina son visage, haussa ses long sourcils et découvrit ses canines bien acérées était bien le sien.
_ Soit l’honneur de ma demeure, Ami sincère, dit-elle en m’étreignant.

La chaleur et la beauté de sa voix – bien que désertée par la puissance d’autrefois - me détendit aussitôt, et je ne pu m’empêcher de sourire en voyant son regard rieur se poser sur Conscius, lequel grattait rageusement le sol. D’un geste fluide, elle tendit l’une des longues et fines pointes qu’étaient ses doigts, et décrivit une courbe vers l’autre côté de la salle. La chimère gronda encore plus fort, faisant trembler un vase emplit de fleur de cristal, tourna les talons et répondis à l’ordre de sa maîtresse. Enfin, Drémaris l’Alchimiste regarda par-dessus mon épaule.
_ Sont-ce là des présent, mon cher Elix ? demanda-t-elle en les fixant avec un sourire charmeur. Je ne voudrais pas paraître avoir les crocs tendres, continua-t-elle d’un air faussement hautain, mais tu aurais pu trouver plus intéressant que des humains. Il y en a des milliards, tout de même.

Et nous éclatâmes tout deux de rire.
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Mer 21 Nov - 22:00

Cidolfas Minos :

Les présentations avec l'alchimiste furent assez brèves, après qu'elle s'aperçut que Ken et moi-même ne faisions pas parti de de son menu. J'avais d'ailleurs senti à ce moment comme une pointe de déception dans sa voix, feinte ou pas, je n'osais pas le demander. Ken semblait un peu se détendre, malgré la tension qui se lisait sur son visage, la dangerosité naturelle du lieu dans lequel nous nous trouvions, l'espèce de chien mutant et la démone à moitié défigurée... Cela faisait beaucoup en une seule fois.
_ J'imagine cependant, reprit l'achimiste, qu'il ne s'agit pas d'une visite de courtoisie.
A ce moment, la chimère revint et se dirigea vers moi... J'avais comme une appréhension.
_ Désolé que ce ne soit pas le cas, mais tu as raison. C'est un danger, qui nous amène ici, un très grand danger.
Alors que j'étais plus soucieux de la chimère qui commençais à me tourner autour, Elix raconta toute l'histoire depuis le début, lors de sa rencontre avec Ken sur un parking. La créature, pendant ce temps, me reniffla et me souffla dessus à plusieurs reprises avec des énormes naseaux. C'était presque comme si on me brûlais regulièrement avec un chalumeau. Enfin, lorsque Elix eut terminé, le molosse revint vers sa maîtresse à son ordre, c'était un soulagement.
_ Ce projet est vraiment délirant, s'indigna la démone, comment les humains peuvent-ils imaginer un instant pouvoir contrôler un tel flot ? Comment peuvent-ils ne pas se douter qu'ils courent vers leur propre déstruction ?
_ Malheuresement nous ne pouvons pas les arrêter à temps avant qu'ils n'ouvrent la porte vers le monde des spectres, répondit Elix. C'est ici que nous avons besoin de tes talents.
La démone eut un petit sourire à ces paroles, mais au lieu de répliquer comme je l'aurais pensé, elle laissa Elix continuer.
_ Il faudra ainsi refermer le portail qui relie ce monde et le leur, mais avant cela, il faut veiller à ce qu'aucun spectre ne puisse en sortir, et...
Il se tourna soudain vers Ken, voulant apparement qu'il poursuive. Celui ci fut très surpris, mais pas tellement pris de cours. Il toussa légèrement, puis dit :
_ ... Et donc nous sommes venu vous voir afin que vous fabriquiez un objet qui puisse, repousser les spectres pour les maintenir à distance du portail.
Je dus réprimer un rire quand je vis les traits du visage de Ken se relacher. Il sortit alors les papiers qui concernaient la fabrication de l'artefact, il n'osa cependant pas aller les donner en main propre à la démone et passa par l'intermédiaire d'Elix. L'alchismiste les examina attentivement. Apparement, même sans donner de réponse claire, elle avait déjà accepté de nous aider. J'observer pendant ce temps en détail toutes les brûlures, écorchures et autres traits marquant de son corps. J'éprouvais de la pitié pour elle, pensant à toutes les souffrances qu'elle avait du endurer, en tant que paria et aussi... En tant qu'alchimiste. Au bout d'une minute, elle releva ses yeux des documents, elle aborait un air mauvais.
_ Cela semble faisable, mais il y a là dedans des ingrédients... spéciaux. De plus, le processus de fabrication est très complexe et délicat. Je pense qu'il y en aura bien pour quelques semaines.
_ Quelques semaines ?! laissais-je échapper
_ Evidement, humain. Vous n'espériez pas fabriquer un tel objet en une journée ?
Naïvement, c'était effectivement ce que j'avais pensé.
_ Il me faut également un objet qui puisse servir de catalyseur. Quelque chose quue l'on peut porter facilement, de préférence.
_ Tenez, prenez ça.
Les regards de mes deux compagnions se tournèrent aussitôt vers le creu de ma main.
_ Qu'est ce que c'est ? demanda Elix
_ Un pendentif, il y a une photo de mes parents, dedans.
_ Je ne l'aviez jamais remarqué, fit Ken
_ Je le porte sous mon manteau, la plupart du temps. Et puis... Je n'aime pas trop qu'on me sache sentimental
Elix et Ken firent mine de rire. Cependant, ce dernier eut l'air un peu inquiet l'instant d'après.
_ Cidolphas, vous êtes tout de même sûr de vouloir donner cet objet comme catalyseur ? Je veux dire, il pourrait ne plus ressembler du tout à ce qu'il est maintenant à la fin du processus.
_ Je sais, mais je maintiens ce que j'ai dis. Comme cela, ce sera la vengeance de mes parents...
La demone se dirigea vers moi et me prit le pendentif des mains.
_ Je vais commencer dès maintenant, il vaut mieux ne pas perdre un instant.


Dernière édition par le Sam 24 Nov - 21:17, édité 1 fois
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Kallisto
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Ven 23 Nov - 22:23

Chapitre 10 : Comme au temps du déluge

Klara Beaumort :


Fichu temps ! Encore de la grisaille ! On est pourtant en mai. Ah la la ! Cette planète se déglingue de plus en plus, ma parole.
Bon, il est bientôt sept heures. Je vais aller me faire chauffer de la soupe. Ca sera ça de moins dans le frigo.
Comment elle marche déjà cette cuisinière ? Ah, oui, il faut appuyer un moment avant d’avoir le gaz. Rah ! Mais ça marche pas ! Cochonnerie de machin !
Au moins, je suis tranquille sans les zigotos. Cela faisait un petit moment que j’avais perdu l’habitude d’écouter le silence. Il y avait toujours du bruit, quoiqu’il arrive ! Et ils étaient incapables de tenir en place. Sauf Anaïs, mais elle, elle connaît les règles de la maison, ça l’avantage quelque peu. Mais quand même, elle est plus raisonnable que les autres, enfin, un petit peu. Elle tient de sa mère des fois.
Ah ! Celle-là ! Moins je la verrais, plus je m’en porterai bien ! Mais qu’est-ce que j’ai fait pour avoir une fille pareille ? Heureusement qu’Anaïs est une enfant bien élevée, enfin, enfant…
Et zut ! C’est bouillant ! Je vais devoir laisser la soupe refroidir… Il vaut mieux : c’est comme ça que ce satané mari est mort. Ca lui apprendra à vouloir des soupes à la limite de l’évaporation ! Son estomac n’a pas pu tenir ! Et en plus, il picolait comme un trou. Ce n’est pas la peine de s’étonner ensuite du résultat.
C’est à peu près bon. A table, donc…
Non, vraiment, j’ai perdu cette habitude du silence. Pourtant, ils ne sont pas restés très longtemps, et ils vont revenir de toutes façons. Ca, je peux en être sûre. Surtout pour Peter. Lui alors, quand il n’est pas dans son monde d’argent et de technologie, il ne peut pas s’en sortir tout seul. Par contre, pour le loup-garou, je pense qu’il est capable de se dépatouiller. Mais je n’ai jamais côtoyé une personne de ce genre, alors bon…
Ca fait combien de temps qu’ils sont partis, déjà ? Si je compte bien, je dirais… deux jours. Ah. Quand même. Mais bon, leur plan doit avoir une certaine durée. On ne trouve pas un membre de la secte en un claquement de doigts. Et on n’obtient pas non plus un « rendez-vous » avec l’organisation servi sur un plateau.
C’est pas la peine de se faire un sang d’encre de toutes façons. Ils sont grands, plus ou moins responsables de leurs actes, et ne sont pas comme les autres. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir un gamin à l’ego surdimmensionné accompagné par une sorcière et un loup-garou.
Mh… Pas assez salée, cette soupe. Et j’ai forcé sur les navets, tiens. J’espère que je ne suis pas en train de perdre la main. Non.
Oh ? Déjà cette heure-là ? Je traîne aujourd’hui pour manger, ce n’est pas normal. C’est sûrement à cause des trois lascars. Ah ! Même quand ils ne sont pas là, j’ai des soucis ! Quels cadeaux !
Mais… Je me demande bien où ils vont être hébergés pendant leur « enquête ». Pas dans le petit appartement d’Anaïs. A mon avis, on doit le surveiller. Je pense que le loup-garou est dans la même situation. Si on rajoute le fait que Peter est poursuivit… Je ne vous dit pas la pagaille !
Ils ont de l’argent pour se nourrir ? Sûrement. Anaïs est sérieuse, mais avec toute la clique d’illuminés, ça m’étonnerait qu’ils puissent manger dans un restaurant tranquillement.
Eh ! Je suis en train de m’inquiéter sur leur compte ? Allons, bon. Je me pose juste des questions. Ce n’est pas à moi de me ronger les sangs. Et puis, au moins, je ne risque pas de voir des fous débarquer chez moi, maintenant qu’ils ne sont plus là.
Mais quand même… Ce plan est suicidaire, bien qu’il soit sorti de ma vieille caboche. Ont-ils une chance de réussite ? Evidemment ! Bornés comme ils sont tous, il n’y a pas de problèmes. Mais… Je doute.
C’est pas vrai ! Je suis en train de m’en faire pour eux ! N’importe quoi ! Leur mission va marcher comme sur des roulettes et ils vont revenir dans mes pattes ensuite.
Pourtant…
Je m’inquiète…
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Aurélien
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Dim 25 Nov - 18:26

Séraphin

« Hé, Séssé, passe-moi le tournevis cruciforme.
-Y en a pas, et cessez de m’appeler Séssé.
-Ca va, ça va. Comment ça, y en a pas ?
-Y en a pas, je vous dis. On a le matériel le plus invraisemblable du monde, mais si vous dites un jour que même pour fabriquer un truc pareil, il faut un tournevis cruciforme, on vous rira au nez. Donc y en a pas.
-Je vais en acheter un ; toi, continue à tenir.
-C’est noté ».

De toute façon, si je ne tiens pas, ça me saute à la figure. Evidemment. Comment concevoir que l’on puisse construire un appareil aussi complexe sans que ça saute à la figure tant qu’on n’a pas mis la vis qu’il faut où il faut ? C’est bien pour cela que je suis là depuis ce matin. L’essoreuse à gaz est presque prête, et il y avait besoin de quelqu’un de fort pour terminer de le fabriquer. Alors ils ont confié la tâche au technicien qui m’appelle Séssé. Et comme il fallait quelqu’un d’encore plus fort pour tenir l’appareil tandis qu’on trafiquait quelque chose à l’intérieur, ils m’ont fait venir aussi. Au moins, à présent, je sais comment cela marche. Mais j’ai déjà fait plus palpitant.
L’autre jour, par exemple, lorsque je suis retourné voir le démon pour savoir comment avançait la traduction des papiers, j’ai surpris leur conversation. Enfin, surpris n’est pas tout à fait le mot. J’étais déjà là depuis un moment quand ils ont commencé. Caché dans un conduit d’aération, presque couvert de blattes qu’ils avaient l’air de laisser proliférer. Et moi aussi : au moins, avec un tel bouclier organique, j’étais sûr de ne pas être repéré. Apparemment, ils allaient voir un alchimiste de je-ne-sais-quoi, je ne sais où. En tout cas, des nouvelles assez optimistes : pour peu que cet alchimiste soit un minimum doué, ils pourraient peut-être trouver quelque chose d’intéressant.
Et depuis quelques temps, ici, tout le monde ne parle que de l’évasion de l’Innocente. Enfin, tout le monde… Ceux qui sont au courant. Quand il l’a appris, Shaaxalaxx est pratiquement devenu fou. Mais il a d’autres préoccupations, en ce moment. Il attend l’arrivée de ses compatriotes qui vont venir dévorer la population. Et voilà qui a le don de le mettre de bonne humeur. On lui a confié une mission aujourd’hui, pour qu’il ne traine pas dans mes pattes. Il était tout content. Il m’a confié qu’il pensait que c’était pour convaincre les spectres d’être « sympas » avec les membres du Cercle quand ils arriveraient. Dans un élan de sincérité, je lui ai dit « Non, c’est pour que tu sois pas dans mes pattes, histoire que tu soupçonnes pas quelle trahison nous sommes en train de te mijoter ». Il a pris cela pour une blague, et il a rigolé.
C’était pourtant la vérité. Le patron ne veut pas qu’il soupçonne ce que nous fabriquons.

« J’en ai un, j’en ai un !
-Un quoi ? Dis-je, dans le vague.
-Un tournevis cruciforme !
-Chouette. Dites, j’ai oublié de vous prévenir, y a comme un haricot : vous en voyez où, vous, des vis ?
-Heu… Ben…
-Ben ?
-C’est que…
-Y en a pas, hein ?
-Si ! Mais dans la remise ».

Tandis qu’il part, je regarde ce que j’ai entre les mains. Ca a une armature en métal, et des parois transparentes. Ce n’est pas plus gros qu’un ballon de rugby. Ca a la même forme, mais en plus cubique. Et c’est parcouru par un liquide verdâtre avec une hélice qui tourne toute seule au milieu. Si on secoue un peu, ça devient un peu argenté. Si on secoue encore un peu, ça devient blanc. Si on secoue encore un peu plus, ça devient éclaté partout dans un rayon de dix mètres donc on ne peut pas savoir quelle couleur cela aurait.
Autre chose : ça fait mal à la tête. Mais on ne sait pas que ça vient de là. Comme lorsqu’un jour, on est affreusement malchanceux, et qu’à force, le soir, on est sûr qu’une entité maléfique nous veut du mal, mais qu’on ne sait pas d’où. Là, c’est quand on approche de l’essoreuse à gaz. On ne viendrait jamais à soupçonner que c’est à cause de ça. Mais cela fait mal à la tête et c’est fait pour.

« Je les ai. On peut les mettre ».

Et on les met. Une par une. Il y en a quatre. Je peux lâcher. En le posant sur l’établi, je me rends compte que c’est beaucoup moins lourd quand il y a les vis. C’est dingue tout ce qu’on peut faire avec un tournevis cruciforme. Je demande au technicien si je peux écrire quelque chose dessus au feutre. A ma grande surprise, le technicien accepte. A présent, on peut lire sur l’appareil « Made in Taïwan ».
Plus tard dans la journée, je vais installer l’essoreuse à gaz –comme nous l’appelons, par simple cynisme- dans la « clef de voute » de la porte.
J’imagine Shaaxalaxx me surprendre en train d’insérer la pièce à contrecœur, et me demander ce que c’est.
Et moi, de lui répondre, dans un élan :
« C’est l’essoreuse à gaz. Tu vois, ça s’active en même temps que la porte et lorsqu’un spectre passe à travers la porte, de par sa nature gazeuse, une connexion se crée grâce à l’hélice au milieu. Ca transmet des données qui remplacent les pensées du spectre par un « programme » qui lui dit qui dévorer, et qui ne pas dévorer. Ca fait ça à un spectre. A un humain, c’est parti pour une bonne migraine ».
Et je l’imagine s’esclaffant, songeant qu’il s’agit d’une blague.
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sebrich
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Mer 28 Nov - 10:13

CLAUDE LUPUS

J’inhale une grand bouffe d’air frais, heureux d’être enfin sorti de cet affreux camions. Les chaînes de métal, c’est très saillant, mais ça pèsent à force. Je me retourne vers ma cheftaine, qui sortaient elle aussi de la faille qu’elle avait crée dans une ruelle déserte, tout sourire.

