Ecritures plurielles

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Les chapitre 17 et 18 de Nimrodh les oubliés en ligne sur le site d'Écritures plurielles !

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 Islotanra, univers perdu

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Marc
Prince des loup
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:56

« Allez-y Vessiel, vous savez ce que vous devez y chercher. Je vais rester ici et veiller sur Bianne!
- Comme il vous sierra ! Laissai-je avant de m'enfoncer dans la sombre tombe. »
Même avec l'éclairage que me fournissait mon bâton, je voyais à peine à voir où je me dirigeais. Cet endroit était si profond, l'atmosphère était si impure, qu'une torche ordinaire n'aurait pas pu y brûler bien longtemps. Les étroits couloirs avaient été aménagés pour permettre d'y aller et venir assez facilement. J'en déduisais que l'entrée avait dû être bouchée pour y emprisonner quelque chose. Je tombai alors enfin sur une plus grande salle et c'est là que je vis ce pourquoi l'accès avait était scellé : devant moi s’étalait sur le sol, les os d'une grande créature cornue. Je tentais de les toucher, mais ils tombèrent aussitôt en poussière. Sans doute fusse un Ghar, ou peut être un Tévodus sauvage, toujours était-il que ce prisonnier du tertre s'était éteint il y a déjà longtemps de cela. Je me mis à faire le tour de la salle et je pus m'acquitter d'une vision que le Nécromant aurait qualifié de "délectable" : dans de nombreux petits renfoncements creusés dans les parois étaient disposés divers os de nature humaine ou elfique, semblait-il, accompagnés de plusieurs petites offrandes aussi diverses : de vieilles pièces de cuivre, les armes courtes rouillées ou encore une protection ternie par le temps et l'humidité. Mon attention fut attirée par un de ses restes de corps.
Le squelette était quasiment intact, et sous la cage thoracique, un petite plante avait réussi a pousser malgré la pierre, à l'endroit même où s'était décomposé le cœur du défunt : c'était une Fleur de Fel Rhun, "la fleur du cœur pourrissant", je venais enfin de trouver le 1er ingrédient. Je dégageai les os et coupai délicatement la fleur pour la placer dans une petite sacoche. Je ne devais pas perdre plus de temps dans cet endroit suintant la mort, je sortais rapidement par le même chemin.
Une fois à l'extérieur, j'annonçais que j'avais récupéré ce pourquoi nous étions venu. Harkan releva Bianne qui s'était assise contre une grande pierre, et plaça son bras derrière son épaule pour la soutenir. La chasseuse de prime me lança alors.
« Quelle est notre prochaine destination ?
- Il faut d'abord que nous trouvions un village dans lequel vous pourriez prendre quelques soins, ne maîtrisant pas ce genre de magie, je ne peux rien faire.
- Et une fois cela fait ?
- Il me semble qu'il existe beaucoup de villages en ruines dans cette région...
- Oui, beaucoup d'entre eux dateraient de l'Age d'or des elfes, avant qu'ils n'aient totalement désertés cette partie du pays ! Continua Val Harkan à ma place
- Exact, il nous faut donc aller vers ces lieux et trouver sur place les anciens greniers. Comme vous devez le savoir, cher Harkan, les herbes de Kersh et les racines de Xande n'étaient récoltées que par les elfes de cette région, il nous faut donc les chercher non loin de leurs anciennes habitations !
- Mais, c'est ruines ne sont elles pas hantées ?
- Elles le sont très certainement, mais nous n'avons pas d'autre choix... »
Nous avancions lentement, quand nous fûmes presque sortis de ce nuage nauséabond qui ne nous lâchait plus depuis les marais. J'espérais que ces "Dantes" n'avaient pas eu la mauvaise idée de nous suivre...




Chapitre 12 : Un rendez vous fixé depuis des millénaires


Len Arken :

J’errais dans les bois avec mes deux compagnons pour tenter de retrouver Tan-Klaroz. Un bruit d’oiseaux qui s’envolaient nous remit encore une fois sur sa trace.
« Skronk être fatigué. Nous pas pouvoir faire pause ?
- Ce n’est pas vraiment le moment. On a une piste là. »
Quelques mètres plus loin, nous arrivâmes à un croisement.
« Et zut !
- Messire Len, dit Sabrane. Je peux peut-être…
- Non petit. Ca va, merci. »
J’essayais de réfléchir. Tan-Klaroz, à moins d’être plus extraordinaire que je ne l’imaginais, devait bien finir par se fatiguer…
« Essayons par là. C’est le chemin avec apparemment le moins d’obstacles. »
Nous continuâmes à marcher pendant quelques temps avant d’arriver à la sortie de la forêt. Une vaste plaine s’étendait devant nous.
« Là, on risque d’avoir un problème, dis-je.
- Si je me souviens bien messire Len, cette plaine s’étend jusqu’aux confins du pays et est toute aussi large
- En effet, on a un problème.
- Skronk veut faire une pause.
- Ouais, repose-toi. »
On s’assit alors que je me creusai la tête. Une immense plaine offre plein d’occasions de se cacher.
Cette fois, il se peut que l’on soit perdu pour de bon…
Soudain je me levai d’un bond :
« Mais oui ! Peut-être que c’est ça !
- De quoi ?
- Si ça se trouve, il est retourné à son village natal. Je suis sûr qu’il est indiqué dans toute cette paperasse que j’ai ramenée. »
Je me mis à fouiller dans les papiers et je finis par sortir les infos que j’avais trouvées sur Tan-Klaroz.
« Alors, alors c’est… Banco ! C’est là mais oh…oula ! Ca va nous faire un sacré bout de marche ça ! »

Sabrane Hyle :

Je regardais par dessus l’épaule de messire Len, afin de voir l’endroit où se trouvait l’ancien village de Tan. J’eus le souffle coupé par la distance, et les endroits par où nous devrons passer. Je fis un rapide calcul : on devra rejoindre les montagnes de Stalgard en passant par la plaine, cela prendra une journée. Puis nous passerons les montagnes en cinq jours, pour arriver à la forêt de Julhib. Du début de cette forêt à l’arrivée du village, cela prendra un jour. Sept jours en tout !
Je poussai un soupir à la fin du calcul. Mais je pensais encore au spectacle amusant que Skronk avait donné, tapant du poing par terre pendant qu’une brume naissante se dissipait autour de lui. D’ailleurs, je m’était demander comment une brume pareille a-t-elle pu apparaître et disparaître comme ça. Je regardai messire Len se lever, et lui demandai, plein d’espoir :
« Euh messire, je pense que cela irait plus vite si……
- Non, Sabrane, pas question de téléportation, répondit-il. Je n’ai pas envie de me retrouver au fond d’une mer, et puis, la marche à pied, c’est très bon. Allez lève-toi, balourd, dit-il à Skronk en faisait en geste pour que le barbare comprenne qu’il fallait repartir.
- Skronk a pas fini de se reposer, maugréa-t-il en se levant. »
Nous avons marché, marché, et puis pour changer un peu…. On a encore marché. Cela faisait presque cinq heures que nous étions en route.
Soudain, j’entendis comme des bruits de pas balourds sur l’herbe. Ils semblaient être nombreux. J’avais un frisson qui me parcourait l’échine. Soudain, apparut de derrière un rocher, une file d’armures, au moins vingt. J’eus une vague de terreur en voyant que à la place des bras, des jambes et des visages, ce n’était pas de la chair humaine qu’il y avait, mais du feu. Non pas comme si les membres étaient en feu, mais plutôt que les membres SONT du feu. Je regardai s’avancer ses armures flamboyantes de l’intérieur, tandis que je me rappelai tant bien que mal un chapitre que j’avais vu en cours de ‘‘défense contre les bestioles de ce monde’’
« Ce sont des Firleg, dis-je finalement, ils redoutent l’eau.
- A c’est dommage, j’ai oublié mon seau d’eau chez moi, dit sarcastiquement messire Len. Et je paris que tu ne sais pas faire pleuvoir ou faire du brouillard ?
- Mais si, je sais faire pleuvoir.
- C’est bien ce que je craignais, dit-il d’un air maussade.
Je me mettais déjà en position avec mon bâton de mage, puis dit l’incantation de la pluie :
- Aqua soulta.
Un torrent de pluie tomba de façon drue. Cela aurait été suffisant, si la pluie ne tombait pas que sur moi.
- Allez ouste, pluie, fis-je avec énervement, va plutôt attaquer cette armée.
Pour toute réponse, je reçus un mini-éclair. Pendant que me tête fumait à travers mes cheveux que je sentais en l’air, je me tournai vers messire Len pour lui dire :
- Bon, ben va falloir se battre sans magie.
Mais déjà, Skronk fonçait vers les armures qui semblaient nous observer avec une manière à se poser des questions.
- SKRONK VA ENFIN SE BATTRE ! Hurla le barbare.
La première armure leva négligemment la main pour arrêter le poing du barbare. Celui-ci hurla de douleur, en faisant un énorme bond en arrière.
-WAAAAAAH ! CA FAIRE MAL. SKRONK EST EN COLERE MAINTENANT. »
Il regardait avec haine les armures qui commencèrent à avancer. Soudain, une brume se leva d’un coup, venant directement des herbes. J’entendis comme des râles que lâche le feu quand il est éteint par de l’eau, ils étaient accompagnés par des cris qui ne semblaient pas humain. Finalement, on entendit des « bangs », comme si du métal touchait terre après une minuscule chute. D’un coup, le brouillard se dissipa, montrant le barbare devant des armures vides. Le brouillard avait décimé l’armée de Firleg comme un nuage qui fait fondre la chair humaine.
« Skronk avoir fait ça ? dit le barbare de manière stupide.
Je couru vers les armures. Quand je me fus accroupi devant, je dis derrière moi :
- Eh messire Len, on pourrait prendre ses armures pour se protéger.
- Non ! S’écriait-il tandis que je tendais ma main en direction des cuirasses. Elles sont peut-être encore…..
- CHAAAUUUDES ! Criai-je après avoir senti la première partie de la peau de ma main partir en fumée. »
Nous reprîmes la route, Skronk avec une fierté en pensant avoir un pouvoir sur le brouillard, messire Len avec un visage montrant ses craintes sur ce voyage, et moi avec un bandage recouvrant ma main droite.


Bianne :

Je ne sais pas quand j’ai perdu connaissance, mais je ne suis plus dans les marais. Je suis dans un lit avec des draps. Il y a des gens penchés sur moi :
« Ce n’est pas vrai, fait la voix d’Harkan. Vous ne savez pas comment arrêter l’hémorragie !
- Ce n’est pas une blessure ordinaire, répond une voix inconnue, celle du médecin sans doute. Par quoi a-t-elle été faîte ?
Mes deux compagnons se taisent. Ils ne savent pas. Il faut que je parle. Le remède pour me soigner, c’est… Impossible de prononcer un mot. Je sombre dans l’inconscience.
Quand je me relève, c’est le silence autour de moi. Mais il y a une présence dans la pièce. Je m’efforce d’ouvrir les yeux, et je vois une petite fille, pâle et sombre de cheveux, comme moi, avec le collier des esclaves au cou. Elle tient à la main un verre de cristal et une bougie. Elle murmure les incantations pour la survie des Célestes.
Une Escarul. Une enfant d’Escarul. Vivante. Réduite en esclavage, mais vivante ! Je veux lui parler mais je n’en n’ai pas la force. Je sombre une nouvelle fois.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:57

Quand je me réveille, je suis seule. Ma blessure a disparu. Je quitte ma couche et enfile mes vêtements en observant la chambre. Visiblement, mes compagnons m’ont porté dans une ferme. Le décor est simple, rural, mais aisé. De riches notables à qui le roi a offert une terre volée aux autres, en récompense… Je retiens la moue qui me vient et quitte la chambre.
Je trouve en bas la maîtresse de maison. Elle est très jolie, vêtue de velours rouge, et les cheveux dorés et nattés. Elle sourit en me voyant arriver.
« Vous êtes levée ? Vous nous en avez bien donné du souci. Vos deux compagnons sont partis à la ville, dans l’espoir de trouver un remède. Mais ma parole, on dirait que votre blessure a disparut ! Comment est-ce possible ?
Je sourit aimablement, et la remercie de ses soins. Ainsi Thurim et Harkan sont partis à la ville… Que de temps perdu ! Je retiens un grognement de dépit. Enfin, tans pis.
- Dîtes-moi, n’avez-vous pas une petite esclave, pâle aux cheveux noirs ? Il me semble l’avoir entr’aperçu, durant mon sommeil.
- Vous parlez de Maïwen ? Oui, vous la trouverez dans l’arrière-cour, en train de faire le linge. »
Je remercie la maîtresse de maison et sort dans l’arrière-cour, le cœur battant. La petite fille est là, penchée sur le bac de lessive. Mais comment peut-on confier une tâche pareille à une enfant si jeune ? Elle relève la tête à mon approche, abandonne son ouvrage pour se jeter à mes pieds.
« Karnac, vous êtes en vie !
- Mon enfant, relevez-vous, m’écrie-je effrayée. Si quelqu’un nous voyait !
Je le prends par les épaules et l’oblige à se remettre debout. Elle est rayonnante.
- J’ai compris qui vous étiez dès que je vous ais vu. Dès que j’ai vue de quel genre était votre blessure. Si vous êtes en vie, c’est que les Célestes ne nous ont pas abandonné. J’ai continué à prier tous les soirs, chaque jour, depuis que je suis ici, pour qu’ils apportent la délivrance à notre peuple.
Que de foi, de passion dans son discours. J’en suis bouleversée.
- Où est votre famille ? Je murmure.
- Je l’ignore. Mes parents ont été tués quand Escarul a été prise par le roi. Et mes frères vendus en esclavage ailleurs. Moi je ne suis pas mal tombée, on me traite bien ici, mais il faut que je prie en cachette, car le roi a fait interdire notre culte. Mais je continue à prier. Ma mère disait que tant qu’un Escarul prierait, les Célestes ne nous abandonneraient pas.
Je la serre dans mes bras. Je ne veux pas qu’elle voie mon désespoir. Puis-je lui dire à cette petite âme pleine de volonté et d’espoir, que les Célestes ne reviendront pas, qu’ils ont choisi de rompre le pacte ?
- Grande Karnac, murmure Maïwen. Vous pleurez ?
Je ravale mes larmes et me force à sourire.
- Continue à prier, Maïwen. Un jour, les Célestes viendront vous délivrer. Ils protègent le peuple qui leur a permis de survivre.
- Je continue de prier. Nous sommes la voix de ceux qui n’ont plus de voix. Nous sommes le dernier sang de ceux qui ne sont plus. »
Je l’embrasse sur le front, et m’éloigne. Une fois isolée, et hors de vue, je me laisse glisser à terre et me mets à sangloter.
Cette enfant pleine d’espoir, cette foi que nous avons trahie me bouleverse. Je devais protéger ce peuple, mon peuple, et je n’ai rien pu empêcher. Ils m’ont échappé des mains, eux que je protégeais contre tous… Père, pourquoi m’as-tu laissé seule ? Avec ton aide, je n’aurais pas échoué !
Arnaësnoc, mon aimé. Si seulement je ne t’avais pas perdu. Avec toi à mes côtés, je pouvais encore me battre. Mais à présent ? Que puis-je pour cette enfant, et pour tous les autres, esclaves dispersés, partout dans Brakerval. Je ne suis plus la Karnac d’Escarul. Je ne suis que Bianne, fugitive, chasseuse de prime, seule, seule, seule… Je ne peux plus rien, seule…
Je suis encore prostrée quand un appel me tire de ma rêverie. Harkan et Thurim sont revenus de la ville. Je me compose un visage serein et les rejoint. Ils semblent surpris de me revoir sur pied.
« Il faut que nous repartions, dit Thurim. Tant pis pour la nuit. Nous ne pouvons nous payer le luxe d’attendre. »
Je hoche la tête. Nous prenons congé de nos hôtes. Maïwen vient m’embrasser une dernière fois avec un sourire entendu. Je la quitte le cœur lourd, et rejoint mes compagnons.
Nous marchons silencieusement pendant plusieurs lieues. Soudain, alors que nous arrivons à un croisement, Harkan nous annonce abruptement :
« Je vous abandonne ici. Je n’ai pas l’intention de continuer plus longtemps à me perdre dans cette histoire.
- Comment, s’écrie Thurim. Vous ne pouvez pas faire cela !
- Oh si, je le peux. J’ai été entraîné dans cette aventure contre mon gré. Le risque ne m’effraye pas, mais je préfère ne courir que ceux que je choisis de courir. Navré, Bianne, il faudra vous trouver quelqu’un d’autre. Messire Vessiel, ravi de vous avoir connu.
Il s’éloigne en direction de la ville. Stupéfait de cette réaction, Vessiel ne bouge pas. Je retiens le tueur à gage par le bras.
- Harkan ! Vous ne voudriez pas que je révèle votre vraie nature, n’est-ce pas ?
Il sourit, comme s’il était ravi d’aborder le sujet.
- Vous ne voudriez pas non plus que je révèle la votre ! J’ai aperçus votre vrai visage dans le marais.
La nouvelle me coupe le souffle et me laisses ans réaction.
- Vous voyez, vous n’avez plus de moyens de pression sur moi. Je vous salue bien bas. »
Il s’éloigne lentement mais sûrement. Il s’en va. Et moi, je ne trouve pas moyens de l’en empêcher. Il va tous nous abandonner, comme mon père a abandonné les Escaruls…
« HARKAN !
Mon hurlement n’a aucune rage en lui. Il trahit même une intense douleur. Surpris, Harkan se retourne et hoquette de stupeur. Je suis tombée à genoux.
- Bianne, que faites-vous ?
- Comme vous le voyez, je m’humilie à vos pieds. Vous savez que j’ai de l’orgueil, mais il ne compte plus. Plus rien ne compte à présent. Je vous supplie de rester Harkan, je vous en supplie.
Il se tait, mal à l’aise. Il faut que je parle. Il faut que je trouve les mots, puisque j’ai échoué pour Escarul, il faut que je réussisse à protéger Tan-Klaroz.
- Je ne vous ai pas choisi au hasard, Harkan. Je vous ai fait venir parce qu’il fallait que ce soit vous. Vous ne le voyez pas ? Tout ce qui a pu se passer dans votre vie, votre famille adoptive, votre famille réelle, votre amour perdu, tout cela avait une raison, et c’est celle-ci. Il ne fallait que vous seul, personne d’autre ne pourrait vous remplacer. C’est un rendez-vous fixé depuis des millénaires, et nos histoires personnelles sont dérisoires à côté. Je me prosterne devant vous. Vous êtes l’homme qui a tué mon unique amour, mais je me prosterne devant vous, comme une esclave, comme rien, parce que ma fierté n’a plus d’importance quand il s’agit de Tan-Klaroz. Harkan, la terre va s’ouvrir une nouvelle fois, et le Dieu dont le nom ne doit pas être prononcé va surgir, pour nous détruire tous.
Comment lui faire comprendre, par tous les esprits qui peuplent les trois mondes ? Comment lui faire comprendre ?
- Vous ne croyez pas à cette histoire. Pourtant elle est vraie. Autrefois, la terre était peuplée de deux races : les Aegis et les Célestes. Ils se faisaient la guerre, comme nous deux, Harkan. Alors le Dieu a surgit et les a détruit tous. Sauf une poignée. La poignée d’Aegis et de Célestes qui ont eu l’idée de s’allier. Nous devons nous allier, Harkan. Seule notre union peut protéger Tan-Klaroz, et seul Tan-Klaroz peut empêcher que toute vie sur ce monde soit détruite, ainsi que cela s’est produit la dernière fois.
- Des contes pour enfants, s’énerve Harkan. Vous me racontez des histoires pour enfants !
- Des histoires ? Je suis là, devant vous, preuve que cette histoire est vraie. Ma mère, Hata Armine, était la princesse d’Escarul, peuple né de l’union des Aegis, survivants après la disparition de leur race, avec des humains. Et mon père, Eshiïl, est le prince des Célestes encore de ce monde. Des millénaires ont passés, et les deux peuples étaient restés unis, eux qui étaient pourtant ennemis mortels.
Je suis toujours à genoux. Je rassemble mes mots. Il ne faut pas que j’arrête de parler .Il faut à tout prix que je le retienne. Il ne faut pas que j’échoue, comme j’ai fait pour Escarul…

Thurim Vessiel :

Bianne… Elle était prosternée aux pieds d’Harkan comme s’il s’agissait du plus vertueux des Dieux. Je ne disais rien. Je ne pouvais rien dire devant de telles paroles. Leurs histoires respectives venaient d’êtres quasiment mises à nue devant moi. Bien sûr, ce n’était pas cela qui me donnait envie de faire de même, mais un tel ravalement d’orgueil de la part de Dame Bianne, une chose dont je n’aurais point été capable fusse-t-il avec les plus puissants sort de volonté qui existent, me fit réfléchir sur mes ordres. J’avoue que je ne croyais qu’à moitié à cette prophétie, qui paraissait trop invraisemblable sur beaucoup trop de points. Mais je me devais également de rester, jusqu’à ce que Tan-Klaroz soit à ma portée. Depuis des millénaires, l’Académie représentait la plus illustre institution de magie qui existe dans les Terres Pourpres d’Islotanra. Il aurait été hors de question que je trahisse se pourtant où j’ai voué mon énergie depuis tant d’années ! Et pourtant…
Pour le moment, j’écoutais religieusement ce que mes deux compagnons avaient à se dire.

Val Harkan :

Je la regardai ainsi prostrée avec un sentiment… de peur. Oui, voir mon ‘‘pire’’ ennemi se prosterner devant moi, après avoir vu ce qu’elle était vraiment me faisait peur. J’avais envie de la suivre. Mon instinct me le criait. Mon orgueil, par contre, me l’interdisait. N’était-elle pas mon adversaire direct ? D’un autre côté, si je partais, je devrais reprendre le travail. Et j’avais trop besoin de ‘‘vacances’’. Je fini par prendre un air confiant, je la saisi par le bras et la soulevais. Puis, je passai derrière elle, jetant un coup d’œil au sorcier. Je réfléchis un moment aux informations que Vessiel m’avait donné plus tôt dans la journée, et indiquai du doigt une crête rocheuse assez élevée et éloignée d’une bonne cinquantaine de lieues.
« Anatil ou du moins ce qu’il en reste est quelques jours d’ici, au sommet de cette colline. En passant par le comté de Ronial, nous gagnerons facilement une journée. De plus, le comte est une vieille connaissance et il nous fournira sans doute des chevaux. »
Je me retournai vers les deux autres. Bianne s’était relevée, et je lui adressai un regard d’excuse, ce qui paru la surprendre. Je réprimais un soupir. Nous nous mîmes en route. Je les menais, bien décidé à finir cette mission.




Chapitre 13 : Au devant de nos démons


Sabrane Hyle :

Cela faisait déjà deux jours qu’on était dans ces montagnes. Je pensais encore aux dangers que nous avions dû surmonter depuis le début de ces escalades. Je pensais au fait que Skronk avait failli tomber, retenu seulement par un rocher de deux cents kilos. Heureusement, au prix de nombreux efforts et de sortilèges de lévitation ratés - des pierres volaient au-dessus de nos têtes et tentaient de nous assommer - nous purent remettre le barbare sur le plancher des Golaid, des animaux habitants dans la montagne, avec des cornes et des dents de sabres. Je sautais parfois de rocher en rocher, et je finissais souvent avec des pierres dans le derrière. Je pensais pouvoir détendre un peu mes compagnons avec ceci, sans le faire exprès en plus, mais ils semblaient de bien mauvaise humeur. Skronk se plaignait toujours d’avoir faim et de vouloir se reposer, et messire Len semblait concentré sur l’objectif à atteindre.
« Dites, messire Len, dis-je, je ne vous connais pas beaucoup, racontez moi un peu votre passé.
- Ca ne te regarde pas, Sabrane, me répondit il de mauvaise humeur. »
Gai luron, fis-je dans ma tête.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:57

Je senti soudain comme une chose, qui était contre nature, essayer de venir en moi. Je revis certaines images qui m’avaient rendu triste, si quelque chose en moi ne tentait pas de le repousser, une chose que j’essayais de deviner ce que c’était. Je compris que ce qui essayait de s’infiltrer en moi était le désespoir.
« Bon, dit finalement messire Len, on se repose.
- Pour combien de temps, demandai-je distraitement tout en scrutant les environs pour voir ce qui me donnait ce désagréable sentiment.
- Pour toujours, dit-il.
Je me retournai vivement, voyant le regard de messire Len devenir larmoyant, et Skronk s’asseoir, tout en gémissant.
- Skronk en peut plus, Skronk fatigué. Skronk en avoir marre de lutin qui l’énerve.
- Ecoute Sabrane, me dit Len, on ne réussira jamais à faire ce que l’on me demande, c’est sans espoir. Je n’en peux plus. »
Je retournai vers la plaine de rochers accidentés, pour voir des ombres du sol se lever. Ses ombres avaient une sorte de matière en même temps solide et en même temps gazeuse.
« Nous sommes des Srutals, me déclara la forme la plus proche dans un état de voix larmoyant. Avant, nous étions des voyageurs comme vous. Mais en passant par ici, nous avons rencontré un être qui nous a rendu ainsi, comme nous sommes maintenant. Il nous a retiré tout espoir. Et bientôt, vous serez comme nous. Des êtres qui donnent le désespoir, et transformants les voyageurs en semblables. Mais tu ne sembles pas autant affecté que les autres par notre présence.
- Je… je ne sais pas, répondis-je. Je sens quelque chose en moi qui chasse ce désespoir.
La créature renifla bizarrement, puis sembla sursauter, si cela était possible pour des créatures de ce genre.
- Tu as le pouvoir que nous détestons. Tu a le pouvoir de l’espoir, le pouvoir de la vie ! Ne t’approche pas de nous.
Je me regardais. En entendant le fait que j’avais un pouvoir concret, je ressenti un grand sentiment d'espoir, et j’en irradiais. Tout en regardant mes compagnons, je senti comme des battements de cœur qui ébranlaient tout mon corps.
- Vous êtes autant capables que des dieux pour réussir cette mission mes amis, m’adressai-je à mes amis. Allons, relevez-vous. Le monde à sans doute besoin de nous.
Ils se relevèrent, le sourire aux lèvres. Je me tournai à présent vers les êtres. Ils semblaient fondre, tout en gémissant.
- NON ! NOOOOOOOOON ! Criaient-ils. »
Soudain, ils disparurent. La lumière qui irradiait ma poitrine s’éteignit. Je me retournais vers mes compagnons de voyage.
- Tu nous as sorti d’un bien mauvais pas, Sabrane Hyle, dit messire Len.
- Bah, il faut bien, je n’aime pas me trouver tout seul.
Je fis un pas en arrière, et glissai sur une pierre. Je tombai en arrière. Je dis ensuite, au niveau du sol, avec un énorme sourire aux lèvres :
- Allez, la route continue !!! »

Skronk :

Des cailloux, encore et toujours des cailloux. Même le désert d’où vient Skronk est plus intéressant. En plus dans le désert, on ne risque pas de tomber sur des créatures visqueuses qui donnent envie de pleurer. Après ce petit incident et ce soudain regain de vigueur que Skronk n’arrivait pas à s’expliquer, les trois compères reprennent leur ascension à travers la montagne.
Depuis un petit moment, la voix nasillarde d’Anuzik résonne dans sa tête. Depuis quelques jours déjà, le lutin harcèle Skronk des mêmes boniments :
« Espèce de pachyderme sans cervelle, la vieille dame te faisait confiance, et toi, il a fallu que tu lui arrache la tête. Tu serais déjà rentré si tu n’avais pas suivi ces microbes. Ils se moquent de toi !
- Skronk a déjà dit au lutin moqueur toute l’histoire. La vieille dame devait mourir et elle a montré le sacrilège. Skronk n’aurait pas dû accepter de partir. Non, il n’aurait pas dû ! Skronk est maudit ! C’est la faute à la vieille dame ! »
Encore fatigué de marcher, Skronk traîne à quelques mètres derrière ses deux compagnons, qui se retournent de temps en temps par curiosité, pour essayer de comprendre pourquoi le Barbare grommelle dans sa barbe sans arrêts. Au bout d’une heure ou deux, ils n’y prêtent plus aucune attention.
La nuit commence à tomber. Le petit magicien s’arrête en désignant une petite caverne. Skronk ne veut pas dormir là-dedans. Skronk veut voir le ciel, sinon Skronk ne peut pas dormir. Si ça se trouve, il y a plein de lutin dans la caverne. Skronk n’y mettra pas les pieds ! Skronk a bien assez de problèmes avec Anuzik. Skronk se retourne brusquement sans laisser le temps à ses compagnons de pouvoir dire quoi que ce soit.
La nuit est fraîche. Quelques gouttes de pluie commencent à tomber, et en quelques minutes elle se transforme en averse. Adossé contre la pierre, à l’extérieur de la caverne, Skronk ne bronche pas. Plutôt mourir que rentrer dans la caverne !

