Ecritures plurielles

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Les chapitre 17 et 18 de Nimrodh les oubliés en ligne sur le site d'Écritures plurielles !

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 Projet P-I-X [Histoire inachevée]

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Kallisto
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MessageSujet: Projet P-I-X [Histoire inachevée]   Dim 1 Fév - 23:05

Je poste sur ce forum une histoire que j'ai écrite il y a un moment déjà. Je n'ai jamais pu la terminer, mais je tiens quand même à la montrer telle quelle (Avec les fautes d'orthographe donc) ; on finit par s'attacher à ses propres personnages, et on ne veut pas les perdre...

« Projet P-I-X »


CHAPITRE 1 : “QUI ES-TU ?”

Une nuit agitée dans une immense forêt au milieu du Massif Central... Sous l’abri sombre des arbres, passe une silhouette frêle et nue. La créature court sans s’arrêter. Elle sait que si elle ne court plus, « Ils » l’attraperont et cette fois, ce sera finit d’elle…
Courir… courir…
Ce message est passé en boucle dans son esprit. Le vent provoqué par sa course soulève ses cheveux et les nombreux fils qui couvrent encore son corps.
Les arbres donnent l’impression d’abaisser leurs branches pour laisser le passage à la créature. Le paysage forestier défile à toute vitesse… trop vite. Elle ne voit pas ce gros rocher au sol. Ses pieds nus butent violemment dessus et elle s’écroule dans un gémissement de douleur. Ses yeux ne voient presque plus rien. Tout tourne autour d’elle, comme si sa tête tournait à la place de son corps. Ses yeux se ferment puis les ténèbres l’enveloppent dans un sommeil profond.
Là-bas, dans un buisson, quelqu’un a vu la scène. La personne en question est un jeune garçon d’environ dix-sept ans. Ses yeux grands ouverts trahissent son étonnement et sa peur.
Il sort du buisson et s’approche de la créature qui est évanouie avec un visage tordu par la fatigue et la douleur. Ses longs cheveux blancs aux reflets roses, couvrent son dos et son visage. Son corps fin et fragile laisse apparaître au niveau des genoux et des coudes, d’étranges fils qui replongent ensuite sous la peau blanche de la jeune fille. Mais ce qui surprend le jeune garçon, ce sont ces fils caoutchouteux et ces perfusions qui couvrent le corps évanoui.
D’où peut-elle venir ? D’un hôpital ? D’un asile ? Il l’ignore et ne cherche pas à savoir. Il enlève son pull et recouvre le corps de la jeune fille, puis la saisit dans ses bras avant de s’enfuir à toutes jambes hors de la forêt.

De la lumière… Elle est là, elle s’immisce dans les fentes de ses paupières. Ses yeux s’ouvrent lentement. Une pièce ? Où est la forêt si sombre et froide ? Elle est couchée dans un… un lit au milieu d’une chambre où la fenêtre ouverte laisse passer la lumière et l’air frais du matin. L’atmosphère n’est pas la même que celle du laboratoire… Ici, tout est calme et chaleur.
Le jeune garçon la regarde ouvrir ses yeux… Et quels yeux ! Des iris si ouverts qu’on ne voie presque plus le blanc qui l’entoure ! Des yeux couleur améthyste qui laissent voir toute la fragilité et la peur que ressent la jeune fille.
Il la fixe ainsi sans savoir qu’elle fait de même avec ses yeux.
« Qui es-tu ? »
Cette phrase, cette si petite phrase que prononce le jeune garçon et qui fait bondir le cœur de la créature humaine.
Jamais, ô grand jamais, « Ils » ne lui avaient parlé avec autant de douceur et de gentillesse ! Mais… la question de ce garçon l’enlève à cette pensée. Qui est-elle ? Elle ne sait pas vraiment… Elle ne connait même pas son « vrai nom » hormis celui qu’ « Ils » lui ont donné. Pour tout réponse, elle lui tend son avant-bras où est imprimé un code barre et une inscription : «P-I-X ». Le garçon paraît étonné et examine son avant-bras.
« P-I-X… Alors, c’est comme ça que tu t’appelles ? Drôle de nom… Je t’appellerais donc Pix ! Moi mon nom c’est Cassio. »
Cassio… Cassio… Quel prénom étrange. Les seuls qu’elle a pus entendre sont Jean, Patrick, Serge… leurs prénoms à « Eux ».
Pix se relève sur le lit. Elle remarque qu’elle n’a plus ses fils et ses perfusions. On les lui a enlevés et pansé ses blessures. Elle s’observe un moment puis se retourne vers Cassio.
« C’est toi… qui…
- Oui c’est moi. Tu as été vachement amochée tu sais ? Que faisais-tu donc dehors, en pleine forêt et qui plus est, toute nue ?! »
Elle baisse la tête et regarde ses mains. Faudrait-il lui dire ? Va t-il la croire alors, si elle lui raconte tout ?
« … Tu ne veux pas me le dire ? Je comprends ne t’inquiète pas. Mais j’ai une question : Tu as bien des parents qui doivent s’inquiéter de ton absence non ? »
Cette fois, Pix écarquille les yeux. Elle ne comprend pas trop sa question.
« Des parents… qu’est-ce donc ? »
Cassio approche son visage du sien, assez surpris.
« Voyons, des parents ! Ceux qui t’ont donné la vie ! »
Ceux qui… Alors ce sont « Eux » ses parents ! Mais « Eux » ne se soucient pas d’elle… Pix le sait. La seule chose qu’ « Ils » veulent d’elle c’est…
« Tu n’en as pas ?! s’écrie Cassio. Mais alors, tu viens bien de quelque part ! »
Sans qu’elle le veuille, deux traînées d’eau salée coulent de ses yeux. Ça lui fait mal là, au niveau de la poitrine. Ça lui fait très mal, très lourd…
Devant ces larmes, Cassio devient gêné. Il fouille dans sa poche et sort un mouchoir qu’il frotte sur les joues de Pix pour enlever l’eau.
- Bon, tu ne veux rien me dire. Tu es encore sous le choc alors je ne te demanderai rien sur toi. Mais d’abord, il faut que tu manges non ? Allez, arrête de pleurer et suis-moi.
Il tend la main. Pix la saisit et sort du lit. Elle porte un long T-shirt. Devant son air étonné, Cassio rit et dit :
- Ah ça ? Et bien, je t’ai soigné puis je t’ai donné un de mes vêtements… »
Puis ils sortent de la pièce. Pix regarde Cassio à la dérobée. Et lui ? Que fait-il ici, dans cette maison ? A t-il des parents lui ? Et… est-il comme elle ?


CHAPITRE 2 : DECOUVERTE

Pix débouche dans une salle carrelée teintée de blanc. Ce blanc… Il lui rappelle tant l’endroit où elle « vivait ».
Cassio se dirige vers une table en bois et attrape une chaise qu’il désigne à Pix. Elle s’approche puis s’assoit en regardant tout autour d’elle. Elle a l’impression qu’ « Ils » vont surgir de n’importe où pour la reprendre. « Ils » la recherchent peut-être ou alors sa fuite n’a pas encore été découverte.
«Tiens, c’est du lait chaud… Tu aimes ? »
Cassio vient de déposer un bol devant Pix. Elle regarde la boisson d’un drôle d’air. Ça ressemble à un médicament qu’ « Ils » lui donnaient. Devant le regard amical du garçon, elle saisit le bol brûlant et tend ses lèvres sur le récipient. C’est chaud et ça lui coule dans la gorge. Elle avale tout d’une traite et émet un soupir satisfait en s’affalant sur sa chaise.
Cassio sort soudain de la pièce et se dirige vers un… téléphone ? Pix est intriguée. Elle décide de se glisser derrière lui pour écouter.
« Allô ? … Oui, je voudrais parler au docteur Gisèle Fragont… Oui, merci… Maman ? C’est Cassio ! … Oui, je t’appelle car j’ai une jeune fille à la maison qui… Non maman ! C’est pas ma copine !… Je l’ai trouvée hier soir dans la forêt… Non, je ne sais pas ce qu’elle y faisait… Elle était blessée et on dirait qu’elle n’a pas de parents… Elle est peut-être amnésique… Oui… Mouais… Tu devrais l’examiner, je crois que… Oui c’est tout à fait ça ! Bon, d’accord maman… Alors à ce soir ! »
Il raccroche et se retourne… pour voir Pix à ses pieds, essayant de se cacher. Cassio sourit et prend Pix par les épaules.
« Allons, allons… Tu m’espionnais non ? Tu voulais savoir ce que je faisais ?
Pix remue la tête de haut en bas, l’air gênée. Cassio se remet à sourire.
- Si tu veux tout savoir, j’ai appelé ma mère pour qu’elle t’examine et…
Devant l’air horrifié de Pix, le jeune garçon la rassure.
- … Mais non ! Maman veut juste voir si tu n’as rien de cassé c’est tout ! C’est pour savoir si tu vas pour le mieux.
Pix pose ses deux mains sur l’emplacement de son cœur. Non ! Il ne faut pas que… Sinon, il va vouloir la ramener à « Eux » !
- Pix… Tu ne me cacherais pas quelque chose pour avoir une tête d’enterrement comme celle-là ?
- Euh… je… je…
- Ça va t’inquiète ! Bon, maman va arriver dans… (il regarde sa montre) 10 à 15 minutes ! Tu viens ? Je vais te faire visiter la maison. »
Il l’entraîne hors de la maison et l’emmène dans la cour.
L’habitation est une maison sur plusieurs étages, située à l’entrée de la forêt. Composée de pierre et de bois, ainsi qu’un grand toit en tuile. Pix visite toutes les pièces. Des grandes chambres du premier à la salle de bain bleue en passant par le salon tout en cuir et le grenier poussiéreux. Elle qui n’a connu que les couloirs étouffants et froids de son lieu de « naissance ». Cette maison rayonne et est chaleureuse…

Le klaxon d’une voiture entraîne les deux jeunes gens vers la cour. Un femme d’au moins trente ans sort d’une voiture de sport.
Elle a de longs cheveux noirs et de grands yeux bleus. Habillée d’un tailleur noir, elle donne l’air d’une dame d’acier. Comparée à son fils qui lui, avec ses courts cheveux bruns, sa queue de cheval et ses grands yeux verts, donne une impression très décontractée.
Cassio s’approche de sa mère et lui claque une bise. Elle lui sourit puis se tourne vers Pix, complètement apeurée. La mère de Cassio lui caresse la joue et dit sur un ton enjoué :
« Alors c’est toi la jeune fille que mon fils a emmenée chez nous ? Je m’appelle Gisèle, enchantée de te rencontrer…
Pix la regarde, étonnée. Tant de tendresse qui émane de cette femme… Elle bafouille, les mains jointes.
- Euh… Merci. Je… je m’appelle… Pix.
- Pix ? Quel prénom étrange… Mais il te va assez bien. Allez, suis-moi : Nous allons te faire des radios. N’aie pas peur, je ne te ferai absolument rien. »
Gisèle lui prend une main et la « traîne » vers la porte de la cave. Devant celle-ci, Cassio sort une clé et ouvre la porte. Puis, ils descendent un escalier obscur, faisant résonner leurs pas.
Arrivés en bas de cet escalier, Gisèle appuie sur un interrupteur. La lumière blanche qui émane de néons laisse apparaître une véritable salle d’examens. Un scanner, un ordinateur et d’autres instrument de médecine trônent, imposants. Pix recule soudainement sous le choc. Non ! Cette femme est comme « Eux » ! Elle veut la… la… Non ! Ce n’est pas un cobaye !
« Allez Pix, ne t’inquiète pas… Je suis médecin, je connais mon métier. Et puis, c’est pour savoir ton état physique.
- Vous… Vous voulez m’utiliser ? demande timidement Pix.
Gisèle écarquille les yeux, puis se remet à sourire.
- Allons… Je ne vais pas t’utiliser ! Je ne suis pas un scientifique véreux ! »
Pix sourit et se dirige vers le scanner. Elle enlève son T-shirt sous l’œil médusé de Cassio. Il met ses mains sur ses yeux, les joues en feu. Pix s’allonge sur la table du scanner, sur le dos. Elle rentre dans l’appareil et laisse les lasers parcourir son corps.

