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Les chapitre 17 et 18 de Nimrodh les oubliés en ligne sur le site d'Écritures plurielles !

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 Islotanra, univers perdu

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Marc
Prince des loup
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MessageSujet: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:47

Voici la version corrigée et complétée (ajout du post manquant pour l'evasion) d'Islotanra. Si un truc ne vous plait pas, faites vous plaisir.$

Islotanra….univers perdu


Chapitre 1 : Des regard dans l'obscurité.


Tan-Klaroz :

Islotanra, univers perdu où l’esprit et les éléments déterminent tout…
Brakerval, monde où la Terre, l’Air, le Feu, l’Eau, la Vie et les Ténèbres fusionnent. Tous les peuples pouvant être imaginés y vivent. Un monde régit par les Dieux.
La paix y régnait. Désormais, seul le Chaos ordonne tout. Depuis que le Roi humain Al-Rag ait décidé de défier tous les peuples pour s’approprier Brakerval dans sa totalité, la guerre règne sans espoirs de retour en arrière. Même les Dieux Tous-puissants nous ont abandonnés à notre sort de mortels…
A Victobourg, capitale de Brakerval, le peuple se meurt dans la misère et la guerre et seuls les riches subsistent normalement. Les voleurs, les chasseurs de primes et les coupeurs de gorges rôdent dans toutes les rues. Sur la Grande Place, enfermés dans des cages de fer et exhibés à la populace, gémissent des Elfes, des Orcs et autres créatures torturées puis exécutées comme «ennemis du peuple »…
Et moi, je pourris dans les geôles du roi Al-Rag, pour accusation d’espionnage. Moi, Tan-Klaroz «Enfant maudit». La malédiction des « Deux contraires » m’a frappé à ma naissance. Le jour, lorsque les rayons du Soleil inondent la terre, je suis homme… Tandis que la nuit, quand la Lune est reine, je suis femme… Je vis, écartelé(e) entre deux entités différentes, que je voudrais refuser toutes les deux.
Maintenant, cloîtré(e) dans cette cellule puante, envahie par les rats et les araignées, enchaîné(e) par les poignets, je regarde les minces traits de lumières sortant des murs, attendant mon sort.
Un geôlier, vient comme à son habitude, m’observer avant de fermer les cachots pour la nuit. Il me jette un regard moqueur et me lance :
« Alors ami espion ! Quel effet ça fait de rester quatre jours dans une cellule sans boire ni manger ?
Sans boire ni manger ? J’ai passé mon temps à me nourrir de rats et à boire leur sang pour apaiser ma soif.
- Je n’ai rien à dire… Je ne suis pas espion…
Il me fixe de ses yeux noirs comme les ténèbres. Déjà, je vois les rayons du soleil disparaîtrent des fentes des murs…
Mais qu’il se barre ce soldat ! Qu’il parte avant que je…
- Bon, j’étais venu t’annoncer que tu seras pendu demain. Bonne nuit, ami ! C’est ta dernière, raille t-il avant de disparaître derrière un couloir.
J’espère qu’ils me tueront avant le coucher du soleil, sinon ils auront un cadavre de femme entre les mains…
La nuit tombe. Une aura bleutée m’enveloppe, mon corps s’affine, change et je me retrouve une nuit de plus dans ce corps féminin… Je lève la tête au plafond et me perds dans mes pensées.

M. D. A. Lartos Hao :

AH! AH! AH! AH!
Le Roi m'a engagé pour tuer le soi-disant espion... Moi, Matamune Diasel Ashcroft Lartos Hao, un tueur recherché. Ca ne manque pas d'ironie. Mais c'est la preuve que j'ai bien fait d'émigrer dans cette ville. Les soldats y sont si bêtes qu'ils ne verraient pas un assassin, s’il se pointait sous leur nez. Bon, le pendre je veux bien, mais j'aurais préféré une décapitation. Tant pis...
« Seigneur, je vous en prie. Dépêchez-vous de faire amener cet espion. Je meurs d'envie de tuer ! Murmurai-je »
A ce moment, deux gardes approchent avec ce qui ressemble à un être humain qui a passé plusieurs jours sans rien boire et manger... C'est un homme. Il me fait presque pitié, mais bon. C’est le dernier meurtre que je vais commettre et j'y tiens.
Il monte sur la plate-forme, je prends la corde où un nœud est assez large pour passer une tête. Je m'apprête à la passer autour du cou de ce pauvre gars et............ je l'attrape à l’épaule je cours tout droit, balançant un éclair ici et là pour éloigner les gardes.
Moi Matamune Diasel Ashcroft Lartos Hao, je sauvais quelqu'un !
Ca y est, j'aperçois le pont-levis. Il était en train de remonter..... Je monte alors à fond et PLAF ! Je balance un éclair pour nous projeter plus loin.

Nous étions désormais hors de danger, dans la forêt.
« Qui es-tu, petit? Demandai-je au garçon.
-Je suis Tan-Klaroz. J'ai été fait prisonnier parce que le roi a cru que j’étais un espion. Et toi, t'es qui?
-Je suis Matamune Diasel Ashcroft Lartos Hao, mais tu peux m'appeler Lhao.
Incroyable, je me liais d'amitié avec ce gars que j'étais sensé avoir tué. Est-ce que je commençais à changer ? C’était le premier être que je sauvais… et ce n'était pas désagréable d'ailleurs.

Val Harkan :

Je me promenai tranquillement dans les rues, me dirigeant d'un pas tranquille vers la grand-place pour voir ce qui rassemblait tous ces curieux. J'avais décidé le matin même, ayant amassé une belle fortune et une réputation à toute épreuve dans ce secteur, de quitter la ville le soir même. En tout cas avant qu'un client collant vienne me proposer une affaire. Bon, étant le "meilleur de ma catégorie", je n'aurais pas refusé mais...
Quoi qu'il en soit, je me dirigeai donc vers la grande place, que j'atteignis quelques minutes plus tard. Une grande estrade était dressée là. Un échafaud. Je détestais les exécutions. Mais, étant curieux, je m'approchai pour voir le condamné. Ce que je vis tout d'abord était le bourreau.
Tient, celui là je le connais pensais-je.
En effet, je le connaissais, du moins de réputation. Un tueur en série, qui n'arrangeait pas mes affaires. Je m'approchai d'avantage, creusant un sillon dans la foule. Les gens s’écartaient rapidement. Evidemment, j'étais facilement reconnaissable. Le fait de porter un lourd manteau bleu nuit en plein été, ce n'est pas courant.
Enfin, le condamné apparut. Lorsque je le vis, il me fit pitié. Il devait a peine avoir vingt ans, et se traînait presque.
Et vive la torture.
L'exécution commença. Le bourreau s'approcha avec la corde...et en un éclair, au propre comme au figuré, attrapa le condamné et se carapata en traînant l'autre, encore en train de se demander ce qui lui arrivait.
« Attrapez-les! Hurla un capitaine de la garde.
Se doutant qu'il devait y avoir des profiteurs dans l'assemblée, il s'écria dans la volée:
- Vingt pièces d'or à ceux qui les rattrape. »
Il me fixa un instant, et je lui jetai un regard de mépris.
[i] C'est ça, rêve. Je suis tueur à gages, moi. Pas chasseur de prime. Surtout pour des sommes aussi médiocres. [i/]
Je fis volte face et parti vers ma taverne habituelle.

Bianne :

Si l'on m’avait dit que je finirais par suivre cet homme-là. Que je le suivrais pour cette raison là... Si on me l’avait dit, j'aurais ris. Et pourtant, c'est ce que je fais. Je me faufile après lui, dans les rues, silencieuse. Je fais mes pas légers, sur le pavé. Le plus léger possible. Ca paye, on dirait. Il ne semble pas avoir remarqué ma présence. Je le vois tourner à un coin de ruelle, celle qui mène à la taverne à laquelle il a l'habitude de boire. Pendant une seconde, j'aperçois sa main, en train de jouer machinalement avec le médaillon qu'il a au cou. Ce médaillon là.
Je souris intérieurement, heureuse de me sentir égale à moi même.
Il y a quelques années, la vue de ce médaillon m’aurait mise hors de moi. Mais pourquoi serais-je en colère, puisqu'il ne peut plus t'atteindre, puisque tu es sauvée, désormais.
Je tourne au coin de rue, quelques secondes après lui. La ruelle est vide. Je n'ai que le temps de me retourner pour éviter l'attaque. Je repousse le bras qui tente de me saisir, esquive le coup et me dégage. Nous sommes maintenant face à face, à nous toiser.
« Vous m'avez entendue, murmurai-je. Vous m'avez entendu vous suivre, j'en suis sûre. Et cette fois je sais que je n'ai fait aucun bruit. Aucun bruit qui puisse être entendu par quelqu'un de normal.
- Sait-on jamais ? Me répond Val Harkan, avec un sourire qui n'a rien de chaleureux. Il faut bien que vous ayez fait une erreur. Vous n'êtes pas parvenue à me prendre par surprise. Une fois encore.
Ses grands yeux verts me transpercent froidement, avec un mélange de méfiance et d'inimitié.
- Que me voulez-vous, dit-il. Cette fois-ci, je n'ai tué aucune de vos proies, et vous vous n'avez capturé aucune des miennes.
- Je ne viens pas me battre, Harkan. Pas ce soir.
- Vraiment, me répond-il d'un air incrédule.
- Non, c'est un marché que je veux vous proposer.
Il éclate d'un rire mauvais.
- Un marché avec vous, ma chère ? Sans vouloir vous offenser, je préfèrerai un serpent dans ma botte.
- Moi de même, très cher Harkan, croyez le bien. Mais cette fois, le coup est bien trop gros. J'ai besoin d'un partenaire.
- Il y en a plein les taverne, ramassez-en où vous voulez.
- Non, c'est de vous que j'ai besoin.
Il secoue la tête.
- Navré, ma jolie, mais pourquoi vous aiderai-je ?
A nouveau, sa main joue avec son médaillon. Je ne sais pas s'il le fait machinalement ou pour me provoquer, mais ça ne m'atteint plus.
- Par amour de l'art, Harkan.
L'amour de l'art... Au fond, c'est bien ce qu'il l'intéresse le plus, ce colosse de cynisme. Se fixer des défis. Et celui que je lui fixe est énorme.
- Le jeune homme qui s'est évadé
é. C'est ma proie.
- Ah... Et alors ?
- Pas seulement ma proie, Harkan. Il a été condamné pour espionnage. Sans la moindre preuve.
- Ca arrive souvent en temps de guerre.
- Ce qui arrive moins souvent, c'est que le roi se déplace lui-même et en personne pour s'assurer que l'exécution aura bel et bien lieu.
- Le roi, répète-t-il. S'il avait été là, ça se serait vu.
- Il était là. Vous êtes passé devant lui. Vous lui avez même acheté une orange.
- Le roi, ce vieux marchant ?
Il hésite un instant à me croire. La coutume veut que le roi ne se montre en public que caché derrière un masque. Il lui est donc possible de circuler dans les rues sous un déguisement sans que personne ne le remarque. Seul les nobles ont le privilège de connaître son vrai visage. Les nobles et moi.
- Comment pouvez vous le savoir ?
- Je le sais, voilà tout. Pourquoi inventerais-je un mensonge pareil ?
Il me regarde, sans trop savoir comment prendre mes paroles.
- Mais qui êtes-vous donc, à la fin ? Finit-il par lâcher.
- Quelqu'un qui a eu le privilège de voir des choses que le commun du peuple n'a pas le droit de voir.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:48

Il ne cherche pas à m'en faire dire plus, il sait que c'est inutile.
Il se tait un instant et réfléchit.
- Qui est votre client ?
- Vous n'espérez tout de même pas que je vous le dise !
- Bon, il allait se faire exécuter, et vous...
- Vivant. Je doit le ramener vivant.
Il se tait à nouveau.
- Navré. Mais je continue à ne pas trouver mon intérêt dans cette histoire. Je vous le redemande, pourquoi vous aiderais-je ?
Il réagit comme je l'avais prévu. Je joue donc ma dernière carte.
- Mon cher Harkan, on ne se paye pas le luxe de refuser, quand on est face à quelqu'un... qui sait.
Son visage ne bouge pas. Mais moi, qui le connais, je sais que le coup a porté.
- Que savez-vous ?
- Des choses que vous n'aimeriez pas que je répète.
- Vous bluffez, Bianne.
- Peut-être. Peut-être pas. Vous êtes près à prendre ce risque ?
Je souris. Intérieurement, je m'affole. Je n'ai rien découvert. Je n'ai que des soupçons, pas la moindre preuve pas la moindre certitude. Mais il faut qu'il me croie. Il le faut.
- Vous avez gagné, me dit-il enfin. Chasseuse de prime, je vous suis. »

Thurim Vessiel :

Victobourg... Pourquoi une ville aussi importante devait-elle se trouver aussi loin d'Académie, pourtant un lieu de toute aussi grande importance. J'avais dû faire mes ballots trois jours à l'avance de ce qui était prévu, car cet imbécile de Trébonius, aussi clairvoyant qu'il puisse être, avait négligé de m'informer de la distance qui me séparait du but de mon voyage.
Ce fut bien la mission sur laquelle je fus le moins renseigné depuis au moins 50 années. J'avais séjourné pendant quelques jours dans cette auberge plus miteuse qu'un Alit sauvage, pour trouver une personne... Cette personne s'appelait Tan-Klaroz. En entendant ce nom la première fois, je me suis dit que les parents de ce pauvre garçon avaient un étrange sens de l'humour... Je me demandai encore, en sortant de l'auberge au petit matin, mon fidèle bâton à la main et Cetil soigneusement accrochée à ma ceinture sous ma robe, pourquoi l'archimage s'était bien gardé de me donner si peu d'informations. Je ne savais point ce que je devais faire une fois ce garçon retrouvé. Ce que je devais faire ou lui dire... Ce fut tout juste si j'eus une description de son apparence physique. Par contre, je sais qu'il avait été condamné à mort. J'avais entendu quelques jours plus tôt qu'une exécution allait avoir lieu sur la place publique.
En effet, ce jour là, la Grand Place du Général Elkis était noire de monde ; plus noire que les jours de grand marché, le plus populaire en cette région. Une estrade avait été dressée en plein milieu, permettant aux badauds de ne rater aucune miette du triste spectacle qui allait se dérouler. Comment des hommes pouvaient être ainsi curieux ou même amusé de voir l'agonie d'un homme que l'on pend...
Je vis d'abord monter sur ce plateau de la mort un elfe, plutôt mince, tenant une corde. Il avait l'air assez excité. Le bourreau en manque de sang et de corps inertes, de toute évidence. Puis, ce fut le tour d'un jeune homme, tenu par deux gardes, de monter sur l'estrade. Sa description correspondait à peu près à celle que m'en avait faite l'archimage. C'est alors que la foule s'écarta. Je me retournai, et vis un homme vêtu d'un manteau bleu sombre - peut être un rôdeur... traversant au milieu de la foule qui se bousculait presque pour le laisser passer. J'exécrais ce genre d'individus qui pensaient que les astres tournaient autour d'eux, mais je n’avais pas le temps pour de tels enfantillages. Je me tournai vers un homme, hurlant diverses insanités comme tous les autres.
« Dites moi mon brave, qu'est-ce qu'un aussi jeune homme a pu faire pour être condamné ?
- C'est espion seigneur ! Un vil espion qui a trahi son roi ! Il mérite déjà assez bien la mort pour ça, vous ne pensez pas ?!
- Mmm... Certes ! »
Je m'éloignais un peu de l'haleine putride que m'avait fait reniflé ce déchet vivant.
C'était bien lui, je n'avais pas besoin de plus de preuves ! Mais alors que je m'apprêtais à lancer quelque sortilège pour disperser la marée humaine, celui que je crus le bourreau depuis le début me devança. A l'aide de quelques simples éclairs, il réussit à animer une panique sur la place, suffisante pour lui permettre de s'enfuir... avec le jeune condamné. Je n'eus pas le temps de réagir, surpris moi aussi, qu'il se fût déjà bien éloigné en direction de la forêt tout proche. Etaient-ils courageux, ignorants, incrédules ou inconscients... car cette forêt était bel et bien maudite, je l'avais entendu maintes et maintes fois depuis mon arrivée. Je n'y croyais pas moi même. Il devait y avoir une raison à cela, tout autre qu'une vulgaire légende. Je me précipitai vers mon auberge, à l'écurie. Mon cheval était déjà sellé, et je galopai au travers des rues de la ville, me dirigeant vers cet endroit ; il ne fallait plus que je les lâches, maintenant qu'ils étaient sortis d'un danger pour aller droit dans un autre... peut-être plus terrible.

Matamune D. A Lartos Hao :

Pas question de rester longtemps avec ce mec. Après tout, n'étais-je pas un tueur dont la tête était mise à prix un million de pièces d'or? Je décidai de m'éloigner et de l'abandonner, voilà. J'était maintenant à environ cinq cents mètres de ce garçon, qui semblait plongé dans ses pensées et ne semblait pas s'être rendu compte de mon absence. A ce moment là... STUPEUR... des silhouettes roses se dressaient devant moi.
AAAAAAAAAAAAAh ! Je m'enfui en courant dans l'autre sens pour finalement atterrir à 50 mètres du garçon.
« Allez vous en, je vous en prie... Je déteste le rose, non !
Je ne supportais pas le rose. Je me demande comment une telle couleur pouvait exister. Elle semble être une mauvaise copie du rouge, du sang ... ou même du sang délavé, la pire chose que je puisse rencontrer.
-Prenez ça, bandes de spectres!!!
Un éclair les traversa...
-AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHH!!!!
Les fantômes s'approchaient, en faisant découvrir des vieilles mains toutes roses!!! L'un d'entre eux posa délicatement sa main sur mon front.
-QUE FAITES-VOUS? JE NE VOUS AI PAS PERMIS DE ME TRIPOTER LE VISAGE ! NON MAIS, J'VOUS JURE !
Les fantômes persistaient.
Ils murmuraient des incantations douteuses... Puis, comme par miracle ils disparurent...
Mieux valait rester avec ce gamin, au moins, je serais en compagnie avec quelqu'un.

Tan-Klaroz :

Enfin, libre...
C'est ce que j'aurais dit si j'avais été pendu. Libre de ne plus avoir à supporter cette foutue malédiction. Ne plus être poursuivi(e) alors que je ne sais même pas la raison de cette recherche... N'être plus que de la lumière pure...
Je regarde l'homme qui m'a sauvé de cette "délivrance". Un Elfe noir tueur en série, plus vieux que moi. J'ai déjà remarqué un de ses points faibles : il a peur du rose. Je pourrais profiter de cette faiblesse pour m'échapper et continuer à errer.
Les spectres l'ont approché et un l'a touché en prononçant des paroles. Ces spectres l'avertissaient qu'il courait un danger. Je sais lequel...
Il fait déjà tard ici, le soleil ne va pas tarder à se coucher et avec lui, mes chances de rester un simple humain condamné à mort. Je m'éloigne de Lhao sans qu'il s'en aperçoive, il a l'air vidé depuis la rencontre avec les spectres...
Je cours à travers la forêt comme si j'avais des ailes, je bondis au-dessus des arbres et slalome entre les bosquets bourrés de bestioles infâmes. J'arrive devant une cascade, je suis sûr(e) de l'avoir laissé ici. Je passe ma main dans le mince rideau d'eau et touche un bâton à priori normal. Je tire et récupère mon arme de toujours : Une faux, dîtes magique.
Je l'attache dans mon dos et retourne vers l'Elfe noir. Espérons que le soleil va rester levé encore un moment...

Farkas Tedzek :

Je regardai une dernière fois derrière moi. Les arbres... mon univers... mon village natal. J'étais le plus jeune des elfes de mon village - à peine plus d'un siècle - et je partais. J'avais commis une faute grave, et je devais maintenant partir pour me racheter. Une chose était sûre, c'est que l'objet de ma quête n'était plus dans les environs. Et je ne pourrais revenir qu'après l'avoir retrouvé. L'Ancien, après avoir longuement médité, m'avait donné une unique indication pour m'aider, comme l'imposait notre loi. C'est pourquoi je me dirigeais maintenant droit au Sud, droit vers le peuple le plus cruel qu'il puisse exister en Brakerval: Les Atans, se nommant aussi entre eux les Humains.
Il y a plusieurs siècles, les Elfes et les Humains vivaient en paix. C'est ainsi que certains humains apprirent la langue et les coutumes elfes, certains étant assez doués pour arriver à pratiquer notre magie. D'un autre côté, nous apprîmes leur langue, leur écriture et habitions même dans leurs villages. Mais cette époque était révolue. Il y a plus de dix siècles maintenant, bien avant ma naissance, le cœur des hommes fut corrompu par la connaissance et le pouvoir que nous leur apportions. Craignant notre puissance, l'élève se rebella contre son maître. C'est ainsi que les humains nous traquèrent, nous tuant jusqu'aux plus jeunes d'entre nous. Notre peuple, refusant la guerre, décida alors de s'éloigner et se réfugia au cœur des forêts encore inexplorées par l'homme. C'est ainsi que notre connaissance de la Nature se développa, nous permettant de nous rendre invisibles aux yeux des Humains lorsque nous étions dans notre milieu naturel.
Mais je n'étais plus dans mon milieu naturel. Des quelques elfes qui s'aventuraient hors des bois pour tenter de communiquer avec les humains, rares étaient ceux qui revenaient. Et ceux-ci étaient alors extrêmement choqués des horreurs qu'ils avaient vues. On nous enseignait toujours leur langue, principalement pour les reconnaître quand ils venaient dans nos forêts. Moi même les comprenais bien mais, pour leur parler, c'était une autre histoire...
Après plusieurs mois de voyage, j'étais passé maître dans l’art du camouflage. Dormant le jour et voyageant la nuit. Je vis aussi les nombreuses horreurs que nous avaient décrit mes semblables. J'avait récupéré un long manteau sombre, dont la capuche me couvrait amplement la tête, ce qui me permettait de cacher mon visage quand je croisais des Humains ou quand j'écoutais leur conversations. C'est ainsi que je me retrouvai au cœur d'une petite forêt, réputée maudite. J'étais sûr qu'au moins ici, je pourrais tranquillement dormir pendant la journée. C'est du moins ce que je croyais, car le jour même, en fin de journée, deux personnes pénétrèrent dans ces bois, le bruit me réveillant avant l'heure.
Sautant de branche en branche, je me rapprochai discrètement des opportuns. À première vue, il s’agissait d'un jeune humain et d'un elfe. J'en appris un peu plus en écoutant leur conversation: C’était deux condamnés à mort qui avaient réussi à s’enfuir. Je fronçai les sourcils. Cela ne m'arrangeait pas, car il y aurait certainement des Humains assez courageux pour les poursuivre dans cette forêt maudite et alors, adieu ma tranquillité ! Je savais très bien que ce n'était pas dans mon intérêt de les espionner plus longtemps, mais quelque chose en eux m'intriguait et me poussait à rester. Je sentais que cet elfe, apparemment de la race des Elfes Noirs, et ce jeune humain avait quelque chose de particulier, et ma curiosité me poussait à rester afin d'en savoir d'avantage.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:48

Je fus brusquement ramené à la réalité par des cris: L'Elfe Noir hurlait de peur suite à l'apparition d'esprits. Cela ne me surprit pas, car c’était une chose courante dans mon village, mais lui en avait apparemment une peur bleue. Je ne comprenais pas la raison de cette peur et cela m’intriguait. Mais les heures de sommeil qui me manquaient me rattrapèrent. Mon corps réclamait le repos que je lui avais volé. Je m’enveloppai donc dans mon manteau et m’endormi dans les branches de l’arbre où je me trouvais.


Skronk :

Les dernières instructions de la vieille dame étaient de ne pas oublier, comme si Skronk avait l'habitude d’oublier. Elle a bien mérité son sort. Combien de temps était-il parti ? Ça il s'en souvenait plus mais ça faisait des jours qu'il marchait en suivant les instructions de la carte, tout en évitant les perfidies que les lutins lui font continuellement subir. Il sait que ce sont eux qui lui ont piqué la carte quand il était sur le bateau.
Le bateau ! Skronk, qui est capable de terrasser un ours à mains nues. Comment une coquille de noix pareille avait pu le rendre malade a ce point ?! Sûrement encore un coup des lutins. S’il croise une de ces créatures il l'écrasera !!!
Les jours passent et se ressemblent. Son instinct de chasseur ne le trompe pas, il ne doit pas être bien loin maintenant. Regardant les deux chemins qui s’offrent à lui, Skronk soupire. Encore un tour des lutins, il le sent. Qui irait faire deux chemins à cet endroit ??
Combien de temps lui restait-il ??? Peu importe, il ne peut continuer le ventre vide. A genoux, son grand sac en toile sur l’épaule, il regarde les traces d'un animal qui s'enfonce dans une forêt. Souriant Skronk s’élance. Ses grandes jambes couvrent bientôt la distance qui le sépare des arbres. Le soleil commence à décliner dans l’horizon. Manger avant la nuit serait favorable à Skronk ; il accélère. Il aperçoit enfin un minuscule lapin. Celui-ci est alerté par le bruit que le géant fait en se déplaçant. Excédé, Skronk lance son sac sur l’animal, qui est écrasé sous le poids et se répand sur l'herbe fraîche.
Hum, ce n'est pas avec ça que Skronk va se remplir le ventre. Tout en maugréant, il commence à disloquer les pattes du lapin, le sang giclant sur son torse nu.
Trop faim pour prendre le temps d'enlever correctement la fourrure, il enfourne les pattes une à une dans sa bouche. Les os craquent sous sa mâchoire puissante. Il recrache les copeaux et les poils qu'il n'a pas avalés et avale gloutonnement le reste de la bête éclatée.
Raclant avec la langue les restes de la bête qui sont restés sur le sac, il met ensuite dedans la fourrure qu'il a récoltée. Dans son village ça vaut une fortune. Peut être qu'ici on la lui rachètera. Scrutant l'horizon, il s'aperçoit que le soleil est presque hors de vue. Tant pis pour ce soir il restera là. Trop marre de marcher, et puis de toute façon la vieille dame ne lui dira plus rien. Il s'adosse à un arbre et commence à somnoler. A peine ses yeux se sont-ils fermés que quelque chose le heurte, non pas quelque chose, mais quelqu’un. Enervé, Skronk le prend par ses cheveux bruns et le soulève de terre tout en ce redressant. Les pieds de l'inconnu brassant de l'air, l'arme de l'homme, une sorte de faux, tombe à terre manquant de transpercer un pied de Skronk. Ce qui l'énerve encore plus.
« Qu’est-ce que tu veux à Skronk ? Parle maintenant ! »


Thurim Vessiel :

J'arrivai rapidement au passage Est, représentant l'entrée de cette sombre forêt. A première vue, elle n'avait pas l'air aussi sinistre que la Forêt de Tormaguent qui était pourtant plus réputée pour les légendes invraisemblables qui tournaient autour de son histoire depuis les temps immémoriaux. L'entrée semblait assez large pour que ma monture puisse s'y engouffrer ; hélas, elle hennissait plus en plus à son approche. Si j'avais été en compagnie d'un elfe, il m'aurait sûrement dit qu'il sentait le danger à plein nez... et je lui aurais donné raison. J'avais à peine pris la décision de la laisser à l'entrée que je fus obligé de sauter de son dos, devenant vraiment trop agitée. Il ne fallut pas longtemps pour qu'elle m'abandonne et s'enfuit à grand galop sur le chemin que j'avais emprunté pour venir.
Cette mission me plaisait déjà de moins en moins, non pas que j'avais une appréhension quelconque en ce qui concerne les "petites surprises" que pouvait receler cette forêt, mais je ne pouvais m'empêcher de me montrer colérique dès que les choses ne se passaient pas telles que je le voulais... Il ne me restait plus qu'à entrer, en me méfiant de chaque arbre qui pouvait me faire face.
Au bout d'un moment, je ne pouvais plus savoir s'il faisait nuit ou jour, le ciel était devenu invisible sous ce tapis de branches grisâtres aussi sinistres qu'inquiétantes que cela pouvait être pour la plupart des gens crédules. Les seuls bruits que l'on pouvait entendre dans ce monde de silence furent le bruit du faible vent sur les quelques rares feuilles qui demeuraient courageusement sur les bras cassants et ridés des arbres, ainsi que les cris de la vermine qui peuplait des trous dans la terre et des terriers tout le long de mon chemin.
Je m'arrêtai soudain, et je resserrai ma main sur mon bâton. Je décrochais également Cetil de ma ceinture dont la lame prit une couleur bleutée. Je sentais que je n'était plus seul dans les environs, je sentais une autre source de magie... inactive pour le moment, montrant qu'il ne m'avait pas repéré. Je sentais la présence d'un Nécromant dans les parages... son aura était instable, certainement un excité. Les Nécromants sont une calamité pour le Grand Ordre des Mages, leur art impur et leurs manières font honte à la magie elle-même. Ma rencontre avec Tan-Klaroz attendra un peu. De toute façon, j'étais sûr que cette crapule n'allait pas tarder à voir mon aura à son tour...


Len Arken :

J'étais assis à côté d'un arbre, tout en jouant de la flûte, enroulé dans ma cape brune.
J'aimais la forêt entre autres pour sa solitude et son silence... Tout y était si calme, certains jours.
Mais ce jour là, cependant, le calme avait disparu à la tombée du jour.
Les fantômes s'agitaient, des ombres passaient, et j'entendais pleins de bruits bizarres et inhabituels.
Je me levai dans le but de trouver la source de ces étranges évènements.
Je rangeai ma flûte dans mon dos et je me mis en marche.
Après quelques minutes d'exploration, je finis par tomber sur une espèce de magicien qui sortait une lame qui brillait. Soudain, un autre type sorti du bois pour se diriger vers sa direction.
« Ne te cache pas! J'ai repéré ton aura »
Une lueur de rivalité passa dans leur regard.
Je me plaquai derrière un arbre, peu résolu à prendre part à une bataille de magiciens.
« Alors, le magicien, que fais-tu ici? Perdu dans le bois malgré tes pouvoirs?
-Fais attention a toi, nécromancien... Si tu espères te battre contre moi, tu n'en ressortiras pas vivant !
-C'est ça, oui! Penses-tu vraiment pouvoir te défaire de moi? »
Alors qu'il prononçait ces mots, le vent commença à se lever.
« Dis moi, c'est vraiment tout ce que tu sais faire? » répondit le magicien.
Soudain, un immense orage se forma au dessus de la forêt et des éclairs tombèrent autour du champ de bataille improvisé.
Le magicien leva brutalement une main et tout s'arrêta.
« Maintenant, nécromancien, suis mon conseil. Je n'ai pas envie de gâcher mon énergie à me battre contre toi. Alors voila: Ne t'avance pas plus dans cette forêt! »
Et soudain, il disparût.
Décidant de voir ça de plus près, je laissai le nécromancien là où il était et je partis dans une autre direction.


Val Harkan :

Nous sortîmes de la cité en fin d'après-midi. Le soleil disparaissait déjà à l'horizon et je sentais la nuit et toutes ses odeurs venir jusqu'à moi. Nous chevauchâmes ainsi pendant dix petites minutes avant d'arriver à la lisière de la forêt. Là, j'arrêtais mon cheval et en descendit. Bianne me lança un regard surpris.
« On continue à pied, lui dis-je.
- Et puis-je savoir pourquoi? répliqua t'elle, acerbe.
Je la fixais un instant. Elle arborait comme d'ordinaire son regard fier, me défiant de lui donner une bonne raison. J'esquissais un sourire ironique lui demandais:
- Laissez-moi deviner. Vous n'êtes jamais venue dans cette forêt après la tombée de la nuit n'est-ce pas?
Je la vis se rembrunir et mon sourire s'agrandis. J'attachai mon cheval à un arbuste, déposai à côté de lui un sac d'avoine, et pris mon arc sur ma selle. Quand je me retournai, Bianne était toujours en selle.
- Les chevaux deviennent fous de terreur quand ils sont dans cette forêt de nuit.
Elle eut un sourire moqueur.
-Vous n'allez va pas me dire que vous croyez à ces histoires de fantômes tout de même.
- Et c'est vous qui me dîtes ça? Répliquai-je en lui jetant un regard lourd de sous-entendus. Auriez-vous oublié l'endroit où je me suis procuré ce médaillon ?
Je lui désignai le médaillon pendu à mon coup. Elle se rembrunit à nouveau et je fis volte-face, m'enfonçant dans la forêt. Je l'entendis dans mon dos descendre de cheval, me suivre, puis me rattraper.
A ce moment, tous mes sens étaient en éveil. Ce magnifique emblème de la nature, s'étendant sur de lieues et des lieues, était malgré tout très dangereux. Mon ouïe bien plus développée que celle des humains captait des frôlements, les pas lointains. Soudain, au bout de quelques minutes de marche, je m'arrêtai et m'accroupis. Mon flair avait capté une odeur connue. Je passais deux doigts sur l‘herbe et les ramenais vers mon nez.
- Du sang, dis-je. »


Bianne :

Du sang... Je sais qu'il ne se trompe pas. Il ne se trompe jamais.
Je porte la main à ma cuisse où est accroché l’étui contenant ma sarbacane et tire de ma ceinture une fléchette cerclée de blanc. Les blanches donnent le sommeil, et les noires donnent la mort. J'ai déjà répandu, avant de partir, la poudre qui fait dormir sur la lame de mon épée. Je suis prête au combat.
« Quelqu'un est en train de nous observer, me souffle Val Harkan.
- Le jeune homme ? Tan-Klaroz ?
- Non, son compagnon, l'elfe noir. Là-bas, derrière les buissons. Il est seul. Ils ont dû se séparer.
- Il s'appelle Diasel Ashcroft Lartos Hao. Il y a une prime pharamineuse sur ça tête. Il est dur à vaincre et il n'est pas nécessaire de le ramener vivant. Si ça vous intéresse, je vous le laisse. Ce n'est pas lui, mon gibier, ce soir.
Harkan me regarde, impressionné.
- Il faut que l'ont vous ai promis quelque chose d'exceptionnel en échange du jeune homme, pour que vous refusiez la prime sur l'Elfe Noir nécromancien avec une tel négligence...
- Vous ne pouvez pas imaginer ce qui est en jeu, Harkan, alors inutile de chercher à découvrir ce que c'est.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:49

Je me tais, écoute la forêt. Si j'étais toi, Tan-Klaroz, où serais-je allée ? Depuis le temps que je te cherche, j'ai appris à te connaître. Tu crains la nuit, pour une raison que j'ignore. Tu serais parti à la recherche d'un endroit où te cacher....
Je m'avance, silencieuse.
- Il nous suit toujours, me souffle Harkan.
- Laissez-le nous suivre. Il craint les fantômes de cette forêt et préfère rester à proximité de créatures vivantes. Je vous répète que ce n'est pas lui, mon gibier.
Les derniers rayons du soleil viennent de disparaître derrière l'horizon, nous plongeant dans le noir.
Soudain, un cri déchirant traverse l'air, et, bien qu'on ne puisse deviner si c'est une voix humaine ou animale, une voix d'homme ou de femme, j'en ai la certitude, c'est bien Tan-Klaroz qui a crié. Je me précipite dans la direction du cri. Il fait à présent très sombre, et j'ai du mal à distinguer où je vais. J'arrive à un bosquet. Un rayon de lune passant à travers les feuillages me permet d'entrevoir la scène. Un barbare au torse nu est en train de traîner par les cheveux quelqu'un qui se recroqueville en se cachant le visage dans les mains. Je place la fléchette dans ma sarbacane, porte la sarbacane à mes lèvres et souffle. Le projectile traverse la futaie, et va se ficher dans le coup du barbare qui s'effondre aussitôt, endormi pas la drogue.
Sa victime se redresse et s'enfuit aussitôt.
- Tan-Klaroz ! Fis-je dans un cri. Reste ! Nous ne te voulons aucun mal.
- Non, murmure une voix ironique dans mon dos, elle veut seulement la prime.
- La ferme, Harkan, vous ignorez de quoi il s'agit !
- N'étant pas là de mon plein gré, je ne m'y intéresse pas.
La silhouette du fugitif a disparu. Inutile de chercher à le poursuivre dans cette obscurité.
Tan-Klaroz... Je sens autours de moi la présence inquiète des esprits agités qui hantent ce bois. Ils sont insistants, virulents. Ils ont sentit que quelque chose est sur le point de se produire. Moi aussi, je le ressens dans tout mon être. Je l'ai ressentis dès que j'ai aperçut ce jeune homme pour la première fois. Ce n'est pas une chasse ordinaire. Harkan l'ignore. Le Nécromancien l'ignore, mais moi, je le sais. Je le sais et le sens. Et toi, Tan-Klaroz ? Que sais-tu encore ? Qu'as-tu déjà découvert, sur toi-même ?
Je me retourne vers Harkan.
- Il ne quittera pas la forêt tant qu'il fera nuit. Cela nous laisse le temps de retrouver sa piste.
Je me penche sur le barbare que je viens d'endormir, et tente de le charger sur mon dos.
- Lui, je ne sais pas qui c'est ni ce qu'il fait là, mais on l'emmène avec nous. Avec les esprits qui rôdent la nuit dans ces bois, il ne fait pas bon de dormir seul.
Harkan me regarde avec une moue méprisante.
- Ca va être un poids mort plus qu'autre chose, me dit-il sans faire le moindre geste pour venir m'aider. Il va vous ralentir. Laissez-le à son sort.
- Mon cher Harkan, dis-je en souriant, si j'avais eu besoin de votre avis, croyez bien que je vous l'aurais demandé.
Je soulève le corps du barbare. Démons et divagations, ce qu'il peut être lourd ! Mais je fais mine de n'avoir aucune difficulté, et me remets en route, continuant toujours à sourire.
- Le nécromancien nous suit toujours, Harkan ?
- Toujours. »


Tan-Klaroz :

D'abord ce foutu Barbare incapable de parler de lui à la première personne et maintenant une femme et une homme sûrement chargés de m'avoir ! Cette forêt n'est plus une forêt maudite mais un moulin !
Le barbare m'a menacé si je ne lui répondais pas. Je lui ai craché au visage et il m'a traîné à terre jusqu'à ce que cette femme l'endorme avec une espèce de fléchette. La lune s'est levée et je me suis métamorphosé(e) pendant que le Barbare tombait, endormi à terre et que la femme et l'homme me lancent qu'ils ne veulent pas me faire du mal...
Non, vous ne me voulez pas de mal... Vous voulez la prime que ma capture donnera. Je ne suis pas une bête qu'on attrape et qu'on vend ! Heureusement pour vous il fait nuit... En plein jour je vous aurez tranché en deux et accroché vos têtes sur les branches !
Dès que le Barbare gît je me relève et m'élance dans la forêt comme le vent. J'évite de justesse de m'écraser contre un immense sapin. Je dérape et m'écroule dans un buisson de ronces. Je bondis et continue ma route vers une caverne cachée derrière des barrières d'épines et de branches. Fuir, fuir, croire que l'on n'est que feuille portée par le vent.
Enfin arrivé(e) ! Je m'effondre sur le sol froid de la grotte et me recroqueville contre ma faux. Elle se met à briller d'une lueur rouge et me réchauffe. J'ai l'impression d'être un chevreuil qu'on traque jusqu'à ce qu'il expire son dernier souffle... Mes membres me font mal, les ronces étaient empoisonnées et je dois m'endormir pour me soigner. Je me sers de mon psychisme augmenté pour localiser toute forme de vie dans les environs. Il y a trop de monde ici. Demain matin, j'essayerais de m'enfuir...