Thurim Vessiel :

La marche jusqu’à Ronial fut longue et pénible. Ce ne fut que successions de pentes rocheuses, de dangereuses montées, ajouter à cela que nous ayons dû faire un détour d’au moins quinze lieues, car nous nous sommes rendu compte trop tard de l’impraticabilité des hauts chemins forestiers passants par les Monts de Branora. Nous devions notre salut à Val Harkan qui connaissait heureusement assez bien les recoins de la région : Je n’osais cependant pas lui demander la manière dont il eut acquit cette connaissance géographique, ce ne fut sans doute pas dans un quelconque but touristique…
Toujours est-il que nous étions parvenus tant bien que mal dans le petit comté. Une modeste seigneurie qui s’étendait sur environ cent lieues à la ronde, un ensemble de petits villages essentiellement constitués de fermes et de petites exploitations agricoles. Hélas, nous n’avions pas assez de temps devant nous pour nous permettre de nous attarder, ne serait-ce que pour nous reposer après le voyage que nous venions de faire. Après notre bref entretien avec le comte Tarich Longhorn, nous avions pu obtenir de sa part les trois meilleurs destriers qu’il avait en sa possession dans l’une des nombreuses étables de Ronial, ville principale éponyme du comté. Harkan n’en finissait pas de me surprendre : Comment se fait-il qu’un tel homme ait un personnage relativement important tel qu’un comte dans ses relations… Mais mon instinct me disait également de ne pas chercher à connaître tous les détails de la relation qu’ils avaient eu par le passé. Après nous être rapidement rassasiés, nous repartîmes avant que la nuit tombe… Il se passa à peine quelques heures avant que nous arrivâmes enfin à Anatil. Sans était-ce, il y a des milliers d’années, une brillante cité elfique, comme elles le furent toutes avant qu’elles ne soient coupées du monde extérieur. Mais à présent, ce n’était plus qu’une cité fantôme, que même les rats et autres vermines avaient déserté depuis des lustres. Pour une raison que j’ignorais encore, nos montures se mirent à hennir alors que nous passions le portique de pierre dont l’arc s’était effondré. Cela ne rassura pas Bianne, qui se doutait que c’était à cause d’un danger… Mais nous n’avions pas le choix, car d’après le comte Longhorn et Harkan, c’était le seul ancien lieu de résidence elfique qui était encore en état d’être exploré, malgré le terrible état de décrépitude dans lequel il se trouvait déjà. Nous abandonnions donc nos chevaux à l’entrée de la cité grisâtre.
Après un temps de marche à enjamber les énormes pierres qui provenaient des bâtiments en ruines, nous pénétrions dans une très grande salle commune entièrement vide. Nous étions entrés par une immense porte à doubles battants, faite d’un bois très épais qui n’avait étrangement pas verdit malgré le climat humide qui régnait dans cette partie de la région. Cette salle était si vaste que, de là où nous étions, nous ne pouvions voir le plafond, ni le fond de la salle. Harkan avait de plus en plus de doutes au fur et à mesure que nous avancions, ce vaste endroit où ne résidait que l’écho ne lui inspirait aucune confiance. C’est alors que je vis, appuyé contre une colonne, un grand sac de toile trouée de partout, duquel s’échappait de nombreuses herbes. Je m’en approchai et reconnu alors parmi toutes les racines pourrissantes, deux des ingrédients dont nous avions besoin : De l’herbe de Kersh, et de la racine de Xande. Mais alors que j’allais les saisir, Bianne intervient, elle sortit sa sarbacane.
« Attention, je sens une présence hostile… Sa puissance est immense… »
Le sol se mit à trembler, de la poussière blanchâtre tomba de ce plafond que nous ne pouvions voir. Nous vîmes, venant du sombre fond de la salle, s’avancer une énorme forme monstrueuse… Un démon venu du fond des âges, un démon qu’il avait fallu bannir de la surface d’Islotanra car aucune créature terrestre n’aurait été capable de la détruire…. Il était revenu…

Bianne :

Un géant de quarante huit pieds de haut, velu, cornu, griffu, noir de poils, les yeux de feu, une gueule énorme, profonde, vient de surgir du sol.
Avec lui nous vient une insupportable odeur de souffre, et l’air se réchauffe, tout à coup. Un grincement lourd résonne à chaque pas qu’il fait vers nous. On croirait que le sol lui-même répugne à le porter.
Je serre ma sarbacane inutile dans mes mains. Aucune fléchette, blanche ou noire, ne pourrait venir à bout de ce mastodonte. Harkan a imperceptiblement reculé vers le mur.
« C’est… Quoi, ce truc ?
- Malk Shur, répond Thurim. »
Sa voix est devenue sourde, son regard a changé. Il semble figé par la stupeur, cet homme que rien ne semblait capable d’ébranler, ni de voir un de ses compagnons se changer en dragon, ni l’apparition d’un ange devant lui. C’est lui que le géant regarde.
« KARNECTAE INTOERA MASTEC, THURIM VESSIEL ! Beugle le monstre. »
Enfin je te retrouve, Thurim Vessiel !
Il s’approche du sorcier immobile qui le regarde venir comme éteint, sans parvenir à réagir.
« Thurim ! Hurlai-je. Bougez, au nom de toutes les créatures des trois mondes, bougez ! »
Mais mon compagnon ne bouge pas. La main du démon se tend vers lui. Je le tire en arrière et le jette à terre. La paume du démon effleure mon épaule…
C’est comme d’avoir été aspergée de feu liquide. Je pousse un hurlement déchirant. Le démon beugle, recule en se tenant le poignet. La trace de mon contact sur sa peau luit comme une trace d’argent. Serrant les dents pour oublier la douleur, je me dresse devant Thurim. Il faut que je me transforme le plus tard possible.
Le démon me regarde.
« COLSTATAERE MINTEHNYAI QUIRTALAIAN. »
Seule tu ne peux rien pour me vaincre.
Je sais. Je suis loin d’être assez puissante. J’ai renié ma nature et les miens depuis bien trop longtemps, et ma force s’est émoussée. Mais je peux l’affronter. L’affronter suffisamment longtemps pour l’affaiblir, faire en sorte que les autres aient la possibilité de le vaincre. Seulement, il va falloir que je prenne garde à fermer mon esprit, si je ne veux pas que les Célestes me retrouvent. J’écarte les mains et murmure l’incantation que j’ai apprise petite fille, pour avant le combat. Le cercle des anges se forme autour de moi et du démon. Il ne pourra en sortir qu’après m’avoir vaincue.
« Bianne !
Thurim dans mon dos, vient de sortir de sa torpeur.
- Bianne, ne faite pas ça, vous n’avez aucune chance ! »
Je respire une dernière fois l’air pur, et, prenant garde à fermer mon âme, pour éviter d’être détectée par les autres Célestes, je commence à me transformer…
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:57

Malk Shur :

À peine sommes-nous arrivés qu’un de ses insectes a lancé une incantation. Qu’est-ce donc ? Un cercle ? Ahahahaha ! Vraiment très drôle ! Comme si un misérable cafard de son espèce pouvait nous retenir ! Approchant notre main de la paroi, nous commençons à exercer dessus une légère pression, puis appuyant de plus en plus fort nous nous mettons à rigoler en pensant que cette barrière va s’écrouler. Soudain, quelque chose nous préoccupe, une impression désagréable : Non seulement la barrière nous résiste, mais en plus la personne prisonnière avec nous s’est transformée en…
« UNI KARANO ?! NIO SUSAT ALE NOTA ENALL MARUT ! »
Un ange ?! Nous croyons qu’il n’y en avait plus !
Et voilà que nous nous mettions à douter ! Nous haïssons le doute, c’est le début de la peur ! Même si pour l’instant nous ne craignons rien. Pourtant… Ce cercle… Rhaaa nous détestons le doute, si nous pouvions, nous nous jetterions sur lui pour le dévorer ! Enfin, pour le moment, il est inutile que nous nous fatiguions sur cette barrière, nous ne nous attendions pas à ça… Un ange… Il doit être le dernier de son espèce… Mieux vaut que nous nous économisions et que nous fassions un pacte avec lui :
« KARANO ! NIO TURA SARAC UNI KAFAXO. TUR DECARATUM ERAST IGNUIFIO Y NIO YURA KE HARSKAPA JUELI THURIM VESSIEL!
Ange ! Nous te proposons un marché. Tu détruis cet enchantement et nous te promettons de nous en prendre qu’à Thurim Vessiel !
- NON ! Ce n’est même pas la peine de me demander une telle chose ! Tu vas devoir me passer sur le corps pour quitter cette prison ! »
Prison… Ce mot… Ce mot détesté… NOUS VOMISSONS CE MOT ! Il a le don d’engendrer en NOUS la haine ! Et la haine crie :
« NEKARATOOOOO ! »
VENGEANCE !
Vengeance pour les années passées à errer dans cette dimension. Vengeance pour avoir été banni par delà le temps et l’espace ! Ce misérable vermisseau se croit fort parce qu’il est un ange ? Il veut se dresser contre nous ? Soit qu’il meurt et que sa barrière s’effondre quand nous plongerons nos crocs dans son corps, que nous délecterons de sa chair parfumée de peur, quand la douleur s’insinuera en lui et que nous nous régalerons de son âme, on verra s’il n’aura aucun regret ! Notre regard se verrouilla sur notre ennemi, et nous nous avançons alors vers lui dans un seul but : ANNIHILER !

Thurim Vessiel :

Je ne pouvais rien faire, rien faire tout seul face à une telle puissance démoniaque. J'avais déjà eu énormément de mal à le bannir de cette terre, malgré l'énorme sacrifice dont avait fait preuve celui qui m'avait permis de le faire à l'époque. Mais ce n'était plus possible aujourd'hui. Dame Bianne voulu tenter l'impossible, en dévoilant sa vraie nature au grand jour, et bien que le démon ait partiellement brisé son cercle magique, le courage qu'elle déployait en se lançant sur l'ennemi venu du fond des âges n'en demeurait pas moins immense. Je levai alors mon bâton, murmurant quelques sorts que je m'apprêtais à lancer, tandis qu' Harkan sortait son arbalète. Nous savions tout deux que nous n'avions pas la moindre chance s'il venait à nous attaquer, mais il fallait à tout prix que nous épaulions notre angélique compagne, quoi qu'elle ait eu en tête. Harkan leva les yeux, plus par réflexe qu'autre chose : un orage venait de se déclarer haut dans le ciel. « NALÏËVA ! »
Les premiers coups portés n'apparurent que comme des jets de lumières blancs à nos yeux mortels, les adversaires paraissaient se battre sans se toucher, mais nous pouvions sentir que de là où nous étions, le combat était d'une extrême sauvagerie. Nous ne pouvions entendre que les cris de la bête, non pas que Bianne ne subisse aucun dégât, mais ses cris étaient beaucoup moins audibles que les cris rauques du démon.
« TARNA !»
J'entendais pendant ce combat de multiples incantations dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Des mains hideuses de créatures sortirent à plusieurs reprises des flammes noires, provenant du Monde du Dessous. Ses sorts meurtriers n'atteignirent pas son ennemi angélique, mais manquèrent de peu de nous carboniser moi même et Harkan. Ce dernier, en représailles, tira avec la vélocité d'un archer elfe, une dizaine de ses carreaux d'arbalète enduits de son poison le plus mortel. Mais leur contact avec la peau du démon, infiniment plus dure que du Mythril, ne lui fit même pas l'effet d'un dérangeant moustique. L'énergie lumineuse que déployait Bianne parvint tout de même à en épuiser le monstre qui fut couvert de marques blanches partout sur son corps. Mais il lui suffit de profiter d'un instant de distraction de son adversaire, l'éloignant, à grand renfort de magie impure, suffisamment longtemps pour qu'il régénère ses blessures, alimenté par la seule sombre force venant des entrailles de la terre.
Mon incantation était enfin terminée, malgré plusieurs interruptions. Je me doutais bien que cela n'allais pas suffire à mettre en déséquilibre les forces, mais peut être cela permettrait à Bianne de prendre l'avantage. « ORRIEL NIRNA !»
Un tas de pierre se mit soudain à tomber du plafond. Nous pouvions maintenant le voir au grand jour, venant d'être percé par un énorme éclair ayant pris la forme d'un serpent. Tous, même Malk Shur s'interrompirent pendant un instant, attendant que les crochets acérés de la créature magique se referment sur la tête du démon. Mais il n'en fut pas ainsi. Malk Shur continua son combat contre Bianne d'une main, tandis qu'il bloquait littéralement mon sort avec son autre main libre. J'eu des sueurs froides lorsqu'il le renvoya vers moi... et que je ne pus l'éviter. J'eu à peine le temps de me lancer un sort de protection mineur, ma magie ayant été presque épuisée. Le serpent de foudre, à l'impact, forma un cratère dix pieds de diamètre, sur cinq de profondeur. Je n'étais pas au fond, mais à quelques mètres de là. Je sentis se dégager de moi une odeur de souffre, j'étais incapable de faire le moindre mouvement sans qu'une douleur atroce s’empare de tous mes muscles... Harkan voulut se précipiter vers moi, mais il courut d'abord vers la personne la plus proche : Bianne, qui suite à cette distraction s'était faite plaquée, même, écrasée contre le sol, par l'ignoble poigne de Malk Shur. Seul Harkan était encore en état de se battre. Mais que pouvait-il faire à présent...

Val Harkan :

Ce démon était gigantesque ! Mes flèches n’avaient eu strictement aucun effet sur lui. Je me sentais une fourmi au milieu d'un combat de dragon. Soudain le démon plaqua Bianne au sol. Je me précipitai vers elle, entrant inconsciemment dans le cercle de protection à moitié branlant. Le démon l'avait lâchée, et se préparait à l'attaquer. Sans hésiter, je tirai de ma sacoche rouge ma fiole de glycérine, et la lançai de toutes mes forces à la gueule du démon. Il la croqua littéralement, provoquant une énorme explosion. Je fus soufflé à terre et atterris à côté de Bianne. D'un bond, je me remis sur mes pieds et sorti du cercle, Bianne dans mes bras. Une autre explosion, plus puissante encore que la dernière me projeta à nouveau au sol, Bianne avec moi. Le démon venait de briser le cercle de protection. Bianne murmura :
« Sauvez-vous.
- Non, répliquai-je. C’est hors de question.
Elle me jeta un regard d'incrédulité, puis me scruta d'un regard interrogatif. Elle devait avoir une sacrée influence sur les pensées, car je répondis immédiatement :
- C’est peut-être bizarre, mais je refuse de perdre la seule personne que je peux considérer
comme une véritable amie. »
A peine ces mots sortirent de ma bouche que je me mordis les lèvres. Mais qu'est-ce qui me prenait ? Mais toutes ces pensées disparurent tout à coup. Une nouvelle sensation entra en moi. Un appel. Sans réfléchir, je me levai, et me tournai vers le démon. A peine fut-il dans mon champ de vision que je me sentis comme attiré par une force incommensurable vers le feu sombre entourant son corps. Mes muscles se mirent en marche seuls. Le démon fut surpris de me voir avancer vers lui en résistant. Quand je ne fus plus qu'à quelques pieds de lui, je captai une odeur. Une odeur qui me rendis furieux. Réellement furieux. Cette ordure portait l'odeur de mon père. Je serrai les dents, et portai la main au médaillon doré pendu à mon cou. Le démon réagit immédiatement. Il m'attrapa par le col et arracha d’une pensée le médaillon. Il le lança dans un coin de la pièce et fit de même pour moi, mais à l'opposé. Je n'eu même pas le temps de retomber au sol. Il me plaqua à une dizaine de pied des dalles de pierre en m'écrasant de son immense griffe. Je m'attendais à que son contact me brûle, me fasse hurler de douleur. Mais étrangement, Le feu de ses mains ne fit que raffermir ma volonté de le tuer.
« Le médaillon! Hurlai-je aux deux autres. Ouvrez ce foutu médaillon ! »
Du coin de l'œil, je vis alors une lumière éblouissante. Bianne, sous forme humaine, rayonnait d'une lumière Si intense qu'elle en blessait les yeux. Elle hésita, puis ramassa le médaillon. Enfin, elle l'ouvrit.
Lorsque le cœur de l'objet s'ouvrit, il en sortit un éclat blanc neige, au moins aussi puissant que celui que dégageait Bianne. Mais celui-ci eu un effet plus profond qu'un éblouissement. Je sentis jusqu'à mes entrailles vibrer en réponse à ce rayon. Les yeux du monstre s'agrandirent de surprise quand il me vit grandir. Mes muscles et mes os grossissaient à vue d’œil. En quelques seconde j'eu atteint le double puis le quintuple de ma taille normale. Ma peau se mit alors à se craqueler, pour ensuite tomber en lambeaux, alors que mon visage s'allongeait, se déchirant lui aussi. Enfin, mes crocs poussèrent. Des longues dents, bien blanches et bien tranchantes. Ma main devenue une véritable arme se referma sur le poignet du démon. Je m'étais jusqu'alors transformé deux fois dans ma vie. Mais jamais il ne s'était pas passé ce qui se produisit ensuite. Mon corps aspira littéralement le feu émanant du démon qui, à ce moment, tenait dans son poing la gorge d'un loup à silhouette vaguement humaine et surtout enflammé. Comme à chaque transformation, l'instinct bestial, le loup, pris le pas sur ma propre raison. Ma patte droite décrivit un arc de cercle qui se termina dans ta gueule du démon, lequel poussa un hurlement de douleur. Il me lâcha, et j'atterris souplement au sol. Sachant que malgré tout mon ennemi restait plus puissant que moi, je m'élançais vers lui et lui assenai un coup qui laissa cinq longues écorchures sur son flanc. Il porta un coup, que j'esquivai. Notre échange dura un bon quart d'heure, nos grondements rauques résonnant dans la salle. Ses coups, bien que puissants étaient lents. D'un autre côté ma force bien qu'ayant décuplée, n'était pas aussi importante que la sienne. Mais il avait perdu son principal avantage : sa taille. Nous combattîmes donc, défonçant les murs, s'envoyant tour à tour des coups d'une puissance phénoménale. Il porta alors un coup direct au mauvais moment, et ce fut son erreur. Ce fut mon tour de le saisir et mes griffes s'enfoncèrent dans son cou. Seulement, contrairement à lui, mes crocs cherchèrent automatiquement à atteindre le point sensible. Il eut un geste presque désespéré, mais qui ne servit à rien. Mes mâchoires se refermèrent impitoyablement et son cri lui resta dans la gorge. D'un coup sec, je lançai ma tête en arrière, emportant entre mes crocs ses cordes vocales. Il recula en chancelant et en tenant sa gorge. Je ne crus pas une seconde l'avoir blessé à mort. Il allait se régénérer. Mais cette blessure l'avait considérablement affaiblit, suffisamment pour l'achever. Mais une pensée me stoppa dans mon élan. Ce démon, cette abomination était le seul être à savoir ce qu'était devenu mon père. Je reculai de quelques pas, et poussais un nouveau grognement. Soudainement, je fus pris d'une faiblesse incroyable.
Non !
Je me tournai vivement vers la Pierre de Naissance, vers ce cadeau des loups. Un rocher, sans doute tombé de la voûte, reposait sur ses fragments qui perdaient rapidement de leur intensité. Je me mis à hurler alors que mes membres reprenaient douloureusement leur forme originelle, que ma peau se déchirait une nouvelle fois pour laisser place à l'épiderme humain. Je m'affalai au sol, incapable de faire un pas. Le feu qui, quelques instants plus tôt, m'entourait et me protégeait, disparut également. Je lançai un regard d'horreur vers le démon qui, déjà, commençait à se régénérer.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:57

Tchoucky/Bianne :

La lumière...
Elle m'irradie, m'inonde. J'ai pourtant repris ma forme humaine, mais elle est encore là. J'en ai presque les larmes aux yeux. Lumière... Feu... C'est notre récompense.
Oui, Harkan, vous avez raison. Vous et moi, nous nous affrontons depuis si longtemps. Vous perdre, ce serait me retrouver définitivement seule.
Il fallait cela... Il fallait cela pour pouvoir rencontrer notre pouvoir divin, celui que nous devons consacrer à Tan-Klaroz, pour réveiller la race Georym en lui... Il fallait nous unir, comme les deux peuples ennemis d'où je suis issue l'ont fait, il y a des milliers d'années de cela, pour ne pas disparaître.
Il fallait que nous nous unissions, pour que la lumière se réveille en moi, que le feu se réveille en lui, que nous trouvions le lien vers notre élément.
Je serre toujours le médaillon dans mes mains... Avant, il contenait une mèche de mes cheveux.
Maintenant je comprends, c'est l'écrin idéal pour dissimuler la pierre qui fait de l'homme un loup...
Et à présent que cette pierre est brisée par les rocs, le loup commence à disparaître, pour redevenir homme, un simple homme, si fragile face au démon.
J'ai reculé imperceptiblement jusqu'à l'endroit ou est étendu notre compagnon sorcier. Il est dans un sale état. Je m'accroupis près de lui et l'entoure de mes bras.
« Relevez-vous, Thurim. Ouvrez les yeux.
Je l'inonde de ma lumière, réparant son corps meurtri donnant toute ma force.
- Prenez ce qu'il vous faut de mon énergie. Et dites l'incantation. Nous l'avons affaibli suffisamment pour que vous puissez le détruire. Dîtes l'incantation, maintenant ! »
Mon pouvoir semble agir. Entre mes bras, le sorcier bouge. Avec effort il lève la main. Je resserre mon étreinte, et lui abandonne toute ma force. Son geste devient plus ferme.
Entre les griffes du démon, Harkan a maintenant retrouvé sa forme humaine
« Artantaoc estab rmesterctiva ! »
Le démon lâche soudain notre compagnon, mon ennemi d'hier, mon allié d'aujourd'hui et recule en hurlant. Trop tard, une gerbe de feu d’un bleu azur l'entoure, le recouvre, et le réduit en cendre.
Le silence tombe sur les ruines... Un instant, nous restons tout les trois immobiles. Incapable de croire que nous avons bel et bien échappé au pire.
Je suis restée métamorphosée longtemps. Est-ce que ça à suffit aux Célestes pour me localiser ?
C'est lorsque cette pensée me vient que je réalise que tout est redevenu normal. J'éclate de rire. Un rire nerveux, qui se communique à mes compagnons malgré eux. Quelques gravas tombent dans mes cheveux. Le plafond a été endommagé par tous ces combats.
« Ne traînons pas, suggère judicieusement Thurim.
Il ouvre le sac de toile et y prend une racine à la couleur bleutée, et une poignée d'herbe couleur blé.
- Racine de Xande et herbe de Kersh, cette fois nous avons tout. Partons. »
Nous nous hâtons vers la sortie, bien nous en prend, car le toit commence à s'effriter derrière nous.
Alors que nous revenons sur la route, Thurim s'immobilise soudain.
« Harkan... Ce démon était la seule créature qui pouvait vous dire ce qui est advenu de votre père!
- Oh… oubliez ça. Il n'avait pas l'air disposé à me renseigner. Et puis, oubliez le reste aussi. Vous avez fait ce qu'il fallait, ç’aurait pu être vous à la place de lui.
Je souris intérieurement. Le sorcier est ému. Il affrontera au moins dix Malk Shur avant de l'admettre mais il est ému. J'aspire goulûment l'air de la nuit. La vie est si simple, parfois...

Thurim Vessiel :

Nous revenions rapidement au grand portique écroulé, symbolisant d'entrée de cette cité fantôme. Nous avions rempli la plus gronde partie de notre mission de sauvetage, maintenant, le plus dur restait peut être à venir.
En effet, nos montures n'avaient sans doute pas supporté les courants d'air maléfiques que Malk Shur avait répandu tout autour de la ville détruite. Nous avions beau les avoir attaché le plus grand solidement du monde à de vieux arbres, il ne restait à présent plus que des lanières cassées. Harkan pestait, donnant des coups de pied contre des pierres, se rendant compte de la longue et fatigante route qui nous attendait. Nous ne pouvions plus nous permettre de passer par les terres du comte Longhorn. Comment lui aurait-on expliqué que nous avions perdu trois de ses meilleurs destriers auxquels il tenait comme à ses propres enfants ?
Nous devions nous efforcer de nous soutenir mutuellement dans l'effort de marche. Il ne nous fallait pas nous attarder plus longtemps dans ces terres désolées, habitées par on ne sait quels genres de spectres et autres ectoplasmes. Il nous était donc nécessaire de faire un maximum de chemin avant la tombée de la nuit, qui semblait déjà, hélas, assez proche. Harkan nous avait conseillé de faire un petit détour par les plaines de Lasfarell, les vastes étendues de terre ne faisant pas parties du comté de Ronial. Le trajet ne fut pas pénible, mais ennuyeux, car aucun de nous ne parla plus de quelques minutes en l'espace de longues heures. Mais cela me permis de faire le point dans mon esprit sur ce qui me poussait maintenant à rester en compagnie de ces gens.
Malk Shur était peut être un signe que le destin m'adressait, me disant qu'il fallait maintenant que j'accorde plus de confiance à mes compagnons qui venaient de m'aider enfin à détruire ce démon puant, alors que je vivais depuis tant d'années dans l'ombre de celui ci, attendant de le voir revenir... je commençais à vraiment croire en cette prophétie, qui avait pourtant l'air si peu vraisemblable qu'elle aurait été écrite pour un conte pour enfants. Cette faculté que possédait Harkan de se métamorphoser en bête de la nuit, ainsi que sa formidable capacité à littéralement absorber la toute puissance flamboyante de Malk Shur, me faisait vraiment penser qu'il y avait une grande chance pour que cette histoire à dormir debout ne soit en fait que la pure vérité. Et cette angélique Bianne. Elle semblait en savoir plus sur mon véritable but que ce qu'elle ne voulait laisser paraître, combien de temps ce passerait-il avant qu'elle ne le découvre complètement ? Et ce Tan-Klaroz, ce pouvait-il vraiment qu'il fasse partie de la race des Georym, un humain qui paraissait pourtant si ordinaire ? Tant de suppositions valaient-elles réellement la peine de risquer tout ce que je respectais jusqu'à présent, à savoir la réputation de toute l'Académie et le "vénérable" Trébonius ?
Mais si je devais faire ce pourquoi l'on m'avait envoyé auprès de Tan-Klaroz, il n'y aurait plus rien à respecter... plus rien à défendre... plus rien du tout, si la divinité dont le nom ne doit pas être prononcé devait revenir asseoir sa domination absolue sur Islotanra. Si nous étions tous assez fous pour tenter de nous opposer à cette résurrection annoncée depuis des temps immémoriaux, nous devions faire tout ce qui était en notre pouvoir pour qu'une telle chose n'arrive pas... et moi y compris.
Il faisait nuit à présent. Nous nous étions allumé un feu de camp sous quelques arbres, en bordure d'un petit bois qui jouxtait la route des Crêtes, qui allait devenir notre prochaine étape vers notre point de rendez-vous, là où se trouvait sans doute encore, notre malheureux compagnon emprisonné dans la glace, et pour lequel nous venions de faire tant d'efforts.
Je pensais encore, alors que je regardais paisiblement le feu brûlait d'une douce et chaleureuse lumière rouge. J'avais changé, à mon âge, j'avais changé au contact de ces gens. Jamais auparavant je n'aurais osé discuter les ordres des Hautes Instances des Arcanes. Mais hélas, cela n'allait pas passé longtemps inaperçu...
« Quelque chose ne va pas Thurim, vous paraissez soucieux ? Me dit soudain Bianne
- Non, ce n'est rien, je réfléchissais... disais-je en restant les yeux fixés sur le brasier Je voyais fort bien d'après son aura qu'elle ne me croyait pas. Elle n'insista pourtant pas et alla s'allonger sur un tapis de mousse à quelques mètres derrière moi. Je regardais à ma droite, Harkan était déjà endormi, il me fallait également prendre un peu de repos, nous avions encore trois ou quatre jours de marche devant nous... »


Chapitre 14 : Une ruine appelée foyer

Lhao :

Des jours, ça faisait des jours que j'attendais, près de cette statue de glace, à essayer de la maintenir à l'abri des mauvais sorts.
Les premiers jours, j'étais furieux. Je rageais, bouillonnais, fulminais, mais comme je n'avais que cette satanée statue à insulter, cela ne m'avançais pas à grand chose.
Au bout du troisième ou quatrième jour, j'avais déjà épuisé tout mon répertoire d'insultes, et pourtant, il y en avait beaucoup. Je me contentais de rester à côté à ronger mon frein. Mais qu'est-ce qu'ils fabriquaient tous ? Ils m'avaient oublié, ou quoi ?
Les jours et les nuits continuèrent de s'enchaîner. Je ne comptais même plus. Ne fulminais même plus. Je ne faisais plus rien que rester là, à attendre... Attendre... Attendre... C'étais bien la première fois que j'attendais vraiment, que j'arrêtais de penser à ta bataille, et ou sang que je voulais faire couler.
Et arriva cette fameuse nuit, ou je ne pensais plus à rien, et ou je regardais le feu.
Il me manquait du bois sec. Il venait de pleuvoir, et je n'avais que du bois vert.
Je tendis la main vers l'une des branches que j'avais coupée, et la regardais l'esprit vide. Ca s'éveilla alors en moi. Ca me traversa. La branche que je tenais sécha, devint bonne pour le feu. Mais je n'y songeais plus, je ne pensais qu'à ce lien qui venait de s'ouvrir en moi. Mon élément. La sérénité absolue. La mort.