Malheureusement, elle ne souriait pas.

-On a encore quelques soucis à régler, me dit-elle avec gravité devant mon haussement de sourcil. D’abord, je dois retrouver Peter, de l’ « autre coté ». Je vais devoir retourner à l’appartement de Robert. Avec un peu de chance, il y sera peut-être encore. Sinon, j’essaierais de retracer la course qu’il aura tenter pour nous suivre.

-Bien, dis-je en restant sérieux, et moi, qu’est ce que je fais pendant ce temps là ?
-Toi, essaye de mettre l’organisation sur une fausse piste, avec n’importe qu’elle façon, je te fais confiance pour ça.
Elle me lance un éclatant sourire, peut-être pour essayer d’oublier le stress qui pèse pour l’instant sur nos épaules.

Je souris à mon tour.

-Ah, et quand ce sera fait, essaye de retourner le plus discrètement possible chez ma grand-mère, pour la prévenir que nous sommes toujours vivant, même si je ne pense pas que ça l’intéresse.

J’acquiesce, ne sachant pas si je devais en rire ou avoir la tête maussade de celui qui comprend très bien la douleur des autres. Je la regarde traverser une autre faille, puis je me retourne et sort de la ruelle, en regardant bien si quelqu’un me suis. Par chance, je suis seul dans cette endroit, à part quelque chats gris me regardant avec des yeux ronds. Mais comme je me doute que les chats ne sont pas assez intelligent pour être des espions de l’organisation, je n’y prête pas attention.



-C’est combien ?
Tandis que le type regarde son compteur, je regarde à droite et à gauche si personne ne vient vers moi, un écusson connu sur le costume. Mais à cette heure de la journée, quand le soleil commence déjà à faire des teintures d’orange ou de rose dans ses rayons, il n’y avait pas beaucoup de gens.

-C’est 15 euro, m’sieur.
Pendant que je sortais mon portefeuille en grognant, je demande avec politesse comment les prix pouvaient augmenter aussi vite.
-Tarif de soirée plus tarif de week-end, m’sieur, me répond l’homme, prenant l’argent sans me jeter un regard.

Alors que le taxi repartait en faisant crisser les pneus, j’entrais dans l’aéroport Charles De Gaulle.
Le grand tableau noir des départs et arrivés me surmontais, avec certaines taches de rouges, indiquant les retards de toutes entreprise devant respecter des délais. Je braquais immédiatement mon regard sur les cabines de téléphone. Je passais devant certaines cabines déjà occupé, préparant ma monnaie pour l’appel. J’entendais malgré moi les conversations qu’échangeais les personnes avec leur interlocuteur du bout du fil, même si je n’en comprenais aucun, sauf celui d’un belge, avec un sacré accent.
Je m’installe dans la cabine, décroche le combiné, et compose le numéro de ma chère Corrine.

-Tuuuut tuuuut tuuuuut.. beeeep. Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de Corrine, je…

Je pousse un minuscule soupir. J’aurai bien voulu discuter avec elle pour me sentir mieux, mais en même temps, c’était une chance car je n’avais pas beaucoup de temps.

-… après le bip sonore. BEEEEEP.
-Allo Corrinette, c’est Claude à l’appareil. Je dois partir d’urgence aux état-unis pour aller voir un oncle malade, et comme on a des partielles lundi, je te demanderais si tu saurais prévenir le secrétariat de mon absence. Merci d’avance bise je t’adore.

Je repose le combiné, et me dirige vers la gare, tout en me félicitant pour la petite idée que j’avais eu dans la ruelle. Normalement, l’organisation a du mettre sur écoute toutes mes connaissance depuis longtemps. Avec un peu de chance, ils mettront quelques temps à se rendre compte que je n’était pas dans l’avion, avec ma cheftaine. Maintenant, je devais retourner à Auvers sur oise maintenant.


Je me glissais sans bruit jusqu’à la porte de la grand-mère, espérant de tout mon cœur que l’organisation n’aient pas l’idée de venir espionner la grand-mère. Mais malgré mon ouïe fine, je n’entendait aucun bruit de radio que s’éteint ou s’allume brutalement.

Je frappe timidement à la porte, qui s’ouvrit presque à la volée devant une grand-mère à l’air furibard.
-Et alors ? dit elle, c’est à cette heure-ci qu’on rentre ?

Je me tordis d’un sourire qui ressemblait à une grimace.
-Moi aussi je suis content de vous revoir, madame Beaumort
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ChaoticPesme
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Dim 2 Déc - 14:44

Cidolfas Minos :

_ Je vois pas vraiment de différence, pour le moment.
_ Cidolfas, arrêtez de la déranger !
_ Vous ne faîtes que la déconcentrer en faisant sans arrêt des commentaires inutiles.
_ Bon, bon, d’accord, ça va, je m’intéresse !
Je m’éloignais de l’alchimiste, sous les « incitations » de mes deux compagnons. Ce n’était tout de même pas de ma faute si eux avaient trouvé de quoi s’occuper lorsque l’alchimiste n’avait pas besoin de nous et pas moi.
Je ne sais pas trop depuis combien de temps nous étions là, j’avais déjà l’impression de ne pas avoir vu la lumière du soleil depuis au moins un mois. Pourtant la démone nous avait assuré que la création de l’artefact ne durerait pas plus de quelques semaines. Je me contentais de syntoniser de temps à autres quelques petits cailloux ou quelques pierres rouges en divers objets qui me passaient par la tête dans ces moments d’ennuis. Même les expériences les plus étranges de l’alchimiste sur mon médaillon n’avaient pas réussi à me divertir, et pourtant, je ne cessais de les repasser dans ma tête.
La plupart du temps, le médaillon passait son temps dans une espèce de marmite creuse à moitié trempée dans une petite crevasse de lave, sans même fondre, tandis que l’alchimiste ajoutait au compte goutte les ingrédients réduit tout en murmurant des paroles que je ne comprenais pas… Et qu’il m’aurait été difficile de répéter moi-même. Sans doute était-ce un langage spécifique à la « recette » de l’artefact. Je n’avais jamais vraiment pris le temps de la lire, alors je découvrais au fur et à fur ces ingrédients plus ou moins… Pas ragoûtants, comme du sang de démon. Moi qui avais pourtant au cours de ces 2 années fait couler bien plus de sang que ce qu’il n’en fallait pour cette recette, le fait de le voir ainsi utilisé me faisait avaler ma salive de travers…
De temps en temps, la démone ramenait le médaillon sur une sorte de grand établi taillé dans la pierre volcanique. Ce n’était que dans ces moments là où je pouvais approcher suffisamment prêt pour voir ce que l’alchimiste faisait sans risquer une brûlure au visage. Cela, malgré les grognements rauques de l’espèce de chien mutant qui me décourageait d’approcher de trop près. Mais quand j’essayais de regarder le travail de la démone par-dessus son épaule – tant bien que mal en me mettant sur la pointe des pieds et aidé d’un gros cailloux – j’étais un peu aveuglé par des lumières de toutes les couleurs provenant de mon pendentif. Avec tout ce qu’on lui faisait subir, j’espérais tout de même que son aspect originel ne soit pas trop altéré.
Pour essayer d’apaiser mon ennui, j’essayais parfois d’engager la conversation avec Ken ou Elix, sauf que je me rendis vite compte que c’était pour moi un exercice bien difficile, ainsi que pour eux : Au-delà de nos conversations sur notre plan pour contrer l’invasion, de nos futurs actions, ainsi que nos réflexions sur les évènements passés, nous n’avions jamais vraiment discutés d’autre chose. Etendre nos discutions à d’autres sujets constituait un véritable entraînement aussi ardu que celui que j’avais subi avec Elix pour développer mes talents de syntonisation et de détection. Paradoxalement, c’était tout de même Ken qui s’en sortait le mieux pour trouver des sujets à débattre entre nous. Il fut même pendant un moment notre intermédiaire entre Elix et moi, pour nous aider à ce que nos débats ne deviennent pas stériles. Pendant quelques temps, j’arrivais ainsi à tromper l’ennui en goutant vraiment une compagnie agréable sans aucune arrière pensée. Cela n’avait absolument plus rien à voir avec les moments que nous passions ensemble auparavant, qui étaient souvent tendus, car dans le contexte d’une menace imminente.
Il y a tout de même une chose que j’évitais d'aborder, c’était de mes deux dernières années en tant que chasseur de démon. Ce n’était pas tellement pour Elix, qui au contraire aurait voulu en savoir plus, mais plutôt pour l’alchimiste, à qui je n’avais pas osé révéler ce… Détail.
Sans que je l’aie remarqué, la démone s’était approchée de nous, de mon dos.
_ Excusez-moi, mais j’aurais besoin de vous, dit-elle en s’adressant à moi
_ Pourquoi ?
_ Il me faut une énergie spirituelle suffisamment forte, et si possible, liée à l’objet pour pouvoir en transférer une partie à l’intérieur de l’objet.
_ Vous voulez siphonner mon énergie pour la mettre dans le pendentif ? dis-je sur le ton du doute
_ Oui, répondit-elle simplement. Mais n’ayez aucune inquiétude, il n’en faut qu’une petite partie, et cette énergie ne sera pas définitivement perdue.
Je regardais un instant mes compagnons, ils approuvèrent d’un signe de la tête.
_ Très bien, dis-je, résigné.
J’accompagnais alors la démone près de son établi de rocher. Elle se tourna vers moi et posa une de ses grandes mains sur le côté de ma tête, et posa l’autre sur le médaillon.
_ Ce ne sera pas long, vous ne sentirez rien.
Je regardais le pendentif à moitié couvert, puis je me sentis alors glisser vers une sorte de demi sommeil, ma vision commençait à légèrement se troubler, je pensais :
« N’empêche que… Je ne vois pas beaucoup de différences… »


Dernière édition par le Dim 2 Déc - 22:37, édité 1 fois
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Lex
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Dim 2 Déc - 21:05

Peter Easton

Tout ce flou… Si je reste encore un peu plus longtemps ici, je vais devenir astigmate. Mais ce serait un moindre mal. Je finirais probablement fou.

Enfin finir, façon de parler ; il ne semble pas que je puisse finir de quelque manière que ce soit sous cette forme. Invisible, immortel. Je ne pouvais interagir avec rien dans ce bas monde. Les portes ? Je les traversais. Saisir un stylo pour demander de l’aide ? N’y songez même pas. Le passe-muraille en moins célèbre.

J’avais bien tenté de suivre Anaïs et Claude quand ils s’étaient fait emmener par les agents de l’organisation, mais sans la sorcière je n’allais pas beaucoup plus vite que d’habitude. Je n’avais pas à me soucier des murs cela dit, ni des voitures qui ne ralentissaient pas lorsque j’essayais de traverser. Je n’avais à me soucier de rien, ni personne. A l’approche de l’apocalypse ça avait presque quelque chose de rassurant. Presque. Parce que l’ennui, c’est que rien, ni personne, ne se souciait non plus de moi.

Après les avoir perdus de vue, je m'étais aussitôt mis en route pour la maison de madame Beaumort. C'est impressionnant combien les distances se font sentir lorsque l'on n'utilise pas les transports civilisés. Sans parler de mes nombreux égarements. C’était assez étrange. Sous cette forme, certains détails paraissaient moins important et d’autres, auxquels on ne fait pourtant jamais attention, étaient mis en exergue.
Là, je n’avais trouvé qu’une vieille femme un peu inquiète. Rien de plus.

Elle s’inquiète encore. Décidément.

Mais la grand-mère ne m’était d’aucune utilité ; dans la famille allumée, je voulais la petite-fille. J’étais donc reparti d’où je venais cherchant où avaient bien pu passer mes compagnons d’infortune. En vain. Plus les jours passaient, moins j’avais de chance de retrouver quoique ce soit. Ils étaient sans doute morts.

Mais j'avais su me faire un semblant de raison. Gardant l'espoir de retourner au monde réel un jour, je profitai de ma condition pour récolter quelques informations intéressantes ; sur certaines compagnies, sur certains hommes d’affaires. Ça pouvait paraître futile dans ma situation mais il fallait bien que je me raccroche à quelque chose.
Ce sortilège ne semblait pas avoir de fin.

Un jour cependant, alors que je me baladais à travers les murs d’un quartier parisien – c’était devenu un petit jeu de traverser des obstacles en essayant de deviner ce qui pouvait se cacher derrière, je vis une silhouette familière. Jeune, athlétique, une carrure de jeune homme en bonne forme. Claude ! Il était vivant ! Oui, seulement, lui, il ne pouvait pas me ramener à la vie. Mais s’il était là peut-être qu’Anaïs ne se trouvait pas loin. Je décidai de ne pas le lâcher d’une semelle.
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Mer 5 Déc - 12:06

Anais :

Si j'étais un anglais perdu sans une autre dimension, où irais-je ?
C'est bien ça le problème, moi, je ne le suis pas. J'ai fait tous les chemins que j'aurais empruntés à sa place. J'ai suivi la piste des camions, puis j'ai erré un peu partout. Combien de jours se sont écoulés, maintenant ? Pas de faim, pas de sommeil, dans ce monde. Du coup, c'est dur de garder une notion du temps. Est-ce que ça fait longtemps que je n'ai pas contacté claude pour lui dire ou en sont mes recherche ?
Jamais je n'avais autant passé de temps dans cet univers de brume. J'en aurais le tourni, sauf qu'ici, les contraintes physiques s'évaporent avec le décor.
Il est vivant. Je le sais. Il est allé chez grand mère. J'ai eu l'idée de m'y rendre. Malheureusement, il n'y est pas resté. Quand j'y suis arrivée, invisible, inodore, impalpable, ça m'a frappé, tout le lieu était emprunt de cette présence. Un mélange d'amer, d'acide, de froid et pourtant... Mais lui, lui, il n'y était pas. Il était clair qu'il y était resté un moment, mais non, il n'était plus là.
Alors j'ai continué mes recherches.
Quelque part dans ce monde de brume il y a Peter. Peter, son cynisme, son entêtement, son refus absolu d'être dépassé par les événements. Et je le retrouverai.
Il marche, évidément. Il ne m'attendra pas en un point où je peux le revoir. Peter Easton n'est pas de ceux qui attendent. Il marche. Il essaye de communiquer, ou alors il explore ce monde dans l'espoir dans trouver des limites. Mais il n'attend pas. Et ça, c'est franchement chiant, pour qui essaye de le retrouver.
Place de la république, encore une fois. Mes pas me ramènent toujours ici. Pourquoi il n'y revient pas, lui ? Où s'il y revient, pourquoi il n'y reviens pas en même temps que moi. Pourquoi il n'attends pas, juste un peu, juste un peu...
Bon, pause. Et un appel à Claude, on ne sait jamais. Je rouvre la faille pour retourner dans le monde palpable et tend mon esprit vers celui de Claude qui...
Hein ?
Que fait-il si près ?
Claude ? Pourquoi es-tu à Paris ? Je t'ai dit de m'attendre chez grand mère ?
Cheftaine, c'est toi ?
Non, c'est Naomie Cambell ! Qu'est-ce que tu fous à Paris ?
T'es marrante, toi. Tu sais depuis combien de temps tu m'a pas donné signe de vie ?
A vrai dire non. J'étais un peu absorbée.
Absorbée ? Ca fait une semaine, cheftaine !