Farkas Tedzek :

Un cri me réveille en sursaut. Je perds l'équilibre et tombe lourdement au sol.
« Pas moyen de dormir tranquillement ici ! Me dis-je à moi même.
Je me relève rapidement, en faisant le moins de bruit possible et manque de pousser un juron en remarquant que ma lance est restée coincée dans les branches de l'arbre. Je lève la tête et la repère très vite. Heureusement, elle s'est bloquée dans les branches basses. Je tends le bras et me concentre sur ma lance. Celle-ci se met à briller légèrement, m'indiquant que le lien télékinésique est établi. Par le seul pouvoir de mon esprit, je la soulève, la fait pivoter et la fait descendre droit dans le creux de ma main.
- Cette fois, on peut y aller, murmurais-je. »
Des voix me parviennent. Afin de mieux repérer leur provenance, je rabat ma capuche dans mon dos et dégage mes oreilles. Un seul mot me suffit pour repérer la direction à prendre. Aussi rapide et silencieux qu'un courant d'air, je m'élance droit sur la cause de mon nouveau réveil prématuré, bien décidé à faire taire les gêneurs... définitivement !
A quelques jets de pierres de ma destination, je remarque un mouvement dans un buisson. M'arrêtant net, je reconnais l'Elfe Noir de tout à l'heure. Il n'a pas l'air d'avoir remarqué mon arrivée, manifestement concentré sur autre chose. Par précaution, je me glisse derrière un tronc d'arbre et regarde ce qu'il observe avec tant d'attention.
Deux personnes, apparemment humaines, observent une troisième, humaine elle aussi. Jusque là, rien d'étrange. Ce qui l'était plus, c'était la quatrième, d'une stature si imposante que je doutais moi même pouvoir la mettre KO. Par prudence, je décide de rester à l'abri des regards et d'observer la suite des évènements.


Val Harkan :

Quel besoin a-t-elle d'emmener cette grosse barrique ?
Je la suivi malgré tout en maugréant. Je commençais à en avoir assez de jouer à ce jeu de piste. Sans oublier le nécromancien qui nous suivait depuis une bonne heure. Si au moins sa crasse n'était pas si...odorante.
Je fronçai le nez, et ouvris soudain les yeux. Je venais d'identifier une autre odeur. Une odeur si familière que je me retournai brusquement. Un elfe sylvain. L'odeur de l'autre couvrait la sienne auparavant. Il se déplaçait sans faire le moindre bruit. Même moi je ne l'entendais pas. Je résistai à une impulsion d'aller le voir.
A plus tard
Je soupirai, et reparti sur la trace de Bianne, que je rattrapai rapidement.


Sabrane Hyle :

Cinq heures, cinq heures ! ! ! ! ! ! Cinq ******* d’heures que je cherche en vain mon chemin dans cette forêt. A mon avis, la carte que je tiens en main ne doit pas être bonne, sûrement que…. Mais ? ? ? La flèche qui indique le nord, elle ne devrais pas être vers le haut ? ARRRG non, je la tenais à l’envers.
C’est ainsi que ma première aventure de jeune mage semi apprenti, commença par ce hurlement que je poussais, haut de mes 1m60, avec mes cordes vocales de 15 ans :
« JE SUIS PERDUUUUUUUUUUUUUU !!!!
Je jetai rageusement par terre la carte, et m’assis sur une souche.
-Pff, maintenant pour arriver à Victobourg, faudrait presque un tour de magie……. Que je suis idiot, m’exclamais-je en me frappant le front : je suis un mage.
Je me relevai et empoignai mon bâton de mage, qui me dépassait de trente centimètres, et remettant sur mes épaules mon sac où se trouvait mon recueil de sort.
-Alors, pour me téléporter à la ville, il faut, si je me souviens bien, mettre le bâton dans la main droite, abaisser l’index, le majeur et l’auriculaire, et réciter l’incantation : Transportus villa.
A ce moment, je n’eus pas l’impression d’agréable chatouillis aux mains, mais l’impression qu’un crochet m’attrapait le nombril et me catapultait dans les airs. Je voyais le sommet des arbres, mais j’étais trop terrifié pour chercher la ville des yeux. Après une seconde suspendue dans les airs à environ vingt-cinq mètres du sol, je redescendis à toute vitesse. Je fermai les yeux, m’attendant à un sacré choc. Heureusement, les branches des arbres ralentirent ma chute, et je me retrouvais coincé à deux mètres du sol, emmêlé dans les branches.
-Ah mais oui, c’est vrai, je devais dire villus pas villa. Dis-je avec un grand sourire. Mais je me rembrunis rapidement
-Mais pourquoi j’ai accepté cette mission, pourquoi ?
Enfin……. On ne pouvait pas dire accepter, mais plutôt voulu.
Pendant que j’étais dans mes sombres pensées, j’entendis un bruit de pas qui s’approchait prudemment. Je tournai la tête, et vis un homme dans une cape, que je reconnu être celle d’un sorcier.
-Hé, vous pourriez m’aidez ? Fis-je.
Il me regardait avec des yeux ronds, comme si ils allaient sortir de leurs orbites. J’entendis un CRACK qui n’engageait pas de bon augure, au niveau de la base de la branche sur laquelle j’étais couché.
-Trop tard, dit-je une grimace sur le visage.
PLAF !
Ma chute fut un peu brutale, mais au moins j’avais retrouvé la terre ferme. Pendant que je regardais le ciel en comptant combien de mes vertèbres avaient tenu, je vis le sorcier apparaître dans mon champ de vision. Tentant de retrouver un peu de fierté, je me relevais d’un coup, époussetant au passage ma robe orange de mage.
-Bonjour, je suis Sabrane Hyle, commençais-je avec un grand sourire. Je suis le fils du directeur-mage du collège transparent, Lhoan Hyle. J’ai été envoyé par celui-ci pour retrouver un garçon qui risque d’être exécuté dans la ville de Victobourg. Vous ne l’auriez pas vu par hasard ?
Je dis tout cela sans reprendre mon souffle, ce qui accentua l’air étonné de mon interlocuteur. Soudain, je sentis comme un poids en moins dans mon dos. Je levai la tête pour voir mon sac rempli d’objets magiques, et d’un grimoire de sorts de 1000 pages, me tomber sur la tête en un petit bruit sourd.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:49

Skronk :

Tenant bien fermement l'homme par les cheveux et décidé a lui ouvrir le crâne pour avoir dérangé.
« Skronk, déterminé à trouver une bonne grosse pierre. Avec ça, je pourrais boire ta cervelle. On ne dérange pas Skronk !!!!
Fou de rage il ne s'aperçoit pas que quelque chose vient de se ficher dans son coup.
Saleté de moustique ! Skronk a horreur des moustiques !
Ho, pourquoi la terre bouge comme si j'avais bu de la bière ? Pourtant Skronk n'a pas emmené de tonneau. Quel est ce maléfice ?! Le lutin...
Noir, le sommeil s'empare de Skronk. Mais tout en luttant, il sent qu'on le prend, qu'on le traîne. Ca il ne le pardonnera pas ! Entre sommeil et somnolence, il perd la notion du temp.
La lune haut dans le soleil, des gens qui le traîne… Brusquement, il remet pied à terre, secoue ses bras violemment et avec satisfaction voit qu'il a envoyé quelqu'un à terre. Il aurait préféré les deux, mais c'est déjà pas si mal. La vue encore un peu trouble il cherche son sac. Ne se préoccupant pas de la deuxième personne.
Tout en s'approchant de la personne à terre, il hurle :
- Où est le sac à Skronk ?! Qu'en as-tu fais ? LE SAC !!!
Il lance un regard méfiant à la femme encore debout. Elle tient quelque chose dans sa main. Plissant des yeux, il la regarde porter le tube fin à sa bouche. Juste le temps d'attraper la main de la femme.
- Skronk a posé une question. Skronk attend la réponse. Skronk déteste attendre ! Si tu ne dis pas où tu as mis ce que tu as volé à Skronk, il te brisera la main!

Thurim Vessiel :

Après cette mauvaise rencontre face à cet immonde fossoyeur magique, je fis une autre rencontre, cette fois, plus que bruyante et plus qu'insolite avec ce qui semblait être un apprenti mage. Il était relativement petit et portait des lunettes. Tout en lui, aussi bien ses manières hésitantes, ses bouffonneries juvéniles et sa maladresse, indiquait qu'il ne faisait pas parti de l'élite de son académie occulte... si tenté qu'il faisait parti d'une académie.
« Bonjour, je suis Sabrane Hyle. Je suis le fils du directeur-mage du collège transparent, Lhoan Hyle. J’ai été envoyé par celui-ci pour retrouver un garçon qui risque d’être exécuté dans la ville de Victobourg. Vous ne l’auriez pas vu par hasard ?
Circonstance malheureuse, être issu de la longue lignée de mages qui dirige depuis des siècles ce collège réputé pour sa discipline et ses résultats, et d'être d'un si piètre niveau...
- Vous feriez mieux de quitter cette forêt jeune homme, je recherche également ce garçon dont vous parlez, j'ignore s'il est dangereux ! Vous ne devriez pas prendre ce risque de le poursuivre !
Je me retournai alors, me concentrant sur l'aura de mon objectif pour la pister de mon mieux. Mais le jeune mage ne semblait pas décidé à me lâcher ; il me rattrapa et tira sur ma robe.
- Messire, je désirerais me joindre à vous !
- Pourquoi accepterais-je ?
- Je DOIS retrouver cet homme ! Je dois absolument le retrouver !
- Êtes vous donc inconscient ?
- Je vous en prie, de plus...
Il fit une pause, comme pour réfléchir.
- Accepteriez-vous que je me reperde dans cette forêt avec mes faibles compétences...
Il venait avec brio de réussir à retourner la situation en sa faveur. Il est vrai que cela aurait été irresponsable de ma part de laisser un débutant retourner par lui même à l'entrée déjà lointaine de cette forêt profonde et inquiétante, par lui même, au risque de se faire attaquer.
- Fort bien... WAN PEN
Je déclenchais une petite brise, suffisante pour faire tomber les affaires du jeune apprenti de la branche qui les maintenait hors de portée. Quelques uns des ses grimoires sortirent des sacs.
- Rassemblez vite vos affaires... il ne faut pas s'attarder plus longtemps à cet endroit !
Je m'avançais dans l'obscurité, quand il me rejoignit au bout de quelques minutes. Je l'observais rapidement. Je me demandais comment il pouvait être efficace ; son bâton de mage était plus que vétuste, il semblait avoir une quinzaine d'années et en principe, les étudiants se déchargent de leur grimoires au fur et à mesure. Mais lui, semblait avoir apporté avec lui tous les sorts et enchantements qu'il avait appris depuis qu'il fut en âge d'étudier les occultismes. Je me devais de lui poser quelques questions.
- Pourquoi avoir envoyé un novice à la poursuite du être aussi étrange et imprévisible... à moins que...
- Vous avez deviné messire, c'est sur ma propre initiative que je suis à sa recherche. Comme vous vous en êtes aperçu, je ne suis pas très doué dans les arts occultes, je veux trouver cette créature pour mon père... c'est pour lui que je suis ici !
- Et, que comptez vous faire, une fois une fois que vous aurez atteint votre but ? »
J'en étais sûr. Je me retrouvais tout à coup fasse à un mur de silence, mais je pouvais voir à travers son aura qu'il était très gêné, peut être qu'il ne savait, tout comme moi, ce qu'il ferait une fois qu'il aurait rempli sa mission. Nous marchions toujours, sous les arbres de plus en plus sombres, mais je sentais l'aura particulière de cet être de plus en plus proche ; encore quelques minutes et nous y serions...

Bianne :

Pas eu le temps de saisir mon épée. Le barbare m'a saisi le bras et me le tord violemment. Il va me le casser.
Une explosion près de nous, un nuage de fumée.... Surpris, le barbare me lâche le bras.
Je n'ai pas le temps de réagir. Harkan vient de me saisir par derrière et m'entraîne.
« Alors, vous aviez besoin de jouer les sœurs de la charité ! Vous voyez le résultat ?
Le barbare nous poursuit. Il semble décidé à nous casser les reins coûte que coûte. Comme je tiens à mes reins, je me garde de répliquer et me mets à courir plus vite que mon insupportable compagnon.
L'ennui, c'est que notre poursuivant semble aussi têtu que stupide. Plus nous nous enfonçons dans les futaies, plus il s'obstine à nous rattraper avec des hurlements de rage. Je cours, sans plus voir où je vais. Harkan est à quelques pas derrière moi. Je bifurque pour éviter un roc, et heurte violemment quelqu'un, qui arrivait dans l'autre sens. Sous la violence du choc, moi et le nouvel arrivant nous roulons à terre. Je ferme les yeux et les rouvres. Un homme, vêtu d'une robe couverte de runes, une épée de foudre brillant sous le manteau, est penché, enfin, couché, sur moi. Un sorcier, incontestablement. Son visage est jeune, mais il doit avoir au moins soixante dix ans, son cœur est celui d'un vieillard. Du coin de l’œil, j'aperçois un jeune garçon qui le suit. Un mage ? Il est bien jeune pourtant...
Je vois tout cela en quelques secondes, car mon attention est aussitôt détournée. Le barbare vient de rattraper Harkan. Il le secoue comme un prunier.
- Le sac de Skronk ! Rends le sac à Skronk !
Puits infernaux ! J'ai perdu ma sarbacane !
Je repousse le sorcier sans ménagement et me précipite vers les deux assaillants. C'est alors qu'un hurlement se fait entendre.
Le nécromancien, fou de terreur, vient de jaillir des buissons. Surpris, nous nous immobilisons tous. Avant même de les voir, je sais ce qui l'a effrayé. Les esprits. Ils sont là. Tout autour de nous. Furieux, rageants. Quelque chose qui les dépasse est en train de se produire et ça les excite.
Je vois soudain le barbare écarquiller les yeux :
- Aaaaaah !!!! Araignée ! Pas araignée, non !!!!
Un autre cri se fait entendre. Le sorcier derrière moi, s'est recroquevillé contre le rocher près duquel nous nous sommes heurtés :
- Nemshek algor, Malk Shur !
Harkan s'est mis à hurler, lui aussi.
- Taisez vous ! Ne m'appelez pas comme ça je ne veux pas vous entendre !
J'essaye de les appeler tous.
- Ne regardez pas, ce sont des esprits qui prennent la forme de ce dont vous avez le plus peur !
Mais je n'ai pas le temps d'achever. Je suis entourée d'êtres lumineux. Nabnie Hata... Nabnie Hata... Regarde ce que tu es devenue.
Laissez moi. Laissez moi ! Je ne vous appartiens pas ! Je suis Bianne, et je ne vous connais pas !
Je me retrouve, comme tous, recroquevillée contre la roche. Je sens le jeune mage qui se réfugie près de moi. Instinctivement, je l'entoure de mes bras pour le protéger, et reprends conscience. Je vois les fantômes autour de nous tels qu'ils sont.
J'essaye d'appeler mes compagnons.
- Réveillez-vous, ce sont des illusions !
Le sorcier semble m'entendre et Harkan, fait un effort de volonté pour me regarder. Mais le jeune mage, dans mes bras, continue à gémir. Il émet un cri.
- Finacite lapis !
Aussitôt le rocher sur lequel nous sommes appuyés s'ébranle. Un gouffre s'ouvre sous nos pieds et nous engloutis tous.
Le nécromancien, le barbare, Harkan, le sorcier, moi et le mage, nous commençons une interminable chute dans l'obscurité.




Chapitre II : La prophétie.


Farkas Tedzek :

Mon cœur s'arrêta de battre quand je vis tout le monde tomber dans un immense gouffre. Je n'aime pas me montrer aux humains, mais il y a des limites à tout ! Je ne pouvais pas les laisser comme ça au fond de ce gouffre ! Je m'avançai doucement vers le bord du trou et regardai. Il devait être vraiment très profond car, même avec ma vision nocturne, je n'en distinguais pas le fond. Je ne pouvais certainement pas sauter ! Il me fallait de quoi m'accrocher. Mais je ne distinguais aucune racine, aucune pierre sur les parois. Si seulement j'avais une corde... Mais suis-je bête ! Je pouvais la créer cette corde !
Prenant une grande inspiration, je récitai une incantation puis plantai la pointe de ma lance dans le sol, près du trou. Une plante apparut et commença à grandir, puis une seconde qui s'enroula autour de la première. Je faisais tout simplement pousser une liane. Quelques minutes plus tard, je repris ma lance, stoppant ainsi la croissance de la corde végétale. Je l'accrochai dans mon dos et entama la descente.
Tout en descendant, je remarquai que la terre faisait place à une couche de calcaire, puis de l'argile apparue pour finir par une chose bien plus étonnante: Des pierres de taille ! Comment un monument pouvait-il se retrouver à plusieurs dizaines de mètres sous terre ? Je remarquai alors que les pierres étaient très anciennes et rongées par le temps et l'humidité. Elles s'étaient sans doute écroulées d'elles mêmes sous le poids de la terre et du calcaire qui s'étaient déposés au-dessus au fil du temps. Une odeur de renfermé me parvint aux narines quand j'atteignis enfin le vide d'une salle. La lumière ne parvenait plus à cette profondeur et pourtant, je voyais distinctement les murs, comme si c'était eux qui éclairaient. Mais je n'avais pas le temps de m'extasier devant ce phénomène, des personnes étaient coincées sous les décombres et sans doute blessées. Je me mis alors en devoir de creuser afin de les dégager au plus vite. A peine avais-je commencé, que j'entendis des gémissements de douleur. Quelqu'un était encore vivant ! Je redoublai alors d'ardeur pour le dégager au plus vite.
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:49

Len Arken :

La forêt était de plus en plus sombre à mesure que la nuit s'installait.
J'errai au hasard, avec l'intention d'en apprendre un peu plus sur les duellistes de tout à l'heure. Soudain, j'entendis un cri et des bruits de lutte, le tout accompagné de hurlements gutturaux.
Je me précipitai vers la source du bruit.
Un gigantesque - et je dis GIGANTESQUE - type était là, debout, en tenant une femme par le bras. Un peu plus derrière se trouvait un autre homme, avec un habit bleu sombre. Je le vis en train de préparer quelque chose.
Décidément, cette forêt est plus peuplée que je ne le pensai
Soudain, l'homme au costume bleu fit un geste et une explosion se fit entendre, suivie immédiatement par un nuage de fumée. Il prit la femme et tous deux s'enfuient. Le barbare se mit à les poursuivre. Prenant ma décision en un quart de seconde, je me jetai à un arbre et sautai de branche en branche pour les suivre dans les hauteurs.
Quelques voltiges plus tard, je vis la course de la femme s'interrompre quand ils percutèrent de plein fouet un homme qui arrivait par l'autre sens et que je reconnus immédiatement.
Oh, non, revoilà le Magicien de la foudre.
Sauf que là, il était accompagné d'un garçon que je ne connaissais pas.
Le temps qu'ils se relèvent, le barbare saisit l'homme au costume bleu et se mit à le secouer comme je ne sais pas quoi.
La femme se précipita alors sur les deux combattants.
C'est alors qu'un cri résonna tout près de nous et que le nécromancien de tout à l'heure se jeta dans le groupe.
Mais ou je suis tombé, moi ? Pensai-je en voyant le groupe le plus étrangement constitué que j'aie jamais vu.
Soudain, je vis arriver les esprits de la forêt. Ils étaient en colère. C'était bien la première fois que je les voyais dans cet état.
De mon perchoir, je réussis à voir sans être vu. Tout le groupe se replia sur un rocher alors que les esprits se rapprochaient.
Brusquement, le jeune homme qui accompagnait le magicien prononça une incantation. Le sol aux alentours s'écroula.
Immédiatement, je sautai sur un autre arbre et encore un autre pour ne pas être emporté.
Quand les choses se furent calmées, je vis un elfe sortir d'un endroit que je n'avais pas vu, qui planta une corde et qui descendit dans le trou...pardon...Le gouffre.
Quand il fut descendu, je sautai de mon arbre et regardai le trou.
Pas de chance pour ces types, pensai-je en haussant les épaules et en m'éloignant.
Quelques pas plus tard, je m'arrêtai, me retournai vers le gouffre, puis vers la forêt, de nouveau vers le gouffre, de nouveau vers la forêt...
Décidément, je suis trop sentimental, ces derniers temps.
Je me dirigeai alors vers le gouffre histoire de continuer à les observer sans être vu et intervenir si, dans un cas extrême, on aurait besoin de moi.

Skronk :

Les araignées !!! Non pas ici, pas maintenant… Tout mais pas ça !!! Skronk commence à courir partout. Il ne faut pas qu'elles l'attrapent ! Skronk ne veut pas être dévoré ! Pas beau, pas les araignées ! Non non non non ! Pas ça !!!
Complètement paniqué et ne cherchant même plus à voir où il va. Percutant arbres et rochers. Les yeux fixés par terre et les mains sur la tête.
Le sol tremble. Ce sont les araignées ! Elles veulent Skronk, mais Skronk ne veut pas mourir.
Le sol se dérobe sous ces pieds. Paniqué, il se laisse tomber. Après quelques secondes qui lui paraissent des heures, il touche enfin quelque chose. Il s'étale de tout son long. Au moment de se redresser, il sent la terre de nouveau trembler, et des dizaines de gravas tomber sur lui. Et pour la deuxième fois de la journée, il sombre dans le néant.
Reprenant peu à peu ses esprits, le contact rugueux et froid de la pierre mord son dos. Les nerfs à vif, il se dégage un bras, prend appui sur sa main libre et ces genoux, réussi à se soulever en entraînant les gravas.
Pourquoi il fait tout noir ? La seule chose qui lui revienne en tête, c'est l'homme qu'il poursuivait dans la forêt.
« Hoooo, il y a quelqu'un ? Petit Homme ? Où es-tu ? Skronk veut te parler. Viens voir Skronk.... »
Il attend quelques secondes… pas de réponse. Enervé, il donne un coup de poing dans la paroi la plus proche et une petite pierre lui tombe sur le nez. Il lève la tête et voit une brèche par où les rayons de la Lune s'infiltrent. Il jauge la paroi. Rien de très méchant selon lui. Il tente une ascension mais très vite, au bout de quelques mètres, il glisse et tombe sur les fesses.
Vexé dans sa fierté plus que par la douleur, il recommence. Au bout de quatre tentatives, il change d'option.
La caverne où il se trouve est exiguë. Il est entièrement entouré de pierres, sauf le plafond qui est ouvert. La paroi qui est devant parait plus fragile car entièrement constituée avec les débris qui sont tombés lors de l'éboulement.
Avec un grand sourire, et tout en hurlant qu'il veut voir le petit homme, il s'élance contre le mur de pierre, épaule en avant.
Au bout d'une dizaine de tentatives - toujours en hurlant - le mur s'effondre, ce qui révèle plusieurs silhouettes qu'il à du mal à distinguer dans la pénombre, mais une lui est familière : c'est le petit homme avec qui il n'avait pas fini de jouer. Le sourire aux lèvres Skronk s'approche.



Bianne :

Tout mon corps me fait mal, mais je crois que je n'ai rien de cassé. Je serre toujours l’apprenti mage dans mes bras, comme un petit enfant fragile. Il s'est évanoui. Une poche d'air au-dessus de nous me permet de respirer. J'essaye de bouger, mais ces pierres sont trop lourdes. Je pousse un gémissement vain en essayant de repousser la couche de gravas qui pèse sur moi. Soudain, une lumière. J'entrevois l'ombre d'une main. Quelqu'un est en train de nous dégager.
« Quelqu'un ? Il y a quelqu'un ?
La personne ne répond pas, mais le trou s'élargit. Je parviens à me hisser à travers et à tirer le gamin après moi. Je tousse en respirant l'air libre de la nuit. A la lueur faible de la lune, tombant à travers le gouffre que nous avons formés, j'aperçois mon sauveur.
Un elfe des plaines ? Mais que fait-il si loin de son pays ?
- Merci, murmurai-je.
Sans me répondre, l'elfe se penche vers le garçon. Il semble avoir reçu un choc, mais il respire sans difficultés.
Un hurlement déchire mes oreilles. Ca vient de l'autre côté de la paroi. On dirait que le barbare est bien en vie... Et que son caractère ne s'est pas amélioré. Harkan, le sorcier, et Lhao, où sont-ils?
Sans plus prêter attention au hurlement du barbare, toujours prisonnier derrière la paroi, je me mets à creuser dans les éboulis. L'elfe vient joindre ses efforts aux miens.
- Harkan ? Si vous m'entendez, manifestez vous !
- Bi... anne ! Appelle une voix non loin, à ma droite.
Aussitôt, l'elfe et moi redoublons d'efforts.
Nous dégageons Val Harkan des décombres. Il saigne abondamment du côté droit. L'elfe sort de sa besace une poignée de feuilles séchées, qu'il applique sur la blessure pour arrêter le sang. Harkan le regarde faire avec ses yeux de fauves, ces grands yeux verts impénétrables. Puis il se penche sur son sauveur, et murmure quelques mots à l'oreille de celui-ci. Aussitôt l'elfe se fige. Il regarde Harkan, surpris, puis les deux se mettent à parler.
Voir Harkan parler l'Elfique ne me surprend pas. Je le soupçonne d'avoir vécut un temps parmi les elfes. En tout cas, je sais qu'il connaît pas mal de leurs secrets. Ce qui m'intéresserait, c'est de savoir d'où il venait, avant d'être chez les elfes. J'ai bien une théorie, une vague théorie, mais elle est si folle que je n'ose pas me la formuler à moi-même.
Je n'ai pas le temps de tergiverser. Une voix m'interpelle.
- Oh eh !!!! Quelqu'un peut m'aider ?
- J'arrive ! Crie-je en me remettant à creuser.
Soulevant une pierre, je découvre la robe décorée de runes du sorcier. Je l'attrape et tente de le hisser hors du trou.
- Grand merci, ma Dame. J'étais dans une position vraiment inconfortable. Thurim Vessiel, pour vous servir.
- Bianne. Bianne tout court.
Nous n'avons pas le temps d'aller plus loin dans les présentations. La paroi rocheuse vient de se fendre en deux, laissant place au barbare, plus furieux que jamais. Il nous regarde en clignant les yeux, et aperçoit Harkan. Un sourire mauvais apparaît sur ses lèvres et il se précipite sur lui.
- Ah non ! Crie le sorcier - Thurim Vessiel - ça suffit comme ça ! Nar al Kamaoc, entao Narké !!
Une lueur jaillit de sa main, s'envole et va se balancer devant les yeux du barbare... Aussitôt celui-ci ce met à sourire.
- Amis ! Amis de Skronk ! Amis.
Je le regarde avec un air de pitié. Je n'aime pas beaucoup ce genre de sortilèges, je trouve ça déloyal. Mais Thurim Vessiel ne semble pas avoir le moindre souci avec sa morale. Il descend du tas d'éboulis et vas rejoindre le jeune mage qui est en train de se réveiller.
- Bon, je crois que nous sommes à peu prêt tous intact.
- Non, dit l'elfe. Il y a encore quelqu'un à dégager.
- Le nécromancien, dis-je.
Le regard de Thurim Vessiel se fait dur.
- Faut-il vraiment le dégager ?
- Chut, répond Harkan. Laissez moi me concentrer.
Il se fige. Pendant un moment, rien ne bouge sur son visage. Moi seule, je dois le remarquer, cet imperceptible mouvement de la narine. Comme pour capter une odeur.
- Il est là, fait-il avec certitude, désignant un coin du tas de pierre et de terre.
L'elfe se met aussitôt à creuser, aidé par le sorcier, visiblement mécontent d'avoir à le faire, et du barbare, qui rigole :
- Skronk, aussi ! Skronk aussi ! Skronk veut jouer avec les pierres !
Je m'apprête à les rejoindre, mais une sensation étrange me prend. D'abord imperceptible puis de plus en plus forte. Ca vient de la brèche creusée dans la paroi par le barbare. Quelque chose m'attire à l'intérieur, dans cette salle obscure...
Derrière moi, mes compagnons on réussi à dégager Lhao.
- Bianne, appelle la voix d'Harkan, qu'est-ce que vous faites...
Je suis devant la brèche obscure, interdite.
- Quelqu'un a de la lumière ? Demandai-je.
Sans attendre la réponse, je m'avance à travers le trou, et marche à tâtons. C'est là. Ca m'appelle. J'en suis sûre. C'est tout prêt.
Une lueur bleue m'éclaire. Je suis dans un couloir, sur lesquels sont gravés des écritures... Des écritures de l'âge du monde... Je commence à déchiffrer, quand la voix d'Harkan m’interrompt.
- Bianne, au cas où vous l'auriez oublié, nous ne sommes pas là pour visiter.
Je me retourne.
Les autres m'ont suivie. C'est le sorcier qui nous éclaire avec son épée.
- C'est incroyable, murmure-t-il.
- Vous comprenez ce qui est écrit ? Demande l'elfe.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:50

- Oui, ce mot-là signifie "Cercle", répond-il en désignant un symbole.
- Non. Réponds-je, il signifie "Cycle".
- Permettez, je sais bien ce qu'il signifie ! J'ai étudié suffisamment longtemps.
- Oh, fait la voix ironique de mon rival, notre amie Bianne a sans doute elle aussi de très bonne référence...
- La ferme, Harkan ! M’écrie-je paniquée.
Je ne sais pas ce qu'il comptait dire, mais je n'aime mieux pas qu'il termine sa phrase. Il y a des choses que je ne veux pas voir révélées.
Désireuse de détourner l'attention de moi, je m'avance au bout du couloir.
- Venez voir !
Ils me rejoignent. Devant nous, une rotonde. Au centre, une Stèle. Un texte y est gravé.

Thurim Vessiel :

Je m'approchai de cette grande pierre, touchant à mon tour les inscriptions gravées avec un certain relief. La lumière naturelle ne pouvant pénétrer un tel endroit, j'allumai l'extrémité de mon bâton, qui se mit à briller d'une faible lumière blanche, faisant un peu plus de lumière qu'avec mon épée. Je levais alors la tête ; la stèle était bien plus imposante que nous l'avions tous cru ; elle faisait bien 6 mètres de hauteur. Je me mis alors à l'examiner attentivement.
Bianne semblait elle aussi fortement intéressée par ce que racontait cette vieille pierre. Le texte était très long, mais la plupart était à moitié effacé par l'usure du temps et l'humidité de ces cavernes. Heureusement, il semblait que la partie la plus intéressante du texte était en suffisamment en état pour permettre d'en faire une bonne traduction. En tant qu'érudit, j'avais vu et entrevu bons nombres d'écritures et de langues et de dialectes et variés qu'étranges au cours de mes études, j'espérais avoir encore dans ma mémoire ne serait-ce qu'un vague souvenir du langage sacré des Aegis. Après avoir presque entièrement lu la partie intéressante, je m'éclaircissais solennellement la voix et commençais :
« Ecoutez... depuis des temps immémoriaux, une guerre sans merci opposant le royaume des esprits éthérés et les premiers êtres de chair et de sang. Chacun se battait pour son propre domaine, les Cieux pour les esprits, la Terre pour les "Aegis",que l'on pourrait traduire par "anciens elfes". Cette guerre extrêmement longue fut appelée "La Guerre Première". Après des centaines de milliers d'années de luttes acharnés, les deux camps, les deux races se sont entretuées, ce réduisant presque à néant. C'est alors que surgit des entrailles de ce monde à l'agonie une force dont nul n'aurait pu imaginer l'existence. Un mal incommensurable qui avait à ce moment tout le champ libre pour transformer les deux royaumes à sa guise. A partir de ce temps, la terre telle que l'avaient connue les premiers êtres disparut, le monde changea à jamais.
Je fis une pause pour observer la tête que mes compagnons d'infortune faisaient, ils semblaient être en transe (surtout le barbare), sauf Bianne qu'il avait l'air simplement intriguée, m'écoutant dans un silence religieux. Je poursuivis.
- La divinité dont le nom ne doit pas être prononcée, créa tout d'abord, en se servant de son propre corps huit sous divinités. Puis, pour ne pas avoir à régner sur une terre dépeuplée, il créa dix-neuf nouvelles races, pour coloniser ce qui deviendrait son domaine sur lequel il régnerait avec sa domination absolue. Mais son travail de recréation lui prit bien plus longtemps qu'il ne l'avait espéré, et surtout, il fut tellement acharné que son ambition le conduisit au seuil de la mort de l'âme, la vraie mort. Il se mit alors en sommeil, après avoir créé une vingtième race. Ne pouvant plus se réfugier dans cette terre, il façonna à l'aide des astres infinis, un nouveau petit monde, non loin de cette terre, qui lui servirait de lieu de résidence en attendant que son heure de gloire sonne à nouveau.
A l'heure où j'écris ses lignes sur la pierre, il ne reste plus beaucoup de temps en années d'elfe avant le sombre retour de ce "Dieu" dont le nom ne doit pas être prononcé, et rien sur cette terre ne serait assez puissant pour arrêter une telle menace.
Mais il reste un espoir. La dernière race qu'a créé ce Dieu avait un pouvoir particulier qui....
Je m'arrêtais quelques secondes, le temps de retrouver là où le texte reprenait. En effet, à partir de cet endroit, quelques lignes manquaient.
- ... exterminés. Le sang des Georym continua à couler dans les veines des êtres vivants, se mélangeant au fil des siècles au sang des autres races. »
Je fis une nouvelles pause, la suite n'était plus en relief, mais peinte sur la roche. Impossible de savoir avec quoi cela avait été fait. Le ton du texte changea soudain, prenant des airs de prophétie. C'est une partie que je n'avais pas lu la première fois, je la découvrais en même temps que mes compagnons.
La race des Georym se réveillera au travers d'un seul être.
Révélant son pouvoir infini, dans le plus grand combat jamais mené depuis la "Guerre première".
Réunissant autour de lui huit compagnons issus de différentes races, des mortels.
Réunissant autour de lui les représentant des éléments, des Dieux.
La lumière de l'espoir brillera au cœur des ténèbres de Kargor Dûm, l'astre de la Noirceur Absolue venue des entrailles.
Je me retournais vers mes compagnons, tous mystifiés... que devions-nous penser de tout ça... ? Personnellement, je me demandai quel était le fou qui avait pu graver dans le roc une telle histoire...