L’image du corps de Pix se matérialise sur l ‘écran de l’ordinateur. Elle a toutes les caractéristiques d’une humaine normale, mais une étrange tache noire au niveau du cœur interpelle Cassio et sa mère. Profitant que Pix sorte se rhabiller, Gisèle et Cassio décident d’observer de plus près cette tache. La mère zoome sur la partie, au niveau du thorax et en reste subjuguée. Là, en plein sur le cœur, une minuscule forme ovoïde noire marquée d’un code barre et d’une inscription : P-I-X N.001…
« Maman, prononce faiblement Cassio. Qu’est-ce que c’est ?
Sa mère ne répond pas, trop interloquée devant cette image devant elle. Elle qui ne croyait pas à ces histoires dignes de la science-fiction, elle avait la réalité devant ses yeux.
Déjà, le squelette fragile de Pix l’avait surprise, puis certains de ses organes vitaux et maintenant cette chose noire sur le cœur…
- Cassio… Pix est une arme de guerre… Elle à une bombe à neutrons sur son cœur. »


CHAPITRE 3 : CŒUR RADIOACTIF

Cassio dévisage sa mère, complètement horrifié.
« Maman ! Tu te moques de moi ! Nous ne sommes pas dans une série à la télé !
- Regarde par toi-même Cassio. Je sais reconnaître une bombe quand j’en vois une. Et celle-ci est une bombe à neutrons…
- Ok, ok ! Mais c’est quoi au juste une bombe à neutrons ?
Gisèle se met à expliquer :
- La bombe à neutrons (ou bombe N), est une arme nucléaire avec une faible puissance explosive. Comme elle est très concentrée en neutrons, elle tue toute personne alentour mais ne détruit pas les bâtiments. En gros, c’est une arme que l’on utilise pour décimer des ennemis pour ensuite récupérer leurs armes etc… Tu as compris ? »
Cassio ne répond pas.
Bien sûr qu’il a compris ! C’est justement ça qui l’empêche de parler ! Les histoires d’humains qui servent d’arme vivante, c’est bon pour la télé ou les livres ! Pas dans la réalité ! Pix ne peut pas être ce genre de choses… Et ça lui revient. La nuit dans la forêt… Ces perfusions, ce tatouage…
Pix surgit des escaliers, portant le T-shirt de Cassio.
« Et bien, plaisante Gisèle en cachant son air grave. Tu en as mis du temps ! Tu t’es fais un soin manucure ?
- Euh… C’est quoi une manucure ? »
Devant l’air incrédule de Pix, Cassio part dans un fou rire, bientôt rejoint par sa mère.
Puis, le silence. Pix reste là, plantée devant Cassio et sa mère, ses yeux améthystes plongés dans une intense observation des lieux. Cassio, se tortille les doigts, l’air gêné. Gisèle, elle, fixe le corps de Pix.
La sonnerie du téléphone brise le silence qui s’est installé. Gisèle bondis et franchis les escaliers quatre à quatre, laissant Cassio et Pix seuls dans la cave.
Pix continue son observation et ses yeux tombent alors sur l’image de son cœur. Pas de réaction apparente. Pix fixe cette image sur l’ordinateur. Ses épaules tressautent. Alors il l’ont trouvé… Ils auraient bien fini pas le savoir mais elle ne le souhaitait pas maintenant. Maintenant, ils vont l’interroger, l’examiner encore et encore, et enfin la ramener à « Eux ». Et à ce moment là, « Ils » lui mettront une puce de commande à distance dans sa tête et elle ne pourra plus rien ressentir… Plus jamais…
Cassio et sa mère sont au courant. Que faire ? Pix ne veut pas réfléchir. Imaginer ce qui pourrait arriver lui fait mal à la tête et au cœur.
« Alors… C’est vrai que… que tu as une… enfin un truc sur le cœur ? Prononce Cassio en serrant les dents.
Pix se tourne vers lui. Cassio regarde ses pieds avec un intérêt presque comique.
- C’est vrai, soupire Pix.
- Alors… Tu risques de m’exploser dessus ?
Un éclat de rire vivant retentit dans la cave. Devant le ton, la tête et la question presque ridicule de Cassio, la jeune fille n’a pas pu se retenir de rire. Puis elle reprend ses esprits.
- J ‘ai bien une bombe sur le cœur, mais je ne peux pas l’activer et la faire exploser. Ce sont « Eux » qui commandent son activation. Et comme « Ils » ne savent pas où je suis, « Ils » ne l’enclencheront pas…
Cassio, surpris par ces « Ils », demande :
- Mais… qui sont donc ces « Ils » ? »
Avant que Pix n’ouvre la bouche, la mère de Cassio apparut, tout essoufflée. Le visage rouge, une drôle d’expression sur le visage. Elle se jeta sur Pix et la serra dans ses bras. Puis repris son souffle et recula.
« Un collègue de l’hôpital vient de m’appeler ! Il… enfin, il m’a dit que des militaires venaient d’occuper et de commencer à fouiller le bâtiment ! Ils sont à la recherche d’une jeune fille avec un étrange tatouage sur le bras ! Ils lui ont donné sa description et… C’est tout à fait toi Pix ! Pix ! Par pitié, dis-moi pourquoi l’armée est à tes trousses ?! »
Cassio pâlit et regarde Pix, qui les yeux grands ouverts, cherche à reculer et à s’éloigner de lui et de sa mère.
« Ils » sont au courant de sa fuite ! « Ils » ont envoyé les soldats ! Elle va se faire attraper et va retourner chez « Eux », dans son cocon d’acier et de verre…
Pix, à force de reculer, s’effondre sur une caisse, et s’assomme sur le sol dur et froid dans sa chute. La tête lui tourne, comme lorsque qu’elle avait fuit dans la forêt. Elle a soudain chaud et son cœur lui fait mal. Elle essaye de se relever mais, ses bras et ses jambes ne lui obéissent plus. Elle se cogne de nouveau contre le sol et se laisse sombrer dans l’inconscience.
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Kallisto
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MessageSujet: Re: Projet P-I-X [Histoire inachevée]   Dim 1 Fév - 23:07

CHAPITRE 4 : AVIS DE RECHERCHE

Gisèle regarde sa montre une fois de plus. Elle est collée contre un mur, dans le couloir. Le téléphone n’a plus sonné depuis l’annonce de l’arrivée des militaires à l’hôpital. Ils doivent contrôler les appels désormais. Elle attend que Cassio sorte de sa chambre. Il a porté Pix dans la pièce et n’en n’est plus ressortit. Il doit sûrement attendre qu’elle se réveille.
Gisèle se détache du mur, se dirige vers le salon, allume le poste de télévision et s’affale sur un fauteuil. La télécommande en main, elle parcourt les chaînes, à la recherche du Journal Télévisé de 13 h. L’homme en costume cravate annonce avec monotonie les nouvelles du jour : Actualités étrangères, chômage, nouveautés technologiques… Les reportages passent et se ressemblent. Puis, avant de quitter l’antenne, le présentateur saisit une feuille et annonce :
… Et avant de laisser la place au téléfilm de l’après-midi, une information de dernière minute. L’armée est à la recherche d’une échappée politique à l’instabilité mentale grave. Voici sa photo. Si vous l’apercevez ou êtes en la possession d’une quelconque information sur cette personne, contactez l’armée grâce au numéro de téléphone qui s’affiche sur votre écran. Merci de votre compréhension et bon après-midi. J’aurais l’honneur de vous retrouver…
Gisèle se fige. Sur la photo où Pix est montrée la choque :
Pix porte une blouse d’hôpital. Ses bras et ses pieds sont entravés par des lanières de cuir. Ses yeux sont vagues, embués. L’image d’un animal malmené par ses maîtres…
L’image reste sur l’écran quelques minutes puis disparaît, le générique du JT passe. Gisèle éteint la télévision et se recroqueville dans son fauteuil.
Pix… Quel secret cache-t-elle encore ? Le présentateur ne pouvait pas dire que l’armée était à la recherche d’une arme vivante pouvant décimer toute la population d’une grande ville ! Cela aurait déclenché de nombreuses débâcles ! L’armée à des secrets qu’elle ne veut pas dévoiler au grand jour. L’armée… peut-être même l’Etat.
Gisèle affiche une moue dubitative. Pix ne peux pas être « L’échappée politique folle » qu’a nommé le journaliste ! Elle n’a presque pas de personnalité propre ! Qui sont donc ces personnes qui l’ont emporté dans leur sillon militaire et politique ? Qui a pu la rendre amorphe, bonne à exécuter les ordres sans jamais les contredire ? Bonne à mourir pour les « grands de la nation » ?
Derrière la frêle silhouette de Pix se dissimule le côté sombre et mystérieux de ce monde…

Un corps retenu par des fils, tel un pantin de bois. Un corps dans un cocon cristallin empli d’eau écarlate. Des hommes en blouse blanche tourne autour. Contre la paroi du cocon, un appareil indique l’activité de la créature dans sa prison. L’instrument se met soudainement à clignoter. Un homme s’approche, puis, à la vue des mesures de l’appareil, interpelle ses collègues. Ceux-ci crient, s’exclament. Une voix rauque se distingue des autres et hurle :
« Son activité cérébrale est en pleine effervescence ! Elle va se réveiller ! Regardez ! »
En effet, la silhouette captive ouvre les yeux. Les personnes autour d’elle se remettent à crier et à faire savoir leur joie. L’être embrasse son environnement du regard. Ses yeux d’une étrange couleur affichent une grande peine.
L’homme à la voix rauque semble vouloir parler à la personne prisonnière. Mais certains mots de sa phrase ne traversent pas la cloison de verre :
« Projet… Arme… Création de l’Homme… »
La voix de l’homme devient de plus en plus faible et finit par s’éteindre. L’environnement change et s’efface. Le liquide écarlate disparaît et la prison de verre est remplacée par la chaleur de quelqu’un.