Hein, tant que ça ? Ce n'est pas possible ! La nouvelle m'assomme un peu. Est-ce que ma recherche m'a obsédée à ce point ?
Je suis désolée que tu te sois inquiété Claude, mais au nom du ciel ne reste pas à Paris, tu vas te faire repérer. Où es-tu ?
Je suis retourné chez Robert. Je me suis dit que tu y reviendrais régulièrement.

En effet, je n'arrête pas d'y revenir. Même en sachant que je n'y retrouverai personne, je continue à revenir dans cet appartement. Robert n'imagine même pas combien de fois je l'ai visité. Ca en deviens presque un rituel absurde. Si l'envie me prend d'abandonner, je retourne là, au dernier endroit où j'ai vu Peter.
S'il te plait, Claude. Rentre à Auvers.
Hors de question. Je viens chercher avec toi. Je ne sers plus à rien à Auvers.

Et moi, à Paris, est-ce que je sers encore à quelque chose ? Je n'y crois plus. Ca fait des semaines que je cherche. Ca paraît impossible de trouver un homme qui ne vous attends pas. Et pourtant j'arrive pas à abandonner. Je n'arrive pas à me résoudre à l'idée qu'il est perdu.
Je suis place de la République, Claude. Vient m'y rejoindre. Et à pied, s'il te plait.
Je n'arrive pas à abandonner. Pas seulement parce que ce serai contraire à ma conscience. Pas seulement parce que j'ai besoin de lui pour témoigner. Je n'arrive tout simplement pas à abandonner. Qu'est-ce qu'il est pour moi, ce type ? Pourquoi est-ce que ça me ronge comme ça, de pas lui mettre la main dessus ?
Je t'ai tellement cherché. Si tu savais comme je te cherche, tu ferais quand même un peu plus d'effort pour être trouvé. Tu ne pouvais vraiment pas, vraiment pas, une fois dans ta vie, compter sur les autres et m'attendre chez grand mère ? C'était vraiment trop dur à admettre, que tu étais impuissant, que moi seule pouvait venir te chercher ? Je suis là ! Tu m'entends, Peter Easton ? Je suis là ! Je ne te laisse pas tomber. Alors viens, bordel ! Viens à ma rencontre ! Arrête de bouger comme ça ! Je n'ai jamais laissé tomber personne, même pas un ennemi. Comment ose-tu décider que je te laisserai tomber, que je ne viendrai pas, et qu'il faut t'en sortir par toi-même ?
Comme si le contact du monde matériel me rendais le poid des jours de marche et de recherche que je viens de vivre, mes jambes tremblent et ne me portent plus. Je m'adosse à la rembarde d'une bouche de métro, et me laisse glisser malgré moi au sol.
Anaïs a peur. Anaïs est fatiguée. Anaïs n'a plus rien à essayer.
Chez grand mère il était tellement là que ça en faisait mal. Il ne manquait que lui. Il avait laissé sa présence à des mètres aux alentours. Cette présence que j'appelle et appelle, dans l'autre monde, depuis... Quel jour somme nous ? Le 5 juin ?
Un mois, bientôt.
Un mois qu'il n'a plus eu le moindre contact avec qui que ce soit. Je n'ai jamais été invisible si longtemps ? Quelle conséquence ça peut avoir sur sa psychologie ?
La première fois que je suis entrée dans ce monde, je n'étais pas seule, Madeleine m'accompagnait. Ca a fait bizarre. Mais je n'étais pas seule. Je n'y ai été seule qu'une fois que j'y ai été prête. Peter, lui, il n'était pas près. Il n'était même pas près à vivre ça, à être mêlé à ça. Peter était fait pour dominer et écraser au jeu de la bourse. Uniquement pour ça. Pas pour errer un mois dans un monde de brouillard.
Qu'as-tu bien pu essayer après avoir été chez grand mère ? Qu'as-tu bien pu essayer auquel je n'ai pas encore pensé ? Si j'étais toi.... Mais je ne suis pas toi. Tu n'as rien fait comme j'aurais fait, comment veux-tu que je te retrouve, dans ces conditions ?
Accroche-toi ! Au non du ciel, accroche-toi à cette idée, je vais venir te chercher. Je viens toujours chercher les gens. Est-ce qu'un homme devient fou quand il reste seul un mois ?
Oui, sans doute. N'importe quel homme deviendrait fou. Mais pas lui. Pas Peter Easton. Je le sens encore au plus profond de moi, comme quand j'étais chez grand mère. Dans cette présence amère et acide, il y a une volonté, une volonté incommensurable, les hommes de son espèces ne perdent jamais pieds, ils se débattent jusqu'à l'épuisement et même au delà... Et pourtant, je l'ai sentie aussi, cette part refoulée, cette fragilité enfouie qui refuse de remonter mais reste fragile.
Un enfant. Au fond de Peter Easton, il y a un enfant abandonné. Un enfant vulnérable. Un enfant qui pourrait bien s'effondrer, dans une solitude trop longue...
Si seulement j'avais été là, quand Grand mère l'a recueuilli... J'aurais pu faire sa connaissance, et je saurais un peu mieux aujourd'hui vers ou il peut se tourner quand il est perdu.
Quel âge j'avais à cette époque ? Je devais déjà avoir eu mon « accident ».
_ Cheftaine ?
Je relève la tête. Claude est là, toujours là, comme d'habitude.
_ Ca ne va pas ?
_ Je suis épuisée. Et j'en ai assez d'aller dans des endroit où il n'est pas. Le monde n'est pourtant pas si grand, pour un homme à pied.
J'attrappe la main qui m'aide à me relever, tandis que le sourire goguenard derrière commence à me sursurrer :
_ Tu sais, cheftaine, comme dit le poête, Paris est tout petit pour les gens qui...
_ Claude, la ferme !
Mais je souris quand même malgré moi, et malgré la fatigue. Cher Claude...
Bon, allons-y.
Je redescent dans la bouche de métro, et il m'emboîte le pas. J'ouvre la faille, l'attrappe par un bras, et la traverse avec lui. Et à peine l'ai-je fais que ça me frappe.
De nouveau, cette athmosphère amère et acide, que j'ai ressenti chez grand mère. Non, ça ne me frappe pas, ça m'enveloppe. Ca me traverse et me remue. La volonté incommensurable. L'enfant qui pleure. Tout est là. Tout est là. Il est là. Je relève la tête vers l'entrée de la bouche de métro, floue, évanescente, au milieu de laquelle se dessine maintenant une silhouette plus nette que le reste du décors.
Les yeux vides, le visage inexpressif. Je n'ai pas le temps de l'appeler, de crier son nom que d'un bond, comme un chat, il se rue sur nous et traverse la faille encore ouverte. Je le sens passer pres de moi avant de redevenir brumeux. Il n'a même pas salué, ni rien. Il est là. Cette fois, il est bien là, bon sang. Claude et moi nous repassons du coté matériel à notre tour, pour lui faire face.
Il a posé sa main sur le mur, comme incrédule de ne plus pouvoir le traverser. Il aspire une goulée d'air. Semble sur le point de défaillir. Mais bien sûr qu'il ne défaille pas. C'est toujours Peter Easton. Il se redresse et se tourne simplement vers moi, un index rageur pointé vers ma poitrine comme une arme à feu.
_ Vous ! Vous ! Je vous...
Il est si choqué et furieux qu'il n'arrive qu'à articuler.
_ Plus jamais... Plus jamais... Sorcière ! Sorcière ! Plus jamais...
Du calme, Claude, il est sous le choc, laisse le s'énerver si ça lui fait du bien.
Claude reçoit mon message, desserre son poing et va simplement tapoter une main qu'il s'efforce de faire amicale sur l'épaule de Peter.
_ Allons, allons, calmez vous mon vieux. C'est fini, maintenant. C'est vraiment fini, vous êtes sauf.
_ Vous réalisez... Vous réalisez... Sorcière...
Moi aussi je suis heureuse de te revoir, Peter Easton.
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Marc
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Sam 8 Déc - 1:54

_ Comment ai-je pu écrire une telle stupidité ? Murmurais-je pour la troisième fois.

A la table d’à côté, Ken émit un petit rire et, pour la troisième fois, je lui adressai un regard exagérément outré. Me penchant à nouveau sur le livre, je rayai un passage et marquait quelques commentaires dans la marge. Comme à chaque fois que je rendais visite à Drémaris, j’avais décidé de passer un peu de temps à la bibliothèque. L’endroit était sans doute le plus grand du domaine. Sous une voute décorée de sculpture de cristal lumineux - représentant avec une réalité surprenante la Bibliothèque des Érudits - s’étalaient des dizaines de rayonnages, contenant autant de savoir qu’il nous avait été possible d’amasser en sept siècles, ainsi que les ouvrages qu’elle avait pu emmener depuis notre monde natal. Attablé avec Ken, je tournai lentement des pages, lisant quelques exemplaires et passant en revue mes propres traités. Lesquels finissait inévitablement par me paraître parfaitement erronés.
Haussant un sourcil, je tournai la page, parcouru le verso puis, d’une pensée, découpai proprement la page que je froissai.
_ Vous êtes bien cruel envers vos écrits, commenta Ken d’un ton réprobateur.
_ Je fais toujours une copie avant de les relire, alors je peux me le permettre.
_ Mais pourquoi les modifiez vous ainsi ?
_ Ce sont des traités sur l’humanité et ce monde en général. Seulement il se trouve que je ne cesse d’apprendre des deux, et que de ce fait mes écrits me semblent souvent déplacés par rapport à la vérité.
_ Voilà un cercle quelque peu vicieux, vous ne trouvez pas ? Remarqua-t-il avec un sourire amusé. Ne craignez vous pas de ne jamais arriver au bout de cela ?
_ Il est trop entêté pour envisager une telle chose, fit une voix depuis la porte.

Levant les yeux, je vis Drémaris entrer, descendant avec grâce les quelques marches menant au centre de la grande bibliothèque.
_ Je vais finir par te condamner l’accès à ce lieu, dit-elle avec un sourire éclatant. A chaque fois que tu viens me voir, tu y passe près d’un quart du temps, continua-t-elle d’un air faussement vexé.

Fermant les yeux, je hochai ostensiblement la tête et poussait un profond soupir. Retrouvant son sourire, elle s’installa en face moi.
_ Alors, où en est ta recette ? Demandais-je.
_ Ca chauffe…ça clapote et…pour peu qu’on y mette un faune, ca pourrait faire un excellent ragoût.
Je secouais encore une fois la tête en souriant. Ken eu un petit rire.
_ Je ne comprendrais jamais pourquoi tu tiens tellement à écrire avec cet instrument plutôt que de projeter les mots, commenta-t-elle en fixant mon stylo de simple facture.
Je relevai aussitôt la tête, reconnaissant notre langue natale.
_ J’apprécie cette invention de l’homme, répondis-je dans la même langue. Qu’est-ce qui t’inquiète ?
_ Toi, Elix. C’est un combat difficile que tu vas mener et…
_ Je crois que je vais aller voir ce que fait Cid, annonça Ken de sa voix calme en se levant. Je me lasse de lire.

Passant devant nous, il nous adressa un sourire, puis quitta la pièce. Drémaris le regarda partir d’un air curieux.
_ L’avons-nous vexé en parlant un langage qui n’est pas le sien ?
J’eus un sourire en coin.
_ Ils sont tous sien. C’est un esprit totem.
_ Un totem, répéta-t-elle, réellement surprise. Pourtant je ne…
Voyant mon sourire s’élargir, elle me lança un regard sombre.
_ Tu lui as enseigné la maîtrise des trois volontés, n’est-ce pas ?
_ Seulement une. Il est tout de même humain.
_ Tu joues avec le feu, Elix. Ou plutôt avec les lois de ton oncle.
_ Mon oncle est peut-être d’une grande sagesse mais il ne connaît pas Ken. J’ai confiance en cet humain.

Elle me fixa quelques seconde, méditative.
_ Tu es une vivante contradiction, soupira-t-elle. Offrir ta confiance à un totem, et te quereller sans cesse avec un Malin. Si je ne te connaissais pas comme je te connais…
_ Tu ignores ce qu’il est, Drémaris.

Mon ton avait été sec, presque agressif. Elle baissa les yeux, laissant quelques mèches de ses longs cheveux marbrés passer devant son visage. Regrettant ma brusquerie, je tendis délicatement mon esprit vers le sien. Elle releva alors la tête, accepta mes regrets non formulé. Puis elle tendit sa main pointue et toucha la mienne. Nous restâmes ainsi quelques temps, communiant d’esprit à esprit, comme nous l’avions si souvent fait depuis notre enfance. Ses pouvoirs spirituels n’étaient plus présents, mais son esprit demeurait entier. Je vis de nouveau sa souffrance. Nous partageâmes notre amitié, si douce au toucher. Puis, doucement, je lus en elle son inquiétude face au combat que j’allais engager. La guerrière qu’elle avait été connaissait parfaitement ma force, mais l’alchimiste, le stratège de génie qu’elle était aussi pouvait voir le risque que nous allions courir, les autres et moi.
Les humains ont tant évolués. Même s’ils ne peuvent mettre de l’or dans leurs balles, ils demeurent dangereux. Même pour toi.
Je perçu alors son conseil. Il glissa en moi, amenant avec lui l’analyse si complète qu’elle avait fait de notre situation.
Ils sont tiens, sers t’en
Ils ne sont plus de cette époque. Qui sait s’ils m’accepteront encore.
Elle t’acceptera. Prend la, Elix, et va.


Doucement, sans lâcher ma main, elle se concentra, puisant dans un savoir que je n’avais jamais su dominer. Progressivement, elle vida son esprit, me laissant seul au milieu d’un vide presque absolu. Je me retirais alors, et elle lâcha ma main.
_ Une dernière chose, dit-elle d’une voix douce. Je ne sais peut-être pas qui est réellement Cidolfas, mais ce je sais, c’est qu’il porte comme moi l’héritage de deux races. Aussi, peut-être pourrais-tu lui confier l’autre.

Je la regardai longuement, et elle me rendit le regard fier et déterminer du démon supérieur qu’elle était.
_ Oui…c’est d’accord.
_ Je vais terminer le médaillon. Il sera prêt dans une ou deux heures.

Puis, se penchant en avant, elle déposa un baiser léger sur le coin de mes lèvres, et son esprit forma un encouragement distinct, puissant.
_ Puisse-tu voler au-delà de la désolation glacée qui est ton domaine, murmura-t-elle, exprimant son sentiment.


Je retrouvais Cidolfas et Ken dans la grande salle, assis face à face devant une table. Tandis que je m’approchais, je vis Ken mélanger avec adresse un jeu de carte. Les distribuant d’une main, il tourna la tête vers moi.
_ J’espère ne pas avoir gêné votre amie par mon départ, Elix, mais je trouvais déplacé d’écouter votre conversation.
_ Je vous en remercie, répondis-je. Puis m’asseoir ?
_ Bien sûr. Cidolfas ?

Sans un mot, le chasseur posa son jeu, pris une pierre dans sa poche et synthonisa une chaise au dossier peu conventionnel, s’adaptant parfaitement à la présence de mes ailes invisibles. Remarquant cette attention, je le remerciais d’un signe de tête, puis m’installai pour les regarder jouer.
_ Beau travail, dis-je, en regardant les cartes.

Il s’était effectivement surpassé. Sur un fond blanc unis étaient visibles soit des chiffres faits de courbes rondes, soit des images si réelle que l’on s’attendait presque à voir le valet terminer le salut représenté.
_ J’ai eu tout le temps de m’entraîner, répliqua-t-il d’un ton neutre ne dissimulant pas tout à fait le reproche.
_ Tant mieux, car votre médaillon sera bientôt prêt. Dans deux heures, tout au plus.
_ Dans ce cas, fit Ken en déposant ses cartes, peut-être faudrait-il nous préparer.
_ Justement. Cidolfas, voudriez vous bien venir avec moi ?
_ Pour ? Demanda-t-il laconiquement.