Chapitre 3 : L'homme à la faux



Val Harkan :

Le sorcier se tut. Comme tous les autres je restai pensif. Ce texte éveillait quelque chose en moi. Un côté de moi-même oublié depuis longtemps. Je fermai les yeux et portai ma main à mon visage.
Que… mes griffes ?
En effet, cinq griffes meurtrières apparaissaient au bout de mes doigts. Je les rétractai avec difficulté. Comme si, ici même, mes "atouts" voulait se découvrir.
« Bianne, Monsieur traduction, le barbare, le nécromancien, Farkas, le jeune mage et moi-même, dis-je, réfléchissant à voix haute. Sans oublier un curieux qui nous observe de là-haut, ajoutai-je en fronçant le nez. Nous sommes huit. Et tous de races différentes.
J'étais sûr qu'au moins trois personnes dans cet....endroit étaient capables d'additionner deux et deux après mon monologue. Je soupirai et lançai:
- On réfléchira à tout ça plus tard. Pour le moment, sortons d'ici.
Je m'approchai de la paroi, observant la roche. Lisse comme du marbre.
Donc pas de grimpette à griffe.
Je regardai autour de moi, cherchant des yeux une solution, lorsque je remarquai un petit point lumineux, vers le sud.
- Il y a une sortie par là. Quelqu’un a une idée où elle mène?

Farkas Tedzek :

Le sorcier arrêta de parler. Personne ne dit mot, digérant ce qu’il venait d’entendre. L’humaine ne semblait pas trop surprise par le récit, comme si elle s’y attendait. Le jeune mage affichait une expression surprise ; il n’avait pas compris grand-chose. Une seule personne paraissait intéressée : Le tueur. Il m’avait vraiment surpris en me parlant dans ma langue natale. Il prétendait se nommer Riel'nal, « enfant de la forêt ». Ce nom me disait quelque chose… Mais impossible de me rappeler quoi. Bref, il semblait vraiment excité, ce qui me rappela les derniers mots du texte, ressemblant à une prophétie. Huit races… Je nous comptai : Moi, un elfe sylvain, l’elfe noir nécromancien dont j’ignorais encore le nom, le sorcier, le jeune mage, le barbare qui, de toutes évidences, était sourd, les deux autres, Bianne et Riel’nal. Nous étions sept. Ca ne collait pas. Donc rien ne prouvait qu’il s’agisse de nous. Restait donc à sortir d’ici. Heureusement que j’avais créé une liane ! Je regardai l’ouverture au plafond et poussai un juron en elfique : La liane s’arrêtait à quatre mètres du sol au moins ! Les gravats ayant été dégagés, je ne pouvais plus l’atteindre !
« Il y a une sortie par là. Quelqu’un a une idée où elle mène ? demanda quelqu’un.
Je me retournai et examinai la salle. L’épée du sorcier éclairait une ouverture dans le mur.
- Au point où on en est, on ne risque rien à essayer ! Remarquai-je.


Skronk :

Le petit homme debout regarde la pierre et tout le monde a l’air de s’y intéresser. Ne voulant déranger personne, Skronk marche derrière le petit groupe. Ne comprenant rien aux petits dessins incrustés dans la roche, il ricane. Il en a déjà vu de semblables, car la vieille dame de son village en possédait beaucoup des comme ça. Etrangement, Skronk n’avait plus envie de secouer le petit homme. Il l’aimait bien finalement, mais les voir tous devant la pierre est énervant et Skronk n’aime pas parler aux pierres.
Pendant que tout le monde s’extasie, une voix familière résonne dans sa tête, il la connaît bien, ce satané lutin ne peut s’empêcher de venir l’embêter. De sa voix nasillarde il commence sa tirade :
« Skronk, tu ne vois donc pas que tout le monde complote contre toi ? Ils veulent te prendre la fourrure pour la revendre. Skronk, tu devrais te méfier. Souvient-toi de la vielle dame, le soulagement que tu as éprouvé quant tu lui as arraché la tête ! »
Avant d’avoir l’opportunité de répondre au lutin, Skronk remarque que quelqu’un désigne un endroit au bout de la caverne. Visiblement, la pierre ne les intéresse plus. Attiré par la lumière qui provient du fond de la caverne, Skronk s’approche. Le sorcier à côté de lui visiblement lui parle. Etrangement Skronk n’a pas envie de lui écraser son poing sur son gros nez qui l’agace fortement. Le sorcier visiblement décontenancé par l’hébétude de Skronk, commence à lui faire quelques signes. Skronk, amusé, les répète tout en ricanant bêtement.
L’épée qui scintille l’intéresse beaucoup. Le sorcier s’enfonce dans la caverne. Skronk, comme hypnotisé, le suis. Arrivés au bout, la lueur du jour passe par une fissure de la roche. L’autre magicien lance un éclair qui rebondit sur la paroi. Skronk, apeuré, se met à genoux, les mains sur la tête. Au bout de quelques instants, la femelle s’approche et lui touche le bras. Levant les yeux vers celle-ci, il la regarde faire des signes à son tour. Il ricane bruyamment sans chercher à comprendre. Qu’est-ce qu’ils peuvent être idiots à gesticuler ainsi !
Finalement au bout de la cinquième fois, il commence à comprendre : ils ont faim comme Skronk et il veulent sortir de la caverne pour qu’ils aillent chasser. Il regarde le mur, plus épais que celui de la dernière fois. Reculant un peu, il prend son élan et court en direction du mur. Celui-ci ne s’ébranle pas. Excédé, il aimerait bien avoir sa hache pour démolir ce tas de pierre. Il regarde l’homme brun, qui serre une sorte de masse qui paraît à Skronk très solide. Sans prévenir, il lui arrache des mains. En fin de compte ce n’est qu’un vulgaire bâton… Enervé, il prend son élan à nouveau et donne un coup puissant au mur avec le bâton qui se brise, laissant apparaître une petite brèche dans le mur. Content, Skronk reprend son élan et bondit contre le mur. Son corps passe complètement à travers, libérant toute la compagnie de leur prison de pierre. A l’extérieur, c’est une grande carrière donnant vue sur une superbe cascade.

Sabrane Hyle :

Je passai précipitamment devant le barbare, lui prenant mon bâton qu’il avait prit. Je n’étais pas triste qu’il soit cassé, car c’était un bâton de mage, et dès que j’eus cette pensée, il se recolla tout seul, comme tout objet magique digne de ce nom. Je sortais enfin de la caverne.
Ouf, que c’est bon de sortir à l’air libre. Je regardai les autres se tendre les bras en l’air, à cause du fait qu’ils étaient ankylosés, dans le matin naissant. J’observai la dame qui semblait vouloir me protéger souvent. Ca ne me dérange pas tellement de me retrouver entre des bras à l’air maternel, mais j’avais quand même déjà quinze ans et je suis un mage, alors il faut tout de même que j’ai encore de la fierté.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:50

« Bon, dit l’homme avec une cape de couleur bleue nuit. Comment allons-nous retrouvez Tan-Klaroz ?
- Je connais un petit sort de localisation, fis-je plein de bonnes intentions.
J’étais déjà en train de me positionner, quand j’entendis la voix du sorcier me dire :
- STOP, excuse-moi, mais je n’ai pas envie de me retrouver en enfer par ta faute.
- Comme vous voudrez, messire, dis-je avec une petite moue.
Il lança son bâton en l’air, puis dit « Tan-Klaroz ». Quand le bâton retomba, le sorcier semblait intéressé par la direction que montrait le bout de son engin magique.
- Bon, c’est dans cette direction, fit-il finalement.
C’est alors que nous nous mimes route. Je trouvai que le silence qui nous accompagnait était pesant. Pour amuser la galerie, je pensais que faire sortir des fleurs de mes manches aurait été amusant, mais j’avais peur qu’elles ne sortent de mes oreilles.
- Dites-moi, messire, dit-je à l’homme en cape bleu. Comment vous appelez-vous ?
- Val Harkan, grommela-t-il.
- Ah, c’est un beau nom, messire Val, cela me fait penser au nom d’un tuer à gages que mon père avait payé pour s’occuper d’un ennemi d’un autre collège.
Il baissa ces yeux vers moi. Le regard qu’il me jeta sembla être un regard de calculateur.
- Tu es le fils de Lhoan Hyle ? demanda-t-il.
- Oui, répondis-je avec appréhension.
- C’est moi qui avais travaillé pour lui.
J’eus un peu peur en entendant cela, car on disait qu’il avait fallu beaucoup d’habileté pour avoir réussi à entrer dans le collège le mieux gardé au monde afin de tuer la personne en question. Il semblait penser que la conversation était finie, mais je n’en avais pas fini avec mes questions.
- Et pourquoi cherchez-vous cet homme, messire Val ?
- Ce ne sont pas tes oignons. Et appelle moi Harkan. Val, c'est pour les amis. Compris, mage ?
- Allons, appelez-moi Sabrane, messire.
- Comme tu voudras, mage.
Comme je me sentais un peu mal à l’aise en parlant avec lui, je décidai d’engager la conversation avec mon homologue sorcier.
- Et vous, comment vous appelez-vous, messire ?
- Thurim Vessiel, grommela-t-il aussi.
- Oh, mon père vous connais, il vous considère comme un égal, m'exclamais-je.
Il ne semblait pas trouver cela comme un compliment.
« Quel belle bande joyeuse » pensais-je avec ironie.
- Toi par contre, dit-il, tu ne m’as pas l’air doué en magie. Veux tu que je t’apprenne des choses ?
- Merci, fis-je avec un petit geste, mais j’ai appris assez de choses. Malheureusement, j’ai la mémoire de ma mère. Elle était très belle, mais très étourdie aussi. Elle faisait rire mon père avec ses petits oublis. Mais un jour, elle se baigna dans le lac, en oubliant qu’il y avait des crocodiles mangeurs d’hommes. On n’a retrouvé ses os qu’une semaine plus tard. J’avais cinq ans ce jour-là.
J’avais dit tout cela d’une manière très normale, ce qui expliquait peut-être pourquoi ils me regardaient tous avec des yeux ronds.
-Et….. Dit la femme protectrice, ça ne te rend pas malheureux ?
-Non, fis-je d’un ton détaché. Je me dis qu’elle a eu une mort intéressante.
Ce qui accentua leurs regards étonnés. Je décidai de m'intéresser au seul qui semblait ne pas savoir où il en était, c’était le barbare.
- Et votre nom à vous messire, fis-je en levant haut la tête, quel est il ?
Il ne semblait pas m'entendre, alors je répétai ma question sous forme de télépathie.
- Skronk, dit-il en regardant partout, sûrement pour chercher d’où venait la voix.
"Et pourquoi cherchez-vous cet …… ?"
Je m’interrompis en voyant qu’il semblait enfin m’avoir vu, en plissant le front.
- Toi être vachement petit, fit-il d’une voix idiote.
- Oui, mais il ne faut pas juger sur les apparences, messire Skronk, dit-je un doigt en l’air.
- Aussi petit qu’un…… LUTIN ! ! ! s’exclama-t-il.
Avant que je n’ai pus me rendre compte de quoi que ce soit, je reçu un méchant coup de poing dans le ventre, et mon dos alla cogner un arbre qui était à trois mètres derrière moi deux secondes avant.
- SKRONK VA ENFIN TUER LUTIN QUI L’EM***** DEPUIS DEBUT VOYAGE, tonna-t-il en essayant de se jeter sur moi, retenu par la dame et par le sorcier. Quand il réussi à se dégager, j’eus l’impression qu’une montagne me chargeait. Heureusement, j’entendis la voix du sorcier qui jeta un sort, et je vis le barbare s’arrêter, les yeux un peu brumeux. Je compris qu’il y avait un sort pour que je disparaisse à ces yeux.
- A ta place, lança méchamment la dame, j’arrêterai de parler.
Je dis, presque dans un murmure à cause du coup de poing :
- Aucun danger.
Et nous continuons à marcher, dans un silence pesant. Enfin, on arriva à proximité d’une entrée de grotte, où se trouvait un petit tas humain, recroquevillé sur lui-même.
- Voici Tan-Klaroz, dit messire Val.

Tan-Klaroz :

Je suis dans un rêve... Mes blessures ne me font plus mal, je suis guéri(e). Le soleil s'est levé... Mais je sens plusieurs présences dans les environs. Ce sont les personnes qui me poursuivent et d'autres êtres que je ne connais pas. J'ouvre immédiatement les yeux et me redresse, ma faux en main. Ils sont tous là ! La femme, l'homme aux grands yeux verts, ce gros barbare, Lhao, un Elfe sylvain, un sorcier et un jeune mage. Je recule lentement vers le fond de la grotte. Ces imbéciles m’empêchent de pouvoir m'enfuir par l'entrée... J'hésite entre reculer jusqu'au fond de la grotte ou foncer dans le tas en tranchant ce qui se trouve sur mon chemin. La femme me lance :
« Ne fuis pas Tan-Klaroz, nous ne te voulons absolument rien !
Elle essaye de m'amadouer, et bien qu'elle essaye !
- Désolé(e) mais je ne suis pas une prime vivante ! Disparaissez ! »
Je sers un peu plus ma faux et la fait miroiter au soleil. Le jeune mage à l'air surpris. Le barbare me regarde en rigolant.
Toi ! Je vais t'enlever l'envie de me traîner par les cheveux comme un vulgaire esclave !
Le sorcier lève la main et souffle :
« C'est toi que nous cherchons.
Je commence vraiment à en avoir jusque là moi !
- Vous êtes débiles ou je dois vous le dire à ma manière ? DISPARAISSEZ ! Je ne suivrais personne pour quelque raison que ce soit ! Alors barrez-vous ! »
Je fais tournoyer ma faux autour de moi. Je remarque trop tard que le barbare me lance quelque chose. Une grosse pierre m'assomme à moitié. Je chute et sens une traînée rougeâtre dévaler mon front. J'entends vaguement une ou deux réprimandes envers le barbare puis... le choc de ma tête contre le sol me fait perdre connaissance...

Val Harkan :

Il avait peur de nous, ce que je comprenais parfaitement. Je fis un pas en avant, mes mains bien en évidence, histoire qu'il ne se fasse pas de fausses idées. Il fit tournoyer sa faux et je m'arrêtai. Je vis alors passer une pierre grosse comme mon poing. La pierre frappa Tan-Klaroz à la tête et il s'écroula.
« Mais quel abruti! » Lâchai-je sans m'en rendre compte.
Je m'approchai de l'homme étendu à terre et m'agenouillai. Je vis du coin de l’œil Bianne venir aussi et les autres réprimander le barbare. Je regardai la blessure. Juste une écorchure superficielle. Je passai la main dans mon dos et ouvris ma sacoche bleue. Du bout des doigts je tâtonnais les bouchons des fioles et prit le baume de soin. Je l'ouvris et étalait une noix de son contenu sur la plaie. Tout en massant la tempe de Tan-Klaroz pour que le produit pénètre, je lançai autre:
- Je propose qu'on campe ici. De toute manière, je ne pense pas qu'il se réveillera avant ce soir et il est hors de question de se déplacer de nuit à ce niveau de la forêt. D'accord? dit enfin en regardant Bianne.
- Entendu, répondit-elle.
- Je vais faire un feu, proposa Lhao en faisant volte face.
- Tâche de ne pas mettre le feu à la forêt! Dis-je, sarcastique.
Le nécromancien répondit par un grognement peu amène. Ne faisant pas attention à cela, je me tournai vers Bianne.
- Quelque chose ne tourne pas rond avec cet homme, lui dis-je à voix basse. J'ignore dans quoi vous m'avez entraîné, mais je suis sûr d'une chose: cet être, oui j'ai bien dis être, va nous causer un paquet d'ennuis. Appelez cela une impression, de l'instinct ou ce que vous voulez. Quoi qu'il en soit, je serai assez enclin à être très prudent.
Elle me lança un regard de doute et de méfiance. Elle se défie de moi. Je la comprends. Mais cette fois je suis sérieux. L'odeur de Tan-Klaroz me perturbe, comme si l'être avait deux odeurs.

Bianne :

Tandis qu'Harkan continue à soigner le blessé, je m'éloigne. Rester seule, juste un instant.
Un sourire ironique est né sur mes lèvres. On passe des années à fuir, et le destin vous rattrape.
« Dame Bianne ? Puis-je vous poser une question ?
Je ne me retourne pas. Le sorcier m'a rejointe.
- Je ne vous promets pas d'y répondre, messire Vessiel.
- Qui vous a envoyé ? Qui vous a payé pour poursuivre Tan-Klaroz ?
- Quelqu'un... qui pense que ce garçon doit rester en vie.
- Qui ?
- Quelqu'un.
Il n'insiste pas. Il sait que je ne dirais rien de plus. Nous marchons un instant silencieux parmi les ronces.
- Que sommes nous sensés faire ? Demande-t-il soudain.
- Pourquoi me demander ça à moi ?
- Votre employeur semble vous avoir informé de choses que nous ignorons. Vous ne sembliez pas surprise, en entendant la prophétie gravée sur la stèle.
- Mon employeur m'a juste payée pour conduire ce garçon en lieu sûr, là ou le roi ne pourra pas lui nuire. Connaissez-vous un lieu sûr, messire Vessiel ?
- Moi ? Je ne suis pas de la région. Vous, n'en connaissez pas un vous ?
- Je suis chasseuse de prime. On me paye pour que les lieux sûrs n'en soient plus.
- Peut-être les autres, alors.
- Peut-être. Nous avons peu de temps. Regardez.
Je pointe le doigt vers l'orée de la forêt. Des étincelles brillent à la lueur du matin. La garde royale vient de quitter la ville.
- Ils ne craignent pas les fantômes, de jour. Ils vont bientôt entrer dans la forêt pour chercher le garçon.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:50

Chapitre 4 : Les légions de la manticore

Thurim Vessiel :

Je sentais bien qu'elle me cachait quelque chose, quelque chose qui n'avait rien de commun avec tous les autres humains. Elle semblait ignorer qu'en me rapprochant simplement d'elle, j'en avais appris plus en examinant son aura de près, qu'en lui parlant avec des mots.
La couleur de cette aura était bien plus brillante qu'elle n'aurait pas le laisser paraître... pourquoi une telle personne était chasseuse de prime, je ne pouvais le comprendre.
Maintenant que nous avions trouvé ce fameux Tan-Klaroz, que fallait-il faire ? L'emmener quelque part dans un endroit sûr comme le proposait Dame Bianne... et une fois qu'il y serait, que ferions-nous ? De plus, nos autres compagnons n'avaient peut être pas de but aussi bienfaisant ou incertain que nous...
Et ce nécromancien, pourquoi était-on obligé de le supporter ? Sa magie ne pourrait nous apporter que malheur et désastre. Mais je devais avouer que d'après ce que j'avais entendu dire de Val Harkan, c'était grâce à lui si le mystérieux jeune homme était encore en vie. Vie que je crus un moment avoir été fortement écourtée par ce stupide barbare !!!
C'est alors que Bianne me montra, se profilant devant l'horizon, un petit régiment de ce qui ressemblait à la Garde Royale de Brakerval.
Une chose m’intriguait dans la tenue de certains d'entre eux, il semblait reconnaître un signe que j'avais déjà vu auparavant. Mais hélas, je ne pouvais voir ce dont il s'agissait avec précision, mais il fallait m'en assurer.
« Farkas j'ai besoin de vous !
- Veuillez éviter d'employer ce ton autoritaire avec moi, messire sorcier ! dit-il en levant tout de même. Que voulez vous ?
- Regardez par là-bas ! Dis-je en pointant le doigt vers le régiment. Que perçoivent vos yeux d'elfe sur l'armure de ses soldats ?
Il plissa les yeux et ne tarda pas à me répondre.
- C'est bien l'armure des Gardes Royaux, au rythme où ils marchent, ils seront sur nous d'ici une heure... attendez, je vois un étrange symbole sur plusieurs de leur plastron. Cela ressemble à un lion, il possède une queue de scorpion et des ailes de chauve-souris.
J'écarquillai les yeux. J'avais entendu parler de ses gens portant ce genre de signe distinctif sur leurs armures. Je ramassai mon bâton à terre et me précipitai vers le feu, l'écrasant rapidement du pied.
Val Harkan se leva d'un bond, ainsi que le barbare.
- Hé, quoi toi faire, Skronk a froid !!
- Qu'est-ce qui vous prend, sorcier !?
- Nous ne devons pas rester ici plus longtemps ! Vous le barbare, rendez-vous utile et portez le jeune Klaroz ! Nous devons partir tout de suite !
- Est-ce par rapport aux Gardes que vous dites cela ? Il n'a y a pas de quoi s'affoler, ils sont encore... commença Bianne
- Il n'y a pas que des Gardes Royaux dans ce régiment ! Alors faites moi confiance et partons !! »
Je me dirigeais vers un passage entre deux arbres, prenant un petit moment la tête du groupe. Sabrane Hyle fut le deuxième à me suivre ; voyant que j'étais sérieux, les autres ne tardèrent pas à en faire de même. Je les avais contraint à presser le pas, mais plus que les sombres imbéciles de soldats Royaux, le Roi semblait avoir loué d'autre services, il ne valait mieux pas croiser leur chemin...

Len Arken :

Attendre. Toujours attendre...
Sombre. Endroits sombres...
Cachettes. Se cacher...
C'est tout ce que j'ai fais pendant ces dernières heures.
Mais c'était parfaitement mon habitude. Je suivis les autres en restant à portée d'oreille quand ils entrèrent dans la salle ou se trouvait la stèle.
J'entendis toute la prophétie. Je vis le barbare dégager une entrée dans le mur. Puis, après avoir ouï toutes leurs conversations, je notai mentalement leurs noms.
Quelques instants plus tard, tous retrouvèrent un certain Tan-Klaroz qu'on semblait rechercher activement. Quand ce dernier se leva, il réagit plutôt violemment. Le barbare lui lança un roc dans le crâne qui le fit tomber KO. De toute façon, je ne connaissais pas beaucoup de monde qui se serait pris un rocher de cette taille sans être assommé.
Quelques instants plus tard, Thurim - Le magicien - détecta quelque chose qui sembla l'affoler. Il demanda vérification à l'elfe qui lui répondit quelque chose que je n'arrivais pas à entendre. Soudain, il ordonna à tout le monde de s'éloigner. Je décidai de continuer à les suivre. Sur ce, je montai sur un arbre et recommençai à voltiger en les suivant. J'entendis une part de leur conversation:
« ...Il ne s'agit que de soldats royaux.
- Mais quels soldats royaux!
- Expliquez-vous.
- Je ne sais pas si je peux...
- Cela nous concerne tous! Il faut que vous nous le disiez!
- D'accord. Cet insigne... j'ai reconnu certains soldats parmi ceux de la garde Royale: Ils appartiennent au Bataillon de la Manticore aussi appelé "Légion de Hylden".
- C'est quoi?
- Ce sont des mercenaires sanguinaires manipulant des armes et des artefacts magiques puissants, et utilisant principalement le feu et le poison.
- Quoi ? Mais pourquoi viennent-ils nous rechercher, nous?
- Je n'en sais rien, mais c'est mauvais..."
Je perdis le fil de la conversation. Je m'aperçus alors que j'étais tellement absorbé que je m'étais arrêté. Je me relançai à leur poursuite.
Soudain, j'entendis des cris et des bruits de lutte.
Je sautai et je m'aperçus alors que la plupart d'entre ceux du groupe pendaient maintenant par les pieds, attachés à des chaînes elles-mêmes attachées à des arbres. Le barbare se débattait furieusement, tentant de taper aux alentours. Le jeune magicien tentait de lancer un sort, mais apparemment n'y arrivait pas. Pareil pour le nécromancien, le magicien de la foudre et les autres qui essayaient de lancer de la foudre. Soudain, j'entendis des voix:
« Hé, il nous a pas eu, ce cercle anti-magie marche bien!
- Attention au barbare, il a l'air déchaîné.
- Il se fatiguera bien vite » fit un troisième, moqueur.
Des rôdeurs pensai-je.
Soudain, un quatrième sortit de la forêt.
« Commencez à les dépouiller de leur argent, de leurs vêtements et de leurs objets de valeurs.
- Et la femme?
- Je crois que vous pouvez vous en "occuper" plus précisément. » Finit-il avec un rire sardonique.
Soudain, j'aperçus le pendentif qu'il portait: Quatre têtes de mort attachées entre elles, le tout enfermé dans un tout petit carré transparent.
Immédiatement, la haine m'envahit. Je ne pouvais laisser faire ça. Pas aux mains de ce type.
Je sautai de mon arbre, me découvrant aux yeux de tous.
"Tiens, tiens, une autre cible, fit le chef au pendentif.
- Rêve pas trop, répliquai-je.
- Chef ? Demandèrent les trois autres.
- Allez-y" fit le chef.
Soudain, l'un d'eux se mit à me charger.
Je pris l'une de mes dagues...
...Et je la lançai en direction du type. Elle se planta dans sa tête et il tomba à terre.
Je m'approchai du corps et je pris la dague.
« TUEZ LE! »
Les deux autres me chargèrent. Je tendis mes bras, avec une dague dans chaque main et je fis un tour sur moi-même au moment ou ils arrivaient. J'entendis à peine deux "Sching".
Les deux rôdeurs restèrent un moment debout, immobiles, et s'écroulèrent au sol.
Il ne restait que le chef qui sortit une épée. Je tenais toujours mes dagues. Soudain, il chargea.
Je réussis à parer ses coups. Il maniait bien l'épée, mais j'étais aussi bon. Soudain, avec un mouvement rapide de la lame, il éjecta les deux dagues de mes mains.
Il sourit, puis rangea son épée.
"Regardez, dit-il aux autres suspendus, comment j'achève les opposants à mains nues."
Quel idiot.
Il chargea de nouveau. Je réussis à parer absolument tous ses coups. Soudain, ce fut moi qui frappai, et en un moment, il fut projeté à terre. Soudain, il ramassa son épée et faillit me trancher avec.
« ESPECE DE SALE TRICHEUR!
-Il n'y a pas de règles dans ce duel, je me trompe ? »
Je réussis à attraper mes dagues juste à ce moment la. Il sourit de plus belle avent de charger de nouveau. Un vrai taureau...
Il se mit à frapper avec agilité. J'eus du mal à parer ses coups cette fois-ci. Soudain, j'eus une idée. Je propulsai ma main gauche tenant la dague vers sa tête. Il esquiva sans difficulté. Je plaquai alors mon bras contre son cou en ramenant illico la dague...qui lui trancha la gorge en passant.
Il poussa un gargouillement avant de tomber à terre.
« Pff... Minables.
Je finis par regarder les autres, toujours suspendus en haut.
- Vous avez eu de la chance... Ces rôdeurs sont vraiment forts ces derniers temps...surtout quand ils sont accompagnés - je regardai le chef a terre - de ces salauds du clan des Garkan-Lam. »
Je grimpai aux arbres et je me dirigeai vers la femme.
- Attention à la chute.
Je réussis à défaire la chaîne qui la retenait. Elle tomba par terre, mais de pas très haut.
Je libérai les autres en un instant, aidé par la femme. Quand j'eus fini, je dis:
« Les remerciements élogieux, c'est pas mon truc, alors vous pouvez dire simplement que j'étais au bon endroit au bon moment et c'est tout. Maintenant, si vous m'excusez... »
Et immédiatement, je me relançai dans les arbres.

Bianne :

« Laissez-le partir, crie-je au sorcier. Et bougeons d'ici, la garde royale est toujours à notre recherche.
- Mais...
- Laissez-le partir, je vous dis. Il reviendra.
- Comment pouvez-vous en être si sûre ?
- Vous avez lu la prophétie, non ? Il reviendras, parce que c'est lui le huitième compagnon.
Sans laissez au sorcier le temps de répliquer, je m'approche de l'apprenti mage et l'aide à se relever, et lance un regarde moqueur à Val Harkan.
- Eh bien, messire Harkan, on dirait que vous ne les avez pas senti approcher, ces rôdeurs.
- Non, en effet, me répond-t-il d'un ton qui se veut désinvolte.
En réalité, il est furieux. Mine de rien, cet incident renforce d'avantage les soupçons fous que j'alimente à l'égard de cet homme.
Ces rôdeurs nous ont approché avec beaucoup moins de précautions que je n'en avais mis à le suivre dans les rues de la capitale. Pourtant il ne les a pas senti approcher. Et je sais quelle est la différence entre ces rôdeurs et moi.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:51

Eux se sont frottés le corps avec cette racine qui élimine les odeurs, empêchant les chiens de suivre leur piste... L'elfe m'interrompt dans mes réflexions.
- On bouge !
- Je... Je ne bouge pas ! Fait la voix timide de Sabrane Hyle.
Je baisse les yeux vers l'apprenti mage. Il tremble mais affiche un air déterminé.
- Je ne bougerais pas. Pas avant de savoir ce que nous sommes exactement sensé faire. J'ai bien compris que nous étions huit, et que nous devions protéger Tan-Klaroz parce qu'il doit accomplir quelque chose, mais vous, Dame Bianne, vous semblez en savoir plus que nous tous à son sujet. Je ne bougerais pas d'ici avant que vous ne m'ayez tout dit.
- Bon sang, commence le sorcier, c'est tout sauf le moment.
- Ce n'est rien messire Vessiel. Calmez vous.
Je m'agenouille devant Sabrane Hyle et pose mes mains sur ses épaules.
- Quel âge as-tu, Sabrane ?
- Quinze ans, madame.
- Alors il y a des choses que tu peux comprendre. Sabrane, j'ignore autant que toi ce qui va se passer. J'ignore sous quelle forme ça va arriver. Il y en a eu tant, au court des siècles. Ouragan, tremblement de terre. Tout ce que je sais, c'est que quelque chose va s'abattre sur notre monde. Quelque chose de si terrible que même le roi ne peux aller à l'encontre. Et que cette chose, seul Tan-Klaroz peut l'empêcher de se produire. Pour le roi, ce garçon n'est rien d'autre qu'un être assez puissant pour prendre sa place sur le trône, et c'est pourquoi il veut le tuer, mais il est bien plus que ça. Et la présence des légions de Hylden parmi les gardes qui nous recherchent prouve que quelqu'un, derrière le roi, le sait.
- Quelqu'un ?
Je sors de ma sacoche une feuille froissée sur laquelle j'ai dessiné le visage d'un homme.
- Il s'appelle Biran Sted. Il est conseiller personnel de sa majesté. Mais il rêve de bien plus. Il pense que Tan-Klaroz peut lui fournir le pouvoir absolu.
Je jette un regard à mes compagnons qui semblent suspendus à mes lèvres.
- Pour l'instant, nous n'avons à protéger Tan-Klaroz que de lui. Mais ne vous imaginez pas que c'est la partie la plus difficile de notre mission. Si le destin a voulu tous nous rassembler ici, c'est que le cycle est sur le point de se reproduire. Bientôt, le sol va s'ouvrir en tout endroit dans notre pays, et ses hordes se glisseront doucement sur notre terre, pour le retrouver... Et c'est contre ceux-là que nous devrons nous battre.
- Quelles hordes ? Répète Harkan, mi stupéfait, mi incrédule.
- Celles de notre véritable ennemi. Celui qui va se réveiller d'ici peu et que Tan Klaroz devra affronter.
Je les regarde tous. Pas un seul n'a compris ce que je venais de dire, et je n'ai pas le temps de réexpliquer. Je me réaccroupis devant Sabrane Hyle.
- Sabrane, je te demande de me faire confiance. Le temps presse, et ces rôdeurs nous ont retardé. Nous avons besoin de ton aide.
- De mon aide ? Répète-t-il. Comment pourrais-je vous aider ? Je suis incapable de prononcer une incantation correctement.
- Si tu es parmi nous, c'est que tu as quelque chose à nous apporter. Le destin ne se trompe pas. Crois-en une femme qui a passé sa vie à essayer de le détromper.
Les autres sont déjà prêts à repartir. Ils trépignent. Mais Sabrane est encore hésitant. Un cliquetis parvient à mes oreilles. L'armée avance vers nous.
- Qui vous a envoyé, Dame Bianne ? Qui vous a payé pour retrouver Tan-Klaroz ? Il ne peut pas nous aider ?
- Non, Sabrane. Il ne peut pas. Personne ne peut. A partir de cette minute, nous sommes seuls. C'est pourquoi il faut nous faire confiance.
Je tourne les yeux vers Val Harkan, qui, trop soucieux de la garde à nos trousses, n'y prends pas garde. Lui faire confiance à lui ? Il faudra bien. Sabrane a vu mon mouvement de regard.
- Je vous suivrais où il faudra, dit-il.
- Bien, murmurai-je. Alors quittons cette forêt.
- Ha oui, fait Harkan, sarcastique. Et comment ? Nous sommes cernés !
Mais c'est de nouveau l'apprenti mage que je regarde.
- Fais-nous sortir de cette forêt, Sabrane. Prononce une incantation.
J'entends, dans mon dos, Thurim Vessiel qui manque de s'étrangler.
- Lui ???? Avec lui, Dame Bianne, nous ne pouvons nullement prévoir où nous atterrirons.
- En effet, Messire Vessiel. Personne ne pourra le prévoir, et surtout pas Biran Sted. Allons, rapprochez-vous tous, et donnez-vous la main.
Mes compagnons hésitent. Mais l'elfe à détourné les yeux pour fixer un point fixe, derrière la forêt.
- Ils sont tous près.
- Eh bien, ricane le nécromancien, on dirait que nous n'avons plus le choix.
En d'autre circonstance, je m'amuserais sans doute de voir la réticence que Thurim Vessiel met à accepter la main qu'il lui tend, et plus encore celle d'Harkan à prendre la mienne. Mais l'heure n'est pas à l'amusement. Une fois que nous sommes tous réunis, Tan-Klaroz toujours sur le dos du barbare, nous tenant tous par la main, je saisis celle de l'apprenti mage.
- Allons-y, Sabrane. Emmène nous n'importe où, mais pas ici.
- In...Incantate Villa, prononce l'enfant d'une voix peu sûre.
Un nuage de fumée. Je sens mon corps qui se dissout. Advienne que pourra.