Len Arken :

Je marche toujours avec mes compagnons. Sabrane nous a redonné le courage. Finalement, ce petit avait ses moments. Quelques heures plus tard, nous étions sur le point d'entrer dans une caverne pour y dormir. Juste a temps, de la pluie commençait à tomber.
« Allez, on rentre la dedans, c'est un endroit qui a l'air assez bien protégé pour se reposer. Fit Sabrane
II rentra le premier.
-Skronk »fis-je.
Mais le barbare resta en arrière et se roula en boule.
« Skronk pas vouloir entrer là-dedans! Des lutins sont sûrement là! Skronk n'aime pas les lutins!
- C'est quand même pas quelques petits lutins qui vont lui faire peur
- SKRONK DETESTE LES LUTINS ! Skronk être résistant! Skronk ne jamais attraper froi...oid...ah...ah...TCHOOOOOUUUUUMMMMMM ! »
Skronk finalement entra dans la caverne.
La caverne était sombre.
« LUTINS!
- Mais non, c'est juste un rocher pointu, répondis-je dans le vide.
- Qu'est ce qu'il a ? demanda Sabrane.
- Apparemment, la phobie des lutins.
- Messire Len, si vous voulez, je possède un sortilège qui me permettrait de l'endormir pour qu'on...
- Nan, ça va, si tu fais ça, on aura de la chance s'il se réveille dans les siècles qui suivront...
- AAAARRRRGGGGHHHH ! SKRONK DETESTE LES CAVERNES! SKRONK AURAIT JAMAIS DU VENIR ICI ! SKRONK VEUT SORTIR !
- Enfin, en dernière extrémité, je pense qu’on n’a pas le choix. Vas-y, petit, mais bride ta puissance! »
Sabrane leva une main en l'air et incanta:
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:58

« Soporificus Infligeum! »
Immédiatement, une boule jaune de taille moyenne se forma dans sa main et fut projetée vers
Skronk qui, quand il fut touché, tomba endormi profondément.
« Ne vous en faites pas, messire Len. Je possède un sortilège qui permet de le réveiller immédiatement.
- Bien…fis-je avec un sourire hésitant. »
On ne tarda pas à s'endormir
Je fus réveillé alors que la nuit était toujours présente. La pluie avait cessé. Des bruits se firent alors entendre du fond de la caverne. Quand mes yeux se furent habitués à l'obscurité, je réussi à distinguer un lutin.
Un lutin? Rien de bien grave. Surtout ne pas réveiller Skronk, ou il dégénérera et risquera de nous tuer.
Soudain, j'en vis un deuxième. Puis un troisième. Je distinguai le fond de la caverne pour voir...
Une armada de lutins!
- La, on a un problème, murmurai-je
Les lutins s'approchaient de nous... Je cherchai une solution pour nous en sortir. Je tendis soudain ma main vers l'un deux alors qu'ils faisaient autant dans ma direction. Immédiatement, l'ombre de la caverne sembla se réunir pour former une monstrueuse gueule de lion, dragon, loup, tigre ou autre animal avec ce genre de tête.
Instinctivement, je projetai ma main devant moi. Alors, la tête partit tout droit dans cette direction et faucha le lutin en plein vol. Ensuite, elle se regroupa vers les autres lutins et je tendis ma main. La tête attaqua. Quelques minutes plus tard, il n'y avait pas un lutin vivant dans la caverne. Je refermai ma main et toute l'ombre reprit sa place dans la caverne.
« Wow! »
Impressionné par ce nouveau pouvoir, je décidai de dormir et d'en parler aux autres le lendemain.
« On n'est plus très loin de l'endroit ou doit être Tan-Klaroz, lançais-je le lendemain.
- Bon, réveille Skronk et partons.
- Sveglio Infligeum! »
Le barbare, ouvrit un oeil, puis deux, puis les referma.
« Euh... On dirait qu'il y a un problème.
- Ah, bravo! Comment on fait, maintenant?
- Ne vous en faites pas, j'ai une idée... ACQUA AVERSO!
- Non, petit, ne fais pas... »
Trop tard, un espèce de seau d'eau apparut et déversa de l'eau sans doute très fraîche sur la tête du barbare.
« WWWAAAAAUUUGGGGGHHHHHHH! QUI A FAIT ÇA!
- Allez, en route. »

Skronk :

Apres la douche forcée, et de surcroît complètement réveillé, Skronk, scrute l'extérieur de la caverne. Le ciel est bleu, pas une trace de nuage annonciateur de pluie, du moins pas dans l'immédiat. Le chemin étroit de la montagne continue sur quelques kilomètres.
Après avoir escaladé, dégringolé, survécu à une attaque d'abeilles que Sabrane a malencontreusement dérangé avec son bâton - que Skronk s'était amusé à briser plusieurs fois. Au fur et à mesure que le groupe progresse, la végétation se fait de plus en plus rare.
Au détour d'un canyon bouché par un énorme rocher, Skronk découvre un squelette. Celui-ci n'a même plus de peau les os apparents sont brillants comme nettoyés par le soleil. Len en déduit que c'est un marchant ambulant. A quelques mètres, l'expédition découvre un chariot remplit de marchandises, et les dépouilles de chevaux. Skronk profite que le petit magicien et son compagnon discutent, s'approche de la charrette, fouille un peu les débris. Souriant, Skronk découvre quelque chose qu'il n'espérait plus, un tonneau de bière intact ! Il se sert de sa hache pour ouvrir le tonneau, malheureusement il est vide. Maussade il se rapproche de ces deux compagnons toujours en grande discussion certainement pour déterminer un nouvel itinéraire. Skronk s'ennuie. Intéressé par le cadavre, Skronk s'amuse à lui faire tourner la tête autour de son cou.
Quelque chose vient d'effleurer la main de Skronk ! Skronk veut partir maintenant ! Sabrane et Len se retournent vers lui, se demandant bien ce qu'il peut encore avoir. Stupéfait ils virent le squelette pendre au bras de Skronk, celui-ci se débattant comme un beau diable pour le lâcher, hurlant, courant dans tout les sens. Skronk arrive enfin à se débarrasser du squelette qui maintenant gît a terre. La mâchoire semblant articuler des mots, Len l’écrase. Apres ce petit incident, la tension est palpable, Skronk n'a pas besoin d'entendre pour se rendre compte que le petit magicien n'est pas rassuré et que le rôdeur aimerait être ailleurs. De toute évidence, tout semble indiquer que leur proie est dans les environs, enfin surtout le bâton du magicien, et vu que la route est bloquée par le rocher, il semblerait bien que Skronk devra marcher encore pour contourner le canyon, Skronk ne voulant pas escalader. Skronk préfère toucher le sol. Len et Sabrane résignés, devant le barbare têtu ouvrent la marche.
D'après la direction Tan devrait se trouver derrière le canyon. Evidemment, avec tous les imprévus c'était difficile d'évaluer en combien de temps ils attendraient leur but. Au bout d'une bonne heure de marche ininterrompue, l'horizon laisse apparaître un clocher d'église, mais au-dessus le ciel semblait obscurci, pas comme la nuit, mais comme si le ciel bleu avait terni. Aucuns nuages.
Au fur et a mesure qu'ils se rapprochent, tous les environs sont de cette couleur, que ce soit la terre, les arbres, comme si le temps s'était arrêté. L'entrée de ce village étrange est une sorte de portique de bois accroché entre deux rocher, Skronk essaie de déchiffrer le nom du village : Mamur, Cornofulgur, Namur...
Skronk n'aime pas le village Namur, on dirait le Cimetière du village de Skronk. Ces deux compagnons même si ils n'étaient pas beaucoup plus confiants que Skronk franchirent la porte, celui-ci pas vraiment plus intéressé de rester tout seul se précipite à leur suite.

Tan-Klaroz :

Des ruines, des ruines...
Je suis assis(e) sur le clocher de mon village. Un vent léger, chargé par l'odeur de la mort, soulève mes cheveux et traverse ce qui reste de Namur. Je vois en bas les quelques spectres et âmes tourmentées qui cherchent à me rejoindre sans y arriver. Je sais pourquoi je suis inaccessible pour eux... Je suis leur bourreau.
Cela fait presque dix ans que je n'y suis pas retourné(e), dix ans que j'ai fuis d'ici. L'érosion et le temps n'ont presque rien fait sur ces ruines.
Lorsque j'ai franchi le portail de bois et de pierre, tous les ectoplasmes ont accouru pour essayer de voler mon âme. Ils se sont arrêtés devant moi puis ont fui en hurlant des phrases de désespoir.
« L'enfant maudit ! L'enfant... celui qui... Il est de retour ! »
C'est ainsi depuis quelques jours, mais je suis satisfait(e). Plus de soldats, de chasseurs de primes et plus cette histoire de ‘‘prophétie’’...
Mes pensées se stoppent, je sens une vague présence dans mon dos. Je me retourne.
Une silhouette frêle et translucide est placée derrière moi. Ses cheveux blancs se soulèvent avec la brise. Une mince tresse noire accompagne cette cascade blanche. Deux pâles yeux couleur de sang me fixent avec une lueur maternelle. Un sourire invisible transparaît sur ce visage de spectre. Elle tend sa main sur mon front. Je ressens une chaleur agréable. Bien qu'elle puisse me traverser, le spectre fait comme si elle était matérielle. Elle se poste dans mon dos et « pose » une main sur mon épaule. Les minces rayons de soleil font rougeoyer le ciel d'une teinte pourpre.
Une voix douce brise le silence pesant :
« Tan-Klaroz, mon enfant... J'espérais te revoir avant de disparaître...
Je lève la tête, surpris(e), vers le visage de ma mère.
- Disparaître ? Que va t-il t'arriver mère ?
- Je vais rejoindre les cieux. Je suis restée ici en attendant de pouvoir te revoir une dernière fois. Pour te dire quelque chose...
Ma mère s'agenouille alors et me souffle dans l'oreille :
- Accepte-toi dans ton entier... »
Elle dépose un doux baiser sur mon front et recule. Une lumière aveuglante l’enveloppe et elle disparaît dans ce torrent lumineux. Ne laissant d'elle qu'une minuscule étincelle qui s'envole, emportée par le vent...
Mère, que voulais-tu dire ? Pourquoi disparais-tu alors que je voulais te dire tout ce que n'avais pas eu le temps, lorsque tu es morte entre mes bras d'enfant...
Des larmes perlent sur mes joues avant de s'écraser sur la pierre terne. Un simple mot résonne dans mon esprit et se répercute à l'infini.
POURQUOI... Pourquoi... pourquoi...
Je me remets à fixer le ciel, comme pour vider mon esprit de mon passé. Mais les spectres gémissants me le rappelle... me font resurgir des douleurs si souvent enfouies pour ne plus jamais renaître. Ma faux brille de sa lueur rouge, sans arriver à me réconforter.
Un bruit ! Une conversation ! Des gens, ici ?! Dans ce village hanté ?!
J'aperçois de mon perchoir Skronk et un homme que je ne connais pas. Puis Sabrane apparaît dans mon champ de vision.
Le barbare gronde, il a peur de l'atmosphère pesante qui règne. Les spectres ne veulent pas les approcher, ils ont en eux quelque chose qui les repoussent.
Sabrane et l'homme avancent en avant et explorent les ruines. Ils savent que je suis là.
Je ne bouge pas, je ne fuis pas. Je reste prostré(e) en attendant...

Sabrane Hyle :

Nous étions enfin arrivés à notre destination : Namur. Bizarrement, ce nom me disait quelque chose, mais je crois l’avoir oublié. Tant pis. Quand je vis le village, je me dis que j’avais trouvé quelque chose de plus sinistre que le cimetière qui est à côté de mon université. Faut dire que le cimetière est toujours dans la pénombre, même à midi, et certains morts ne savaient pas qu’ils l’étaient. Dans ce village, tout semblait tellement mort, que l’on se demandait si cela avait déjà vécu une fois. Je voyais des spectres noirs à mesure que nous marchions dans le village. Chaque fois qu’ils me voyaient, ils semblaient avoir peur et s’enfuyait.
« Dîtes, dis-je finalement. Comment ça se fait qu’ils nous évitent comme ça ?
- Sans doute à cause de ton pouvoir, dit finalement messire Len.
Je souriais tout seul en pensant encore à mon pouvoir, qui semblait nous protéger depuis le milieu du voyage.
- Bon, dit à un moment messire Len, où pourrait bien se trouver Tan ?
- Ben peut-être qu’il (elle) est dans un de ces bâtiments ? Dis-je.
- Skronk veut pas entrer dans maisons.
Comme il était sourd, Len et moi le regardions en ouvrant grand les yeux pour qu’il comprenne que nous voulions savoir pourquoi ?
-Skronk ne se bat pas bien quand il est dans maison, lui préférer les grandes plaines désertes.
-Mais, on ne va pas se battre contre Tan ! Dis-je inutilement.
J’entendis le bruit d’un clocher. Sans doute le vent qui avait fait bouger la cloche. Et comme j’étais de nature curieuse, alors je regardais autour de moi où se trouvait le clocher, et quand je le vis, je vis aussi Tan.
-Le voilà ! M’écriais-je.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:58

Messire Len retourna rapidement la tête, en regardant quel endroit mon doigt montrait. Et comme Skronk regardait ailleurs, il ne vit pas que nous étions déjà près de l’église. Quand il se retourna, et qu’il nous vit, il courut en beuglant :
-EH, VOUS ATTENDRE SKRONK.
Avec tout se ramdam, je m’étonnais de ne pas voir Tan relever la tête.
-Bon, dis messire Len, je monte pour aller le chercher, puis on rentre.
-Attendez, messire, lui dis-je en lui prenant le bras. Il… ou elle… ne vous connaît pas, il vaut mieux que ce soit moi qui monte.
Déjà, je mis un pied dans un trou du mur.
-Mais tu sais grimper ? Me demanda-t-il.
-Oui, avec mes amis nocturnes, on fait toujours une course d’escalade sur les murs de l’université depuis mes huit ans.
Je montais, le vent faisant fouetter ma robe de mage. Quand j’arrivais au sommet du mur, je déposais mon bâton, afin de me hisser sur le toit.
-Bonjour, Tan.
Il restait toujours en boule.
-Vous nous avez fait courir, vous savez ? Mais ce n’est pas grave, car il en faut de l’exercice pour rester en forme.
Je m’assis à coté de lui, car nous étions le jour. A ce moment il relève la tête pour me voir. Je vis qu’il avait les yeux encore humides.
-Vous êtes venus pour quoi ? Me dit-il ? Pour me vendre à un cirque ? Ou pour m’utiliser comme objet pour cette prophétie ?
Je poussais un petit soupir, puis me tournais vers ce vissage mélancolique avec un sourire.
-Rien de tout cela, mon ami, dis-je. Je suis venu pour qu’il ne t’arrive rien. Car, vois-tu, ce sont les pensées que les amis ont. Tu sais, que tu te transformes en femme la nuit, ça n’a aucune espèce d’importance. Pour moi, tu es un(e) ami(e), et c’est tout.
Il ne dit rien
-En venant, repris-je, j’ai découvert que j’avais un pouvoir.
-Lequel ? Me demanda-t-il.
-J’ai le pouvoir de la vie. Et j’ai appris une chose. On vie, quand on a des amis avec qui parler. Qu’en penses-tu ?
Il semblait vouloir réfléchir, comme s’il se retenait de raconter des choses. Je retenais ma respiration en attendant sa réponse.

Tan-Klaroz :

Parler, parler...
Sabrane est toujours à côté de moi, attendant sûrement que je parle. Je continue d'observer l'horizon en pensant à ce que je pourrais bien dire. Un froissement de tissu sur ma ceinture me
‘‘Réveille’’. Je décroche le mouchoir que m'a donné l'apprenti mage. Il est défraîchit, pâle mais c'est quelque chose de précieux pour lui.
« J'ai vu ma mère...
Cette phrase est sortie sans que je m'en rende compte. Sabrane prends un air surpris. Comme s'il pensait :
- Tu as eu une mère ?
- Oui j'ai vu ma mère. Mais sous sa forme de spectre. Elle est morte il y a dix ans... Sabrane garde son air surpris. Il souffle :
- Moi aussi... J'avais cinq ans. Elle s'est faite dévorée par des crocodiles mangeurs d'hommes. Elle avait oublié qu'il y en avait dans le lac.
- Elle est morte par ma main, dis-je en murmurant.
Cette fois, Sabrane à l'air effrayé. Comme si j'allais lui sauter dessus pour lui donner le sort que j'ai fait à ma mère. Il fixe étrangement ma faux.
- Et... et comment était ta mère ? Lâche-t-il.
- C'était une femme très douce. Au village, on la craignait car elle était issue de l'union d'un Elfe noir et d'une humaine... Mais elle était très belle.
- Moi aussi elle était très belle, mais elle avait une mauvaise mémoire, dit Sabrane en riant. J'ai hérité de ça. C'est pour ça que je suis mauvais pour la magie.
Il rigole. Cela me donne envie de sourire. Un spectre hurle dans le lointain, pour annoncer que la nuit tombera dans quelques heures.
- Tu sais pourquoi ce village est en ruine ? Me demande soudain Sabrane.
Je balaie Namur du regard et observe Skronk et l'homme, en bas du clocher. Les quelques spectres aventureux s'approchent timidement d'eux pour s'éloigner aussi vite. Je me retourne vers Sabrane et explique :
- Ça s'est passé il y a 10 ans. J'étais un enfant que les gens du village montraient du doigt. Personne ne voulait m'approcher à cause de ma faculté de...
- D'hétéromorphe !
- Oui voilà. Et un jour, mon père a voulu empêcher des jeunes du village de me frapper à mort. Ils l'ont égorgé. Puis ensuite... Dans un élan de désespoir... J'ai... j'ai...
Sabrane me sourit.
- Tan, parle ! Parler à un ami fait du bien tu sais...
- Je les ai tous massacrés, y compris ma mère. Quand je m'en suis rendu(e) compte, ma mère était mourante dans mes bras. Elle m'a murmuré quelques mots et a rendu son dernier souffle... » Sabrane ne parle pas, il ne fait que me regarder. C'est alors que j'entends un grondement venant d'en bas :
« Skronk en avoir ras le dos d'attendre ! Que faire petit Lutin ?! »
Sans que l'apprenti mage ne fasse quoi que se soit, je suis déjà descendu du clocher et regarde curieusement l'homme qui m'est inconnu.
« Je suis Len Arken, le huitième compagnon, me lance-t-il. Bon, nous t'avons trouvé alors nous retournons sur le lieu de rendez-vous. En route ! »
II emboîte le pas suivi de Skronk marmonnant je ne sais quoi. Sabrane et moi fermons la marche en direction de la sortie du village.

Skronk :

Enfin on a fini d'attendre ! Skronk est content de partir de ce village, surtout qu'on ne peut même pas assommer les spectres. Très, très ennuyeux d'attendre.
Sabrane redescend enfin avec Tan. Celui-ci a l'air fatigué, mais Skronk ne le portera plus, Skronk n'est pas un chameau...
Et maintenant il faut retourner à notre point de départ, là où l'elfe est congelé. Skronk ne se souvient même plus où c'est. Heureusement que Len a l'air de connaître le chemin.
Au fur et mesure que nous nous éloignons du village, les fantômes, en prenant grand soin d'éviter Tan, nous tournent autour. Skronk n'aime pas cela. Dans son village, de vielles légendes disent que si les revenants viennent vous hanter vous serez maudis à jamais... Skronk n'a pas envie d'être maudit.
D'un petit coup d'épaule, Skronk bouscule Len qui est devant lui pour l'inciter à avancer plus vite. Celui-ci, contrarié, se retourne pour lancer un regard noir au barbare, ce qui a pour effet de le rendre encore plus nerveux qu'il ne l'est déjà.
Sous l'insistance du passage des fantômes qui se fait de plus en plus fréquent et en plus grand nombre, le petit groupe accélère la marche, pour finalement se mettre à courir. Le portail est à quelques mètres, et plus ils avancent, plus il semble s'éloigner. Eberlué, Skronk se frotte les yeux, mais il ne rêve pas, la sortie à l'air de les fuir.
Les fantômes deviennent une masse compacte. A chacun de leur passage, les quatre compagnons ont l'impression de subir une tempête. Skronk ne veut plus avancer. Comment affronter des ennemis qu'on ne voie pas ?!
Len hurle entre les agressions, Sabrane n'a pas l'air d'être d'accord avec ce qu'il propose, ou alors il ne veut pas le faire. Tan lui ne bouge pas, regarde les fantômes qui prennent bien soin de l'éviter, mais il ressent quand même l'effet de la tempête.
Finalement Sabrane remue des lèvres. Skronk se méfie à chaque foi qu'il remue des lèvres, car il se passe des trucs bizarres. Une lueur bleue surgit, à peine plus forte que le ciel du village. Une sorte de limace tombe sur le sol. Skronk regarde la bestiole avec amusement. Il se demande si c'est ce que le petit magicien voulait. Tan et Len le regarde avec de drôle d’expression. Ils doivent penser comme Skronk, si il n'y avait pas autant de fantômes dans les environs que la sortie ne se barrait pas aussi vite qu'un lièvre, la situation serai presque marrante.
La petite limace, que Skronk n'a jamais vue auparavant, se met brusquement à aspirer et les fantômes qui passaient vers elle furent tous aspirés à l’intérieur, au fur et à mesure qu’elle les ingurgitait.
Le pouvoir des fantômes faiblissant, la porte se rapproche de nouveau. Saisissant l'opportunité, le petit groupe s'engouffre dans la sortie. A peine sont-ils sortis qu'une sorte d'explosion retentit dans le canyon. En se retournant, Skronk vit que la limace, ne pouvant plus aspirer de fantômes, avait explosé, les libérant tous, mais maintenant ils étaient hors de portée.
Skronk a faim. Skronk en a marre de marcher. Skronk veut dormir ! Mais personne ne l'écoute. Skronk est seul à traîner en arrière. Tout en grommelant, il effectue quelques enjambées pour les rattraper. Le chemin du retour risque d'être pénible, surtout quand Skronk a faim, et ça Skronk va leur faire comprendre.

Chapitre 15 : Volonté.

Thurim Vessiel :

La route des Crêtes ne fut qu'une succession de plaine et de vallées. De nouveau, cette marche fut fatigante et ennuyeuse, tant que nous n'avions pas pu la mener à dos de cheval. Ses jours furent sans doute les plus longs de mon existence depuis le pèlerinage que j'avais du effectuer lors de ma toute première initiation aux arts Arcaniques afin de pleinement communier avec Carbunkle dans la souffrance de l'effort.
Au crépuscule du troisième jour, nous étions enfin en vu de la sombre forêt où nous avions laissé notre compagnon malheureusement glacé, ainsi que son gardien désigné. Nous ne nous étions pas reposé depuis sans doute plus de quarante heures, mais il fallait délivrer notre ami le plus vite possible tant que cela était encore envisageable. En effet, j'avais lancé un sort mineur de conservation sur ma petite sacoche de toile contenant les ingrédients destiné au contre sort, car bien que j'en connaissais les caractéristiques, je n'avais aucune idée du temps qui leur fallait pour se dégrader et devenir de ce fait totalement inefficaces ... en fait, ils étaient peut être inutilisables depuis des siècles déjà. Mais il fallait malgré ces sombres doutes tenter l'irréalisable, car s'il n'y avais plus de Farkas Tedzek, il n'y aurait plus de prophétie, puis à long terme, plus rien d'autre que le néant du sombre présage qui était de jour en jour un peu plus proche.
Il était donc hors de question de nous accorder un seul instant de repos avant d'avoir tout fait pour le délivrer de cette malédiction.
Nous entrâmes alors, après un petit bon de chemin pour retrouver notre route, dans la petite clairière où trônait au milieu, tel la statue d'un héros déchu, notre compagnon d'infortune, le nécromant était assis à quelques mètres plus loin. Il devait sûrement avoir perçut notre présence, mais il ne bougeait pas ; un non initié en magie impure tel que moi aurais pu dire qu'il était en pleine méditation. Mais quand nous nous approchâmes un peu plus, il ouvrit les yeux et dit.
_ Pff... Vous voilà enfin !
Je crus un instant que cette réflexion banale allait entraîner un accès de colère de sa part, comme punition pour l'avoir laissé seul pendant de longues journées, n'ayant pour seuls passe-temps que de tuer les animaux aux alentours et les quelques voleurs et bandits imprudents qui auraient eu le malheur de passer par cette partie de la forêt. Mais quelque chose d'imperceptible en lui avait changé, son aura était aussi calme et apaisée que les vents, soufflant d'une douceur infinie sur les collines du royaume d'Elazul. Je sentais que Bianne avait une envie irrésistible de lui demander pourquoi il était aussi détendu, mais une autre question sortit de sa bouche.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:58

- Tout s'est-il bien passé ?
-Tout s'est bien passé... répondit-il simplement
On pouvait presque ressentir, émanant de lui, la douce béatitude et la sérénité de la mort. Il reflétait à présent parfaitement l'image qu'il donnait de lui, aussi transparente que l'eau de source... Harkan, quand à lui, semblait beaucoup moins s'intéresser au cas du nécromancien qu'à celui de notre ami congelé, il me rappela d'ailleurs à mes devoirs.
- Et maintenant Thurim, comment comptez-vous utilisez ces ingrédients que nous nous sommes donnés tant de mal à trouver ?
Je ne répondis pas immédiatement, je réfléchis quelques instants.
- Harkan, auriez-vous l'obligeance de vous poster à côté de Farkas ?
Pourquoi cela ?
- Vous verrez dans peu de temps...
Sans vraiment chercher de plus amples explications, il s'exécuta. Bianne restait à mes côtés tandis que je s'asseyais en tailleur. Je sortis les trois ingrédients de leur sacoche et les plaçais soigneusement dans ma main droite. Je la recouvrais ensuite de ma main gauche et me mis à prononcer diverses incantations héraldiques. Il ne se passa pas longtemps avant qu'une lumière rougeâtre ne se dégage de mes mains fermées, signe que les ingrédients n'étaient donc pas aussi inutilisables que je le pensais. J'ouvris mes mains, et laissait s'en échapper une petite boule de lumière rouge semblable à une fée qui se dirigea, sous les regard médusés d'Harkan et Bianne, vers la statue de glace, la lumière explosa en une multitude de particules qui virent tournoyer plus vite que ne pouvait voir l'œil humain, autour du corps immobile de l'elfe. Sa peau reprit peu à peu une teinte normale, aussi normale que puisse être la peau d'un elfe. Lorsque toutes les petites particules eurent disparues, il tomba en avant, heureusement rattrapé de justesse par Harkan, resté à coté.
Notre ami ne semblait pas au meilleur de sa forme, mais il était au moins conscient ; je ne pus m'empêcher de sourire intérieurement face à cette vision d'espoir. A présent, il nous fallait attendre le retour de Tan-Klaroz, qui je l'espérais, ne tarderait pas...

Farkas Tedzek :

Je me réveillai à genoux, Harkan me retenant pour que je ne m'écroule pas. Lorsque j'ouvris les yeux, je vis Bianne et, à ses cotés, le sorcier Thurim.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Demandai-je. Où sont les autres ?
- Tu as été... immobilisé Farkas, me répondit Thurim. Est-ce que ça va ?
- J'ai l'impression d'avoir reçut une enclume sur le crâne, dis-je.
- Un effet secondaire sans doute, commença Thurim. Cela ne m'étonne guère après une aussi longue hibernation.
Je tournai la tête brusquement dans sa direction, les yeux écarquillés.
- Une longue hibernation !? Combien de temps suis-je resté en hibernation ?
Ils se regardèrent, l'air apparemment gênés. Lhao, qui était resté hors de mon champ de vision, répondit à leur place:
- Ça fait un peu plus d'une semaine que je veille sur toi.
Je défaillis. Une semaine !? Pour moi, ça faisait à peine cinq minutes que j'avais ressentit ce froid qui m'avait glacé jusqu'au os. Cela me rappela ma blessure au bras. Je soulevai ma manche afin de juger de sa gravité. Mais ma peau n'avait aucune trace.
- Un maléfice, murmurais-je.
- Pardon ? demanda Thurim.
- Je disais que ce démon m'avait lancé un maléfice, répondis-je.
- En effet ! Et si nous n'étions pas allé chercher les ingrédients pour t'en libérer, tu ne te serais pas réveillé de si tôt, annonça Thurim.
- Je crois que je vous dois beaucoup. Je ne sais pas si je suis en mesure d'exprimer ma gratitude tant celle-ci est grande !
- Vous nous débarrassés de ces démons juste avant cela, interrompit Bianne. Ce n'est qu'un juste retour des choses.
- Merci, lui répondis-je.