Poussant un soupir, je me levai.
_ Venez, simplement, dis-je en me dirigeant vers l’un des hauts murs.

M’arrêtant à gauche d’une imposante étagère emplie de lames de multiples formes, je posai la main sur le mur, et prononçai trois syllabes rauques. Tout comme à l’entrée, le mur sembla devenir liquide, et je le traversai. Arrivant sur les premières marches d’un large escalier, j’attendis quelques secondes que Cidolfas traverse à son tour, suivit de Ken. Puis j’entamai la descente. Nous descendîmes profondément dans les entrailles du volcan, et bientôt le haut de l’escalier ne fut pus visible. Seulement alors, nous arrivâmes à destination.

_ Voici la salle des reliques, dis-je simplement lorsque nous eûmes tous passé la dernière marche.
_ Et quels genres de reliques sont gardés dans ces coffres ? Demanda Ken d’un ton curieux.
_ Un peu de tout, répondis-je en circulant parmi les multiples contenants entreposés un peu partout. Objets sacrés, arme, pierres précieuses. Quelques plumes de phoenix. Gungnir…
_ La lance d’Odin ? s’exclama Ken, incrédule.
_ Elle-même. Drémaris et moi l’avons récupéré dans l’arctique au alentour du quinzième siècle. Elle est entreposée avec les reliques nordiques.
_ Bientôt vous allez nous dire qu’on peut trouver une pierre philosophale, ici, commenta Cidolfas avec un petit rire.

Je le fixai quelques secondes, un sourire goguenard aux lèvres. Son rire s’arrêta net, et il écarquilla les yeux.
_ Vous voulez rire…
_ Ce n’est pas pour cela que nous sommes descendu, dis-je, ignorant sa remarque. Venez.

Nous traversâmes la salle dans toute sa longueur. Enfin, nous arrivâmes à la paroi opposée, sur laquelle étaient fixées deux armures, l’une sombre, l’autre scintillante. Les diamants tissés et filés les composants ne portaient pas la moindre trace de poussière. Tandis que l’on s’en approchait, je sentis mes pouvoirs vibrer légèrement. Prenant une profonde inspiration, je me postai face à elle, mais baissait les yeux au sol. Posant un genou en terre, j’y appliquai ma paume marquée. Le sol se transmuta alors sous ma main, révélant une niche contenant une longue boite, semblable à un fin cercueil. Saisissant une poignée sur l’un des flanc, je le sorti de la niche, que je refermai.
_ Que de précautions, remarqua Cidolfas.
_ Elle peut être dangereuse pour ce qui l’entoure même lorsqu’elle est en sommeil, répondis-je d’un ton absent.
_ Elle ?
_Leïnyel dis-je d’une voix douce dans ma langue natale. Je suis venu te chercher pour répandre le sang.

Il y eut un instant de flottement, durant lequel mes cœur s’accélérèrent violement, puis mon Arme de Guerre traversa le couvercle de la boite pour venir se loger dans ma main, me souhaitant un bon retour au sein de sa puissance.
_ Une vouge, murmura Cidolfas à ma gauche lorsque je me relevais.

J’acquiesçais en silence, la contemplant pour la première fois depuis quatre siècles. Sur le long manche de métal sombre couraient des centaines de runes luisant d’un éclat rouge sang, s’arrêtant à la naissance de la large lame incurvée, meurtrière.
_ Elix, souffla Ken d’une vois tremblante, je sens…je sens une conscience dans cette arme.
_ C’est une Arme de Guerre, expliqua à voix basse. La plus puissante œuvre de mon peuple. On ne peut les créer qu’en forgeant des âmes.
_ Des âmes ? s’exclama-t-il fortement. Vous voulez dire que vous avez…
_ Il n’existe qu’un seul moyen de tuer un spectre lorsqu’il a pris possession d’un corps, dis-je toujours aussi bas. Une seule façon de s’assurer qu’il ne s’échappera pas vers un autre corps : il faut déchirer son âme. Et celle de l’hôte, du même coup.

Entre mes main, l’arme frémit, souffrant.
_ Durant sa onzième année, mon frère Leïnyel échappa à notre surveillance pour jouer en dehors de notre demeure. Un spectre le prit ce jour là. Lorsque que nous nous en aperçûmes, mon père étant mort durant la Succession, je dus moi-même déchirer son âme. Mon propre frère…

Doucement, je passai ma main sur la lame de ma vouge qui cessa de frémir.
_ J’ai forgé son âme, ainsi qu’un fragment que du maigre pouvoir du spectre. J’en ai fait une Arme de Guerre parmi les plus remarquables. Voyez vous, fis-je en me tournant vers eux, elle est habitée d’une soif insatiable. Et la seule chose qui désaltère un tant soit peu sa soif, c’est la vie.
_ Une lame vampire, en quelque sorte ? Releva Cidolfas sans paraître s’émouvoir.
_ En quelque sorte.
_ Et qu’ai-je à faire avec cela ?

Faisant tourner Leïnyel sur elle-même, je la fis glisser dans mon aura, où elle disparut.
_ Drémaris et moi avons pensé que votre talent méritait une arme digne de ce nom, déclarais en m’approchant à nouveau du mur. Venez ici, et dites votre nom.

L’air méfiant, il s’approcha du mur. A nouveau, je prononçais plusieurs syllabes, puis haussait un sourcil dans sa direction. Me regardant droit dans les yeux, il prononça distinctement.
_ Cidolfas Minos.
Entre les deux armures apparu alors une lumière d’un blanc pur, qui s’atténua rapidement. S’étant tourné vivement, Cidolfas vit alors qu’y était enchâssée une épée à la lame presque transparente, formant une ondulation depuis un crâne la reliant à une poignée en argent. A peine était-elle apparue que je sentis mon pouvoir, ainsi que les leur, s’assoupir quelques peu.
_ Que…quel est son pouvoir ? Demanda le chasseur, devinant la source de son malaise.
_ Cette lame n’a pas de nom. Ce n’est pas une Arme de Guerre. Néanmoins c’est une œuvre alchimique de Drémaris. Elle a un pouvoir similaire à ma vouge. A ce détail près : c’est de magie qu’elle se nourrit. De toute la magie qui l’entoure, hormis celle de son porteur. Prenez là, Cidolfas. Elle est vôtre, désormais.

Lentement, il tendit la main vers la poignée. Lorsque les doigts l’effleurèrent, elle se détacha brusquement du mur, et il du l’attraper fermement pour qu’elle ne tombe pas. Dès ce contact, la magie déserta complètement mon corps, me laissant uniquement ma force physique. Proche de nous, Ken haleta doucement. Le chasseur leva l’épée d’une main, puis nous regarda.
_ Un fourreau, dis-je simplement. Vite avant qu’elle ne dévore les enchantements qui protègent cette salle.

Hochant la tête, il piocha dans sa poche, se concentra et synthonisa une longue gaine de cuir, dans laquelle il glissa la lame de sa nouvelle arme. Cela fait, ma magie cessa de m’échapper, et m’emplit à nouveau. Un sourire en coin aux lèvres, je le regardai fixer l’épée rengainée.
_ Remontons. Drémaris doit nous attendre.

Effectivement, elle nous attendait comme la première fois, assise dans la grande salle, grattant distraitement du bout du doigt la tête de Conscius, lequel ronronnait cette fois sans grande conviction. En nous voyant, il se mit à gronder sourdement. Regardant vers nous, Drémaris vit l’épée que portait Cidolfas. Sans empressement, elle s’avança vers nous et s’arrêta à un pas de moi. Tendant la main, elle me présenta le médaillon, que je pris. Puis, après dernier regard mélancolique, elle fit volte-face et partis vers son atelier, Conscius sur les talons.
_ Allons nous-en, dis-je avec regrets en tendant le médaillon à Ken.
_ Plutôt froid comme au revoir, commenta Cidolfas, neutre.
_ Les démons ne se disent jamais adieu, répliquai-je dans un souffle. Partons.
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Hoshi
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Lun 10 Déc - 23:23

Chapitre 11 : Et le glaive de l'ange s'abattit


Shaaxalaxx

Le 6 Juin. Le grand jour. Maintenant il n’est qu’une question d’heures, rien de plus.
Il est venu le temps de l’Evolution, Humains, il est temps de vous préparer. Chers congénères, la table de buffet est prête, le restaurant va ouvrir ses portes. Le repas y est servi gratuitement et à volonté !

La chambre me semble étrangement petite et sombre aujourd’hui que le soleil ne brillera plus jamais comme avant. J’ai revêtu une tenue humaine, chemise blanche, pantalon de smoking, tout cela bien sûr taillé sur mesure. Cadeau du patron pour me remercier de les avoir rejoint. De toute façon, c’est à moi de remercier le Cercle Shinka. Sans eux je n’aurais jamais espéré arriver à ce résultat.

Je jette un œil par la fenêtre. Personne. Vous cacheriez-vous ? Le déjeuner viendra quoi que vous fassiez, il est trop tard pour reculer. Vous ne pouvez rien faire car personne ne peut vous sauver ! Personne ! Pas même l’Innocente. La plus grande part humanité est lâche et ne pourra même pas se sauver elle-même, rongée par la peur. Cette part sera livrée en pâture aux miens ! Réjouissez-vous ! Plutôt que de finir inutilement tels de vieux déchets, vous servirez de festin ! Nous nous délecterons de vous.

Maintenant que j’y pense, ça va faire deux heures que je fais les cent pas dans la chambre. J’ai l’espoir à chaque bruit de pas dans le couloir que celui qui vient va ouvrir ma porte pour me dire « C’est l’heure ». Je sais que nous n’y sommes pas encore mais c’est si près. Qui, en dehors du cercle, peut se douter que dans quelques heures, ce monde sera changé en plateau gigantesque, sur lequel les miens pourront se servir, manger à leur guise. Cela, je le devrais au Cercle Shinka. Sans lui, rien de tout cela n’arriverait. Aujourd’hui, peu importe l’innocente. Aujourd’hui, peu importe tout le reste, le grand jour est venu.

Calme-toi. Je me répète cela sans cesse, mais ça ne sert à rien. Je sais qu’être pressé ne changera rien. Je sais que le destin est scellé. Je sais que le moment va arriver bientôt.
Il se passe des affaires dans le couloir, j’entends beaucoup de gens passer.
J’ouvre la porte, curieux et heureux de pouvoir occuper mon esprit. Les membres viennent et partent.

« Hé ! Il s’en passe des choses ici ! Si vous avez b’soin d’aide, hésitez pas ! »

Je vois le chef passer, il s’arrête quelques instants, me regardant fixement. Puis, il dit d’une voix étrangement différente de d’habitude :

« Ne reste pas là, retourne dans ta chambre, nous viendrons te chercher quand le moment sera venu. Ne t’en fais pas, ça ne sera plus très long. »

Il m’adresse un sourire un peu nerveux. Le patron doit certainement être levé tôt depuis ce matin et n’a pas arrêté pour les derniers préparatifs. Il donne vraiment tout pour le service de mon peuple.

Le sol craque. Toujours. C’est comme ça. Bientôt, je n’y ferais plus attention parce que bientôt tout sera changé, et ces détails n’auront plus d’importance.

Doucement, les bruits dans le couloir se font de moins en moins forts, plus espacés pour finalement, s’estomper complètement. Ma porte s’ouvre et le patron, se tenant à l’entrée, me dit ces mots que, depuis si longtemps, j’attendais :

« C’est l’heure, nous sommes le dernier groupe à partir, comme la dernière fois nous nous sommes divisés en groupe pour venir, c’est plus discret. J’espère que tu es prêt. »

J’enfile une cape noire qui me couvre jusqu’aux pieds et met sur ma tête un chapeau. Cela me plait d’avoir l’air distingué. Un petit souci que l’humanité m’aura laissé.

Je me tourne vers le patron et lui répond :

« Eh bien ne perdons pas de temps, en route. »
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Mar 11 Déc - 21:41

Anaïs Mastrorelli :