Chapitre 5 : Voyage à dos de dragon

Skronk :

Ca faisait longtemps que Skronk ne s’est pas amusé autant. Depuis qu’il a quitté le village, son voyage était plutôt monotone. Maintenant qu’il a rencontré tous ces gens, même si certains ne lui reviennent pas, il faut avouer qu’il s’amuse bien. Bien que personne ne ce soit autant amusé que lui, quand il a jeté le caillou à l’homme que le bâton volant avait trouvé. A vrai dire, il les avait plutôt sentit tendu. D’ailleurs toujours le même, qui a éteint le feu. Ca porte malheur d’éteindre le feu, mais ces gens du nord ne comprennent pas. Skronk a horreur d’avoir froid, et tout ce que l’homme trouve à faire c’est d’éteindre la petite flamme orangée. Skronk aime le orange, comme le soleil qui se reflète sur les sables. Le sable de chez lui, sa douce chaleur, le délicat parfum de sueur des proies qui fuient à son arrivée...
Tout le monde part en laissant l’homme à terre. Skronk l’attrape par un pied et le lance sur son épaule comme un sac de viande. Il ne lui suffit que de quelques enjambées pour rejoindre les autres. Et comme la veille, et ce depuis maintenant des jours voir des semaines, peu importe Skronk n’aime pas compter. Il marche, grommelant, les autres voyageurs en tête, et lui seul avec son compagnon de fortune guerre vivace. Même un cochon est plus intéressant, au moins il se débat … Tout en grommelant, il repense à son sac. Peut-être que le coup du bâton volant pourrait fonctionner pour son sac aussi. Au moment de questionner le sorcier, quelque chose l’attrape par le pied. Sa tête se retrouve maintenant en bas. Sans faire attention, il lâche son colis qui retombe face contre terre dans la verdure. Cela est très amusant, Skronk ne s’était pas amusé comme ça depuis bien longtemps. Tout en ricanant il voit s’approcher des hommes, des gringalets. Ceux-ci ne feraient pas le poids face à lui. Si seulement il pouvait en attraper ne serait-ce qu’un seul ! Toujours en ce débattant, tentant d’arracher ces chaînes, la tête à l’envers. C’est marrant mais maintenant ça suffit, Skronk veut descendre !
Et soudain quelque chose tombe des arbres, un homme, ou pas vraiment, mais pas comme Skronk. Qu’est-ce que c’est que ce pays où les hommes tombent des arbres, alors que d’autres au contraire y sont suspendus ??? Tout cela est bien trop compliqué pour Skronk. Bien que le nouvel arrivant ne soit pas aussi beau que Skronk, celui-ci se bat pas mal. Cela dit, Skronk aurait déjà tué tous ces imbéciles. Si seulement il pouvait ce détacher ! Tout en se balançant rageusement, il continue d’observer le combat. Skronk aussi aurait pu faire pareil. Les bandits ont triché. Ils ont eu peur de Skronk, quelle bande de lâches !!!
Quelques minutes s’écoulent. Le dernier brigand, certainement le chef, s’écroule finalement, vaincu par l’homme qui tombe des arbres. Il libère la femme, qui ensuite vient enfin ôter les entraves de Skronk. C’est pas trop tôt ! Tout en grommelant, il ramasse le fardeau qu’il a accidentellement laissé tomber. Ca va, il n’est pas cassé, sinon le sorcier aurait encore grondé Skronk. Et comme il est venu, l’homme qui tombe des arbres vient de remonter dedans. Skronk ne comprend pas. Il y a des gens curieux ici, ils pourraient savoir ce qu’ils veulent …Personne ne l’écoute.
Tous semblent plutôt s’intéresser au jeune garçon. Tout en ricanant, Skronk observe la scène. Il préférerait être en train d’étriper un troupeau de gobelins plutôt que d’attendre plus longtemps. La femme sort quelque chose de son sac. Piqué dans sa curiosité il s’approche. Elle exhibe devant tout le monde un portrait. Dessus, Skronk aurait préféré voir d’autres choses, cette forêt l’ennuie. Tout ce petit monde l’ennuie, et ils parlent, et que ça gesticule, qu’est-ce qu’ils peuvent être Exaspérant. La seule distraction qu’il ait trouvée est de tortiller les cheveux de son parasite toujours évanoui.
Au bout d’un temps qui lui parait infini, tout le monde se décide enfin à bouger, mais au grand étonnement de Skronk Ils se mettent en cercle main dans la main. Quelle peut bien être cette coutume ? Il s’approche.
Chez Skronk, quand tout le monde fait ça, c’est pour fêter la victoire !
« Pourquoi vous vouloir fêter victoire ? Skronk n’a encore tué personne… »
Visiblement, personne n’est intéressé par ce que Skronk dit. Vexé, mais curieux de savoir ce que signifie ce rituel, Skronk se fait une place, dégageant le sorcier et prenant de sa main gauche celle de la dame. Le jeune garçon remue des lèvres. De la fumée ! Pris de panique Skronk regarde autour de lui. Pas de flamme, mais cette fumée, comment cela est-il possible ??? Le sol se trouble et la fumée envahie le cercle et s’épaissit. Bientôt, il fait encore plus sombre que la nuit. Skronk ferme les yeux.
Accroupi il sent comme un changement dans l’air. En ouvrant les yeux, il s’aperçoit que la forêt a disparu. Son fardeau gît par terre. Hébété, Skronk se relève, regarde toutes les personnes de la troupe une à une. Celui-ci choqué, ne se retourne pas vers ce que tout le monde fixe : la forêt à moins d'un kilomètre, là où arrive la garde royale.
La forêt, la forêt ! Elle a brûlé ! Nous sommes en enfer !!! Skronk est mort sans avoir combattu. Skonk ne veut pas avoir affaire à ses frères. Les araignées vont dévorer l’âme de Skronk et ses frères vont rigoler de Skronk !!! Tout en répétant cette litanie, il fuit en courant, la forêt laissant place à une immense plage. Arrivé au bord de l’eau, Skronk s’arrête. Souriant, il plonge la tête la première dans l’eau glacée, se laissant couler au fond.

Sabrane Hyle :

Je regardais autour de moi : une plage, quelques kilomètres plus loin la forêt que nous venions de quitter, et messire Skronk se noyer.
« J’y suis arrivé !!! J’y crois, pas, j’ai enfin réussi un sort ? YAOOUUUUH ! Criai-je.
Je sautillais sur place, faisant une danse sans rythme, sous le regard étonné des autres.
-Tu veux dire, dit sire Vessiel qui avait le visage blanc, que tu n’avais jamais réussi de sort convenable avant ?
- Si, dis-je le sourire aux lèvres, quand mon père me donnait des baffes, et encore, il m’arrivait de transformer la craie en crapaud violet et non et corbeau noir.
Certains avaient prit le même teint que le sorcier.
- Mais, je trouve que nous ne sommes pas assez loin, il vaut mieux que je recommence.
- NON, s’écria messire Val. Pas la peine de jouer encore aux dés de la mort, nous avons eu de la chance une fois, alors vaut mieux ne pas réessayer.
- Mais voyons, messire, dis-je avec toujours un grand sourire, je maîtrise. Regardez ce caillou, je vais le transformer en carrosse pour vous.
Je tandis le doigt vers la pierre tandis que dame Bianne commençait à s’inquiéter pour le barbare, puis dis plein de confiance :
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:51

- Changum mobilum.
Un rai de lumière. Des fils roses entourant l’objet, des têtes de chevaux rattachées à leurs corps, apparaissant du néant. Et un carrosse blanc, avec des armoiries sur le flanc montrant l’emblème de mon collège : un bâton de mage sur un cerveau. Voilà ce que je m’imaginais apparaissant pendant que la pierre me frappe au milieu du front, me faisant tomber à la renverse.
-Aïe, m’écriai-je.
Je me mis assis, entendant le mage nécromancien pouffer de rire et voyant dame Bianne tirer par les cheveux le barbare pour qu’il sorte la tête de l’eau.
- Continue comme ça, fit le mage des morts, et tu deviendras vite un de mes serviteurs.
- Ah mais, je vous en prie messire, fit-je retrouvant tout mon mordant, ne me mettez en aucun rapport avec cette magie inculte.
- Quoi ? fit-il en suffoquant.
- Pour moi, les morts sont fait pour le rester, et non pas pour aller préparer le thé pour vous. La nécromancie est une magie impure, qui n’aurait jamais dû être créée.
Il semblait abasourdi de se faire critiquer sa magie par un mage ne sachant même pas faire de bons sorts.
- Eh là, sale mioche, tu….
- Bon, dit madame Bianne coupant court à cette conversation, il faudrait trouver un plan sur ce que l’on doit faire.
Elle dit ceci en mettant son pied sur le ventre de Skronk pour qu’il expulse toute l’eau qu’il a but.
- Ben, commença l’elfe sylvain dont je ne connaissais pas le nom, je dirai :
Premièrement, mettre le plus de distance entre nous et ses fanas des armes.
En second, réveiller le beau aux bois dormant ici présent.
Troisièmement, remettre en forme la barrique pleine d’eau qui est à terre.
Quatrièmement, savoir où aller pour accomplir cette prophétie de mes f****s. »


Val Harkan :

Je me mis une main sur le front en murmurant
« Oh mes dieux, mais où suis-je tombé? »
Lorsque que je vis le mage tomber sur les fesses sous le choc d’un caillou. Du coin de l’œil je vis Bianne tenter de réanimer le barbare. Lorsque Farkas énuméra les choses à faire, je souris.
« Tedzek, il se pourrait que je puisse résoudre ton deuxième problème. A savoir réveiller Tan-Klaroz.
Je m'approchai dudit jeune homme, et me penchait en détachant ma petite sacoche verte. Bianne me lança un regard interrogateur.
- Que veulent dire ces couleurs? Me demanda t'elle.
J'eu un sourire carnassier et citai:
- La rouge contient mes fumigènes et autres prouesses chimiques. La bleue contient tout ce qui est soins. Quant à la verte, c'est la pharmacologie. Poison, drogue et cetera.
Je vit le mage pâlir et le sorcier hausser un sourcil.
- Ce genre de substances ne sont-elles pas interdites? Releva t'il.
- Pour être franc, sorcier, il y a dans cette sacoche de quoi me faire passer le restant de ma vie à l'ombre.
Je sortis de l'étui de cuivre coloré une fiole que je maniai avec précaution.
- Il me faudrait une personne pour tenir ses bras, lançai-je.
Farkas vint m'aider et lui enserra les bras en me jetant un regard inquiet. Tout en débouchant la bouteille, je me remémorai les précautions à prendre. J'enroulai le bouchon en verre dans un chiffon, puis ma main tenant la fiole dans un autre chiffon, et laissait tomber cinq gouttes du produit sur différents endroits du visage.
L'effet fut immédiat. Tan-Klaroz eu de violentes convulsions et se débattit violemment. Maintenant ses jambes avec les miennes, je versai à nouveau cinq gouttes, cette fois sur ses clavicules, et ses convulsions devinrent plus violentes. Enfin, il ouvrit les yeux et poussa un cri de douleur. Je le relâchai et m'éloignai en essuyant soigneusement la fiole. Pendant que le jeune homme se calmait, je jetait au sol les deux chiffons et lançai à Lhao:
- Nécromancien, veux-tu bien me brûler cela?
En me retournant, je vis que l'ex-condamné reprenait son souffle. Le sorcier, légèrement impressionné, me lança un regard curieux.
- De l'Uthanium? Me demanda t'il.
- Disons un petit dérivé, répliquai-je. Ca fait très mal... Quand on est conscient.
- Ca pourrait fonctionner sur lui, fit-il en me montrant le barbare inconscient.
- Sans doute. Mais ça annulerait votre sort. Et je doute que ce soit une bonne idée.
A ce moment, le nécromancien qui avait obligeamment brûlé les morceaux d'étoffe que j'avais jeté, se tourna vers le barbare. Il l'examina, puis, un sourire aux lèvres, lui lança un éclair dans l'arrière train. Le colosse se releva d'un coup en criant à la fois de douleur et de rage.
-Le voila réveillé, dit simplement Lhao. »

Farkas Tedzek :

Le barbare se réveilla brutalement. Il regarda de travers Lhao quelques instant puis, grâce au sortilège du sorcier, lui fit un grand sourire béat. Par contre, l'humain que nous étions sensé protéger se montra beaucoup moins compréhensif.
« Puisque je vous dis que je ne veux pas aller avec vous ! Cria-t-il.
- Je ne suis pas sûr que les gardes qui vous cherchent vous donneront le choix, répliqua Bianne.
Le jeune homme ne su que dire. Il prit un air résigné et demanda :
- De toute façon, où pourrions-nous aller ? Il n'existe aucun endroit où le Roi ne pourrait me retrouver.
- Moi ! Je connais un endroit sur, interrompis-je.
Etonnés, tous se tournèrent vers moi, l'air incrédule.
- Et où se situe-t-il cet endroit ? Me demanda Riel'nal.
- Je ne peux pas vous le dire, je ne peux que vous y mener, si néanmoins vous acceptez d'y aller ! Répondis-je.
- C'est loin ? demanda Bianne.
- Environ cinquante lieues à vol d'oiseau.
- Mais ça fait plus de deux jours de marche ça ! s'écria le sorcier.
- Si on marche ! Répliquais-je.
- Vous avez un moyen de transport ? Me demanda Bianne.
- Si on veut, répondis-je. De toute façon, on n'a plus le temps de trouver autre chose, deux gardes sont sortis de la forêt.
Tout le monde se tourna en direction de la forêt située à quelques lieues d'ici. Evidemment, ils ne purent que voir les quelques scintillements que les lances produisaient.
- Je pense qu'ils nous ont vu, annonça le jeune mage. Ils vont sans doute aller chercher leurs collègues !
- Je crois qu'on n'a plus le choix, dit Riel'nal. Où est votre moyen de transport Tedzek ?
- Devant vous ! »
Et sous leurs yeux ébahis, je commençai à changer. Ma cape se fendit en deux, prenant la forme d'ailes. Je sentis ma mâchoire s'allonger, entraînant avec elle mon nez, ce qui "repoussa" mes yeux un peux plus près de mes oreilles. Pendant ce temps, mon corps grossissait... deux fois... quatre fois... dix fois plus gros maintenant. Une queue apparue, mes mains se virent munies de redoutables griffes. 30 secondes plus tard, ils avaient devant eux l'une des créatures les plus rares au monde: Un dragon noir de Fiolega.
Le barbare s'évanouit à ma vue. Sans doute n'avait-il jamais vu quelque chose de plus gros que lui. Mais les autres étaient encore sous le choc.
« VOUS MONTEZ, OU VOUS PREFEREZ ATTENDRE QUE LES GARDES VOUS Y INVITENT ?! »

Thurim Vessiel :

Au vu du changement assez brutal que venait de subir notre ami des forêts, je m'étais tenu prêt à lancer un puissant sort de Carbunkle destiné à le carboniser. Mais il semblait toujours avoir un certain contrôle de lui-même, je n'en avais apparemment pas besoin.
Je pris conscience que mon pouvoir de détection des auras n'était pas aussi parfait que je l'aurais cru, car j'aurais pu me rendre compte bien plus tôt de cette petite particularité que recelait cet elfe. J'avais entendu parler il y a une cinquantaine d'année pendant mes études de cette mystérieuse race connu sous le nom de "Dreis Sirak" que l'on pourrait traduire en ancien elfique par "peuple démoniaque des bois".
Après m'être assuré qu'il n'y avait aucun danger, mon bâton cessa de s'illuminer ; je montais alors, avec une certaine curiosité mêlée d'excitation sur le dos de notre compagnon.

M D A Lartos Hao :

Le dragon s'envola dans les cieux. Assis dans un coin, je regardais le ciel avec lassitude. Je mourrais d'envie de tuer, de sentir le sang couler sur mes doigts...
Ah.... Aaaaaaaaaaaaaah... aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah enfin, de quoi se marrer : des oiseaux transperçaient le ciel. Je pris mon arc et tire une flèche sur un oiseau. Frappé de plein fouet.
J’éclatai de rire.
Thurim Vessiel me regarda avec un air haineux.
« Quoi ? Qu’est-ce tu veux toi ? Dis je
- Regarde ton oiseau. Il n’est pas mort et il grossit!!
Tout le monde se tourne vers l'"oiseau" qui avait plutôt l'air d'une énorme chauve-souris.
- C'est un démon, dis-je
- Hé, LHao, lave-toi les yeux, il y en a cinq.
En effet, cinq créatures arrivaient, l'une d'elles avec une trace de flèche sur le bras...
- C'EST PARTI POUR UNE TOURNEE ! En plus je suis roi du recyclage, ils vont revivre après leur mort. Je ne les tuerais pas pour rien!.
Je sors mon sabre et attendis qu'une créature se jette sur moi. Ce fut vite fait. Une des bêtes se précipita sur moi, le grand et beau Lhao brandit son sabre et.... mon sabre s’envola en l'air pour retomber et le monstre m'attrapa par une jambe.
- A L'AIDE!!! Criai-je.
Val Harkan et Thurim Vessiel semblaient plutôt s'en ficher
- Je m'en fiche. Fais-toi dévorer, me dit Val Harkan. De toutes façons, cette bête à déjà mauvaise haleine, elle ne perdra rien en te mangeant… Elle gagnera même un peu...
- DIT TOUT DE SUITE QUE JE PUE!
- TU PUES ! Cria sire Val. »
Ils décidaient de me laisser à mon triste sort?

Tan-Klaroz :

Avant de monter sur le dragon, la femme s'appelant Bianne me présenta toute la bande de malades qui me poursuivaient depuis la nuit dernière. Je commençais à en avoir ras le bol de ces soi-disant "compagnons"...
Nous sommes dans les airs, sur le dos de Farkas Tedzek transformé en dragon. Skronk le barbare, toujours évanoui, est dans les pattes du dragon. Nous autres sommes sur son dos. Lhao sort soudain son arc et vise quelque chose de noir dans le ciel. C'est en regardant de plus près que nous remarquons que ce sont en fait cinq démons fous furieux. Lhao se fait attraper la jambe et hurle à l'aide. Val Harkan se moque de lui et Thurim Vessiel ricane. Ils ne semblent pas vouloir l'aider. Je me lève alors et place ma faux sous la gorge du tueur à gages :
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:51

« LA FERME ! Continue tes moqueries de mioches et je te saigne comme un vieux mouton ! »
Il me regarde étonné puis je lance un regard haineux sur le sorcier. Ma faux en main, je tranche le bras du démon tenant la jambe de Lhao; lui transperce ensuite le corps et tournoie comme une toupie pour abattre les quatre autres. J'évite de justesse de tomber du dragon à plusieurs reprises. Soudain, un des trois démons restants me griffe profondément le torse et déchire un bout de ma tunique. Fou de rage je l'empale sur ma faux. Puis je lance en ricanant sur le tueur à gages :
« J'te les laisse ! Fais joujou avec tes armes ! »
Il abat les deux derniers démons et je m'effondre sur le dragon. Mon sang coule abondamment mais je repousse brutalement Bianne et ceux qui veulent m'aider. Je n'ai pas besoin d'eux moi ! Lhao s'approche de moi et dit :
« Pourquoi tu...
- J'avais une dette, je l'ai payé ! Comme ça je ne vous dois plus rien et je pourrais me barrer quand je voudrais ! »
Ma tête se met à tourner, je m'approche d'un flan du dragon puis regarde le paysage défiler en attendant que mon sang cesse de couler.

Bianne :

Le ciel est vide, à présent. Il n'y a que nous au-dessus de la mer. Nous, tous accroupis sur le dos d'un dragon noir, secoués violemment par ses battements d'aile.
Je regarde Tan-Klaroz, inquiète. Il est en train de se vider de son sang, mais il n'y prend pas garde. Il faut que nous le soignions, mais sa faux est meurtrière. Dans le village d'où il vient... Je retiens Harkan par le bras. Il est prêt à lui bondir dessus pour le ramener de force dans notre cercle, mais la lame de la faux l'aura égorgé avant qu'il atteigne son but.
Je suis là, à me demander que faire, tout en retenant mes compagnons, quand la faux s'illumine de rouge. Le phénomène dure quelques minutes, et lentement, je vois le sang qui s'arrête de couler sur la poitrine de notre protégé. La plaie se referme seule. Il se guérit lui-même...
Il nous tourne le dos. Mais je sens le défi dans son attitude. Il pense se suffire à lui-même, n'avoir besoin de personne. Il ne nous suivra pas. Il ne suivra personne. Il ne suivra même pas son propre cœur, car il refusera toute attache, ainsi le font les êtres qui refusent leur destin. Ainsi que je l'ai fait moi-même jusqu'à présent, Tan-Klaroz. Et sans doute d'autre parmi nous, aussi. Qui est venu dans cette forêt, te rejoindre, pour une autre raison que la fuite ? Nous avons été choisis parce que nous sommes tes semblables, des esprits désirant rester libre. Des êtres ayant choisi, pour survivre, de ne compter que sur eux-mêmes.
Mais nous ne pouvons plus nous permettre ce luxe de ne faire confiance à personne, à présent que les rouages de l'horloge se sont mis en marche. C'est un Dieu qu'il te faut affronter, Tan-Klaroz, et tu n'es pas encore prêt. Tu as besoin de nous tous, afin de découvrir les pouvoirs qui sont en toi. Ces pouvoirs, tu ne peux les affronter seul.
Mais cela, comment te le faire comprendre ? Toi qui après toutes ces années, a fini par te convaincre qu'il n'y avait pas de survivance pour toi dans ce monde.
Je cherche quel mot, quelle phrase lui dire, pour l'apaiser. Mais Sabrane Hyle me devance. Il se glisse tout doucement, maladroitement vers Tan-Klaroz. J'aperçois du coin de l’œil Thurim Vessiel, inquiet, qui le regarde.
Je ne suis pas très rassurée non plus. Il s'approche trop. Beaucoup trop.
« Non, me souffle Harkan, laissez-le faire. »
Je me tais. Je ne bouge pas. J'écoute.
« Messire Tan-Klaroz, murmure le gamin d'une voix timide.
Tan-Klaroz ne bouge pas. Ne se retourne pas. Il s'obstine à regarder la mer, au-dessous de nous. Sabrane a du mal à tenir accroupi. Il est tout près des ailes qui battent à toute force.
- Messire, aimez-vous les oranges ?
L'incongruité de la question est telle que nous en avons tous le souffle coupé. Même Tan-Klaroz, se retourne.
- Dans l'université d'où je viens, il y a un rituel. Quand un nouveau veut obtenir l'amitié de quelqu'un, il doit aller voler une orange dans le verger personnel du directeur, mon père. C'est très difficile, parce que le jardin est très surveillé. Il faut maîtriser les sorts de téléportations à la perfection. Une fois j'ai essayé, et je me suis retrouvé dans la grange voisine, complètement enfenêstré. Il a fallu qu'on vienne me chercher avec une échelle, et mon père m'a enfermé dans l'isoloir trois jours durant. Ca ne me dérangeait pas, j'y allais souvent. Mais je n'ai jamais pu obtenir d'orange.
« Mais, à quoi joue-t-il avec ses oranges ? Souffle Harkan qui me retient toujours par le bras.
- La ferme, Harkan, Tan-Klaroz l'écoute ! »
En effet, Tan-Klaroz, visiblement intrigué par ce discours décousu, s'est mis à l'écouter attentivement.
« Ce que je veux dire, c'est que je n'ai jamais su avoir d'amis. Je ne suis pas doué, pour ça. Alors, je crois savoir pourquoi vous êtes comme ça. Je suppose que vous n'avez jamais eu d'ami non plus.
Tan-Klaroz se renfrogne et serre la main sur sa faux. Mais Sabrane n'y prend pas garde, il n'a probablement rien vu.
- Je n'ai pas d'orange à vous offrir, messire Tan-Klaroz, et je n'ai rien d'autre d'ailleurs parce que sur le dos de ce dragon, il n'y a pas grand chose à aller chercher. Mais j'ai toujours ça, si vous voulez.
Il sort de la poche de sa robe un vieux bout de tissu tout chiffonné et le tend.
- C'est le mouchoir de ma mère. Excusez, je devrais en prendre soin, ça lui a appartenu. Je sais, ce n'est pas très beau, mais je vous le donne. Acceptez vous de devenir mon ami ?
Il reste la main tendue, souriant. J'ai soudain une immense peine. Cette douceur, cette naïveté qui va être violemment repoussée. C'est insupportable. Je ne veux pas voir ça.
Par bonheur, Tan-Klaroz ne bouge pas. Il se contente de refermer les yeux.
Sabrane ne semble nullement affecté par l'apparente indifférence qui lui est opposé. Il continue sans s'arrêter.
- J'aime beaucoup votre faux. Elle est magique ? J'aimerais bien avoir une arme qui fait de la magie toute seule, sans qu'il y ait à retenir des incantations. Je me trompe toujours, moi, avec les incantations. Je crois que ma pire erreur, ça a été la fois où il me fallait me changer en tigre, pour un examen. C'était très compliqué. Il aurait suffit que je me trompe d'un mot, et je me serait changé en poule. Je n’en ai pas dormi de la veille. Je me suis répété l'incantation toute la matinée, en me souvenant du mot que je ne devais pas dire, et au moment de l'examen, j'étais tellement concentré sur ce mot que je l'ai dit à moitié, et je me suis changé en tigre poule.
Je visualise l'image du tigre-poule, et manque de m'étrangler. Quelqu'un pouffe. Tan-Klaroz. Tan-Klaroz n'a pu réprimer un éclat de rire. Sabrane ne se démonte pas. Il sourit d'un air contrit.
- Eh oui, je suis comme ça. Je me trompe tout le temps. Mon père dit que je suis la honte de la famille. Mais vous savez, à part la mémoire, je suis quelqu'un de travailleur. On peut compter sur moi, pour les corvées. Je peux rendre un tas de service. Voulez-vous de mon mouchoir, messire, en gage de confiance ?
C'est alors que le miracle se produit. Tan-Klaroz tend la main vers le chiffon et le prend.
- Merci, murmure-t-il d'une voix sèche, avant de retomber dans son mutisme habituel.
Le visage de Sabrane s'illumine.
- Puis-je m'asseoir près de vous, messire ? »
Comme l'autre ne répond pas, il s'assoit sans attendre, et continue son verbiage. Tan-Klaroz reste fermé et silencieux, mais malgré lui, il ne peut s'empêcher d'écouter.
Sainte Survivance du monde, merci d'avoir placé Sabrane Hyle sur notre chemin !
Je les laisse à leur conciliabule et me tourne vers Thurim Vessiel et Harkan, furieuse.
« A QUOI AVEZ VOUS JOUE, TOUS LES DEUX ? VOUS OUBLIEZ QU'ON EST SENSE ÊTRE TOUS DU MÊME BORD ? NECROMANCIEN OU PAS, CRIMINEL OU PAS, RECHERCHE OU PAS, LHAO EST UN DES NOTRE. VOUS DEVEZ LUI VENIR EN AIDE QUAND IL EST EN DANGER.
- Merci de le rappeler, Dame Bianne, fait Lhao.
Mais je le foudroie du regard.
- ET VOUS, PUISQU'ON EST OBLIGE DE VOUS SUPPORTER, MERCI DE GARDER VOS FLÊCHES POUR NOS VRAIS ENNEMIS, AU LIEU DE TIRER SUR TOUT CE QUI BOUGE. »

Farkas Tedzek :

J'essayais de ne pas faire attention à ce qu'il se passait sur mon dos, mais ce n'était pas facile. Plus d'une fois je m'étais retenu de me débarrasser des "parasites" installés sur mon dos. Le pire fut lors de l'attaque de ces démons volants. J'avais tant bien que mal essayé de bien me déplacer pour que les sauts de Tan-Klaroz ne se finissent pas à quelques centaines de pieds plus bas. Heureusement que le barbare était toujours évanoui dans mes griffes ! Je ne sais pas comment il aurait réagit en se rendant compte qu'il "volait" aussi haut dans le ciel.
Le reste du voyage se passa sans nouvel incident. J'entamai la descente afin de mieux voir le paysage. Nous étions pratiquement arrivés. Je me posai finalement à quelques jets de pierre de notre but.
« LE VOYAGE AERIEN EST TERMINE, annonçai-je. VOUS POUVEZ DESCENDRE. »
Une fois mes "passagers" débarqués, j'entrepris de reprendre ma forme d'elfe, que je préférais quand même mieux. Une fois la transformation achevée, je demandai en regardant le barbare:
- Il faudrait penser à le réveiller.
- Aucun problème, annonça Lhao.
Et il envoya, sûrement avec joie, un éclair dans l'arrière train de notre endormi. Celui-ci eut pratiquement la même réaction que tout à l'heure, à la différence qu'il réussi à décocher un coup de poing dans le ventre de Lhao qui voltigea, le souffle coupé, jusqu'au premier arbre pouvant l'arrêter. Heureusement, Bianne s'interposa avant que cela ne dégénère.
- Bon, puisque tout le monde est en état de marcher, je propose d'y aller maintenant, dit Riel'nal.
Puis il m'invita silencieusement part un mouvement de la tête à prendre la tête du groupe. Sans un mot, je les menai devant un petit bosquet d'arbres, apparemment anodin.
- Et maintenant ? demanda Bianne.
Je ne répondis pas tout de suite. Je m'accroupi et enlevai une fine couche de terre, ce qui révélai une stèle avec une légère dépression en son centre.
- Regroupez-vous autour de moi, ordonnai-je.
Ils se regardèrent quelques instants puis, hésitants, ils se rapprochèrent. Je sorti alors ma lance et plaçai le manche dans la petite dépression de la pierre, la pointe dirigée vers le ciel. Je pris une grande inspiration. Seuls des elfes ayant un haut niveau de connaissance magique pouvaient accomplir l'invocation que je m'apprêtai à utiliser. Mais seuls mes plus proches amis savaient que j’avais le niveau suffisant.
Je me concentrai et commençai l'invocation. Un cercle de lumière se forma alors, nous englobant moi et mes compagnons. C'était la première étape: Ce cercle magique permettait de nous rendre invisibles afin que personne ne sache où nous nous trouvions.
Je continuai l'invocation et un nouveau cercle apparu, entourant le bosquet puis s'agrandit jusqu'à englober le premier cercle. La deuxième étape était accomplie: Ce cercle, lui, était un cercle d'illusion, faisant croire que le bosquet ne changeait pas.
Le plus dur restait à faire. Une fois le lieu sécurisé, il fallait ouvrir le passage. Je terminai alors l'incantation et les arbres qui nous faisaient face commencèrent à s'écarter, ouvrant enfin le passage vers notre destination finale. Je lâchai alors mon arme, qui lui restait parfaitement droit à sa place, et m'engagea sur le chemin qui nous faisait face. Les autres ne cherchaient même plus à comprendre.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:52

Ils me suivaient, tout simplement. Le chemin s'arrêta devant une vaste plaine où se dressaient des habitations typiques des elfes. Une fois que le dernier membre du groupe fut dans la plaine, je tendis le bras vers le chemin et me concentrai. Ma lance quitta alors sa place et fila rapidement droit vers ma main ouverte, fermant derrière elle le chemin que nous venions d'emprunter. Ceci fait, je me tournai vers mes compagnons.
- Bienvenus à Amarath Caras, la cité du destin ! Annonçai-je. »





Chapitre VI :La cité du destin


Len Arken :

J'avais espionné toute la conversation et tout cela me semblait fort intéressant.
Seul problème, les gardes se rapprochaient de l'endroit où ils étaient dans la forêt.
« Fais nous sortir de cette forêt, Sabrane. Prononce une incantation.
- Lui ? Avec lui, Dame Bianne, nous ne pouvons nullement prévoir ou nous atterrirons.
- En effet, Messire Vessiel. Personne ne pourra le prévoir, et surtout pas Biran Sted. Allons, rapprochez-vous tous, et donnez vous la main. »
Oh non, pas ça, quelle idée a la c...
« In...Incantate Villa »
Il y eut un éclair, puis ils disparurent.
Ah, bravo! On a de la chance s'ils ne sont pas tombés sur une autre planète.
Mais déjà, les gardes, ne comprenant pas, venaient de tomber les uns sur les autres, à force de se rapprocher beaucoup trop en cercle.
« Que s'est-il passé?" »
- Ils ont disparu!
- J'étais sûr de les avoir vu là il y a cinq minutes!
- Là haut! »
C'est pas vrai!
Je sautai dans l'arbre le plus proche, et je recommençai mon envolée sylvestre, esquivant des flèches ici et là.
A peine dix minutes plus tard, je les avais semés.
Je me dirigeai vers la ville la plus proche tout en me repassant la conversation dans ma tête.
Donc, pour eux, j'étais le huitième compagnon de cette quête. Ca avait l'air de se tenir.
Bon, pour récapituler, tout avait l'air de tourner autour de ce Tan-Klaroz, apparemment recherché pour un pouvoir ou je sais pas quoi.
De la conversation, j'avais réussi à retenir le nom de "Biran Sted". Première étape, trouver des infos en enquêtant sur cette personne. J'avais déjà une petite idée de comment m'y prendre quand j'arrivai à la ville.

Thurim Vessiel :

Un portail lumineux. Pour ce genre de magie, les elfes ont toujours su créer. Lorsque nous sortîmes du très court tunnel blanc qui constituait l'entrée de cet "endroit sûr" que nous avait promis notre ami, je jetai un coup derrière moi, regardai le portail se fermer. C'est alors qu'il déclara :
« Bienvenus à Amarath Caras, la cité du destin ! »
J'avais déjà entendu ce nom quelques fois, parmi Jerith Radras, Lim Azul, et tant d'autres villes elfes dont je connaissais depuis des années les principaux éléments d'histoire, fussent-ils plus vieux que la magie elle-même. Je me retournai alors, face à l'immense voûte de marbre blanc qui faisait office d'entrée de la cité. Il nous invita alors à le suivre, ce que nous fîmes vite après nous être courtement extasiés sur la vision de cet autre monde qui s'étalait devant nous.
Après une demi heure de marche, nous avions à peine atteint la périphérie de la cité. D'après notre ami Farkas, elle s'étendait sur plus de quatre cents lieues à la ronde. La magnificence des colonnes blanches millénaires contant l'histoire de l'endroit, et dispersées partout dans la ville, n'avait d'égales que les sculptures, les jardins publiques immenses, les bâtiments importants qui représentaient toute la culture de ses habitants. J'aurais pu rester pendant des heures à simplement observer sur un banc de marbre la statue de Dran Fell, qui trônait, fière et élancée, sur l'une des très nombreuses places publiques. Non seulement ce lieu d'une magie infinie s'étendait à n'en plus finir, mais il y avait aussi plusieurs niveaux de hauteur ; quatre, pour être précis. Nous pouvions d'ailleurs apercevoir le point culminant de là où nous marchions : le splendide Palais du Roi Setho Caras, lui même. J'aurais bien aimé admirer ces fameuses toiles peintes à l'huile magique qui ornaient chaque couloir de ce somptueux bâtiment, ainsi que les nombreuses salles où étaient exposés trésors de guerre anciens, collections d'objets racontant moult batailles glorieuses et d'autre impressionnants artefacts de nature éthérée ou purement magique.
Pour nous, pauvres étrangers dans cette merveilleuse cité, nous n'étions pas habiletés à nous y rendre sans une excellente raison. Aux vues des regards interrogateurs, rieurs, parfois inquiets, ou tout simplement curieux que nous lançaient les habitants que nous croisions au fur et au mesure de nos pérégrinations dans les grandes avenues, nous n'allions pas passer très longtemps inaperçus. Même la tenue vestimentaire du "haut elfe moyen" me surprenait. Couverts de fines tuniques, cousues de fils d'or, de mythril et portant à divers endroits de leur corps, un, voir plusieurs bijoux d'une rare beauté. Je me rendis alors compte que j'ignorais bon nombre de choses sur ce dont parlais tout ses livres que je dévorais dans mon académie, avec pourtant une soif de connaissance que pouvait d'ordinaire n'éprouver que les novices. J'étais si émerveillé devant tant de beauté culturelle et architecturale que je ne pus remarquer ce que faisaient, ou entendre ce que disaient mes compagnons pendant ce temps. Farkas réussit cependant à attirer mon attention, alors qu'il s'approchait de moi.
« Aimez-vous cette cité Messire Vessiel ?
- J'ai toujours été subjugué par toutes les belles créations pouvant sortir de l'esprit de votre race, j'ai hélas eu trop rarement l'occasion, de pouvoir les voir de mes yeux.
- Nous devons maintenant nous diriger vers le Kel Thaniris !
- La Délégation Centrale des Etrangers, voulez-vous dire !
Il me fit un sourire amusé, un peu surpris de ma rapide traduction.
- Oui, car comme vous l'aurez remarqué, vous allons vite nous faire remarquer, surtout vous, non elfes, dans la cité !
- Et ensuite ?
- J'aurais quelque chose à vous montrer. »
Le ton qu'il avait employé dans cette dernière phrase me fit dire qu'il n'en dirait pas plus, quoi qu'il arrive. Amarath Caras se trouvait sur une autre plan d'existence par rapport au reste de tout Islotanra ; n'étant accessible que par la pure magie elfique, nous pouvions enfin reposer nos esprit et les vider de toute cette tension accumulée... pendant un court moment.