Pix ouvre lentement les yeux. Ce rêve… C’est la première fois qu’elle revoit cette scène en rêve. Ces gens, ce cocon, cette eau rouge, cette atmosphère froide… Ce souvenir date d’il y a longtemps. Juste avant qu’ « Ils » ne lui mettent cette chose sur le cœur…
« Ca va Pix ? »
Pix ouvre complètement les yeux. Elle est dans les bras de Cassio, sur un canapé. Devant son air ébahi, celui-ci rougit et sursaute, la laissant tomber par terre. Pix se relève mollement en se frottant le dos.
« Euh… Désolé, bafouille Cassio, je t’ai fait mal ?
- Ca peut aller. Où suis-je ? Demande Pix en scrutant la pièce.
- Tu es dans ma chambre. Je sais, c’est une chambre de mecs… »
En effet, sur les murs, de nombreux posters de manga ou de sport affichent une certaine ambiance. Les meubles de la pièce sont, eux, tout à fait normaux. Seul le bureau, où de nombreux magazines, dessins ou papiers de toutes sortes s’empilent, montrent le caractère « désordre » du propriétaire de la chambre.
Pix est assez surprise. Là où elle est « née », ce n’était pas aussi dérangé. Tout était à sa place et devait le demeurer. Elle était un peu un objet rangé mais qui ne l’est pas resté.
Trois coups secs retentissent sur la porte et font sursauter Pix et Cassio. Celui-ci se lève et ouvre la porte. Gisèle se précipite à l’intérieur et stoppe en voyant Pix réveillée. Elle la saisit par les poignets et articule :
« J’ai regardé le journal télévisé… L’armée a lancé un avis de recherche comme quoi tu serais une échappée politique à moitié folle. Ils ont montré une photo de toi ! Dis-moi Pix ! D’où viens-tu donc ? Qui es-tu et pourquoi on te recherche ? A cause de cette bombe dans ton corps ?
Pix écarquille les yeux. Toutes ces questions en même temps. Avant de recevoir une nouvelle slave de questions, elle murmure :
- Je suis… Une arme-prototype créée par l’armée. La bombe qui m’a été implantée servira pour les missions à venir. »
Gisèle lâche Pix et recule. Déjà cette histoire de bombe dans le corps de cette fillette la choquait et maintenant, en plus de servir d’arme vivante, elle avait été conçue artificiellement… Pour la guerre…


CHAPITRE 5 : UN NOUVEL ARRIVANT

L’hôpital grouille comme une ruche. Les militaires fouillent, donnent des ordres, courants dans une sorte de danse synchronisée. Sur le comptoir de l’accueil, un jeune homme blond d’une vingtaine d’années tient sa main collée sur le combiné du téléphone. Il a appelé le docteur Fragont et cela est très bien. Mais maintenant que les militaires interdisent les coups de fil, comment va t-il la prévenir des récents évènements et ceux à venir ? Dans sa tête, s’agitent beaucoup trop de choses… Et cette photo, cette jeune fille aux yeux d’un mauve si étrange… Qu’a-t-elle fait pour être recherché ainsi ?
« Eh toi là-bas ! Les coups de fil sont désormais interdits ! Tu fous quoi la main sur ton téléphone ? Grogne un militaire, sûrement quelqu’un d’important.
Le jeune homme ne répond pas. Il ne fait qu’enlever sa main du combiné. Le militaire grogne une nouvelle fois et demande :
- Je peux savoir ton nom au moins ? Et qu’est-ce que tu voulais faire avec le téléphone ?
- Euh… Je me nomme Thurian Bessa. Je… je ne voulais rien faire. J’attendais un appel.
Le militaire sourit, un sourire narquois.
- Tu attendais l’appel de ta copine c’est ça ? Je croyais que ça ne se faisait pas dans le milieu hospitalier.
Thurian rougit puis se reprend :
- En fait, j’attendais l’appel d’une supérieure. »
Le militaire fait une mine étonnée puis tourne les talons. Thurian soupire puis appelle une infirmière :
« Sophia, prends ma place. J’ai une urgence ! »
Il saisit son manteau puis prend la direction du parking du personnel où sa voiture est garée. Il ouvre la portière, insère la clé de contact et démarre en trombe, vers l’habitation du docteur Fragont. Il regarde l’hôpital par la vitre. C’est un bâtiment tout de verre, de béton et d’acier. Vu de loin on dirait une tour ou un laboratoire. La couleur blanche du bâtiment se réfléchit au soleil, comme les armes qu’exhibent les militaires…
Thurian allume l’autoradio et roule à toute vitesse hors de la ville, vers la forêt.

Cassio prépare un thé à sa mère dans la cuisine. Celle-ci est restée en haut avec Pix. En voyant son air choqué, il a jugé bon de s’éclipser. D’ailleurs, cette histoire de fille-bombe créée en laboratoire… C’est un peu trop irréel.
« J’aurais mieux fait de ne pas regarder « Le 5e élément » hier soir… »
Une sonnerie stridente retentit dans le hall d’entrée. Cassio laisse le thé sur la table et se jette sur la porte. Pix, qui descend les escaliers à toute vitesse, le percute. Ils s’écrasent à terre et roulent sur le sol avant de se cogner contre un mur du couloir.
« Il y a quelqu’un ? Mme Fragont ? Crie une voix derrière la porte d’entrée. »
Silence. La voix, cette fois, crie encore plus fort et cogne à la porte.
Au fond du couloir, quelques gémissement sont couverts par la voix à l’ entrée.
« Aïe, mon dos… Pix, tu sais que t’es lourde ?
- Ca doit être à cause de…
- Je sais, coupe Cassio. Pas la peine de me le rappeler ! »
La porte continue de cogner, de sonner. Un drôle de bruit parvient du 1er étage : celui d’une personne descendant les escalier à vitesse grand V. Cassio sursaute soudain et essaye tant bien que mal de se dégager de Pix. Celle-ci fait de même en tentant d’empêcher son pauvre T-shirt de se déchirer ou de se s’agrandir. Un éclat de rire retentit dans le couloir :
« Quelqu’un sonne à la porte et vous en profitez pour… Je ne vous dérange pas au moins ? »
Gisèle se penche sur Cassio et Pix en se retenant de rire une nouvelle fois. Le visage de Cassio se colore d’une teinte rouge écrevisse. Pix regarde Gisèle d’un air interloqué puis finit par rire. Elle se relève puis passe ses mains sur son T-shirt. Cassio reste quelques minutes par terre puis se remet sur ses jambes, pour courir ouvrir la porte d’entrée.
Un jeune homme blond, assez essoufflé, apparaît dans l’embrasure de la porte. Cassio recule, les yeux grands ouverts. Il laisse sa mère passer devant lui et se poste devant Pix, l’entraînant vers les escaliers.
« Euh… Bonjour Madame Fragont. Excusez-moi de vous déranger mais il se passe de drôles de choses à l’hôpital, lance l’homme.
- Oh ce n’est rien. Entre Thurian. On va parler dans le salon… »
Gisèle saisit le bras de Thurian, ferme la porte et se dirige vers le séjour. C’est alors que Pix trébuche dans les escaliers et atterrit aux pieds de Thurian. Celui-ci la regarde, stupéfait. Il regarde les visages gênés de Cassio et de Gisèle et s’écrie :
« Mais… C’est la jeune fille recherchée ! Qu’est-ce que… »


CHAPITRE 6 : DEPART VERS L’EXTERIEUR

Thurian fixe Pix, la bouche ouverte par la surprise. Déjà la photo qu’on lui avait montré l’avait marqué, mais voir cette fille en face est autre chose. Il ne voit pas la silhouette qui se glisse derrière lui . Il ne sens que le choc d’un objet sur sa tête… Puis le gouffre.
« Désolé ! Clame Cassio, tout sourire, un rouleau à pâtisserie dans une main.
Gisèle lorgne son fils avant de hurler :
- Cassio ! Mais tu es fou ! D’abord tu fais je ne sais quoi avec Pix et ensuite tu assommes un de mes collègues ! Qu’est-ce qui te prends ?
- Maman, s’écrie Cassio. Il a vu Pix ! Si ça se trouve il peut donner des informations à l’armée pour qu’ils viennent la chercher ! Et l’armée peut même nous envoyer en prison, tu sais ça ?! Et puis, on peut profiter du fait qu’il soit assommé pour cacher Pix et penser à une stratégie.
- D’accord, rétorque sa mère. Tu as raison mais ce n’étais pas la peine de l’assommer ! Tu as pu lui briser les cervicales ou lui faire un traumatisme crânien ! »
Pendant que Gisèle et son fils se disputent avec énergie, Pix reste recroquevillée sur elle-même. Les yeux fermés et les mains sur les oreilles, elle essaie de faire le vide dans sa tête. Ces voix qui hurlent, sans ordres ni raisons… Sa tête est lourde, ça lui fait si mal tout ce bruit…
Ca lui rappelle son séjour chez « Eux ». Un jour elle s’est sentie si mal dans son cocon… « Ils » se sont mis à hurler et à lui injecter tant de médicaments pour savoir pourquoi elle dépérissait. En fait, elle avait… non, elle a toujours le mal de vivre…
A quoi ça sert de respirer, de voir, d’entendre, de sentir et de goûter lorsque que l’on est enfermée depuis sa… conception ? Sans aucune autre chose à faire que de voir des gens vous tourner autour en jacassant sur de nouvelles techniques scientifiques ?
C’est son destin pourtant. Elle n’est née que dans un seul et unique but : Pour assouvir le désir de pouvoir et puissance des hommes…
Jamais « Ils » ne l’ont traitée comme… un être humain, voir un être vivant. Elle était plutôt un… objet. Comme un jouet que les enfants manipulent pendant des heures et des heures sans jamais s’en lasser.
Elle rouvre les yeux. Cassio est là, planté devant la porte fermée. Gisèle a disparu et le corps de Thurian aussi. Elle se relève et pose sa main sur une épaule de Cassio :
« Où est Gisèle et… Thurian ?
Cassio tourne la tête et articule d’une voix rauque :
- Maman a embarqué Thurian dans la chambre d’amis en haut. Elle veut qu’on sorte pour se changer les idées et pour glaner des informations sur ton avis de recherche…
Le garçon reluque Pix de haut en bas et rajoute en riant :
- Si tu sors comme ça on va crier au scandale ! Viens dans la chambre de ma mère. Il y a sûrement des affaires pour toi. »
Pix saisit la main que Cassio lui tend et ils escaladent l’escalier quatre à quatre. Arrivés devant une porte verte, Cassio l’ouvre et pousse Pix dans un pièce meublée simplement avec un grand miroir. Cassio ouvre une grande armoire et se met à lancer des vêtements de toutes sortes sur le lit, en face.
« Vas-y ! Prend ce qu’il te fait plaisir ! lance Cassio en jetant une paire de bottes sur le lit. »
Pix avance à petits pas et se juche au-dessus du tas d’habits. Elle plonge sa main et récupère une robe noire ornée de fils blancs s’enchevêtrant en spirales. Elle sourit à la vue du vêtement et arrache son T-shirt pour l’essayer. Cassio, le nez toujours plongé dans l’armoire, ne voit rien et éclate de rire en se retournant.
« Pix ! Cette robe est faite pour toi ou quoi ? J’ignorais que Maman avait ça dans sa garde-robe ! »
Pix saisit ensuite la paire de bottes posée sur le lit et se dresse de toute sa taille en riant. Cassio hausse un sourcil d’incompréhension et soupire :
« Euh… Tu as quelque chose sous ta robe au moins ?
Voyant le hochement de tête négatif de Pix, il se remet à soupirer :
- Bon, va fouiller dans la commode là-bas. ‘Y des sous-vêtements. Sers-toi ! Moi je sors deux min. »
Il claque la porte et se dirige vers le hall, après avoir cherché ses baskets dans sa chambre. Il saisit son blouson sur le porte-manteau et prends une veste à sa mère. Pix descend un petit moment plus tard en sautillant :
« J’ai fini ! Où va-t-on ?
- Pas loin ! Aux environs de la ville, à la maison des jeunes. Je ne crois pas qu’il y ai des gens en ce moment et il y a des ordinateurs à notre disposition. »
Ayant fini sa phrase, Cassio ouvre la porte d’entrée et court vers un bâtiment collé à la maison. Il ouvre le portail métallique et sort une bicyclette munie d’un porte-bagages.
« Allez monte Pix ! C’est pas très confortable mais bon…
Il s’assoie sur la selle et attend que Pix s’installe.
- Accroche-toi à moi si tu veux. La route n’est pas très plate. »
Ceci dit, il pose ses pieds sur les pédales et roule allégrement. Ils sortent de la cour de la maison et se lancent sur une petite route de campagne boueuse.
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MessageSujet: Re: Projet P-I-X [Histoire inachevée]   Dim 1 Fév - 23:10