Le matin paraît doux. Trop doux. Un sombre pressentiment m'étreint le coeur, comme si un grand danger me menaçait. C'est effectivement le cas. Nous avons perdu trop de temps en perdant Peter. Il est peut-être trop tard pour agir. Peu importe, tant que personne ne m'en empêche j'agirai.
Autour de moi, la silhouette brumeuse d'un parc, d'un grand parc à l'anglaise. Une grande allée de terre rouge la traverse, rejoignant un manoir ancien à l'aspect engageant. Cette allée contourne le bosquet ombrageux d'arbres de toute tailles intelligements agencés les un avec les autres où je me tiens, si tant est que je me tienne quelque part. Devant moi, de grandes pentes herbeuses, un ruisseau artificiel les fendant pour aller se jeter dans une vaste pièce d'eau, en contrebas, pleine de nénuphar. Le soleil du matin fait luire les dalles marbrées qui l'entoure. Tout est ordre et beauté, luxe calme et volupté... Un lévrier passe joyeusement à travers moi, gambadant. Derrière la silhouette de deux garde du corps à la mine patibulaire, et un vieil homme. Il est de taille moyenne, mais paraît grand, tant l'âge n'a pas suffit à le courber. Son visage ridé dissimulé sous un vaste chapeau de soleil, tout de blanc vêtu, il paraît, au milieu de la brume, un fantôme de pêcher tiré d'une estampe. Je lui fait face, une main tendu. Poursuivant son chien, le vieil homme se dirige vers moi, et traverse involontairement la faille que j'ai ouverte pour lui.
Je le vois devenir tangible et me faire face.Il n'a pas le temps de déployer son pouvoir Avant de le faire traverser, j'ai recréé, à nos pied, un sol, et sur ce sol, un pantagramme semblable à celui qu'ils ont utilisé pour me retenir dans leur camion, quand j'étais prisonnière.
Panique, de l'autre coté, dans le monde matériel.
Les gardes du corps regardent partout ou ils peuvent, affolés, cherchent, ne comprennent pas, et s'éloignent en courant, dans l'espoir sans doute de rattrapper... Ils ne savent pas bien quoi.
Je sens sa volonté se bander contre les signe que j'ai gravé par magie, en vain. Puis, comme résigné il relève les yeux vers moi pour me regarder en face.
_ Tu es venu pour me tuer, ou me posséder ?
_ Ni l'un ni l'autre, Maître. Réponds-je en m'inclinant, comme le font les jeunes sorciers devant les anciens depuis des sciècles. Je viens vous parler.
Le protocole veut que j'attende sa permission pour me relever. Il ne me la donne pas. Il s'attend sans aucun doute à ce que j'éclate de rire, ravie de le tenir et de lui jouer la comédie. Je reste inclinée. J'attends qu'il s'impatiente.
_ Relève-toi, Rasmanaël, et cesse cette comédie.
_ Je dois rester inclinée, maître. Rasmanaël n'est pas mon nom. Je suis Anaïs. Anaïs Mastrorelli. Celle qu'on dit l'Innocente.
_ Madeleine nous a averti, Rasmanaël.
_ Madeleine ment. Elle veut me compromettre dans l'organisation, car j'ai découvert quelque chose qu'elle ne veut pas que je révèle. C'est pour vous révéler cette chose que je suis ici.
Le maître ne rit pas, ne dénigre pas la naïveté de mon accusation envers Madeleine.Il ne manifeste aucune colère non plus. Il ne manifeste aucune émotion. Malgré sa situation, malgré la gravité de la menace que je suis sensée représenter, malgré le pentagrame autour de lui, il reste le maître. Le maître.
_ Que cherches-tu à faire, Rasmanaël ? Je ne te croirai pas quoi que tu dises. Tu le sais.
_ Vous me croirez, maître, pour une raison simple. Rasmanaël saurait vous tromper. Il saurait inventer une histoire plus vraissemblable. Il n'accuserai pas Madeleine de trahison.Madeleine ne peut pas avoir trahit, tout le monde connait sa réputation. Personne ne s'est plus dévoué à prométhéus démonica qu'elle depuis des générations. Il est impossible qu'elle ai trahie. Il n'y a donc qu'une raison pour que je raconte qu'elle ai trahie. C'est que c'est la vérité.
_ Te rends-tu compte que tu défait ton propre argument en rendant ton histoire convaincante.
_ Oui, maître. C'est pourquoi je ne me contente pas de l'histoire. J'ai également deux preuve à vous donner que je dis la vérité, si vous les voulez.
Le maître hésite à m'écouter, je le sens, mais il se méfie. Rasmanaël est habile. Il y a des sciècle qu'il dupe les hommes.
_ Quelle sont ces preuves ?
_ Je vais dors et déjà vous donner la première.
Sans me relever, le lève une main. Le parc autour de nous redevient tangible, le pentagrame au sol a disparu. Je suis toujours accroupie devant le maître.
Autour de moi, les arbres du bosquet paraîssent s'épaissir, repousser d'avantage la lumière du soleil loin du sol. L'air paraît plus dense, la présence du maître est palpable jusque dans mes poumons. Tous les sons du parc, jusqu'au ruisseau qui murmure sont devenus comme sourds, éloignés. Le lieu a senti ma présence. Il me neutralise.
_ Nous sommes dans votre propriété. Elle est conçu pour que nul intru ne puisse vous y attaquer, fut-ce le plus puissant des démons. Ici, vos pouvoirs dominent les miens, je suis à votre merci. Vos gardes ne sont pas loin, un mot de vous, un cri et je suis perdue. Je me livre à vous.
La haine implacable que le lieu me manifeste commence à m'oppresser. Je ne m'en cache pas. Mon interlocuteur regarde autour de lui, cherchant le piège. Je ne bouge pas. Je sais que peu à peu, dans son esprit, commence à cheminer dans son esprit l'idée qu'il n'y a pas de piège, que je dis la vérité. Il fini par s'adosser à un tronc et enlève son chapeau pour s'essuyer le front.
_ Relève-toi.
Je me redresse et lui fait face.
_ Maître.
Il m'examine, des yeux et de l'esprit, il ne trouve qu'Anaïs en moi, mais Rasmanaël pourrait sans doute se faire passer pour Anaïs. J'ai le coeur qui bat. Ca fait la onzième fois aujourd'hui que je me met volontairement dans cette situation. Jusqu'à présent, il n'y en a pas un qui a décidé de ne pas courir le risque de m'écouter, et de me neutraliser. Et lui, le fera-t-il ?
_ Quelle est la deuxième preuve dont tu parlais ?
_ Elle n'est pas ici.
Je tends timidement mon esprit vers le sien, il le laisse venir. Je l'effleure et me retire, vite.
_ Voici le lieu ou je me cache, Maître. Si vous m'y rejoignez dans une heure, je vous y livrerai la deuxième preuve.
Un cri dans mon dos. Les gardes reviennent. Je relève les yeux vers le maitre et soutient son regard, en essayant de faire déborder mon âme de toute la sincérité et le respect que je peux.
_ Dans une heure, maître. Venez. C'est très grave.
Je défait mon corps et le refais près de Claude. Je suis dans le salon de la petite maison d'Auvers sur Oise. Grand mère est installé dans son fauteuil. Claude adossé à la cheminée.
_ Alors, demande-t-il.
_ Ils m'ont tous écoutée. Si tous va bien, ils sont là dans une heure.
_ Hum, hum... Fait Claude.
Rêveusement, il joue avec une branche de bois trouvée dans le stock de la cheminée. Grand mère ne proteste pas des copeau qui tombent sur son tapis. Elle me regarde.
_ Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que vous avez tous les deux ?
_ Rien, Cheftaine. Ne t'inquiète pas.
_ Non, pas rien. Qu'est-ce qui se passe, Claude ? Grand mère ?
Grand mère hausse les épaule. Claude se tait.
_ Où est Peter ?
Ils ne répondent ni l'un ni l'autre. Mais j'ai mis le doigt sur le problème. Peter. C'est à lui qu'ils pensent, tous les deux.
_ Dans sa chambre, je suppose, dis-je en sortant du salon.
Je remonte les escalier, et je sens que Claude m'emboîte le pas, mais je n'ai pas le temps de me préoccuper de lui. Je vais frapper à la porte de Peter.
_ Peter, ouvrez moi.
_ C'est ouvert, me lance de l'intérieur la voix de l'anglais.
Je pousse la porte. A première vue, il n'y a rien dont je devrais m'inquiéter. Peter est allongé sur le lit, et regarde vers le plafond, avec une apparente désinvolture.
_ Alors, c'est bon ? Vous me ramenez vos copains ?
_ Ils seront là dans une heure, répond-je.
Peter ne bronche pas. Il continue à fixer le plafond.
_ Comment vous sentez vous ?
_ Vous inquiétez pas, je me suis engagé à jouer le jeu jusqu'au bout, je le jouerai jusqu'au bout. Je laisserait vos supérieurs triffouiller dans ma tête aussi longtemps qu'ils voudront, je ne piquerait pas de crises d'hystérie, je ne...
_ Ce n'était pas ma question.
Comme il ne se décide pas à bougrer, je viens m'asseoir sur le lit et me penche sur lui. D'un coup, la sensation qui m'a saisie pendant que je le cherchais chez grand mère me reprends et me frappe.
Il est si jeune. Il n'a qu'une trentaine d'année. Le petit prodige de la bourse...
_ Vous venez de passer un mois dans une autre dimension. Et vous vous appretez à subir une épreuve plus éprouvante encore.
_ On s'en fout, ça, du moment qu'on sauve le monde.
Il a dit ça avec un humour sans joie. Quelque chose me bouleverse un peu dans son ton.
Je relève les yeux vers Claude, qui s'est arrêté dans l'encadrement de la porte de la chambre. J'ai compris.
_ Non, on s'en fout pas. Je ne m'en fous pas.
Le regarde de Peter Easton dévie du plafond et rencontre le mien. Méfiance, mépris, reconnaissance ? Impossible de lire ce qu'il y a dans ce regard. Je ne pénéterai pas son esprit pour vérifier. En tout cas, c'est d'un ton goguenard qu'il répond.
_ Merci de ne pas vous en foutre, alors.
_ Vous êtes fatigué. Très fatigué.
_ Vous avez remarqué aussi ?
Oui. C'est même tellement frappant que j'aurais du le réaliser plus tôt.
_ Vous n'êtes près pour laisser des inconnus entrer dans votre esprit. Vous auriez besoin de vous reposer d'abord.
_ Oui, j'en aurai besoin, me répond-il sans plus d'ironie aucune. Mais on ne peut pas attendre.
A nouveau, je recroise le regarde de Claude, résigné, désolé. Et je prend une décision. Une décision impulsive, stupide, ridicule, et irresponsable.
_ On ne peut pas attendre, vous avez raison. Mais vous auriez besoin de plus de ... Temps.
_ Cheftaine ! Hocquète Claude, qui a compris.
Peter Easton se redresse un peu, surpris de la réaction de mon disciple.
_ Je peux vous aider, mais ça demanderai que vous me fassiez confiance une dernière fois.
_ Franchement... Commence l'anglais.
_ Je sais que les fois précédentes n'ont pas été brillantes. Seulement, cette fois, c'est different. Je ne réclame pas un service, je vous en rend un gratuitement. Ou plutôt non. Je vous offre quelque chose qui va me coûter un peu. Voulez vous de mon aide ?
Son premier réflexe, je le sais, est de m'envoyer ballader, mais il me réprime. Malgré lui, quelque chose de plus fort le prend... De la curiosité.
_ Au point ou j'en suis, allez-y, fini-t-il par dire.
Je jette un regard en coin à Claude, qui boude, il pense que c'est une mauvaise idée, et il a sans doute raison. Et me retourne vers Peter Easton.
Peter Easton.
Un magnat de la bourse. Un ours cynique qui se terre dans une carapace de froideur pour ne pas avoir à penser. Un homme que je ne connaissait ni d'êve ni d'adam il y a encore peu de temps, et qui appartient à la catégorie de personne que je n'ai jamais aimé fréquenter.
L'homme dont tout dépend. L'homme grâce à qui nous savons, grace à qui nous pouvons quelque chose.
Ses yeux sont dans les miens, imperturbables, comme ils l'ont toujours été. Il attend.
_ Donnez-moi la main.
Je saisis la main longue et fine, douce, car peut habituée aux travaux manuels, et referme la mienne dessus. Il ne réponds pas à ma poignée de main, il se la laisse prendre, c'est tout. Mais je ne resserre pas mes doigts. Je les laisses souple. Et je laisse en émaner cette chose que moi seule sait créer. De nos deux mains jointes part une lueur bleue qui fini par devenir aveuglante, nous envelloppe, puis disparaît.
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Mar 11 Déc - 21:41

Et le visage de Peter Easton paraît plus lumineux. Je sais qu'il en est de même du mien.
Nous ne sommes plus dans la petite chambre meublée par grand mère, de la maison d'Auvers. Sous nos genoux, un plancher de bois souple, lisse. Il n'est ni froid ni chaud, ni doux ni rude. En fait, toute sensations disparaît dés qu'on essaye de se concentrer dessus. C'est un plancher de bois souple, nu. Nous sommes au milieu d'une grande pièce carrée et vide de meuble, aux murs blancs, lumineux, mais dont la réfraction s'appaise quand on tourne les yeux vers elle. Il y a des outil, aux murs, des outils de gymnastes, de lutteurs, d'un peu toute sorte, ce qu'on peut trouver dans une sorte de dojo. Les portes, les fenêtres, sont des baies vitrée rendue translucides par une multitude de petit croisillons de bois noirs. Une brise traverse les panneaux entrouverts de l'entrée, sans que ceux-ci ne frémissent ni ne bougent, nous apportant une odeur de pin, et des bruits de montagne.
Nous sommes toujours faces à face, sa main dans la mienne. Il tourne la tête, cligne des yeux, comme pour chasser le sommeil qui l'empêcherait de se débarasser d'un rêve, puis ne le voyant pas disparaître, se met à examiner chaque détail de ce qui l'entoure, ahuri.
_ Qu'est-ce que c'est que ça ?
_ Ca, c'est un secret que jusqu'à présent, je n'ai partagé qu'avec Claude. Même Madeleine n'en a jamais entendu parlé.
J'ai relaché la pression autour de sa main, mais c'est lui, à présent qui la referme sur la mienne, un peu crispé, comme quand on s'accroche au rebord de la piscine pour ne pas avoir à nager. Je me dégage doucement. Peter se redresse sur ses pieds, embrasse la pièce d'un regard circulaireet se précipite vers la porte pour regarder au dehors.
A nouveau, la luminosité, qui paraissait intense depuis l'intérieur, se révèle douce et agréable. La brise ne se ressent plus, pourtant, autour de la petite maison montagnarde dont nous venons de sortir, les arbres se balancent au gré d'un vent dont nous ne sentons pas le moindre souffle.
Nous sommes sous une veranda d'acajou noir. Une petite cloche chinoise teinte, toute seule, sans que rien n'agisse dessus. Une grande pente d'herbes et de fleurs s'étend à nos pied.
Devant nous s'étale une petite vallée luxuriante et ensoleillée, touffue, entourée de pics enneigés. Des nuages blancs nous servent de plafond. Des nuages blancs parfaitements immobiles.
_ Où sommes nous ?
_ Entre deux instants. C'est moi qui ai construit ce lieu par mon esprit. Il n'a pas de nom. Claude et moi, on appelle ça « l'endroit ».
Un peu plus en contrebas de la maison, dans le creux de la vallée, un grand lac. Gracieusement un héron vient en frôler la surface sans y plonger son bec. Il n'est qu'un fantôme, il n'a nul besoin de se nourrir, je ne l'ai mis là que pour obtenir cette superbe ondulation de l'eau, quand il passe.
Je continue à expliquer :
_ C'est ici que je l'emmène pour l'entrainer à dompter la bête en lui. Nous allons rester ici trois jours, vous pourrez vous reposer autant que vous voulez. Quand nous reviendrons, pour les autres, il ne se sera écoulé que 5 minutes.
Peter ne répond pas. Il ne réagit même pas. C'est trop. Il ne cherche plus à résister. Il accepte ce lieu. Cependant, il n'y entre pas, pas encore. Comment pourrait-il se reposer dans un lieu dont il sait qu'il n'existe pas ? Je sens malgré lui une sourde angoisse qui montent. Je pose une main que je veux apaisante sur son épaule.
_ Vous ne risquez rien. Je reste près de vous, je ne vous quitterai pas un instant
Je crois qu'il ne m'écoute plus. Son regard s'est fixé sur la courbes gracieuse d'une fleur des montagne qui se balance au gré d'une brise imaginaire. Il ne veut plus penser. Il ne veut plus rien.
Je tire doucement sur l'épaule que je tiens.
_ Venez.
Je le ramène à l'intérieur, retraverse la sale d'entrainement et pousse une porte de bois. Derrière se trouve un couloir, contenant deux portes. Je pousse la première, révélant une petite pièce aux allurs confortables, des rideaux de couleurs chaudes tendus au murs, un épais tapis blancs sur le sol, quelques meubles d'un style asiatico-chamanique, je n'ai jamais bien su déterminer ma source s'inspiration, et une large banquette couverte de coussin, ou je le fais s'étendre. Il se laisse manoeuvrer sans chercher à résister. Ce n'est pas de l'abandon, c'est juste la seule chose qui lui reste à faire.
_ J'ai une proposition à vous faire, quand tout sera terminé. Mais n'y répondez pas maintenant, je veux que vous y réfléchissiez bien.
Il relève les yeux vers moi, tendis que je m'assois près de lui.
_ J'aurais le pouvoir de vous enlever tous les souvenirs de ces cernières semaine, et les remplacer par des souvenirs plus acceptable, plus facile à assumer. Mais le faire sans être sûre que c'est bien ce que vous voulez irait à l'encontre de mes principes. Je vous offre ce cadeau, mais vous demande de ne pas l'accepter avant d'être sûr de le vouloir. Je vous redemanderai quand tout sera fini si vous en voulez.
Quelque chose pointe sur ses lèvres, comme l'ombre d'un sourire. Mais il ne réponds pas. Il ferme les yeux et se laisse aller au sommeil.Je sens cette fois en lui quelque chose que je n'avais jamais senti jusqu'à présent. Une sorte de reconnaissance. Je m'installe, moi aussi, pour rester confortablement assise à coté de lui.
_ Dormez, Peter Easton. Je suis près de vous.
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Hoshi
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Ven 14 Déc - 23:53

Shaaxalaxx

J’ai regardé les heures passer ce matin. Maintenant cela semble encore plus long. C’est vrai. Ce chemin, je l’ai déjà fait, mais malgré tout, c’est comme si toutes les rues étaient allongées, comme si tout était plus grand. Ou alors on marche plus lentement. Non, vraiment.
Je suis impatient, oui, impatient d’y être, impatient de pouvoir me retourner vers le patron en lui disant « Mission accomplie ». C’est ce qui arrivera, car maintenant c’est inévitable, personne ne peut arrêter l’indéniable destin, car nous devons réussir, l’avenir de l’humanité en dépend. Nous allons l’écrire, et dans quelques heures, ce nouveau chapitre de l’Histoire commencera. Mais ça ... Certains n’en profiteront pas, car il nous faut manger. Manger ces humains qui n’auront pas le droit à ce nouveau monde que sera le notre. Seuls ceux qui méritent pourront vivre. Cela, personne ne le sait non plus.