Val Harkan :

Contrairement à mes "compagnons" qui restaient subjugués devant la magnificence de la cité, la vue s'offrant à mes yeux ne me causait qu’un profond chagrin. Les formes des bâtiments, les décorations. Tout cela ne faisait que ramener à ma mémoire de douloureux souvenirs. Des images défilaient dans ma tête. Nordhal, Nilona et bien d'autres. Puis vinrent les horreurs. L'invasion, le feu, les meurtres. Doucement, une larme s'échappa de mon oeil droit sans que je puisse la retenir. Je l'essuyais d'un geste lent, ne songeant pas une seconde à cacher cela à Bianne. Farkas me jeta un regard inquiet, puis engagea la conversation avec Vessiel. Tous deux partirent en avant et je suivis le mouvement.
Soudain, en passant devant une rue, j'aperçu un mirage. Du moins c'est ce que je cru pendant un instant. Là, à seulement quatre mètres de moi. Sanila. Je m'élançai vers elle et l'appelai en elfique. Elle se retourna et je vis ses yeux verts s'agrandir en me voyant.
« Riel'nal ?
Elle sourit et nous tombons littéralement dans les bras de l'autre.
- Tu as survécu, murmurai-je en elfique.
- J'ai pu m'enfuir quand les anciens ont fait diversion, répondit-elle d’une voix tremblante. Riel’Nal, je t'ai cru mort.
Je la serrai un peu plus. Ainsi nous étions deux à avoir survécu au massacre. Elle me jeta un regard curieux et me demanda pourquoi j'étais habillé ainsi. Ne tenant pas plus que cela à ce qu'elle sache la nature de mon métier, je m'excusais, lui promettant une conversation prochaine, et rejoignit les autres. En passant devant Bianne, je remarquai qu'elle semblait lutter entre la compassion et un autre sentiment. Je lui adressai un regard froid qui la décida et elle me le rendit aussitôt.
Nous continuâmes de suivre Farkas à travers la ville, vers un bâtiment imposant.
Un de ceux que je considérais comme les miens avait survécu. L’avenir me paru alors un peu moins sombre.

Skronk :

Un chatouillement ? Non, un pincement ? Non pas ça, plutôt comme une morsure. Skronk reprend conscience. Par réflexe son poing est partit, embarquant au passage l’un des elfes. C’est marrant et Skronk continuerait bien sur le sorcier mais la Dame s’interpose. Skronk ne peut pas la frapper, c’est elle qui l’a ressuscité alors que son âme allait être dévorée.
Décontenancé par ce réveil un peu brutal, il regarde autour de lui. Quelque chose a changé, mais quoi ?
Tout en ce grattant la tête, Skronk s’aperçoit que tout le monde à repris la marche. Décidément dans ce pays ils ne font que ça. Marcher, dormir, marcher…
Trop intrigué pour dire quoi que ce soit, Skronk se contente de suivre la troupe.
Soudain, au bout de quelques kilomètres, l’elfe qui porte la lance s’arrête net. C’est peut être l’heure de manger. Mais à la grande déception de Skronk, il en est tout autre. L’elfe effectue une sorte de rituel débile. Il l’air de chanter avec sa lance, ce qui fait bien rire Skronk.
Au bout de quelques minutes les arbres se mettent à bouger. Les yeux écarquillés, Skronk observe ce maléfice, et comme par hasard, tout le monde s’engouffre dans le passage, sans ce poser de questions. C’est sûr que c’est bien naturel tout ça, et toute ces questions qui se bousculent dans sa tête, ça, ça ne lui était jamais arrivé.
A l’intérieur de cette chose, des bâtiments, des jardins, pas un grain de sable. Et ce blanc éclatant qui agresse les yeux quand on le regarde. Décidé à rester près de la dame -pour la protéger pas parce que ce lieu ne lui inspirait pas confiance - Skronk scrute tous les alentours. Bien que son ventre gargouille, il se doit de rester suffisamment vigilant pour attaquer en cas ou l’elfe à la lance se décide à les attirer dans un piège. Au fur et à mesure qu’il marche dans cette étrange citée, Skronk se sent épié, comme s’il était une proie, et ça l’énerve. Mais quelque chose au fond de lui l’empêche d’ouvrir la tête à cet elfe dédaigneux qui regarde passer le groupe avec de grands yeux.
Cette promenade commence à être lassante. Skronk a faim, et il le fait savoir, en grommelant tout en marchant. L’homme en bleu sort soudain du rang pour aller se jeter dans les bras d’une fille. Finalement les coutumes de ce pays ne sont pas aussi idiotes que ses occupants. Skronk aime bien celle-là.
Plus tard l’elfe se décide enfin à s’arrêter devant un bâtiment immense, aussi gros que la faim qui tiraille l’estomac de Skronk.
Celui-ci s’approche de Farkas, le retient par l’épaule et lui demande :
« J’espère que tu amènes à manger, sinon c’est toi qui me servira de repas. Toi comprendre Skronk ? »
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:53

Bianne :

Avec Thurim Vessiel, nous tentons de convaincre le barbare de se tenir tranquille, tandis qu'un dignitaire de l'ambassade s'avance vers nous.
Farkas le salue en Elfique, mais le dignitaire répond :
« Pour ceux qui vous accompagne, nous parlerons en langue commune. Veuillez me suivre, je vous prie.
Tandis que l'elfe et le sorcier pénètrent dans le luxueux bâtiment de marbre, je me retourne vers les enfants. Sabrane n'a pas quitté Tan-Klaroz depuis que nous sommes descendus du dos du dragon. Sans interruption, il devise joyeusement, commentant les magnificences qu'il voit avec volubilité. Et Tan-Klaroz l'écoute. A présent, on dirait qu'il s'accroche au discours de l'apprenti mage, comme à un arbre pour ne pas être emporté par la tempête. Depuis combien de temps ne lui a-t-on pas parlé ainsi ? C'est une sensation nouvelle, certainement. Je ne veux pas les interrompre. Pour découvrir les immenses pouvoirs qu'il a en lui, Tan-Klaroz devra ouvrir son cœur. Et cela, seul Sabrane peut le lui apprendre.
- Entrez, dis-je simplement. »
Je guette par dessus leur épaule. Harkan est en train de nous rejoindre, après avoir quitté l'elfe qu'il avait enlacé. Une compagne d'antan... C'est la première fois que je le vois pleurer. Il est capable de pleurer, cet homme ?
Je suis furieuse contre moi même. Pourquoi suis-je si perturbée ? Je n'ai pas à avoir de compassion pour Harkan. Il a perdu les siens ? Et alors ? Moi aussi, j'ai vu mon peuple mourir. Et la seule personne qui me restait encore, c'est lui-même qui me l'a pris. M'apitoyer sur son sort, à lui, c'est déplorable de ma part.
Serrant les dents, je pénètre la dernière dans l'ambassade.
Notre guide nous conduit à travers de longs corridors de pierre sculptée, décorée de feuilles d'or ciselée, et ouvert sur la lumière. Nous atteignons une grande salle, ou nous attend une elfe longue et fine, noblement vêtue, et à l'aspect autoritaire.
Nous nous inclinons respectueusement devant elle.
« Soyez les bienvenus dans notre cité.
Nous remercions l'ambassadrice avec une formule de politesse, sauf le barbare, qui grogne :
- Skronk a faim.
Confus et honteux, notre sorcier tente de le faire taire et se répand en excuse, mais l'ambassadrice sourit. Elle frappe deux fois dans les mains, et des serviteurs apparaissent, portant des plateaux.
- Installez-vous, dit-elle. Et racontez moi la raison de votre venue.
Mes compagnons s'installent, tandis que Thurim Vessiel entame le récit de tout ce qui nous est arrivé depuis la veille, essayant de rendre aussi rationnelle que possible une histoire si folle. Par bonheur, l'ambassadrice semble une auditrice attentive.
Je suis restée debout, à l'écart. Je n'ai pas faim. Je me sens mal. Tout ce luxe, ce marbre m'étouffe. Que de fioritures inutiles, sur ces murs ! Je me sens soudain manquer de quelque chose, de je ne sais quoi. Si je sais, c'est la douce et sobre austérité du palais où j'ai grandis, qui me manque. Dans ce bâtiment trop prétentieux, je me sens coupée du ciel... J'étouffe, il faut que je sorte.
Thurim Vessiel continue son récit. C'est étrange comme il parvient à présenter les choses clairement. Nous ne nous connaissions pas la veille, mais nous avons été envoyés à Tan-Klaroz par diverses personnalités du monde de la magie et du savoir, puis nous avons découvert une vieille prophétie ancienne, nous sommant de protéger ce jeune homme jusqu'à ce qu'il ait accomplit son destin. Et nous avons accepté cette mission sans plus tergiverser.
Je me penche sur Sabrane, et lui souffle à l'oreille.
- Je m'éloigne un peu. Viens me chercher quand vous aurez fini ».
Et, discrètement, je quitte la pièce, et cherche un escalier qui mène jusqu'à la terrasse.
Les elfes que je croise me regardent étrangement. Il y a-t-il quelque chose dans mon attitude qui dérange ? J'arrive enfin à l'air libre et respire à grandes goulées. J'observe la cité qui s'étale à mes pieds. C'est la première fois que j'entre dans une cité Elfe. Je devrais être curieuse, fière. Mais ce n'est pas cette ville là, que je voudrais voir, c'est la mienne, celle que les rois ont détruite pierre après pierre, dans sa folie de conquête... Silence, Bianne. Plus de ça. Cette partie de ta vie est révolue, aujourd'hui, tu n'appartiens à personne.
Je ferme les yeux pour laisser le soleil réchauffer ma peau, que le contact du marbre a glacée. Il faut que je profite de cet instant de paix. Il faudra être forte, ensuite.
Une main se pose sur mon épaule et je sursaute. J'ouvre les yeux et me retourne. Un elfe, vêtu de vert, vient de me rejoindre. Son front s'orne d'une curieuse marque rouge. Blessure, tâche de naissance ? Je ne sais pas. Il me regarde sévèrement.
« Allez-vous en, me dit-il.
- Je ... Je vous demande pardon ?
- Allez-vous en. Si le jeune homme qui vous accompagne est bien celui dont parlent les livres depuis des siècles, cela signifie que la divinité dont le nom ne doit pas être prononcé va bientôt s'éveiller. L'ambassadrice ne vous chassera jamais, elle s'y refusera. Mais déjà, la nouvelle de votre arrivée s'est répandue, et ils sont nombreux à avoir peur. Votre présence sème le désordre et le chaos. Allez-vous en.
Je soupire intérieurement.
« Messire, comme vous l'avez dit, si le jeune homme en question est celui dont parle les livres, c'est que la divinité dont le nom ne doit pas être prononcé va bientôt s'éveiller, et que lui seul aura le pouvoir de l'affronter. Il n'est pas là pour détruire mais pour protéger, et bien qu'il ne sache pas encore ce qu'il est, nous devons veiller à ce qu'il reste en vie. Ce n'est pas lui qui sème le désordre et le chaos, mais la peur que vous avez de lui. Oubliez les livres, et voyez avant tout un enfant, qui a besoin de protection.
- C'est avant tout un assassin, le saviez vous ? Lorsqu'il est passé sous le portique de la vérité, tout à l'heure, les pierres sont devenues rouges.
- Je sais ce qu'il est, messire. Je le recherche depuis des mois. Avant de le retrouver sur le point d'être pendu dans la capitale, j'ai suivi toutes les pistes, celles de son enfance, entre autre. Il m'arrive souvent de tuer, pour défendre ma vie, ou pour venger quelqu'un. Val Harkan, lui, tue parce qu'on le paye. Lhao tue pour le plaisir. Pourtant, c'est lui qui vous fait peur. Lui a tué, aussi, mais par désespoir, c'est cela, qui est dérangeant, qu'on puisse tuer de manière irraisonnée, par simple désespoir.
- C'est donc d'un fou, que dépend l'avenir du monde.
- C'est de vous, messire, que cet avenir dépend. Il vous appartient de nous offrir l'asile nécessaire pour prendre le temps de ramener ce jeune homme de son désespoir et lui faire accepter sa destinée. Si nous devons continuer à fuir, cela sera plus difficile. Allez-vous laisser l'issue du combat que le monde attend depuis des millénaires devenir hasardeuse, juste par souci de ne pas affronter vos peurs ?
Il me regarde d'un air curieux.
- Vous ne parlez pas comme une chasseuse de prime. Qui êtes vous ?
- Sait-on jamais qui nous sommes, réponds-je, balayant la question d'un revers de main.
- Quelque chose en vous est étrange. Rien ne colle dans votre apparence. Vous semblez à la fois dure et sensible. Vous donnez l'air de n'avoir aucun scrupule, mais vous éprouvait de la compassion même pour vos ennemis.
- Je suis une simple chasseuse de prime. On a fait appel à moi pour retrouver la trace de ce jeune homme, et je l'ai cherché des mois durant. J'ai donc compris petit à petit ce qu'il était, et ce que je devais vraiment faire.
- Qu'étiez-vous avant d'être chasseuse de prime ?
Il me regarde d'un air inquisiteur. Il est décidément bien trop insistant.
- Peu importe ce que j'étais avant, dis-je avec un peu plus d'émotion que je voudrais. Cette partie là de moi est morte, et ne reviendras jamais plus !
- Ma dame, calmez-vous, je ne voulais pas vous offenser, me dit-il avec une révérence.
Je m'énerve malgré moi.
- Ne me faite pas cette révérence, elle est réservée aux personnes de sang royal.
- Bien, ma dame. Si vous y tenez, je ne la ferais pas. »
J'en ai assez entendu. Je quitte la terrasse et redescend vers la pièce où mes compagnons déjeunent.


Farkas Tedzek :

L'ambassadrice écouta patiemment notre récit. Lorsque Thurim Vessiel parla de ma transformation, je perçus un léger froncement de sourcil, suivit de fréquents coups d’œils dans ma direction. Je savais parfaitement que l'ambassadrice ne dirait rien devant les autres, mais je me doutais déjà que je allai avoir de sérieuses remontrances ensuite. Je détournai le regard et regardai mes compagnons de voyage narrer leurs histoires. Au bout d'un moment, je vis Bianne glisser un mot à l'oreille du jeune mage, Sabrane je crois, et se faufiler vers la terrasse. Mon attention revint alors sur le jeune mage et son voisin, Tan-Klaroz. Sa tunique était déchirée sur le devant, laissant voir la peau du torse. Il fit un mouvement pour se mettre plus à l'aise sur le siège et se fut à ce moment que je le vit: L'objet de ma quête, la cause de mon exil. Je compris alors pourquoi j'avais instinctivement choisi de le suivre: Il l'avait, c'était lui qui l'avait volé ! Je me forçai à contenir ma rage et ma colère, sentiments indignes chez un elfe digne de ce nom. Il faudrait que je lui parle. Il DEVAIT me fournir des explications.
Je remarquai alors que tout le monde se levait. La séance était terminée. Alors que je me tournai pour les suivre, l'ambassadrice me rappela:
« Farkas Tedzek ? Je dois vous parler.
- Oui ma Dame ? Demandai-je, alors que je savais parfaitement de quoi il retournait.
- Je n'ai pas apprécié votre conduite telle que ces étrangers me l'ont décrite.
- J'ai fait ce qu'il me semblait juste ma Dame, répondis-je pour me défendre.
- Mais il y a des limites ! Explosa-t-elle.
C'était la première fois que je voyais l'ambassadrice en colère. Cela me terrorisa.
- Utiliser votre don de métamorphose ! En public de plus ! Résuma-t-elle. Puis les amener ici ! Mais qu'est-ce qui vous a pris ? Ne savez-vous pas que seuls les elfes sont acceptés ici ? Et encore… Les elfes noirs, ces vermines, sont chassés à coup de pieds quand ils parviennent à entrer !
Je n'osai dire un mot. Elle avait parfaitement raison, et je le savais.
- Bien sur nous ne pouvons pas les chasser. Ceci nuirait à notre réputation de peuple pacifique et accueillant.
Elle fit une pause pour reprendre son souffle, puis reprit, d'un ton plus calme mais froid:
- Il me semble que vous avez été chassé de votre village pour une faute grave. Vous savez sans doute que vous ne pouvez revenir au sein de notre peuple sans avoir réparé cette faute. J'espère que sur ce point, vous avez honoré votre tâche.
- Précisément ma Dame, répondis-je. Il se trouve que c’est l'une de ces personnes qui le détient.
Un air surpris s'afficha sur son visage.
- Tiens donc ! Et de qui s'agit-il ?
- De Tan-Klaroz ma Dame. Du garçon de la prophétie, annonçai-je. C'est pour cela que je suis venu avec lui.
Elle réfléchit quelques instants.
- Tout compte fait, il se trouve que la situation se retourne à notre avantage. Vous pouvez vous en aller Farkas, votre faute est considérée comme réparée... du moment que vous ramenez l'objet en question.
- Merci ma Dame, dis-je en m'inclinant, considérez que c'est fait.
La discussion était close. Alors que je me retirai, elle me lança:
- Votre sœur est ici, Farkas, transmettez-lui tous mes vœux de ma part pour ses fiançailles !
- Oui ma Dame. »
Puis je me tournai et sorti du bâtiment, pensif. Ainsi donc, ma sœur était ici ? Et elle était fiancée? Il me devait d'aller la congratuler pour cet heureux évènement. Mais avant cela, il me fallait rejoindre mes compagnons: J'avais une promesse à tenir...
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:53

Chapitre 7 : Ce que nous avions préféré oublier


Len Arken :

Je me trouvai dans une ville de taille moyenne nommée Laryn Timero, où j'étais sur d'avoir les renseignements que je cherchai.
Je me dirigeai tout droit vers le premier endroit où on peut trouver tous les renseignements du premier coup: La taverne.
J’y entrai et je me dirigeai immédiatement vers le tavernier, généralement source de renseignements infinis, du moment qu'on a assez d'argent pour payer à boire. Il y avait tellement d'étrangers avec des capes qu'il ne me remarqua pas tout de suite.
« Monsieur, que puis-je pour vous?
Toujours entamer les négociations en douceur.
-Un cocktail Retaro, s'il vous plait.
- Cinq marks d’argent. »
Je paie, et il me sert.
« Alors, monsieur, qu'est ce qui vous amène ici ? Un concert de flûte ?
- Je viens pour des renseignements.
- Alors là, il suffit juste de parler aux bonnes personnes. »
Je m'approchai et dit:
« Biran Sted, ça vous dit quelque chose?
Le tavernier me regarda, haussa un sourcil et dit:
- Je crois avoir ce qu'il vous faut... Attendez moi ici.
Il passa alors par une porte de derrière. Je bus une gorgée de ce cocktail, quand soudain...
« Il est là ! »
Quatre hommes s'approchèrent de moi, avec leurs épées tirées et dirent :
« Chez nous, on n'aime pas les gens qui posent trop de questions, ça peut porter malheur.
- Ah, vraiment?
Il y eut un sifflement dans l'air, et à peine une seconde plus tard, le bras droit d'un des gardes était à terre, et ce dernier aussi. Dans chacune de mes mains, une dague, dont l'une était ensanglantée.
Les gardes me regardaient paralysés, puis reprenant leurs sens, commencèrent à lever leurs sabres. En trois minutes, il y avait trois épées par terre. Les gardes s'enfuirent.
Tout le monde me regardait depuis le stables, alors que je marchais vers la porte pour retrouver le tavernier. Quand j'ouvris la porte, il dit:
- Alors, gardes, cet intrus?
- Hélas, toujours vivant... »
Il me regarda et poussa un hurlement. Je le pris et le plaquai contre un mur en collant une de mes dagues tout près de sa gorge.
« Tu as l'air d'avoir des informations intéressantes, grondais-je, tu ferais mieux de m'en parler avant de ne plus jamais pouvoir respirer de ta vie.
- Je ne sais rien! Je vous jure! Ces gardes sont arrivés avec instruction de les prévenir si n'importe qui pose des questions sur Biran Sted ! Je ne sais rien de plus !
-D'accord, mais si tu veux mon avis, tu as sérieusement intérêt à ne VRAIMENT pas en savoir plus. »
Et sur ce, je le jetai à travers la pièce ou il s'écrasa sur un tonneau de vin.
- De toute façon, c'était de la mauvaise qualité, fis-je après avoir vu la marque sur le tonneau.
Je partis, pour voir le seul des soldats encore conscients parmi les quatre.
« Tu as perdu ton bras, mais tu pourrais perdre plus! Déclarai-je.
- Que voulez-vous ? demanda-t-il.
- Des infos alléchantes sur Biran Sted, ça te va?
- Mais je ne peux pas faire ça...
- Tu as de la chance, tu as encore un bras. Mais si tu veux vraiment devenir manchot, ça ne me pose aucun problème. »
Il écarquilla les yeux, comprenant où je vais en venir.
« Ecoutez, écoutez, tout ce que je sais et que j'ai compris, c'est qu'il était membre de quelque chose nommé l'Aestes.
- C'est quoi ça, l'Aestes?
- Je ne sais pas, je vous le jure!!!
- T'as intérêt... »
Je le jetai contre le bar où il s'écrasa lourdement. Avec un sourire, je quittai le bar en laissant derrière moi des gémissements, des exclamations et autres...

Tan-Klaroz :

Depuis la fin de la réunion avec les Elfes, Farkas Tedzek cherchait à me rejoindre pour me parler. Mais la nuit va tomber. Je lui parlerai demain s'il le veut tant que ça. Un Elfe nous accompagne à un étage supérieur. Ce monde apparemment "parfait" cache sûrement une immense hypocrisie... L'Elfe qui nous accompagne me fixe avec une lueur de peur. Je connais ces regards. Combien en ais-je déjà supportés ?
« Voici votre chambre messires Tan-Klaroz et Hyle, dit l'Elfe d'une voix qui se veut mielleuse. Bonne nuit »
Il s'éloigne avec le reste du groupe. J'entre dans la pièce et l'observe dans ses moindres recoins. Par chance, il y a une grande fenêtre avec un accès sur le toit, ainsi qu’une cloison de bois cachant une bassine d’eau pour se laver. Sabrane pose son bâton de mage sur un des lits et s'affale dessus.
« Pfou ! Messire Tan-Klaroz, je suis épuisé ! Et vous ? Vous avez l'air toujours en forme ! Je me demande comment vous faîtes ! Moi je...
- Arrête de m'appeler "messire" ! Je m'appelle Tan-Klaroz tout court !
Sabrane me regarde étonné puis continue son discours.
Je m'éloigne de lui et m'approche de la fenêtre. Le soleil lance ses derniers rayons sur les toits des bâtiments de marbre. Je me précipite derrière la cloison de bois. J'entends Sabrane me lancer :
- Mess... euh, Tan-Klaroz! Que fais-tu ?
- Je dois me laver quelques plaies qui me restent ! Endors-toi ! Je n'en ais pas pour longtemps ! »
J'entends un ou deux grognements puis j'écoute attentivement ce qui se passe derrière la cloison. Le soleil a disparut. La lueur bleutée m'entoure et je suis maintenant femme. J'entends Sabrane dire :
« Bonne nuit ! »
Quelques bruits de draps qu'on secoue puis un souffle d'endormi. J'attends encore un petit moment puis me colle au mur sur la pointe des pieds. Sabrane dort en marmonnant je ne sais quoi. Je souris en le regardant puis reprend ma face de glace. Je me faufile vers la fenêtre, l'ouvre puis saute sur le toit. Je me mets à courir sur les toits comme si j'allais m'envoler. Je m'échappe jusqu'aux limites de la ville, au portail de la vérité. Je m'assoie contre une des colonnes et essaye de me dissimuler aux yeux de tout être vivant.

Skronk :

a fait plaisir de voir un beau repas comme ça. Depuis combien de temps Skronk n'avait pas aussi bien mangé ? Ces gens sont peu être habillés bizarrement, mais ils savent faire à manger. Il y a même des trucs que Skronk n'a jamais vus. Jetant des coups d'œil à la tablée, vérifiant que personne ne le voie faire, il enfourne de pleines poignées de nourriture dans les poches de son pantalon. S'essuyant les mains de temps à autre dans le grand manteau bleu nuit du sorcier assis à côté de lui. Ignorant complètement le regard noir de celui ci, Skronk se remet à manger, et boire tout ce qui lui passe à portée de main.
Relevant la tête de son dernier plat, Skronk s'aperçoit que la dame qu'il veut protéger n'est plus ici. Contrarié, il émet un rot sonore. Pour se remonter le moral Skronk avale le dernier pichet qui traîne sur la table.
Un peu ivre, il ne fait pas attention au temps qui passe. Tout doucement la salle se vide, ne laissant plus que L'Elfe et la maîtresse des lieux, ils avaient l'air en grande discussion, ne prêtant pas la moindre attention à Skronk. Celui-ci n'ayant plus rien à faire ici, il décide d'aller se dégourdir les jambes à l'extérieur, de plus, Skronk n'aime pas dormir en hauteur, et toute les chambres devaient être situées à l'étage, il en était persuadé. Pas question d'y mettre un pied, de plus si les lutins venaient l'importuner dieu seul sait ce qu'ils pourraient inventer.
L'air du dehors est doux. En faisant quelques pas dans la rue, il se demande si toutes les citées Elfe sont si désertes le soir. Son instinct de chasseur lui souffle que quelqu'un le suit. Skronk sait bien que le sorcier ne va pas être content, mais Skronk ne supporte pas d'être suivi.
Skronk se retourne brutalement, le sourire aux lèvres. Celui qui le suis est un Elfe. Il ne cherche même pas à se cacher et il marche nonchalamment à quelques mètres derrière Skronk. Mais Skronk n'est pas dupe et en plus il a le ventre plein.
Avec un grand sourire Skronk s'approche de l'Elfe méfiant. Bien que celui-ci soit rapide, il n'arrive pas à esquiver la main de Skronk qui le prend au cou. Resserrant son étau, Skronk approche le malheureux de telle façon à ce qu'il puisse le voir dans les yeux. L'elfe au bord de l'étouffement n'arrive bientôt plus à bouger. Content de son effet, Skronk lui cogne gentiment la tête contre le mur, le charge sur son épaule et part en quête d'un coin sombre, chose pas si aisée dans une grande ville de lumière. Mais justement la lumière en question décroît. Au bout de quelques minutes, la nuit a étendu son manteau.
Déposant son paquet à l'angle de deux immenses demeures, Skronk commence enfin sa visite. Comme il l'a constaté auparavant, les rues sont totalement désertes. Soit les gens d’ici n'aiment pas faire la fête, soit ils se cachent... Skonk ne comprend définitivement pas ce peuple étrange.
Complètement perdu dans les dédales de marbres aux murs couverts de feuilles d’or, ne croisant pas une âme qui vive, il décide de se trouver un endroit où passer la nuit. Mais les feuilles attirantes lui font envie, pour la même obscure raison que la dernière fois, il ne cherche pas à les prendre. Mais la petite voix qu'il connaît si bien se met à raisonner dans ces oreilles :
« Tu imagines bien que avec ces quelques feuille, tu deviendras immensément riche. Personne au village n'oserait plus te contredire. Qu’est-ce que tu attends, prend-les ! Personne n'y fera attention ! »
Un peu hésitant, Skonk finit par donner un grand coup de poing contre le mur. A sa surprise, les feuilles tiennent bon. Mais rien ne résiste à Skronk ! Skronk veut donc Skronk prendra ! Tirant de toutes ses forces, l'une d'entre elles commence à se détacher du mur. Ne faisant plus attention à rien, il crie tout en tirant, détachant une feuille, puis deux, et bientôt il entraîne avec lui un pan du mur complet. Cet effort l'ayant complètement épuisé, Skronk s'allonge contre le mur désormais nu, la tête dans l'or et s'endort en ronflant bruyamment.

Val Harkan :

Après la réunion, on me montra ma chambre. L'elfe qui me guidait était un bavard et il débitait un discours continu, passant d'un sujet à l'autre. Je fus soulagé quand j'arrivai à ma chambre. Je saisis sa dernière phrase au vol avant de claquer la porte:
« Au fait, vous ne pouvez sortir qu'avec un autre elfe, bonne nuit ».
Pas besoin d'un elfe pour sortir pensait-je en voyant la grande fenêtre et le balcon à quelques mètres de moi.
Je poussais un profond soupir et enlevai mon lourd manteau. En dessous je portai une tenue de cuir brun, formant une sorte d'armure sans manches. A cela était ajouté une sorte de manche de cuir séparée du reste et attachée par des lanières à mon bras droit.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:53

. Ce morceau de cuir ne me servait qu’à éviter de me blesser avec une de mes lames que je maniais de la main droite. Obéissant à une soudaine impulsion, je décidai de sortir sans armes. Je détachai le baudrier de ma rapière dans mon dos et la posais, sortie de son fourreau, sur mon lit. Ma lame croissant suivit le même chemin. Je tenais beaucoup à cette arme. J'aimais sa lame recourbée, longue de deux ou trois pieds et son manche à l'horizontale gravé de runes.
Je détachai ensuite et avec le plus grand soin mes sacoches, examinant au passage qu'aucun élément de leur contenu ne soit cassé. Puis j'ôtai mes poinçons de lancer, ma dague fixée à mon tibia, mon arbalète attachée à ma hanche droite et enfin, le médaillon autour de mon cou. Je me sentais alors beaucoup plus léger.
Doucement, j'avançai sur le balcon, et montai sur la rambarde. Je regardai vers le bas et constatai que seulement deux étages me séparaient du sol. En souriant, j'ouvris les bras en croix et me laissai tomber dans le vide. A mi chemin, j'exécutai une pirouette pour me remettre droit, et au trois quart, je sortis mes griffes, que j'enfonçai brusquement dans les pierres du bâtiment. Il en résultat un crissement pas très agréable et un petit nuage de poussière. Malgré cela, j'arrivai tranquillement sur le sol. Je délogeai ma main du mur, remarquant au passage la belle rainure que j'avais laissé, puis je fis volte face et me dirigeai vers la ville.
Je marchai tranquillement sur les pavés des rues, sachant à peu près où aller. Au détour d'une rue, je vis alors Farkas arriver dans l'autre sens. Je me plaquai contre un mur et retins mon souffle. Il passa devant moi sans me remarquer.
Ouf, pensais-je avant de relâcher mon souffle.
Je vis alors Farkas discuter avec celle que j'étais venu voir. Ils parlaient comme s'ils se connaissaient depuis très longtemps. Malgré la distance, je pus capter une phrase qui me paralysa:
« Mes félicitations pour ton mariage petite sœur, dit Farkas.
- Merci, répondit simplement la jeune elfe. »
Ils continuèrent de parler, mais je ne les écoutai plus. Elle allait se marier.
Imbécile, me réprimandai-je, croyais-tu vraiment qu'elle aurait tenu une promesse que toi-même tu avais oublié?
J'attendit patiemment qu'il s'en aille se coucher dans la chambre d'ami, et lorsqu'il monta à l'étage, je sorti de l'ombre et allai vers elle.
« Bonsoir, lui dit je doucement dans l’oreille.
- Riel'nal, dit-elle en sursautant, tu m'as fait peur. Je ne t'ai pas entendu arriver.
- Ha oui? Pourtant tu étais d'ordinaire plus douée que moi dans ce domaine.
Elle eu un rire nerveux.
- Ca te dit, une balade ? Lui proposais-je.
Elle accepta et nous marchâmes de concert dans les rues. Nous gardâmes un moment le silence, puis je fini par prendre la parole :
- Comment as-tu survécu ?
- J'ai eu de la chance, esquiva t-elle.
- Si tu crois t'en tirer comme ça...répliquai avec un petit sourire.
Elle eut elle aussi un sourire.
- Lors de l'attaque, commença t-elle, et mon sourire disparut, se fut la panique. Les quelques guerriers du village furent massacrés rapidement. Les anciens et nos mères ont tout fais pour nous préserver. Ils firent diversion, nous permettant, à moi et trois autres jeunes, tu te souviens de Kendon, Marhlan et Illirun je suppose, de nous enfuir. Mais nous n'allâmes pas loin. Au bout d'une vingtaine de toises, un groupe de soldat nous barra la route. Les trois autres formèrent un cercle et soudain me poussèrent dans un fourré. Ils furent massacrés sous mes yeux. Les soldats me cherchèrent, mais ne me trouvèrent pas. J'entendis l'un deux, vers l'aube, dire qu'il n'y avait pas eu de prisonnier. Le jour suivant, je partis, et tombait, quelques dizaines de lieues plus loin, sur un autre village elfe. Je restai là-bas pendant quelques mois. Puis je vins ici.
Je restais muet. Elle se tourna vers moi.
- Et toi? Comment as-tu survécu?
- Moi, je fus sauvé par mon apparence. J'étais au cœur de la bataille quand les anciens ont commencé la diversion. Mais je fut stoppé et maîtrisé par les soldats et ils m'enchaînèrent. Quand ils virent que je ne ressemblais pas à un elfe, ils m’épargnèrent. Mais ce soldat que tu as entendu avait raison: il n'y a eu aucun prisonnier elfe.
Je la vis réprimer un sanglot. La voix de plus en plus atone je poursuivis
- Quand tout fut terminé, continuai-je, ils creusèrent une fosse et y jetèrent tous les corps. J'eu le temps de voir ceux de Nordhal et de Nilona. Ainsi que celui de ta mère. Une heure plus tard, ils se décidèrent à partir et ils me traînèrent derrière eux.
Je m'arrêtais à ce moment, serrant les dents. Elle dû le remarquer car elle me demanda :
- Et après? Que c'est-il passé après, Riel'nal?
- Je...Une chose est sûre : lorsque je sortis de la forêt, aucun des soldats ayant attaqué le village n'étaient encore en vie. Deux jours plus tard, poursuivis-je sans faire attention à son regard horrifié, j'arrivais à la grande cité royale. Là, je commençais par être vagabond et voleur, pour ensuite devenir pendant un temps l'assistant d'un maître d'arme. Aujourd'hui… je mène une vie errante, allant là où le travail se présente.
- Quel travail exerce tu?
C'était la question que je redoutais. Je ne pouvais lui mentir. Pas à elle.
- Je suis tueur à gages.
- Quoi ? s'exclama t'elle en s'arrêtant. Toi qui n'aurais pas fait de mal à une mouche?
- Les gens changent répliquai-je, las.
Elle se remit en marche et nous nous plongeâmes à nouveau dans le silence.
- Riel, que s'est-il passé dans ces bois?
Je ne répondis pas. Elle s'arrêta à nouveau.
- Nous nous étions promis de ne rien nous cacher, tu te souviens?
Et comment que je me souvenais. Nous nous étions promis cela sous "notre chêne". Juste après notre premier baiser.
- Je me souviens également d'une autre promesse que nous nous étions faite ce jour là, relevai-je, d'un ton de regret. A ce propos, mes félicitations.
Son regard s'assombrit. Ce jour là nous nous étions promis un amour éternel, de finir notre longue vie ensemble.
- Ne t'inquiète pas, lui lançai-je en avançant légèrement pour qu'elle ne voit pas mon visage. Il est bien connu que les promesses d'enfants de survivent pas au passage à l'âge adulte. »
Je me tournai vers elle. Je la fixai un moment, gravant chacun de ses traits dans mon esprit. Sa bouche, son regard d'émeraude et ses cheveux d'un brun si sombres qu'on y voyait des reflets bleus. Elle me jeta un regard de souffrance, sachant ce que je faisais. Après une minute à me fabriquer des souvenirs, je fis volte face et m'enfonçais dans la nuit.
Je couru à perdre haleine dans les rues. Je couru jusqu'à être épuisé, c'est à dire environ une demi-heure plus tard. Je lâchai une larme. Je ne pouvais pas faire plus. Selon mes frères de la forêt, je ne pourrais pleurer que deux ou trois fois dans ma vie. C'était la troisième.
Je m'aperçu alors que je me trouvais devant la gigantesque bibliothèque d'Amarath Caras. J'entrai doucement, puis longeai sans réfléchir les centaines de rayons où étaient sans doute classifiée la plupart des savoirs du monde.
Tout en marchant, je me calmai et une idée me traversa l'esprit. J'avais toujours su ce qu'était ma mère. Mais qui était mon père? Peut-être, avec de la chance, y avait-il là une information sur lui.
M'accrochant à cette idée pour chasser d'autres moins agréables, je regardai autour de moi. Des livres à perte de vue. Je poussai un soupir. Il me faudrait plus d'une vie pour trouver une information.
Je m'apprêtai à sortir, lorsque je vis Thurim Vessiel en train de lire à une table prévue à cet effet.
Bien sûr, c'est un sorcier. Si quelqu'un sait, c'est lui.
Je m'approchai de lui et lui demandai courtoisement:
« Bonsoir, sorcier, puis-je m'asseoir à votre table ? »