Bianne :

II n'y a plus qu'à attendre maintenant. Attendre que les autres arrivent. Rien d'autre à faire qu'attendre.
Lhao s'est repenché vers le feu. Il tisonne un peu, pour raviver la flamme. Farkas s'est approché. La chaleur devrait l'aider à se remettre plus vite du maléfice.
La nuit est claire, l'air est doux. C'est le moment. Je prends le bras d'Harkan.
- Eloignons-nous, s'il vous plaît. Je dois vous parler seule à seul.
Il me regarde un peu surpris. Méfiant, même. C'est normal. Il y a encore trop d'année de rivalité, entre nous. Trop d'habitude. Mais il hoche la tête et m'emboîte le pas. Son irrésistible curiosité.
Nous nous éloignons sous la ramure. La forêt murmure, autour de nous. Je sens sa narine frémir.
C'est une nuit idéale pour la chasse. Mais il ne peut pas aller courir au travers des fourrés ce soir.
Ce soir je le retiens.
- Vous m'avez sauvé la vie, Harkan. Rien ne vous y obligeait, mais vous êtes venu me chercher.
- N'en parlons pas, s'il vous plait.
Il est sec. Il n'est pas encore prêt à m'entendre dire merci. Tant mieux; Je ne suis pas prête encore à le lui dire.
- J'ai une dette envers vous.
Ma voix tremble imperceptiblement. J'espère qu'il ne l’entend pas. Espoir perdu. Il entend toujours tout.
- J'ai une dette envers vous, et je peux m'en acquitter maintenant. Si vous le voulez. Mais je ne suis pas sûre que vous le vouliez.
- Dites à quoi vous pensez?
- Harkan, vous ignorez ce qu'il est advenu de votre père, s'il est vivant ou mort. Souhaitez vous être fixé sur ce point ?
- Sur ce point ? Vous sauriez me le dire ?
- Disons que j'en ai le pouvoir. Mais c'est douloureux. Il faut que vous soyez sur de le désirer vraiment.
Il me regarde droit dans les yeux. C'est la première fois qu'il le fait comme ça, ni par défit, ni par colère. Sans hostilité.
- Quoi que vous vous proposiez de faire, Bianne, ou quelque soit votre nom, faite le vite.
Je ne peux pas prendre le risque de me transformer complètement. Il ne suffirait que de ça à mon père pour me localiser. Je me contente de prendre ma vision d'ange. Je le sonde jusqu'au tréfonds de l'âme, trouve le lien qui le lie à son père. Et nous plongeons tous deux dans le souvenir.
Feu... Feu... Retrouve-moi. Je n’ai plus mon pouvoir. Je n’en veux pas à Thurim, il a fait ce qu’il fallait.
Le cellier des tourments, un dédale spirituel. Une seule et immense pièce dans laquelle on revient toujours par l'opposé du côté par lequel on essaie de sortir. Murs en marbre blanc. Un espace de coton nuageux sous mes pieds, au dessus de ma tête. Depuis combien de temps est-ce que je marche ?
Une porte ! Je ne l'avais pas vu plus tôt. Une porte sur mon monde est encore ouverte. Je dois l'atteindre. Je veux rester en vie.
Non, Malk Shur... Il est devant moi. Il tente de s'y glisser. La porte est trop étroite pour lui, mais s'il force, elle risque de céder
- Afreacta cmeiché Malk Shur !
Eloigne toi de cette ouverture, Malk Shur
II ne prends même pas garde à moi, s'acharne sur l'ouverture. L'ouverture. Oui, bien sûr. Thurim l'a laissée là pour moi. Elle restera ouverte tant que je serais en vie. Tant que je serais...
Je tire ma dague de ma ceinture, et la dirige vers mon cœur. Etrange, Ça ne semble pas faire mal

Noir, c'est fini. Nous ne verrons rien de plus. Le reste, je ne peux le voir. Mon pouvoir s'arrête aux frontières de la vie.
Nous restons un instant immobile. Les yeux dans les yeux.
- Je suis désolée, Harkan.
- Ce n'est rien. Je n'ai jamais rien su de lui, jusqu'à ce soir.
Il me regarde.
- Racontez moi votre histoire, Bianne. Toute votre histoire.
Je m'adosse au tronc de l'arbre sous lequel nous nous sommes arrêté.
- Ma mère était la troisième fille du souverain d'Escarul. Ce peuple est issu de l’union des derniers Aegis survivant avec des humains. Il vénère depuis des siècles les Célestes, leur permettant de survivre à l'insu des dieux et des race terrestres, et jouissant de leur protection.
Je suis née sans père. Personne n'a jamais pu comprendre. Ce n'est qu'à treize ans que j'ai découvert que j'étais la fille d'un Céleste.
- L'ange Eshiïl. C'est le nom que vous m'avez dit, à la croisée des routes.
- Oui. Le prince des céleste. Ma mère et lui s'aimaient dans le secret de tous. Je me destinais aux ordres. Je suis devenue Karnac, grande prêtresse de notre culte. Ma moitié Angélique me servait beaucoup. On croyait en moi.
Je serre les deux poings. Extirper tout ça du passé est pénible.
- II y a eu la guerre. Nous n'avions pas peur, les célestes protégeaient notre ville. Le roi et son armée, ne pouvait rien contre eux. Mais ma mère est morte. Assassinée. Alors mon père a rompu le pacte qui liait les céleste et les Escaruls depuis des millénaires. Il ne voulait plus croire aux humains, qui assassinent, qui tuent les femmes qu'on aime. Les céleste sont partis, et le roi a pris Escarul.
Il ne faut pas que je pleure. Je ne fais que raconter. Ce n'est qu'une histoire comme il y en a temps. Il en a vécu, lui aussi.
- Je suis la seule à être restée... Mon père a voulu que je renonce à ma moitié humaine et que je l'accompagne. Mais je me suis sauvée. J'ai d'abord essayé de secourir mon peuple, toute seule.
J'ai prononcé des incantations qui amenait le malheur à tous ceux qui maltraitait un fils de ta race Escarul. J'ai commencé à être gênante pour certains marchants d'esclave. L'un deux a convoqué des enfer un démon pour m'assassiner.
- Un démon... Votre démon.
- Oui. Je devais mourir de sa main. Il m'a poursuivit des jours et des jours. Et quand enfin il m'a retrouvée... Il n'a pas pu faire ce pourquoi il avait été envoyé. Il m'aimait, comprenez vous ? A force de nous suivre, de nous fuir, nous avions découvert à quel point nos âmes étaient semblables.
- Alors on m'a envoyé.
- Oui, vous. Pour le tuer. Vous l'avez fait. Alors j'ai perdu la foi. J'ai cessé de me battre pour les Escarul. J'ai retrouvé votre employeur. Je me suis vengée. Puis je suis devenue chasseuse de prime.
Je me tais. Je tremble.
- Merci, murmure-t-il.
Que pourrait-il ajouter d'autre ? J'ai trop parlé, j'en ai trop dit. Je ne veux pas rester assise, là sous ce chêne. Je me redresse.
- Ne partez pas maintenant ! Me dit-il, en me retenant par le bras.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:58

- Ne me retenez pas, Harkan. Je ne veux pas jouer la suite de cette scène, celle où vous me demandez pardon d'avoir tué mon bien aimé, et où je vous l'accorderais. Je ne vous hais pas. Mais par pitié, ne me demandez pas pardon.
- Je ne le ferai pas.
Sans mot dire, il se penche sur moi, je sens soudain ses lèvres contre les miennes. Furtivement, quelques secondes. Il s'écarte brusquement. Il est tout aussi stupéfait que moi.
Je dégage mon bras de sa poigne, et m'en fuit en courrant.
Je n'arrive pas à croire ce qui vient de se passer.
Mais qu'est-ce qui lui a pris ? Mais qu'est-ce qui m'a pris ?


Thurim Vessiel

Nous pouvions enfin prendre un peu de repos, après cet éprouvant voyage. Je m'étais assis au coin du feu, en prenant tout de même soin de m'éloigner le plus possible de Lhao. Les regards mauvais qu'il jetait de temps à autre sur moi n'avaient pour seul but de m'effrayer, mais s'il croyait avoir choisit une cible facile, il pouvait de ce pas s'en retourner vers le royaume des morts. Bianne et Harkan s'éloignèrent soudain se dirigeant vers quelques fourrés à l'abri de nos regards. Farkas avait envie de se lever afin de voir ce qu'ils pouvaient bien faire, mais je le retins. S'ils avaient envie de rester seuls, c'est qu'ils devaient avoir une bonne raison. Pendant quelques minutes, ce fut le calme plat sur la forêt, les oiseaux de se levaient, nous n'entendions plus alors que le doux crépitement du feu. J'avais presque oublié depuis début de cette folle aventure combien ces moments de tranquillité comptaient à mes yeux. Mais alors que j'entrais en méditation afin de régénérer totalement mes pouvoirs Héraldiques, je sentis une présence, non pas familière, mais récurrente depuis quelques temps. Je me concentrais sur son aura afin de le localiser, mais elle était instable, comme s'il voulait que ce soit lui qui me trouve.
Real Malfet…
Que dites vous Thuri...
Mais Farkas n'eut guère le temps de se tourner vers moi que j'avais déjà disparu bien au delà de sa vue, m'étant téléporté à l'endroit le plus précis d'où provenait J'aura.
J'ignorais où je pouvais me trouver à présent dans la forêt, même si d'après la faiblesse des auras que dégageaient mes compagnons, je devinais que la personne qui m'avait incité à venir ici avait bien pris soin de m'en éloigner le plus possible. J'étais au milieu d’une petite étendue de terre humide entourée d'arbre, dont le seul accès était un petit sentier juste derrière moi. Malgré l'épaisseur de la nuit, j'arrivais fort bien à distinguer ce qu'il y avait tout autour de moi à l'aide de l'éclairage que pouvait me fournir mon bâton. Je n'entendais plus rien d'autre que le bruissement sourd des feuilles, soulevée par une légère brise, je ne voyais nulle trace de celui qui m'avait conduit ici...
« Qu'attendez vous pour vous montrez Velatis !?
- Vous avez mis bien du temps à réagir, enir !
Je me retournais, et vis s'avancer lentement vers moi, marchant de manière nonchalante sur le petit sentier, cet énergumène qui m'avait assigné à ma nouvelle mission sur ordre des Grandes Instances de l'Académie : Velatis Yannoc, le messager de mauvaise augure. Il me semblait que cela faisait une éternité que je n'avais pas vu son visage livide depuis la cité d' Amarath Garas. Il était certains que ma désobéissance envers l'homme le plus hiérarchisé de notre ordre ne passerait pas inaperçu bien longtemps, mais j'avais aussi commis l'erreur de briser le lien mental qui nous unissais tous, et ainsi, Trébonius ne recevant plus de mes nouvelles avait décidé d'envoyer son fameux émissaire.

- Heureux de vous revoir une fois de plus cher..
- Au diable ces boniments Yannoc ! Dis-je sèchement. Pourquoi vous a-t-on fait une nouvelle fois à ma rencontre ?! »
Alors que je le laissais s'approcher de moi, je remarquais que son visage se faisait de plus en plus dur, ce qui d'ordinaire face à un mage de rang supérieur, aurait été un manque total de respect.
« Ne jouer au plus idiot Thurim ! Cela fait plusieurs cycles que vous vous êtes coupé du réseau télépathique, alors que vous avez ordre absolu d'exécuter et de nous informer sur la récente mission à laquelle le vénérable Trébonius vous a assigné ! Nous savons que le jeune Tan-Klaroz est encore en liberté, vous mettriez vous à croire en ces contes pour enfants que les imbéciles appellent "prophéties" ?!
- Je ne vous permets pas de mettre ainsi en doute la confiance que j'accorde désormais à ce jeune garçon, j'ai vu beaucoup trop de signes au cours de mes récents déplacements pour me permettre encore de penser que cette prophétie n'a rien de réel !
- Vous rendez vous compte que vous êtes en train de trahir la confiance que le vénérable Trébonius a mit en vous ?! Ce Tan-Klaroz pourrait contribuer de façon considérable aux recherches des civilisations disparues Tout ce que vous aviez à faire, était de l'enlever et de nous contacter ensuite, est-ce trop difficile pour vous ?!
- L'Académie a bien changée Yannoc. Autrefois, un tel acte aurait été qualifié de criminel et muni en personne par l'Archimage ! Mais à présent, il commanditerait lui même ce genre de chose ?! Je ne le crois pas, quelque chose a changé ! Ses pseudo nobles causes n'excusent en rien le fait d'arracher un homme à la liberté !
- Que sont-ce là toutes ses insinuations, Vessiel ? Dit-il plus calmement
- Tan-Klaroz ne sera pas simplement utilisé pour les recherches de l'Académie il y a autre chose là dessous dites le moi ! »
Voyant qu'il commençait à perdre la face devant mes arguments, il sortit de sous sa robe, le petit orbe vert qu'il utilisait pour ses longs déplacements. Il voulait s'enfuir, mais j'eu le temps, grâce à un nuage passant au dessus de nos têtes, de faire tomber un éclair directement sur sa main. Cela ne le blessa pas, mais l'orbe fut détruit. Il saisit alors fermement sont bâton et murmura quelque sortilège, mais le nuage noir me fut à nouveau d'un grand secours.
- Ectho Damas !
Il reçut un autre éclair, mais cette fois de plein fouet. J’entendis son bâton tomber. Il était désormais lié par une multitude de chaînes d'éclairs entrelacés. Il tenta de se débattre, mais il fut douloureusement électrocuté.
Ne tenter rien Yannoc. Ectho Damas "le cercle de souffrance" vous déchiquettera si vous essayez d'agir contre ma volonté...
Je répugnais à devoir employer de telles méthodes, mais il n'aurait jamais répondu aux questions que j'avais pour lui si j'avais usé des manières conventionnelles. Je vis soudain, alors qu'il ne bougeais pas, dépasser un symbole familier de sous une partie de sa robe déchirée par les éclairs. Je m'approchais et déchirais complètement le bout de tissu robuste qui couvrait une plaque de métal sur son torse. Sur cette dite plaque était gravées les armoiries de la Légion de la Manticore avec, à côté, un autre symbole qui m'étais totalement inconnu : un demi astre, incrusté d'une tête démoniaque, avec un oeil unique dont le fond était un mélange de jaune, de bleu nuit, et de rouge sang. Mais je me concentrais d'abord mes questions sur le premier.
« Qu'est ce que cela veut dire ?! La Manticore emploie aussi des mages maintenant ? Répondez !
- En venant ici, haleta-t-il, j'avais déjà pour mission de vous tuer si vous refusiez obstinément de vouloir remplir votre mission ! Nous savions pour votre trahison depuis un bon moment !
- Comment est-ce possible ?
- Le clairvoyant Trébonius possède de nombreuses ressources dont vous ne pouvez même pas soupçonner l'existence ! Beaucoup des nôtres sont déjà mobilisés pour d'autres affaires, la Manticore est de notre côté, vous et vos amis n'avez aucune chance !
- Vous l'avez lancée à nos trousses ?
- Oui. Nous savons depuis peu où se trouve Tan-Klaroz ! Une garnison entière va sûrement les intercepter sous peu ! Je vous le dis, car même si vous pouviez intervenir, vous ne pourrez pas nous empêcher au moins de capturer ce jeune garçon ! »
Je le fusillais du regard, j'avais envie de le carboniser sur place... mais il avait encore des choses à me dire.
« Et qu'est ce que ce symbole ? Je ne l'ai jamais vu avant !

- Allez au Diable, Vessiel !
- Répondez moi ! Ou vous irez au Diable bien avant moi ! »
Il se mit à rire de façon hystérique, me lança un regard dément, comme s'il était soudainement devenu fou.
« efk... Mohofddur... Horoth... efk... Mohofddur... HOROTH... ELK... MOHOLDUR »
Je lâchais le col de sa longue robe, que je tenais depuis le début de l'interrogatoire. Rien que l'évocation de ce nom me fit frissonner depuis les tréfonds de mon âme, de quoi pouvait-il bien parler ?
De toute évidence, il ne pourrait rien m'apprendre de plus. Il était tombé, ses lèvres étaient couvertes de salive, il ne bougeait plus. Etait-ce la seule évocation de ce nom qui venait de le tuer ?
Je devais à tout prix avertir mes compagnons au plus vite, Tan-Klaroz et ceux qui J'accompagnaient étaient en grand danger. Je pris sur le corps de Yannoc la plaque gravée... Reol Malfet

Chapitre 15 : Les prisons de la Manticore

Tan-Klaroz

Cela fait sûrement près de deux jours que nous marchons sans faire de pauses. Marcher dans une montagne où derrière chaque rocher peut se cacher je ne sais quelle chose étrange ou dangereuse. Skronk nous lance pour la énième fois :
- Skronk veut se reposer !
Et pour la énième fois, nous nous retenons de lui donner un coup de pieds dans le derrière. Len n'a que très peu parlé pendant notre voyage. Il a l'air plongé dans de profondes réflexions. Le crépuscule pointe et le soleil va se coucher. Je m'arrête une fois de plus au milieu de la route et attends, le nez vers le ciel. Len et Sabrane s'arrêtent et se retournent. Skronk en profite pour s'asseoir. L'aura bleue m'entoure une fois de plus et je prends ma forme nocturne. J'ai décidé de ne plus me cacher la nuit.
La première fois que je me suis transformé(e) en cours de route, Len a écarquillé les yeux et m'a fixé pendant cinq bonnes minutes. Skronk lui, n'a pas arrêté de marmonner :
« Petit homme être une femme maintenant... Petit homme être déguisé en femme la nuit... Skronk pas comprendre... »
J'attends encore un peu et recommence à marcher sur le sentier caillouteux. Skronk se relève en grognant tandis que Len et Sabrane nous suivent sans mot dire.
Soudain, je détecte beaucoup de formes humaines dans les parages. Mais beaucoup se brouillent ou disparaissent pour réapparaître plus loin. Des humains... pas complètements... Je relève la tête. Ils sont tous prêts ! Ce ne sont pas que des humains, ce sont des mages !
« Des mages ! Ils nous encerclent ! »
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:59

Je n'ai que le temps de crier cette phrase. A peine ais-je le temps de brandir ma faux que déjà deux mages sortent d'un côté et cinq de l'autres, rejoins par une douzaine de plus. Quelques uns ont un drôle de blason sur le torse. D'autres sont comme des mages ordinaires.
Len sort ses dagues, Sabrane tend son bâton en tremblant et Skronk reste planté comme un poteau.
Len se rue sur trois mages. Il en blesse un au bras mais les deux autres lui lancent un sort d'éclair qui le repousse plus loin. De rage, il se jette sur eux et tue le mage blessé. Blesse en un autre mais le dernier mage l'envoie valdinguer à quelques mètres et l'assomme ave un sort de météorites.
Sabrane, se cache derrière Skronk en murmurant une formule. Un feu follet géant passe entre nous et brûle les mages. Mais nous ne sommes pas épargnés. J'esquive le feu follet et ma faux, sous l'effet de la chaleur, rougi et deviens encore plus dangereuse.
Sabrane avance pour voir l'état de Len mais un mage l'enferme dans une bulle et l'endort. Il reste encore une quinzaine de mages debout.
Skronk, dans un élan de folie, écrase et essaye d'arracher la tête à un mage. Le reste des attaquants essaye tant bien que mal de le mettre hors combat avec des sorts mais Skronk semble en être insensible et continue de frapper avec force. C'est alors qu'un mage avec une robe dorée - sûrement un mage de haut rang - se place en face de Skronk. Celui-ci laisse le mage qu'il martyrisait et se lance vers lui. Le mage doré lève deux doigts et une barrière psychique se forme. Skronk bute dessus et repars à la charge. Le mage lance alors un sort sous la forme d'un serpent brumeux. Le serpent saisit les bras musclés de Skronk et le ligote en suspension dans l'air. Le barbare hurle et le serpent rentre dans sa bouche. Skronk s'étrangle puis retombe à terre, évanoui.
Il ne reste que moi. Je me lance vers le groupe de mages, dévie des sorts avec ma lame de faux et tranche un mage en deux avant de me retourner vers le mage doré. Celui-ci lance un sort qui arrache ma faux des mains et va la ficher dans un rocher. Deux mages se jètent sur moi. Un me lacère la poitrine et l'autre commence à me bander les yeux. J'essaye de ma dégager mais je sens d'autres poids sur moi. Puis une drôle de mélodie me fait sombrer dans l'inconscience...


Eshiil, père de Bianne:

J'étais toujours avec les Célestes. Toujours à la recherche d'un passage dimensionnel dans cet univers hostile qu'était devenu notre monde.
Je venais de le trouver quand, tout d'un coup, une sensation que j'avais déjà ressentie auparavant m’étreignit.
Ma fille Nabnie, dont je n'avais eu aucune nouvelle depuis au moins une dizaines d'années terrienne. Et la je ressentais, bien que sa présence soit assez vague.
Je présumais qu'elle était sur terre, mais je n'avais jamais pu en savoir plus, ni comment elle allait, ni où elle était, ni qui elle était devenue.
La sensation était intense, un lien comme seul les père et fille Célestes pouvaient en développer. Je la sentais en train de se battre, puis faiblir. Et puis plus rien. Plus aucun signe de vie. Je l'avais perdue.
Mais que doit-je faire ? Laisser là mon peuple ? Je n'abandonnerai pas ma fille. Je ne la laisserais pas mourir comme Hata. Non c'est sûr, Nabnie ne mourra pas. Hata a déjà péri parce que je n'ai pas su la protéger. Mon seul amour. Sa mort m'a fait presque perdre mes ailes. J'ai faillit en mourir.
Mais j'ai ma fille. Heureusement qu'elle est là, et je la protégerais coûte que coûte, pourvu que je puisse la trouver.

Skronk :

Le serpent. Dans le pays de Skronk le serpent est associer au sommeil, dans le désert leur venin est puissant foudroyant, beaucoup de guerrier son mort car ils ont sous estimer ces animaux, les ancien utilisaient leur venin pour endormir les malades. Certain ne le supportai pas et mourrait, d'autre devenait fou. Skronk trouve amusant que le magicien ait utilisé le serpent pour le battre, sinon il n'en aura fait qu'une bouchée. Bizarrement Skronk sait qu'il n'est pas réveillé, mais il n’est pas endormi. Son corps ne lui répond pas, il ne voit rien. Aucune sensation. C’est peut être ça la mort. Skronk ne l'a jamais crainte, il a toujours aimé jouer avec. Cette inactivité est lassante, ne rien pouvoir faire, si seulement il pouvais remuer ne serait qu'un doigt Skronk leur apprendrai qui il est !
Skronk espère que ce n'est pas ça la mort, car elle est ennuyeuse. Il ne ce passe rien. Où sont les démons, Skronk veut affronter les démons, la vielle dame lui a toujours dis qu'il affronterai les démons. Ou le démon. Peu importe, elle l'avait traiter d'idiot, Skronk n'a jamais regretter de l'avoir décapiter.... Le roi. Skronk dois voir le roi. Skronk a perdu trop de temps avec les Elfes, les guerriers, les hommes-femmes, les mages. Par Carbunckle quand Skronk aura tué ceux qui lui on lancer le serpent, Skronk portera le message et toute cette escapade inutile finira. Peut être même que Skronk pourra arracher la tête du nécromancien. Ça lui fera un beau trophée quand il retournera chez lui.
Une odeur. Le moisi, le sang, la chair brûlée. A t'il toujours les yeux fermer? Skronk commence à ressentir le froid sur son dos. La rigidité de la pierre. Ces yeux refusent toujours de s’ouvrir. Quand il y parvient, ça ne fait presque aucune différence. Pas de lumière. L'air est nauséabond. Skronk essaie de se relever. Ses jambes encore engourdies ne le supportent pas et il retombe lourdement sur les fesses. C’est bien la première fois qu'il est dans cette situation. Personne n'a jamais osé faire subir ça à Skronk. Ils le paieront et il y veillera. Sa vue commence à s'accoutumer à la pénombre. Une cellule. Non, une cage. Plafond bas, barreau tout autour de lui, terre souillée de sang. Dans la cage voisine il reconnaît leur récent compagnon de route qui apparemment est inconscient ou mort. Peu importe. En face, Sabrane est assis en tailleur, l'air perdu et une lueur de peur dans le regard. Skronk aime bien Le petit mage. Il ne laissera personne lui faire du mal. L’a t'il dit tout haut ?
Continuant son inspection, Skronk remarque que l'homme-femme, n'est pas logé a la même enseigne. Il, ou elle, n'est pas dans une cage, mais assis sur une sorte de trône, les mains et les pied entravés. Le trône est à l'intérieur d'une grande cellule, toujours avec des barreaux mais beaucoup plus vaste. De quoi faire tenir plusieurs personnes autour. Dans chaque cage ou Skronk pose les yeux il y reconnaît une race différente. A proximité de l'homme-femme, les mages avec des insignes étranges, en train de réciter. Ou psalmodier. Peu importe, Skronk ne comprend pas. Visiblement a chaque fois que les magiciens on fini de lire le livre ils changent les personne autour de Tan, les remplaçants par d'autre. En quelques minutes Skronk vois défiler plusieurs groupes hétéroclites de huit personnes que les mages positionnent autour du trône. La prison dois être immense car Skronk, malgré une bonne vue, n'arrive pas en voir le bout. Et les mages lisent inlassablement leur livre. Ils attendent visiblement quelque chose qui n'arrive pas. A chaque fois que les groupes de personne constitués de femme voir même d'enfant repasse devant eux, Sabrane ce cache les yeux. Il doit savoir quelque chose que Skronk Ignore. Skronk regarde dans les yeux de Sabrane, lui demandant de lui expliquer. Le jeune magicien, des larmes dans les yeux désignent le groupe qui viens de passer devant les cages, et fait le signe de la mise a mort que les chasseur emploient entre eux pour achever les proies.
De plus en plus énervé par tout ça, Skronk essaie d'enfoncer les barreaux mais ceux-ci son très résistant. En principe les matériaux ordinaires ne lui résistent pas. Cette cage doit être au moins en mythril. Tout ce qu'il réussi à faire est d'attirer un garde. Celui-ci, prudent, ne s'approche pas des barreaux et aboie quelque chose que Skronk ne comprend pas, reçoit juste ses postillons. Skronk aimerai pouvoir le prendre par la nuque pour la lui briser. Il n'a pas besoin de hache pour cela. Malheureusement le gardien est trop prudent. Sabrane, lui, observe la scène, saisi une pierre qui traîne au sol et la lance violemment dans le dos du soldat. Celui ci trébuche en avant. Skronk ne laisse pas passer l'occasion et saisi le garde au coup lui brisant la nuque avant qu'il est le temps de donner l'alerte. Les magiciens ne remarquent rien, bien trop occuper avec Tan, qui parait conscient mais impuissant. Fouillant maladroitement le garde de ses grosses mains, Skronk ne trouve pas de clef. Sans faire de bruit, il laisse retomber le corps a terre et saisi la dague qui est la ceinture de celui-ci. Ça pourra toujours lui servir vu qu'il n'on plus aucune arme. Leur compagnon, qui jusqu'a maintenant était toujours inconscient est réveillé. Avec des gestes, il essaie de dire quelque chose à Skronk. Celui désigne la serrure de leur cage, et la dague que Skronk a caché dans son pantalon déchiré. Il a l'air de plus en plus affolé. Skronk se demande ce que les gardes vont faire quand ils verront que l'un des leur est mort, à moins que quelqu'un n'arrive à ouvrir les cages. Mais qui serait suffisamment habile pour le faire avec rien, voir seulement un couteau ? Et, dans un moment rare, Skronk ce met a réfléchir. En face de lui, dans la cage, l’autre est toujours en train de gesticuler. Sans trop savoir ce qu'il doit faire, Skronk lance dans la cage voisine la dague. Un grand sourire de soulagement apparaît sur son visage et une lueur d'espoir dans les yeux de Sabrane. En quelques secondes la porte de la cage s’ouvrit. Furtivement il réédita son exploit et ouvris celle de Skronk. La fête allait pouvoir commencer !


Thurim Vessiel

Nous nous étions simplement contenté de suivre Bianne, sans savoir qu'elle pourrait nous mener jusque dans les terres les plus reculées d'Islotanra si elle l'avait voulu. Elle ignorait aussi bien que nous dans quelle partie du globe nous pouvions bien nous situer en ce moment. Même moi qui connaissais plus en détail l'histoire de fa légion de la Manticore et les petits secrets de l'Académie, n'avais pas idée si ce lieu avait jamais existé sur aucune carte. Nous étions aux pieds, tel des nains face à un géant des montagnes, d'une imposante forteresse qui avait, semblait-il, résisté de façon irréelle aux affres du temps, du moins vu de l'extérieur. Au sommet de la plus haute des tours, la bannière de l'Académie, conjointe avec celle de la Manticore, flottait dans le vent léger qui soufflait sur cette terre souillée par leur présence. Nous devions dès à présent établir une stratégie afin de nous introduire sans éveiller le moindre soupçon. Délivrer nos compagnons était pour le moment la priorité absolue.
Bianne, Harkan et Farkas entreprirent de faire le tour des contreforts, pendant que Lhao et moi même nous nous camouflions du mieux que nous pouvions. Le plus dur fut de retenir l'ardeur du nécromant à plusieurs reprises, afin qu'il ne soit pas tenté d'aller lui même à ta rencontre des gardes que nous vîmes passer. Il valait mieux laisser sa magie impure s'en charger. Tous ceux que nous regardâmes passer furent tour à tour entraîner de force dans Je sol par des mains spectrales, d'autres réduits à l'état de poussière par une lumière bleutée venue de nulle part. D'autres encore vieillirent soudainement d'un siècle, ne laissant de leur corps plus que les os, tandis que certains gardes furent poussés, par un accès de rage subite, à se battre avec leurs camarades. Il s'écoula ainsi un moment, avant que nos trois autres compagnons ne nous rejoignent. Farkas nous apprit que, tandis que Bianne et Harkan avaient pris soin d'éliminer tous les soldats présents aux alentours, il avait découvert un tunnel praticable, passant par les douves. Devoir pénétrer à l'intérieur de la place forte par un si dégoûtant et étroit chemin me répugnait, mais c'était peut être le seul passage que l'on pouvait emprunter afin d'être le plus silencieux possible. Nous débouchâmes, après copieusement rampé dans cette fange liquide qui coulait dans ces tunnels, près d'une grille rouillée à hauteur de nos têtes. Les bruits sourds des bottes marchant sur la pierre nous indiquaient que nous devions nous trouver au dessus d'un couloir. Harkan estima rapidement que d'après le rapprochement des bottes, il devait y avoir quatre gardes, allant et venant régulièrement, mais cette précision m'était inutile. Grâce à ma détection des auras, je l'avais su depuis longtemps... Le tueur sortit alors une fiole d'une de ses sacoches. Elle contenait une petite quantité de poudre verdâtre. Il attendit ensuite le moment précis où les gardes se croisaient non loin de la grille. Il ouvrit sa fiole et la jeta au dessus. La poudre se changea instantanément en gaz une fois à l'air libre. Nous nous éloignâmes quelques peu afin de ne pas inhaler cette substance.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:59

Nous entendîmes alors le lourd fracas des armures et des armes lourdes tombant contre la pierre. Puis il n'y eut plus un seul bruit, nous pouvions désormais bouger la grille sans risque d'être repérés. Lhao se mit à observer les gardes qui s'étaient presque instantanément écroulés. Il remarqua que les yeux étaient exorbités et qu'un filet de sang en coulait.
- Qu'était-ce donc que ce gaz, messire assassin ?
- Cette mixture a nécessité de la glace faite par magie. Respirée, le sang se fige à l'intérieur des vaisseaux sanguins...
- Et la victime meure étouffée par son propre sang ! Très ingénieux...
- Lhao, nous ne devions pas nous attarder à cette endroit, veuillez vous relever ! dit sèchement
Bianne
Nous continuâmes notre chemin au travers des couloirs, à peine éclairés par quelques torches à moitié moisies. Nous écoutâmes attentivement toutes les conversations des gardes que nous évitions de croiser au détour de chaque couloir, dans l'espoir que cela nous épargnerait la peine de devoir fouiller toute fa forteresse pour trouver les cachots de nos compagnons. J'eus par moment le regret de reconnaître quelques visages familiers, de vieux collègues qui avaient suivis avec moi les enseignements de l'Académie.
Ainsi donc, il y avait définitivement un lien avec cette dernière, la Manticore, et cette chose que Yannoc avait appelée Horoth elk Moholddur. Mais quel était-il, ce lien ? Prononcer ce nom était-il vraiment aussi risqué que je le pensais ? Et pourquoi ? Qu’est-ce qu'il voulait dire ?!
Autant de questions dont les réponses pouvaient encore attendre, tant que nos amis seraient encore emprisonnés dans ce lieu sordide.

