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Les chapitre 17 et 18 de Nimrodh les oubliés en ligne sur le site d'Écritures plurielles !

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 Dark & Kenobi : A la Conquête de l'Espace

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ZunuS
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Localisation : Vous savez ce que je vais vous répondre, non ?
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MessageSujet: Dark & Kenobi : A la Conquête de l'Espace   Jeu 2 Sep - 11:47

Ce que vous vous apprêtez à lire (ou pas) est le fruit d'une très longue réflexion qui date de l'époque où Aurélien et moi n'étions pas dans la team. A cette époque, j'ignorais encore ce que j'allais faire de mon avenir professionnel après mon bac, et j'envisageais de faire des études de cinéma, d'où l'idée d'un court-métrage parodique de Star Wars centré sur deux personnages dont nous avions commencé à imaginer les aventures. Les événements en ayant décidé autrement, l'ébauche d'histoire (qui de toute façon s'avérait nécessiter bien plus qu'un court-métrage) était passée à la trappe. Revenue sur le tapis il y a quelques temps grâce à mon ami Wookiee Aurélien, j'ai décidé de tenter de l'écrire sur le site, qui nous assurerait d'avoir un lectorat certes réduit mais non pas moins fidèle. Nous incarnerons, logiquement, chacun un des deux personnages principaux et posterons à tour de rôle, mais ne perdez pas de vue que les événements se déroulant dans chacun des posts ont très bien pu être imaginés par nous deux, et non par un seul d'entre nous.

Par ailleurs, cette histoire étant une fan fiction car plus ou moins centrée sur l'univers Star Wars, elle ne sera disponible que sur ce forum, et pas sur le site d'Ecritures Plurielles. Si Star Wars n'est pas votre fort, je vous rassure, l'histoire et l'humour (si tant est qu'il y en ait bel et bien) sont parfaitement perceptibles pour un public non initié. Bonne lecture ! Wink



J’en ai ma claque de ce foutu boulot de Jedi.

Franchement, si vous en avez déjà entendu parler, vous savez peut-être la galère que c’est. Une bande d’intellectuels au crâne mou, 12 à tout casser, qui prennent les décisions pour les milliers d’entre nous qui se gèlent les miches à travers toutes la Galaxie, pendant qu’eux se la coulent douce à Coruscant, pèpères. Ça me révolte qu’on en soit là. Et moi je me retrouve à pourchasser un satané adepte du Côté Obscur aux quatre coin du monde, alors que je n’ai vraiment pas que ça à faire. Mais bon, puisque apparemment c’est mon destin…

Actuellement, je suis en train de descendre une rue en pente dans une sympathique bourgade, sur une planète primitive appelée Terre. Il n’y a bien qu’un Sith pour aller se réfugier dans un endroit pareil : déjà, contrairement au reste de la Galaxie, cette planète a plein de peuples très différents et une géographie qui change à chaque continent. Vous y croyez, vous ? On en arriverait presque à regretter Tatooine ou Kamino, il y fait un temps de chien mais au moins quel que soit le point de la planète, rien qu’en regardant par le hublot de votre vaisseau, vous savez où vous êtes. Et en plus, je suis dans un coin qui s’appelle la France, et dans une ville qui s’appelle Paris, où tous les gens portent un drôle de chapeau noir plat appelé béret, portent tous la moustache, et un truc appelé « baguette de pain » à la ceinture. Il paraît que c’est leur arme standard contre les ennemis. Heureusement, ils ne se doutent pas que je suis un Jedi, car j’en arbore une moi aussi. J’ai imité leur style vestimentaire ; la moustache me va vraiment très mal, mais au moins le chapeau discipline ma coiffure, ça permet de passer inaperçu.

Je suis dans un coin plutôt tranquille, sur le Boulevard Saint-Germain. Je sais où trouver ma cible : il est un adepte d’un étrange loisir qui consiste à lire des informations sous formes d’illustrations découpées en cases, imprimées sur du papier. Curieux, un Sith qui s’intéresse à une technologie aussi primitive, mais bon, on va pas chercher, je suis là pour faire mon boulot : je le trouve, je le bute, et je me casse ! D’ailleurs c’est ma dernière mission avant mon prochain congé, il est temps que je rentre un peu chez moi m’occuper de mon rancor et de mon potager. Je rechigne pas à l’ouvrage, mais faut pas abuser, quand même !

Rue Saint-Jacques : voilà, j’y suis. Personne ne m’a repéré, visiblement mon subterfuge fonctionne à merveille ; Je rentre dans une petite boutique sombre, remplie de gros types en T-shirts avec une barbe de trois jours, penchés sur leurs livres à cases. Lequel est un Sith ? Voyons, concentrons-nous : Maître Petrovitch m’a enseigné comment sentir l’obscurité de l’adversaire. Je remonte vers la gauche, en directions de petites effigies de plastiques dans des emballages, suspendues au mur. Il y a deux types en face de moi. Le premier est un gros lard au crâne tondu, avec une petite moustache, et le second un petit tout maigre, avec une casquette – une casquette ? Il n’a pas de béret, déjà, c’est suspect. J’écoute leur conversation en essayant de rester le plus discret que possible.
_ Eh, t’as vu, une nouvelle édition limitée des figurines de Reservoir Dogs !
_ Mouais, bof, pas très différente de la précédente…
Reservoir Dogs ? Des chiens Sith d’attaque, certainement. Je crois bien que je tiens mon homme ! Je dégaine mon sabre et le brandit d’un geste auguste en direction de la poitrine de mon adversaire.
_ Rends-toi, chien de Sith ! Ou ces paroles seront tes dernières - ce qui serait loin d’être glorieux, cela dit en passant.

Le gros type me regarde d’un air complètement abruti. L’autre observe ma tenue d’un air surpris. Il ne doit pas non plus connaître les coutumes locales, ils sont sûrement de mèche. Diantre, deux adversaires pour moi tout seul ! Je n’en ferai qu’une bouchée.
_ Eh, calme-toi, mon gars ? Qu’est-ce qui te prend ?
_ Ne te moque pas de moi, jeune scélérat ! Jette ton sabre laser au sol et met-toi à genoux immédiatement !
_ Mais il est complètement taré ce mec ! Eh, repose ton sabre laser sur l’étagère de derrière et rentre dormir un peu, tu m’as pas l’air… AOUCH !