Thurim Vessiel :

Une rencontre plutôt inattendue dans ce lieu à cette heure de la nuit, un des mes compagnons d'infortune, Val Harkan. Même s'il me dérangeait en pleine concentration alors que j'avais le nez penché sur un gros volume de l'histoire d'Amarath Caras, je décidais de l'écouter. D'ordinaire, j'aurais refusé, mais je vis que son aura était quelque peu instable, il était inquiet, et son regard interrogateur avait peut-être besoin d'être satisfait par mon savoir. De plus, j'en avais déjà découvert suffisamment entre les lignes de ses vieux livres pour faire part des résultats de mes recherches demain, aillant passé tout mon temps ici après le copieux repas que vous avions eu l'honneur d'apprécier. Je n'avais donc plus rien d'autre à faire que d'écouter...
Je lui fis signe de prendre une chaise en face de moi, ce qu'il fit. Je ne voulus pas parler en premier, c'était à lui de me parler de ce qui le perturbait.
« Puis vous demander une chose ?... Cela va vous paraître soudain mais...
- Posez votre question sans détours, je vous prie ! Dis-je sèchement
- ... Avez-vous souvenance dans vos études, ou par le plus grand des hasards, fait la connaissance d'un magicien dénommé Harkan ?
Je haussais un sourcil en signe d'étonnement. Un être abject tel qu'un tueur à gages avait dans son arbre généalogique une branche faisant partie du noble Cercle des Arcanes ? Nom que l'on donnait couramment à la très grande famille regroupant les adeptes de la magie quelle qu'elle soit.
- Ce nom ne m'est pas familier... évitais-je
- S'il vous plait, je n'ai pas l'intention de vous supplier de me donner une réponse, et je ne sais pas non plus si vous en avez une réellement ; mais si vous savez quelque chose, je vous prierais de me le dire... Il est mon père ; cela fait un bon moment que je n'entends plus parler de lui, je voudrais savoir ce qu'il a pu faire pendant ce temps.
- En effet, il se peut que je connaisse votre père...
A ce moment, il se mit droit sur sa chaise, m'écoutant en silence, comme un élève studieux à qui l'on accorde un cours particulier.
- Il y a un pas plus de deux ans, l'académie dans laquelle votre père et moi enseignions, était face à un problème d'envergure, sans doute maintenant en prévision de ce que nous avons lu récemment sur cette étrange prophétie : un démon des limbes du nom de Malk Shur ravageait des villes entières dans les régions du Termac du Sud. Malgré son lieu d'origine, ce démon était de nature spectrale, il ne pouvait donc être vaincu que par la magie. Votre père et moi ne nous connaissions que très peu auparavant, nous avions étaient choisis de part nos grandes compétences en matière de stratégie ; l'archimage nous chargea d'élaborer un plan pour enfermer ce démon dans une autre dimension. Des semaines plus tard, après avoir fait subir un entraînement spécifique aux meilleurs mages de l'Académie, nous partîmes en destination de la prochaine ville, qui d'après l'Archimage Trébonius, était la prochaine cible de Malk Shur, et il avait vu juste...
Le combat dura des jours, nous tenions bon, mais hélas, plusieurs de nos compagnons périrent avant que les dernières incantations ne puissent être exécutées. Nous n'étions alors plus assez puissants pour pouvoir contrer à seulement deux, les magies infernales et dévastatrices de ce démon. Mais votre père a eu un geste, de grand courage ou de folie, cela n'a plus d'importance, il utilisa sa propre aura pour empêcher momentanément le démon d'utiliser ses sombres pouvoirs. Je dus alors terminer tout seul l'incantation, alors que votre père retenait Malk Shur avec toute son âme. L'incantation fonctionna, mais elle fut incomplète suite à la mort de nos compagnons... Le démon fut enfermé dans la dimension prison appelée Orak Khorgur, Le Cellier des Tourments... ainsi que votre père...
Il se pencha soudain sur la table, faisant claquer ses mains sur le bois.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:53

- Quelle coïncidence, n'est-il pas ? Je suis celui qui ait banni votre père avec un démon des limbes des plus impitoyables ! Mais il faut croire que c'était le destin...
Je me levais alors, le gros volume que je lisais avant l'arrivée d'Harken à la main. Je ne fis plus attention à lui pendant quelques instants, le temps d'aller dire un mot au gardien de la bibliothèque, je me doutais quelles genres de sombres pensées il pouvait avoir me concernant pendant que j'avais le dos tourné. Je revins alors vers lui, toujours assis.
- Haïssez-moi si vous le voulez pour ce geste... mais je ne pense pas que votre père soit mort ; et fait, je suppose que vous ne le pensiez pas non plus.
- Pourquoi pensez-vous cela ? Me dit-il avec mépris
- Une porte de la prison est restée ouverte, pas assez, pour permettre au démon de s'enfuir mais... votre père était un Magicien d'Athanor, nos pouvoirs se valaient, il n'est point impossible dans ces conditions, pour un non démoniaque de s'évader de Orak Khorgur...
- Attendez, j'aimerais...
Mais je ne l'écoutais déjà plus, me dirigeant vers la sortie, le livre emprunté sous le bras...

Bianne :

Je ne dors pas ainsi, d'ordinaire. Je ne me laisse jamais aller à rêver. Mais cette fois-ci, j'en ai besoin. Toutes ces émotions oubliées qui remontent. Tous ces souvenirs.
Je savais, en commençant cette chasse, qu'elle me mènerait loin. Mais je ne voulais pas, non, je ne voulais pas qu'elle me ramène ainsi à moi-même.
Je ne veux pas redevenir Nabnie Hata. Je ne veux pas recommencer à rire, à pleurer, à espérer. Je ne veux pas me remettre à croire, à aimer. Et pourtant, c'est irrésistible, violent, tout en moi est en train de se réveiller.
J'ai été chercher Harkan pour qu'il me suive dans cette quête. J'ai décidé de m'y consacrer. Je n'appartenais pourtant à personne. Mais je suis ce courant qui m'entraîne, je le précède même, bien que je sache pertinemment où il me mène, et que tout mon être s'y refuse.
Que suis-je devenue ? Quand ai-je renoncé à être celle que j'avais toujours été ? Ce n'est pas d'avoir vu Escarul brûler, qui m'a changée ainsi. Non. En m'enfuyant, j'étais encore elle, cette jeune fille douce et aimante, croyant en la vie et l'espoir. Celui qui m'a détruite, c'est Harkan. Harkan, que j'ai été cherché moi-même, pour qu'il soit de cette quête aussi.
Je me retourne dans mon sommeil. Harkan n'était qu'un outil, un pion, on l'avait payé pour faire son devoir. La main qui actionnait l'outil, je l'ai coupée. Puis, comme je n'aurai jamais pu redevenir ce que j'étais avant, je suis devenue chasseuse de prime. Je venge pour de l'argent des crimes qui ne me concernent plus. Mais à présent ? Il faudra bien que je regarde dans le miroir, et que je m'avoue ce que je n'ai jamais cessé d'être...
Un bruit de coup à la porte.
Je m'éveille. Je suis bien dans cette chambre. Elle est modeste, à ma convenance. Aucune fioriture ne la décore, et une vaste jalousie laisse entrer l'air de la nuit.
On frappe à nouveau.
Engourdie d'avoir dormi trop profondément, je m'arrache à ma couche et enfile mes vêtements prestement. Puis je vais ouvrir.
« Messire Vessiel ? Savez-vous que la nuit est faire pour dormir, d'ordinaire ?
- Je dois vous parler. Sans attendre.
Il entre sans plus de cérémonie. Voilà qui jure avec l'allure conventionnelle et conformiste qu'il se donne d'ordinaire.
Je referme derrière lui et soupire.
- Je vous écoute ?
- La prophétie que nous avons découverte. Vous la connaissiez avant que je la lise, n'est-ce pas?
- En effet.
- Vous n'avez pas d'employeur. Personne ne vous a envoyée à la recherche de Tan-Klaroz. Me trompai-je ?
- Oui et non. Le hasard m'a mise sur sa piste il y a quelque mois. Et j'ai peu à peu réalisé ce qu'il était. J'ai donc continué le chemin.
- Alors, je vous le demande. Où avez vous lu la prophétie ?
- Dans un livre pieux.
- Un livre pieux ?
Il me regarde, intrigué.
- Eh bien oui, messire. Un livre pieux. Il faut avoir de la culture dans tous les domaines. Vous autres, sorciers, mages, croyez pouvoir vous contenter d'étudier les fluides qui régissent le monde et prévoir la course des astres. Mais il est parfois important de se demander à quoi les peuples ont cru. Et pourquoi ils y ont cru.
- Que disait la prophétie, telle que vous la connaissiez ?
Je récite :
La race des Georym se réveillera au travers d'un seul être.
Révélant son pouvoir infini, dans le plus grand combat jamais mené depuis la "Guerre première".
Réunissant autour de lui 8 compagnons issus de différentes races, des mortels.
Réunissant autour de lui les représentant des éléments, des Dieux.
La lumière de l'espoir brillera au cœur des ténèbres de Kargor Dûm, l'astre de la Noirceur Absolue venue des entrailles.
C'est ce que vous avez lu sur la pierre, messire. Mais ce n'est pas la seule prophétie qui ait été faite à ce sujet.
Je me remets à réciter :
- Une destinée en un être…
Deux astres et un pouvoir infini…
Lorsque le Soleil et la Lune seront réunis en ce destin et
En cet être, l’avenir du monde dépendra de lui…
Air, Eau, Feu, Terre, Vie, Mort, Ténèbres et Lumière

L’accompagneront.
Il hausse les épaules.
- Si l'on en croit celle ci, chacun de nous représente en élément ?
- Pas tout à fait. Chacun de nous est relié à un élément. Nous devons trouver lequel. Ca devrait être simple. Il suffit de se connaître soi-même.
- Je vois. Nous devons trouver chacun à quel élément nous sommes relié, et ensuite ?
- Ensuite, une fois que nous aurons trouvé, nous communiquerons ces liens à Tan-Klaroz, et le pouvoir de la race Georym se réveillera en lui.
- Et ensuite ?
- Ensuite... Le Dieu qui n'a pas de nom se réveillera. Et Tan-Klaroz devra l'affronter.
- C'est tout ?
- Oui, c'est tout. Rien de plus simple.
Il reste silencieux, comme s'il cherchait ses mots. Il est troublé. Il le cache, mais je le sens. Aussi troublé que moi, depuis que je suis entrée dans ce palais, depuis que mes souvenirs ont commencés à se réveiller. Je viens m'accroupir devant lui.
- Messire Vessiel. Vous avez passé la soirée à éplucher des livres. Vous savez tout cela. Pourquoi êtes-vous venu me parler ?
Il se tait, pose simplement sur moi un regard impénétrable. Je devine malgré moi.
- Vous vous défiez de moi. J'en sais plus que vous tous, et ça me donne un pouvoir qui vous effraie.
- Disons que, si vraiment nous avons à parcourir le chemin qui nous semble destinés, il vaut mieux que je sache qui vous êtes. Ou ce que vous êtes.
Je me tais, et reste immobile.
Nous y voilà. Me voilà là où je ne voulais pas aller. Qui je suis. Ce que je suis. C'est pourtant cela qu'il faut que je redevienne. Ou rien ne pourra être accomplit.
Je me relève et m'éloigne. Je tremble. Je tremble comme une petite fille. Je recule devant l'obstacle. Un miroir accroché au mur me renvoie mon image. Un visage lisse, blanc, clair. Un air d'innocence que des années de guerre et de chasse n'ont pas réussit à enlever. Je me décide enfin.
- Fermez la fenêtre, messire Vessiel.
- Je vous demande pardon ?
- Fermez la fenêtre. Et éteignez la lampe. Afin que je puisse vous montrer mon vrai visage.
Intrigué, étonné, il s'exécute. Nous nous retrouvons dans la pénombre, à quelques pas l'un de l'autre.
Je respire une goulée d'air. Et me transforme. Ses yeux s'écarquillent, mais rien de plus. Il devait s'attendre à quelque chose de ce genre. Avant qu'il n’ai pu réagir d'une manière ou d'une autre, j'ai repris forme humaine, et rallumé la lumière.
- Peste, murmure-t-il. Vous ne faites pas les choses à moitié.
- Vous savez tout de moi, messire Vessiel. Je sais que je peux compter sur votre discrétion. Je ne vous demande rien en échange de ce secret, si ce n'est de croire en moi.
- Je vous croirai. Mais je veux savoir encore une chose.
- Quelle chose ?
- Votre vrai nom.
- Non messire. Ce nom là est mon trésor le plus sacré. Ne me le demandez pas.
- Soit. Mais j'espère, un jour, mériter de le connaître.
Je rouvre la fenêtre. J'ai besoin d'air. Me transformer m'a procuré une ivresse qui m'effraye. Je n'avais pas repris cette forme depuis des années. Je n'avais pas réalisé à quel point ma nature était ancrée en moi.
- J'ai envoyé le père de Val Harkan à une mort certaine, me dit-il. Je viens de le découvrir.
- Nous sommes tous plus ou moins liés. Ne craignez pas Harkan. Il sait ce que sont les actes, et ce que sont les gens.
Ma voix est devenue plus sèche malgré moi. J'ajoute.
- De toute façon, la rancune et la vengeance ne sont plus de mises entre nous. Quelque soit les blessures.
Je m'assieds. Je suis épuisée comme si j'avais pleuré pendant des jours. Qui eut crut qu'une transformation m'épuise autant ?
Thurim s'est assis près dans le fauteuil en fasse. Il me regarde.
- Ce pouvoir de la race Georym ? Quel est-il ? Le savez vous ?
- Je n'ai que des indices. La race Georym a été créée en dernier par le Dieu dont le nom ne doit pas être prononcé. Elle est celle qui existe le plus indépendamment, celle qui peut survivre à Sa disparition. Elle est celle qui a suffisamment de puissance pour Le détruire. Les premières races à avoir été créées, en revanche, ne peuvent subsister sans le Dieu Sans Nom. A moins que l'élu de la race Georym, Tan-Klaroz, ne parvienne à les rattacher à lui.
- Ah ? Vous voulez dire que si Tan-Klaroz ne trouve pas le moyen de les lier à lui, certaines races vont disparaître avec le Dieu ?
- Seule la toute première risque de disparaître. Les autres ne feront que s'affaiblir.
- Quelle est la toute première race.
Je souris, sans joie.
- Vous n'allez pas aimer l'apprendre.
- Dites ?
- Ce sont les elfes, messire. Les elfes.
Il se tait. Je laisse le temps à la nouvelle d'arriver à son esprit.
- Les elfes, répète-t-il. Ils le savent ?
Je repense à l'elfe à la marque sur le front qui m'a parlé, cet après midi.
- Certains doivent le savoir.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:54

Chapitre huit : Innacceptés


Tan-Klaroz :

Des heures... Cela fait des heures que je scrute les moindres mouvements près de mon "abri". Comme je ne vois presque personne, je décide de me mouvoir sur les toits et explorer cette cité de nuit. Il n'y a pas âme qui vive. Je rampe alors vers une terrasse où plusieurs Elfes discutent, profitants de l'air frais de la nuit. Je n'arrive pas à leur trouver un âge mais je dirais que se sont des adultes. Ils parlent des nouvelles de la cité. J'écoute de quoi il peut bien s'agir. Une des Elfes se rapproche des autres et murmure :
« Au fait ! Il paraîtrait que l'Elu de la prophétie est ici...
- L'Elu ! Tonne un Elfe. Il ne faut pas exagérer ! J'étais là quant il a passé le portail de la Vérité ! Les pierres ont pris la couleur rouge ! La couleur du sang ! Il a tué non pas par besoin mais par pulsion ! C'est un monstre !
Une Elfe pousse un cri de surprise et une autre prend un air méfiant :
- Il va falloir être vigilant ! Seuls les Dieux savent de quoi il est capable ! »
J'en ai trop entendu ! Je m'enfuis en courant vers la fenêtre de ma chambre.
Il fait encore nuit mais le soleil ne va pas tarder. J'escalade le mur et me glisse dans la chambre. Tout est silencieux. Sabrane dort toujours. Je me dirige vers la cloison de bois, attendant le matin.
Enfin, les premiers rayons du soleil inondent la chambre et je sors de ma cachette. Sabrane ouvre les yeux sous l'effet de la luminosité et me regarde étonné.
« Tan-Klaroz ! Te voilà ! Je me suis réveillé en plein milieu de la nuit et tu n'étais pas là ! Je me suis demandé ce que tu faisais et...
- Je n'arrivais pas à m'endormir alors j'ai pris l'air, je réponds sèchement.
- Ah d'accord ! La prochaine fois j'aimerais bien venir avec toi ! »
Eh là ! Il ne faut pas rêver Sabrane ! Je ne suis pas dingue !

Sabrane Hyle :

Mmmh, qu’est ce que j’ai bien dormi, dis-je quand je sortis ma tête des couvertures. Je pensais encore un peu à ma balade sur les magnifiques toits de cette citée, car j’adorais me balader la nuit, sauf que j’étais cette fois tombé des dits toits, pour atterrir dans une chariote de tissus velours qui était en stationnement.
Je me demandais encore qu’elle serait la tête de l’elfe en voyant sa cargaison de velours un peu écrasée, quand je commençais à parler avec Tan-Klaroz.
Quand je lui demandai si je pouvais l’accompagner avec lui la prochaine fois, il fit une tête que je connaissais comme celle que faisaient mes camarades de classe quand ils pensaient « de nous deux, c’est vraiment toi le plus fou ».
« Tan, commençais-je avec un grand sourire, pour le moment ce n’est que moi qui ai parlé depuis notre voyage sur le dragon-elfe, et si tu me parlais un peu de toi.
Il semblait sentir quelque chose de très mauvais quand il fronçait le nez de la sorte.
- Ce n’est pas parce que j’écoute que j’aime particulièrement parler, fit-il avec une certaine mauvaise humeur.
- Bien, bien, dit-je précipitamment pour ne pas gâcher le semblant d’amitié que nous avions.
J’entendis comme une cloche sonner dans le bâtiment.
- Ah, dis-je en sautant du lit, le petit-déj, je meurs de faim. »


Lhao :

Mmmmmmmmmmmh, quel lit confortable. Pourquoi est-ce que les rayons du soleil arrivent si tôt ? J'émerge lentement de mon sommeil de plomb, me dresse et regarde avec des yeux qui ont du mal à s'ouvrir. Je me tourne vers le lit de Skronk. Eh bien, si le barbare n'a pas démolis la chambre, on aura de la chance !!! .... Tiens je n'entends pas le bruit de grognement d'ours que fait son ronflement. SON LIT EST VIDE!!!!!! Je bondis, prends ma cape, la met par dessus mon torse nu, prends mon katana et mon arc, sort en trombe de la chambre. Si cette grosse brute reste seule, elle va faire des dégâts. Je fouille partout ouvrant toutes les portes sur mon chemin.
« SKRONK! REPONDS !
Je courrais en tous sens, AAAAAAAAAAAAAAAAAH! Je le voyais, dans la rue, il rôdait autour d'une taverne, sa hache en main.
- Non ! S’il devient saoul il sera encore plus incontrôlable !!!
D'un geste violent, il casse la porte et rentre dans le "saouloir". Il sera ivre avant que je n'arrive dehors, si je prends le chemin normal. Bien sûr ! J'ouvre la fenêtre et monte sur le bord.
- Eh bien mon gars, me dis-je, tu as le choix, tu réussi ton coup et tu rattrape Skronk ou alors tu t'écrase par terre. YAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH.
Je tends mon bras et balance un éclair ... SPLORTCH!!!
J'ai mal, partout, je suis réveillé par des cris, de colère et de peur.
Skronk est là, enragé, il est saoul, et je n'ai pas pu l'arrêter...

Len Arken :

Après une nuit de marche entrecoupée d'une heure de repos toute les deux heures, j'arrivai à Victorbourg, la capitale du Royaume, ou le meilleur endroit pour trouver des infos. Histoire d'éviter les ennuis que j'avais eu hier à Laryn Timero, je me dirigeai dans un magasin de magie pour acheter une petite quantité de PSI.
Un PSI est un Parchemin de Sort Instantané: Il permet de jeter un sort précis même sans être magicien. De petite taille, faciles à transporter, ces trucs là allaient sûrement me servir.
Je me dirigeai à la taverne. Entre les clients qui buvaient, j'entendis beaucoup de discussions pour le moins excitées. Je parlai au tavernier:
« Bonjour, je viens d'arriver, c'est quoi les dernières rumeurs en vogue dans le coin?
- On parle surtout de l'exécution.
- Ah ben ça, fallait le voir, mon bon m'sieur, fit un client. Les gardes, y z-allaient exécuter un p'tit gars, je sais plus qui, et après, c'allait être le tour d'un tueur en série. Mais ce tueur là, y s'est enfui avec le p'tit gars. J'vous raconte pas comment y z-étaient, les gardes. Furibards d'chez furibards, mon bon m'sieur. Y se sont enfuis dans la forêt maudite.
- Ah bon? Vous connaissez leurs noms?
- Oui, fit le tavernier. Le tueur, c'était un Matamune je sais plus quoi, et l'homme qu'on allait exécuter, c'était Tan-Lorkaz ou quelque chose du genre.
- Ce ne serait pas Tan-Klaroz?
- Oui, vous connaissez?
- De nom seulement.
- Ah ben j'vous jure, reprit le client, c'était quek’chose, l'espèce d'immense tempête qu'il avait lancé, le tueur...
- C’n’était pas une tempête, fit un autre client. C'était deux trois simples éclairs.
- Dis tout de suite que j'suis complètement cinglé!
- T'as trop bu, c'est tout.
- Et toi, t'as-t'y vu ta tête? »
Je laissai les types à leur bagarre et dit au tavernier:
« Ils les ont retrouvés?
- Non. Evidemment, leur tête a été mise à prix. Pour le tueur, c'est évident qu'ils ont dit qu'il fallait le ramener mort ou vif. Mais vous savez le plus étrange ? Maintenant, ils veulent Tan-Klaroz vivant à tout prix. Plus mort. Ordre du Roi, on n’en sait pas plus.
- Du Roi en personne?
- Oui. »
Ayant noté des informations, je pris le PSI du mur de silence et l'activai. Immédiatement, un mur invisible se dressa autour de moi et du tavernier qui ne remarqua rien. Sachant que la dernière fois que j'avais évoqué Biran Sted, c'était mal parti, je décidai de prendre mes précautions.
« Que savez-vous au sujet de Biran Sted?
- Le conseiller personnel du Roi?
- Oui.
- Pas grand chose, pourquoi ? C'est un politicien comme les autres, on le soupçonne de tremper dans différentes magouilles mais pas plus.
- Autre chose, connaissez-vous quelque chose qui s'appelle l'Aestes?
- Jamais entendu parler, ce doit être un mot d'une de ces langues auxquelles je ne comprends rien. Vous devriez aller à la bibliothèque, vous trouverez peut être ce que vous cherchez. »
Je désactivai le mur du silence, achetai a boire, remerciai le tavernier et parti.
D'après ce que j'en savais, tout ça semblait remonter jusqu'au Roi lui-même. Décidément, ça commençait à se compliquer. Je me demandai si je n'allais pas retourner jouer de la flûte dans mon bois quand je me rappelai que j'étais censé être le huitième compagnon. Je décidai de suivre le conseil du tavernier et de me rendre à la bibliothèque.


Thurim Vessiel :

Après avoir longtemps médité sur ce que m'avais dis et fait voir Bianne, et rassemblé par ordre dans mon esprit toutes les nouvelles questions encore sans réponses qui m'étaient alors venues, je pus goûter avec une certaine délectation à la sérénité qu'éprouvent les non noctambules en m'abandonnant dans les bras reposants Vijius, déesse des rêves.
Je fus réveillé au petit matin par les premiers et intenses rayons du jour... puis je me levais en en sursaut, alerté par un bruit des plus sourds, comme un mur qui s'écroule. Habillé de ma longue toge de mythril blanche, je me précipitai vers ma fenêtre restée ouverte.
J'aperçus, à quelques mètres en contre bas, une petite taverne, ressemblant plutôt à un salon de thé comme on pouvait s'y attendre chez les hauts elfes. La porte d'entrée était brisée en mille morceaux, et j'entendis en sourdine une grosse voix résonner de l'intérieur.
« Skronk a encore soooooooooooif !! »
Il ne fallut pas être extralucide ni clairvoyant tel mon supérieur hiérarchique, pour savoir qu'il s'agissait du barbare. Et cette fois, il semblerait qu'il mette une fois de plus les nerfs de son entourage à rude épreuve, ayant cette fois abusé du Nectar d'Aconit ou d'une autre quelconque boisson locale. Je m'en retournai vers mon lit, saisissant mon fidèle bâton.
« Amonk Rhil !! »
Je fus tout de suite entouré d'un halo bleuté pendant un instant, mais je disparus... pour me matérialiser devant ladite taverne. J'aperçus non loin à ma droite, le Nécromant qui paraissait avoir bien du mal à tenir debout. Je n'avais pas de temps pour me préoccuper de ce fossoyeur héraldique, il fallait que j'arrête cette brute sans cervelle avant qu'il ne fasse plus de dégâts, car je remarquais aussi, tel je l'avais ouï de ma chambre, un pan de mur s'était littéralement effondré, comme si un troupeau d'oliphants était passé au travers.
« Nin Mjolinir ! »
Le levait mon bâton bien haut, un série l'éclairs partant de la petite pierre située au sommet descendirent le long du manche en continue, et vinrent se lover tout autour de mon corps, me conférant une nouvelle allure mystique, divine, de quoi tromper un esprit obtus comme celui du barbare. J'entrai alors dans la taverne vide, sous le regard médusé des passants. Je vis Skronk, tout seul, assis sur une chaise à moitié cassée, chantant à tut tête. Mais lorsque son regard flou se posa sur moi, il sauta de sa chaise et s'agenouilla devant moi ; on dirait que ma supercherie fonctionnait.
« Ô grand Carbunkle, Skronk ne s'attendait pas à te voir ici. Pitié ! Ne frappe pas Skronk avec ta foudre divine, pardonne à Skronk les bêtises qu'il a pu faire !!
Sans dire un seul mot, je levais ma main gauche. Un éclair en jaillit et s'abattit au pied de l'imbécile qui hurla de peur... Avant de réaliser qu'il était indemne. D'un geste impératif, je pointai mon index vers la sortie.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:54

- Merci, merci, merci d'épargner Skronk !! »
Il se releva et marcha, en titubant quelque peu, vers la sortie de l'établissement. Les chaînes de foudre cessèrent de me tourner autour du corps et disparurent lentement. Seul un nouveau-né aurait pu croire à une supercherie aussi grossière... dire que les Dieux du Destin tout puissants ont voulu choisir un tel être pour être l'un de ceux qui seront le salut d'Islotanra tout entier...
Je sorti à mon tour, Skronk n'était plus en vue, j'espérais qu'il sache encore retrouver et ouvrir la porte de l'auberge sans que je fus obligé de le suivre pour l'aider. L'elfe noir quand à lui avait un peu récupéré de son mal mystérieux, il se dirigea vers moi.
« Bravo sorcier ! Vous avez réalisé un exploit ! Mais maintenant, je vais vous laisser entre les mains des propriétaires de la taverne... il semblerait que quelqu’un doive payer les dommages causés par notre ami ! »
Il rentra vers l'auberge à son tour, en boitant, je vis un elfe aux cheveux longs et argentés s'avancer vers moi, il était affublé d'un tablier blanc...


Farkas Tedzek :

J'avais passé la dernière soirée à discuter avec ma sœur. Cela faisait plusieurs années que je ne l'avais pas vu. Et c'est avec une grande peine qu'elle m'apprit la mort de nos parents, Beren Tur-anion et Nienna Tur-anion. Cette nouvelle avait épuisé le peu d'énergie qui me restait. Elle le remarqua et me proposa de dormir chez elle, offre que j'acceptai avec de nombreux remerciements. Elle m'amena à la chambre d'amis, me souhaitant une bonne nuit dans les bras d'Almenoria. Je l'entendis ressortir de la maison. Sans doute, après ces émotions avait-elle besoin de se promener. Et après avoir longuement pleuré mes chers parents, je m'endormi.
Le lendemain, je fus un peu désorienté, ne reconnaissant rien. Puis les évènements - nombreux il faut l'avouer - me revinrent en mémoire. Malgré la douleur qui me transperçait le cœur, je devais m'acquitter d'une tâche. Et pour cela, je devais retrouver Tan-Klaroz. Ce fut vite fait : l'ambassadrice avait, comme l'indiquait notre loi, préparé des chambres pour les hôtes non elfes dans l'aile ouest du bâtiment administratif. Alors que j'arrivais à proximité des chambres, je vis justement Tan-Klaroz sortir de la sienne. Je l'interceptai dans le couloir :
« J'espère que vous avez passé une bonne nuit ! Commençai-je.
- Excellente ! Me répondit-il, surpris de me voir si matinal.
Il n'avait pas changé de vêtements, ce qui me permit d'entre apercevoir une nouvelle fois l'objet de ma visite. Je me décidai à lui en parler:
- Joli pendentif ! Il me semble d'origine elfique, remarquai-je. Puis-je l'examiner ?
Gêné, il voulu le cacher. Mais il se rendit compte alors que sa tunique était toujours déchirée.
- Allons, il ne faut pas le cacher ! Après tout, je suis en droit de le voir non ?
Son visage devint livide.
- Je... Je... bafouilla-t-il.
Ce petit jeu avait assez duré;
- Vous avez volé cette amulette sacrée à mon village, annonçai-je froidement. Remettez-la moi maintenant et je veillerais à ce que cet "incident" reste entre nous.
Il poussa un soupir et enleva l'amulette. Il y jeta un coup d’œil en me la tendant.
- De toute façon, elle n'a jamais fonctionné ! dit-il.
- Cela ne m'étonne pas, répondis-je. Seul un elfe peut l'utiliser !
Je la mis autour du cou et la regarda: Un disque de Mythril ornée d'argent et incrusté d'une pierre aussi rouge qu'un rubis. Je me concentrai quelques instant et la pierre se mit à briller. Aussitôt une aura bleutée se forma autour de moi.
- Vous voyez ?
Tan-Klaroz écarquillait les yeux... tout comme Sabrane qui était là depuis un moment apparemment.
- Sabrane ? Depuis quand êtes-vous là ? Demandais-je. Qu'avez-vous entendu ? »


Sabrane Hyle :

Je regardais fixement messire Farkas, sentant mes yeux sortir un peu. Comme j’avais entendu une question, je remis chaque œil à sa place aux fonds de mes orbites, puis me résolu à répondre intelligemment à la dite question, comme un bon collégien que je suis.
« J’ai entendu que l’amulette que vous tenez en main, m’sieur, se trouvait dans votre village, puis, c’est retrouvé par la loi de ‘‘pillage vol et action semblable’’ que l’on connaît bien, en possession de monsieur Tan ici présent. Voilà ce que je sais, m’sieur.
Tous les deux transpiraient à grosse gouttes. J’eus peur d’avoir mal répondu, peut-être aurais-je dus décrire l’amulette.
- Mais je peux vous posez une question ? Fis-je innocemment.
- Oui, répondis messire Tedzek qui semblait terrifié.
- Que fait cette amulette au juste ?
- Et bien elle… l’elfe semblait hésiter. Elle permet à celui qui le porte d’être protégé.
- Ah, alors c’est une amu-protect de la dynastie Ping des elfes c’est ça ?
- Euh, oui, dit-il, mais comment sais-tu cela ?
- Et ben, fis je avec un grand sourire, la semaine dernière, j’ai du recopier cinquante fois une page du livre elfique les grandes époques du petit âge, /[i] car je n’avais pas réussi à faire voler délicatement une table, sans qu’elle ne s’encastre dans le mur…… du bâtiment d’à côté. Et le sujet de la page était sur cette amulette.
Il semblait avoir envie de garder son visage plein de terreur, et de rire en même temps.
Je commençais tranquillement à aller prendre mon petit-déjeuner, quand Tan me prit l’épaule pour que je me retrouve face à lui.
- Tu… tu ne semble pas choqué par le fait que j’ai volé quelque chose ? Hasarda-t-il, de peur a mon avis que j’ai fait semblant de ne pas y penser.
Je fis le grand sourire plein de compréhension que je prends souvent devant une révélation.
- Bah tu sais, fis-je, pourquoi devrais-je te punir pour avoir fait une des choses qui se fait depuis le crépuscule du temps. Par exemple, il existe un oiseau dans notre monde qui attend qu’un autre oiseau ait fait un nid, pour le prendre et s’y installer, juste après avoir criblé de coup de griffe le visage du constructeur. Je suis d’ailleurs soulagé de voir que tu n’as tué personne pour prendre cet objet, qui d’ailleurs sert à se protéger, à montrer que l’utilisateur est un être plein de bon sens, et qui pense à sa survie. Et puis je pense que les gens ont trop d’objets pour faire leurs bonheurs, alors que très peu, c’est déjà suffisant. En prenant cette amulette, tu as équilibré la balance du ‘‘bonheur par le matériel’’. D’ailleurs, moi même, pour ce voyage, j’ai volé quelques trucs à mon père. Il avait un drôle d’objet que je ne connaissais pas. La nuit d’après, je l’avais mis sous mon oreiller. Le lendemain je me suis retrouvé avec un bec d’oiseau, des dents de Troll, un œil de cyclope et des oreilles de cheval. Heureusement, ça n’avait duré qu’une journée.
Ils semblaient tous les deux abasourdi par mon long discours, puis je me retournais face aux escaliers.
- Bon, excusez-moi, mais j’ai une folle envie de manger des œufs, ce matin.