Tan-Klaroz

Tous ces gens tournant autour de moi qui hurlent diverses paroles et incantations...
Ils cherchent à trouver les huit compagnons... Ils n'ont qu'à chercher. Ils ne savent pas qu’ils sont devant eux, dans des cages.
Me voir sur ce trône, entravé(e) et exhibé(e) sous ma forme de femme me dégoûte. Je suis incapable de me libérer... Il ne me reste plus qu'à regarder devant moi, les yeux dans le vague. Dans la foule, je vois des femmes, des enfants et des hommes. Tous désirent sûrement ma mort. Pourquoi...
J'observe mes "compagnons" dans leurs cages. Len est toujours évanoui, Skronk regarde les lieux et Sabrane pleure, j'ignore pourquoi.
Je ferme les lieux, je n'en peux plus...
Skronk ! J'entends ses hurlements ! Il vient de foncer sur les mages et les assomme un par un. Len en tue avec ses dagues et Sabrane essaye de se frayer un chemin vers moi. Dans la panique, tout le monde se met à crier et a cavaler dans tous les sens. Certaines personnes se font écraser et les mages n'arrivent pas à contenir la peur générale.
« Ne bouge pas s'il te plaît !
C'est Sabrane qui, avec une dague, me libère de mes liens.
- Comment allons-nous faire pour fuir ? Dis-je.
- On n'a qu'à partir vers les souterrains, là-bas, me montre Sabrane. On trouvera sûrement nos armes sur le chemin. »
Je bondis au-dessus de la foule et atterris devant Len. Là, je lui indique le passage qui permet d'aller aux souterrains. Sabrane et Len attrapent Skronk, qui a bien du mal à se retenir de hurler comme un veau. Profitant du bazar qu’a créé notre évasion, nous nous dirigeons vers un couloir sombre, où les torches risquent à tous moments de s'éteindre.
J'essaye de repérer les gardes aux alentours.
Nous arrivons devant une immense porte en bois. Skronk fonce dedans mais la porte ne cède pas. Len tourne la poignée et la porte s'ouvre. Devant l'air ébahis du barbare, je souris. Après la porte, un long escalier qui descend si profondément que voir le fond nous est difficile. Mais à notre gauche, une salle d'armes attire mon attention. Je m'approche et découvre ma faux, suspendue parmi la hache, le bâton de Sabrane et plusieurs armes qui ne nous appartiennent pas. Skronk saisit sa hache et tournoie avec en riant. Len prends une mince épée en plus de ses dagues et Sabrane saisit son bâton. Il y a quelques armures mais nous n'avons pas le temps de les prendre. Je sens que les mages sont près de nous.
D'un geste vif, j'intime l'ordre de courir dans les escaliers.

Sabrane Hyle

Nous descendons les escaliers tellement vite que je me prends les pieds dans la robe de mage. Mais heureusement, comme j'étais en tête du groupe, je tombais sans déranger les autres. En me voyant en bas, étaler sur le sol, le barbare éclate de rire en disant :
« Toi devrais changer vêtements, pas pratique pour course. »
Je me relevais, et en voulant me laver la robe, je ne fis que la rendre trempée. Finalement, après l'avoir brûlée à divers endroit avec le sort de séchage, je laissais tomber et entrepris de détailler l'endroit où nous étions. C'était un long couloir, avoir une quinzaine de porte.
« Bon, dit messire Len, allons voir un peu s'il n'y a pas une sortie par ici. »
Je m'approchais d'une première porte, puis l'ouvrit pour voir un homme gras, s'approcher d'une autre homme enchaîner, avec une braise chaude tenu dans des pinces, et le lui poser sur les .... Je refermais brusquement la porte, en essayant de faire le moins de bruit possible.
-Qu'est ce qu'il y avait ? Me demanda Tan.
-Euh, rien, rien, répondis-je en me retenant de vomir pendant que j'ouvrais une porte d'où sortit un cri de femme, et que je m'excusais à cette femme.


Val Harkan

Trois gardes surveillaient l’entrée au donjon. Trois simples sentinelles. Rien de bien compliqué.
« Lhao, chuchotais-je, n’oubliez pas : en silence »

Le tueur eu un sourire sarcastique, s’assouplissant tranquillement les doigts. Hochant la tête, je fis un léger pas de coté et tirait ma dague de tibia. Un regard à l’assassin fut le signal.
D’un même élan, nous nous jetâmes sur les trois soudards. Le premier, au trois quart dos à moi, ne sut jamais ce qui l’avait tué. La longue et fine lame de ma dague alla directement chercher son cœur, tandis que ma main couvrait sa bouche. Un pas plus loin, Lhao attrapa les deux autres gardes surpris à la gorge. Sa prise ferme interdisant toute alerte, il enracina ses pieds sur le dallage du sol. Les sentinelles eurent de violents soubresauts et leurs yeux se révulsèrent. Après quelques secondes, Lhao relâcha deux cadavres, qui glissèrent mollement au sol. Jetant plusieurs coups d’œil le long de la coursive, je fis signe aux autres, qui nous rejoignirent.
« Nous devons faire vite » dis-je, en trainant les cadavres dans l’ombre de l’angle entre la coursive et du donjon.

Acquiesçant de la tête, le sorcier passa devant moi, déverrouillant la petite porte d’une caresse et d’un mot. Laissant les autres passer, je continuais de scruter les alentours. Que cette porte soit en retrait par rapport à la principale n’interdisait pas une mauvaise surprise. Ne voyant rien, je suivis le groupe. Une fois à l’intérieur, nous parcourûmes un long couloir. A chaque porte croisée, Vessiel apposait une main sur le battant, puis hochait négativement la tête, et nous continuions. Bientôt, nous arrivâmes devant deux escaliers. L’un montait, l’autre descendait.
- C’est une impression, ou ce bâtiment est bien plus grand qu’il n’y paraît ? S’étonna Farkas. On monte, ou on descend ?
- Généralement, les cachots et autres joyeusetés sont en bas, répondit Lhao.
- C’est vous l’habitué des prisons, lança Bianne en s’engageant dans l’escalier.

Nous descendîmes rapidement les marches. Nous arrivions aux derniers degrés, lorsque le son caractéristique d’une énorme cloche d’alerte me vrilla les oreilles. En un instant, trois autres cloches se mirent aussi à sonner, et des cris d’alertes retentirent.
- Auraient-ils trouvé les sentinelles ? Fis Vessiel en se figeant.
- Si c’est le cas, ils ont été rapides, répondis-je en passant devant lui. Nous n’avons plus de temps à perdre, maintenant.

D’un bond, je sautai la dizaine de marches restantes, me retrouvant devant deux portes aux énormes serrures, leur battant renforcés de barres d’aciers.
- Vessiel, lançai-je, sachant que ses sorts déverrouilleraient les portes bien plus vite que je ne pouvais les enfoncer.

Mais alors qu’il tendait la main vers la serrure, la porte trembla violemment. Le sorcier recula brusquement, au moment ou un poing énorme traversait le battant.
- C’est Skronk, avertit Bianne.
Le sorcier se plaça à côté de la porte, le long du mur, avant de tendre à nouveau la main. La serrure émit un claquement. Au même moment, Skronk frappa à nouveau. Privée de verrouillage, la porte s’ouvrit à la volée et s’arracha à moitié de ses gonds. Skronk surgit par l’ouverture, s’apprêtant à frapper. Sabrane, Arken et Tan-Klaroz Apparurent derrière lui.
- Attend, Skronk ! Cria Sabrane, ce sont nos amis !

Skronk se figea, et un sourire idiot étira ses lèvres.
- Pas le temps pour les retrouvailles, dis-je en tendant l’oreille. Nous devons filer !

Nous remontâmes l’escalier à toute vitesse, grimpant les marches trois par trois. Lorsque nous atteignîmes le rez-de chaussée, Lhao lança un juron. A l’autre bout du couloir, une vingtaine de garde courraient vers nous. Ils avaient donc effectivement trouvé les cadavres.
Des gardes chanceux. Génial.

Skronk rigola, levant sa hache.
- Pas le temps pour ça, lança Bianne. Passons par l’entrée principale. Nous les surprendrons peut-être.
- C’est peu probable, lança Vessiel, mais nous n’avons pas le choix. Montons, l’étage a sans aucun doute un second accès.

Nous prîmes donc le second escalier.
- Ca monte haut, remarqua Lhao. Si on se retrouve coincé à l’étage, on est fichus.
- Un peu d’optimisme, répliquai-je. La stratégie classique et presque maladive du voleur moyen est de se précipiter vers les sorties arrières. Comme dit Bianne, nous devrions les surprendre.

L’étage, composé simplement d’un long couloir flanqué d’une quinzaine de portes fermées, paraissait désert. Entendant la garde dans l’escalier, nous accélérâmes.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 20:59

- Pourvu qu’ils ne nous attendent pas en face, pria Sabrane.
- Cours, un point c’est tout, répliqua Arken.

Soudain, une impression familière m’arrêta net devant la cinquième porte. Remarquant mon arrêt, Farkas fit demi-tour.
- Qu’attends-tu ?
- Je… je dois voir ce qu’il y a là-dedans
- Quoi ?

Sans répondre, j’actionnais la poignée. La porte n’était pas verrouillée. A l’intérieur un mage, assis à un large bureau encombré de livre et de trois boites fermées, leva les yeux d’un parchemin. Ses yeux s’agrandirent, et il leva brusquement un bras. Aussi rapidement que je le pus, je tirais l’un de mes poinçon et le lançait. L’arme atteignit le mage à la gorge, qui vacilla. En trois pas, je fus devant lui et frappait de ma lame courbe.

-Bon sang, Riel’nal, qu’est-ce qui te prend ?
-Il y a une chose que je veux, ici, répliquai-je.

Farkas ouvrit la bouche, sans doute pour me demander quoi, mais un bruit de pas précipité le fit se retourner brusquement. Devant la porte, un garde freina, surpris. D’un geste brusque, Farkas ferma la porte, la verrouilla, et pesa dessus de tout son poids.
- Bon et maintenant que nous sommes coincé, lança-t-il d’un ton pressant, tu peux me dire ce que tu cherche ?

Sans relever, j’observais les trois boites en plomb. Passant la main par–dessus chacune d’elle, j’attendis. Celle de droite émit une légère lueur. Au plus profond de moi, je ressentis l’appel de la pierre de naissance. Je retirais aussitôt la main, la passait derrière mon cou, et détachait mon médaillon. Je le posai sur la boite, jetai un œil à la fenêtre à ma gauche, et revint vers Farkas. Des coups sourds résonnaient, m’informant que les gardes tentaient d’enfoncer la porte. Farkas, le visage fermé, soutenait de toutes ses forces la porte.
- Je prends ta place, dis-je. Ouvre la boite de droite sur le bureau, et met transfère en vitesse la pierre qui est dedans dans mon médaillon. Ne discute pas, je t’en prie, finis-je d’un ton sans réplique.

Après un regard acéré, il me céda la place. Pesant à mon tour sur le battant, je tentais de fermer tous mes sens à ce qui se passait derrière moi.
- C’est fait, m’informa Farkas, et maintenant ?
- Maintenant on file.
- Et par où ?

En guise de réponse, je m’écartai vivement du battant et courrait vers lui. Ne prenant pas garde au sinistre craquement derrière moi, j’empoignai mon ami à bras le corps, le soulevai, et sautai par la fenêtre. Avant même de commencer à chuter, je sortis mes griffes et positionnait Farkas pour qu’il s’accroche à moi. Il s’agrippa à mes épaules tandis que nous amorcions notre descente. Je plantai mes griffes dans la paroi.
Du granit ? Non !

Avec un juron, je m’agrippai tout de même, freinant notre chute. Mes griffes se fendirent et ma peau se déchira, m’arrachant un cri de douleur. Malgré mes efforts, je ne pus tenir. A peut près à mi-hauteur, je lâchai prise. Lâchant le premier juron que j’entendis sortir de sa bouche, Farkas se repositionna et planta sa dague dans le mur, le métal enchanté pénétrant profondément dans le mur de granit. Sa lame tint bon, mais notre poids finit par lui faire lâcher. Heureusement, il ne restait plus que deux ou trois coudée avant un toit, que nous heurtâmes, puis traversâmes. Un hennissement surpris nous accueillis quand notre chute se stoppa sur un sol de sable. Les écuries.
- Riel’nal, fis Farkas, le souffle cours, la prochaine fois que tu veux un caillou brillant, tu me le dit, j’ai quelques pierres précieuses en réserve. Et ca nous évitera ce genre d’acrobatie.
- Même quand le caillou en question peut aider à contrôle l’ensemble des créatures des forêts ? Rétorquai en examinant mes mains.

Il se releva et me tendit la main, le sourcil haussé.
-Et tu te promène avec ceci autour du cou ?

Je haussai les épaule et lui présentais ma main ensanglantée. Il me saisit le poignet et je fus debout.
- Je ne m’en sers pas comme ça. Ce qui m’inquiète, continuai-je, c’est comment ils se la sont procuré. On ne peut avoir ce genre de pierre que durant quelques secondes, au moment d’une naissance de loup. Et les loups ne laissent pas n’importe qui approcher en ces moments.
- Les humains sont parfois peu scrupuleux, fit simplement l’elfe. Nous devons retrouver les autres.

Un cheval hennit, et Farkas eut un sourire.
-On les emprunte ? proposais-je.

Il nous fallut peu de temps pour sortir neuf chevaux solides de leurs boxes et récupérer de quoi les équiper. Ne trouvant que quatre jeux de rênes, et sachant qu’une poursuite nous demanderais un bon contrôle sur les montures, nous décidâmes de ne prendre que quatre chevaux. Puis nous jetâmes un œil dans la cours.
Au milieu d’une cinquantaine de gardes de la manticore, nos amis tentaient d’atteindre la sortie. Jurant de dépit, je tendais les rênes à Farkas.
-Tiens les biens fermement, ils vont avoir peur.
- Peur ? De quoi ?
- De moi, répondis-je en retournant vers les boxes.

En vitesse, j’ouvris tous les boxes et me positionnait au fond des écuries. Inspirant à fond, je lâchai alors un grondement rauque, menaçant. Les oreilles des chevaux se dressèrent d’un coup. Au deuxième grondement – plus fort – ils frappaient le sol de leurs sabots. Au troisième, l’un deux sursauta violemment et se cabra. Au quatrième – un véritable rugissement d’attaque - ce fut la débandade. Les bêtes – une vingtaines de coursiers - sortirent en trombe de leur boxe et se ruèrent vers la cours dans un désordre monumental. Tout continuant de les affoler, je courais vers Farkas, lequel luttait pour empêcher nos nouvelles montures de suivre leurs semblables. Nous en enfourchâmes chacun un, et l’elfe saisit les rênes des deux autres. Nous suivîmes alors la charge involontaire des animaux paniqués, qui fonçaient vers la zone de combat.
Les guerriers de la manticore, pris de cours, se dispersèrent suffisamment pour que Farkas et moi puissions rejoindre notre groupe. En passant à côté d’eux, j’attrapai fermement le bras de Tan-Klaroz, que je hissai avec moi. Faisant preuve d’une agilité surprenante, Vessiel sauta en selle sur le troisième cheval et souleva ensuite Sabrane. Bianne monta avec Farkas, tandis qu’Arken grimpait en marche sur le dernier et aidait Lhao à faire de même. Skronk, qui courait après les gardes, vira brusquement et courut vers nous. Il nous dépassa et se dirigea vers la sortie, aussi rapide que nous. nous le suivîmes.
Aux portes toutes proches, un mur de pique se dressa. Arrivé avant nous, le barbare balança sa hache dans un formidable revers qui fracassa les armes et déstabilisa les gardes qui, un genou en terre, nous attendaient. Privés de leur défense, ils s’éparpillèrent. A la même seconde, Vessiel et Lhao levèrent chacun un bras – le sorcier vers la gauche et le tueur vers la droite – et incantèrent. Deux éclairs presque identiques allèrent frapper les hommes qui se précipitaient pour fermer la herse.
En passant les portes, je vis les sentinelles extérieures se mettre en place. Farkas leva sa lance, ouvrant d’un coup meurtrier le passage pour sa monture. Nous nous engouffrâmes derrière lui, et je senti la faux de Tan-Klaroz siffler à mes oreilles pour abattre un garde trop téméraire. Elle plongea alors la main sous mon manteau, décrocha mon arbalète de poing déjà chargée, l’arma et tira vers un homme resté en retrait, les bras levés. L’homme – manifestement un mage – s’écroula.
Repliant mon arbalète, Tan-Klaroz regarda derrière nous.
- Cela m’a l’air fini, dit-elle.



Chapitre 17 : la cérémonie.

Bianne :
Nous galopons sans nous arrêter, sans réfléchir, sans nous concerter. Sans plus chercher à savoir ce qui nous arrivera. Sans penser à rien, qu'à fuir, fuir loin de cette forteresse. Nous sommes à nouveaux dans une forêt à présent, mais quelle lugubre forêt. Les arbres y sont décharnés, défeuillés, squelettiques. Un vent froid souffle sur les roches, les faisant siffler comme des âmes en peine. Puissance des Céleste ! Mais dans quel coin d'Islotanra avons nous atterris ? Impossible d'y réfléchir, la nécessité est de mettre le plus de distance possible entre nous et nos poursuivant.
Len et Lhao ont fini par ramasser le barbare sur leur cheval. Harkan peine avec le sien. Ses mains blessées l’empêchent de guider les rennes. La notre peine sous le poids des deux cavaliers. Décidément, on ne tiendra pas longtemps à ce rythme.
- Messire Tedzek, soufflé-je difficilement, il vaudrait mieux pour nous changer de monture.

Il hoche la tête et fait bifurquer notre cavalcade hors du chemin. Les deux autres chevaux suivent par réflexe. Farkas tire sur les rennes et mets pied à terre.
- Renvoyez les chevaux sur la route, crie-t-il.
Je saisis les quatre montures par la bride et les ramène sur le chemin, tandis qu'il se transforme dans mon dos. Je n'ai même pas besoin d'effrayer les chevaux. Ils s'enfuient au triple galop dés qu'ils sentent la présence du dragon. Quand je rejoins les autres ils sont déjà tous montés sur le dos de notre ami métamorphosé. Je m'y installe avec eux, et nous décollons vers le ciel sombre. Au loin, pointe les lueurs de l'aube. A nos cotés, Tan-Klaroz est peu à peu en train de reprendre sa forme masculine. A son visage, je le devine soulagé. Il ne supporte pas sa forme nocturne. Je me glisse vers Harkan.
- Montrez-moi vos mains.
- Ca va, me répond-t-il abruptement, en évitant de croiser mon regard, ce qui arrange plutôt mes affaire.
- Ne faite pas le gamin, et montrez.
Avec une mine boudeuse, il tire ses mains de derrière son dos. Je les prends dans les mienne. Un frisson parcours malgré moi mon échine à ce contact. Je suis furieuse de me sentir ainsi. Je me compose un visage dur pour dissimuler mon trouble.
- Il faut décidément toujours que vous vous fassiez remarquer, Harkan.
Il ne réponds pas, tout aussi renfrogné que moi.
Je cherche la lumière en moi, l'appelle... Quelques instant mes paumes se mettent à irradier contre les sienne.
Ses plaies sont cicatrisées à présent. Je peux retirer mes mains. Je dois le faire. Je m'y attarde malgré moi. Lui ne fait rien pour m'éloigner. Je relève la tête. Nos regards se croisent. C'est alors que CA se réveille. Une aiguille de feu dans la poitrine. Je me redresse, paniquée.
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 21:00

- Non ! Non ! Ce n'est pas possible !
Je perds l'équilibre et manque de tomber du dos du dragon. Harkan me rattrape. Je me débats. Je dois fuir. Maintenant. Il est là. Il s'approche. Je le sens qui noue, de plus en plus solidement, le lien que je m'étais efforcée de défaire durant tout, ce temps.
- Lâchez moi ! Lâchez moi !
Je crie maintenant comme une folle. Les autres me regardent tous avec des yeux ronds. Il faudrait que je leur parle, que je leur dise... Je n'arrive pas à penser. Il n'y a plus rien d'autre que la terreur, et cette présence en moi, qui grandit, qui grandit.
- Farkas, hurle Thurim, il faut se poser, maintenant !
Ma vue se trouble. Je remarque à peine le changement de sol. Je suis couchée au sommet d'une montagne, mes amis son penchés sur moi, Farkas à repris sa forme Elfique. Va-t-en. S'il te plait. Va-t-en.
Sabrane s'est penché sur moi.
- Dame Bianne, s'il vous pliait, dites nous ce qu'il y a.
- Il... il arrive...
- Qui ?
Je n'ai pas le temps de répondre.
Ca éclate en moi, à présent. Il est là. Invisible. Il tire sur le lien qui nous lie, comme un pêcheur sur son hameçon. Je sens malgré moi l'extrémité de mes doigts qui commencent à se métamorphoser. Non ! Je dois garder ma forme humaine, coûte que coûte.
J'entoure Sabrane de mes bras et le serre contre moi, comme un naufragé à la plante du salut. Rester humaine. Surtout, rester humaine. Il ne peut rien tant que j'aurais ma forme humaine. Thurim a redressé la tête. Il a senti sa présence le premier. Mais tous doivent la sentir à présent. Il est beaucoup trop là. C'est intenable, ma forme humaine ne peut en supporter autant. Mais il faut que je tienne, il le faut.
Tu as été si longue à trouver, Nabnie Hata
Je ne réponds rien, et ferme mon cœur autant que je peux. Pouvoir de mes ancêtres Aegis, aidez moi à tenir.
Regarde ce que tu es devenue.
Dans mes bras, Sabrane s'est mis à trembler. Il jette des coups d'oeil à droite et à gauche pour essayer de comprendre d'ou viens la voix.
- Mon enfant
Deux mots. Une bouffée de colère. La délivrance. Avec soulagement, je peux enfin me redresser et l'affronter en face. Ma fureur est ma force.
- Je ne suis pas ton enfant, Eshiïl ! Je suis la Karnac d'Escarul, le peuple que tu as abandonné !
Un silence. Je tremble toujours, mais je sens la présence des autres autour de moi. Ca me rend assez forte pour lutter.
- Va-t-en ! Je ne te laisserais pas brûler mon humanité. C'est le seul héritage qui me reste encore de ma mère, je ne te laisserais pas me le pendre. Retourne parmi tes célestes !
Il se tait. Tous se taisent. Ils ne comprennent pas ce qui est en train de se passer, ni à qui je parle, ni de quoi je parle. Puis l'air se mets à frémir imperceptiblement. De multiples particules bleues et lumineuses se rassemble devant nous, prenne une forme... Je l'ai obligé à apparaître.
Eshiïl, mon père...


Thurim Vessiel
Il me semblait bien l'avoir entendu prononcer ce nom étrange une fois, une seule fois, pendant qu'elle se croyait sans doute hors de portée d'une oreille aussi indiscrète que la mienne. J'ignorais jusqu'à maintenant à quoi correspondait ce nom, mais la voix profonde venue de nulle part qui venait de parler venait de nous épargnez bon nombre d'explications tardives. Même s'il n'avait prononcé que simplement deux mots, tout devenait très clair : "Mon enfant". Ainsi, Bianne, ou plutôt Nabnie Hata, puisqu'il s'agissait de son vrai nom, avait renié les siens. C'était donc son père en personne qui daignait à présent nous rendre visite sur le plancher des vaches afin de réclamer sa descendance.
C'est alors qu'apparut devant nous une forme humaine, entourée d'un halo de lumière bleuté. Il était de grande taille, sa silhouette svelte. Son visage fin rappelait à s'y méprendre celui des elfes, tout comme la longue chevelure, blanche comme les neiges éternelles des montagnes orientales. Une fragilité extérieure qui cachait à merveille une puissance terrifiante à l'intérieur, peut être même cette force était-elle encore bien supérieur à celle, pourtant destructrice et démoniaque de Malk Shur. Lorsqu'il prenait la parole, ses lèvres ne bougeaient pas, comme s'il s'adressait à nous par la seule voie mentale, préférant ne pas user de sa salive immortelle avec les pauvres humains que nous étions.
« Humains, vous êtes en présence d'une force mille fois supérieure à la votre ! Nabnie Hata ! Rendez-moi immédiatement ma fille, ou vous serez détruits !
- Moi seule ai décidée d'accompagner ses gens, tu ne peux me forcer à rentrer parmi tes tiens, père ! Cria Bianne, qui s'était avancée vers lui.
- Tu veux dire, parmi les NOTRES, Nabnie Hata ! Tu es, et tu resteras une Céleste ! Je t'emmènerais avec moi par la force, si tu m'y obliges ! Mais je voudrais cependant que tu viennes avec moi de ton plein gré Je ne veux plus continuer à devoir te chercher, il est temps que tu reprennes le rôle que tu dois assumer. »
Il lui tendit une main, aussi maigre que le reste de son corps, en signe d'invitation. Bianne le refusa.
« Il est hors de question que je retourne parmi TON peuple ! Tu ne me feras jamais changer d'avis !
- Ces temps passés parmi les humains ont obscurci tes jugements, ma fille. C'est une gangrène qui s'est propagé dans tout ton être ! Je t'emmène avec moi, que tu le veuilles ou non, et je te libérerais de cette humanité qui a parasité ton esprit ! »
Le corps du Céleste se mit à s'illuminer, jusqu'à presque devenir aveuglant, se préparant sans doute à capturer Bianne. Mais alors qu'elle reculait, prise d'une certaine appréhension, nous nous interposâmes tous au milieu de ce conflit de famille. Même Sabrane eut le courage de se dresser face à cette toute puissance rayonnante.
Il se remit alors à nous parler mentalement, tout en concentrant sa force en vu d'une attaque.
« Ceci est mon dernier avertissement humains : écartez-vous de mon chemin et occupez vous de vos affaires mortelles, ou je vous détruirais sans aucune pitié !
- Bianne est une amie, nous ne nous vous laisserons pas l'emmener contre sa volonté ! Cria Harkan.
- La prophétie se doit d'être accomplie. Vous ne passerez pas ! Hurlai-je à mon tour.
Mais alors nous nous apprêtions à nous ruer tous ensemble sur notre ennemi, tout s'arrêta. Je sentis au plus profond de mon âme un grand malaise, correspondant à une immense montée en puissance. Les oiseaux ne turent, le vent qui soufflait sur les feuilles tomba, tous eurent leur souffle coupé et cessèrent de respirer. Au dessus de nos têtes, le tonnerre commença à gronder, de telle manière qu'on aurait cru à une tempête. Une pluie fine se mit à tomber, attirant même l'attention du Céleste. Personne n'eut un œil assez rapide pour le voir que plusieurs arbres autour de nous furent frappés par la foudre et prirent feu. Le ciel se devint littéralement un amas de lumière blanche et de bruits d'enfer, comme si tous les Dieux d'Islotanra avaient décidés en même temps de déchaîner leur fureur sur la terre afin de la rayer du Plan des Etoiles. Je ne m'en rendis pas compte tout de suite, mais c'était bien moi qui avais déclenché ce véritable holocauste céleste, qui, agissant sur les masses d'air au dessus de ma tête, avait créé, ces éclairs... Le Vent ! Je venais de découvrir un pouvoir que je ne contrôlais pas... Mais je pouvais toujours le guider.
- Ecartez vous, tous !!
Surpris, mes compagnons prirent mon ordre pour tel et s'écartèrent de moi.
- NIBELAR IRNA FIRRRILNA VALESTI
J'achevais de prononcer mon incantation qu'un coup de tonnerre, comme n’en serait capable produire Carbunckle seul, vint frapper de plein fouet l'angélique ennemi. Ne laissant qu'après dissipation, un cratère d'au moins vingt pieds de profondeur. Je me retournais vers mes amis, effarés.
- Tzal Valesti "le cachot des Dieux". Cela le maintiendra enfermé dans une prison hors du temps et de l'espace pendant un moment... mais il sera sous doute capable de s'en libérer. Il nous faut partir sans attendre !
Farkas Tedzek

Nous enfuir ! C'est vite dit ! On était près du sommet d'une montagne ! Et hors de question de me transformer à nouveau en dragon ! Le temps que j'effectue ma métamorphose et que tout le monde embarque, le "père" de Bianne se serait certainement libéré. Nous n'avions pas d'autre choix que de courir droit devant nous, essayant de mettre te plus de distance possible entre notre groupe et - comment l'avait-elle appelé déjà ?
Grâce à mon agilité naturelle, je me retrouvai rapidement en tête du groupe. Cherchant un endroit sûr, mon regard s'accrocha rapidement vers un petit groupe d'arbres accrochés comme par miracle à la roche. Ralentissant à peine, je me rapprochai pour mieux voir. Ces petits groupes d'arbres, d'apparence anodine, pouvaient cacher un passage que les elfes utilisaient pour les longs voyages. Peut-être que justement celui-ci... Oui !!!
« Venez par ici, criai-je aux autres. J'ai trouvé un moyen d'aller très loin d'ici.
Ces derniers mots attirèrent mes compagnons vers moi comme la lumière d'une torche attire les papillons de nuit.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Harkan.
- Un portail magique elfe qui permet les voyages sur de longues distances, expliquai-je.
- Et il mène où ? demanda Thurim.
- Je ne sais pas, répondis-je. Mais ces portails permettent de parcourir des centaines de lieues en un battement de cœur. »
Et sans hésiter, je plongeai dons le trou que cachaient les arbres... pour me retrouver dans une paisible forêt, non loin d'une petite clairière. Je me retournai et vit Bianne apparaître, suivit du reste du groupe. Skronk étant le dernier.
Nous nous regroupâmes dans la clairière avoisinante pour faire le point.
« Bon ! Et maintenant, que faisons-nous ? Demandais-je.
- La prophétie ! répondit Bianne. Il y a une cérémonie à faire pour que Tan-Klaroz...
Mais tout à coup, Skronk se mit à crier:
- Skronk se souvenir ! Skronk doit dire quelque chose d'important !
- Qu'est-ce qui lui prend ? demanda quelqu'un.
- Je lui ai lancé un sortilège pour améliorer la mémoire, répondit Sabrane.
- Et apparemment, ça a marché rétorqua Thurim. »
Skronk