CHAPITRE 7 : ENTRE EVEIL ET SONGE

Attendre, toujours attendre… Cela fait une heure que Gisèle attend. Thurian est là, sur le lit et ressemble à un enfant qui dort.
Dans un cas comme celui-là, beaucoup de personnes auraient eu une crise de nerfs, livré Pix ou fui à tout prix mais Gisèle ne le veut pas. Depuis la naissance de son fils et sa mutation dans cet hôpital, elle en a vu de toutes les couleurs. Surtout à l’hôpital, où s’amoncellent les problèmes…
Dès la première fois où elle a croisé le regard de Pix, elle sait qu’elle ne pourra pas l’abandonner. Cette jeune fille, si humaine et pourtant… on ne dirait pas qu’elle vit. Elle est comme une marionnette qui se déplace grâce aux fils que manipule l’Homme.
Comment les humains en ont-ils pu arriver là ? Créer un être vivant de toutes pièces dans le seul but de servir à la destruction. Sans se soucier de la vie même de cet être ?! Pix ne peut pas vivre comme tous les humains. D’ailleurs, peut-être qu’elle est incapable de vivre…
Et Cassio, le sait-il lui ? L’a-t-il deviné ? Même si Pix est recherchée il part avec elle, indifférent au danger qui les guette. Quand elle a vu son petit mot : « Je vais me promener avec Pix », son sang n’a fait qu’un tour. Quel imprudent ! Qu’importe… Il va vite rentrer, sa mère le connaît bien.
Un grognement la fait sortir de ses pensées et de ses inquiétudes. Thurian se passe la main sur l’arrière de son crâne avec une grimace de douleur. Il ouvre les yeux lentement et ricane en voyant le visage de Gisèle penché sur lui.
« Et bien ! J’ai quelqu’un à mon chevet ! Gisèle, pourriez-vous me dire qui a pu m’assommer comme ça ? Je sens à peine ma tête… Ouille !
- Et bien… bafouille Gisèle, c’est mon fils Cassio qui t’a frappé ainsi. Ne pense pas Thurian qu’il t’en veuille ! Loin de là ! C’était juste un geste défensif pour… « protéger » la jeune fille que tu as vue.
Thurian se relève lentement et se remet à rire :
- Ha ha ha ! Méfiez-vous de votre fils ! Si ça continue il risque de s’enfuir avec elle sans vous en informer ! N’empêche, cette fille… C’est elle qui est recherchée n’est-ce pas ? Je comprends le geste de votre fils. Il croyait que j’allais vous dénoncer.
Il se poste devant Gisèle et continue de passer ses mains froides sur sa tête brûlante. Gisèle essaie de trouver de bonnes explications. Faut-il le mettre au courant ? Ou l’assommer et le jeter dehors ? Et Cassio… Si Thurian disait vrai. Si il était partit très loin avec Pix pour éviter des ennuis à sa mère ?! Non, Cassio le lui aurait dit. Enfin, bref… Il va falloir faire face aux problèmes qui se posent. Les militaires vont sûrement venir fouiller la ville et les habitations !
- Thurian, arrête de me vouvoyer ! Tutoie-moi s’il te plaît. Et oui, la fille que tu as vu est bien recherchée. Cassio l’appelle Pix à cause d’un étrange tatouage à ce nom sur son bras. Thurian… Tu es le seul à savoir que nous l’avons recueillie chez nous. Ne nous dénonce pas ! Ou alors attends que nous ayons trouvé une solution et…
Thurian pose sa main sur la bouche de Gisèle et rit de plus belle.
- Chut ! J’ai tout compris ! Ne vous… Ne t’en fais pas. Je ne vous dénoncerais pas. Mais avant je voudrais savoir : Où est la fille… euh Pix ? Il vaudrait mieux qu’elle reste cachée ici non ?
- Justement, répond Gisèle. Elle a disparut. Cassio l’a emmenée avec lui je ne sais où. Mais je ne crois pas qu’ils vont aller loin. Cassio sait que Pix est recherchée. En attendant… Repose-toi Thurian. Tu as encore mal à la tête.
Elle rallonge Thurian dans le lit et se lève pour sortir.
- Merci. J’ai l’impression d’être retourné chez moi et d’avoir ma mère près de moi, sourit Thurian avant de se rendormir. »
Gisèle répond à son sourire, puis sort de la pièce en fermant doucement la porte.

La route défile à toute vitesse. A plusieurs fois Pix a failli tomber à la renverse et rester sur le chemin. Désormais elle s’accroche de toutes ses forces à la taille de Cassio. Le vent fait voler ses cheveux. Malgré la route caillouteuse et irrégulière elle se sent bien. Elle n’est jamais montée sur un vélo, ni traversé les routes à cette vitesse. Elle pose gentiment sa tête sur l’épaule de Cassio pour s’empêcher de recevoir ses cheveux en pleine figure. Sentant que Cassio sursaute et semble mal à l’aise, elle éclate de rire. Elle ne comprend pas cette gêne et cela rend le garçon comique, surtout lorsque son visage prend une teinte rouge. Sûrement une réaction qu’elle ne connaît pas. Cela fait à peine deux jours qu’elle vit ici, avec eux. C’est normal si elle ne comprend pas tout…
Le vélo freine brutalement devant une grande maison toute en briques. Cassio descend et attache son vélo à un poteau, et dirige Pix vers la porte d’entrée couverte de graffitis. C’est dans un grincement suraigu que Pix pénètre dans un hall où un grand escalier de bois lui fait face. Les murs sont blancs et peint à certains endroits. Un étrange dessin attise la curiosité de Pix. Elle se dirige vers celui-ci et pose sa main dessus. Le graffitis représente une mince silhouette noire, les cheveux au vent, sur un rocher. Cassio s’approche et sourit :
« On dirait que ce tag te plaît. C’est une fille qui vient souvent ici qui l’a fait.
Pix se retourne, surprise.
- Vraiment ? J’aimerais bien la voir !
- Non ! s’exclame Cassio. Euh… disons que comme tu es recherchée. Il vaut mieux que personne ne te voit. Tu comprends ? »
Pix hoche la tête. Elle est bien obligée de comprendre. Si elle n’était pas recherchée… Elle serait encore dans ce lieu où « Ils » ne font que la tester et la prendre pour un objet.
Cassio vérifie si une personne se trouve dans le bâtiment. Il ne trouve pas âme qui vive et décide de monter au premier étage pour lancer des recherches sur le Web. Pix, elle, franchi les escaliers en sautillant et arrive à ce qui ressemble à un ancien grenier. La porte grince et se ferme toute seule. Le grenier est une pièce tout en longueur où quelques hamacs sont suspendus aux immenses poutres en bois massif. Deux fenêtres aux vitres sales laissent passer une lumière blanche, opaque. Pix s’allonge par terre et regarde le plafond en soupirant. Elle pense à tout ce qui lui est arrivée depuis sa fuite du laboratoire… Elle se revoit être sortie de son cocon puis amenée à la salle des tests. L’homme qui la tient ne voit pas la seringue lui rentrer dans le bras. Il s’écroule par terre et Pix en profite pour courir…
Des portes, des couloirs, et enfin la forêt… immense et imposante. La fatigue, la douleur et le trou noir. Elle revoit ce visage penché sur elle. Un visage, et deux yeux verts rempli de curiosité et d’inquiétude.
En pensant à tout cela, Pix s’étire sur le sol, ferme les yeux et s’endort.

Un craquement réveille soudain Pix. Croyant à voir Cassio apparaître dans son champ de vision, elle ne bouge pas. Des pas résonnent sur la sol et semblent se diriger vers une des extrémités de la pièce. Pix attend encore quelques minutes… Toujours rien. Les pas s’arrêtent et le silence s’installe à nouveau, brisé par la respiration saccadée de Pix.
Elle se relève lentement et regarde autour d’elle… Rien. Pas un bruit, on dirait qu’elle est seule. Pourtant elle les a entendu ces pas ! Au moment de se rallonger, quelqu’un l’attrape par la taille et lui hurle dans les oreilles :
« Tu n’est vraiment pas prudente !!! »
Cassio la relâche et éclate de rire. Pix ouvre des yeux ébahis et frotte ses mains sur ses oreilles qui sifflent. Elle a eu l’impression que son cœur allait exploser. Elle se jette sur Cassio et le serre de toutes ses forces.
« Pourquoi tu m’as fait peur ? Ca fait mal aux oreilles !
- Désolé Pix, sourit Cassio. Je ne voulais pas. Et arrête de me serrer comme ça… Tu veux m ‘étouffer ? »
Pix relâche son étreinte et regarde les feuilles que tient Cassio. Elle vient juste de les apercevoir.
« Ah ça ? s’exclame Cassio. J’ai fais quelques recherches et j’ai trouvé une ou deux choses intéressantes… »
Il se taît et étale les feuilles autour de lui.

Dehors, un voiture passe devant le bâtiment sans s’arrêter. Un homme armé conduit le véhicule et roule vers la ville.


CHAPITRE 8 : EXPLICATIONS ET FUITE

Cassio saisit d’abord une feuille où l’avis de recherche de Pix y est imprimé. Il pose son doigt sur la photo de Pix entravée.
« Bon, alors je commence par cette photo. Tu sais de quand elle date ?
Pix détourne la tête. Elle n’a jamais aimé cette photo. « Ils » l’ont photographié des milliers de fois. Lors de l’implantation de la bombe, quand « Ils » lui faisaient passer des tests, et surtout quand elle flottait dans son cocon…
- « Ils » ont pris cette photo juste après mon opération, quand « Ils » m’ont implanté la bombe, dit-elle en posant sa main sur son cœur.
- D’accord, souffle Cassio en reprenant la feuille dans sa main. Donc, l’armée est à tes trousses d’après cet avis de recherche. Passons, j’ai autre chose. Tu sais ce que c’est la DGA ?
Pix hoche la tête. Elle a entendu vaguement ce nom de « Leur » bouche. Cassio continue :
- La DGA c’est la Délégation Générale pour l’Armement. En gros, ce sont eux qui s’occupent de la recherche des armements pour l’armée. Je crois que c’est d’une des bases de la DGA que tu viens. J’ai poussé mes recherches, mais là je n’ai trouvé aucune base pour le nucléaire ou les armes biologiques dans la région. Je pense que tu viens d’une base secrète qu’on cache aux civils comme moi, ma mère ou Thurian. Ca ne m’étonne pas d’eux ! Tu comprends ce que je te dis ou tu veux que je précise ?
- Je comprends tout ce que tu m’as dit, répond Pix. Continue.
- J’ai voulu aussi faire des recherches sur les armements nucléaires mais je n’ai rien trouvé. L’Armée veut garder ça secret.
Cassio s’arrête et se remet à fouiller dans ses papiers. Quelques minutes plus tard, il brandit une carte.
- Ca c’est une carte de la région. La forêt d’où tu viens est située au Sud-Ouest de la ville. Elle est assez grande pour receler beaucoup de surprises… Comme un laboratoire secret de l’armée ! Et le plus intéressant c’est qu’une partie de la forêt a été fermée au public et aux promeneurs il y a quelques années. Donc…
- La base est là-bas avec de la chance, coupe Pix.
- Non, pas avec un peu de chance… C’est sûr ! Mais avant de vérifier sur le terrain il faudrait qu’on règle quelques trucs et surtout… »
Cassio est coupé par le bruit d’une porte qui grince. Des bruits de pas résonnent en bas et une voix rauque s’exclame :
« Fouillez-moi ça ! Ensuite on cherchera « l’Arme » dans les habitations aux alentours ! »
Deux ou trois acquiescements retentissent, puis le bruit lourd des pas reprend ses droits. Cassio n’a que le temps d’empêcher Pix de crier en mettant sa main sur sa bouche. Il l’attrape et la conduit vers la porte du grenier. Il l’ouvre doucement et tend l’oreille.
« C’est bon, chuchote t-il. Ils ne sont pas encore à cet étage. Surtout suis-moi et ne fais aucun bruit. »
Cassio s’accroupit et semble « glisser » sur le plancher, Pix sur ses talons, l’imite de son mieux. Arrivés en face du grenier, une porte rouge et noire se dresse. Cassio saisit la poignée et ouvre la porte tout doucement. Mais un grincement suraigu se fait entendre, malgré les efforts de Cassio pour atténuer le bruit.
« Eh ! T’entends ça Peter, hurle une voix grave. Je monte !
- Bien, réplique une autre. »
Cassio étouffe une insulte et précipite Pix dans la pièce, avant de rentrer à son tour et de fermer la porte d’un coup sec. La pièce croule sous les cartons, les objets usés et les piles de papiers. Pix se faufile derrière un tas de gros paquets, bientôt rejointe par un Cassio complètement essoufflé. Les bruits de pas se rapprochent sensiblement, sans arrêt.
« Il est au premier étage là. Il sera ici dans 5 minutes, murmure Cassio. »
Pix sent son cœur battre fort, bien que les battements soient étouffés par… ce qu’ « Ils » lui ont implanté. Ces voix… Elle les as déjà entendu, elle le sent. Et ce prénom : Peter. Et ça lui revient. Cet homme roux aux yeux gris… Cet homme qui la faisait passer des tests avec d’autres personnes. La seule chose qu’elle a vraiment retenu de lui ce sont ses yeux. Si profonds… Et tellement emplis de rancœur. Il la regardait avec ce regard… si chargé que Pix détournait les yeux. Elle se souvient qu’il murmurai quelques fois :
« J’ai honte. Si honte… »
Cassio attrape soudain Pix et la serre à l’étouffer. La porte de la pièce s’ouvre brutalement et Pix aperçoit une paire de pieds avant de se re-cacher derrière les cartons. L’atmosphère est tendue. Personne n’ose bouger. Une éternité passe avant que l’homme ne se déplace vers les paquets et les piles d’objets. Pix serre les dents pour s’empêcher de crier. Cassio enserre Pix de toutes ses forces. Les pas se déplacent lentement, avec lourdeur. Les objets sont déplacés, quelques fois balancés. Enfin, quelqu’un arrive devant la cachette de Pix et Cassio. Pix lève la tête et ouvre grand ses yeux. Une tête aux cheveux gris, flanquée de grandes lunettes noires apparaît au-dessus d’elle. La tête enlève ses lunettes, révélant deux noirs aux reflets gris. Pix se retient de hurler. Son cœur s’affole et bat à 100 à l’heure. La tête esquisse un sourire mauvais et susurre en pointant son arme :
« Viens par ici ma jolie… Et toi aussi jeune homme… »
Pix se lève, lentement. Cassio retient un cri de surprise et se lève à sa suite. Ils lèvent les mains à contrecœur. L’homme armé recule pour les laisser avancer et ne remarque pas l’imperceptible mouvement de Pix. Celle-ci attrape la main de Cassio et bondit littéralement vers sa gauche, où une fenêtre se détache de piles de cartons emplis de papiers sales. Avant que l’homme n’ai eu le temps de faire un geste, Pix et Cassio passent par la fenêtre, projetant des éclats de verres dans toutes les directions.
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MessageSujet: Re: Projet P-I-X [Histoire inachevée]   Dim 1 Fév - 23:11