Je lui ai donné un bon coup de manche dans le gras du bide. Il l’avait cherché. On ne me la fait pas, à moi. J’active mon arme, et le bruit fait se retourner vers moi toutes les personnes présentes. J’espère qu’il n’a pas d’autres complices, parce que là, quand même, ils sont beaucoup à ne pas avoir de tenue locale, ça risque de faire un peu trop pour moi.
_ Reculez, vous autres ! Si tu crois que je vais te laisser partir comme ça, gros lard, tu te trompes ! Soit tu me suis, soit je te décapite, c’est clair ?
_ Mais putain, c’est quoi ton délire ? me hurle le petit maigre à côté. Et d’où tu le sors ce sabre rose ?
Ah, il a remarqué. Comme si j’avais besoin d’une remarque supplémentaire là-dessus. Enfin bon, ça m’empêchera pas de…
_ CA SUFFIT ! hurle une voix derrière moi. C’est moi que tu cherches, Jedi.
Je me retourne, et vois un grand type super baraqué dans un grand costume rouge moulant, avec une cagoule qui lui cache le haut du visage. Il a de petites cornes sur la tête et arbore deux « D » entrecroisés sur sa poitrine. J’ai l’impression d’avoir déjà vu ce costume dans un de ces livres à cases, mais peu importe. Cette fois-ci, il n’y a plus de doute : cet homme est bien le Sith que je cherche. Il dégaine de sa ceinture un grand double sabre laser, dont il active les deux lames écarlates dans un grand bruit de… lame de sabre laser, c’est vrai ça, il n’y a pas d’autre son qui ressemble à ces trucs.

_ Ah, tu es là, maudit Sith ! Tu sais ce que je vais faire ? Je vais te tuer. Je vais te couper la main, puis attraper ton sabre au vol et te trancher en deux avec, puis je te couperai la tête, comme ça tu auras une mort classe.
_ Ah. Moi j’avais juste prévu de te balancer dans la Seine, mais c’est bien aussi. Bébert ! Musique !
Le type derrière le comptoir sort un gros autoradio et met une bonne grosse musique de combat final. On prend tous les deux des super poses qui font peur, ça y est, c’est le combat de la mort qui tue, il y a même des chœurs ! Je me rue sur lui avant qu’il ne prenne les devant.
_ Je vais te faire bouffer tes collants rouges !
_ Ah ouais ? Moi je vais te foutre ton machin rose dans le…
Je le balance dans la vitrine, qui explose dans un grand bruit de verre. Il attrape un énorme buste d’un type en noir avec des oreilles pointues et me le plante dans la main.
_ AIE ! Mais ça fait mal !
_ Ahahaha, tu vas comprendre ta douleur !
Evidemment, je tombe toujours sur des sadiques psychopathes. Il continue d’agiter le buste. Mes parades ne suffisent pas, il se bat comme un pro, et son sabre déchiquette tous les autres clients de la boutique qui passent à sa portée. Je vois le gros lard se faire exploser la tête à coup de masse de Sauron (le nom est écrit dessus), le petit court dans tous les sens avant de se prendre les pieds dans une lance Jaffa et de s’empaler sur une sorte de baguette magique ornée d’un sigle « HP » qui lui rentre dans l’œil. Les autres clients se sont déjà barrés, il n’y a plus que Bébert aux platines, et nous deux, dans un combat pour la vie qui décidera de notre destin à tous les deux.

Je saute au-dessus d’une étagère et sors de la boutique, le Sith à mes trousses. Il se bat bien. Très bien même. Comment m’a-t-il reconnu ? Et comment ai-je fait pour le louper avec un look pareil ? Il va vraiment falloir que je m’y prenne mieux pour repérer mes cibles la prochaine fois. S’il y a une prochaine fois…
Je cours vers la Rue des Ecoles, en essayant de ne pas me prendre les pieds dans ma baguette. Tiens, je l’avais oubliée, celle-là ! Je vais tenter de me servir contre l’autre. Je me retourne, et tente de parer son coup avec mon arme, qui se brise net en deux. Ass ! Comment diable…
_ Que croyais-tu faire avec cette baguette de pain, Jedi ? Tu ne m’as pas l’air très doué, dis-moi. Tu es sûr d’être de taille ?
_ Mais… J’aurais dû pouvoir…
Pas le temps de réfléchir, idiot. Ressens, ne pense pas. Fie-toi à ton instinct. Je dois l’empêcher de m’atteindre. Je pare le moindre de ses coups, mais de très peu, tant il est rapide. Il faut que je trouve un truc… Le vaisseau avec des roues qui passe sur ma droite devrait m’aider. Je le fait léviter grâce à la Force… Oui, il vient vers moi ! Non, pas si près… Oh, shit.

BANG !!!!!!

Le truc m’a percuté de plein fouet. Je suis en face d’un énorme bâtiment grisâtre, au pied d’une sorte de fontaine couverte de tags, et le vaisseau s’est encastré dans la fontaine. Moi, je me retrouve la tête coincée dans une barrière, et tout ce que j’arrive à voir ce sont des jeunes avec des sacs à dos qui me regardent d’un drôle d’air. Et la voix du Sith dans mon dos :
_ Alors, petit ? Tu t’arrête là, ou tu veux vraiment que je devienne méchant ? C’est dans ton intérêt, tu sais…
_ I break for nobody, motherf*cker !
Je ne sais même pas pourquoi j’ai dit ça. Je manque de me déboîter les vertèbres en m’extrayant la tête des barres de métal, et je tente de l’attaquer de nouveau. Il pare mon coup, et j’esquive de peu le conducteur du véhicule dont j’ai foiré la lévitation il y a cinq minutes, qui va s’écraser dans le bâtiment derrière moi, six étages plus haut. Et il contrôle la lévitation, en plus ! Il faut que je trouve un moyen. Et je dis ça, alors que je suis en train de fuir vers le fleuve ! Quel nul je fais. D’ailleurs Bébert a changé la musique, maintenant on entend le thème de Benny Hill, c’est dire à quel point je suis tombé bas depuis deux minutes. Mais qu’est-ce que Bébert fout ici, d’ailleurs, il nous a carrément suivi jusqu’ici ? Ah oui, il est derrière le Sith, à traîner son autoradio comme il peut. Le Sith en collants rouges, lui, souffle comme un bœuf, mais il gagne du terrain. Ah, enfin, la Seine. Lui qui voulait me balancer dedans, il va y arriver, si ça se trouve… Non !

_ NON !!! Je ne te laisserai pas gagner ! Je m’appelle Jean-Claude Kenobi, et je suis un Jedi !