Au beau milieu de la foret, Skronk est assailli par les souvenirs, plus rien autour de lui ne semble réel, par moment il se voit dans le désert, il y a si longtemps quand les oiseaux
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 21:00

chantaient encore, puis revient la foret silencieuse, tout le monde autour de lui atteint visiblement quelque chose. Skronk essai de faire de l'ordre dans ces idées, comme si une partie de son cerveau lui montrai quelque chose qu'il avait sous les yeux mais qu'il ce refusait à voir. La raison de son voyage, Anuzik l'a toujours mis en garde de ne pas oublier, mais c'était trop dur à garder. De toute façon, il avait ordre de ne le dire que au roi, mais maintenant que Skronk commence à se souvenir il ferait bien de le dire ici, à tous ceux qui l’écoutent, comme ça il aurait accompli une part de cette satanée mission et pourra retourner chez lui.
Ce sont les mots de l'oracle qui sort de la bouche de Skronk :
« Les huit se regrouperont sur la montage où ne pousse aucune plante, où le ciel et la terre se rejoignent, où la lumière et les ténèbres cohabitent, où la vie et la mort ne sont plus contraire, où Le feu et l'eau ont la même couleur, la contrée oubliée jadis appeler : "Aerestil Nothara". » Apres cette tirade, Skronk s'assit essouffler, comme si d'avoir dit tout ces mots soit fa plus grande épreuve qu'il n'est jamais eu à affronter.
Bianne

Un silence tombe dans la forêt. Nous sommes immobiles. C'est la première fois que nous entendons le barbare parler autant. J'ai entendu les mots, mais ils n’ont pas encore terminé de pénétrer mon âme. J'entends quelqu'un derrière moi murmurer : "Mais qu'est-ce qu'il a dit ?". Enfin, mon esprit intègre l'information. Aerestil Nothara. Voilà donc ce pourquoi il était là. Voilà donc, le rôle qu'il avait à jouer parmi nous !
Je m'approche du barbare et le secoue.
- Ce n'est pas tout ? Ca ne peut pas être tout ! Il y a forcément autre chose ! Où est-ce ? Comment y va-t-on ?
Il me regarde.
- C'est vraiment tout, Skronk ? Vraiment tout ce que contenait le message ?
Il me regarde avec des yeux vides. Il ne peut pas m'entendre, bien sûr... Mais il n'a rien de plus à dire.
Thurim s'approche, soucieux lui aussi.
- Amdesco netroth. Ce qui ne doit être prononcé qu'une fois. Ce message a été implanté en lui, et il ne peut plus le répéter. Cet homme a du être conditionné des années durant pour porter cette information et ne la dire qu'à qui de droit.
Je hoche la tête.
- Oui. C'est pour cela, sans doute, qu'il est ainsi aujourd'hui. Un esprit ordinaire ne résiste pas à ce traitement.
- Dites, intervient Len, nous aussi, nous aimerions comprendre.
Thurim se tourne vers les autres, tandis que je me penche sur Skronk qui, épuisé, s'est laissé tombé au sol.
- Aerestil Nothara. La porte du Ciel. Elle peut mener n'importe où dans l'univers. N'importe où. Même sur Kargor Dûm, la planète où dort, depuis des millénaires, le Dieu dont le nom ne doit pas être prononcé. Et notre ami barbare vient de nous livrer une description du lieu ou nous pourrons la trouver.
Les autres se taisent de nouveaux... Se regardent. L'elfe fixe Thurim droit dans les yeux.
- Tu ne crois pas ce que tu dis, Thurim. Un homme de science comme toi n'y croit pas.
- Jusqu'à ce matin, je ne croyais pas aux Célestes. Et jusqu'à quelque jour, je ne croyais pas aux prophéties. Mais puisque cette porte nous est livrée, elle doit exister.
- Une porte, répète Sabrane. Une porte qui mène sur l'astre ou vit le Dieu...
- Quelle idée d'habiter sur un astre, marmonne Len.
- Les Dieux ont toujours la folie des grandeurs, rétorque Harkan, sans joie.
Lhao s'est approché du barbare, toujours prostré.
- II savait ça depuis le début, et il nous a rien dit !
Je me redresse, bien décidée à éviter une altercation.
- Il nous a livré son message en temps et en heure. Maintenant laissez le. Il est épuisé. Vous voyez bien !
Lhao continue à regarder le barbare avec un regard mauvais.
Resté à l'écart, Tan-Klaroz s'est adossé à un arbre, serrant sa faux dans ses mains. Il est soucieux.
- Bianne. Il ne nous a rien dit.
- La description peut sembler vague, dis-je. Mais si elle nous a été livrée telle quelle c'est qu'elle est suffisante pour trouver l'endroit.
Le sourcil froncé, Harkan récite :
- "sur la montagne où ne pousse aucune plante, où le ciel et la terre se rejoignent, où la lumière et les ténèbres cohabitent, où la vie et la mort ne sont plus contraire, où le feu et l'eau on la même couleur" Sans vouloir vous offenser, ça veux dire tout et n'importe quoi.
Je perçois son sarcasme. Mais je perçois autre chose aussi. Quelqu'un vient de s'ouvrir à une émotion inconnue. Je le cherche du regard. Len. Len est devenu très pale.
- Dites... Vous allez rire... Mais je crois que je connais l'endroit en question...
- Comment ?
- Un souvenir qui me revient. Un souvenir d'avant mes six ans. Je n'en avais jamais eu. Je vivais près d'une montagne. Et puis la terre s'est mise à trembler. L’herbe a cessé de pousser. Il s'est mis à faire nuit et jour à la fois. Et une eau de la couleur du feu s'est mise à couler.
- Un volcan, marmonne Thurim.
- C'est cela. C'est notre porte. Dis-je, soudain très excitée. Len, vous sauriez retrouver l'endroit
- Si je retourne à la cascade ou on m'a trouvé... Je crois que oui. Je crois que je sauvais trouver... Le dessin se précise. Les pièces du puzzle se rassemblent. Je regarde Thurim, puis Farkas.
- Alors, fait Sabrane, quand le Dieu se réveillera, nous n'aurons qu'à rejoindre cette porte pour aller l'affronter ?
- Pourquoi attendre ? Lance soudain Thurim d'une voix forte. Pourquoi attendre qu'il se réveille. Nous le regardons tous, interloqués.
- Vous rigolez, fait Harkan.
Mais le visage du sorcier est plus grave que jamais.
- Pourquoi attendre qu'il se réveille ? Pourquoi ne pas allez au devant de lui tant qu'il est encore vulnérable ?
Je me sens traversé par la vague d'angoisse qui naît dans les huit cœurs qui m'entourent. C'est la chose la plus folle qu'on ait jamais dite, et pourtant.
- Nous réfléchirons, dis-je. Il y a plus urgent. La cérémonie qui doit réveiller en Tan-Klaroz de pouvoir de la race Georym. Je vais vous expliquer toute la procédure.

Val Harkan

Bianne entrepris de nous expliquer ce « rituel ». Personnellement je n'avais jamais prisé les cérémonies religieuses, et j'écoutais d'une oreille quelque peu distraite. Je retins donc uniquement les grandes lignes Nous devions nous mettre en cercle autour de Tan-Klaroz, chacun placé devant un objet ou un être représentatif de notre pouvoir, puis, répéter chacun notre tour une formule en faisant en même temps usage de notre nouvelle capacité. Nous nous exécutâmes donc. Tan-Klaroz se plaça au centre la prairie tandis que nous cherchions les choses ou être précédemment citées. Le plus facile fut pour Farkas et Vessiel. Ils n'eurent qu'à se mettre à leur place, vu que la terre et l'air étaient omniprésents. Sabrane voulu faire apparaître un animal qui ainsi pourrait représenter la vie, mais il ne réussit qu'a se changer en chien, ce qui détendit un peu l'atmosphère. Vessiel lui redonna sa forme humaine et lui conseilla d'un ton patient.
- Voyons Hyle, il vous suffit de prendre une branche d'arbre encore verte.
Le barbare posa quelques difficultés. Il ne paraissait pas comprendre ce que l'on attendait de lui. Il répéta plusieurs fois « Skronk pas comprendre » de sa grosse voix, jusqu'à ce que Bianne se penche vers le sorcier.
- Thurim, lui chuchota t'elle. Pourriez-vous lui implanter une injonction à apporter de l'eau et à user de son pouvoir au bon moment ?
- Ca doit être faisable, répondit-il.
Il prononça une formule en levant la main. Le barbare cligna plusieurs fois des yeux, puis s'éloigna dans les broussailles à grand pas.
- Où va-t-il ? Demanda Sabrane.
- Hé bien il va chercher de l'eau, répondit le sorcier.
- Vous n'auriez pas pus tout simplement lui dire de la prendre dans nos gourdes ? Remarquai-je d'une voix sarcastique. Ca aurait pris moins de temps vu que le premier court d'eau est à un quart de lieue.
Vessiel me jeta un regard noir et je tournais les talons. Je sortis de ma sacoche rouge deux petits silex et une mèche d'amadou, puis j'entrepris de faire du feu. Ce fut au tour du sorcier d'être sarcastique.
- C'est tout de suite plus difficile sans glycérine n'est-ce pas ?
- C'est sûr. Tiens pendant que j'y pense, vous m'en devez une fiole.
- Quoi ? dit-il incrédule.
- Souvenez-vous : ma réserve a finit dans la gueule de votre démon.
- Mon démon ? Répéta-t-il estomaqué.
- Ca suffit, intervint Bianne, l'heure n'est pas aux enfantillages.
Je souris et repris mon activité. La mèche pris très vite, ainsi que le bois et les bûches que j'entassai. J'eu bientôt un véritable feu de joie à moins d'un mètre de moi. Je jetai un regard alentour. La nuit tomba, fournissant à Len Arken son élément. Bianne émettait d'elle-même une légère lueur. Le cercle était presque complet, il ne manquait plus que le barbare. Nous l'attendîmes, patiemment. Il arriva au bout d'un quart d'heure, visiblement essoufflé. Alors la cérémonie commença.
Bianne fut la première. Elle fit monter, puis tourbillonner la lumière autour d'elle, tout en déclamant :
- Lumière, je t'ai portée. A présent lumière, je te donne.
De la lumière pure sortit alors de son corps, forma un ange, et s'éleva au dessus du cercle. Nous nous regardâmes, et Vessiel pris la parole. Il fit souffler le vent, formant une petite tornade devant lui, puis prononça.
- Air, je t'ai porté. A présent, air, je te donne.
La tornade prit la forme d'un sage portant un bâton identique à celui du sorcier et s'éleva au même niveau que l'ange de lumière. Suivant le cercle, ce fut autour de Len, qui condensa dans ses mains une sphère d'ombre. Lorsqu'il eut prononcé la formule, l'ombre prit l'apparence d'un humain ayant des dagues au lieu de mains avant de rejoindre les deux autres. Cela continua. Sabrane, prit le rameau dans ses mains, puis donna vie à une petite fleur. Son pouvoir devint un enfant tenant un bâton de mage, puis monta. Farkas modela la terre, puis son pourvoir, prenant la forme d'un elfe, rejoignit les précèdent. Enfin, Lhao tua un insecte, en prononçant la formule. Nous eûmes quelques inquiétudes pour le barbare, mais il exécuta le rituel de façon mécanique. Un petit barbare d'eau s'éleva donc au dessus du cercle. Ce fut mon tour. Je plongeai la main dans le feu, et essaya d'en absorber une partie. Rien ne se passa. J'essayais a nouveau, mais sans plus de résultat. Le feu ne me brûlait pas, mais je n'arrivai pas à l'absorber. Les autres me regardèrent sans comprendre.
- Bizarre, observa Vessiel, vous l'avez pourtant déjà fait.
- Oui, répondis-je d'un ton las, comprenant le problème, mais à ce moment je n'étais pas le même.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 21:00

Bianne et Vessiel accusèrent le coup.
- De quoi parle tu Riel'nal ? Me demanda Farkas.
- Je ne suis qu'à moitié humain Farkas. Et lorsque j'ai utilisé mon pouvoir, j'étais sous ma forme....animale.
Il eut un recul, mais compris à son tour.
- Et il est hors de question que je me transforme ici, ajoutai-je.
-Vous pourriez laisser remonter votre coté animal tout en gardant le contrôle et une apparence humaine ? demanda Vessiel.
- Sans doute. Je le fais à chaque fois que je vais chasser.
Je fermai les yeux, utilisant la même technique que pour faire pousser mes griffes. Mais cette fois ce n'était pas mes griffes qui devaient changer. C'était mon esprit, ma façon de penser. Au bout d'une minute, j'ouvris les yeux. La nuit, qui était jusqu'alors sombre, me parut presque lumineuse. Une profusion d'odeur me parvinrent, et je du me retenir de ne pas m'élancer dans les sous-bois. J'eu du mal à approcher ma main des flammes. Le loup a, par instinct, peur du feu. Je finis par plonger ma main. Le feu remonta alors le long de mon bras, et j'articulai la formule d'une voix grondante. Du feu s'échappa alors de mon corps, prenant la forme d'un loup, puis alla rejoindre les autres.
- Et maintenant, fit Bianne, on répète tous la formule ensemble.
Nous contâmes jusqu'à trois et prononçâmes les mots ensemble. Les huit pouvoirs convergèrent alors vers Tan-Klaroz qui se mit à briller de manière indescriptible.
- C'est fait, murmura Bianne
Tan-Klaroz

Tous les éléments tournent autour de moi en se mêlant. Puis soudain, ils de divisent à nouveau et plongent dans ma poitrine. L'énergie coule en moi. Chaque partie de moi, chaque particule de mon âme est imprégnée de ce pouvoir. Je sens que je me soulève de terre. Une lumière étincelante sort de mon corps et irradie l'espace. Je ferme les yeux et étends mes bras.
La lumière s'éteint et la nuit reprend ses droits. Je me laisse tomber à terre et regarde mes "compagnons". Ils ont tous l'air fatigués. Lhao, Skronk et Sabrane s'écroulent littéralement par terre. Les autres sont debout et me regardent d'un drôle d'air. Je leur rends leurs regards avant de tourner les talons et m'éloigner d'eux.
Arrivé(e) devant un immense chêne, je m'arrête et m'assoie, dos au tronc. Je me sens étrangement bizarre, et en même temps puissant(e)...
Je sens toujours cette énergie en moi. Elle coule dans mes veines et me donne l'impression de vouloir s'échapper à tout moment.
J'ai mal au cœur, je le sens lourd... lourd. Comme si ce pouvoir était trop dur à porter pour moi. Comme si je n'aurais pas dû l'avoir...
Et au juste... Pourquoi est-ce à moi d'être l'Elu(e) ? Pourquoi pas un autre ? J'ai affronté beaucoup trop d'épreuves jusqu'à maintenant. Et désormais je dois me battre encore une fois... contre un Dieu !!! Comme si je n'avais pas assez souffert !!!
Je balance une pierre le plus loin possible. J'hurle de rage et de peine, un hurlement qui secoue la forêt de toutes parts :
« POURQUOI MOI ?! »
Je prends ma tête entre mes mains et me crispe. J'en peux plus...
Une main se pose sur mon épaule et une voix profonde se répercute aux alentours
« C'est maintenant que tu pleures ?
Lhao ! L'Elfe noir ! Il est derrière moi avec une expression grave qui ne lui ressemble pas. J'enlève sa main de mon épaule.
- Laisse-moi tranquille s'il te plait...
Pour toute réplique, il s'assoit à côté de moi et soupire.
- Les autres n'arrêtent pas avec leurs histoires ! Ca commence à me plomber. Il prend un de ses genoux et le colle contre lui. Tout d'un coup, je n'ai pas envie qu'il parte. Lui aussi est "héros malgré lui".
- Je ne comprends pas pourquoi ils me mettent à l'écart ! J'suis comme eux pourtant !
- C'est vrai, et en plus... Tu as un pouvoir très puissant ! La Mort !
Sous l'impact de ma phrase, Lhao tourne la tête vers moi.
- Tu trouves ? Tu sais pourquoi on m'a donné ce pouvoir toi ?
- Peut-être, je commence. Peut-être parce que tu es un Nécromancien ! Ou alors parce que tu as dû tuer beaucoup de personnes...
- Oui... J'ai tué beaucoup de gens. Des femmes, des hommes, des enfants... énonce t-il.
- Toi aussi ? Moi j'ai décimé mon village d'enfance. J'ai même tué ma mère... Cette fois, Lhao me regarde dans les yeux. Il garde le silence, il cherche peut-être quelque chose en moi.
- ... Le pire, je continue. C'est que je les ai tué sans le vouloir vraiment... par pulsion de désespoir...
- Moi je tue par plaisir. J'aime voir les cadavres autour de moi. Entendre mes victimes agoniser et sentir l'odeur du sang. Tu sais... Tu as tué, tu as tué. On ne peut pas remonter dans le temps. Il faut accepter ce qu'on a fait dans le passé et profiter du présent !
Il parle, il parle... Ces paroles me font du bien. Oui, il faut que j'accepte mes actions passées pour ne pas les refaire... Je sers ma faux et souris.
- Merci Lhao... »
Il écarquille les yeux. C'est peut-être la première fois qu'on lui dit "merci". Il sourit à son tour. Je voudrais lui poser une question qui me travaille depuis la discussion que j'ai eu avec Sabrane sur le clocher de Namur.
« J'ai une question... Sais-tu ce que c'est qu'aimer ?
Lhao ouvre grand les yeux et ouvre un peu la bouche. Puis, il reprends son air normal et ajoute :
- Non, ch' ais pas. Demande-le à Bianne. C'est un "ange" elle doit bien le savoir ce genre de trucs.
- D'accord. Encore merci Lhao. "
Je me lève et m'éloigne, je reprends le chemin vers la plaine et cherche Bianne des yeux. Je la trouve et lui prend le bras :
« Bianne... Peux-tu venir parler avec moi deux minutes ? »
Elle hoche la tête, assez étonnée puis me suis vers un coin tranquille.
Bianne

Je le suis... Ou la suis, puisqu'on est en pleine nuit... Non, je LE suis, puisque c'est ce qu'il préfère, être homme, plutôt que femme... C'est tout de même perturbant, cette silhouette svelte et féminine qui se profile entre les arbres devant moi. Sa faux à la main, et cette aura particulière, émanant toujours de lui depuis la cérémonie, il ressemble à quelque déesse de ta vengeance.
« Nous sommes assez loin, Tan-Klaroz, dis-je d'une voix douce. Pose-moi ta question.
- Que dois-je faire à présent ? Affronter ce Dieu dont je n'ai jamais entendu parler jusqu'à il y a quelque jour. Sauver un monde qui n'a jamais voulu de moi.
- Oui, c'est ce que tu dois faire. Et plus encore, car avant de détruire le Dieu, il faut que tu te rattache aux races qu'il a créé, pour les empêcher de disparaître avec lui.
- Et comment dois-je faire ?
- Tu n'as rien à faire. Il faut juste que du plus profond de ton cœur tu désires voir ce monde survivre. Les elfes avant tout. C'est eux qui risquent le plus.
- Les elfes... Ceux qui nous ont chassés de leur ville ? Tu veux que je désire les sauver du plus profond de mon cœur. Bianne, comment pourrais-je ? Je ne sais même pas comment vous aimer, vous, qui êtes mes compagnons, qui me protégez. Et tu voudrais que, du plus profond de mon cœur, je désire la survivance d'inconnus qui ne m'ont fait que du mal. Nabnie Hata, je ne me sens pas capable d'accomplir cette tâche. Je n'en ai ni la force ni l'âme. Pourquoi a-t-il fallu que je le fasse, moi, qui suis incapable d'aimer ?
- Il fallait que ce soit toi. J'ignore pourquoi. J'ignore même à quoi il peut servir que tu sois homme et femme en même temps. Mais si la race Georym se réveille en toi, c'est parce qu'elle ne pouvait pas se réveiller en quelqu'un d'autre.
- Mais je ne sais pas aimer, Bianne. Je ne peux pas aimer les elfes. Ils disparaîtront, parce que mon cœur est paralysé.
- Non, il ne peut pas l'être. Sinon, tu ne te donnerais pas tant de mal pour le faire taire. Tout est déjà en toi, Tan-Klaroz, la compassion, l'amour... Mais ce sont des sentiments trop lourds pour toi, qui a déjà tant à porté, alors tu te dérobes à eux, tu refuses de les écouter. Ils t'effraient. Mais tu n'as pas à les craindre. Tout était prévu depuis des siècles, et tout ce qui est en toi a une raison d'être.
Il se tait, essaye de réfléchir. La lune tombe à travers les branchages, éclairant son visage de femme... Comme il parait fragile...
- Bianne, qu'est-ce exactement, qu'aimer ?
Je soupire, émet un rire fatigué...
- Il y a autant de façon d'aimer que d'être sur terre. Comment pourrais-je te répondre ?
- Réponds-moi, s'il te plait.
- L'amour prend bien des formes. Il s'empare de toi quand tu ne l'attends plus. Il te fait regarder un être comme si soudain, il était devenu le centre de tous les univers. Tu le vois auréolé d'une lumière qui n'entoure pas les autres. Ou alors il dort en toi, longtemps, et te murmure imperceptiblement à l'oreille, "Lui, lui, c'est lui qu'il faut regarder, c'est lui et aucun autre" et peu à peu, tu dois te rendre à l'évidence. Mais il y a des constantes. Quand tu aimes, la présence de cet être devient aussi importante que l'air et l'eau. Le fait qu'il existe, ça se mets à compter, le fait qu'il continue à exister, ça devient primordial, et le fait qu'il sache que tu existes, même en mal, c'est plus qu'une nécessité. Et il ne faut chercher ni à juger, ni à comprendre. C'est un élan qui part de toi, malgré toi, spontané, irréfléchis, et ni la raison, ni la volonté n'y ont à voir. Mais il ne faut pas chercher à le retenir. Souvent, l'autre se montre décevant, cruel, il profite. C'est dangereux d'aimer. Mais il ne faut pas se retenir. Car si tu te retiens, ton cœur dépérira, et tu ne sauras plus vivre.
Tan-Klaroz se tait et médite. Je sais qu'il doit chercher en lui. Il y a trop longtemps qu'il a fait taire tout ce qui pouvait le mener à cela, qu'il s'en défend. Je sais qu'il ne peut pas effacer, en quelque minute, des années de silence et de peur.
- Tu sauras, Tan-Klaroz. J'ai confiance en toi.
- Et si je ne sais pas ? Farkas et Lhao disparaîtrons ? Avec toute la race Elfe ?
- Tu sauras.
Je pose la main sur son épaule. Juste la main. Tan-Klaroz n'est pas le genre de personne qu'on peut étreindre juste pour le rassurer. Et je reste ainsi, le temps qu'il réfléchit. J'évite de le regarder. Je sais qu'il a honte de cette forme nocturne. Pourtant, c'est une très belle femme...
- De quoi parlaient les autres, avant que je vienne te chercher ?
- De l'idée de Thurim. Allons-nous oui ou non aller au devant du Dieu avant qu'il se réveille.
- Et qu'avez vous conclut ?
- Sabrane nous a tous mis d'accord, en faisant remarquer, très justement, que la décision ne pouvait revenir qu'à toi seul.
Il se tait de nouveau. Puis se lève.
- Alors, partons. Maintenant. Allons à la recherche du Volcan de Len.
- Tu es sûr ?
- Vraiment sûr. Je ne peux pas rester ainsi immobile.
- Alors, je vais vous transporter, dis-je. Mon père sentira ma présence, mais il ne nous suivra pas, là ou nous allons.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 21:00

- Soit. Mais partons vite. »
Il ramasse sa faux, et reviens vers les autre. Je trouve le groupe anormalement silencieux, respectueux. C'est comme si la cérémonie avait changé nos rapports. Jusqu'à présent, nous étions mage, sorcier, chasseuse de prime... Maintenant nous sommes bel et bien les huit compagnons de l'Elu(e).
Je me tourne vers Len, tandis que Tan-Klaroz informe les autres de sa décision.
« J'ignore où nous allons. Il va falloir que vous me guidiez. Essayez de vous concentrer sur vos souvenirs.
-Bien. »
Ils se rassemblent autour de moi, tandis que je me transforme. Je les emporte sur mes ailes, loin, loin, vers l'inconnu.

Chapitre 18 : envol vers une étoile.

Thurim Vessiel

Le voyage fut extrêmement court, pendant quelques minutes, j'avais une nouvelle fois cette sensation de flotter hors du temps, alors que mes yeux étaient aveuglés en permanence par une intense lumière blanche. Lorsqu'elle fut passée, nous étions dans une grande clairière au milieu d'une épaisse forêt de pins, juste au pied d’une montagne noire. Contre l'immense paroi, se déversait dans un grand bruit, pourtant apaisant, une magnifique cascade dont la source provenait d'une cassure, ressemblant à une cicatrice, dans la montagne. Le barbare s'approcha de la dite cascade et passa sa main sous l'eau. Elle n'était pas glacée, mais tiède. Cela signifiait que cette montagne devait être en fait le volcan éteint dont avait parlé Len Arken. Ce dernier regardait avec une certaine nostalgie le haut de la cascade. Personne ne pouvait savoir ce qui était en train de se passer dans sa tête dans un tel moment. Son visage ne laissait transparaître ni joie, ni tristesse, alors qu'il contemplait le lieu où il avait réellement pris vie, lorsque ses parents l'avaient trouvé. Voyant qu’il ne décrocherait pas facilement son regard de cette vision du passé, Lhao vint l'interrompre.
« Loin de moi l'idée de vous tirer de vos rêveries, Arken, mais nous avons un artefact à trouver !
- Oui, je sais... dit-il, sans pour autant baisser la tête.
Il se rendit rapidement compte qu'il n'était pas seul. Ne pouvant pas s'attarder sur ses souvenirs, il se positionna en tête de notre groupe et dis simplement :
- Suivez moi, ça n'est pas très loin ! »
Nous nous engageâmes alors sur des pentes escarpées. Elles étaient aussi fort accidentées, des roches volcaniques et de vieux bouts de bois calcinés traînaient encore ça et là. Si le volcan était inactif à présent, il n'avait pas du l'être depuis longtemps. Nous montions, mais nous discutions tout de même malgré l'effort que nous devions fournir. Je me rapprochais un moment de Len Arken
« Si vous dites que le chemin vous ait revenu d'après vos lointains souvenirs, comment ce fait-il que vous ayez exploré un endroit aussi dangereux pendant votre enfance ?
Il mit un temps à répondre, ne se rappelant sans doute pas encore de la réponse exacte.
- J'ai connu une fois ce volcan en éruption, pendant que mes parents à moi passions à travers cette forêt afin de rapidement rejoindre la ville la plus proche. Mais nous n'aurions jamais été assez rapides pour nous enfuir dans mort certaine. La seule solution était de trouver un refuge à l'intérieur même de la montagne. J'étais un enfant, j'avais l'impression d'avoir fait énormément de chemin alors que mes parents me portaient dans leur bras sous un nuage de cendre. Nous avons eu de la chance et sommes tombés par hasard sur une sorte de grotte où nous avons pu échapper à la coulée. Nous avons été assez profondément à l'intérieur pour nous protéger, j'espère en effet qu'elle nous mènera à notre but.
- Que vous est-il arrivé ensuite !
Il se tut, mais je voulus insister.
- Que vous est-il arrivé ? Répétais-je. »
Mais Farkas posa une main sur mon épaule, me disant clairement de ne pas chercher à faire remonter des souvenirs douloureux.
Au bout d'une bonne demi-heure de marche, nous étions parvenu à un plus large plateau. Sans doute le destin avait-il voulu que cela ne soit pas un hasard, nous étions arrivé à une entrée béante dans la montagne d'où sortait un grand cours d'eau qui finissait en cascade au bord du plateau. Ceux d'entre nous qui pouvaient se diriger dans le noir prirent la tête du groupe, guidant nos compagnons dans cette obscurité qui paraissait sans fond. Nous entrâmes tous ensemble.
Sabrane Hyle