CHAPITRE 9 : ATTERRISSAGE DANGEREUX

« Mais Pix… QuouaAAAAHHHHHH !!!! »
Cassio n’a pas le temps de finir sa phrase. Il se retrouve hors du bâtiment, en pleine chute. Le sol est à environ 10 mètres plus bas.
Mais c’est pas vrai ! Je ne veux pas mourir maintenant !
Dans sa tête, tout ce qui vient de se passer défile. Pix… Lui qui croyait qu’elle était incapable de prendre des initiatives, sa réaction devant le militaire l’a bluffé. Peut-être qu’à force d’être avec lui, elle a pris conscience de son « humanité ». Et si elle continue elle pourra…
Il ferme les yeux, se préparant au choc. Un craquement insupportable. Ce n’est pas un sol dur et plat qu’il sent, mais des objets mous et puants. Sa chute à été amortie par les sacs poubelles.
« Super ! Fallait que ça n’arrive qu’à moi : un atterrissage dans le dépôt d’ordures… »
Cassio se relève avec lenteur. Ses jambes et ses bras lui font mal, mais il n’a que des égratignures et de gros hématomes. Chancelant, il retire une de ses jambes d’un sac poubelle.
Il reprend lentement ces esprits, aux aguets.
Bon, maintenant il faut que je… Mais ! Pix ! C’est pas vrai ! Elle a dû atterrir plus loin, ou alors les militaires l’ont…
Se retenant de crier son nom pour ne pas se faire repérer, Cassio scrute les environs, les pieds posés sur le rebord du vide-ordure. C’est en regardant vers la fenêtre où lui et Pix ont sauté qu’il voie la jeune fille.
Pix s’accroche désespérément à la rambarde du premier étage. Ses mains sont en sang, tout comme ses bras, blessés par des débris de verre, ses jambes se balançant maladroitement dans le vide. Ne pas lâcher, résister… Ses doigts glissent malgré elle. C’est alors qu’elle entend :
« Pix, articule Cassio, sans faire trop de bruit. Saute ! Tu es en-dessous de moi ! Si tu lâches, tu vas tomber dans le vide-ordure sans te faire mal !
Pix fixe Cassio de son perchoir. Pourquoi pas ? Et il faut qu’ils se dépêchent de fuir sinon « Ils » vont prévenir des renforts pour les militaires qui sont ici !
- Je… Je vais sauter, bafouille Pix »
Et elle lâche. Quelques secondes de chute et elle atterrit malencontreusement sur les sacs poubelle. Elle se redresse prestement et bondit hors du vide-ordure, étouffant un cri de douleur à l’atterrissage. Cassio la rejoint, la saisit par la main et court vers l’endroit où il a posté son vélo, espérant que les militaires seront ailleurs. Personne, un coup de chance. Seuls quelques hurlements rageurs se font entendre du bâtiment. Cassio détache son vélo en quatrième vitesse pendant que Pix s’installe sur le porte-bagage. C’est dans un crissement de graviers que le vélo démarre en trombe sur la petite route.
Lorsque les militaires arrivent, les deux jeunes gens se sont déjà enfuis en catastrophe.

Thurian ouvre les yeux. Il est seul dans la pièce où il est allongé. Un doux silence accompagne l’éveil lent du jeune homme. Le soleil perce légèrement la couche de nuages dans le ciel. L’après-midi se finit.
Thurian se lève. Ses pieds ont du mal à se stabiliser sur le sol, sa tête ne lui fait presque plus mal. Il se sent bien. Il pense sans s’en rendre compte à Pix. Ce sont ses yeux d’une teinte étrange qui restent dans sa mémoire. On croirait voir une jeune fille de 16 ans ou plus. Thurian sait qu’elle n’est pas normale et cela se voit tout de suite. Pas seulement ses yeux et ses cheveux d’une couleur singulière, non… Sa silhouette fragile non plus. On le sent c’est tout.
Un crissement de pneus le tire de sa réflexion. Il se dirige vers la fenêtre et aperçoit Cassio descendant de son vélo, Pix sur le porte-bagage, les bras ensanglantés. Cassio la prend par une main et la traîne presque vers l’entrée de la maison.
La porte s’ouvre et claque sèchement. Un cri strident retentit dans le hall. Thurian sort de la pièce et se précipite dans la direction du cri.
Gisèle est là, les mains portées à sa bouche, les yeux exorbités. A la vue de l’état de son fils et de Pix, elle n’a pas pu se retenir de hurler. Elle se reprend, s’approche de son fils… et lui flanque une gifle magistrale. Cassio reste immobile, puis pose sa main sur sa joue marquée de rouge. Pix s’est reculée, collée contre le mur, et tremble de tous ses membres. Thurian hésite entre éclater de rire ou omettre une réflexion. Il préfère se taire.
Les secondes passent, comme si elles étaient des heures. Puis, Gisèle se détourne de son fils, avant de monter dans sa chambre, lentement. Thurian regarde la scène et se décide à bouger. Il prend délicatement Pix par une main et la guide vers la salle de bain, pour la soigner.
« Cassio, ne reste pas planté là ! »
Celui-ci semble émerger, et monte les escaliers en traînant les pieds. Pix le regarde tristement. C’est un peu à cause d’elle que Cassio est comme ça. Si elle ne s’était pas enfuie, il n’aurait pas eu tous ces problèmes avec elle.
« Ne t’en fais pas… Pix. Ils vont se réconcilier très vite. »
Elle hoche la tête. Réconcilier ? Qu’est-ce que ça veut bien dire ? Déjà, lorsque Cassio lui a demandé si elle avait des parents, ça l’a vraiment abasourdie. Elle n’est pas normale, et elle l’a remarqué depuis longtemps. Est-ce que les humains portent des bombes dans leur corps et sont créés dans des laboratoires de l’armée ? Non, elle ne croit pas.
Thurian l’emmène dans une pièce toute de carrelage bleu ou blanc. Il sort d’une armoire accrochée au mur, des bandages, du coton et du désinfectant. Pix s’assoit sur le bord de la baignoire et tend ses deux bras. Thurian en saisit un et imprègne une boule de coton de désinfectant. Il passe doucement le produit sur le bras de Pix, demandant de temps à autre si cela lui fait mal.
Quand elle était encore là-bas, elle se blessait assez souvent, à cause des tests qu’ « Ils » lui passaient. Alors à ces moments là, « Ils » l’endormaient et la soignaient comme l’on répare une poupée de porcelaine. « Ils » recollaient les morceaux, sans se demander si Pix souffrait ou si ça allait mieux. C’était, non… c’est une arme, et les armes ne parlent pas ni ne souffrent.
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MessageSujet: Re: Projet P-I-X [Histoire inachevée]   Dim 1 Fév - 23:14