Nous marchons sans échanger de mots. Le patron ne me jette pas un regard, il avance à coté de moi, mais semble ailleurs. Avec nous, il y a le guide de la dernière fois et un autre homme. Il me semble que c’est un de ces types qui transportaient les artefacts, d’ailleurs, il porte un sac.

665 est aussi présent, lui qui a été tellement gentil en m’occupant. En y repensant, il ne m’a jamais dit quel était le but de sa mission. Je lui demanderai, une fois que nous aurons touché au but. Le cercle Shinka m’a ouvert un chemin que j’ai suivi. Après l’ouverture de la faille, ma mission sera accomplie, mais est-ce que le cercle aura d’autres projets ? D’autres ambitions ? Je l’espère, et j’espère être là pour l’aider.

Nous arrivons face au grillage interdisant l’accès à la voie. Le guide enlève la partie du grillage sabotée pour permettre notre passage et nous descendons l’escalier, après avoir soigneusement replacé la grille. Nous nous arrêtons.
Le guide nous donne les mêmes casques que la dernière fois, en nous faisant une fois de plus la remarque de ne pas nous éloigner… Comme si nous avions l’intention de jouer à cache-cache.

Le guide devant, suivi par le chef, l’homme à l’artefact et moi, 665 à l’arrière, nous nous enfonçons dans les ténèbres, comme elles paraissent accueillantes aujourd’hui ! De ces ténèbres vont arriver tous mes congénères, eux, qui sont sans doute prêts pour le grand voyage. Dans quelques instants mes amis, vous serez libres de vagabonder dans ce monde et de vous repaître de ses habitants inférieurs, impurs. Mais ne touchez surtout pas à un élu ! Il est interdit de manger ceux qui ont été choisis !

La lampe du guide illumine le trou couvert de grillage dans la paroi. Il l’enlève et nous continuons notre chemin.
Après quelques minutes dans le dédale des catacombes. Nous retrouvons la salle de l’ouverture. Elle aussi, elle est différente aujourd’hui, elle me semble plus grande, plus belle… Différente, oui, c’est ça.

665 s’adosse contre le mur, à coté de l’entrée de la salle. Le patron s’assoit sur une sorte de marche haute et sort son étrange montre. Le type au costard est déjà arrivé, il m’adresse un sourire. Je ne comprends pas ce que signifie ce sourire mais je lui rends. L’homme à l’artefact rejoint les autres qui sont déjà arrivés et ont les artefacts en main. Il sort de son sac la griffe. Une fois de plus j’essaie d’imaginer la bête, mais préfère ne pas me douter de son apparence.

Le patron frappe dans ses mains et annonce :

« Bon, j’espère que vous êtes tous prêts, car il n’y a pas droit à l’erreur. Le test a été concluant, soyez tout autant concentrés, maintenant c’est pour de vrai ! Préparons-nous !»

Sur ces mots, je sens mon cœur humain faire quelques bonds, oui, c’est cela, maintenant c’est pour de vrai. Enfin, le grand moment est arrivé.
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Ayoju
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Mar 18 Déc - 0:15

Ken Loann
Le grand jour était enfin arrivé! Nous savions où, nous savions quand et nous avions de quoi repousser les spectres. Comme à l'aller, Elix nous amena à destination à une vitesse faisant passer les avions supersoniques humains pour des tortues rhumatisantes.
La tension était palpable. Après tout, nous étions à l'aboutissement d'un travail ayant duré plus d'un mois. Afin de ne pas nous faire repérer, nous avions décidé d'atterrir à une centaine de mètres de l'entrée des catacombes. Alors que nous marchions, je sentis mon ventre se nouer. Etait-ce la peur? Peut-être. Je jetai un œil à Elix et Cidolfas: Leur visage était dur, crispé. ressentaient-ils la même chose que moi?
Alors que nous allions sortir de la ruelle sombre d'où nous étions venus, j'apperçu une vive lueur.
- Cachez-vous! Vite! murmurai-je.
En effet, soucieux de gagner un maximum de temps, Elix était resté sous sa forme démoniaque, tandis que Cidolfas arborai fièrement sa nouvelle épée. Pas vraiment des modèles de discrétion.
- Bon, il y en a encore pour longtemps? demanda Cidolfas.
En effet un véritable cortège passait dans la rue principale. Sans doute les restes d'une fête d'après les quelques écarts de conduite de certaines voitures.
- Allons bon, qu'est-ce qu'il y a encore! s'énerva Elix.
Le cortège était passé, mais déjà un groupe assez imposant de personnes arrivait. Surement ceux qui avaient préféré rentrer à pied, quoiqu'il n'était pas certain qu'ils arrivent à bon port vu leurs têtes.
- Dire que c'est pour sauver des personnes comme ça que nous allons risquer nos vies ce soir, dit Elix.
- Oui, mais au moins, ils sont normaux, heu, dit Cidolfas. ils n'ont pas essayé de nous envahir!
Ça commençait à tourner au vinaigre. mais qu'est-ce qu'ils leur prenait tout à coup? Et ce noeud au ventre qui ne partait pas...
- Attention, humain... gronda Elix.
- Attention à quoi? demanda Cidolfas. Après tout, si votre espèce n'avait pas tenté d'envahir notre Monde, on n'en serait pas là!
- Calmez vous à la fin; dis-je, essayant de les calmer. ce n'est vraiment pas le moment.
Mais j'avais l'impression de ne plus exister pour eux. Le groupe de fêtards était parti depuis longtemps, et il fallais vite y aller maintenant.
- Vous pourriez me remercier un peu plus, c'est moi qui vous est entrainé et amené ici, s'exclama Elix.
Bon, là ils commençaient sérieusement à m'agacer. On n'avait plus le temps pour des enfantillages pareil.
- Y a pas si longtemps que ça, je vous auriez utilisé puis tué ensuite comme tant de vos semblables, lui répondit Cidolfas.
- Vous allez trop loin, humain, rétorqua Elix.
Là, je su que ça devenait sérieux. C'est comme si leurs émotions prenaient le pas sur leur raison. En d'autres circonstances, je ne serais pas intervenu. Mais se disputer à un moment pareil m'agaçait déjà, alors vouloir en venir au mains... commençait à m'énerver. Je pris une grande inspiration et...
- Assez! tonnai-je.
Cidolfas était complètement immobile, sa nouvelle épée légèrement sortie de son fourreau, et Elix haletai sur place, la main sur la garde de son arme. Mais ce n'était pas de leur propre chef qu'ils étaient ainsi. Mon désir de les séparer était si violent et si soudain que, tout en relâchant mon aura anti-démon, j'avais pris le contrôle du corps de Cidolfas et l'avais tétanisé en plein élan.
Me sachant le centre d'attention, je leur expliquai:
- Pour commencer Cidoldfas, dis-je d'un ton froid, vous savez très bien que vous n'avez plus aucune raison de pourchasser les démons, ces derniers jours en son la preuve la plus évidente.
J'avais relaché le contrôle de sa tête et il acquiescait sans pour autant détourner les yeux d'Elix.
- Et vous Elix, continuai-je sur le même ton, vous n'avez pas à traiter Cidolfas en inférieur. Nous sommes tous égaux dans cette équipe, que l'on soit humain ou démon, nous travaillons ensembles.
Il fit un léger signe de la tête.
- Bon maintenant, repris-je d'une voix plus douce, je vais vous "libérer" si vous me promettez de ne plus avoir envie de vous tuer mutuellement. Je n'ai vraiment pas envie de me remettre en colère à cause de vous.
Une fois libres, de ses mouvements pour l'un et de rapprocher sans risque pour l'autre, nous pûmes rejoindre l'entrée des catacombes.
- Je suis désolé dit Elix tout en marchant, je ne sais pas ce qui m'a prit.
- Je m'excuse, ajouta Cidolfas, c'est comme si tout les petits problèmes sans importance devenaient soudainement, insurmontables.
- Etrange, je n'ai pourtant pas eu cette impression moi.
- Toujours est-il que vous avez apparemment annulé le phénomène.
Tandis que mes deux compagnons s'envoyaient des excuses mutuelles, je remarquai que l'entrée semblait avoir été traversée récemment. Nous étions au bon endroit.
Une fois sous terre, une difficulté apparue: Les catacombes sont réputées pour être labyrinthiques, et la réputation était fondée au vue des trois couloirs qui s'offraient à nous.
Cela faisait déjà deux minutes que nous débâtions du chemin à prendre quand je remarquai une petite chose, une odeur légère. Bon les catacombes ne sentaient pas la rose mais justement, cette odeur n'avait pas sa place en ce lieu.
- Elix, Cidolfas! Je crois que j'ai trouvé un moyen de suivre le bon chemin! annonçai-je.
- Lequel? demanda Cidolfas.
- il suffit d'avoir du nez!
Je me concentrai et cherchai les présences animales de ce lieu... Mouches, moustiques, rats et cafards par dizaines. Trop difficiles à suivre dans cette pénombre ou ne disposant pas d'un odorat assez développé. Je continuais ma recherche quand je trouva l'animal parfait: Une salamandre! Je l'appelais et quelques instant plus tard elle fit son apparition aux yeux de tous.
- Voici notre guide! dis-je aux autres en leur montrant l'animal lové au creux de ma main.
- Bien, au moins nous risquons pas de nous perdre dans ce dédale, dit Cidolfas.
- Il ne nous manque plus qu'un peu de lumière, remarqua-je.
- Ça peut facilement se régler, dit Elix.
Et sur ces mots, une lueur apparue, éclairant les environs immédiats. Nous nous miment en route, la salamandre se déplaçant dans ma main pour nous indiquer la direction à suivre. Au bout d'un heure de marche, des éclats de voix, des bruits mécaniques. Des lueurs se reflétaient aussi sur les murs environnants.
- Nous approchons, m'exclamai-je. Elix, arrêtez la lumière.
Une fois la lumière d'Elix éteinte, je m'accroupis et laissai repartir la salamandre, heureuse de pouvoir rejoindre l'obscurité sécurisant pour son espèce. Lentement, nous nous approchâmes de la source de lumière. Apparemment, personne ne surveillait l'entrée qui se révéla vite être la seule de la pièce. Je consultai rapidement mes deux compagnons.
- Je suppose que nous n'avons pas beaucoup de possibilités...
- En effet, acquiesça Elix.
- Bon quand il faut y aller...
Une grande inspiration. Bon sang que je n'aime pas ce genre de stratégie!
- C'est partie!
Nous courûmes vers le centre de la pièce, pleinement visibles. Courants vers les premières personnes que nous croisions. Mais quand nous fumes assez près pour voir leurs visages, ce fut le choc...
Je m'attendais à tout, sauf à me mesurer à moi-même. Et un rapide coup d'œil vers Elix et Cidolfas me montrai qu'ils affrontaient une situation similaire. Une fois la surprise passée, je décidai de passer à l'attaque. Mais malgré la quantité et la puissance de mes coups, il les parait avec une redoutable efficacité. C'est comme s'il lisait mes pensées et préparait à l'avance la parade. Comme si... c'était moi! En fait cette personne ne me ressemblait pas uniquement sur le plan physique, mais aussi sur le plan mental! Je combattait tout simplement... un double parfait de moi-même!


Dernière édition par le Ven 21 Déc - 23:35, édité 1 fois
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Hoshi
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Jeu 20 Déc - 20:53

Shaaxalaxx

Les artefacts sont placés. Le patron suit avec intérêt l’écoulement de sa « montre ». Le type au costard est en train d’expliquer aux autres quelques principes fondamentaux de la magie.
Le temps s’écoule tellement doucement, j’ai l’impression que tout a été arrêté. Une grille en or a été placée devant l’endroit où le portail s’ouvrira afin d’empêcher les démons de passer. Un dispositif a été placé au milieu du cercle formé par les artefacts, à coté du bâton planté. 665 a plaisanté avec en m’expliquant que ça servait à nous faire devenir des légumes. Je me demande quand même à quoi ça sert.

« Hum, à quoi cela sert ? Dis-je en désignant le dispositif

-Oh ! Ca ? C’est si jamais la barrière ne suffit pas… On n’est jamais trop bien préparé ! »

665 laisse échapper un soupir derrière nous, je me retourne et il m’adresse un sourire. Un sourire sans joie. Je m’apprête à lui demander la raison de cet énigmatique signe, mais le patron se frotte les mains et dit :

« Allez, il va être l’heure, préparez-vous, vous autres, dit-il à l’adresse des magiciens endimanchés, Shaaxalaxx, c’est l’heure du dénouement que nous attendons tous, j’espère que tu es prêt à faire face au destin ! »

Je lui répond d’un simple signe de tête acquiescant et me tourne face à la barrière d’or et aux mages. Et comment que je suis prêt, chef. Ce moment, je l’attends depuis si longtemps, il est hors de question de reculer maintenant.

J’entends le boss derrière moi qui commence le compte à rebours « 30 … 29 … 28 … » Il commence plus tôt cette fois, sûrement pour être sûr de réussir. Je vois l’énergie qui commence à se concentrer dans les mains tendues des mages. C’est pour bientôt, c’est pour bientôt … Quel est ce sentiment ? Je panique ? Mais comment ? Non ce n’est pas possible ! Je suis anxieux, et si cela ne marche pas ? Non, ce n’est pas possible, nous ne pouvons pas rater, ça a déjà marché, il est temps maintenant ! « 20… 19… 18… » Humains, vous rendez-vous compte de ce futur ? C’est triste que vous ne sachiez pas ce qui va vous arriver, oh oui, mets délicats … « 10… 9… 8… » Oh c’est la fin pour vous, humains inférieurs, c’est fini, c’est trop tard… « 5… 4… 3… 2… 1… » Un vœu ? Espérez-vous être de ceux qui ne seront pas dévorés ? C’est triste … « Allez-y !! » Les rayons qui se rassemblent. Un craquement. Une lumière dont la radiance m’éblouit. Puis, un paysage inversé, le même paysage que la dernière fois. Je m’avance devant la grille d’or et me concentre. Ils vont arriver. Oui, ils sont en route … Je n’ai qu’à penser et je suis eux … Ils arrivent…

« Ouverture réussie patron, lance le sorcier, on ne pouvait pas faire mieux »

Je me tourne vers le patron et le vois répondre d’un signe de tête. Je retire mon chapeau et le regarde droit dans les yeux. Une expression indescriptible dans ses yeux. Quelque chose d’effrayant. Je déglutit puis annonce :

« Les miens vont arriver très bientôt, ils sont en route et avancent à bon train.

-Très bien… Parfait, absolument parfait… Eh bien, tu peux être fier de toi Shaaxalaxx, et ton peuple te remerciera certainement. »
Soudain, j’entends du bruit à côté. Oui, nous ne sommes plus seuls ! Comment ? Ce n’est pas possible ! Pas maintenant ! Pas au moment où tout arrive ! Non, ils ne peuvent plus rien faire !

« Je crois que la vermine est venue nous tenir compagnie ! Restez ici, patron, je vais voir de quoi il s’agit ! »

Je fonce dans les couloirs mais je ne les trouve pas, c’est un labyrinthe ici et il y a certainement plus d’un chemin pour accéder à la salle d’ouverture. Je suis le chemin que l’on a pris pour arriver, je me souviens de la route. Mais c’est alors qu’en chemin je m’arrête et remarque ce qui cloche ici. Ca sent. Non, je ne dis pas que ça pue ! Ca sent ! C’est tout, ça sent et ça ne vient pas des catacombes. Ce n’est pas une odeur qui était là la première fois que nous sommes venus ! Et c’est subtil, le patron couvert de son parfum n’a pas du sentir à cause de cela mais je sais que l’odeur du chef, bien que si forte, ne réussirait pas à effacer cette odeur ! Diable ! Quelqu’un connaissant le chemin aurait-il commis l’impardonnable trahison ? Ce n’est pas possible ! Au cercle tout le monde avait pour projet commun de mener à bien le plan d’amener les miens en ce monde ! Alors qui ?! Je suis un moment le chemin tant que la senteur persiste dans les environs.
Ah si je tenais celui qui a fait ça ! C’est inconcevable ! Je le tuerai de mes propres mains.