Nous étions entrés dans la fissure, les uns derrière les autres. Je me sentais bien, même après avoir renoncé è mon pouvoir de la vie, sans doute de savoir que je fais partis d'une prophétie. Depuis que je savais cette information, je m’étais mis à considérer avec respect tout mes compagnons, même le nécromancien. Il ne devait pas être si mauvais, puisqu'il faisait partie d'une prophétie pour la sauvegarde du monde. Il faisait sensiblement plus chaud dans le volcan, pour ne pas dire, étouffant.
« Bon, dit dame Bianne, allons-y.
- Euh, fis-je, que cherchons nous en fait ?
-Quelque chose d'insolite.
-Comme une tour ? Fis Tan.
- Oui, comme une tour, répondit-elle, pourquoi ?
- Il y en a une un peu plus bas.
Nous nous précipitions tous près du rebord. En contrebas, après plusieurs grosses pierres superposées comme un escalier géant naturel, ce trouvait une tour en granit noir, qui était à cent mètres du bord d'un lac de lave.
- Bon, et bien, fit messire Thurim, allons-y. »
Après quelques minutes de saut de pierre en pierre, et quelque écorchure pour moi, nous nous trouvions finalement devant ladite tour.
« Elle n'est pas bien grande, fis-je.
-C'est sans doute pour ne pas attirer, répondit dame Bianne.
-C'est vrai que ça ne se remarque pas facilement, une tour dans un volcan, répondit sarcastiquement messire Val. »
Nous arrivions devant la porte, et je toquais pour qu'on vienne nous ouvrir. Après une minute de visage consternés par ma « bêtise flagrante » comme dis messire Tedzek, Skronk ouvrit difficilement l'énorme porte. Ce que je vis à l'intérieur m'étonna. Il y avait une sorte de porte ronde, posée en plein milieu d'un cercle déterminé par huit points. Chacun des points était recouvert d'un dessin, tous différent. C’était sûrement des dessins représentant nos pouvoirs. Il y avait un dessin bleu avec 3 vaguelettes en argent pour l'eau, un dessins brun avec un petit tas noir pour la terre, un dessin rouge avec une flamme en trait noir avec du jaune et du rouge dedans pour le feu, un dessin couleur d'argent avec 3 lignes en noir avec le bout recourbé pour le vent, un dessin blanc pour la lumière, un dessin noir pour les ténèbres, un dessin noir avec un crâne en argent pour la mort et un dessin vert avec une feuille tracé par du noir pour la vie. Nous étions tous en extase devant ce spectacle de dessins, quand Tan dit ;
-Bon, on fait quoi maintenant ?
Val Harkan :

Cette tour me donnait froid dans le dos. Je n'ai jamais aimé les endroits clos et, de plus, celui-ci empestait la putréfaction. Nous nous approchâmes de la porte située au centre. Je remarquai que le sol autour de cet immense anneau était couvert d'inscriptions, ainsi que les murs de la tour. Je m’agenouillait, et examinait les pictogrammes. Au bout de trois secondes, je secouais la tête.
« Cette langue ne me dit rien. Je n'ai jamais vu ce genre d’inscriptions. Et vous ? Continuai-je en me tournant vers Farkas et Bianne.
Après avoir regardé le sol, Farkas eut la même réaction. Bianne, par contre, fronça les sourcils et continua de les observer.
- C'est de l'ancien aegis, murmura telle pensivement. D'après ce que j'arrive à lire, ça raconte ce qui s'est passé lors de la guerre. L'apparition du dieu et cetera.
Elle sembla alors se concentrer d'avantage. Derrière nous, je vis le barbare s'approcher de la porte, et s'arc-bouter dessus. Elle ne bougea pas d'un millimètre. Soudain la voix haute et claire de Bianne s'éleva.
- Ca dit: "J'ouvre à vos mains tendues, j'ouvre à vous qui êtes un en étant plusieurs."
- C’est plutôt clair, remarquai-je. C'est rare de la part de prophètes.
- Vous appelez ça clair, rétorqua Lhao.
- Bien sûr, insistai-je, adoptant exprès un ton hautain. Ca dit qu'on doit tous toucher la porte en même temps pour qu'elle s'ouvre.
Il me fusilla du regard. Vessiel poussa un soupir las, et marcha vers la porte.
- Et bien allons-y, dit-il simplement.
Nous nous rassemblâmes, et Bianne compta.
- Un, deux, trois. »
Nous posâmes alors tous la main sur la porte, qui émit un craquement titanesque. Nous reculâmes d'un même pas, alors que le disque qu'était la porte basculait sur la droite, laissant passer une lumière aveuglante.
L'astre, prononça Bianne. Nous y sommes.
Tan-Klaroz :

L'astre... Nous y sommes donc...
La lumière aveuglante disparaît pour laisser place aux ténèbres, aux véritables ténèbres. Sombres, profondes et infinies.
Nous ne voyons absolument rien. Même Lhao et Farkas ne perçoivent rien. Je vois mes "compagnons" et eux me voient. Mais nous ne voyons pas où nous sommes et ce qu'il y a autour de nous.
Bianne fait de la lumière tout comme Thurim mais rien... Tout reste infiniment noir. Ils sont tous étonnés mais moi je viens de comprendre. Je m'avance et hurle de ma voix de femme : "HOROTH ELK MOHOLDUR !!! "
Les ténèbres s'illuminent soudain et nous découvrons le vrai visage de l'astre. Nous sommes sur comme une plaque de glace ou un miroir. Nous voyons notre "vrai" reflet. Le reflet de Thurim est celui d'un vieillard, celui de Bianne est sa forme d'ange et de Val Harkan un homme loup. Je regarde mon reflet et m'agenouille sur cette surface lisse. C'est moi mais sous ma forme d'homme... Je colle ma main sur le sol et mon reflet de même. Oui, c'est bien mon reflet. Je me relève et reprends mon observation des alentours. A part ce sol étrange, il n'y a qu'une étrange brume qui se meut gracieusement. Mais nous nous trouvons dans une... crypte gigantesque où ne l'on ne voit pas les "murs". Seulement un seul où un passage est creusé. J'avance et y pénètre suivis de Lhao et Thurim... Puis enfin de tout le groupe...
Thurim Vessiel :

Nous nous enfoncions lentement, mais avec courage dans cet immense gouffre. J'avais beau me dire que Tan-Klaroz tenait maintenant entre ses mains nos destinées et celles d'Islotanra tout entier, j'avais peur. Oui, j'avais vraiment peur. Une seule personne, même si elle avait reçue tout les pouvoirs qui c'était déclaré en nous, avait-elle la moindre chance de l'emporter contre une créature qui avait été définie dans la prophétie comme un Dieu, qui plus est, sur lequel nous n'avions aucune information précise ? Je ne pouvais m'empêcher de me poser la question tandis que nous nous avancions encore plus profondément dans sa tanière dans laquelle nous ne pouvions pas voir à plus de cinq mètres devant nous, ni avec l'aide de mon bâton, ni à l'aide des visions perçantes de mes compagnons
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 21:01

Nous nous mîmes chacun à respirer avec grand bruit, l'air était oppressant, malsain, chargé de Divin maléfice. Une sensation de peur plus ou moins intense nous saisit tous. Tan-Klaroz était le seul à ne pas éprouver de peur, mais il était extrêmement méfiant, il devait absolument se concentrer sur son futur combat. Sabrane tremblait, se rapprochons de Bianne qui voulait paraître forte, bien que je pouvais sentir la fragilité de son aura. Harkan, lui était insaisissable, dissimulant sans doute son appréhension derrière son instinct d'homme loup. Len Arken et Farkas était à l'affût du moindre bruit suspect, dissimulant également leur peur derrière leur vigilance. Quand au barbare, il ne parût pas dégager la moindre frayeur... mais se doutait-il seulement de ce qui l'attendait ici ?
Depuis plus de quarante minutes, nous pataugions dans une espèce de boue liquide verdâtre, plus semblable à cette substance que laissent derrière elles les limaces. L'air devenait malsain, une légère brume se formait au fur et à mesure que nous avancions, elle apportait avec elle une odeur pestilentielle venait des profondeurs de cette abîme. Il me semblait parfois entendre, permis l'écho de nos pas dans cette vase, des bruits de craquement d'os et de chair qui se convulse, ainsi qu'une légère impression que nous n'étions pas sur un terrain stable même quand nos pieds pouvaient être au sec un instant.
J'en eus la confirmation lorsque le passage se rétrécit, nous laissant enfin voir l'état des "murs" de cette caverne. Nous nous arrêtâmes un moment, ne nous pouvant pas en croire nos yeux. Les murs étaient non seulement semblables à de la chair humain, tant par leur relief que par leur couleur mais... ils bougeaient. Harkan fut le seul qui osa s'avancer, effleurant te mur de la main. Il prit un air de dégoût lorsqu'il la regarda : sa main était couverte d'une matière collante inconnue. Il fit ensuite un constat alarmant.
« Cette chose, ce n'est pas naturel... c'est comme si... tout ce qu'il y avait autour de nous était vivant !
- C'est le cas... dis-je abruptement
Tous mes compagnons se tournèrent vers moi, surpris par cette soudaine affirmation. En effet, j'avais déjà de forts soupçons depuis que ma détection des auras avait été perturbée de manière mystérieuse.
- Que voulez-vous dire ? demanda Tan-Klaroz
- Tout ce qui nous entoure est un être vivant... nous sommes dans un être vivant...
- Voudriez vous prétendre qu'il y a une autre créature que ce Dieu habitant cette astre ? dit Lhao, plus septique
- Ne comprenez-vous pas ? Kargor Dûm n'a jamais existé ! Cette chose, que nous appelons "Astre" n'est en fait que Hor... que le Dieu lui même ! Dis-je en réalisant ce que j'aurais pu faire. Cet astre est une seule entité vivante qui constitue le corps du Dieu !
- Attendez, je croyais que nous nous dirigions vers sa tanière, depuis tout à l'heure ? Dis Len Arken
- Comme je viens de vous le dire, il n'y a pas de tanière. Nous sommes à l'intérieur de son corps... mais je pense que nous sommes tout de même dans la bonne direction, car nous devons nous diriger vers son coeur...
- Mais si Tan détruit le coeur, tout le reste va tomber en morceaux ! s'écria Sabrane
- J'étais déjà prêt(e) à mourir... Si ce que vous dites est vrai, messire Vessiel, je dois continuer tout(e) seul(e) ! Si vous restez, vous mourrez à coup sûr !
- Tan, je suis ton ami ! Je ne t'abandonnerais pas ici ! Clama le jeune mage
Tous approuvèrent, plus ou moins timidement. Tous, sauf Lhao.
- Et bien, nécromant, vous n'avez pas dit un mot !
Il soupira.
- Et bien, je suppose que je ferais figure de mauvaise tête si je tournais les talons à un moment si crucial. Je reste également ! Et qui sait... cet endroit me paraît de plus en plus intéressant. Sur cette dernière parole, il surgit du fond de l'abîme, un long soupir rauque inhumain qui se réverbéra dans toute la caverne de chair, avant de parvenir à nos oreilles. Ce son manqua de me faire tressaillir jusqu'aux os ; ce fut clairement l'invitation que nous lançait Horoth Elk
Moholddur pour le rejoindre. Nous reprîmes alors notre route vers lui, nous doutant à présent que ce que nous allions voir correspondait à l'image du reste du corps : immonde.
Les battements de coeur se firent entendre, et chacun d'eux se rapprochait de plus en plus l'un de l'autre à chaque pas que nous faisions en direction de notre but. Pour finir, nous étions tombés sur un cul de sac de forme arrondi. Une sorte de salle circulaire d'au moins cinquante mètres de diamètre, et sans doute autant de hauteur. Nous étions tous groupés, serrés les uns contre les autres, nous respirions à présent par petits soupirs. Les murs s'étaient arrêtés de convulser, les battements également, il n'y avait plus aucun signe de vie dans ce titanesque sac de chair. C'est alors que des excroissances se formèrent partout sur les murs vivants, elles éclatèrent dans un bruit horrible, tels des points noirs sur la peau humaine. Il sortit des orifices ainsi créés, un liquide visqueux de couleur rouge. L'odeur qui en émanait était à vous soulevez le coeur. Toute cette substance convergea en un seul endroit et commença à prendre forme...
Nous vîmes littéralement devant nous se transformer une matière inconnue en un monstre que même l'esprit humain aurait eu du mal à concevoir dans les pires cauchemars.
Cette créature n'était composée que d'un buste, de deux bras et d'une énorme tête, l'empêchant ainsi de se déplacer, mais cela n'allait certainement pas être un handicap. La partie principale était reliée par des dizaines d'espèces de vaisseaux aux murs de la salle vivante, ainsi, il pouvait puiser à loisir l'énergie quasi infinie de son corps pour se réalimenter. Ses longs bras puissant étaient sertis d'un nombre indénombrable de griffes acérées. On ne pouvait savoir quel était l'étendue des ravages qu'il pouvait faire, ni quels pouvoirs terrifiants pouvait en sortir. Pour parachever cet immonde tableau, la tête, tout en largeur, comportait une bouche ronde sertie de plusieurs rangées de crocs, sans doute mille fois plus tranchants que les meilleures épées elfiques ; ainsi qu'un oeil unique, dépourvu de paupières, tels ceux d'un serpent. Il était maintenant grand temps d'affronter cette Divine Monstruosité...


Chapitre 19 : L'affrontement.

Skronk :

Le reflet. Après la lumière, Skronk a vu son reflet, pourquoi ce voyait t'il aussi chétif, tenant une lyre ? Ce reflet était troublant. Maintenant il fait tout noir, et depuis que Skronk a dit les mots dans la forets qui a fait jaillir de lui l'étrange être d'eau, Skronk n'entend plus Anuzik .Cette obscurité, bien que troublante, ne fait pas peur a Skronk. Au bout d'un moment, après d'étrange vibration qui secoue les parois, une espèce de chose sans jambe fait interruption. Skronk n'a jamais rien vu de semblable, est-ce qu'il fallais qu'il attaque cette chose ? Autour de Skronk personne ne bouge, médusé par l'apparition, Skronk a déjà tuer beaucoup de créature, mais celle ci semble différente, mais son instinct est le plus fort. Skronk Brandit ça hache et se rue en hurlant sur la chose et d'un geste vif assène un coup violant du tranchant de son arme. Elle s'enfonce dans le monstre visqueux pour y rester coincée. Reculant, Skronk regarde derrière lui. Ses compagnons lui envoient des regards accusateurs, comme si il n'aurai jamais du agir de la sorte.
Tan-Klaroz :

Le voilà enfin... Le Dieu dont le nom ne doit pas être prononcé...
Skronk, sans raisons apparentes, se lance sur le Dieu et lui enfonce sa hache dans l'épaule. L'arme reste coincée et Skronk fait une tête de six pieds de long en nous regardant. Le Dieu sort soudain la hache de son épaule et la lance brutalement sur Skronk qui s'écroule plusieurs mètres plus loin.
Bianne se dirige vers lui en courant. Les autres sont médusés. Val Harkan veut s'avancer mais je lui barre le passage avec ma faux.
« C'est mon combat... Pas le tien ! »
J'avance vers la silhouette gigantesque. Je le fixe dans son unique oeil. Un oeil rouge où je me vois en reflet...
Soudain... une violente décharge dans ma tête m'arrache un cri de douleur. L'espace où nous sommes disparaît et laisse place à un ciel plein d'étoiles. Nous flottons dans la voûte céleste... Les vaisseaux du Dieu s'élancent vers l'infini et disparaissent dans l'obscurité.
Mes "compagnons" sont derrière moi, plus loin avec Skronk au milieu d'eux. Je les regarde une dernière fois avant de me retourner vers mon "ennemi".
Avec l'aide de quelques étoiles, il forme une boule lumineuse et me la lance. Je l'évite et commence à lui tourner autour. Je ne fais qu'éviter...
Pourquoi l'attaquer... C'est mon destin ? Et alors ? Je n'ai pas envie de me battre moi !
Cela continue pendant un bon moment. Lui me lance des boules énergétiques et moi je les évite en tournant de plus en plus vite. Puis, le Dieu s'arrête et me fixe de son unique oeil. Il lève alors les bras et des formes brumeuses apparaissent tout autour de moi. Ces formes ne sont pas n'importe qui : Ce sont les villageois de Namur. Ceux que j'ai tué lorsque j'étais enfant... Ils ouvrent leurs yeux de morts et hurlent à tous va :
« Enfant maudit ! Enfant maudit ! Ta mère aurait mieux fait de ne pas te sortir de son corps ! Enfant maudit ... »
Je me prends la tête dans mes mains... Non, non... Je dois me contrôler... Il le faut... Je n'y arrive pas... Cette force qui coule en moi veut que je le la libère...
Je relève la tête et pousse un hurlement de rage. Je saute et décapite tous les "morts" autour de moi. Je ne peux plus m'arrêter.
Ma faux brille d'un éclat laiteux. Je fonce en direction du Dieu et ouvre une de mes mains. Une boule blanche naît et s'écrase sur lui.
La boule créée un cratère sur son torse, à la place du coeur.
Je comprends désormais : Je suis la seule personne qui peut le blesser...
Mais je n'ai pas le temps de m'en réjouir... D’immenses tentacules noirs me saisissent à la taille et aux bras puis me soulèvent de terre. Les tentacules me serrent et... s'enfoncent profondément dans ma chair, provoquant chez moi une douleur indescriptible...
Mes yeux s'écarquillent sous l'effet de la douleur. Je vois de plus en plus flou... je vais... Mon corps se met à émettre une puissante aura blanche et rouge. Elle dissout littéralement les tentacules et projette aux alentours des rayons qui tranchent quelques vaisseaux du Dieu le reliant à son corps. Je me rends à l'évidence... Même si ce monde n'a jamais voulu de moi... il faut que je me batte contre ce DIEU...
Farkas Tedzek :

Le combat était engagé. Tan-Klaroz ne faisait qu'éviter les attaques du Dieu. Mais ce dernier réussi à le piéger et l'empêcher de bouger. Je m'élança pour intervenir mais Thurim me retint: Tan irradia d'une lumière qui trancha net ses liens. Il reparti en courant et cette fois-ci attaqua le Dieu avec une boule de lumière qui l'atteignit en pleine poitrine. J'exultais. Tan avait une chance de remporter ce combat finalement. Mais cet affrontement était loin d'arriver à son terme...
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 21:01

Bianne :

Il faut rester à l'écart, assister impuissants à ce combat où nous n'avons plus part. Un combat de Dieu...
Ce n'est pas mon devenir qui m'inquiète, ni celui de mes compagnons. Ce n'est pas d'être prisonnière du corps de ce Dieu, de cet astre. Ce n'est pas l'issue du combat.
Non, ce qui m'inquiète, c'est le coeur de Tan-Klaroz, que j'entends battre. Egal à lui même. Sans émotion.
Il n'est toujours pas ouvert à la compassion. C'est pourtant sous sa forme féminine qu'il se bat. Mais il n'est toujours pas ouvert... Donc, les elfes, et toutes les autres races ne peuvent se lier à sont pouvoir. Ils disparaîtront avec le Dieu, si Tan-Klaroz le tue maintenant. Ils seront entraînés avec lui dans le néant... Et leur race disparaîtra, comme autrefois la race de Céleste, celle des Aegis, puis plus tard, celle des Georym...
Tan-Klaroz, écoute-toi. Ce n'est pas toi, cet être sec et indifférent. Ce n'est pas ton être véritable. Ressent, en toi, comme elle te parle, la voix de ceux qui ont besoin de toi. Ressent-le, Tan... Ou ils sont perdus...
Tan-Klaroz :

Cela fait combien de temps que je me bats ? Une heure ? Deux jours ? Je l'ignore... Nous n'avons pas la notion du temps là où nous sommes...
Je n'ai fais qu'éviter et frapper que lorsque c'était vraiment indispensable.
Le Dieu, incapable de se mouvoir, fait appel à ses pouvoirs de création et de destruction. Il utilise désormais de nombreux sorts que j'ai beaucoup de mal à esquiver. Je n'arrive pas à utiliser toute ma puissance et je ne sais pas pourquoi...
A force de réfléchir, je ne vois pas l'attaque du Dieu et je la reçois dans les côtes. Je m'écroule aux pieds de mes « compagnons », mais les repousse dès qu'ils s'approchent trop près de moi... Ils risquent d'être visés par une attaque du Dieu.
Tout en combattant, je me repasse en boucle les phrases que Bianne m'a dit... Sans pour autant m'arrêter d'esquiver les créatures et les sorts du Dieu...
Et comment dois-je faire ?
Tu n'as rien à faire. Il faut juste que du plus profond de ton coeur tu désires voir ce monde survivre. Les elfes avant tout. C'est eux qui risquent le plus.

Voir ce monde survivre ? Si Mère était encore en vie cela aurait été possible... Mais là, je ne peux vraiment pas désirer la survie de ce monde. Ce monde qui m'a maudit, humilié, détruit et craché au visage...
Les Elfes mourront alors. Je regarde Farkas Tedzek et Lhao... Ca me fait un peu mal si je pense qu'ils vont disparaître. Mais c'est tout, rien d'autre.
Sans m'en rendre compte, le Dieu a lancé des tentacules sur moi. Je me fais soulever et, en suspension dans l'air, me fait ramener tout près du Dieu.
Je suis là, devant lui, impuissant(e) et sans aucunes solutions pour m'en sortir. Je vois peut-être enfin la mort... matérialisée dans cet être immonde et surpuissant.
J'ai l'impression de voir le Dieu sourire, projetant sur moi une haleine puant la mort et les cadavres en putréfaction.
Deux de ses étranges appendices viennent se fixer sur mes tempes et s'enfoncer profondément dans ma tête. J'étouffe mon hurlement de rage mais pas celui de douleur. Je vois de plus en plus flou. Il est en train de pomper mon esprit pour se nourrir de mon être et ainsi devenir plus fort. Je ferme les yeux sous ta douleur. Lorsque je les rouvre... je me trouve dans un espace noir sans lumière, ni murs, ni quoi que se soit... Mon esprit.
Au milieu de cet endroit sombre et vide, une femme aux longs cheveux blancs et à la tresse noire serre un petit garçon brun d'au moins huit ans. L'enfant pleure en étouffant ses hoquets. La femme le serre dans ses bras et le berce de son mieux. Le garçon se met à crier :
« Maman ! Les enfants se sont encore moqués de moi... Pou...Pourquoi ?!
La mère sourit et plonge ses yeux couleur de sang dans ceux de son enfant.
- Ils se moquent de toi car ils ont peur de ce que tu es...
- Ils ont peur de moi ? Mais alors... pourquoi ils m'humilient ?
La mère se remet à sourire et passe ses doigts dans la chevelure de son fils.
- Ils ont peur de toi, et pour le cacher, ils te font mal. Mais au plus profond d'eux-mêmes... Une peur incroyable reste fichée dans leur esprit ! Tu sais pourquoi ils ont peur de toi ? »
L'enfant secoue la tête pour montrer son ignorance. La mère approche ses lèvres d'une oreille du garçonnet et lui souffle :
« Ils ont peur car tu es né pour accomplir une chose que personne d'autre ne peut. Ils croient que tu vas les tuer en te servant mal des pouvoirs que tu as reçus à ta naissance... Mon enfant, accomplis ton destin... »
La femme disparaît soudain et l'enfant se retourne vers moi, comme si il savait que j'étais là depuis le début.
Cet enfant a de grands yeux marron innocents. Ses cheveux courts sont tachés de boue et de sang comme ses vêtements pauvres. Ils s'approche de moi et passe une petite main sur ma joue. Il émet un gloussement heureux puis m'embrasse sur les lèvres avant de disparaître, comme effacé de mon esprit.
C'était moi... moi il y a si longtemps.
Quelqu'un qui supportait tout la violence que l'on me donnait.
Les Elfes... Ce monde... Je comprends soudain.
Ils me haïssent car ils ont peur, peur de mes pouvoirs infinis et de ma lourde destinée. Je comprends pourquoi les Elfes m'ont chassés... à cause de cette peur.
Ils ont peur pour eux, pour leur vie...
Sous cette pensée je souris. Oui, je ne peux pas les haïr ou les ignorer parce qu'ils veulent vivre... Comme moi ils veulent vivre... C’est pourquoi je les comprends. Tout comme ceux que j'ai croisé sur mon chemin...
Mon coeur se met à irradier d'une chaleur qui consume tous les sentiments négatifs que j'ai ressenti jusqu'ici. Comme si, je sentais des milliers d'âmes en moi... Une puissance inconnue me parcourt et me libère de mon esprit. Je détruit les tentacules du Dieu et me met à émettre une lumière si puissante qu'elle illumine tout ce qui se trouve autour de moi.
Les ténèbres de la nuit laissent place à la lueur rougeâtre de l'aube, puis à la puissance du jour. Mon corps se transforme et je deviens un homme. Mais ce sentiment que je ressens ne s'efface pas pour autant, il s'amplifie et me donne l'impression d'être invincible. Le Dieu me lance des âmes noires mais elles se consument dès qu'elles me touchent. Ils lance sur moi toute sa puissance, sa rage, sa haine... son désespoir...
Je m'approche lentement de lui. Plus je suis près de lui, plus la puissance de ses attaques diminue. Je le saisit à la gorge et laisse ma force couler en lui pour le détruire. Il lève la tête et pousse un hurlement rauque, animal, inhumain. Son unique oeil s'agrandit puis explose. Ses griffes se détache de son corps et partent dans toutes les directions. Tout son corps se détruit lentement, comme pour lui montrer qu'il ne doit plus vivre. Je ne me recule pas et reste sur lui, mes mains sur son cou qui palpite. Le Dieu approche un bras qui tremble. Il l'enfonce dans mon torse et essaye de drainer ma vie. Mais je ne lui en donne pas le temps. Dans un cri suraigu, je lance toute ma force sur lui. De la lumière perce son corps de toutes parts puis le consume. Le souffle de sa destruction me projette sur mes ‘‘compagnons’’, restés là, complètements soufflés. Je vois Lhao au-dessus de moi. Puis Sabrane, Farkas Tedzek et même Skronk. Je soupire... J'ai épuisé toute mon énergie et la dernière attaque du Dieu me fait horriblement mal. Je souris puis ferme mes yeux...
Accepte-toi dans ton entier...
Oui mère... Je me suis accepté(e). Je suis un homme, mais aussi une femme... Merci mère... Je sens mes forces qui me quittent mais je m'en moque désormais... J'ai vaincu...
Bianne

Le Dieu meurt. Tout s'effondre. Nous sommes collé, pêle-mêle, contre la paroi tremblante, le corps du Dieu qui tremble, qui se déchire. Tan-Klaroz agonise. Il a tout donné de lui, dans cette attaque. Une brume pestilentielle envahit la galerie, nous nous distinguons à peine les uns les autres. D'instinct, nous nous cramponnons tous les uns aux autres.
« On va mourir... Murmure Sabrane.
Ce n'est pas un gémissement. C'est une constatation. Jamais personne n'a été aussi conscient de son destin que cet enfant de Vie...
- Non, dis-je. On ne va pas mourir.
Et je me transforme au milieu de l'astre qui s'effondre. J'étends mes ailes autours deux, irradie les protège. Il faut que je les emmène. Il faut que je retourne à Brakeval. Mais impossible de bouger. Une autre force vient de jaillir, me retenant en place. Pas celle du Dieu, non, il meurt. Non, une autre force.
-Père !
Il est là. Il m'empêche de m'enfuir. Sous ma forme céleste, je peux toujours m'échapper. Il m'oblige à rester, à laisser mes compagnons m'échapper.
- Père, au nom de la divine Survivance, laisse-moi fuir !
- Non, Nabnie Hata. Vous avez tué le Dieu qui avait détruit notre monde et créé le nouveau. A présent, ce nouveau monde va disparaître, lui aussi, et toi avec si tu t'y attaches. Laisse ces mortels à leur sort, et suis-moi enfin
-Jamais !
Je resserre de toute mes force ma puissance protectrice autour de mes amis.
-Père, je t'en supplie, reviens à la raison. Autrefois, ton peuple a survécu grâce à l'aide des mortels. Laisse moi sauvez ceux-là !
-Impossible, Nabnie. Tu ne peux rien pour eux. Ils mourront quoi qu'il arrive. Tôt ou tard. Les mortels ont ce défaut, d'être mortel. Laisse-les à leur sort, et rejoint enfin les tiens.
J'aurais des larmes, si j'avais encore mes yeux d'humaine. Je ne le défie plus. Je supplie à présent.
- Père. Je vais mourir avec eux, si tu ne me laisses pas m'envoler. Et je ne veux pas mourir.
- Lâche-les, Nabnie. Lâche-les pour me repousser. C'est ta seule chance de t'en sortir.
Il ne bougera pas. Il ira jusqu'au bout de sa logique. Il me veut Céleste, ou morte, mais pas humaine. Il hait les humains, qui ont tués la femme qu'il aimait.... C'est bel et bien la fin, cette fois. Je resserre encore mes ailes autour des autre, et relève la tête.
- Je m'appelle Nabnie Hata Karnac Escarul Eshiil. Ceci est l'heure de ma mort, et je l'accepte. Je suis la voix de ceux qui n'en n'ont plus. Je suis le dernier sang de ceux qui ne sont plus.
Je sens, quelque part au dessus de moi, mon père qui hésite, doute.
-Mes amis. J’ai été heureuse de vous connaître.
Ils ne peuvent que hocher la tête. Ils arrivent à peine à respirer. Le sol commence à se fendre sous nos pieds. Je les soulève, retardant du mieux que je peux notre chute...
Soudain, tout se fige.
Du sol béant jaillit une douce lumière, et un son étrange, comme une brise d'été dans les feuille. J'aperçois, montant vers nous, un objet oblongue et sombre. C'est un sarcophage. Un sarcophage de Basalte noir. Instinctivement, je tends vers lui l'extrémité de mon aile...
Je suis sous ma forme humaine, revenue devant la porte du Ciel, désormais close. La tour est autour de nous, intacte, avec des murs couverts d'inscriptions. Mes compagnons sont là, hébétés, échevelés. Tan-Klaroz gît à terre, mourrant. J'ai toujours la main sur le sarcophage de Basalte, revenu de l'astre en même temps que nous.
- Père ? C'est toi qui nous as ramené ?
La présence d'Eshiïl surgit, oppressante, dans la tour.
-Non, Nabnie. J'ignore comment tu as fait, mais tu n'aurais pas du. A présent, il va falloir que tu me suives.
Il resserre son pouvoir autour de moi. Je me sens trop épuisée pour résister. Mes compagnons sont sauvés. Je n'ai plus à me soucier que de moi-même.
Je tire de ma ceinture une de mes fléchettes noires, celles qui donne la mort, et en dirige la pointe vers ma gorge. Je ne retournerais pas parmi les Célestes. Jamais.
Un mouvement derrière moi m'arrête dans mon geste.
Le couvercle du sarcophage se soulève...
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 21:01