Je l’attrape par le collant et le déculotte. Heureusement, il n’avait pas de slip par dessus le pantalon, comme beaucoup d’autres héros de livres à cases. Il lève les yeux d’un air frustré, mais je ne lui laisse pas le temps de réagir : je lui prends son arme, la jette à la flotte.
_ Non ! Pas mon sabre, c’était mon cadeau d’anniversaire !
Il se jette à la flotte aussi. Tout habillé. Enfin presque, son collant est resté par terre. La vache, ça c’est beau, il tient plus à son arme qu’à sa victoire. Je descends l’escalier à côté pour vérifier qu’il ne s’est pas brisé la nuque, ce genre de bourde.
_ Eh ! Le Sith ! T’es pas bien, toi ! Reviens sur la rive !
Je dis ça en haletant, je suis épuisé. Je ne pourrai pas en faire beaucoup plus. Il revient à la nage vers le bord, son arme entre les dents. Lui aussi semble fourbu après toute cette joute. Je l’aide à remonter.
_ Ben alors, Jedi, qu’est-ce que tu fabriques ? Tu ne me trucides pas ?
_ Trop… fatigué…Arf !
_ Moi aussi ! J’en ai marre de ces combats, de toute façon, tous les jours on m’envoie tuer un nouveau Jedi, je me demande pourquoi je fais encore ça…
_ Eh, moi aussi ! J’en ai plus que marre de l’Ordre et de ces Sith qu’on doit pourchasser la Force sait pourquoi !

Il se relève et me donne une tape sur l’épaule :
_ Ben tu sais quoi ? Aujourd’hui, c’est la trêve ! On va aller boire un godet dans ce troquet, on va causer, et tu vas me raconter ta vie, et moi la mienne, et on verra ce qu’on en pense. Aujourd’hui, j’ai envie de savoir ce qu’ils valent, ces foutus Jedi !
Je le regarde, complètement hébété. Un Sith en costume rouge et en slip à carreaux (tiens, oui, je ne l’avais pas remarqué tantôt) me demande de le suivre dans un bar pour discuter de la pluie et du beau temps ? Remarque, plus rien ne me semble absurde, après tout ça. Il a sûrement raison : moi aussi, j’ai toujours voulu savoir ce que valaient vraiment les Sith, en fait.
_ Bon, ben… C’est d’accord.
_ A la bonne heure ! C’est moi qui invite !
On rentre dans un petit bistrot, où on joue une super musique de jazz et où tous les gens ont des drôles de tronches. Il y a une table libre vers le fond, et on s’assoit sous les regards insistants des clients. Il faut dire que le costume du Sith ne passe pas inaperçu.
_ Mais… Pourquoi est-ce que tu portes ce costume rouge ? C’est très voyant, personne ne s’habille comme ça ici !
_ Ah oui, c’est vrai… Les seules informations que j’ai eues sur cette planète m’ont été données par des comics, donc en arrivant ici je pensais que tout le monde portait ce genre de costume et je me suis déguisé en Daredevil…
Ah, comics. C’est donc le nom que ça porte. Bon à savoir pour la suite. Voilà pourquoi il se réfugiait dans cette boutique: il s’était planqué dans le seul endroit où il pouvait passer pour un type normal.
_ Mais si tu crois qu’avec ton béret et ta moustache tu ressembles aux autochtones… De quand elles dataient, tes infos sur ce coin ? Deux siècles ?
_ Mais tout concordait, on m’avait dit que les habitants de cette région portaient tous le béret et la m…
_ Et ça t’a pas effleuré l’esprit de ne voir aucun type comme ça autour de toi depuis que t’es là ?
Ben… Maintenant qu’il le dit, c’est pas faux, j’en ai pas croisé un seul, de type avec moustache et béret. Pas étonnant qu’ils m’aient pris pour un fou dans la boutique tout à l’heure. J’enlève prestement mon couvre-chef et ma moustache postiche, qui de toute façon ne tenait plus que par quelques poils.

_ Deux pintes ! dit mon étrange adversaire au serveur en enlevant sa cagoule. Il a une bonne tête de Sith, avec ses yeux jaunes, mais à part ça rien n’exprime la haine ou la colère en lui. Il a même l’air plutôt content d’être là. Bébert, qui boit une limonade au comptoir en s’épongeant le front, passe Stranger In The Night.
On nous apporte nos « pintes ». Le goût est plutôt étrange, mais ça réchauffe le corps et l’âme, et je commence à reprendre des forces. Mon compagnon, lui, a l’air d’être un habitué : il boit d’un trait la moitié du verre.
_ Alors, Jedi, me dit-il en s’essuyant les lèvres d’un revers de main, quel est ton nom, pour commencer ? Je ne l’ai pas bien saisi, tout à l’heure…
_ Kenobi. Jean-Claude Kenobi.
Il a un grand sursaut. Comme souvent, ma réputation m’a précédé. Enfin, celle de mon nom, évidemment, parce que la mienne en soi, c’est une autre paire de manches.
_ Kenobi… Comme Obi-Wan Kenobi ? Tu es un parent à lui ?
_ Ben… Je suis son petit cousin au deuxième degré du côté de ma mère.
_ Whoaaah ! La classe ! Tu as dû avoir un sacré parcours de Jedi, non ?
_ Ben… Pas vraiment. Déjà, on peut pas dire que mes parents aient eu la main heureuse avec le choix du prénom…
_ Ouais, c’est pas faux…
Il boit une autre gorgée. Je l’imite aussitôt.

_ Et toi, lui dis-je, quel est ton nom ? Dark quelque chose, je suppose, non ? Tu t’appelles Dark comment ?
Il me regarde soudain d’un air un peu gêné, et me répond en baissant les yeux :
_ Dark.
Hum. Il n’a pas dû comprendre la question.
_ Non, je sais que tu t’appelles Dark. Mais le nom qu’il y a après, c’est quoi ?
_ Je viens de te le dire : Dark.
Je le regarde sans comprendre, puis tout à coup je réalise ce qu’il vient de me dire, et j’ai du mal à ne pas m’étrangler de rire.
_ Attends… Dark, c’est ton nom, et c’est Dark ton prénom ? Tu t’appelles…
_ Ouais, c’est moi ! Dark Dark ! Le Sith le plus malchanceux de l’Univers ! Le célébrissime Dark Dark, dont le maître s’est trompé au moment de l’introniser ! Autre chose ?
Il a l’air en colère. Mieux vaut ne pas le brusquer, avec un Sith, on ne sait jamais.
_ Euh… Non, mais ça ne pose pas de problème, tu sais, je demandais juste, c’est tout. Mais… Attend, comment ça ton maître s’est trompé en t’intronisant ? Je n’ai jamais entendu parler de toi avant, ça me paraît curieux…
Il me lance un regard de braise, et en reprenant une gorgée, il commence comme on le fait toujours dans ces cas-là :
_ C’est une longue histoire…
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Aurélien
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MessageSujet: Re: Dark & Kenobi : A la Conquête de l'Espace   Mar 2 Nov - 18:03

Beaucoup de souvenirs douloureux à ressasser; et pourtant, tous étaient nécessaires dans l'explication de ce qui s'est passé à la cérémonie d'intronisation. C'est bien parce-que je suis le premier à qui ce genre de truc arrive que j'ai eu droit à un nom aussi pourri; ils ont pas le droit de refaire deux fois la même crasse pour le nom, pas même à des millénaires d'intervalle.