Skronk :

Skronk avait beaucoup de chance d’avoir échappé à Carbunkle. Quand il reviendra à son village personne ne le croira quand il le racontera, car dans son clan les seuls qui avaient ce privilège étaient ceux qui tombaient au combat. Ce village n’est pas normal. La petite voix nasillarde qui l’accompagne depuis toujours se met à siffler dans ça tête :
« Skronk tu dois partir. La vielle dame t’a dit d’aller voir le roi. As-tu oublié le message ? Ne perds pas ton temps ici. Récupère l’or et file, et pendant que tu y es, récupère la tête du nécromancien car il se moque de toi.
- Anusik, espèce de lutin perfide tais-toi ! La dernière fois que Skronk t’a écouté, tu n’as attiré que des ennuis à Skonk !! »
Celui-ci hurlant sur la place, complètement enivré et chancelant, ne remarque pas Thurim Vessiel sortant de la taverne, un regard noir braqué sur lui. Quand Skronk le remarqua il lui fit un grand sourire, et toujours en pestant contre le lutin, ne sachant pas où aller, Skronk se contente de suivre le magicien.


Tan-Klaroz :

Sabrane s’éloigne et descend les escaliers, suivi de Farkas Tedzek tenant le talisman dans sa main. Je ne sais plus trop ce que je fais ici ni ce que je dois faire. J’ai volé ce talisman dans le seul but de me protéger, il n’a jamais marché et je l’ai rendu.
[i]Je suis d’ailleurs soulagé de voir que tu n’as tué personne pour prendre cet objet, qui d’ailleurs sert à se protéger, à montrer que l’utilisateur est un être plein de bon sens, et qui pense à sa survie.

Non, je n'ai pas tué pour avoir ce talisman. Mais je ne suis pas un être plein de bon sens. Et je ne pense vraiment qu'à ma survie...
Sabrane, quelle tête ferais-tu si jamais tu savais combien de personnes j'ai tué et comment...
Je retourne dans ma chambre et saisis ma faux, posée sur mon lit. Je regarde l'éclat qu'elle projette en pensant à tout ce qui s'est passé avec elle. Je l'ai eu à ma naissance, jamais elle ne m'a quittée... Je l'attache dans mon dos puis descends les escaliers pour rejoindre les autres.


Thurim Vessiel :

J'indiquais à Skronk du doigt, le chemin du palais qui, même s'il était très proche, il aurait été capable de se perdre. Après m'être longuement entretenu avec le propriétaire de la taverne, je m'apprêtais à me diriger moi aussi vers l'auberge afin de prendre une collation matinale bien méritée. Mais je senti non loin de moi une présence familière qui m'empêcha de procéder ainsi. Je tournai alors mon regard vers une petite alcôve que formait la jointure de deux habitations. J'aperçus ladite personne dont je venais de sentir l'aura dans ce petit coin sombre ; nos ennemis ayant beaucoup d'informateurs avisés, peut être même dans cette cité, il valait mieux rester prudent. Je choisi un moment où la rue fut déserte, un instant pour aller à la rencontre de mon mystérieux interlocuteur, un elfe, mais pas un elfe de cette ville.
Il portait un bâton de mage avec, tout comme moi, une boule de verre fixée au bout portant les symboles de l'Académie. Il portait une longue et large robe bleu azur sans capuche, laissant voir son visage paraissant aussi jeune que le mien, mais il avait le crâne rasé de près.
« Bonjour enir - équivalant de "seigneur" en terme de présentation - Vessiel, il semblerait que vous ayez passé une bonne nuit, même après ce que vous nous avez...
- Il suffit, Yanoc ! L’interrompis-je. Si le clairvoyant Archimage vous a envoyé à ma rencontre dans un tel lieu, que je croyais pourtant hors de portée de l'Académie, ça n'est certainement pas pour palabrer inutilement ! Venez-en à ce qui me vaut votre visite !
- Comme il vous sierra, cher Thurim. Me répondit-il sur un ton légèrement agacé. Le Clairvoyant Trébonius a reçu votre dernier rapport de mission, qui fut vraiment fort intéressant. Mais il pense que nous devrions modifier quelque peu vos ordres de mission !
- Mes ordres de mission ? Jusqu'à preuve du contraire, cher messager ignorant, je n'ai reçu que pour seul ordre avant mon départ, de retrouver ce jeune homme que l'on nomme Tan-Klaroz. Je n'ai même, en fait, point reçu "d'ordre" tel que l'on peut en appeler ainsi.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:55

- Et bien, certaines choses doivent changer, ô grand sorcier !
Il sortit de sous sa robe un parchemin fin de grande qualité comme l'Ordre des Arcanes en avait le secret, il me le tendit.
- Voici donc vos "ordres réels" de mission, Thurim Vessiel !
Je pris des mains ce fin papier, je le déroulai et le lu attentivement, après avoir jeté un dernier regard autour de moi afin de m'assurer que des regards indiscrets ne nous surveillaient point. Lorsque je finis la lecture du document, j'eus une soudain envie de la jeter à la figure du messager, accompagné d’une chaîne d'éclair.
- L'Archimage se fiche-t-il donc de moi ?! Je ne suis pas un vulgaire mercenaire que l'on envoie effectuer les basses besognes !!
Il était rare que je perde mon calme, mais le contenu de cette missive m'aurait fait bondir si j'eus été assis.
- Surveillez vos propos enir ! Sachez qu'un ordre du vénéré Archimage, est une priorité pour la richesse occulte et culturelle de l'Académie. Notre Ordre se charge de projets aussi diverses qu'éducation, enseignement...
- Je sais tout cela ! Mais il y a d'autre moyen de procédé, cela ne ressemble pas aux méthodes de notre brillante enseigne !
- Alors pensez à votre rang, enir Vessiel ! Ignorer un ordre venant d'en haut ou refuser d'y obéir est passible de rétrogradation, voir pire...
Il m'attaquait à un point sensible, je ne pus faire autrement devant lui que de me résigner.
- Que le vénérable Archimage me laisse le temps qu'il faudra pour accomplir cette nouvelle mission !
- Heureux de vous entendre parler ainsi enir ! Continuez aussi à nous envoyer vos rapports via connexion mentale collective. Je tâcherais de convaincre le vénérable Trébonius de vous laisser tout le temps nécessaire à l'exécution de votre mission ! Que la bénédiction des Dieux vous accompagne. »
Il leva son bâton et s'entoura d'un halo bleu avant de se dématérialiser et disparaître. Je sortis de l'alcôve avec le parchemin en main, je le rangeai rapidement sous ma robe et me dirigeai vers l'auberge pour enfin calmer cette petite faim qui me tenaillait l'estomac. Je n’aimais pas cet ordre, mais il fallait tôt ou tard m'y plier.


Bianne :

Il règne dans l'air cette douce fraîcheur parfumée des matins printaniers, ou tout semble à nouveau possible. Je me sens légère comme je ne l'ai pas été depuis des années. C'est stupide, mais à présent qu'il y a quelqu'un qui sait, j'ai le sentiment d'être libérée, rendue à moi-même. Je reste accoudée à la fenêtre, le visage dans la lumière, les yeux clos, à goûter à cet instant. Merci, Thurim Vessiel d'être venu me trouver. La sensation d'étouffement qui m'oppressait depuis que nous sommes entrés dans cette ville s'est atténuée. Il n'en reste qu'un léger malaise sans importance.
Je soupire et m'éloigne de la fenêtre. Il est temps que j'aille rejoindre les autres dans la salle commune.
Lorsque j'arrive, ils sont presque tous attablés. Sabrane mange avec appétit. Je sens un malaise en Tan-Klaroz, qui le regarde avec un mélange d'appréhension et... d'angoisse ? De douleur ? Impossible à savoir. Il n'en sais sans doute rien lui même. Face à eux, Farkas les observe, en chien de faillance. En passant près de lui, je sens son cœur lourd, tout un tas de sentiment mêlés. Deuil. Colère. Soulagement, comme quand une longue quête est terminée. A côté, le Nécromancien mange, amusé pour une raison qu'il est seul à connaître.
Je me heurte à Harkan, qui arrive de la rue. Son contact me glace. Que d'amertume en lui, ce matin ! J'en suis prise d'un frisson, malgré moi.
Le Barbare est débordant de soulagement et de plénitude. Il est content d'avoir à manger. Enfin un être en accord avec mon humeur. Je m'approche de lui, dépose un baiser sur sa joue, et m'installe à côté de Sabrane en lui demandant joyeusement s'il a bien dormi.
C'est alors que Thurim Vessiel fait son entrée.
C'est comme si d'un seul coup, un courant d'air froid envahissait la pièce. La tension qui émane de lui me fige. Il est inquiet. Il est terriblement inquiet. Je me relève, vais à sa rencontre comme pour le saluer, mais l'entraîne à l'écart.
« Vous semblez soucieux. Y a-t-il un problème ?
- Rien de particulier, me répond-il froidement.
- Ne me mentez pas, Thurim. Je reconnais toujours le mensonge. Parlez-moi. Vous le disiez hier, nous devons pouvoir nous faire confiance.
Il pose sur moi un regard impénétrable. Durant quelques secondes, je parviens à percevoir tout ce qu'il ressent. Mais impossible de faire le tri, tant il y a de sentiments mêlés. Dans son esprit règne une confusion que je ne lui ai pas vue depuis les deux jours que j'ai passé à ses côtés. Mais il se ferme à moi, se dérobe, s'éloigne.
- Alors ne cherchez pas à savoir, Dame Bianne. Car quelque soit la question que vous me posiez, je n'y répondrai pas. »
Je m'apprête à insister, quand quelqu'un frappe à la fenêtre de la salle. Trois coups secs, répétés, nerveux. Nous tournons tous la tête. Par l'embrasure, je reconnais le visage de la jeune elfe qu'Harkan a reconnue et embrassé dans la rue la veille. Mais, contrairement à mes attentes, c'est Tedzek qui se lève pour aller à sa rencontre.
« Petite sœur ? Mais que se passe-t-il ?
Sa sœur ? J'ai juste le temps de m'en étonner. La jeune elfe a l'air effrayée.
- Il faut que vous quittiez la ville. Maintenant !
- Quitter la ville ? Mais pourquoi ?
- Je ne peux pas vous le dire. Vous êtes en danger, il faut me croire !
Elle est au bord des larmes. Farkas, inquiet, lui tend la main pour la faire entrer. Je ressens un profond malaise, près de moi. Harkan. La présence de cette elfe le trouble au plus haut point.
- Racontez-nous, dis-je.
- Dans quelques minutes, un corps de garde va franchir cette porte et vous abattre tous. Officiellement, le garçon de la prophétie aura perdu la raison, provoqué une rixe et vous aurez été tués au court de la tentative pour ramener le calme.
Un froid tombe dans la salle. Tan-Klaroz et Sabrane relèvent la tête, même le barbare, sentant qu'il se passe quelque chose, s'arrête de manger.
Farkas Tedzek ouvre de grands yeux.
- Mais... Qui ordonne ça ? Pas l'ambassadrice, tout de même ?
- Non... Non, mon fiancé, le premier officier de la chambre. C'est son initiative. En allant le voir, ce matin j'ai aperçut l'ordre sur sa table. J'ai couru aussi vite que j'ai pu...
Prise d'un doute, je m'approche.
- Votre fiancé, n'a-t-il pas une marque rouge sur le front ?
- Oui, c'est cela. Il s'appelle Lisletz Kaelt, et je ne comprends pas, c'est un être si bon, si généreux, d'ordinaire.
Thurim Vessiel est le premier à reprendre ses esprits.
- Remontez aux chambres, vite, et rassemblez votre matériel. Les secondes comptent.
Prestement, nous nous exécutons. Je remonte en quatrième vitesse et ramasse mes armes, mon bagage, la nouvelle sarbacane que je me suis fait apporter hier pour remplacer celle que j'ai perdue dans la forêt. J'ai à peine le temps de tout plier que la sœur Tedzek est déjà dans le couloir.
- Ils arrivent ! Ils sont à la porte du palais !
- Il y a un autre moyens de sortir ?
- Par les terrasses ! Suivez-moi !
Elle s'éloigne vers l'escalier principal. Nous la suivons, désordonnés et pressés.
La terrasse du palais n'est pas très éloignée du toit suivant. La sœur de Farkas bondit, et franchit l'espace de vide qui les sépare. Je l'imite et atterris sur les toits suivants. Harkan et Farkas n'ont aucun mal à nous suivre. Tan-Klaroz non plus. Mais le barbare ne semble pas comprendre à quoi nous jouons.
Thurim et Lhao se regardent, et à contrecœur, se résolvent à unir leurs forces. Saisissant Skronk chacun par un bras, ils s'évaporent ensemble et réapparaissent près de nous. Le barbare rigole : il n'a rien compris. Mais déjà la sœur de Farkas nous entraîne. Il faut s'éloigner.
Je m'apprête à partir à sa suite, quand une main me retient par le bras. Thurim Vessiel. Sans mot dire, il me désigne, en contrebas, dans la rue, un groupe de soldat qui entre dans le palais que nous venons de quitter. Pas n'importe quels soldats.
- Les légions de la Manticore ? Un groupe d'elfe dans la légion de la Manticore ?
Je suis stupéfaite.
- Il faut croire que oui, marmonne Thurim. Ne moisissons pas ici.
De toit en toit, il nous faut une demi-heure pour atteindre les portes. Nous évitons soigneusement la large voûte de marbre blanc par laquelle nous sommes entrés. Notre jolie guide nous conduit à une poterne écartée, donnant sur l'extérieur, la liberté.
Je tire de ma ceinture une fléchette blanche.
- Je vais devoir vous endormir, vous ligoter et vous bâillonner. Jamais votre fiancé ne voudra croire que vous nous avez aidé contre votre gré sans cela.
- Je comprends, me dit-elle, confiante. Allez-y.
Je m'approche d'elle et surprends sur moi le regard d'Harkan. Un regard comme il n'a pas l'habitude d'en poser sur moi. Il observe la fléchette dans ma main avec une terreur sans nom. Oui, bien sûr. Je pourrais très bien changer au dernier moment, et en utiliser une noire... Je pourrais très bien le faire.
Une bouffée de plaisir cruel s'empare de moi. Imperceptiblement, impitoyablement, je ralentis mon geste. J'approche lentement l'aiguille de ce cou blanc et vulnérable qui s'offre à moi. Harkan est au supplice. Il tient à elle plus que tout au monde, et il sait que je le sais...
Je plante l'aiguille dans la peau tendre. La jeune elfe ferme les yeux, devient molle, et se laisse tomber. Je la retiens dans mes bras. Harkan se mort les lèvres. Il sait qu'elle dort, que ce n'était pas une de mes fléchettes qui tuent, mais j'ai réussi à lui faire mal, très mal, et je suis effrayée par le bonheur que j'en éprouve. Je dépose tout doucement ma victime à terre - l'unique amour de l'homme qui a tué mon unique amour - et commence à lui lier poings et pieds.
Harkan me regarde faire avec une colère froide. Il a eu raison d'avoir peur. J'aurais très bien pu le faire. S'il n'y avait pas plus important à penser que la vengeance personnelle.
Inconscients du combat invisible qui vient de se mener entre nous, les autres se sont déjà éloignés. Je souris et passe devant mon adversaire, avec un air faussement aimable.
- Ne nous attardons pas. »
Si ces yeux étaient des flammes, je ne serais déjà plus que cendre.








Chapitre 9 : Ce que la nuit découvre




Sabrane Hyle :

Nous courions, à en perdre haleine. Je sentais mes compagnons autour de moi, courants aussi follement que moi, mais je ne voyais que l’énorme arrière-train du barbare, courant sans rien comprendre, faisant trembler les arbres au passage.
« Dites, fis-je en reprenant ma respiration, pourquoi ne pas plutôt vous accrocher à moi pendant que je me téléporte ?
- NON ! Hurlèrent-ils ensemble.
- C’était une idée comme ça, grommelais-je.
On courus ainsi pendant six heures, s’arrêtant parfois pour que l’un de nous reprenne sa respiration, et, je dois l’avouer, c’était souvent moi, enfin plutôt, tout le temps moi.
A la fin, Dame Bianne dit, les mains sur les genoux :
- Bien, je crois que nous pouvons marcher maintenant.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:55

- Oui, mais pour aller où ? Fis messire Vessiel.
- Pour le moment, il faut sortir de cette forêt, puis on verra après, répondit messire Tedzek.
Tan semblait très mal à l’aise en écoutant notre conversation.
- Tout est ma faute, dit-il finalement, il vaudrait mieux que vous me laissiez tout seul, car vous êtes en danger avec moi.
- Allons, allons, Tan, fis-je d’un ton apaisant, nous nous sentirions encore plus mal si il t'arrivait quelque chose, et puis nous sommes des amis, non ? Et les amis ne se laissent pas tomber ainsi. N’est ce pas, vous autres ?
Ils semblaient tous avoir mangé quelque chose d’indigeste avec les visages qu’ils montraient. Sauf le nécromancien, qui lui semblait rigoler.
Nous reprîmes tous la marche, ne parlant pas. On marcha des heures, jusqu’à ce que le soleil soit sur le point de se coucher.
- Je veux que l’on s’installe ici, dit Tan.
- Pas encore, dit messire Tedzek, nous allons marcher encore un peu jusqu’à ce que la lune soit haute.
- MAINTENANT ! Hurla Tan, menaçant messire Tedzek de sa faux.
Il semblait toujours impassible, mais j’avais vu une goutte de sueur perler à son front.
- Bon, lâcha-t-il, c’est comme tu voudras. »
La construction d’un camp de fortune dura peu de temps. Moi, je fus assigné au ramassage de bois. Quand j’étais revenu, un petit camp de toile, sûrement construit par un sort de messire Vessiel, se dressait devant moi.
« Bon maintenant, on peut se coucher, dit le sorcier constructeur en se passant le bras sur le front. »
On commença à allumer un petit feu, dont la fumée avait été rendue invisible grâce encore au sorcier.
Il faisait bon, la vue du soleil qui se couchait était magnifique. Je vis alors Tan disparaître dans les bois, sans dire un mot. Il me semblait étrange de s’éloigner du groupe, alors que la nuit allait tomber. Je le suivis à travers les bois. Cette petite escapade dura vingt minutes. Quand il s’arrêta, je me cachai dans un buisson sans être vu. Je le regardai, tandis qu’il était assis sur un rocher, voyant en même temps la lumière du jour disparaître peu à peu du sol. Quand il n’eut plus de soleil du tout, je fus témoin d’un magnifique spectacle.
Je vis une auréole de bleu l’entourer, qui semblait venir directement de lui. Puis, ses jambes et ses bras devinrent plus minces, ses traits du visage s’affinèrent, ses cheveux descendirent jusqu’en bas de son dos, et enfin sa poitrine se gonfla. Finalement, l’aura bleue disparut comme elle était apparue, faisant apparaître une magnifique femme de vingt ans. Tan Klaroz, était donc un hétéromorphe.
Je ne fus qu’a moitié impressionné, car j’avais trois amis qui, le soir venu, se transformaient aussi. Un rouquin qui se transformait en loup-garou gardant son intelligence humaine, une fille se transformant en gorgone qui gardait toujours les yeux fermés, et un brun, qui devenait un fantôme. J’adorais me balader la nuit avec eux. Car eux aussi était des exclus, comme moi. Tandis que je pensais à mes chers amis, je mis une main par terre et cassai une branche sans le faire exprès. Tan tourna ses yeux vers moi, et dis d’une voix féminine :
« SABRANE ! QU’EST CE QUE TU FAIS LA ?!
Je me relevai tant bien que mal, et répondis.
- Euh, bonsoir dame Tan. »


Tan-Klaroz :

« Euh, bonsoir dame Tan. »
Sabrane me dévisage avec un air semi étonné. Il est là, planté comme un arbre, se demandant sûrement ce qu'il lui arrive. La peur me dévore les entrailles. Je recule lentement du rocher, décrochant ma faux de mon dos.
- C'est pas vrai... non, non ! Pourquoi ? Hein, pourquoi ?
Sabrane s'avance, les mains en avant :
- Euh... quelque chose ne vas pas Tan ?
Ma vue devient floue, ma peur et ma colère m'aveugle.
Tous ceux qui m'ont vu de nuit sont morts sans pitié. Normalement, je devrais le faire aussi mais je ne peux pas ! Pas lui ! La seule personne qui m'ait parlé depuis si longtemps ! Je ne comprends pas ce que j'ai. Je fonce vers Sabrane, faux en avant et fends l'air. Je ne sais pas si je l'ai blessé ou pas, je continue ma route entre les arbres. Il faut que je fuie, que je quitte ces personnes et que je me fasse oublier de leur mémoire. Je fuirais encore et toujours. Il faut que je quitte cet endroit, ce pays... ce monde ?
Je continue de courir, sans m'essouffler. Passant entre les arbres, les rochers, je cours vers un endroit où plus personne ne me trouvera, ne me verra, ne me parlera...


Len Arken :
Le crépuscule envahit le ciel. Le pont était complètement sombre. Un peu plus tôt dans la journée, j'avais découvert que Biran Sted transférait des documents importants par la voie fluviale.
Le bateau passa au-dessous du pont.
Alors, je me mis à foncer, j'utilisai un PSI d'invisibilité pour me jeter de la rambarde sur la poupe. Le bateau était assez petit, mais il avait l'air de contenir quelques gardes.
J'atterris sans problèmes sur le bateau avant de rentrer discrètement à l'intérieur. Une fois dedans, le PSI d'invisibilité me lâcha. Dommage, j'allais devoir faire sans. Je me faufilai au nez et à la barbe des différents gardes endormis. J'arrivai dans la cale...
...pour découvrir la plus immense collection d'objets bizarres que j’avais jamais vu.
Il y avait des gardes plein la cale. Ils étaient affairés à quelque chose, je ne vis pas quoi.
Quelques instants plus tard, je rentrai dans une salle remplie de documents. J'ouvris plusieurs tiroirs où plusieurs dossiers s'affichaient mais qui ne pouvaient s'extraire que page par page.
L'un d'eux portait le titre "Aestes"
Eh bien voila.
Soudain, j'entendis des voix:
« La paille est prête?
- Oui, chef.
- Les canots?
- Prêts.
- Bien »
Pourquoi de la paille et des canots?
« Boutez le feu! »
Alors, je compris. Ils n'étaient pas en train de déplacer des documents... Ils voulaient simuler un naufrage pour s'en débarrasser.
Une odeur de brûlé se répandit dans le navire.
Il fallait vraiment me dépêcher: j'extrayais les premières pages du document. Il y eut une explosion soudaine et je fus éjecté de la cabine.
« Chef, la poudre à canon...
- Zut! Je l'avais oublié, celle-là.
- FUYONS! »
Je réussis difficilement à remonter dans la cabine. L'armoire à documents contenant tous les documents sur l'Aestes était tombée à l'eau. Il y avait un bureau. Je l'ouvris pour prendre quelques papiers avant de filer. J'activai un autre de mes PSI : le PSI de l'Oxygène pour me permettre de plonger et d'atteindre la rive, vivant.
Quelques instants plus tard, j'examinai les documents que j'avais pris: D'après eux, l'Aestes serait une secte tentaculaire de chez tentaculaire: Elle impliquait même les hautes sphères. L'un des dirigeants de la secte était, bien sûr, Biran Sted. Ils étaient tellement impliqués que personne ne saurait les distinguer. Le seul signe distinctif, c'étaient leurs yeux entourés d'une minuscule aura de couleur ambrée. J'avais la liste de quelques uns de leurs principaux leaders. Cependant, la page qui m'intéressait le plus, sur les motivations de la secte, n'était pas présente : Elle avait dû être noyée par le faux naufrage. Les documents trouvés dans le bureau m'en apprirent plus sur Tan-Klaroz: Apparemment, Biran Sted croyait que Tan-Klaroz avait quelque chose de spécial qui pourrait détrôner le roi. Il avait essayé de l'acheter pour qu'il travaille pour lui, mais ça n'avait pas marché. Donc, il l'avait fait condamner pour un prétexte.
Maintenant que j'avais des certitudes, je me demandais par où poursuivre mon enquête.


Val Harkan :

Je fis un rapide tour du campement. Tout était calme, pas de danger à l'horizon. Je poussai un gros – très gros - soupir et me dirigeai vers le feu. Alors que je tendais les mains vers les flammes, tous mes muscles se tendirent. Un léger craquement avait réveillé mes instincts.
Un cerf pensais-je.
J'hésitai, pesant le pour et le contre, puis esquissai un grand sourire. Je me tournai vers Lhao et lui lançai :
« Lhao, peut-tu me rendre un service?
Il me répondit par un grognement. Je pris cela pour un oui.
- Si les autres me cherchent, continuai-je en ôtant mes armes une à une, dis-leur que je suis parti faire un tour »
J'enlevai ensuite mon lourd manteau et même mon armure de cuir. Je ne gardai qu'une tunique grise. Je me tournai vers la forêt et m'y enfonçai sans hésiter.
Je laissai mes sens s'étendre, mes véritables instincts prendre le dessus. Je marchai pendant un petit quart d'heure lorsque je le vis. Un cerf adulte, magnifique. Je le contournai, et m'éloignai d'un quart de lieue de lui. Là, je me concentrai sur ce qui allait suivre. Lorsque je me sentis près, je me levai. La nuit était claire, je repérais chacune des empreintes du cerf, son odeur, le bruit de ses mâchoires mastiquant l'herbe. Sans même réfléchir, je poussai un hurlement vers la lune. Un hurlement s'adressant à toutes les meutes, un hurlement de loup. La chasse était ouverte.
*
**
Une course. Le cerf fatigue. Bientôt il sera trop faible. Voilà. Sa gorge, la carotide. Il s'écroule, il est mort.
Je repris doucement le contrôle de mes instincts, sans brusquer. Je jetai un oeil à ma tenue. La partie supérieure de ma tunique était couverte de sang. Mes jambes semblaient propres. Je regardai autour de moi. Je n'étais pas très loin du camp. J'avais sans doute fait une courbe en poursuivant le cervidé. J'aperçu une source, et me dirigeai vers elle, tirant le cadavre du cerf derrière moi. Je le lâchai à quelques mètres de l'eau et m'agenouillai devant la surface luisante. Je retirai mon haut et le roulai en boule. Je me lavai ensuite le visage et les bras. Je me redressai d'un coup en percevant un craquement de feuille morte.
Une louve grise, au regard intelligent, apparu. Sans doute avait-elle sentit le cerf. Elle s'assit sur son arrière train et pencha la tête sur le côté.
« Celle-ci se demande si c'est bien celui-ci qui a tué ce gibier.
- Celui-ci te le confirme petite sœur. Celle-ci cherche de la nourriture?
Elle opina du chef.
- Celui-ci te propose quelque chose, commençai-je avec un sourire, l'on te laisse la plus grande partie du cerf - une patte nous suffira - et en échange celle-ci me ramène une pierre de naissance.
Elle parut intriguée, puis répondit:
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:55

- Celui-ci a de la chance, la femelle de la meute de celle-ci va bientôt mettre bas. Celle-ci récupérera la pierre et tiendra le marché.
- Alors c'est entendu.
D'une simple traction, j'arrachai une patte arrière au cerf, puis je traînais la bête plus proche de la louve, la laissant là et reculant tranquillement.
- Celle-ci a eu de la chance dans la chasse, ironisais-je. »
Elle éclata de rire. C'est à dire qu'elle roula sa langue pour exprimer son amusement, prit le cerf et s'en fut. Je me redirigeai vers le camp avec un sourire, tenant toujours le morceau de viande imposant, lorsque je me retrouvai nez à nez avec Bianne. Son regard exprimait une totale incrédulité.
Non !


Bianne :

Il ne bouge plus. Moi non plus.
Nous restons à nous dévisager.
Je m'entends murmurer d'une voix embarrassée.
« Je venais vous chercher. On lève le camp, Tan-Klaroz s'est enfui.
A mon ton, ou pourrais croire que je m'excuse. Et c'est presque le cas. Je sais que j'ai vu ce que je n'aurais pas dû voir. C'est une chose d'avoir des soupçons, une autre de les voir se confirmer.
- Enfui, me répète-t-il d'une voix rogue. Pourquoi ?
- Sabrane a découvert pourquoi il se cachait la nuit.
- Pourquoi ?
- Il vous l’expliquera, dis-je.
J'ai le besoin irrépressible de partir, de m'en aller d'ici. Il me saisit le bras et le serre violemment.
- Un mot, un seul de ce que vous venez de voir, et je vous tue.
- Je ne dirais rien...
Je suis encore sous le choc. Mais quoi ? Je savais ! Du moins, je m'y attendais. J'ai encore dans les oreilles ce hurlement que j'ai entendu tout à l’heure, ce hurlement de loup, de vrai loup, qui a résonné dans toute la forêt... Mais je savais que c'était lui !
- Harkan !
Je l'interpelle alors qu'il s'éloigne en direction du camp.
- Au cas où vous l'auriez oublié, vous m'avez déjà tuée, il y a quelques années, quand vous m'avez pris l'homme que j'aimais, qui me protégeait.
- Je faisais mon boulot. Rien de plus.
- Vous n'êtes qu'un outil, Harkan, un instrument; C'est bien pour cela que vous êtes en vie.
- Je sais. J'ai entendu dire ce qui était arrivé à mon employeur. Mais que voulez-vous ? C'était un contrat comme un autre, je me suis contenté de le remplir.
Je secoue la tête.
- Comme un autre ? Ca a du être bien plus dans votre vie qu'un simple contrat.
- Un contrat comme un autre. La "nature" de votre unique amour ne m'a pas empêché de l'exécuter comme n'importe qui.
- Ce n'est pas le médaillon de n'importe qui, que vous portez au cou. C'est le sien. Pour que vous ayez pris la peine de le prendre sur son corps, il faut qu'il vous ait laissé un souvenir marquant.
Il hausse les épaules.
- Non, c'est parce que je le trouvais joli.
Ca me coupe le souffle. Je suis au bord des larmes. Je les ravale rageusement, fait appel à tout ce que j'ai de haine en moi.
- Vous n'avez donc aucun respect pour vos victimes ?
- Si, beaucoup, quand elles sont dure à vaincre.
- Et il ne l’était pas ?
- Ben... Faut croire que non.
Il a vu venir la gifle assez tôt pour l'arrêter avec sa main. Pas le coup de genoux. Tandis qu'il se plie en deux, je continue à le frapper avec mes poings.
- Animal ! Homme loup ! Crachai-je, mauvaise. »
Je le laisse-là et m'enfuit.
Qu'est-ce qui me prends ? Pourquoi suis-je comme ça ?
Je ne dirais rien, je le sais. Rien à personne de ce que j'ai vu. Même avec la meilleure volonté du monde, je ne parviendrais pas à le dire. Pourquoi ? Je sais que ça ne lui fera jamais suffisamment mal pour payer la douleur qu'il me doit. Et ce secret est la seule chose qui me lie encore à mon bien aimé. Si je le divulgue, il ne me restera plus rien.
Je respire un peu pour me calmer et retourne vers le camp, en essayant mettre de l'ordre dans mes idées.
Hétéromorphe, c'est le mot qu’a employé Sabrane. Mais pourquoi ? A quoi sert-il que Tan-Klaroz soit hétéromorphe ? Rien n'arrive jamais au hasard, je le sais, alors pourquoi ? A quelle sombre machinerie appartient le secret de Tan-Klaroz.
Les autres ont déjà plié bagages. Ils sont prêts à partir. Seul Harkan manque encore à l'appel.
« Eh bien ? Me demande Thurim Vessiel.
- Je l'ai prévenu. Il arrive.
J'ai froid. D'un seul coup très froid.
- Messire Vessiel, murmurai-je. Nous devons retrouver Tan-Klaroz. C'est primordial.
- Je sais, me répond-il.
- Non, vous ne savez pas. Il est seul, Thurim. Il est tout seul. Il n'y a que nous sur qui il peut compter avec certitude, parce que nous étions destinés à le protéger. A part nous, il ne peut avoir confiance en personne. En personne. L'avez-vous déjà ressentie, cette sensation de ne pouvoir compter sur personne même pas soi-même ?
Il ne me répond pas.
- Le huitième compagnon, murmurai-je. Il faut qu'il soit là. Je vais le chercher.
- Le chercher ? Sans savoir ni son nom, ni l'endroit où il est ? Vous le pouvez ?
- Oui.
- Si vous le pouvez, pourquoi ne pas chercher Tan-Klaroz de la même manière ?
- Je ne peux pas. C'est impossible à vous expliquer. Tan-Klaroz n'a pas d'âme. Pas encore. S'il n'a pas d'âme, je ne peux pas le retrouver.
- Pas d'âme, répète Thurim, vous voulez dire que c'est un animal.
- Non, vous ne m'avez pas compris. C'est un... Enfant. Voilà. Un enfant. Il ne s'est jamais rencontré lui-même. Il n'a ni conscience d'être, ni conscience de l'Autre. Alors je ne peux pas le retrouver.
- Un enfant... Répète le sorcier.
Il ne comprend pas et c'est normal. Ce sont des choses qui ne s'expliquent pas en langage humain. Je m'éloigne.
- Je vous rejoins d'ici une à deux heures, avec l'homme qui nous manque. Veillez, s'il vous plait, à ce que personne ne me suive. »



Chapitre 10 : Terre et Glace


Len Arken :
J'étudiai les documents que je voyais.
J'avais une vague idée de que faire, mais il me fallait des noms. Les documents que j'avais allaient bien me servir. Je décidai de sortir pour passer la nuit quelque part. Au moment où je mis le pied dehors, je ressentis alors une brutale piqûre au cou. Peu après, je m'évanouis.
Quand je me réveillai, j'étais au cœur d'une forêt. Je me relevai en regardant si je n'avais rien de cassé, puis je me mis à réfléchir sur ce qui m'amenait ici.
J'eus alors une hypothèse : J'avais dû trop fouiner dans les affaires de Biran Sted, il avait fini par le remarquer, et avait décidé de se débarrasser de moi.
Mais alors, qu'est ce que je fais dans une forêt ?
Je me retournai alors et je vis une femme que je reconnus immédiatement pour l'avoir suivie dans la forêt maudite.
« Vous?
- Bonjour, répondit-elle simplement.
- Comment m'avez-vous retrouvé ? Comment m'avez vous amené ici?
Elle ne répondit pas...
- Bon, j'ai compris. Mais quand même...
- Quoi?
-Après ce que j'ai fais pour vous, vous auriez pu améliorer le transport.
- Vous auriez voulu quoi ? Une invitation écrite ?
- De préférence. Ce n'est pas parce que je suis le huitième compagnon de la prophétie qu'on peut me faire ça.
- Hein ? Vous savez à propos de la prophétie?
- Comment ne pourrais-je pas, Bianne? »
Elle me regarda avec de la surprise, cette fois.
« Mais comment...
- On a chacun ses petits secrets, n'est-ce pas ? En fait, je suis le professionnel pour savoir tout ce que je ne devrais pas.
- Ecoutez, ce n'est pas le moment de jouer à ces jeux. Il nous faut retrouver les autres.
- Vous avez survécu à cette idée de téléportation avec Sabrane?
-...
- On dirait qu'il vous en est arrivés, des choses. Vous me raconterez et je vous dirai tout sur ce que j'ai fais de mon côté.
- Qu'avez-vous fait?
- J'ai recherché des infos sur Tan-Klaroz et ce Biran Sted. Je me suis dis que ça pourrait m'être utile. Mais racontez-moi ce que vous avez fait d'abord. »
Elle se mit en marche, puis s'arrêta.
« C'est quoi votre nom?
- Len Arken.
- C'est votre vrai nom ?
- Non, mais ça compense celui rasoir donné par mes parents. »
Elle haussa les épaules et se mit en marche.