Déesse de la Renaissance

Je me réveille donc enfin. Depuis combien de temps suis-je dans ce sommeil forcé ? Un millénaire, peut être plus, je serais bien incapable de l'estimer.
C'est mon père qui m'y a contrainte, je représentais trop une menace pour ses sombres plans, créer et détruire, ce sont les seules choses dont ils soit capable. Même sa propre mort n'était pas sensé me ranimer, mais seul l'accomplissement de l'unique prophétie.
Je suis avec eux depuis le début, j'observe leurs doutes, leurs craintes, leurs réjouissances, leurs peines, même dans ce sommeil forcé, je voyais tout ce qui se passait. Du barbare, au sombre nécromancien, je les ai tous observés.
Je leur dois ma liberté, ma renaissance.
Mais je sens comme chacun d'eux souffre, Oui, cette femme courageuse, répondant au nom de Nabnie Hata souffre.
Je vais payer la dette que j'ai envers eux, moi la déesse de la réincarnation, je vais envoler la peine de cette demi-Ange, à travers cela, ils seront tous soulagés.
J'étire mes différents membres, cella faits tellement longtemps que j'attends ce moment. Je porte une longue robe blanche, symbole de l'éternelle pureté et de l'éternelle renaissance. Mon père m’a cachée en lui, mais ses plans furent déjoués. Je me dois de soulager leur peine, tel est mon rôle, et ceci, nul besoin de prophétie pour me le dicter.
Je soulève enfin le couvercle de cette prison, je la vois elle, dont les traits sont empreints d'une farouche détermination, elle souhaite se donner la mort. Je fais fi de tous les regards, même celui du tout puissant céleste. Il n'est rien comparé à moi.
« Chère Nabnie Hata, je crois qu'il te sera inutile de recourir à un tel stratagème.
Les flèches atterrissent dans ma main, elle me regarde d'un air subjugué. Elle ne comprend pas. Pour elle, son seul moyen de liberté s'envole et se trouve au creux de ma main.
- Qui êtes vous ? Me lance le jeune mage. Il semble terrifié par cette démonstration de mon pouvoir.
- Vous ! C'est impossible, me lance l'ange suprême, vous ne devriez pas exister.
Son regard est rempli d'un mépris profond. Toute cette haine, cette douleur qu'il a accumulé, je la lis dans son coeur, oui, je la sens.... la mort se sa chère femme, la désobéissance de Bianne.
- Oui, c'est moi Ange, je suis Nisthyrisia, déesse de la renaissance. Tu n'emmèneras pas Nabnie Hata, je ne te laisserais pas mener à la mort ceux qui m’ont fait renaître à la vie.
- Elle doit revenir, c'est son rôle, elle est condamnée à vivre parmi les siens. Toute déesse que vous soyez, vous ne pourrez m'empêcher de reprendre ce qui m'appartient, c'est mon enfant. Ce qui me reste de plus cher au monde. »
Des larmes perlent ses yeux, tant ce qu'il dit sort de son coeur, rongé par la haine, le désespoir.
Bianne s'apprête à répliquer, oui, je la sens cette fière dame, répliquer pour ne pas laisser sa dignité être piétinée, par son père rongé par le remord.
Je lui impose d'un signe le silence, je m'apprête à faire quelque chose, que les peuples n'ont pas connu depuis des éternités. Je transgresse toutes les lois existantes, mais plus personne n'est là pour les faires appliquer.
Je me mets à terre, mes longs cheveux blonds me recouvrent le visage, je chante, oui ce chant mystique, qui a le pouvoir de faire revivre les morts.
_ Que…
Le nécromancien. Il doit comprendre quel est l'étendu de mon pouvoir.
alinae corpus elinau alinae corpus renenis, alinae corpus elinau alinae corpus renenis,alinae corpus elinau alinae corpus renenis,alinae corpus elinau alinae corpus renenis.
Je la sens à présent, cette âme pleine de bonté et de pureté, elle revient d'un long chemin, toute proche, elle arrive.
Je me relève, mes yeux bleu-vert fixe cette femme pure et bienfaisante. Elle s'incline profondément devant moi. Elle est vêtue d'une longue tunique blanche, relevant la pureté de ses traits. Une lumière étincelante éclaire ses cheveux couleurs de blé.
De la lumière. Cela faisait tellement longtemps que j'en fus privé. Mes rêves n'étaient que cauchemar et douleur.
L’Ange suprême me regarde, il a tellement de mal à empêcher ses émotions de transparaître. Il n'ose y croire, cette image tellement refoulée, tellement de fois regrettée, il peut enfin la contempler. Je me relève enfin. Bianne me regarde. Je pense qu'elle a pris conscience de qui je suis.
« Grande déesse, je te remercie.
Il ne peut pas parler. L’émotion lui coupe les paroles.
- Tu te doutes, Ange, que ceci exige une contrepartie, La liberté de Bianne, ainsi que celle de tous ses compagnons.
Il hésite, ce n'est pas dans les habitudes des Anges de renoncer à leurs idées, et celui là doit être le plus difficile à convaincre de tous.
- Nous acceptons, Déesse, poursuit la mère de Bianne. Elle se penche près de Bianne, elle lui baise le front.
- Je te donne ma bénédiction mon enfant, je serais toujours proche de toi, là, dans les moments durs, ou tu auras envie de tout abandonner, je serais toujours là. »
L'émotion est tellement vive, les compagnons de Bianne restent tout de même sombres, je le lis dans leurs coeur. Tandis que les l’Ange et sa femme gagnent leur royaume, le petit mage me regarde. Ses yeux sont d'une tristesse infinie. Le nécromancien lui même, ne peux s'empêcher d'être sombre. Thurim Vessiel, lui, n'ose pas affronter mon regard.
- Grande déesse ose enfin Bianne, je sais que tu as tant fait pour moi, que je n'ose t'en demander plus, mais...
- Parle Bianne, tu as toute mon attention. La question doit être suffisamment grave, pour que tout tes compagnons et toi, soient si sombres.
Leurs regards se portent vers Tan-Klaroz, je m'approche de cet être, si divisé en lui même, si compliqué. Je sens son âme prête à partir, il est en mon pouvoir de la retenir, j'entonne à nouveau un chant :
aderei aderai yuner pitluis,aderei aderai yuner pitluis,aderei aderai yuner pitluis,aderei aderai
yuner pitluis.

Je murmure avec son âme, je la sens en contradiction avec mes chants. Oui, elle ne supporte pas cela. Je la sens tourmenté. Dans mon immense pourvoir, je la divise en deux êtres :
« Votre fardeau sera double Tan et Klaroz, en êtes vous conscient ? Vous allez devoir recréer la race Georym, en évitant, les conflits, les traîtrises et surtout, l'ennemie la plus puissante : la haine. Pensez à l'amour, à la vie, et vous y parviendrez. Acceptez vous cette noble tâche ?
Ces deux êtres me regardent, ils se ressemblent tellement, je sens leurs yeux empreints d'une nouvelle vie.
- Nous l'acceptons, ô grande divinité, dirent ils en même temps.
- Je pense que pour vous le il est temps de quitter ces sombres lieux. Le temple de mon père ne m'inspire que dégoût et mépris. Je dois vous laisser. Je dois aider d'autre personne, tel est mon but, moi Déesse de la Renaissance. Prenez soin de vous. la prophétie et belle est bien achevée. »
Aucun mot ne sors de leurs bouches, mais à ma grande surprise, ils s'inclinent tous profondément devant moi. Bianne s'avance, l'émotion la trouble grandement, mais elle n'a pas peur, cette femme connaît le courage et elle n'en manque pas.
« Grande déesse en accord avec les représentant de toutes les races existantes, nous vous offrons le contrôle du monde que créa votre père. Soyez notre déesse, notre reine, que nous puissions croire en vous, comme vous croyez en nous.
- Je ne puis accepter ceci Bianne, je pourrais prendre le pouvoir et ne pas en faire bon usage, mon père en est l'exemple même, j'accepte en revanche d'être votre déesse, je ferais de mon mieux, pour veiller sur vous. »
Je suis troublée par cet inestimable cadeau qu'ils viennent de m'offrir, - non pas contrôler le monde, cela n'à aucun intérêt pour moi, mais de croire en moi.
Leur mission est de sauvegarder la paix, de recréer la race Georym, la mienne est de veiller sur eux.


Epilogues

Bianne :
Elle a disparu. Comme on s'échappe.
Nous n'avons pas bougé. Combien de minute se sont écoulées ? Où est-ce des heures ? Nous ne bougeons toujours pas. Nous ne parlons pas. Ils sont tous grave.
Je les sens encore. Les lèvres de ma mère sur mon front. Oh, mère chérie, toi qui nous a été rendue par la bonté d'une déesse, merci. Merci de ce don, de cette délivrance. Les larmes coulent sur mes joues. Je ne cherche pas à les retenir.
« Mes amis. C'est ici que s'achève notre aventure.
Je sursaute. La voix de Tan semble avoir brisé des millénaires de silence. Il affiche un air grave, apaisé, déterminé. Debout à coté de lui, un peu effarouchée, Klaroz jette des regard inquiet à celui qui quelque temps auparavant encore, était toute une part d'elle même, et va devenir présent son compagnon.
- Je vous dois... Je veux dire, nous vous devons la vie. Nous ne vous oublierons jamais, ni l'un ni l'autre. Nous allons à présent remplir la mission que nous a fixé la déesse, ici même, au pied de ce volcan. Il sera le territoire de la nouvelle race Georym. Vous y serez toujours les bienvenus. Reprenez votre liberté, à présent. Vos propres destins vous attendent. »
Nos propres destins... les derniers mots tombent dans le silence. Nos propres destins. Oui, il est temps que j'y songe.
Je me relève soudain.
« Tan et Klaroz, bonne chance à vous deux. Bonne chance à vous tous. Je repars. J'ai une tâche à accomplir qui ne peux pas attendre.
- Une tâche ? Répète Len étonné
- Je suis toujours, quoi qu'il arrive, la Karnac d'Escarul. Des centaines et des centaines d'enfant esclaves prient en ce moment dans tout Brakerval, attendant que les Célestes reviennent. Je ne vais pas les abandonner.
Je serre la main de Thurim.
- Merci d'avoir été digne de confiance. Merci de ne pas nous avoir trahi.
Il ne semble pas étonné de savoir que je savais. Il est grave.
- Prenez soin de vous, Darne Bianne.
Je m'approche de Sabrane qui semble ému, presque au bord des larmes.
- Tu as été notre bouffée d'air. Merci de nous avoir permis de garder espoir.
Je le serre contre moi.
- Vous allez nous manquez, Dame Bianne.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 21:01

Je m'approche de l'elfe.
- Les vôtres n'ont pas été très accueillants, ça a du être dur pour vous. Merci d'être resté. Farkas accepte ma poignée de main sans mot dire, comme trop ému pour parler.
Je m'approche de Lhao qui m'écarte d'un geste de la main.
- Ah non ! Pas d'embrassade ! J'ai toujours eu horreur de ça.
Je souris.
- Merci pour tout, Lhao. »
Pour Len, je ne dis rien. Ca ne servirait à rien, il regarde ailleurs, négligemment. Les émotions lui font mal. Quand au barbare, pas la peine de rien lui dire, il est toujours sourd... Je passe mes bras autour de son coup et l'embrasse sur les deux joue. Il semble embarrassé.
J'embrasse tour à tour Tan et Klaroz. Comme il est dur de s'habituer à voir deux êtres en celui qui n'était qu'un seul.
Puis je m'approche du dernier. Harkan. J’hésite à la conduire à tenir. Lui me regarde de son oeil imperturbable habituel.
- Vous perdez une rivale, dis-je. J'abandonne le métier de chasseuse de prime.
- Le boulot va devenir un peu trop facile, sans vous, me répond-t-il.
Nous restons un moment silencieux, sans mot dire, sans savoir que faire, puis je me résous à m'éloigner, vers la porte de la tour, vers l'extérieur, vers mon devoir.
Val Harkan
Je poussai un soupir. Finalement, cette aventure m'avait fait du bien. La routine me rongeait. Je m'étirai un instant, avant de me tourner vers les autres.
« Hé bien, je pense que je vais y aller aussi, commençais-je.
Je passais en revue mes ex-compagnons de route.
- Ce fut un réel plaisir, dis-je. Bonne chance Tan et Klaroz. Toi, gamin, fit-je en passant devant Hyle, essaye de ne pas te faire sauter.
J'adressais un salut de la tête au barbare, à Lhao et à Len, puis je lançais à Farkas:
- On se reverra peut-être au mariage de ta sœur.
- Au revoir, vieux, me répondit-il.
Je m'arrêtais alors devant Vessiel.
- Monsieur le sorcier, dis-je d'une voix calme. Je vous serais gré de garder ce que vous avez vu pour vous. Vos collègues ont parfois la sale habitude de traquer les "espèces inconnues". Ce serait aussi aimable de leur conseiller de ne plus toucher aux loups.
- J'essaierai d'y penser, si je les vois »
Je fis alors volte-face et sortis en faisant dans mon dos un signe de la main. Une fois hors de vue, je prit mon élan, et effectuais quelques sauts pour rattraper mon retard. Au bout d'une dizaine de bonds, je l'aperçu. Elle marchait tranquillement, et je l'entendis même fredonner. Je la devançais, faisant tout pour qu'elle ne me voie pas, puis je m'adossais à un rocher et l'attendit. Elle ne parut pas plus surprise que cela de me voir.
« Que faites-vous là? Me demanda t'elle tout de même.
- Je vous attends. Je sais que vous allez commencer par retrouver la petite de ce village ou vous avez été en convalescence. C'est sur ma route.
- Vraiment ? Réplique t'elle sarcastique. Pourtant les grandes villes sont à l'opposé il me semble.
- Je me rends au comté de Ronial. Je vais récupérer un petit pécule que j'y avais laissé, puis je prendrai des vacances. J'ai eu mon quota d'actions. Quelques années dans un cottage tranquille me feront du bien, ajoutai-je, recevant aussitôt un regard septique. Je vous rendrais votre tranquillité aux abords des marécages. Alors, me tolérerez-vous?
Elle ne répondit pas, mais se remit en marche. Je l'imitai, et nous marchâmes ainsi en silence. Au bout de quelques minutes, finalement, je pris la parole.
- Pendant que j'y pense, je crois que ceci vous revient. Je ne pense pas en avoir besoin à l'avenir. »
Je passai mes mains sur ma nuque, défaisant mon médaillon, et je lui tendis. Une fois de plus elfe ne répondit pas, mais le prit. Puis nous retombâmes dans le silence. Me connaissant, et la connaissant quelques peu, je savais que nous pourrions rester des jours et des jours sans rien dire. Je ne m'en fis donc pas, et inspirai un bon coup. J'allais commencer une nouvelle vie. Une vie calme cette fois. Du moins jusqu'a ce que commence à m'ennuyer.
Farkas Tedzek :

Bianne et Val Harkan était partis à présents. Je regardai le reste de mes compagnons et en particulier Tan et Klaroz. Ainsi ils étaient les tout nouveaux membres de l'espèce des Géorym. Ils symbolisaient la renaissance de cette race jadis disparue. Que d'aventures !
« Ca va me manquer,soupirai-je.
- quoi donc ? Me demanda Thurim, qui m'avait entendu.
- Tout ça, nos péripéties.
- Tu vas retourner dans ton village ?
Je réfléchis. Retourner dans mon village. Pourquoi faire ? Retourner à une vie morne et sans surprise ? Je ne m'étais jamais senti aussi vivant depuis que j'étais parti.
- Non, répondis-je. Je dois d'abord ramener ça, répondis-je en montrant le pendentif de protection. J'espère vivement vous revoir un jour.
- Dans des circonstances plus calmes j'espère ! Me dit-il.
- Qui sait ? Même les elfes ne peuvent pas prédire l'avenir.
- Au revoir Farkas ! Cria-t-il en levant la main.
- Au revoir mes amis. Ce fut un honneur d'avoir voyagé avec vous ! »
Je sortis de la tour, puis de la montagne. Je pris alors ma forme de dragon. Tout en volant vers Amarath Garas, je repensai à tout ce qui s'était passé. Non ! Je ne retournerai pas à mon village natal. En le quittant, j'avais découvert deux grandes choses: L'aventure, mais surtout, l'amitié !

Skronk :

L'air de l'extérieur est agréable à respirer. Il ne reste plus grand monde au pied de la montagne. Un peu désemparé, Skronk a vu les autres partir. Que va-t-il faire maintenant ? Plus de lutin, plus de mission, plus d'oracle pour le tourmenter. Retourner au village parait la solution la plus convenable. Avec tout ce qu'il a vu il pourrait tenir des nuits entière à raconter des histoires.... Avant de partir Skronk regarde une dernière fois ces compagnons de voyage restant. Il lance une sorte de grognement gutturale, ignorant s’ils on compris. Dans sa langue natale, cela veut dire qu'on souhaite aux personnes de trouver leur chemin et la paix, même si cela convient plus à un enterrement. Mais qu'aurai t'il pu dire d'autre ?
S'éloignant a grand pas, ignorant la direction a prendre, il marche sans se presser au grés du vent. Toujours en direction du soleil, le soleil qu'il l'a vu naître, devenir ce qu'il est. Même si Skronk ne sais pas trop ce a quoi il a participer, il en ressent une grande fierté. Quelque part, toute cette agitation lui manquera, il le sait.
Lhao :

Voilà, tout était fini, j'allais pouvoir reprendre ma vie solitaire de tueur en série... mais voilà, ma méchanceté n'était plus telle qu'elle ne l'était avant. En fait, à peine au moment où j'avais sauvé Tan Klaroz de la mort, j'avais déjà perdu mes pensées de départ: tuer, tuer et encore tuer. J'ignore ce qui m'avait pris ce jour-là, lorsque j'avais vu ce pauvre gars, les yeux pleins de défis. Cette aventure m'avait changé. J’avais comme l'envie de réparer mes crimes. Ma nécromancie pourrait les faire revenir, mais les séquelles resteraient les mêmes. Ce serait toujours des coquilles vides sans âmes... Mais qu'est-ce que je raconte, moi? Ma tête est mise à prix un milliard de pièces d'or et je souhaitais réparer mes bêtises? En fait, c'est vrai, il faudrait que je fasse quelque chose... JE SAIS ! SI JE ME RENDS, LA RECOMPENSE SERA POUR MOI! Je recevrai la récompense et je réparerais mes dégâts. GENIAL! Totalement GENIAL ! Oui, oui!!! Bon, je sortais de la tour, dévalait les pentes du volcan et courrait, droit devant moi, sans m'arrêter, sans regarder où j'allais. Tout ce que je souhaitais, c'est pouvoir mourir l'esprit libre.

quelques jours plus tard, j'arrivait devant un pont-levis... j'était arrivé... ça y est, j'était revenu là où tout avait commencé et là où tout finirait pour moi... ça... ça y...y...y est ...
PLAF
Je m’étais effondré par terre. Je me réveillai assis sur un sol froid et poussiéreux, il faisait sombre. Je vis des barreaux. Je compris alors que j’étais dans une cellule. Trois gardes approchèrent.
- Alors, Vermine, tu as fini par te faire coincer hein? Dis l'un.
- Eh! Eh! Tu croyais nous narguer en faisant ta sieste sur le pont-levis? Dis un autre.
- Le grand Matamune Diasel Ashcroft Lartos Hao, prisonnier, dans un pitoyable état, quel spectacle! S'exclama le troisième.
-Vous êtes pathétiques, dis-je d'une voix fatiguée, il y a une différence entre se faire prendre et se rendre, messieurs, j'ai commis assez de crimes dans ma vie, je ne veux pas être tenté d'en commettre d'autre, je veux être condamné à mort, me faire pendre ou guillotiner, peut importe, je veux une peine digne de mes crimes, vous entendez?
Les gardes se mirent à rirent.
- Toi? Te rendre? Exiger la mort? Tu n’es pas bien dans ton assiette? Mais bon, la loi est la loi, tu vas mourir.
- AH! AH! AH! Ce sera un trophée, ça, je veux garder sa tête en souvenir!!
- Tu mourras demain, à la première heure sur la grand-place. »
Le lendemain, les mêmes gardes me tiraient par les pieds. Je voulais être humilié, mourir observé de tous. Je vis le visage du roi, semblant heureux de sa prise. Sans doute allait-il faire croire qu'il m'avait capturé, mais peut importe, je voulait juste mourir...
Fermement, on m’appliqua la tête sur le billot…
La lame de la guillotine tomba et fit un bruit inhabituel, celui de la délivrance, de la liberté.

Lucas

Je ne connais qu'une partie de la vraie histoire, mais même de ce fait, il est impensable que je puisse raconter tout ce que j'ai entendu de la bouche de mon maître, Thurim Vessiel. Même si, grâce à son retour impromptu, les événements m'ont précipité vers le siège d'Archimage, je ne puis me réjouir : il m'est encore difficile de réaliser l'étendue de toute la malice qui sommeillait sous l'Académie.
La légion de la Manticore, dont j'avais toujours été contre l'installation dans notre Ordre, depuis que j'avais su qu'elle en faisait partie, a soudainement perdu tout pouvoir en son sein. Ce fut comme si tous les hommes et les demi hommes qui la composait avaient tous été frappé au même moment d'un mal effroyable qui les faisait devenir fous. Je crus tout d'abord que j'allais être atteint à mon tour, mais c'est alors qu'il revint, celui que l'on devait maintenant considérer comme le traître à abattre : le Marteau de Carbunckle, Thurim Vessiel. Il m'expliqua rapidement qu'à présent, une Divinité maléfique nommée Horoth Eh Moholddur avait été vaincue, cette même Divinité qui d'après lui, dirigeait cette armée dans l'ombre.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 21:04

Son influence démoniaque n'ayant plus court, la Manticore allait rapidement s'effondrer, il fallait dès lors que nous reprenions les rênes de l'Académie pendant que Trébonius et ses hommes s'occupaient de rétablir un semblant d'ordre.
Durant des jours, ce ne fut qu'une succession de combat contre des hommes qui avaient été nos amis, des amis qui se trouvaient du mauvais côté. Nous devions parfois commettre de terribles choses, Thurim, moi-même et ceux de nos compagnons encore sain d'esprits. Mais lorsque les derniers résistants ennemis déposèrent leurs bâtons, nous étions arrivés au siège de l'Archimage Trébonius. Nous nous doutions qu'il ne baisserait pas les bras, que, même vaincu, il aurait combattu jusqu'à la mort. Non pas par courage, mais pour faire un ‘‘dernier honneur’’ à son Dieu, comme il le disait lui-même. Ce fut à Thurim que revint le devoir de le tuer. Vaincre l'Archimage fut vraiment une formalité, comparé à ce que nous avions du faire à des gens en qui nous avions confiance, autrefois.
Cela faisait maintenant quelques semaines que les activités normales de l'Académie avaient repris lentement vie. C'est ainsi que je fus nommé Archimage de l'Ordre des Arcanes, car j'étais celui, après Thurim qui méritait le plus ce poste. Cela faisait quelques semaines également que mon ancien maître avait disparu de la circulation. Il s'était complètement évaporé dans la nature. Pourtant, nous avions rassemblé toutes les meilleures équipes de recherche, déployées aux quatre coins d'Islotanra, mais cela ne donna rien. Avant de partir, il nous avait laissé simplement un petit message, contenant sept noms, dont faisait parti le sien : Nabnie Hata, Len Arken, Val Harkan, Tan Klaroz, Sabrane Hyle, Lhao, Farkas et Shronk. Ses noms étaient simplement accompagné d'un seul mot : « victoire ».
Thurim, où que vous soyez, nous garderons précieusement ces noms enfin qu'ils traversent les âges et servent d'exemples pour leurs actes héroïques.
Maître, vous me manquerez.



Tan :

Mon corps… Je suis bien dans mon corps mais… je me sens plus… Enfin, beaucoup moins « divisé ». Comme si on m’avait supprimé une partie de moi. Je fixe mon corps guéri quand un gémissement à mes côtés m’interpelle.

Devant mon air étonné, la personne à côté de moi recule brusquement. Non… c’est impossible… Je ne peux pas être... Moi ?! Non, ce n’est pas moi… Plutôt mon ancienne forme nocturne, ma forme de femme. J’ignorais que… j’étais ainsi. Enfin, que j’étais…

_ Votre fardeau sera double Tan et Klaroz, en êtes-vous conscients ? Vous allez devoir recréer la race Georym, en évitant, les conflits, les traîtrises et surtout, l'ennemie la plus puissante : la haine. Pensez à l'amour, à la vie, et vous y parviendrez. Acceptez-vous cette noble tâche ?

Sans le vouloir vraiment, moi et… Klaroz, nous nous inclinons devant la Déesse en murmurant :

- Nous l'acceptons. Ô grande divinité ! »

Pendant que la Déesse parle aux autres ; Moi et… mon double, non, Klaroz, nous nous observons.

C’est bien moi lorsque j’étais une femme. Ces longs cheveux, ces grands yeux couleur d’ambre et cette silhouette… J’étais ainsi la nuit.

Klaroz doit se dire la même chose en elle… Qu’elle était ainsi de jour etc.

Je me relève lentement et Klaroz m’imite. Je comprends à peine la mission que nous a donné la Déesse, mais je sais qu’avec le temps, je… NOUS réussirons.

« Mes amis. C'est ici que s'achève notre aventure…

Cette phrase… Je brise un silence pesant puis regarde mes « amis »… Klaroz est derrière moi, un peu cachée. Je sais parfaitement qu’elle m’observe en coin. Ses petits regards m’aident pour continuer.

- Je vous dois... Je veux dire, nous vous devons la vie. Nous ne vous oublierons jamais, ni l'un ni l'autre. Nous allons à présent remplir la mission que nous a fixé la déesse, ici même, au pied de ce volcan. Il sera le territoire de la nouvelle race Georym. Vous y serez toujours les bienvenus. Reprenez votre liberté, à présent. Vos propres destins vous attendent. »

Bianne nous remercie puis décide de partir… Elle s’est donnée une mission qu’elle accompliras avec détermination.

Ensuite partent Val Harkan, Farkas Tedzek, Lhao, Skronk…

Seul Len Arkan reste… Il observe les environs, les yeux dans le vague. Il doit se rappeler tous ses souvenirs d’avant.



Klaroz :

Ils ont tous disparu… Ils sont partis continuer leur vie, leur destin…

Je regarde mon corps. Avant ce n’était pas vraiment le mien, mais plutôt celui de… Tan.

Oui, c’était lui qui dominait, pas moi. J’étais son autre forme, son deuxième « lui » mais pas vraiment « lui »… Désormais je suis moi et il est lui. Notre corps s’est divisé pour nous laisser vivre, sans que l’un soit «étouffé » par l’autre.

Je peux vraiment dire que je viens de naître…
L’amour, la compassion, la pitié… Tous ces sentiments que Tan a toujours refoulé en lui. C’est moi qui les éprouve…

Tan se tourne soudain vers moi, l’air gêné.

« Euh… Klaroz. Je voulais te dire… Cela te fait quoi d’être, toi-même ?

Je plonge mes yeux dans les siens.

- Cela fait… du bien. Mais un peu étrange… J’étais habituée à vivre en toi. »

Il ne répond pas. Il sait que c’était lui qui vivait et pas moi. Lui qui guidait notre corps, notre âme… et pas moi.

Le ciel se teinte d’un gris sombre. Des gouttes de pluie percent le ciel et tombent, comme pour effacer les dernières traces du Dieu…

Je reste immobile, mouillée par la pluie. Il me reste tant de temps pour vivre, tant de temps avant de m’éteindre…


FIN... Jusqu'au prochain cycle...




Avec
Tan Klaroz : Kallisto
Lhao : Malik
Thurim Vessiel : ChaoticPesme
Bianne : Tchoucky
Val Harkan : Marc
Farkas Tedzec : Ayoju
Skronk : Lysander
Sabrane Hyle : Seb
Len Arken : Pykar

Merci à nos Guest Stars
Eshiil, le père de Bianne : Benjérémie
Malk Shur : Lumi
La déesse de la renaissance : Lou
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 11 Avr - 21:05

Pfou, enfin fini. Par contre, pour le découpage en chapitre, debrouillez-vous.

See you later
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Kallisto
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Jeu 16 Avr - 20:30

Merci beaucoup, Marc ^^ Je vais enfin pouvoir relire tout Islotanra ! Il manque mes post de fin et celui de Seb, mais comme ils n'ont jamais été enregistrés... enfin bref, merci encore pour ta peine.
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Marc
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Sam 18 Avr - 22:37

Désolé kall, j'ai essayé de reconstituer vos épilogues, mais je ne me souvenais pas assez de ton post Tan et Klaroz pour le réécrire, quant à celui de Seb, je me rapelle même plus ce qu'il aborde dedans.
Mais bon, rien ne vous empeche de les réécrire vous. En réécrivant l'evasion, j'ai remarqué que c'était plus facile de détailler et plus amusant de joindre les deux bouts d'histoire que la première fois.

Bon courage, si vous vous y mettez ^^
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   Lun 20 Avr - 13:26

Ajout des épilogues de Tan et Klaroz que j'avais soigneusement conservé depuis le temps. Seb, si tu as encore ton épilogue, et je pense que tu l'as encore car tu concerve toujours tous tes posts, envoie le moi par MP, je l'incluerai.


Je referai le découpage en chapitre d'ici peu, en attendant, je laisse ouvert l'autre sujet.
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MessageSujet: Re: Islotanra, univers perdu   

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