"Déjà, j'ai pas été intronisé à la meilleure époque pour notre ordre. J'aurais dû me méfier déjà lorsque je suis devenu un sith, trop vieux en principe pour commencer mon parcours dans la Force; mais lorsque l'ordre entier s'est retrouvé composé de vieux croutons, ils ont dû aller chercher de nouveaux membres un peu partout dans la galaxie; moi j'ai été recruté par un nommé Despotos sur une des lunes de Bogden, et j'ai tout de suite été envoyé en mission de reconnaissance sur cette planète bien avant d'être intronisé. Enfin quelques mois avant, puis Dark Robord est mort tué par un Jedi et ils ont décidé de m'introniser.
_ Alors pourquoi t'es sapé comme ça alors que tu as eu le temps de t'habituer aux coutumes du coin?
_ J'ai dit que j'avais été envoyé quelques mois avant, pas que j'avais effectivement atterri quelques mois avant. J'ai même pas eu le temps d'arriver qu'on me rappelait déjà et que j'ai appris qu'il s'était passé des mois et que j'avais un peu traîné.
_ Pourquoi tu as mis des mois alors que moi j'ai pas mis très longtemps?
_ Je sais pas, sûrement l'effet de la vitesse et de la distance. On est dans une galaxie très lointaine par rapport à la notre. Ca doit avoir quelque chose à voir avec le paradoxe des jumeaux.
_ C'est quoi, ça? Un truc de cette planète?
_ Mais non! Oh arrête me dis pas que tu connais pas cette vieille fable Jedi! C'est un gars qui était trop vieux, comme moi, pour faire sa formation, et qui a quand même eu le temps de faire toute sa formation dans un marais avec seulement des cailloux pour s'entraîner, alors que sa soeur jumelle a à peine eu le temps de dériver dans l'espace en quasi-vitesse lumière pendant pas plus de cinq heures. Enfin bref, ça me fait penser, ouais, j'étais trop vieux, mais le gars qui était sur le même secteur que moi, Dark Robord, s'est fait zigouiller, et ils m'ont rappelé.
_ Pourquoi toi? Tu n'y étais que depuis quelques mois.
_ Au tout début, ils voulaient que ce soit Larius qui remplace Robord, mais cet imbécile ne pensait qu'à sa cote de filles. C'est pourquoi c'est moi qui me suis retrouvé sur Korriban devant le seigneur noir de l'ordre, un vénérable très très vieux et très très puissant.
_ S'il était très puissant, il devait être très sage, enfin dans sa catégorie. Pourquoi il t'a choisi un nom comme ça?
_ Tu sais être puissant pour un sith, ça veut dire tomber suffisamment en morceaux pour que ce soit considéré comme une prouesse d'être encore en vie. Et ça veut pas non plus dire avoir beaucoup d'imagination. Il y avait beaucoup de monde dans l'assistance Il a dit :
« A partir de maintenant, je mettrai une capuche »
Et tout le monde a applaudi. Ensuite il a dit:
"vous répondrez au nom de Dark... Dark...
-Oui? J'ai répondu"
Mais il n'a pas continué. Il était vieux et sur le point de s'endormir; au bout d'un long moment, il a compris son erreur. Enfin visiblement. Mais les sith ne reviennent jamais sur ce genre de décisions.
"Maintenant, va, Dark dark. Il a dit.
-Hein? Non attendez c'est pas possible, ai-je dit tandis qu'il s'apprêtait à partir. Je sais! On peut recommencer la cérémonie depuis le début, hein? On va dire que la cérémonie a été interrompu... Heu... Par bégaiement inopiné. Ca arrive, on peut dire que c'est nul et non avenu, hein?
- C'est la Force qui a décidé. Maintenant, acceptez votre destin, seigneur Dark.
- Non mais restez là! vous pouvez pas faire ça! On peut au moins modifier l'ordre des lettres, non? Dark Kard, ça le fait bien!"
_ Et il t'a pas tué sur le champ pour lui avoir répondu?
_ Il avait pas trop intérêt, et c'est pas vraiment le genre de truc qui fasse si mauvais effet chez les sith; déjà, la politesse est pas vraiment motivée par la colère ou la haine. En plus, il aurait pu essayer de se ruer sur moi et de me tuer avec son sabre, mais il était très vieux; et au lieu de ça, deux minutes plus tard, il s'est effondré à terre et il est mort. Faut dire que sur la fin il s'était mis un peu à boire. En plus, ça m'a motivé pour cette mission dans ce trou paumé. au moins, ici, y a pas les autres pour se foutre de moi parce que eux ont des noms qui veulent plus ou moins dire qu'ils vont saborder tout le monde ».

Et en plus, ce n'était pas vraiment comme s'il y avait grand chose à faire ici. Reconnaissance de quoi? Cette planète n'a aucun intérêt stratégique dans la galaxie. Elle n'est même pas vraiment dans la galaxie. En principe, il n'est pas possible de quitter la galaxie, à cause de je ne sais plus quelle énergie de je sais plus quoi. Mais de toute façon, on voyage par l'hyperespace; et qui comprend vraiment comment ça marche, ces bêtises?

Et comment il était arrivé, Kenobi?


Dernière édition par Aurélien le Jeu 4 Aoû - 15:47, édité 1 fois
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ZunuS
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MessageSujet: Re: Dark & Kenobi : A la Conquête de l'Espace   Sam 13 Nov - 16:38

Dark appelle le serveur et commande un deuxième verre. C’est à se demander comment il arrive à boire autant, cette ambiance enfumée commence à me donner le tournis. Il doit vraiment avoir ses habitudes dans ce bar. Bébert, lui, s’est déjà endormi au comptoir, et sa radio éructe une chanson en Hutt qui parle de nourriture… A moins que ce ne soit une tragédie familiale… Bof, de toute façon personne ne comprend vraiment le Hutt, tout le monde fait semblant pour faire genre.