CHAPITRE 10 : APRES LA TEMPETE

Une main caresse le mur du couloir avec douceur. Cassio marche lentement, la tête vide. Un pâle sourire illumine son visage. Après tout, il n’avait pas à s’enfuir comme un voleur avec Pix sur les bras, ou plutôt sur le porte-bagages. Mais ce n’est pas le moment de ressasser ses erreurs alors qu’un grand danger risque de lui tomber dessus n’importe quand. Une porte, là. Cassio pose sa tête contre le bois et écoute… Le silence. Il sourit de nouveau. Sa mère doit être en train de regarder par la fenêtre, à écouter le vent ou les oiseaux. Sa main se pose sans bruit sur la poignée et la porte s’ouvre sans broncher. Le temps d’entrer et de refermer la porte, sa mère aura à peine le temps de se retourner. En effet. Elle n’a même pas remarquée sa présence, complètement plongée dans ses pensées. Il ne bouge pas, appuyé sur la porte et les bras croisés. Juste un soupir qui sort de sa bouche comme pour se prouver qu’il est là.
« Que veux-tu, murmure Gisèle, la voix fatiguée. Si c’est pour t’excuser tu peux repartir…
Cassio hausse les épaules. C’est à chaque fois comme ça. Sa mère n’aime pas les excuses forcées, ni celles qui viennent du cœur d’ailleurs…
- M’man… Je voulais juste te dire que… commence-t-il.
- Moi aussi j’ai quelque chose à te dire ! Tu as… tu t’es jeté avec Pix dans la gueule du loup ! Mais qu’est-ce qui t’as pris ? ! Je sais que tu adores jouer avec le feu, défier le danger mais là… Pix aurait pu être de nouveau remise là où elle vivait avant.
- Ce n’est pas ce que tu souhaiterais ? La laisser à son destin. Ne plus te soucier que de tes problèmes à l’hôpital ? Ce serait bien n’est-ce pas ?
Gisèle se tait. Evidemment, si Pix n’avait pas été là, elle aurait continué sa petite vie d’avant, tranquille et quelques fois mouvementée.
- Cassio, réplique-t-elle. Tu ne comprends pas et je trouve ça normal. Quand j’ai vu Pix là, fragile. On aurait dit un enfant, un nouveau-né. J’ai eu…
- Tu as eu pitié d’elle, coupe Cassio.
- Pas vraiment. Mais… C’est difficile à expliquer. Mais en tout cas je ne pardonne pas ton attitude. Pix est incapable de faire un geste ou de prendre une décision seule. Et toi, tu…
- C’est faux. Elle en est capable, soupire Cassio, un sourire ironique sur les lèvres.
Gisèle se retourne, étonnée. Ce n’est pas possible… C’est faux !
- Je vais d’abord tout te raconter, continue Cassio, impassible. Nous sommes allés à la maison des jeunes et là j’ai fait des recherches sur le Net pour trouver des infos sur Pix. Mais je te raconterai ça en détails plus tard. Toujours est-il que des militaires sont arrivés et que Pix et moi avons dû nous cacher au deuxième étage, dans la réserve. Un militaire nous a finalement trouvé et c’est là que Pix à fait ce que je n’imaginais pas : Elle m’a saisit par un bras et s’est jetée par la fenêtre en brisant la vitre, sous les yeux du militaire…
Le silence. Gisèle regarde son fils, éberluée. Alors c’est vrai… Pix peut prendre désormais des initiatives… Suicidaires d’accord mais des initiatives quand même ! Elle s’est adaptée. Gisèle, elle qui croyait que Pix n'était qu'une simple marionnette, et voilà qu'elle prend une situation en main. Gisèle, l'aurait-elle mal jugée ? Il est sûr qu'elle ne la connaît que depuis quelques heures... Quelques minutes passent et Gisèle reprends la parole, encore surprise de l'annonce de son fils.
- Mais… C’est incroyable ! Je croyais qu'elle… Mais que s’est-il passé ensuite ? Ne me dit pas que des ailes vous ont poussé !
- Non, mais… J’ai atterris dans le dépôt d’ordure et Pix a suivit.
Gisèle éclate de rire. Il fallait que ça n’arrive qu’à son fils, ce genre de choses !
- Bon, reprend Gisèle. Les militaires ne vous ont pas suivis ?
- Non, ils étaient encore dans le bâtiment quand j’ai fuis avec Pix. Et voilà tout l’histoire…
- Bien. Tu peux aller te soigner maintenant… Et, prendre une bonne douche, réplique Gisèle en riant. »
Son fils esquisse une moue vexée et sort. Ce n’est pas vraiment une réconciliation. Cassio sait que maintenant il ne pourra plus sortir seul avec Pix, mais qu’importe. C’est comme ça. Sa mère est comme ça. Quand on croit qu’elle vous pardonne, elle garde tout en mémoire. Comme un fauve qui traque une proie, au moindre faux pas elle vous redira vos fautes.
Gisèle regarde à nouveau le ciel qui rougeoie. Le soleil se couche en prenant son temps. La nuit va débarquer et les militaires retourneront à leur QG pour le moment. Et c’est là qu’elle les voit : Cette petite file de véhicules. Une, deux… cinq ! Des Jeeps, phares légèrement allumés, se dirigent vers la ville, et plus précisément vers… l’hôpital ! Elle le savait déjà, Thurian lui avait dit, mais elle pensait que ce n’était qu’une petite troupe et que le gros de l’équipe de recherche était à la mairie…
Pix est extrêmement importante, tant pour l’Etat que pour l’armée et sa clique de scientifiques. Elle est tout d’abord un être vivant né en laboratoire, sans « mère porteuse ». Puis c’est un « prototype » de l’armée, puisqu’elle porte une bombe. Un journaliste véreux pourrait sortir un article à sensation pour forcer le gouvernement à démissionner ou à faire on ne sait combien de choses… Et encore on ne sait pas tout.
« Pourquoi c’est tombé sur moi ? » diraient de nombreuses personnes ou « Quelle chance ! Je vais me ramasser un sacré paquet d’argent ! » répliqueraient en d’autres. Gisèle ne sait pas quel parti prendre. La protéger serait la meilleure solution mais à quel prix ? Elle n’est pas une « super héroïne » et sait que ce moment de paix risque de ne pas durer.
Elle sort de sa chambre en ayant pris soin de fermer ses volets puis sa fenêtre. Le téléphone, vite. Elle va prendre un jour de repos pour décompresser et aller aux nouvelles, en ville et à la mairie.
Gisèle saisit le combiné et tape frénétiquement sur les touches de l’appareil. La sonnerie… enfin, quelqu’un décroche.
« Allô, souffle Gisèle. C’est le Docteur Gisèle Fragont à l’appareil.
- Je sais, je vous ai reconnue Madame, répond une voix féminine.
- Sophia ? ! C’est vous ? Je croyais que c’était… Thurian qui était à l’accueil, ment Gisèle. Il est malade ?
- Non, problèmes familiaux, vu sa tête quand il s’est enfui, pouffe Sophia. Vous avez manqué quelque chose ! Au fait, êtes-vous au courant pour… (La voix de Sophia diminue de volume) les militaires qui ont débarqués ici ?
- Oui, Thurian m’a informé au téléphone ce midi. C’est vraiment étrange.
- Vous l’avez dit, s’écrie Sophia en se reprenant peut après. Tout ça pour une fille en cavale. D’ailleurs elle est tellement mignonne et fragile sur son avis de recherche. Je me demande… »
La voix de Sophia se tait. Une autre voix, plus grave s’écrie :
« Mais qu’est-ce que vous faîtes ? Je croyais que l’on vous aviez prévenu ! Les appels téléphoniques sont désormais interdits sans notre autorisation ! Qui est-ce ? »
Gisèle entend Sophia bafouiller puis la vois grave (d’un homme sûrement) grogne avant de laisser Sophia continuer sa discussion.
« Je suis… Désolée Madame, mais je n’ai plus que 5 minutes. Pourquoi avez-vous appelé ?
- Je… commence Gisèle. Je voulais savoir si je pouvais prendre un jour de repos demain. Mon fils a eu un accident et je voudrais rester avec lui le temps qu’il reprenne des forces…
- Pas de problème, réplique Sophia d’une voix enjouée. Dîtes à votre fils que je l’embrasse ! Au revoir Madame.
- Au revoir Sophia, bonne soirée à vous. »
Et Gisèle raccroche. Il va falloir faire quelque chose et vite. Un hôpital rempli de militaire attire les journalistes et le risque de découverte de Pix augmentera. Que faire ? La laisser ici et attendre ? Ou l’abandonner… Non, cette solution répugne Gisèle sans savoir pourquoi.
Un craquement léger du plancher et la silhouette fragile de Pix, les bras pansés, apparaît devant Gisèle. Pix sourit pâlement, et cache ses bras derrière son dos.
Gisèle s’approche doucement de Pix et la sert délicatement dans ses bras, comme si elle était de verre. Le corps de Pix est chaud, plein de vie.
« Qu’est-ce… murmure Pix de sa voix curieuse. Pourquoi on me sert dans ces bras ?
Incapable de savoir ce qu’est un geste d’amour, un geste d’inquiétude, un geste de soulagement… Le temps réglera tout.
- Je te serre dans mes bras car je suis heureuse de te revoir en bonne santé, sourit Gisèle. C’est un geste que l’on fait à quelqu’un qu’on aime.
- Qu’on aime ? Et qu’est-ce que c’est, réplique Pix de sa voix curieuse.
La question que Gisèle attendait bien un jour ou l’autre. Pix ne sait même pas ça. Là où elle était, personne ne lui a appris les sentiments ? Les émotions ? Quelle imbécillité !
- Aimer ? Tu ne sais pas ce que c’est ?
- Non, je ne sais pas.
Gisèle esquisse un sourire. Trouver une réponse… vite.
- Tu le sauras peut-être. Tu sauras ça au moment voulu, si il arrive… »
Pix relève la tête, une moue étonnée sur le visage. Puis un sourire l‘illumine quelques secondes. Gisèle relâche son étreinte et la laisse partir, comme un oiseau qu’on libère. Les petits pas légers de Pix résonnent quelques minutes dans le couloir puis s’atténuent, doucement.
Oui, Pix est comme un enfant, un nouveau-né. Dans son corps de jeune fille, il y a un cœur. Un cœur étouffé, scellé par l’inhumanité, mais un cœur qui bat de son mieux.
« Gisèle ? Je vous… Je te dérange ?
Thurian. Il ne manquait plus que lui. Gisèle sourit de nouveau et se détache du téléphone.
- Non, tu ne me déranges pas Thurian. Tu voulais le téléphone peut-être ? Sophia s’inquiète un peu pour toi. Elle le cache mais ça se sent.
- Ah… réplique Thurian. On peut dire qu’on lui en donne du souci avec nos absences non ?
- C’est vrai… Mais c’est pour une bonne cause je crois. N’est-ce pas ?
- Si tu le dis Gisèle… »
Thurian soupire puis saisit le téléphone que Gisèle lui tend. Il parle quelques minutes avec Sophia, le sourire aux lèvres. Enfin, il raccroche et se retourne vers Gisèle, collée au mur, les bras croisés :
« Bon, Il est 7 heures et demi. Je vais rentrer chez moi. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps toi et ton fils…
- Mais non, Thurian, le coupe Gisèle. Reste ici autant que tu voudras et puis…
- Et puis ? Répète Thurian, la mine réjouie.
- Et puis… reprend Gisèle, un sourire moqueur aux lèvres. Si tu pars, tu risques de divulguer des infos sur Pix, connaissant ton engouement pour l’argent…
- Non… Moi ? ! s’exclame Thurian, en faisant la comédie. Je ne ferais jamais ça voyons…
- Mais si, mais si. Allez reste ! De plus tu pourras m’aider, je ne sais plus quoi faire. Un enfant sur les bras ça va, un deuxième…
- D’accord je reste. Si c’est pour aider. Du moment que demain je puisse passer par chez moi… Cela ne te dérange pas ?
- Non, de toutes façons je sors demain. Je vais à la mairie pour m’informer. Bon, ce n’est pas tout mais je vais te montrer ta chambre. »
Gisèle tourne les talons et se dirige vars le fond du couloir. Elle s’arrête devant une porte rouge et l’ouvre, avant d’allumer la lumière.
« Voilà, c’est une chambre d’amis. C’est petit mais confortable et si tu as besoin d’aide cette nuit, Cassio est à côté. Je vais faire le lit.
- Moi ? Avoir besoin d’aide ? Je suis un grand garçon ! »
Le lit fait, les volets fermés et la pièce rangée, Gisèle sort de la chambre en ajoutant :
« Je vais préparer le dîner. Je t’appellerais… »
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MessageSujet: Re: Projet P-I-X [Histoire inachevée]   Dim 1 Fév - 23:15