Mais alors que je tourne dans un couloir, j’aperçois une silhouette anormalement grande. Alors un sentiment de colère envahit mon corps.
« Comment est-ce possible ? » Ces mots sont sortis d’entre mes dents tel un sifflement. Je suis en colère, très en colère, oui mais pas seulement. De la honte ? Oui c’est ça.
Je regarde ces mains, ces mains qui agissaient en pensant que ces missions étaient pour le bien.

Aurais-je moi-même été manipulé pour aider ces gêneurs ? Non, ce n’est pas possible !

« Non ! Je crie à l’homme qui se tient devant. Non ! Ce n’est pas possible ! Pas toi ! Ce n’est pas possible ! Comment est-ce possible ? Réponds moi …



… 665. »
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Aurélien
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Ven 21 Déc - 0:14

Séraphin

« Tu attendais David Prowse ?
-C’est de la haute trahison.
-Question, de point de vue. Il n’y a jamais eu de contrat. Maintenant, laisse-moi passer. J’ai… Un compte à régler.
-Faudra me passer sur le corps ».

Et c’est un spectre qui me dit ça.

« Qu’est-ce que ça changerait ? Franchement, qu’est-ce que ça changerait ? Il me suffit d’accélérer et je t’exauce. Maintenant, je suis navré mais je n’ai pas le temps.
-Je donnerais l’alerte.
-Donner l’alerte ? Avant qu’elle leur parvienne je serai déjà arrivé, et j’aurai tué le patron.
-Le patron n’est pas dans son bureau, tu le sais bien, qu’espères-tu ? Tu comptais l’attendre et lui régler son compte.
-Alors, j’irai là-bas, à la porte.
-Il y a des sorciers, là-bas, des sorciers très puissants.
-Pas tant que moi, maintenant, laisse-moi passer, sinon je t’écrase sur mon passage.
-Tu le feras pas. T’essaierais cent fois, tu le ferais pas, sinon tu l’aurais déjà fait. Tu es faible, 665.
-Laisse-moi passer.
-Tu es faible. Tu étais un tueur, autrefois, et voilà que maintenant tu n’as plus tué depuis des mois. Tu as peur pour les humains, tu trouves injuste qu’ils disparaissent parce-que tu es un faible comme eux.
-Je suis un monstre, ils m’ont créé pour ça. J’ai mes raisons de le faire. Ne t’en mêle pas.
-Alors frappe ».

Soit. Je contracte mes tempes, et le vois tout à coup bouger lentement, très lentement. Mais tout de même trop vite.
Le point commun entre tous les hommes que j’ai rencontré jusqu’alors est qu’ils seraient prêts à tout pour atteindre le but qu’ils se sont fixés. Les spectres aussi. Mais les spectres ne sont pas des fanatiques. Ceux du cercle le sont. Un fanatique est d’autant plus dangereux pour lui et pour les autres qu’il a perdu de vue le but qu’il s’est fixé. C’est je ne sais plus quel philosophe chinois qui l’a dit.
Au départ, ceux du cercle Shinka rêvait d’un monde meilleur fait d’ordre, et de discipline bénéfique à tous. C’est en réalisant que les hommes n’étaient pas faits pour cela qu’ils ont réservé leur idéal à une élite. Celle des forts. Ceux qui ne sont pas assez arrivistes pour contrevenir à des règles fixées pour un monde profitable à tous. Mais shaaxalaxx et ses spectres, eux, n’ont en rien perdu de vue leur but.
Les hommes et les spectres agissent dans leur intérêt. Eux ne peuvent continuer à vivre dans leur monde. Si l’homme les trouve méchants, c’est parce qu’il n’a jamais trouvé son prédateur. Il ne sait pas ce que c’est que d’être traqué parce que cela permet à d’autres de vivre.
Ce n’est pas pareil, évidemment. Il y a de la malveillance chez Shaaxalaxx, mais elle émane de la vie des spectres dans le monde des démons. Les spectres sont les faibles de leur monde et aspirent à être les forts de celui-ci. Pourquoi pas ?
Mais le cercle est injuste ; et il faut l’arrêter. Même les spectres n’y gagnent pas. Qui pourrait s’octroyer le droit de décider qui doit vivre et qui doit mourir ? Je dois passer.
Mais je ne dois pas tuer Shaaxalaxx. Je vais le contourner.
Toutefois, alors que je m’apprête à outrepasser sa position, une force me repousse, et mon accélération s’estompe. Je déteste quand il fait ça. Après, il faut bien dix minutes avant que ça revienne.

« Pourquoi ? Je t’ai fait confiance, moi, 665, et tu me trahis.
-Le cercle n’a droit de vie et de mort sur personne.
-Tu nous trahis…
-Pas même sur vous.
-Sur nous ?
-Sur vous, les spectres. Tu crois vraiment qu’ils vous font confiance, les gars de l’administration ?
-Les gars de l’administration ne nous ont pas trahis.
-Ah ouais ? Et tu crois qu’il sert à quoi, le machin avec l’hélice, au sommet de la porte ?
-Le technicien m’a dit que ça servirait au cas où la grille ne suffirait pas. Mais je ne vois pas le r…
-Je t’ai dit à quoi ça servait.
-Comment ça, tu m’as dit ?
-Oui, je t’ai dit. Mais tu as tellement une confiance aveugle dans ces types que tu as oublié ce que tu pensais des humains. Oh, je sais, tu penses surtout que tu veux les manger. Mais n’oublie pas qui ils sont.
-En tout cas, ceux du cercle n’ont…
-Tu te souviens, quand tu es arrivé ? Tu leur as pas fait confiance, tu sentais que c’étaient des sales types. Mais parfois, tu sais, faut s’allier avec les types qu’on aime pas. Parce que c’est eux qui peuvent nous aider. L’as-tu oublié ? C’est pourtant ce que tu m’avais dit.
-Ca fait si longtemps… Maintenant je les connais.
-C’est moi qui ai fait tout ça, tu sais ? C’est moi qui t’ai empêché de réveiller Rasmanaël. C’est moi qui ai tout fait pour que le démon et ses acolytes arrivent ici.
-Ici ?
-Ils sont en route, ils sont presque à la porte, aux prises avec les sorciers, je crois.
-Lorsque je t’aurai tué, j’irai les arrêter.
-N’est-ce pas ambitieux ? D’ici quelques heures….
-D’ici quelques heures, les humains seront morts.
-D’ici quelques heures, l’innocente aura fait coffrer le cercle Shinka pour crime contre l’humanité. Prométheus pardonnera pas ça. Mais sache qu’ils en ont rien à faire, eux, des spectres.
-Sinon ils nous laisseraient faire. L’humanité est pourrie.
-Non, sinon, ils se pencheraient un peu plus sur la légitimité d’asservir un peuple entier si gazeux soit-il.
-Asservir un peuple si gaz…
-Ben oui ! Je t’ai dit que l’hélice, c’était pour vous passer l’Ectoplasme à l’essoreuse.
-Je ne te crois pas, dit-il en tentant de faire croire qu’il est calme.
-Bien sûr que si, tu me crois. Si tu me croyais pas, ça ferait longtemps que le combat serait engager.
-Non, je te crois pas.
-Si. Tu aurais cent preuves contre moi, tu me croirais encore. Parce-que je suis un monstre. Parce-que je ne sais pas qui j’étais avant ni quel âge j’ai. Parce-que je suis pas un humain. Et parce-que tu sais que tu peux me faire confiance.
-Je croyais le savoir.
-Pourtant réfléchis. Tu aurais sans doute déjà le cerveau passé à l’essoreuse sans mes manipulations. A présent, je t’offre de partir avec moi quand ce sera fini. On sera pas trop de deux pour galérer, après.
-Je suis un spectre. Je dois aider mon espèce !
-Alors cherche le meilleur moyen pour ça. Et laisse moi passer.
-Je ne sais pas, dit-il avec sa voix d’enfant ».

Je déteste quand il parle comme ça. Cela me donne à penser qu’il est vraiment l’enfant dont il a l’air et qu’il n’est pas aussi malveillant que l’on peut le penser. Je pense que cela, je ne le saurai jamais.

« C’est ton choix. Devant, il y a moi, à priori trop faible pour te tuer. Et là bas, ils sont trois à vouloir fermer la porte. Aux prises avec des sorciers du cercle. Des invocateurs, et des enchanteurs. Moi, je vais tuer le patron. Si je mens, tu perds tout en me laissant faire, et en partant d’ici. Si je dis la vérité, alors tu as intérêt à me laisser passer.
-C’est tellement ridicule. Je suis venu apporter pouvoir et gloire à mon peuple, et maintenant, voilà qu’il faut le sauver.
-Hé, moi, j’y suis pour rien. Tu as la moindre idée de ce qu’il s’est passé, sur ce terrain vague, lorsque tu as failli y passer et que Rasmanaël a failli se libérer ?
-Je le voulais.
-Peut-être. N’empêche qu’un peu plus, et c’est moi qui y passais.
-Faut croire que tu voulais pas réveiller Rasmanaël.
-Peut-être. Peut-être, en effet. Mais que peuvent ces spectres contre moi ? Je prends des risques en faisant ce que je fais. Pourquoi je le ferais ?
-Tu es passé de l’autre côté.
-Si ta vision est aussi absolue, pourquoi je ne te tue pas sur le champ ?
-Je…. Ne sais pas.
-Si, tu sais ».

Il semble réfléchir. Il a des problèmes de conscience, je pense. Tandis qu’il marmonne des borborygmes sans aucun sens, je l’entends réciter le dicton qu’il a cité ce jour-là. « Je suis toi, tu es moi, nous sommes un ». Puis il ajoute « C’était un beau rêve ».
Voilà qu’il tourne les talons ; et qu’il se met à courir, sans se retourner. Je crois qu’il a compris. Je me mets à courir, moi aussi, en direction du bureau du patron. Je l’attendrai jusqu’à ce qu’il revienne se réfugier.
Et tandis que je cours, je suis pris d’un doute. J’étais dans un couloir, avec un panneau devant moi. A gauche du panneau, c’était la sortie. Et à droite, la porte, d’où provenaient les vagues bruits d’une lutte de sorcellerie qui démarrait. J’étais dos au panneau, et shaaxalaxx était devant moi. Réfléchissons. Il m’a parlé, il a baissé la tête…. « Je suis toi, tu es moi, nous sommes un ». Trois pas vers ma droite…. « C’était un beau rêve »…. Et il est parti par ma gauche.
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Kallisto
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Sam 22 Déc - 23:59

Klara Beaumort


« Ils doivent arriver vers quelle heure, Anaïs ?
Ma petite-fille regarde l’horloge avant de déclarer :
- Je dirais un peu moins d’une heure, Grand-mère.
- Bien. Le clafoutis aura tout le temps de cuire et même de refroidir un peu. Il ne faut jamais le servir à sa sortie du four, sinon on ne sent pas le goût, et je veux que ces gens-là apprécient ma cuisine. »
Peter tente de dissimuler un sourire narquois. Oh, je te vois venir, toi ! Mais je ne pense pas que tu ai ton mot à dire : tu ne sais pas faire la cuisine.
Le loup-garou regarde avec attention un papillon voltiger devant la fenêtre. On dirait plus un chat qu’un loup. Du moment qu’il ne casse pas ma vitre, je n’ai rien à dire. Au moins lui, il ne fait pas de remarques déplacées. C’est vraiment quelqu’un d’aimable, quoiqu’avec un humour un peu déplaisant.
Le minuteur se met à brailler dans la cuisine. J’accours le plus vite possible et saisit rapidement mes gants de cuisine. Ah, saletés ! Il va m’en falloir des neufs ! Ils commencent à être rapés !
« Tu as besoin d’aide, Grand-mère ?
- Mais non ! Va plutôt me chercher des petites assiettes. Et tiens, demande au gamin de sortir des couverts du buffet. Il peut bien faire ça. »
Alors… Ouh, c’est cuit à point ! Est-ce que j’ai dénoyauté les cerises ? Mh, il me semble que oui. Oh, et puis zut ! Ils ont sûrement vus pire, ces membres de je-ne-sais-plus-quoi.
Où est passée ma pelle à gâteaux, que je démoule tout ça. On ne retrouve rien ici ! Il va falloir que je range la cuisine un de ces jours. Quand ça se sera calmé, je pense. Déjà, il va falloir supporter le comité. J’espère au moins qu’ils ne vont pas mettre du bazar chez moi ! Je les accueille, c’est déjà quelque chose !

***

« Grand-mère ! Ca sonne, je vais ouvrir, calme Anaïs.
- Non, non. Tu restes dans le salon ! C’est à la maîtresse de maison, d’aller ouvrir. Je suis encore chez moi à ce que je sache. »
C’est qu’ils sont pressés ces oiseaux-là ! Mais ils vont défoncer ma porte ! Je clopine et leur ouvre en priant pour qu’ils ne soient pas tout un régiment.
Il y a quatre personnes. Trois gaillard et une femme un peu plus vieille que ma petite-fille. Elle est grande, mais pas très mince. Les cheveux bruns, longs et ramenés en chignon. Ca doit pas être une marrante.
Les autres ont l’air plus commodes. Il y a un petit jeune, caché derrière tout ce beau monde. Mince comme un poteau électrique, les cheveux en bataille et d’une couleur mauve improbable, avec des lunettes rectangulaires. Le deuxième est un grand black tout sourire, et le dernier, un petit chauve et sûrement la cinquantaine bien tassée.
« Bonjour, annonce la grande perche. Vous êtes Madame Beaumort je suppose ?
- En effet. Je vous en prie, entrez.
C’est alors que je remarque la pile de cartons à côté du jeunot. Je me disais aussi, ça serait étonnant qu’ils viennent sans rien. Bah, il n’y en a pas des masses, ça va tenir dans le vestibule.
Les trois types me saluent, le grand black avec un « Bonjour » retentissant, et le petit d’une voix presque inaudible.
- Vous voulez manger un petit quelque chose avant votre machin ?
- Oh, il est préférable de faire ça après, répond le chauve avec un fort accent niçois.
- D’accord, je souris.
Il est drôle avec sa voix du Sud. Ca change de l’espèce de violon grinçant qui sort du bec de l’autre fille.
- Installez le matériel devant le canapé, demande le sourire à pattes.
Et zut ! Ils vont me déballer tout leur foutoir dans la salon ! Il y a intérêt à ce qu’ils nettoient ensuite.
Peter est installé plus loin. Il n’a pas l’air d’en mener bien large. En même temps, je peux le comprendre. Je n’aimerais pas être à sa place.
Anaïs et le loup-garou regardent les nouveaux arrivants se mettre à leur aise dans la pièce. Ils attendent la suite, sûrement avec le sentiment de vouloir en finir rapidement.
Un tas de bidules étranges envahit ma pauvre maison. Ca attiserait presque ma curiosité, tiens ! Je demanderais même leur utilité. Mais j’ai passé l’âge.
- Nous pouvons commencer, déclare le chauve. »
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Lun 24 Déc - 22:02

Cidolfas Minos :