_Alors, d’où sors-tu ? Tu as bien du avoir un parcours au moins aussi mouvementé que le mien !
_ C’est moins spectaculaire, mais je vais essayer de te le résumer…

« _…Déjà, j’ai atterri au Temple un peu par hasard. Mon père, Obi-Ken, a tout de suite senti que j’étais prédestiné à devenir un Jedi, et il m’a amené au Conseil sans même avoir demandé l’avis de qui que ce soit. Comme il est assez haut placé, personne ne lui a posé de questions, et...
_ Attend… » m’interrompt-il soudain. « Ton père s’appelle…
_ Ahem… oui, je sais, ça surprend. En fait c’est pour ça que je m’appelle Jean-Claude, depuis plusieurs générations le succès d’Obi-Wan a poussé ses descendants à ajouter au prénom Obi des suffixes de plus en plus délirants pour faire nom de Jedi cool : il y a eu Obi-Kin, Obi-Dala, l’oncle Obi-Bio qui s’est lancé dans l’agriculture sur Tatooine… Mon père a été le premier à se dire que c’était plus ridicule qu’autre chose, et à rompre la tradition. De toute façon, après Obi-Ken Kenobi, on avait vraiment touché le fond, il aurait eu du mal à en trouver un nouveau. Même Timothy Zahn n'arriverait pas à faire pire.
_ Euh… M’en veux pas, mais je trouve qu’il aurait quand même pu faire mieux…
_ Je trouve aussi, mais ça lui est venu comme ça, je crois… Tu sais ce que c’est, on nous apprend à nous fier à notre instinct sans penser, alors quelque fois ça donne de drôles de trucs. Enfin bref… J’en étais où moi ? Ah, oui, mon arrivée au Temple… »

Je commande un autre verre moi aussi, sinon cette discussion va m’assécher la gorge, je le pressens. Et les pressentiments sont toujours fondés chez les Jedi, surtout quand ils sont mauvais.

« _ J’ai été assigné à Maître Alan Petrovitch Rodriguez, un type tout petit avec un grand nez et de grosses lunettes. Assez sympathique, mais très, très strict. Il dormait sur un lit en bois, ne mangeait que de la soupe qu’il préparait lui-même de peur d’être empoisonné, et depuis son combat avec un Sith qui avait des tatouages rituels rouges et noirs, il était devenu phobique de tout objet avec ces deux couleurs. Et aussi de la chanson de Jeanne Mas. Les padawans s’amusaient régulièrement à la lui mettre dans son comlink…
_ Ah oui, assez spécial le type… C’est qui Jeanne Mas ?
_ Ça vient de ce pays, en fait, ils ont des goûts musicaux assez spéciaux par ici… Et donc, il m’a formé aux voies de la Force.
_ Quel genre de formation ?
_ Oh, l’entraînement standard : soulever des cailloux, manger des racines, ce genre de truc… C’était pas toujours évident. Surtout les racines. Puis il a commencé à m’entraîner au sabre. Je crois que je me souviendrai toute ma vie du premier jour : il m’a fait venir dans une toute petite salle, et m’a donné un sabre minuscule, même pour le gamin que j’étais à l’époque, un Opinelaser, je crois bien. Normalement ça sert d’ouvre-boîte.
_ Les Jedi se trimballent avec des boîtes de conserve en mission ?
_ Normalement pas, mais c’était typique de sa personnalité : il n’avait pas confiance dans les rations énergétiques, il emportait toujours des boîtes de conserve attachées à sa ceinture. Je te dis pas le ramdam pour approcher un ennemi discrètement, ça lui a causé bien des problèmes par la suite… Enfin bref, toujours est-il qu’après ça il a pris une énorme hache qui devait faire deux fois ma taille, et il m’a dit :
_ En garde !
_ Mais, maître… Vous n’êtes pas censé m’apprendre à me battre au sabre ? Je veux dire, ce truc ridicule contre une vibro-hache, je ne peux pas…
_ La taille importe peu.
Et il m’a chargé avec ça. Comme je ne savais pas quoi faire, j’ai lancé le mini-sabre vers lui, ça lui a éraflé la main et il s’est effondré à terre en criant « Au secours ! Au secours ! » Deux infirmières Twi’lek en petite tenue sont venues lui mettre un pansement au doigt et lui faire un bisou, puis sont sorties, et il est reparti à la charge. Maintenant que j’y repense, je le soupçonne de l’avoir fait exprès, il avait une note de frais médicaux ahurissante au Temple. Puis il m’a chargé. Comme je ne savais toujours pas quoi faire, je me suis retourné et j’ai sauté par la fenêtre.
_ Du haut du Temple ? Comment tu t’en es tiré ?
_ Ben… Un droïde d'entretien m'a rattrapé et m'a largué dans une poubelle, d'où j'ai réussi à sortir, mais la benne avait été emportée par les éboueurs et était en train d'être vidée dans une décharge. Heureusement après ça j'ai croisé un sandcrawler Jawa qui m'a ramené exactement à mon point de départ, et j'ai escaladé le mur avec des ventouses géantes qui traînaient là au cas où on aurait des problèmes de tuyauterie, vu que la maintenance publique de Coruscant, c'est vraiment pas des lumières. Bref, la magie des ellipses narratives.
_ Ah. Et après ?
_ Ben, ça a pris un certain temps de me remettre de ça. J’ai essayé de parler à mon père pour avoir un nouvel instructeur, mais il n’a rien voulu savoir. Finalement, après 186 tentatives, j’ai trouvé quoi faire avec le mini-sabre.
_ Lui lancer à la tête ?
_ Non, toujours sur la main, mais j’ai choppé un gros scalpel dans la trousse des infirmières, et j’ai réussi à me battre avec. Et j’ai gagné !
_ Du premier coup ? Avec un scalpel contre une vibro-hache ?
_ Ça m’a pris un certain temps, mais en chantant « En Rouge et Noir » et « Back in Black » pendant suffisamment longtemps, je l’ai obligé à se boucher les oreilles avec ses mains, et je l’ai terrassé. Je l’ai aidé à se relever, puis il a fait un sourire de vainqueur, et il m’a dit : « Bien. Très bien. » Puis il est parti et je suis resté là, à me demander ce que j’étais censé faire ensuite. »

Ah, tiens, Bébert s’est réveillé, il éteint sa radio et commande un sandwich. Il y a moins de clients dans le bar, je commence à parler un peu plus fort.

« _ Je suis devenu assez connu au Temple après ça. Le padawan au scalpel, qu’ils m’appelaient. Du coup, on m’a laissé pas mal de temps libre, et je passais mon temps à impressionner les autres padawans en jonglant avec des cailloux les yeux bandés, ou à faire des blagues. Un truc qu’on adorait faire, c’était d’aller dans la salle des archives et de changer les informations disponibles. Supprimer les planètes surtout, ça les faisait stresser à mort, ils soupçonnaient à chaque fois un complot des Sith ou ce genre de délire. Et puis un jour, dans la salle des archives justement, j’ai fait la rencontre qui devait changer ma vie à tout jamais. »

Je prends une pause et bois une longue gorgée. Damned, ça n’est pas un épisode que j’aime beaucoup raconter, mais il a fait preuve d’une telle franchise avec moi jusqu’à maintenant, je lui dois bien ça. Enfin, il y a quand même le temps, il va falloir que je trouve le courage de raconter un tel épisode. Et pourquoi je parle d'épisodes tout à coup ? Etrange. Enfin, occupons le temps en parlant d'autre chose, ça me facilitera la tâche. Je prends un gros morceau de pain de ma demi-baguette qui m’était restée dans la main, et tout en le mâchant et en constatant que les talents culinaires des autochtones sont bien plus prononcés que leurs techniques d’armurerie, je demande à mon compagnon :
_ Et toi, ton entraînement… Ça s’est passé comment ?
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Aurélien
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MessageSujet: Re: Dark & Kenobi : A la Conquête de l'Espace   Dim 6 Fév - 11:01