CHAPITRE 11 : ETRANGE SOIREE

Trois coups retentissent sur la porte. Cassio se lève de sa chaise lourdement. C’est sûrement sa mère pour lui dire que le dîner est servi et que tout le monde est (déjà) à table. Il ouvre la porte mollement, s’attendant à l’éternelle litanie de la part de sa mère. Ce sont en fait les grands yeux améthystes de Pix qui apparaissent derrière la porte. Cassio, surpris, s’écarte de l’entrée pour laisser passer Pix, mais celle-ci n’en fait rien. La jeune fille sourit puis claironne :
« Manger ! »
Cassio éclate de rire et sort de sa chambre, en ayant pris soin de fermer sa porte. Avec Pix derrière lui, ils descendent les escaliers et se dirigent vers la cuisine, toute blanche.
Thurian est là, assis sur un chaise, tripotant maladroitement sa fourchette. Gisèle s’affaire près de la table de cuisson. Cassio s’affale de tout son long sur une chaise et se sert un verre d’eau. Pix s’approche timidement de la table et décide de s’asseoir. Gisèle se retourne et rejoint la tablée, un gros plat dans les mains.
« Allez ! Ce soir c’est : pâtes à la Carbonara ! »
Thurian émet un gloussement et Cassio se tend, prêt à se jeter sur sa part. Pix incline la tête, un peu perdue. C’est quoi des pâtes ? Et la Carbonara ? Ca se mange ?
Gisèle sert les deux hommes avant et met une grosse part de pâtes dans l’assiette de Pix. Celle-ci recule, apeurée. Qu’est-ce c’est que ces choses allongées pâles, recouvertes d’un liquide blanchâtre et de bouts carrés roses ?
Gisèle se poste derrière Pix et annonce :
« Alors, ce sont des pâtes, ces trucs allongés. Ces machins roses sont des morceaux de jambon et ce liquide là, c’est de la crème fraîche. Tu n’en a sûrement jamais mangé alors je vais t’aider. »
Elle saisit la fourchette et la met dans la main gauche de Pix.
« Voilà, tu la tiens comme ça… Et après, tu piques les pâtes et tu tournes ta fourchette. Quand tu vois qu’il n’y a plus de pâtes qui s’enroulent, tu lèves ta fourchette et tu mets le tout dans ta bouche. D’accord ? Mais non ! La fourchette ne se mange pas ! Après que les pâtes sont dans ta bouche, tu enlèves la fourchette ! »
Après quelques essais infructueux, Pix arrive enfin à manger correctement son repas (c’est-à-dire qu’elle n’asperge plus son voisin de crème lorsqu’elle aspire les quelques pâtes hors de sa bouche). C’est le visage souriant, barbouillé de crème, que Pix finit son plat. Thurian éclate de rire et tombe par terre en se tenant les côtes.
« Ah ah ah ! Il lui faudrait un bavoir à ta Pix ! Regarde-moi ça ! Même à deux ans je mangeais mieux ! »
Pix s’empare de la serviette de Thurian et s’essuie allègrement avec. Puis, elle se lève et donne son assiette vide à Gisèle qui sourit fièrement. Pix reste debout, souriante. C’est la première fois qu’elle voit des gens s’amuser ainsi. « Eux » ne riaient pas autant (et « Ils » ne mangeaient pas de pâtes devant Pix non plus…).
Cassio se lève soudain et prend Pix par les épaules.
« Bon, c’est pas tout mais il va falloir te coucher Pix. M’man, t’as trouvé un endroit pour elle ?
Gisèle affiche une moue dubitative et répond :
- Et bien, la chambre d’ami est prise et je n’ai plus que deux solutions : soit je dors avec Pix, soit Pix dort dans ta chambre…
- Sur le canapé ! Et seulement sur le canapé, coupe Thurian en riant.
Cassio rougit légèrement, relevant le sous-entendu Thurian. Gisèle lance un regard glacial à celui-ci, puis Cassio puis réplique :
- Qu’elle dorme dans ma chambre ! Au moins Pix ne te dérangera pas et… et puis… C’est Pix qui choisit d’abord !
Le groupe se tourne vers Pix qui elle, se tortille les doigts en réfléchissant. Après tout, dormir dans une chambre ou dans une autre… Quelle importance ?
Voyant que la jeune fille hésite, Thurian lâche sur le ton de la plaisanterie :
« Départagez-vous ! Faîtes un « Pierre-papier-ciseaux »… »
Gisèle et son fils acceptent et, une main dans leur dos, s’écrient :
« Pierre, papier, ciseaux !!!
Et à Cassio de s’exclamer :
- La pierre casse les ciseaux ! Tu as perdu Maman ! Pix dort dans ma chambre ! »
Gisèle soupire, un peu fatiguée et Pix éclate de rire. Elle n’a jamais vu ce genre de choses chez « Eux ». « Ils » ne se départageaient pas les tâches ou les idées de la sorte. « Ils » parlaient pendant des heures avant de délibérer et enfin d’annoncer une conclusion. Pendant que Thurian et Gisèle restent dans le salon pour parler un peu, Cassio entraîne Pix dans sa chambre. Le jeune garçon range rapidement son bureau et enlève de son parquet les quelques feuilles et magazines qui traînent.
« Bon, Pix, je reviens dans un instant. En attendant, débarrasse-toi de ta robe et mets ce T-shirt délavé, indique Cassio avant de sortir en fermant la porte. »
Encore se changer ? Quelle drôle de pratique ! Enfin, il vaut mieux obéir…
Pix ôte avec difficulté sa robe puis la pose sur la chaise du bureau. Se déplaçant vers l’armoire pour prendre le T-shirt, elle bute contre une pile de magazine et s’écrase au sol. Pix se relève, chancelante et enfile vite fait l’habit délavé. Avec curiosité, elle prend un magazine sur lequel elle a buté et regarde les pages avec intérêt.
Sur une d’elles, une créature étrange, vole gracieusement dans les airs, projetant des myriades de plumes blanches autour d’elle. Pix n’a jamais vu une chose comme celle-là. On dirait une femme, mais elle a deux grandes ailes couleur d’écume dans son dos. Ses cheveux sont blanc neige et sa peau est si claire qu’on dirait de la porcelaine. Sous la photo, une phrase est marquée en rouge : « Une qualité d’image divine grâce à la télévision numérique… »
Qu’est-ce que la technologie a à voir avec une créature pareille ? Peut-être est-elle l’œuvre de la même technologie qui a enfanté Pix ? Peut-être qu’ « Ils » l’ont créé pour les reconnaissances aériennes ? Elle est si blanche, si lumineuse cette femme qu’elle peut se cacher dans les nuages et voler sans faire de bruit, pas comme les avions…
« Euh Pix ? Qu’est-ce que tu fais ? »
Cassio apparaît dans l’entrebâillement de la porte, vêtu d’un T-shirt et d’un pantalon noir. Pix laisse tomber le magazine de ses mains et se relève d’un bond. Cassio ramasse la revue et sourit en voyant la publicité avec la créature ailée.
« Tu sais ce que c’est ?
Pix répond par la négative, pas sûr de sa réponse.
- Et bien, continue Cassio. Cette femme est un ange. C’est un être ailé vivant dans le ciel. Mais cette créature n’existe pas. C’est juste un rêve des hommes… »
Un pincement… Un pincement dans le cœur de Pix. Alors, elle se retrouve de nouveau seule. « Différente » des autres, des humains. Elle croyait, qu’avec cette femme-oiseau, elle ne serait plus la seule à ne pas être « normale ». Peine perdue.
Pix ferme les yeux. Elle sera toujours seule. Toujours unique, toujours différente…
« Pix, ça ne va pas, demande la voix inquiète de Cassio. J’ai dis une bêtise ?
Pour toute réponse, Pix émet un bâillement sonore.
- C’est bon, réplique Cassio. J’ai compris. Attends juste que je fasse ton lit. »
Cassio sort un drap, une couette et un oreiller de son armoire. Il arrange le canapé pour en faire une sorte de lit et invite Pix à s’y allonger.
« Bonne nuit, s’exclame le jeune garçon avant d’éteindre la lumière et de rejoindre son lit. »
Pix se roule en boule sur le canapé, dans la position fœtale qu’elle adoptait dans son cocon de verre, chez « Eux ».
C’est étrange… Là où elle dort, c’est doux, chaud et protecteur. Comme le liquide écarlate qui l’abritait, « là-bas »…
Tout doucement, elle sent son corps se détendre et ses yeux se fermer. Comme lorsque qu’ « Ils » la remettaient dans son cocon, elle se laisse couler, sombrer dans son inconscient.

« Son rythme cardiaque s’accélère dangereusement ! Elle va se réveiller si on continue ! »
Cette voix… qui s’inquiète et hurle. Une machine carillonne des « BIP BIP » de plus en plus rapides et stressants. Dans la salle d’opération, les gens s’affolent et essayent de se calmer. Ils portent tous la même tenue. Une charlotte sur la tête, des masques, des gants et de grandes blouses.
Au milieu d’eux, un silhouette en robe d’hôpital, un masque à oxygène sur le visage et la poitrine couverte de sang, est parcourue de convulsions violentes. Les lanières de cuir qui la retienne aux bras, aux jambes et à la taille résistent puissamment.
« Augmentez la dose de sédatif et d’anesthésiant !
- Compresses ! Nous avons un début d’hémorragie au niveau de du cœur !
- Bon sang ! On n’arrivera jamais à l’opérer !
- Rythme cardiaque en augmentation. Vite ! Il faut la poser avant que cela n’empire ! »
Les « BIP BIP » se font encore plus nombreux. Deux personnes, de chaque côté de la « victime », lui insèrent dans la cage thoracique, une forme ovoïde parcourue de minuscules fils bio-mécaniques. L’objet placé sur le cœur, les fils semblent bouger et pénètrent dans le myocarde, scellant à tout jamais l’innocence et l’humanité juvénile de la « victime ».
« Bombe « P-I-X N.001 » placée. Début de la séquence de synchronisation avec le corps… »
Le silence se fait, la tension est plus que palpable. Derrière les masques, les personnes suent abondamment, serrant les poings.
Les « BIP BIP » de la machine s’apaisent, retrouvant peu à peu un rythme normal. Le corps ne lutte plus ; « Ils » ont gagné…


Pix se relève d’un bond, des sueurs froides coulants dans son dos et sur ses minces bras. Son corps est parcouru de frissons et de tremblements. Elle se tient sa tête avec ses bras. Non ! Non ! Ce n’est vrai ! Pourquoi fallait-il qu’elle revoit ça ? ! Elle a eu si mal ! Elle a tellement souffert sous leurs yeux indifférents ! Seule la pose de la bombe les intéressait
Soulevant sa couette, Pix décide de se lever. Elle veut bouger un peu, sortir dehors, dans le jardin pour respirer et tout oublier.
Sur la pointe des pieds, le jeune fille passe devant le lit de Cassio. Celui-ci dort profondément, sa respiration calme et lente, rompant le silence.
Pix continue son chemin et ouvre la porte, le refermant aussitôt une fois passée dans le couloir. Elle descend les marches tout doucement, écoutant le moindre bruit aux alentours. L’escalier franchit , un chuchotement à peine audible sort du couloir menant à la cuisine. D’ici, Pix n’entend presque rien.
C’est alors qu’elle s’allonge, le ventre sur le plancher. Les bras étendus, les jambes tendues. Faisant corps avec le sol, Pix se met à ramper, comme un prédateur rejoignant sa victime. Frôlant le mur, Pix atteint la source de bruit : le téléphone.
Une silhouette élancée parle, la main collée à la bouche pour étouffer sa voix… une voix masculine au timbre grave. Pix reconnaît bien vite Thurian, l’ami de Gisèle…
« Oui, ne t’inquiète pas… Tout va bien se passer… Non, Ils n’ont encore rien remarquer, je peux te l’assurer… Non, laisse-moi encore un peu de temps… Bientôt, tout va s’arranger… Au revoir… »
L’homme raccroche délicatement, sans faire le moindre bruit. Avant qu’il ne s’en aille par les escaliers, Pix le devance et rampe à toute vitesse vers la chambre de Cassio.
Mais, comble de malchance, Pix trébuche dans le couloir du haut et s’effondre devant la porte de la chambre. Entendant les pas silencieux et lents de Thurian se rapprochant inexorablement, Pix, presque par désespoir, fait l’endormie, la somnambule. Une technique qu’elle avait apprise, « là-bas »…
Thurian s’arrête devant la silhouette immobile de Pix. Il sourit, d’un sourire malicieux. Puis, lentement, il s’accroupit près d’elle et passe avec légèreté, sa main sur la joue de Pix. Toujours avec lenteur et discrétion, Thurian se relève et retourne dans sa chambre pour se rendormir.
Pix, toujours allongée sur le sol, attend un peu avant de retourner elle aussi dans son lit. Ses joues sont rouges et brûlantes, elle le sent. C’est étrange pour elle… Pourquoi ses joues ont-elles réagi ainsi ?
Donnant un terme à toutes ses réflexions, la jeune fille se met debout, revient dans la chambre de Cassio et se pelote dans le canapé, essayant de re-sombrer dans son esprit…
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MessageSujet: Re: Projet P-I-X [Histoire inachevée]   Dim 1 Fév - 23:16