Farkas Tedzek :

Val Harkan revint apparemment épuisé. Il traînait un morceau de cerf derrière lui. Au moins nous ne mourrions pas de faim. Un craquement me parvint ; je me retournai, la main sur la poignée de ma dague. Mais je reconnu Bianne et me détendis. En allant à sa rencontre, je remarquai qu'elle n'était pas seule: un homme l'accompagnait. Relevant mon air surpris, elle s'avança au milieu du campement avec l'étranger.
« Je vous présente Len Arken, cria-t-elle. C'est la huitième personne chargée de protéger Tan-Klaroz.
- Qui nous a justement quitté ! Ironisa quelqu'un.
Bianne n'eut pas le temps de réprimander l'auteur de cette dernière remarque: Le bruit sourd de la chute d'un arbre attira notre attention à tous.
- Je vais voir, dis-je. »
Et sans attendre de réponse ou d'objection, je grimpai dans l'arbre le plus proche et, sautant de branche en branche, me dirigeai vers la source du bruit. J'entendis la chute d'un second arbre, plus fort cette fois. Je ne devais plus être très loin... L'arbre dans lequel je m'apprêtai à sauter se mis tout à coup à vaciller. Je regardai en bas et ce que je vis me remplis d'effrois :
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:56

un démon terrestre avançait droit vers le camp. C'était un quadrupède. S'il était animal ou végétal, je n'aurais su le dire. Une toise de haut et on ne voyait pas sa tête, mais ses yeux, eux étaient biens visibles: Deux yeux rouges semblables à deux feux ardents. Il avait des pattes de loups mais son corps était recouvert de "lianes" noires bougeant follement, comme si elles étaient vivantes. L'une d'elle toucha l'arbre où j'étais perché. J'eu du mal à croire ce que je vis ensuite. En quelques secondes, le feuillage qui me cachait dépérit, puis tomba. La branche sur laquelle je me tenais cassa subitement. J'eu juste le temps d'attraper une branche de l'arbre voisin pour me retenir. C'est comme si les "lianes" qui recouvraient le corps du démon "aspiraient" la vie végétale. L'arbre ne tarda pas à tomber, mort. Le démon se déplaça alors plus vite. Il fallait absolument que je prévienne les autres.
Je sautai de branche en branche, d'arbre en arbre aussi vite que je pu, l’horreur me tiraillant le ventre. Mais je n'arrivai que quelques secondes avant le démon. Que pouvais-je faire ?! Maintenant qu'il était en terrain dégagé, il se déplaçait encore plus vite. Mais étrangement, il s'arrêta. J'en profitai pour avertir mes amis:
« Faites attention aux lianes qu'il a sur le corps, elles absorbent la force vitale des plantes mais peut-être aussi celle de tout ce qui est vivant !
- Pourquoi il n'avance pas ?! Cria Bianne.
La réponse ne se fit pas attendre: Les arbres qui nous entouraient tombèrent, laissant apparaître cinq autres démons. Nous étions encerclé.
Je ne pouvais pas faire appel aux forces de la nature. Cela ne ferait que les renforcer. J'étais complètement paniqué. Lhao banda son arc et tira une flèche. Celle-ci se ficha pile entre les deux yeux du démon qui nous faisait face. Le démon ne réagit pas.
- C'est une flèche empoisonnée ? Demandais-je.
- Oui ! répondit Lhao. Et c'est le poison le plus violent qu'il existe. Il y a de quoi massacrer un troupeau de chevaux.
- Je ne sais pas s'il est au courant, dis-je.
Si même le pire poison qu'il pouvait exister n'arrivait pas ne serait-ce qu'à l'étourdir, je ne donnai pas cher de notre peau. La seul chose qui semblait immunisé contre ces monstres, c'était le sol, la terre. Si seulement je pouvais rien qu'un peu...
Contre toute attente, une butte d'un mètre apparu devant l'un des démons pile au moment où il avançait. Ce fut suffisant à le faire trébucher. Les cinq autres démons ralentirent, apparemment surpris.
- C'est toi qui as fait ça ? Me demanda Thurim.
- Heu... Je crois ! Répondis-je.
- Tu peux recommencer ?
Les démons avaient repris leur lente avancée vers nous, se rapprochant inexorablement. Je me concentrai et c'est alors que je la senti. Cette puissance ! Je ne savais pas comment la décrire, mais je savais maintenant qu'elle me permettait de contrôler une chose : la Terre. Une courte pensée, et un mur de terre jaillit sous le démon le plus proche. Ce fut tellement violent qu'il se retrouva projeté à plusieurs dizaines de toises de haut, dépassant allègrement les quelques arbres qui étaient encore debout autour de nous. Trente secondes plus tard, un bruit sec se fit entendre : La chute avait été dure pour lui.
- Plus que quatre ! Criai-je, en extase.
En quelques secondes, je créai un véritable raz de marée de terre qui ensevelit complètement deux démons. Je transperçai le troisième d'un pic de terre aussi dur que la pierre et jetai le dernier dans une fosse si profonde que je doutai qu'il soit encore entier une fois au fond.
Je me frottai les mains et fis face à mes compagnons. J'avais repoussé ces six démons en moins de cinq minutes.
- Attention ! Hurla Sabrane en pointant le doigt dans mon dos.
Je me retournai et vis le premier démon, celui qui avait trébuché, charger sur moi. Je me concentrai et un mur de terre s'éleva devant le démon. Il le défonça. Je créai alors à nouveau un pic qui le transperça. Cette fois, c'était bon. Je m'approchai, doucement, afin de vérifier qu'il était bien mort. C'est alors que, dans un dernier sursaut de vie, le démon cracha quelque chose. J'évitai le projectile, mais celui-ci me taillada tout de même méchamment le bras. Je portai la main à ma blessure pour éviter de perdre trop de sang. Mais étrangement, je ne saignai pas.
- Il fait froid tout d'un coup, remarquai-je.
J'avais le bras tout engourdi. Quand je le vis, il était recouvert d'une fine couche translucide.
- Mais qu'est-ce que... »
Le regard horrifié de mes compagnons fut la dernière chose que je vis avant d'être transformé en statue de glace.


Skronk :

Les monstres sont arrivés si vite, et la terre qui s’est mise à trembler et à se soulever, de mémoire Skronk n’a jamais vu ça. Décidément, quand il rentrera au pays, Skronk aura beaucoup de choses à raconter. Du bout de sa hache, il titille le monstre mort. Ses espèces de tentacules gesticulent encore un peu avant de tomber.
Tout doucement, Skronk s’approche de l’elfe devenu glace. Du bout du doigt, il touche la surface. Comme il s’y attend, c’est complètement glacé. Stupéfait, Skronk regarde autour de lui, ses compagnons d’infortune n’ont pas l’air d’en mener bien large. L’apprenti sorcier feuillette un livre, le magicien discute assez violemment avec le nécromancien. D’ailleurs, Skronk aimerait bien lui donner des baffes au nécromancien car il ne l’aime pas du tout. Perdant patience, Skronk lève sa hache et se prépare à l’abattre sur la statue pour libérer l’elfe du maléfice. Une lame se met en travers de la course de son arme et la dévie d’un bon centimètre de sa cible. Frustré d’avoir manquer sa cible, Skronk se retourne vers l’auteur de cet acte. Il dévisage l’inconnu arrivé juste avant l’attaque.
« Pourquoi as-tu empêcher Skonk de délivrer l’elfe ? Si tu veux te battre contre Skronk, Skronk se battra contre toi ! »
A peine il achève sa phrase qu’il se rue sur son adversaire. Celui-ci, agile évite la charge. Skronk fait tournoyer sa hache sur lui-même, arrachant au passage un morceau de tunique du gêneur.
Ricanant de plaisir, Skronk ce prépare au prochain assaut, mais la femme fait irruption entre Skronk et sa proie. Enivré par la fièvre du combat, il la repousse d’une main, faisant attention de ne pas lui faire mal : elle a quand même sauvé la vie de Skronk. Lentement Skronk se rapproche de l’impertinent qui a osé le défier, mais le sorcier fait irruption en remuant des lèvres, et tout aussi bizarre que cela puisse paraître, Skronk n’a plus envie de le tuer. Tout en lui adressant un regard haineux il lui tourne le dos et retourne vers l’étrange spectacle que lui offre la statue de glace. Au passage Skronk récupère le morceau de cerf laissé à l‘abandon. Ce serait dommage de gâcher de la bonne viande.


Thurim Vessiel :

Notre malheureux compagnon, enfermé dans une si étroite prison de glace, n'ayant pas pu résister à l'implacable attaque de ses démons pourtant inférieurs parmi les Sphères Extérieures. J'en rageais de n'avoir pas pu intervenir à temps, j'aurais peut être pu empêcher que ce sort se propage sur toute la surface de son corps aussi vite, tel une gangrène. Je m'approchai de lui et effleurai de la main la texture froide et lisse qui le maintenait dans cet état, mon diagnostic fut rapide, je le communiquai à l'ensemble du groupe, ainsi qu'à notre huitième compagnon d'infortune avec qui je n'avais, hélas, pas le temps de faire plus ample connaissance.
« Il est toujours en vie, mais la malédiction laissée sur lui par ses démons mineurs ne disparaîtra pas avant au moins une centaine d'années... la glace magique ne fond jamais naturellement.
Suite à mon annonce, tout le groupe braqua son regard vers moi. Je n'y pouvais rien, il n'existait malheureusement pas beaucoup de remèdes dans tout Islotanra pour ce genre de maléfice, hélas, assez courant pour bon nombre d'aventuriers imprudents.
- Voulez-vous dire par là, Vessiel, qu'il n'existe aucun contre sort qui puisse nous le ramener dans son état d'origine ?! S’énerva Val Harkan
- Bien sûr que non, répondis-je, mais je ne vois pas vraiment comment vous pourrions nous procurer ce dont nous avons besoin pour fabriquer la décoction pour de pareils cas.
- Comment cela ?! C'est vous l'érudit ! C'est vous qui devriez savoir ça !
- Je n'ai point la science infuse contrairement à ce que vous pensez, Harkan ! Tous les ingrédients dont nous aurions besoin sont accessibles en un seul endroit, et je saurais les reconnaître... s'ils n'étaient pas aussi rares, et si je savais où il fallait les chercher.
- Moi, je pense que je le saurais ! dit soudain Bianne
- Et comment sauriez-vous cela ? fit Arken, perplexe.
- Faites moi confiance, simplement...
J'avais vu ce qu'elle était vraiment, elle avait sans doute encore quelque pouvoir à disposition qui échappait au delà de toute logique.
- Je vous fais confiance... mais n'oublions pas qu'il nous faut un plan !
- Oui, car d'après ce que j'ai compris, fit le nouveau, nous devons être tous réunis pour accomplir cette prophétie dont j'ai eu connaissance ! Et non seulement l'un de nos membres est maudit par ce sort de congélation, mais la clé de cette histoire s'est également enfuie !
Il parlait de Tan-Klaroz... en définitif, il semblait en savoir bien plus sur nous que je n'en avais pu lire dans son aura.
En effet, il fallait maintenant nous séparer momentanément. Nous ignorions si le réveil de la Divinité dont le nom ne doit pas être prononcé était proche ou encore très lointain, mais nous ne pouvions pas nous permettre de perdre du temps en partant dans une seule et unique direction. J'expliquai alors rapidement en quoi consistait les missions des deux groupes que nous allions former : je désignai tour à tour le jeune mage, le nouveau - dont je venais juste d'apprendre le nom - et le barbare, comme groupe participant à la recherche de Tan Klaroz. Je n'avais pas vraiment une confiance absolue en ce nordique à l'intellect réduit, mais il valait que je l'assigne à une mission moins délicate que celle qui consistait à rechercher des ingrédients rares et délicats pour un contre sort. Je résistai tant bien que mal à l'envie de me joindre à eux, étant donné que mes ordres de mission avaient récemment changés... mais il ne valait mieux pas attirer l'attention pour le moment, je sentais déjà que, dû à je ne sais quelle magie étrange, Dame Bianne avait quelques soupçons sur mes intentions. Je constituai donc le deuxième groupe, formé de cette dernière, son rival Harkan, ainsi que moi même.
- Il me semble que vous m'avez oublié, ô Sorcier à la mémoire courte ! Ironisa le Nécromant
- Vous serez assigné à la protection de notre cher ami glacé, cher "collègue" ! Il ne pourra jamais fondre, mais il vaut mieux que quelqu'un garde un oeil sur lui.
- Et pourquoi est-ce moi à qui vous confiez cette tâche ?
- Parce que votre magie est plus à même de garder une chose aussi fragile ! Dis-je à contre cœur »
Il n'insista pas plus longtemps. Tous les autres approuvèrent le rôle que je venais de leur confier. Seul Sabrane fut conscient que j'avais autour de nous, répandu un sort qui amoindrissait la volonté de mes compagnons, les rendant plus enclins à approuver mes décisions, mais il n'en fit pas état. Il était inutile de perdre notre temps en discussions futiles. Après nous être mutuellement donnés notre point de rendez-vous final en ce lieu ; nous partîmes...




Chapitre 11 : Du plus profond des âmes


Len Arken :

Cela faisait pas mal de temps qu'on marchait.
« Skronk chercher mais pas voir.
- C'est vrai, fit Sabrane. On a aucune idée de l’endroit où il,ou elle, est.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:56

- Bon, fis-je. Attendez moi ici. »
Je sautai à un arbre. De là, je vis la forêt dans son intégralité. Je l'observai précisément sans trop d'idées de ce que je devrai chercher.
Soudain un vol d'oiseaux se fit voir à ma droite. Ils étaient apparemment dérangés par quelque chose.
Je sautai en bas de mon arbre et rejoignis les autres.
« Essayons à droite. »
Nous nous mîmes en route.
Après quelques instants de marche, Sabrane prit la parole.
« Au fait, messire Arken, d'où venez vous?
- Pas de salamalecs avec moi, petit. Tu peux m'appeler Len.
- D'accord, messire Len. »
Je poussai un soupir.
« D'ou je viens? Si seulement je connaissais la réponse à cette question.
- Vous n'en avez aucune idée?
- Absolument aucune. Tout ce dont je me rappelle, c'est que j'ai été recueilli par une bande de marchands itinérants. Il parait qu'ils m'auraient trouvés vers l'âge de six ans près d'une cascade. Mais je n'ai aucun souvenir antérieur.
- Et vous avez quitté cette bande?
- Presque. Elle s'est faite décimer par les Garkan-Lam. Une bande de rôdeurs très dangereux. Vous avez pu faire leur connaissance: C'est eux qui vous ont piégés dans la forêt. A cette époque, j'avais a peine quinze ans.
- Vous avez réussi à survivre?
- Coup de chance, fis-je. Je me suis enfui dans la forêt par laquelle on passait.
- Et puis? Comment êtes vous parvenu à rejoindre la ville la plus proche? »
Cette conversation avait déjà réveillé en moi de trop douloureux souvenirs. De plus, je n'avais pas le droit ni l'envie d'évoquer la suite.
« Désolé, petit, mais je ne pense pas pouvoir tout te raconter... Plus tard, peut-être. »
Pendant notre discussion, nous nous étions arrêtés devant une espèce d'immense clairière.
Je sens que je vais faire une couillonerie sans nom, mais tant pis.
« Sabrane, tu n'aurais pas un sort qui nous permettrait de savoir où peut être Tan-Klaroz?
- Euh... Je pourrais essayer un sort qui montre la direction seulement, mais que je maîtrise assez bien, enfin, je pense.
- Vas-y, on n'a plus trop de choix »
Il marmonna une incantation. Du même coup, six flèches sortirent de sa main et partirent dans six directions différentes.
- Oh, les belles choses lumineuses, Skronk en veut une pour lui.
- Désolé, fit-il. Je réessaye
Environ huit essais plus tard, on réussit à obtenir six flèches volant dans la même direction.
« Allons-y! »Fis-je.


Tan-Klaroz :

Je cours, je cours. Je passe entre une volée de corbeaux qui s'envole à mon passage, projetant des plumes noires aux alentours. Je ne sens pas la fatigue me gagner et engourdir mes membres. Il faut que je sorte de cette forêt le plus vite possible. Si je continue à ce rythme, je serais hors de ce lieu feuillu avant l'aube.
Ne regardant pas où je cours. Je m'emmêle les pieds dans une grosse racine et m'effondre à terre, projetant ma faux en l'air, transperçant un arbre au passage. Je me relève. Je n'ai rien de cassé ou de foulé. Je me dirige vers l'arbre et essaie d'arracher ma faux de l'écorce. Mais ma force physique a diminué avec le coucher du soleil. Je réunis toutes mes forces pour dégager ma faux et retombe par terre. Mon arme est un peu dégagée, encore un effort et je pourrais recommencer ma course folle.
J'arrache ma faux du tronc de l'arbre et cours de plus belle à travers la forêt. J'entends vaguement des bruits de bataille au loin. Il vaut mieux que je pense à la direction que je prendrais après avoir quitté la forêt. Je pense qu'aller vers mon village natal est une bonne idée. Ce n'est plus qu'une ruine hantée par des âmes tourmentées et des spectres. Cette province est devenue déserte depuis que...
Encore faut-il l'atteindre. Je vais devoir traverser de nombreuses régions dont une des provinces les plus dangereuses du Roi. Mais plus je serais éloigné(e) du monde extérieur, mieux ça vaudra. Je vois déjà la plaine qui s'étend à l'infini. Je sort du couvert des arbres et pousse un cri de joie qui résonne en soulevant des myriades d'oiseaux effrayés.

Bianne :

Impossible de prendre la direction de Nimeg. Les légions de la Manticore sont sur la route. Elle font barrage, arrêtant tout voyageur. Une barrière de houx a été dressée, arrêtant la magie. Impossible pour Thurim de se téléporter au delà.
« C'est vraiment à Nimeg que nous devons aller ? S'étonne Harkan.
- Oui. Il y a là un grand laboratoire, dans lequel nous devrions trouver les ingrédients dont nous avons besoin.
- Il est peu probable qu'on nous laisse y entrer.
- Il est peu probable, réponds-je, que je me donne la peine de demander la permission, avant d'y entrer.
Dissimulés derrière un buisson, nous observons la route bloquée.
- Nous n'avons pas le choix, murmure Harkan. Il faut prendre l'autre chemin. Celui qui passe par les marais.
D'un même mouvement, Thurim et moi nous retournons vers lui.
- Les marais ? Répéte-je.
- Les marais de Marec Stenla ? Renchérit le sorcier
- Ben, oui. Les marais.
Vessiel et moi nous nous regardons. Nous n'y avons jamais été dans ces satanés marais, mais leur réputation a fait le tour de Brakerval. On n’y a jamais vu sol plus traître. Les zones de terres meubles s'enchaînent aux zones de terres dures sans que rien dans l'apparence du chemin ne le laisse deviner.
Harkan semble lire dans nos pensées.
- Je suis souvent passé par là. Je connais le chemin.
- Passé par là... Au court de vos chasses ?
Il me lance un de ces regards de feu dont il a le secret. J'ai fait mouche. Thurim lève la main, pour prévenir toute dispute.
- Si vous dîtes que vous connaissez le chemin, je vous crois. Allons-y. »
Il saisit nos bras et nous téléporte plus loin.
C'est ainsi depuis cette nuit. J'ai peur qu'il s'épuise de téléportation en téléportation. La distance qu'il nous fait parcourir à chaque fois est de plus en plus courte. Mais nous ne pouvons pas nous reposer. Nous devons avancer.
Un fouillis désordonné de végétation touffue, s'entremêlant de telle sorte qu'on ne peut voir où on marche. Voilà ce que c'est le marais de Marec Stenla. Pas une belle végétation luxuriante comme je les aime, juste un amas verdâtre de branches squelettiques, de lichen, de feuilles jaunies, et de mauvaises herbes.
« Vous êtes sûr de ce que vous faites, Harkan ? Demandai-je.
- Je connais le chemin. Mettez vos pas dans les miens, et tout ira bien. »
Je retiens sur mes lèvres la série de phrases empoisonnées qui me vient à l'esprit, et le suis.
Je n'arrive pas à comprendre comment il se repère. Même pour quelqu'un de sa... nature, la distinction entre sol dur et sol meuble doit être dure. L'instinct animal, sans doute, qui lui indique comment sauver sa vie ?
En parlant d'instinct... Je me sens soudain mal à l'aise. Quelque chose de difficilement perceptible.
« Quelqu'un nous observe, murmurai-je.
Harkan renifle, écoute.
- Il n'y a personne dans ces marais, à part nous.
- Il y a quelqu'un qui nous observe, je vous dis.
- Elle a raison, murmure Thurim. Je le ressens aussi. Quelqu'un nous observe par le biais de la magie. Une boule de cristal, une projection dans l'eau, je ne sais pas, mais quelqu'un nous observe bel et bien. Peut-on accélérer ?
Accélérer, c'est plus facile à dire qu'à faire. Seul Harkan "voit" notre chemin. Thurim, les sourcils froncés, essaye de ressentir l'aura de notre observateur.
- Il prépare quelque chose. Il rassemble sa magie quelque part.
Et nous voyons.
Un bourdonnement sourd. Puis de plus en plus fort. Un nuage de guêpe. Un million de millier de guêpes sont en train de fondre sur nous.
- Artestandé Hamanré ! Hurle Thurim.
Nous nous retrouvons tous les trois entourés d'un halo de protection, qui empêche les insectes de nous attaquer.
- Thurim... Murmurai-je.
- Ca ira.
Non, ça n'ira pas. Il ne l'admettra pas, mais il n'en peu plus. Toutes ces téléportations, et maintenant ce halo, à maintenir.
- Thurim !
Ses genoux viennent de fléchir. Je ne perçois plus rien de lui, que les efforts qu'il fait pour rester conscient et nous protéger.
- Plus le choix, dis-je. Harkan, vous irez plus vite en le portant sur le dos. Emmenez-le en sécurité, et revenez me chercher ensuite.
- Comment ? Vous rigolez ! Dès qu'on sera éloigné, le halo qui vous protège disparaîtra.
- J'ai d’autres ressources. Faites ce que je vous dis. »
Il me lance un regard froid, puis charge le sorcier sur son dos. Je les regarde s'éloigner. Il faut que je me transforme le plus tard possible. Si je reste transformée trop longtemps, "ils" vont me retrouver.
Déjà la fine bulle bleue qui m'entoure se désagrège. Alors j'ouvre les bras. Mon corps devient peu à peu lumineux, immatériel, léger. Ma vision change. Les choses solides passent au second plan, et les âmes m'apparaissent dans leur entier. Je cesse d'entendre le vrombissement furieux des insectes, j'entends seulement les cœurs battre. Thurim... Qu'il est faible ! Et Harkan, décidé à faire le plus vite possible. Il s'inquiète pour moi... Moi, son ennemie... Enfin, je le trouve, celui qui nous attaque ainsi. Enfin, je le touche, je lui parle.
« Sorcier Martel Angor, membre de la secte des Aetes, retiens ton attaque !
Il sursaute en m'entendant et se retourne. Mais sans parvenir à me voir.
- Que veux-tu ? Qui es-tu ?
- Mon nom est Nabnie Hata Karnac Escarul Eshiïl, et je te somme d'arrêter.
- Je ne connais pas ton nom. Qui te mandate ?
- Personne ne me mandate. Je ne suis pas un démon.
- Qui es-tu ?
Je m'entends malgré moi répéter la formule apprise par cœur durant mon enfance.
- Je suis la voix de ceux qui n'ont plus de voix. Je suis le dernier sang de ceux qui ne sont plus. Une dernière fois, je te somme d'arrêter ton attaque, ou je te détruis.
Le sorcier hausse les épaules.
- Passe ton chemin, Nabnie Hata Karnac Escarul Eshiïl. Je n'ai pas peur de toi. Les Célestes étaient puissants, au commencement des temps, mais aujourd'hui, ils n'existent plus.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:56

- Est-ce là ton dernier mot, Martel Angor ?
- C'est le dernier.
Soudain, il panique. Je me suis approchée, invisible. Ma présence envahit son espace. Il saisit une poignée de billes de plomb sur sa table et les lances autour de lui, à l'aveugle. J'esquive les projectiles, me penche, et dépose sur son front le baiser qui ôte la vie.
Son âme s'envole, s'éloigne. Je ne sais pas où elle va. On m'a proposé ce savoir, et je l'ai refusé. Je préfère tant être humaine...
Ca me saisit alors. Leur présence. Ces appels. Nabnie Hata, Nabnie Hata, mon enfant Il faut que je revienne vite, avant qu'il parvienne à savoir où je suis.
Je me réduit et reprends corps, j'atténue ma lumière et la change en chair. Je suis de nouveau sur le chemin, au milieu du marais. Les insectes ont disparus. Je ressens une douleur aiguë à l'épaule. Je saigne abondamment. L'une des billes de plomb m'a sans doute touché, malgré tout.
Je tombe à genoux, épuisée, retenant avec peine un gémissement de douleur.


Thurim Vessiel :

J'était seul à présent, assis sur un tapis de mousse, un épais brouillard s'était soudainement levé sur ses, déjà sombres, marais. Je récupérai lentement les efforts que je venais de fournir pour nous protéger... décidément, ce genre de magie n'était vraiment pas ma spécialité première. Harkan, qui m'avait porté sur son dos pendant un petit bout de chemin, sans doute à contre cœur, m'avait laissé ici et s'était précipité vers l'endroit où nous avions laissé Bianne.
Je me levai enfin, au milieu de cette purée de pois. Je savais que je ne devrais pas bouger, mais il me semblait, avant que ce voile de brume ne vienne brouiller ma vision, avoir aperçu non loin de nous une sorte de grande motte de terre surélevée, comme une maison de petits hommes, entourée par quelques stèles. Je m'avançai à l'aveuglette, bâton en avant et épée en main pendant une cinquantaine de mètres, prenant garde de rester sur la terre ferme. J'arrivais enfin à une petite alcôve, qui faisait en fait office d'entrée, fermée par une grande pierre plate. Dame Fortune avait enfin eu pitié de nous ! S'il y avait une chance pour que trouvions le premier ingrédient dont nous avions besoin, c'était ici : un Tertre des Marais.
Il fallait maintenant prévenir mes deux compagnons, quoi qu'ils puissent faire. J'étais hélas un peu épuisé pour utiliser ma propre magie pour me faire remarquer, je n'avais pas le choix, car je ne pouvais pas non plus faire demi-tour pour aller les retrouver. Je brandis Cetil vers le ciel, et la vidais de son énergie du Tonnerre afin de provoquait le plus de bruit et le plus de lumière possible...


M. D. A. Lartos Hao :

Pff, ils en avaient de bonnes eux ! Ils voulaient surtout se débarrasser de moi. Maintenant, pas question que je bouge, ils vont regretter de m'avoir laissé ici, sous prétexte de garder Tedzek qui était congelé. Il ne va pas s'enfuir que je sache !!! Je me tourne vers le bloc de glace et lui dit :
« Toi, on peut dire qui tu m'ennuies. Je m'occuperais aussi de toi, quand ils t'auront libéré. »
M'entendait-il ? Si oui, tant mieux, il s'attendra à ma vengeance.



Val Harkan :

Je courais, me dirigeant de toute ma vitesse vers l'endroit où nous nous étions séparés. Mais plus j'avançais, plus je m'inquiétais. Je ne sentais pas son odeur, je ne l’entendais pas.
J’arrivais enfin devant l'arbre mort, là où elle m'avait ordonné de fuir. Je cherchais la moindre trace de son passage. Rien. Je poussais un profond soupir...qui se bloqua d'un coup. Une nouvelle odeur. On aurait dit celle de Bianne. Mais elle avait quelque chose de différent, de pur. Guidé par mon flair, j'écartai quelques broussailles et jetai un oeil. Ce que je vis me stupéfia.
Ho mes dieux, ] pensais-je.
Alors que l'être devant moi se tournait, je la reconnu. Bianne. Elle semblait blessée et épuisée. Elle se mit à changer, et quelques instants plus tard, se tenait la femme que je croyais connaître.
Durant une seconde, une mince seconde, j'envisageai sérieusement de m'avancer vers elle et de lui jeter ce que je venais de voir à la figure comme elle l'avait fait pour moi. Mais quelque chose, j'ignore quoi, m'en dissuada. Je reculai de deux ou trois toises et lançai bien fort:
« Bianne ? Où êtes vous?
- Ici, me répondit-elle d'une voix faible. »
Je me précipitai vers elle et allai examiner sa blessure, lorsque le ciel explosa. Du moins c'est ce que je cru. Une lumière phénoménale illumina le brouillard et un vacarme titanesque meurtrit mon ouïe surdéveloppée. Après avoir reprit mes esprits, je réfléchi. Vessiel sans doute.
Je regardai l'endroit d'où était venue la lumière. Le tertre de Maryac.
Un signal d'alerte s'alluma alors dans ma tête sans que je sache pourquoi. Cela me revint très vite lorsque nous entendîmes le premier hurlement. C'était un hurlement à mi-chemin entre le cri humain et un hurlement animal.
« Des Dantes, murmurai-je. Il faut vite rejoindre Vessiel avant qu'ils ne s'aperçoivent qu'il est sur leur territoire. Pouvez-vous marcher, ou mieux, courir?
- Marcher oui, me répondit-elle, mais courir, j'en doute.
- Tant pis, répliquai-je après une hésitation. Bianne, ne vous vexez pas d'accord ? »
Je passai un bras sous ses jambes, un autre sous ses aisselles et la soulevai, ignorant ses protestations. Lesquelles se muèrent en cri lorsque, après avoir pris mon élan, je sautai dans les airs. J'eu l'impression de voler, le marais défilant en dessous, puis je ré-atterris une cinquantaine de toises plus loin. J'exécutai à nouveau cette manœuvre, puis une autre fois, et encore une autre. Je m'arrêtai lorsque nous ne fûmes plus qu'à une centaine de coudées du tertre. Là, je plongeai ma main derrière moi, dans ma sacoche bleue, et en tirait une fiole. Je l'ouvris, but quelques gouttes de son contenu puis le tendis à la chasseuse de prime qui se remettait.
« C'est quoi ça ? Me demanda t'elle avec aigreur.
- Cà, c'est le seul antidote contre le poison des Dantes, répondis-je sur le même ton.
- Les quoi?
- Taisez-vous, lui ordonnai-je tout à coup. »
Nous étions arrivés juste à temps. Un groupe de Dantes, presque invisible dans la broussaille, s'approchait du tertre silencieusement. Je pris la main de Bianne et couru en la traînant presque vers l'îlot de terre. Vessiel nous aperçut et nous appela. A peine arrivés, je lui tendis Bianne
« Faites du feu, lui ordonnai-je en lui tendais également une fiole tirée de ma sacoche rouge. Ceci vous y aidera. »
Il saisit Bianne d'une main et la fiole de l'autre. Je tournai alors les talons et vis les premiers Dantes prendre pied sur le tertre. J'entendis un « mais qu'est-ce que... » derrière moi mais n'y fis pas attention. Les Dantes firent un arc de cercle autour de moi. C'était des créatures immondes : ils avaient la silhouette de grand singes, mais la ressemblance s'arrêtait là. Leur peau écailleuse était suintante de boue et d’autres substances gluantes sécrétées par leur corps. Le pire était le sourire effrayant dû à la longueur excentrique de leurs nombreuses dents. Lesquelles étaient dégoulinantes de poison provenant d'une glande dans leur palais. Celui que j'identifiai comme le meneur s'avança.
« Humain, articula t'il difficilement. Manger. »
Les autres le rejoignirent et poussèrent à nouveau un cri.
Sans hésiter, je tirai mon arbalète de poing. D'un seul geste, je la dépliais et l'armai, puis j'appuyai sur la gâchette. La flèche partit avec une telle puissance qu'elle traversa la tête de la cible. Une Dantes, juste à côté du chef, tomba. Je fis alors une chose que je faisait rarement : j'émis un grondement rauque. Je lançai un défi au meneur.
Ledit meneur hésita. Son flair étant au moins aussi développé que le mien, il savait, sans doute, ce que j'étais. S'il acceptait, il avait peu de chance se survivre. Mais s'il refusait, il passait pour faible auprès de son groupe. Dans les deux cas il perdait. Il choisit la solution la plus folle : il m'attaqua.
Je le laissai venir. Puis, au dernier moment, je dégainais ma lame croissant et para son coup de griffe. Puis, pivotant sur moi même, je lui assenai un coup circulaire qui lui ouvrit la gorge. Il hurla de douleur, vacilla quelques secondes, puis s'écroula.
Le reste du groupe regarda tour à tour le chef mort, ma lame, puis à nouveau le cadavre. Ils grondèrent une ou deux fois, puis s'enfuirent.
Je me tournai vers les deux autres. Bianne était prostrée, trop épuisée pour faire des remarques. Vessiel essayait de faire du feu. Je m'approchai de lui, ramassant ma fiole qu'il avait posée sur le sol. Je mit une noix de son contenu sur mon doigt, et la jetai sur le tas de bois. Les bûches explosèrent et prirent feu.
« De la glycérine, murmurai-je.
Puis j'ajoutai en regardant l'obscurité:
- Ils vont revenir. Dès qu'ils se seront choisis un nouveau chef. »


Skronk :

Skronk n’aime pas suivre. Skronk est un chasseur et même si les petits traits scintillants indiquent la proie, Skronk préférait faire comme il a l’habitude c’est plus sûr. Mais de toute façon personne n’écoute Skronk.
Ca fait bien plusieurs minutes, voir une heure qu’ils couraient dans une sorte de forêt, Len devant précédé par Sabrane. Skronk, vexé, ferme la marche en traînant.
Le mage et l’inconnu stoppent soudainement leur progression. Skronk exaspéré, lève la tête et aperçoit une nuée d’oiseaux qui échappe de quelque chose. Souriant, il raffermi la prise de main sur sa hache, lance un rire assourdissant suivi d’un cri :
« QUE LA CHASSE COMMENCE !!! »
Sans prêter la moindre attention à ces deux compagnons de route, un peu déroutés par cet étrange rituel, il s’élance aussi vite que possible dans la direction des oiseaux. En quelques secondes Skronk franchi la lisière de la forêt où un léger brouillard commence à tomber sur la vallée. Skronk aime chasser avec le brouillard, car il arrive toujours à surprendre ces proies. De plus, celle-ci étant spécial, car il sait qu’il ne doit pas la tuer : la dernière fois qu’il a essayé, ça n’avait pas beaucoup plu. A force de courir, il aperçoit une silhouette dans le brouillard qui s’est épaissit. N’ayant plus d’arbre pour le gêner, Skronk redouble de vitesse, se basant sur sa vue. Bien qu’avantageux pour surprendre, il s’avère aussi, comme dans le cas présent que le brouillard soit très gênant surtout quand le territoire est inconnu.
Forcé de s’arrêter, Skronk regarde autour de lui, complètement perdu. Enragent et frappant la terre du pied, Skronk se laisse tomber au sol, attendant que le brouillard se dissipe.


Thurim Vessiel

Ce fut la première fois que je me réjouissais d'avoir un tueur à gages à mes côtés. Grâce à l'intervention d'Harkan, les immondes créatures avait été chassés. Il valait mieux pour nous, aux vues de notre état à Bianne et à moi, ne pas trop nous attarder en ce morne et sinistre endroit. Avec l'aide d'Harkan, je poussai la stèle qui bouchait l'entrée du tertre. Une odeur de moisi et de corps en putréfaction s'en échappa, nous piquant les narines. J'entrai à moitié, faisant briller la petite boule de verre au bout de mon bâton, lorsque Val Harkan me dit :
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