« Ben, mon instructeur était un personnage, lui-aussi. Il avait pas de boites de conserve attachées à sa ceinture, mais il avait tout un tas d'autres trucs qui avaient à peu près le même aspect, mais sans le bruit. Il avait un grappin et des tas de choses à lancer. Il aimait pas trop le sabre laser, et encore moins les armes à feu. Avec les copains on disait...
_ Les copains? Tu n'as pas été formé tout seul? Mais je croyais... La règle des deux, tout ça...
_ Ouais mais lui, il en avait rien à faire de ces choses-là. Dans l'ordre, quand ils ont un gros problème à régler, c'est à lui qu'ils font appel. Ce type, tu le laisses sur Hoth en slip sans même une brosse à dents et le lendemain, tu le retrouves devant ta piscine avec un sourire jusqu'aux oreilles et les poches bourrées de Peggat. On dit même qu'il arrive à respirer dans l'espace. Avec les copains, donc, on l'appelait « la chauve souris ».
_ La quoi?
_ Il était chauve et il ressemblait à un rat Womp. On a trouvé le terme dans les archives. A l'époque de l'empire, il y a un rebelle qui aurait dit qu'il mouchait des « chauve-souris » à huit cent mètres sur son T-8. Personne a compris ce qu'il a dit parce-que c'était un plouc de la bordure extérieure et qu'on comprenait pas toujours de quoi il parlait. Bref, ce gars cachait qu'il était chauve avec une cagoule bizarre et il avait des tas de choses dans sa ceinture. On dit même qu'une fois, il en a sorti une carte de crédit.
_ En quoi consistaient les entraînements?
_ Il fallait utiliser la force pour frotter les éviers et les toilettes avec une brosse à dents. C'était pour nous apprendre la discipline et à manier la force pour des frappes chirurgicales sur les objets.
_ Pourquoi ne pas vous avoir appris à faire des manipulations globales? C'est un peu plus dur que faire bouger des pierres ou nettoyer les WC.
_ Non. Avec le côté obscur, c'est pas tellement différent. C'est juste différent dans ton esprit au début. C'est pour ça que le maître nous a appris à libérer notre esprit en nous rasant le crane et en portant une capuche par dessus une casquette. Mais moi j'aimais pas ça.
_ Pourquoi?
_ Ma famille vient d'Alderaan. C'est assez lointain mais on a gardé certaines traditions, dont celle de grignoter du sucre en permanence. Et là y a des gars en bleu, avec des sabres laser pas laser, sûrement du sous-jedi, qui viennent nous emmerder quand on fait ça.
_ Mais alors pourquoi t'es habillé comme ça?
_ Quand j'ai parlé du problème à mon maître, il a dit que je pouvais aussi choisir l'option slip comme lui.
_ L'option slip?
_ Au lieu de porter la casquette sous la capuche, je pouvais préférer porter le pantalon sous le slip. On m'a montré une sélection d'uniformes possibles. Celui-là s'appelle « le démon audacieux ». C'est quand même moins couillon que « l'homme araignée » ou « le glouton ». Ces gars existent pas vraiment mais leur histoire est raconté dans des hololivres pas holographiques. Mais au moins y a des images. C'est mon maître qui me les a fait lire pour que j'en prenne de la graine.
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ZunuS
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MessageSujet: Re: Dark & Kenobi : A la Conquête de l'Espace   Ven 18 Mar - 18:53

Il se faisait déjà tard, et nous n'avions pas vu le temps passer. Alors que le bar commençait à se remplir de touristes vraisemblablement alléchés par l'odeur du breuvage que mon nouveau compagnon m'avait fait découvrir, nous nous levâmes de nos sièges et sortîmes. La nuit était déjà tombée, et malgré la baguette je commençais à ressentir les effets de la faim combinés à ceux de la fatigue.
_ Ecoute, vieux, me dit Dark, je suppose qu'on ne se reverra pas avant un bon bout de temps. Tu sais ce que c'est, la guerre, tout ça... J'espère qu'on n'aura pas à s'affronter de nouveau, en tout cas !
Je tâchais de me resituer dans le contexte présent en faisant abstraction de la torpeur dans laquelle la bière m'avait plongé.
_ Oui, c'est pas faux... Cela dit, il faut être optimiste, la paix est sûrement pour bientôt !
_ Et tu trouves ça bien ? Nous sommes des combattants, pas des gardiens du temple, qu'est-ce qu'on deviendra si la guerre se termine ?
_ Hum... On fera la fête, je suppose. Comme dirait maître Hy-Rool, cette paix est ce pour quoi luttent tous les vrais guerriers.
Il remit sa cagoule et partit vers l'Ouest en longeant le fleuve.
_ Puisses-tu avoir raison... En tout cas ça a été vraiment sympa de pouvoir enfin parler à un Jedi, on m'avait toujours dit que ce n'était pas très réjouissant... A un de ces jours, j'espère !

Puis il s'en alla au loin, l'air paisible, en sifflotant le dernier tube des Modal Nodes. Un drôle de type, ce mr. Dark, loin d'être aussi horrible que ce à quoi on aurait pu s'attendre. Les Sith ne sont donc pas tous hostiles ! Pourquoi ne pas tenter d'adopter leurs us et coutumes après tout, ils ne sont pas plus bizarres que les nôtres !
C'est dans cet état d'esprit que je regagnais tant bien que mal mon vaisseau. Après avoir fait huit fois le tour d'une poubelle en chantant l'Internationale en gungan, je crois me souvenir d'avoir persuadé un clochard qu'il avait un avenir (un truc assez amusant à faire au demeurant), et en arrivant chez moi, d'avoir découpé au sabre la serrure de mon voisin de palier, n'arrivant pas à les ouvrir avec mes clefs.
_ Argnh... Bon, je le rembourserai demain. Ou alors je le convaincrai du contraire. Et squalalah pour le Côté Obscur, y en a marre à la fin de ces règles !
Epuisé, je m'effondrai dans le canapé, très confortable, et dormis du sommeil du juste.