CHAPITRE 12 : LE JEU EST LANCE

Lorsque Gisèle ouvre les yeux, son radioréveil indique six heures du matin.
Ils doivent encore dormir…
Tout doucement, Gisèle s’étire et reste quelques minutes immobile, à regarder le plafond, les yeux vides. Puis, la jeune femme se lève prestement, se dirigeant vers sa fenêtre où de minces rayons solaires transparaissent derrières les rideaux. Ceux-ci ouverts, Gisèle ouvre la fenêtre et s’accoude sur le rebord. Le soleil s’est levé et la brume prend des teintes rosées au loin. Les montagnes transparaissent à l’horizon, courbes et pâles. Image de sérénité que Gisèle recherche tant.
La ville n’est pas totalement en éveil. Mais bientôt, d’ici, on entendra le brouhaha des gens, le brouhaha de la vie…
Se retirant, presque avec récitance, Gisèle ferme la fenêtre et enfile rapidement une robe de chambre. Saisissant quelques vêtements au passage, elle sort de sa chambre, en prenant la direction de la salle de bain.
Après une douche rapide, Gisèle s’installe sur une chaise de la cuisine et regarde par la fenêtre, un bol de thé dans les mains.
Le silence, entrecoupé par des bruits extérieurs, fait oublier tous ses problèmes. Mais bientôt, en même temps que le réveil de Pix, ils reviendront de nouveau…
« Je dérange, demande une voix.
Thurian apparaît dans l’entrebâillement de la porte, habillé comme la veille. Gisèle esquisse un sourire fatigué. A peine la tranquillité gagnée, voilà qu’elle vous échappe…
- Non, tu ne me dérange pas. Vas-y, installe-toi sur une chaise.
- Merci… »
Le jeune homme s’installe et se tait. Tout comme Gisèle, qui elle, a les yeux rivés sur l’extérieur. Le temps passe et les deux personnes ne parlent pas ; chacune trop plongée dans ses pensées.
« Thurian, lance enfin Gisèle. Quand Cassio sera réveillé, nous partirons pour la ville avec ma voiture. Ca te convient ?
- Oui, répond Thurian. Mais…
- Je sais. Tu veux passer par chez toi.
- Exact. Je voudrai aller chercher des affaires chez moi. Si cela ne te dérange pas je resterai ici jusqu’à ce qu’on ai trouvé une solution pour Pix.
- Cela ne me dérange pas puisque je t’ai invité, sourit Gisèle. Nous partons en ville et je te dépose devant la mairie. On se donnera rendez-vous devant à une certaine heure. D’accord ?
- Parfait, répond Thurian. Maintenant, nous n’avons plus qu’à attendre le réveil de ton fils… »
Gisèle retourne dans ses réflexions, buvant de temps en temps de son thé. Thurian se lève alors et sort de la pièce. Ne se demandant même pas où il pourrait aller, Gisèle continue de réfléchir.
Pix… La remettre aux militaires ou la garder au risque de se faire enfermer en prison ? La remettre à ses « créateurs » pour qu’ils continuent de l’entraîner pour on ne sait quelle mission, ou la garder en lui apprenant ce qu’elle devrait savoir sur ce monde ? C’est un choix dur et complexe que Gisèle s’est mis en tête. Il y a bien une solution qui tranche ses deux opposés en deux, mais la jeune femme ne veut pas y penser.
De l’extérieur, Pix est une fille de 15-16 ans. Mais à l’intérieur, il y a une technologie cachée aux civils, une arme puissante et dangereuse.
Incroyable… dire qu’il y a quelques jours, si on avait raconté ça à Gisèle elle ne l’aurait pas cru, et se serait contentée de rire.
Pix… Pourquoi ça ? Pourquoi la guerre et la recherche de la science t’ont enfanté ? Pourquoi es-tu née hormis pour exploser je ne sais où ?
Laissant son bol sur la table, Gisèle met sa tête entre ses mains.
Cassio ne se pose pas de questions, lui ? Ne se demande-t-il pas ce qu’il va arriver ? Non. Il a toujours été fonceur, ignorant pourquoi on l’avait mis un chemin ou sur un autre. Il ne va qu’à l’essentiel, et laisse les détails et les questions aux autres.
Dans son interminable pensée, Gisèle ne remarque plus rien autour d’elle.

Cassio ouvre lentement les yeux, une main contre son visage. La lumière du matin passe par les volets de sa fenêtre et inonde partiellement la pièce. Se levant de son lit, le jeune garçon remarque que Pix a disparu.
Elle a dû se lever plus tôt que moi… Y a pas de mal.
La case « salle de bain » passée, Cassio se dirige vers la cuisine, s’attendant à voir sa mère, Thurian et Pix en train de prendre le petit déjeuner. Il n’en ai rien.
Gisèle est là, son bol de thé sur la table, les yeux presque vides et inertes. Le jeune garçon s’avance et claque une bise à sa mère, accompagné d’un « Bonjour ! » presque inaudible.
« Bonjour Cassio… répond Gisèle en reprenant peu à peu ses esprits. J’ai quelque chose à te dire.
- Ah ? s’exclame Cassio, un peu surpris. C’est quoi ?
- Ce matin, je vais avec Thurian en ville. Je vais m’informer à la mairie et Thurian va chercher des affaires chez lui. Pourrais-tu garder un œil sur Pix ? Mais attention… Ne la fait pas sortir d’ici, c’est compris ?
Cassio se tait à l’entente de la dernière phrase. Il a compris…
- Bien Maman. C’est promis.
- Merci Cassio… »
Gisèle se lève et sort de la cuisine, indiquant à son fils son bol de chocolat, posé près de la table de cuisson. Cassio saisit son petit déjeuner et s’appuie au mur, regardant par la fenêtre.
Quelques minutes plus tard, Pix débarque, de son pas léger. Cassio sourit puis pose son bol, vide.
« Bonjour Pix, souffle-t-il. Bien dormi ?
- Euh… oui, réplique Pix.
- Ma mère t’as prévenue à propos de… »
Cassio est coupé par l’apparition de Thurian. Personne ne remarque l’imperceptible frisson qui parcourt le dos de Pix. Elle regarde Thurian en coin, les yeux emplis de peur et de curiosité. Le passage du téléphone en pleine nuit lui revient. Est-ce normal de téléphoner à une heure pareille de la nuit ? A l’armée c’est tout à fait normal, mais ici ?
« Bonjour Cassio, lance Thurian. Ca va ?
- Oui, merci… »
Thurian s’approche de Pix et sourit :
« Et toi, comment vas-tu ?
Pix, les mains dans le dos, se tortille les doigts. Faut-il faire comme s’il ne s’était rien passé ? Ou lui demander ce qu’il faisait cette nuit ? Non, il vaut mieux garder tout ça…
- Ca va, merci, se force-t-elle de dire en esquissant un vague sourire. »
Thurian, discrètement, lui lance un regard malicieux. Puis, se retourne vers Cassio en discutant de choses et d’autres.

La voiture démarre en trombe, formant un nuage de poussière. Cassio agite la main pendant quelques secondes. Pix, restée à l’intérieur, regarde par une fenêtre. Gisèle l’a prévenue de son départ en ville avec Thurian, quelques minutes avant qu’ils ne sortent.
Les mains jointes, Pix regarde la voiture qui s’éloigne, rapidement, vers l’amas de maisons, au loin.
Sortir, sortir… Pix aimerait bien mais si elle le fait « Ils » risquent de la retrouver. D’ailleurs, les soldats de la dernière fois ont dû noter le visage de Cassio quelque part.
Elle voit Cassio revenir à l’intérieur de la maison, l’air grave. Pix regarde de nouveau le paysage par la fenêtre. Au loin, s’étend la forêt. Cette forêt… C’est là qu’ « Ils » sont, cherchant sans doute à la retrouver.
Pix sait que si elle reste ici, dans cette maison « Ils » vont la retrouver. « Ils » vont tout fouiller et Gisèle, Cassio et Thurian risquent de…
Thurian… Et s’il était comme « Eux » ? Non, « Ils » ne sourient jamais et « Ils » ne sortent jamais de « là-bas »…
A qui Thurian téléphonait hier cette nuit ? Pix ne comprend vraiment pas. Thurian lui fait peur. Mais si Gisèle est partie avec lui, c’est qu’elle a confiance en lui. Ou alors…
« Pix ! Ici la Terre !
Pix se retourne. Cassio est là, passant sa main devant son visage.
- Euh… Qu’est-ce qui se passe, demande Pix étonnée.
- Rien de bien grave. C’est juste que je voulais vérifier que tu étais bien ici…
- Mais je suis ici. Je n’ai pas bougé…
Cassio éclate de rire.
- En fait je t’explique. Quand une personne réfléchit, on lui demande si elle est bien là. Parce que quelqu’un qui réfléchit ou qui pense n’entend pas ce qui se passe autour… Tu comprends ou je réexplique ?
Pix incline légèrement la tête. Elle ne connaissait pas cette phrase, et la trouve même amusante. Et c’est vrai. Quand elle pensait, elle n’a pas entendu Cassio arriver derrière elle…
- Oui je comprends. Merci.
- Mais de rien, sourit Cassio. »
Pix se détache de la fenêtre et se dirige lentement hors de la pièce. Cassio, surpris, la suit. La jeune fille se promène dans les couloirs, se dirigeant vers le téléphone. D’un geste doux, elle caresse le combiné en repensant à la nuit. Thurian était là, parlant à voix basse.
« Tu veux téléphoner Pix, demande Cassio, un peu incrédule.
- Euh non, non excuse-moi.
Cassio se frappe soudain le front et s’exclame :
- Au fait Pix ! Tu sais que Ma mère ne veut pas que nous sortons ?
- Oui, je le sais.
- Et bien, que penserais-tu d’un jeu ?
- Euh un jeu, s’exclame Pix.
- Tu ne connais pas ? Hum… Un jeu c’est quelque chose, une activité qu’on fait pour s’amuser. Tu vois de quoi je parle ? Ca peut être un jeu physique ou un jeu de réflexion.
Pix connaît ces jeux-là. Mais ce n’était pas pour s’amuser. « Ils » lui faisaient faire des exercices où elle devaient par exemple retenir des combinaisons de signes, des objets. Ou alors « Ils » la faisait faire des parcours où elle sautait par-dessus des haies, se roulait dans la boue, rampait, courait…
- Euh Pix, demande Cassio. Désolée de te demander ça mais… Est-ce que tu sais lire, écrire et compter ?
Oh ça… Pix le sait depuis longtemps. « Ils » lui ont tout appris tout ce qu’elle devait savoir pour « accomplir » son « unique mission ». Lire les messages, écrire des « rapports », compter le nombre d’ennemis ou d’armes etc…
- Oui, je sais parfaitement tout ça. C’est pour le jeu ?
- Gagné Pix ! Bon, je vais chercher deux, trois trucs et je reviens tout de suite ! Attends-moi là. »
Cassio disparut, Pix recommence ses réflexions. Elle aimerait bien parler de Thurian avec quelqu’un. Mais si ce qu’elle pensait n’était que des… suppositions fausses ? Et puis, elle s’est promis de garder ça pour elle.
Cassio revient en grand bruit, les bras chargés de boîtes de toutes les couleurs et de toutes le tailles.
« Voilà, voilà ! Alors à quel jeu veux-tu jouer ? Il y a « Cluedo », « Trivial Poursuit »… Euh… Tu n’en connais pas, excuse-moi.
- Non, je n’en connais pas, sourit Pix. Mais j’aimerais bien jouer à « Trivial Poursuit ». Le nom me plaît.
- D’accord, répond Cassio en ouvrant la boîte. Je vais t’expliquer les règles. »
Pix se retient de rire, cela ne ressemble pas aux jeux qu’ « Ils » lui faisaient faire ! Pas du tout ! C’est plein de couleurs…
Tout en écoutant Cassio, Pix saisit une pièce du jeu la fait bouger dans ses mains.
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Lex
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MessageSujet: Re: Projet P-I-X [Histoire inachevée]   Jeu 5 Fév - 12:30

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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Projet P-I-X [Histoire inachevée]   Sam 7 Fév - 11:57

Tu devrais rédiger un synopsis de la fin que tu avais prévu.
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MessageSujet: Re: Projet P-I-X [Histoire inachevée]   

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Projet P-I-X [Histoire inachevée]
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