Si j'avais su, pendant mes scéances d'entraînement, j'aurais moi aussi créé un clone de moi même pour pouvoir déjouer mes propres techniques... J'aurais pensé que j'étais devenu fou si je m'étais fait une telle réflexion quelques 10 minutes auparavant. Je jetais de temps en temps de rapides coups d'oeil vers mes compagnons, mais leur combat était exactement comme le mien : Le vrai comme le faux n'arrivait pas à prendre l'avantage, même si le clone d'Elix n'avait pas pu copier son Arme de Guerre, cachée par son aura démoniaque... Je commençais à songer qu'il allait falloir fuir et trouver rapidement une autre solution, lorsque mon double réussit à m'érafler la joue avec ces couteaux gurka syntonisés, les mêmes que les miens. J'avais vu comment il avait fait, s'il arrive à passer ma défense de cette manière, en faisant la même chose je l'épinglerais ausi. Je profitais alors de la seule opportunité pour le frapper : L'instant d'après où il m'avait frappé. Une de mes lames passa les siennes et vint directement s'enfoncer dans son visage... Pour aussitôt en resortir sans avoir provoqué la moindre blessure. Le visage ne fit que se déformer quelques secondes pour revenir à son aspect d'origine. Mon ennemi profita même de ma surprise pour me porter un nouveau qui me presque trébucher en arrière en le parant. Quelques instant plous tard je sentis une présence étranghe mais très désagréable nous traverser comme des fantômes. En jettant un oeil à ma droite, je m'aperçus que le clone de Ken avait soudainement disparu... L'instant d'après, Elix me cria :
_ La magie, utilisez votre épée !
Son ennemi profita d'un instant d'inattention de sa part pour l'atteindre au torse, mais ça ne semblait heuresement pas grave. Tout en essayant d'éviter au moins les attaques de mon adversaire, je tentais de répondre au démon.
_ Mais si ça ne marche pas ! Vous ne serez plus en état de vous défendre !
_ De toute façon, même ma propre voulge ne pourra rien faire, c'est chose n'ont pas de force vitale !
Il repoussa suffisament son clone en arrière pour qu'il puisse continuer.
_ Sortez la, Cid ! Et on aura une chance de les achever !
Le double d'Elix se rua à nouveau sur lui, quant à moi, je frappais dans la garde du mien pour tenter de le déstabiliser... C'était réussi ! J'avais juste quelques secondes pour jetter mes couteaux sur le côté et dégainer mon épée. Je l'empoignais avec force et la pointais droit vers mon adversaire, le résultat était presque amusant à voir : Le pouvoir de l'épée n'avait pas un effet complet sur lui, mais suffisament pour le faire marcher au ralenti, comme s'il était en train de patoger dans la boue. J'avais tout le temps de regarder sur les côtés, et je vis que les deux autres clones étaient également ralentis à l'extrême. Cependant, c'était presque aussi le cas de mes deux compagnons, dont toutes les capacités magiques étaient absorbées par l'épée. Il fallait que j'encourage Elix.
_ Bougez vous, vous n'avez pas tout perdu ! Frappez jusqu'à ce qu'il crève !
Moi, je transperçais mon clone empêtré dans une mélasse inexistante, mais alors que je m'attendais à le voir simplement disparaître, il se déforma à nouveau pour ressembler à une espace de grosse spirale qui tournoya autour de ma lame qui prit une douce couleur violette. Je vis alors la forme du clone rentrer littéralement à l'intérieur de l'épée.
"Démoniaque cette arme... démoniaque." pensais-je
Etrange, j'étais convaincu qu'Elix avait aussi senti quelque chose d'anormal quand le double de Ken fut détruit, or il n'en avait pas parlé du tout... Le plus inquiétant était que cette chose qui était passée pour nous aider ne m'inspirait pas confiance, elle avait quelque chose de désagréablement familier...
Je me tournais alors vers les autres, mais il semblait que pendant que j'admirais les effets de mon arme, Ken n'avait pas bougé et Elix avait réglé son problème de clone. Ils avaient disparus.
Elix et Ken se tournèrent vers moi, le regard un peu vide. Ils me fixèrent pendant quelques secondes - Je me demandais d'ailleurs ce qu'ils voulaient - lorsque Ken me dit :
_ Cidolfas... ?
_ Euh, oui ? dis-je incrédule
_ Vous voulez bien... Ranger votre épée ?
_ Oh, pardon ! répondis-je rapidement en ranger la lame dans son fourreau de cuir.
Mes deux compagnons se redressèrent un peu, recouvrant leurs forces, puis sans rien ajouter, nous nous enfonçions de nouveau dans les catacombes. Les couloirs étaient parfois si étroits qu'Elix avait un peu de mal à passer, alors qu'à d'autre moments, on aurait pu faire paser un éléphant... Quand j'y pensais, c'était une "attraction" que j'avais prévu de visiter dans Paris, si les choses n'avaient pas tourné de la façon la plus rocambolesque possible. L'air frais était plaisant, du moins pour moi, Ken en revanche grelottait légèrement. Il ne se passait rien de particulier jusqu'à ce qu'Elix, en tête du groupe, nous fit arêter d'un signe de la main.
_ Vous avez vu quelque chose ? demanda Ken
_ Non, mais j'ai SENTI quelque chose.
_ Vous ne voulez pas plutôt dire "quelqu'un" ? intervins-je
_ Si, mais... Comment le savez vous ?
_ J'ai aiguisé mes capacités de détection, vous le savez bien. Cela fait un moment que j'avais repéré une présence.
_ Alors pourquoi vous n'en avez pas parlé ? fit Ken, légèrement irrité
_ Et bien, on ne m'a rien demandé.

_ Vous devriez hésiter de plaisanter dans la situation actuelle, fit Elix d'un ton neutre
_ Et alors, où est cette présence ?
_ A une 30ène de mètres en avant, répondis Elix avant moi. Elle n'a pas du encore nous sentir, mais elle sait que nous sommes là.
A partir de ce moment, nous avançâmes le plus prudement possible dans les couloirs humides, nous arrêtant à cette coin pour éviter de nous faire surprendre. En effet, Elix et moi pouvions sentir une présence, mais pas la localisation exacte. Ce fut lorsque nous arrivâmes dans une salle plus large que le sentiment de ne pas y être seul s'accentua vraiment. Mais à peine étions nous arrivés que...
_ Attention !
Ken nous poussa de toute ses forces sur le côté alors qu'il fut frappé par une chose invisible qui le prjeta en arrière. Mon premier réflexe fut de sortir mon épée, mais Elix m'arrêta aussitôt.
_ C'est inutile ! Nous ne sommes pas en présence qu'une force magique, mais mentale !
_ C'est un humain ?
_ Je n'en sais rien, c'est rap... Ecartez vous !
Le démon me tira par ma veste longue, et je vis l'instant d'après qu'à l'endroit où je me tenais un instant auparavant, il y avait un creux dans le mur de pierre brute. Je regardais Ken un instant, il était assomé. Elix me lança :
_ J'ai une idée, allez au milieu de la salle et concentrez vous pour trouver l'ennemi !
_ Mais je ne vais jamais avoir le temps !
_ Je vous couvrirais pendant ce temps, vite !
Esquivant un nouveau coup mental, je fis aveuglement confiance au démon et me plaçais au centre de la pièce. Lui, vint immédiatement se placer près de moi, déployant un bouclier de lumière qui illumina la pièce. Je fermais les yeux et visualisais la salle dans ma tête et me concentrais, malgré les bruits d'impacts. Lorsque je rouvrais les yeux, je vis se déplacer partout dans la salle, une espèce de fumée violette. Elle semblait désiner les contours d'un humain, il se remettait sans cesse en position d'attaque.... Aucun doute à avoir. Je syntonisais dans ma main un couteau effilé, puis le lançais dans la direction de la fumée. J'entendis alors un cri aigu, puis l'instant d'après je vis le corps à qui appartenait ce cri. Elix se précipita sur lui pour l'immobiliser... C'était une femme. Malgré le couteau qui était planté dans son épaule, elle nous parlait très distinctement.
_ Alors, vous voilà.
_ Qui êtes vous, intérogea Elix
Elle poussa un soupir léger, puis dit :
_ Je m'appele Madeleine, je fais parti du Cercle Shinka
_ "Chine Qu'à" ? demandais-je désinvoltement
_ Si vous avez réussi à arriver jusqu'ici, vous devez savoir de quoi je parle.
_ Ainsi, c'est le nom de votre maudite secte ? dit Elix
Je vis un sourire crispé apparaître sur la bouche de "Madeleine".
_ C'est votre race qui est maudite, puis elle dit en se tournant vers moi, et la votre aussi.
_ Comment ça, "la mienne" ? Vous êtes humain aussi, non ?
_ Oui, mais dévouée à une cause dont les enjeux vous dépassent tous. Nous ne faisons rien de plus que d'accélérer l'évolution de l'espèce humaine, il n'y a rien de malhonnête là dedans. J'ai été simplement choisie parce que l'humanité avait besoin de moi... Et pas de vous. Vous et le démon n'êtes que des obstacles à l'évolution, vous ne...
_ Assez !
Le démon, se tourna vers moi.
_ Cidolfas, qu'est ce qui...
_ Je n'en peux déjà plus d'attendre des abérations pareilles, je sens que je vais....
Portant la main à son épaule blessée, Madeline dit :
_ Allez-y, ne vous retenez pas plus longtemps, je vois bien que vous en avez envie... J'ai été heureuse de servir le Cercle, le seul regret, ce sera de ne pas offrir vos têtes à mes chefs... Mais ne vous inquiétez pas, quelqu'un d'autre le fera à ma place...
_ Alors ce quelqu'un d'autre finira comme vous... Maintenant.
Presque malgré moi, ma main se dirigea vers ma poche et syntonisa un petit couteau à partir d'un petit caillou, puis cette arme vint s'enfoncer dans le coeur de ma victime. Ma main tremblante lâcha le pommeau de l'arme aussitôt. Je la regardais un moment sans vraiment savoir pourquoi, puis lorsque j'entrepris de m'éloigner, j'entendis une voix derrière moi. C'était Ken qui avait repris conscience.
_ Que... Que s'est il passé ?
_ Rien. Un autre ennemi est mort, c'est tout.
Je m'étais déjà éloingé du cadavre auprès duquel Elix restait, j'entendis alors une voix sourde dans ma tête.
_ C'est la première fois. La première fois que vous tuez un humain, n'est ce pas ?
Je ne dis à rien pendant une longue minute, puis je me tournais vers Elix, sans ouvrir la bouche. Il n'y avait rien à dire de plus.
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MessageSujet: Re: Programme Darwin   Ven 28 Déc - 23:01

Ken Lorann
Un ennemi de moins, peut-être, mais Cidolfas semblai tout de même secoué. Ce n'est pourtant pas lui qui s'est pris une attaque mentale de plein fouet... Mais bon, je décidai de ne pas en parler. Nous devions maintenant arriver au plus vite à la porte afin d'empêcher l'invasion.
La salle où nous avions combattu les clones n'étais pas vraiment une impasse comme je l'ai cru au premier abord, mais plutôt "l'entrée" de la caverne proprement dite.
Il nous restait quelques dizaines de mètres à parcourir quand un groupe nous attaqua. Loin d'être des clones cette fois, ils se montraient tout de même redoutables au combat. Avec leurs armes, Elix et Cid s'en sortaient plutôt bien; tandis que je peinais à me débarrasser des mes assaillants.
- Bon, je crois que je n'ai plus le choix... pensai-je.
Tout en continuant de combattre, je me concentrai, non pas sur mes ennemis, mais sur les formes de vies autour de nous, les petites formes de vies surtout.
"Venez !" demandai-je.
"Manger !" ordonnai-je.
Et je continuai à répéter ces deux mots, inlassablement.
"Où ?" me demanda-t-on.
"Ici." répondis-je simplement.
"Venez manger." dis-je mentalement.
Un bourdonnement se fit entendre. Je souris: Nos adversaires commençaient à arriver en nombre. ils avaient apparemment appelé les renforts. Parfais!
- Elix, Cid! hurlai-je. Surtout quoiqu'il arrive, ne bougez surtout pas!
Ils me regardaient, l'air incrédules, mais ils suivirent mon conseil et arrêtèrent de bouger.
Le bourdonnement devint plus fort, puis se changea en un vombrissement à la limite du supportable. Mais l'origine de ce bruit n'était toujours pas visible.
Nos ennemis regardaient autour d'eux, certains les mains sur les oreilles, cherchant la source du vacarme.
"Vous pouvez toujours chercher!" pensai-je.
Soudain, une masse grouillante apparue, nous encerclant.
"Mangez !" annonçai-je mentalement et maintenant à haute voix.
- Voici votre nourriture ! hurlai-je en indiquant nos adversaires. Bon appétit!
Les cafards, rats et autres animaux vivant dans ces lieux sombres, car c'était eux, la faim grandie par mes soins, se jeta sur nos adversaires, tel un raz de marré vivant. Vague que je dirigeai par la pensée, indiquant les cibles successives à mes "amis" du règne animal.
- Suivez moi! dis-je à Elix et à Cid.
N'ayant pas bougé, la vague destructrice de mandibules et de mâchoires nous avait ignoré et se dirigeait maintenant vers la salle principale, où était sans doute située le passage vers l'autre monde.
Nous nous miment à courir, évitant les morceaux de chaire sanguinolents et les os fraichement nettoyés, comme les voitures dans le sillage d'un chasse-neige. Nous n'avions plus que quelques personnes à éliminer, affaiblies par l'horreur de ce qu'elles venaient de voir.
Quand j'aperçus enfin la "porte", je retira le sentiment de faim que j'avais insufflé à la vague animale, qui s'éparpilla aussi vite qu'elle était apparue.
Il ne restait maintenant qu'une douzaine de personnes dans la salle.
Je les regardai attentivement et fut surpris d'y voir un jeune enfant. Celui-ci était d'ailleurs le plus proche de la sortie, comme s'il sortait des lieux quand nous étions arrivés.
- Toi! explosa Cid. Tu es donc là!
Je ne comprenais pas de qui il parlait, mais sa voix trahissait une colère immense, démesurée. Je vis alors le jeune garçon que j'avais repéré plus tôt prendre la même expression que Cid. Mais qu'est-ce qu'il avait de spécial ce gamin ? La seule fois où j'avais vu Cid prendre cette expression, c'était quand il nous avait parlé de l'assassinat de ses parents par un spectre... Mais alors cet enfant serait CE spectre ? Son expression changea:
- Attendez, dit l'enfant. Je vous ai aidé tout à l'heure avec vos clones. Ces humains m'ont trompé! Je ne veux pas que les miens viennent ici.
Je ne m'y connaissait pas énormément en terme de spectres, mais il paraissait sincère. malgré tout, cela ne fit pas baisser la fureur de Cidolfas.
- Je vais te tuer! hurla Cid en s'élançant sur le garçon.
- Attendez Cid, laissons le s'expliquer !
Mais il restai sourd à mes propos. Il continuai à courir vers l'enfant. je couru l'arrêter. Alors que je le rattrapai, il était à quelques enjambées du garçon, ou plutôt de l'hôte du spectre, et avait créé une dague afin de tuer son vieil ennemi.
Je savais que je ne pourrais pas le retenir, aussi je m'interposai entre eux deux. J'avais épuisé trop d'énergie pour la vague animal et ne pouvais donc pas l'obliger à s'arrêter, mais il me restai mes muscles. Et alors que je m'écorçai de le ralentir, je tendis une main vers l'enfant afin d'amortir notre rencontre.
Mais c'était la mauvaise main.
Je tendis le médaillon repoussant les spectres vers le seul spectre de la pièce.
Et le médaillon le toucha.
L'enfant tomba soudainement. Comme une marionnette à laquelle on aurait coupé les fils. je vis, ou plutôt je sentis, une entité se déplacer rapidement vers... le portail! Cid et moi nous nous étions rapproché du portail alors que nous foncions sur le spectre. Je suivit la trajectoire du spectre, maintenant sans corps, et le senti traverser rapidement le portail.
Son ancien hôte, lui, restai inconscient.
"C'est préférable pour le moment" pensai-je.
En effet, il nous restait toujours des ennemis à éliminer avant de pouvoir arrêter cette machine infernale.
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