Le lendemain matin, ce fut en réalisant que les ingrédients du petit déjeuner n'étaient pas aussi rances que mes habituelles rations Jedi que je compris où j'étais vraiment. A cet instant précis, une petite fille fit irruption dans la pièce, me dévisagea trente secondes, et repartit en hurlant :
_ Papa ! Papa ! Il y a un monsieur dans la cuisine qui mange mes céréales !
Je me dépêchai d'engloutir les dernières bouchées de mon bol – ne gâchons pas la nourriture, aussi primitive soit-elle venant de cette planète de dégénérés – et courai après la gamine qui risquait d'ameuter tout le reste de la famille. Je me pris les pieds dans un tapis, et m'effondrai sur le sol.
_ Papaaaaaaa !
Mais tais-toi, pour l'amour de... de quoi au juste ?
_ Debout, scélérat ! Et pas de gestes brusques !
Snif snif... De l'ozone. Et un ronronnement caractéristique. Il m'a piqué mon sabre. Tiens non, je l'ai toujours à la ceinture... Mais alors ? Je me retourne : un gros balèze affublé d'une moustache me pointe un sabre jaune sous le nez. Oh non, ce n'est pas possible.
_ Jean-Claude ?!? Mais qu'est-ce que tu fais là ?
Eh si.
_ Cos ? Cos Antilles ? Mais... je croyais que tu avais pris ta retraite !
_ Ben... Oui, j'ai pris ma retraite ici, sur Terre ! J'ai une famille, et j'aimerais bien savoir ce que tu fais dans ma cuisine à prendre ton petit déj !
_ Euh... Tu l'as dit toi-même en fait, je prenais mon petit déj.
Il rengaine son sabre et me donne une grande tape dans le dos qui me rappelle douloureusement mes exploits de la veille.
_ Ça alors, pour une surprise ! Viens, assied-toi, on va manger un morceau, tu va me dire ce qui t'amène ici. A propos, tu connais déjà ma fille, Leia.
La petite me fait un timide signe de la main et repart vers le salon. Ah tiens, elle a des cheveux coiffés en macarons sur les côtés de la tête. Oui, évidemment j'aurais dû y penser. Ces Alderaaniens, incorrigibles !

Nous nous asseyons dans la cuisine. Cos se sert une grande tasse d'un truc noir qui s'appelle le café, et m'en sert une aussi. J'ai l'impression de boire de l'alcool de cactus, mais c'est loin d'être aussi imbuvable que ce que je craignais. Il faudrait que je fasse attention, je passe mon temps à boire des verres avec des gens improbables depuis quelques temps...
_ Alors, JC, quoi de neuf ? Tu es toujours au service de cette bande de givrés ?
_ Euh, oui, je suis toujours un Jedi, si c'est ça que tu veux dire. J'avoue que je commence à en avoir un peu ma claque d'ailleurs, je ne comprendrai jamais quel courage t'a poussé à quitter l'Ordre...
_ Oh, tu sais ce que c'est, on rencontre une fille, on se dit qu'on va passer du Côté Obscur, et puis au bout d'un certain temps, tu te rends compte que non, tu ne veux pas devenir le plus puissant Jedi de la Galaxie, que tu n'as pas une envie subite de te faire tatouer en rouge et noir ni de t'habiller en curé...
_ En quoi ?
_ Les Jedi d'ici, je t'expliquerai. Bref, tu te rends compte que l'amour, en fait, ça fait que dalle, et tu te dis que cette bande de vieux croûtons sont un peu benêts de t'empêcher de découvrir ce que c'est alors que ça ne gène pas du tout pour être un Jedi.
_ Mais puisque tu as quitté l'Ordre à cause de ça, c'est que ça t'a quand même posé un problème, justement...
_ Non, attends, j'allais y venir. Donc, je me suis dit que j'étais qu'un pauvre type, à me battre contre des allumés que j'avais jamais vus alors que je pouvais très bien me mettre au vert, et donc j'ai demandé à me faire muter chez moi sur Alderaan. Ça se serait bien passé si le service de l'immigration ne m'avait pas confondu avec un autre Cos Antilles qui devait partir en mission ici. J'ai tout essayé, mais rien à faire. Le pire, c'est que l'autre Cos Antilles s'était déjà installé ici, puisqu'il avait déjà reçu son ordre de mission. Du coup, j'ai débarqué sur Terre pour tenter de le retrouver, mais rien à faire, le type s'était volatilisé.
_ Mais enfin, c'est dingue ! Depuis le temps, ils devraient avoir appris à gérer ce genre de problème.
Il secoua la tête d'un air résigné.
_ Bof... Même sur Alderaan, ils ont fini par laisser tomber. Notre manque d'imagination pour les noms et prénoms est désespérant. Une légende raconte même qu'un sénateur de Malastare est mort de rire en lisant les trois premières pages de notre annuaire. Même moi, pour mes enfants, tu as bien vu, je suis incapable de m'en défaire. Ça doit être dans les gènes, je ne sais pas, mais je crois qu'on ne s'en sortira jamais.
_ Laisse-moi deviner... Tu as un fils qui s'appelle Bail ?
Il leva les yeux au ciel en poussant un gros soupir. Je commençai à ressentir une profonde compassion pour le peuple d'Alderaan. Il me tendit un croissant et but une gorgée de son café, en s'essuyant les rebords de son imposante moustache.
_ Enfin, reprit-il, finalement cette histoire ne m'a pas si mal servi, puisque j'ai fini par apprendre que l'autre Cos Antilles était mort au cours de sa mission. Du coup, l'Ordre ne cherchera plus jamais à me retrouver, vu que je n'existe plus sur leurs listes ! Et depuis, je vis ici et je mène une vie paisible.
_ C'est donc bien ce qu'on m'avait raconté, des bruits couraient que tu avais été tué, mais on était plusieurs à se dire que tu t'étais planqué dans un coin tranquille... Je suis très heureux pour toi, je t'envierais presque ! lui dis-je dans un sourire.
_ Ah, mais rien ne t'empêche de m'imiter, il y a plein de coins sympas sur cette planète ! Bon, niveau technologie c'est un peu la dèche, mais on y bouffe plutôt pas mal, et ils savent faire d'autres styles de musique que le jazz de club glauque... Si tu veux, je peux t'aider à trouver où t'installer.
Pourquoi pas, finalement, me dis-je en souriant, après tout on a plus vraiment besoin de moi dans la Galaxie... Quoique.
_ ...Non, je ne peux pas, je regrette. Il y a mon rancor, je ne peux pas l'amener ici, et puis Maître Petrovitch n'y survivrait pas si je quittais l'Ordre, sans parler de mon père ! D'ailleurs, il y a un truc qui me chiffonne : comment tu sais que l'autre type est bien mort, tu l'as vu ?
_Euh... Non, pas vraiment, mais j'ai lu le rapport officiel de l'Ordre, en piratant une connexion holonet, et je suis tombé sur sa nécro. Le pauvre type est raide comme ma bite.
Ah oui, j'avais presque oublié l'humour de Cos et sa légendaire subtilité.
_ En plus le gars qui l'a tué a pas vraiment fait dans la dentelle, si tu vois ce que je veux dire. Il l'a capturé en Afrique et l'a fait piétiner par un millier de troupeaux d'éléphants. Vraiment crade. Et en plus de ça, il lui a tatoué sa marque dans le dos, elle était encore lisible. Deux "D" entrecroisés.
Oh non. Ce n'est pas vrai, c'est impossible. Je lis dans mon coeur, je n'y vois absolument rien comme à chaque fois, et je continue d'écouter le récit de Cos, dans l'attente de la terrible vérité.
_ Et ça, ça ne pardonne pas, mon gars, c'est la marque du plus terrible des assassins Sith, un vrai tueur. Personne ne l'a jamais vu, mais on m'a dit qu'il s'appelait...
_ ...Dark ? Dark Dark ?


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Aurélien
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MessageSujet: Re: Dark & Kenobi : A la Conquête de l'Espace   Mer 31 Aoû - 12:36

Plutôt sympa, en fin de compte, ce Jedi. Mais je ne lui avais pas parlé de ma véritable mission sur cette planète. Et je ne lui avais pas dit non plus combien d'entre nous y avaient été envoyés pour la mener à bien. Nous étions largement au delà des huit mille, et tous autant que nous étions, nous avions la flemme.
Depuis quelques mois, j'habitais avec une nouvelle recrue, et je lui apprenais toutes les ficelles du métier. Nous devions semer le chaos sur cette planète, mais il y avait eu un malentendu. Sous prétexte que la planète était perpétuellement ravagée par des guerres internes, nous devions profiter de la confusion qui découlait de cette guerre civile pour prendre le pouvoir, décréter que les gens devaient désormais porter des haillons, faire venir des droides pour donner régulièrement des coups de fouet aux gens pour qu'il y ait des morts régulièrement et engager quelques types pour cacher de la drogue dans les cadavres et la faire passer clandestinement à travers les frontières pour qu'on comprenne bien que le gouvernement était méchant; ce qui aurait eu pour effet de faire venir les Jedi, et de les faire exploser avec la planète au moyen de l'étoile noire de la mort n°22 qu'on fabrique secrètement depuis dix ans à l'intérieur de la lune.
Le problème, c'est que ça avait rien à voir avec une guerre civile. Cette planète avait juste pas un gouvernement unifié, mais plusieurs gouvernements reconnus par l'ensemble de la planète qui se livraient parfois des guerres sans merci, mais sans confusion aucune, et avec toutes les formes qu'y mettrait le plus old school des seigneurs Sith. Du coup on glandait là depuis des temps immémoriaux parce-qu'on avait pas envie de se voir confier une mission plus compliquée.

"Ils ont encore appelé, aujourd'hui? Demandai-je à ma recrue
_ Oui, répondit-il. Ils ont dit que les Jedi avaient encore envoyé quelqu'un en reconnaissance, un type qui s'appelle Kenobi.
_ Ah, oui, Jean Claude Kenobi. Je l'ai vu tout à l'heure. plutôt sympa.
_ Tu l'as vu et tu l'as pas tué?
_ Ben non, attends, ce serait idiot. Déjà, s'il revient pas rapidement ils en enverront un autre comme la dernière fois et ce sera comme s'il fallait recommencer à zéro avec un nouveau Jedi qu'on connait même pas; et puis en plus si on réfléchit un peu, ce serait super qu'on ait tout un tas de Jedi ici. Tels qu'on les connait, en les travaillant un peu pendant quelques années, on en convaincra deux ou trois de se mettre des tatouages fantasy sur le front et de brailler qu'ils sont le Jedi le plus puissant de leur génération. Et alors on l'aura, notre guerre civile globale tant attendue!
_ Attends... C'est pas nous, normalement, qui sommes les méchants et qui semons le chaos?
_ Les méchants oui, le chaos non. L'Histoire prouve que ce les pouvoirs de deux personnes qui s'y mettent ensemble n'arrivent pas à détruire, les pouvoirs de deux personnes qui sont en train de se battre en duel le réduit en miettes. Nous on est fourbes, donc on s'assassine mutuellement, et on sait qu'on est tous méchants, donc on risque pas de se séparer en deux camps sans raison et de se mettre à se bastonner jusqu'à ce que destruction s'ensuive.
_ Ce serait pas tellement nouveau pourtant...
_ Oui mais ça arrive seulement si on est trop nombreux ou si l'un d'entre nous se prend encore pour un Jedi.
_ Oui, peut-être...
_ Ben alors c'est quoi le problème?
_ Hé bien c'est que...
_ Quoi?
_ Il vient. Il veut t'affronter.
_ Comment tu sais ça, toi?
_ J'ai eu une image de l'avenir
_ Ah. Ouais. C'est pas bien. Tu sais que l'avenir est incertain.
_ Ouais, dans l'interprétation, mais les faits restent les mêmes, et là dans ma vision il tirait son sabre et te regardait d'un air menaçant. Moi, dans ma vision, j'étais derrière toi quand tu te retournais et tu disais « Tu es sûr que je... Oh. »
Tout cela n'avait aucun sens, pourquoi aurais-je posé une telle question dans un moment pareil? Si cela pouvait être une information utile, il fallait que je sois certain qu'elle fût exacte.
« Tu es sûr que je... » Je réalisai ce qui se passait trop tard. Cette information était exacte. Mais parfaitement inutile. Je me retournai.
« Oh. 
_ Dark Dark, fit Kenobi.
_ Jean-Claude Kenobi, fis-je.
_ Tu es en état d'arrestation pour le meurtre de Cos Antilles
_ Si tu voulais m'arrêter pour côté obscur-isme, tu aurais pu m'arrêter avant
_ J'ignorais que tu avais sauvagement tué les nôtres en les faisant piétiner par des éléphants
_ Hein? Ah. Encore un souci de terminologie. C'est vrai qu'on devrait arrêter avec cette histoire de la-vérité-d-un-certain-point-de-vue. Ça peut prêter à confusion. Non, le gars sous les éléphants, c'était pas Cos Antilles, c'était mon maître la chauve souris. Je suis désolé mais tu as quand même dû t'en douter, les Sith sont les Sith. Certaines traditions ont la vie dure.
_ J'ai rencontré un autre Jedi ici, il a dit que tu étais leur pire assassin
_ Je suppose qu'il ne t'a pas dit ce qui était arrivé à Cos Antilles
_ Je t'ai déjà dit, il m'a dit que tu l'avais tué.
_ Pfff. Bon, c'est vrai qu'il avait aucune raison de savoir. Mais on peut vraiment reconnaître quelqu'un qui a été aplati par un millier de troupeaux d'éléphants? Par ailleurs, il me semblait t'avoir dit que je venais d'Alderaan ».

A voir sa tête, je crois qu'il a compris.
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