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Les chapitre 17 et 18 de Nimrodh les oubliés en ligne sur le site d'Écritures plurielles !

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 L'homme sur la colline (Conte interactif)

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ZunuS
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MessageSujet: L'homme sur la colline (Conte interactif)   Lun 15 Nov - 18:47

Soit A, un personnage principal. Donnons-lui une apparence banale : 25 ans, les cheveux bruns, les yeux bleus, une veste grise et un pantalon marron clair, tout ce qu’il faut. Une arme ? Point ne s’en faut, il pourra en trouver sur sa route, et nous ne souhaitons pas encourager les jeunes de ce monde aux bassesses viles et cruelles de la violence physique, vous en conviendrez. Bien. Que faisons-nous de ce brave type ?

Une colline à gravir, tiens. Ça tombe bien, c'est dans le titre. Le voilà qui grimpe. Il grimpe avec un certain aplomb d’ailleurs, sous ce soleil de plomb… Arhhh, non, ça ne va pas, « aplomb » rime avec « plomb », c’est nul ! Bon, disons qu’il pleut. Il grimpe avec aplomb sous ce déluge d’eau et ces grands éclairs terrifiants qui déchirent l’immensité du ciel. Bien, très bien ; passons à la suite.

En haut de la colline, il y a… un vieillard. Il a un grand chapeau, une grande barbe blanche, et il s’appelle… Robert ? Raoul ? Gandalf le Rouge ? Bon, on verra le nom après, le héros n’en a pas non plus après tout, du moins tant qu’on ne considère pas « A » comme en étant un. Notre jeune aventurier se dirige naturellement vers ce vieillard. Le vieillard a une pipe, il lui demande du feu. L’homme, toujours prévoyant, sort un gros briquet de sa poche gauche, et notre ancêtre lui lance un grand sourire tout en tirant les premières bouffées de son ustensile usé par le temps. Il lui dit :

« Mon petit, tu as fait preuve d’une grande générosité à mon égard… » (grande générosité ? Il n’y a rien d’extraordinaire à donner du feu à un type en haut d’une colline… Bon, rajoutez une horde de bêtes féroces menaçant le pauvre bougre, notre jeune premier qui débarque avec une grande épée – il en avait une à la ceinture, en fait – et met en déroute les sinistres créatures, et même résultat. Ça vous va ?) « Pour cela, je souhaiterais te récompenser : tu as droit à trois vœux. Que choisis-tu ? »

Le jeune homme se concentre, il n’aimerait pas prendre une décision à la légère. Il prend une grande inspiration, boutonne sa veste car il commence à faire froid, et lui répond :
« Et bien, monsieur, je… j’avoue que j’apprécierai d’être très riche. » (Bien, ça, mais un peu prévisible. Voyons toujours.)

« Accordé ! » lui dit le vieil homme, et notre héros se retrouve habillé d’un magnifique costume pourpre, dans une immense maison remplie de serviteurs et de corbeilles de fruits (franchement, ne me dites pas que vous n’aviez pas déjà cette image en tête, pourquoi les hommes riches sont-ils toujours vus comme des espèces d’émirs moyenâgeux qui ne pensent qu’à faire bombance ? Enfin bref, au moins on assumera nos clichés, continuons, je vous prie). Il y a des tapis sur tous les murs, des danseuses orientales et un tigre apprivoisé qui ronronne à ses pieds (non, là c’est trop… mais le petit singe ferait vraiment trop cliché, aussi).

Notre homme jouit pendant longtemps des bienfaits de ce monde, et profite de son statut d’homme comblé par la vie. Mais au bout d’un certain temps, il commence à se lasser de ses biens terrestres, et se rend compte qu’il aspire à de plus nobles conquêtes. Il demande alors à l’un de ses serviteurs de préparer son cheval, et part seul jusqu’à la colline où il a rencontré le vieillard. Quelle surprise, il y est toujours. (Tiens, ce serait pas mal, ça : que se passerait-il si le génie changeait d’emplacement pendant l’histoire, et que personne ne sache où il est ? Pas bête, ça, essayons). Non, en fait il n’y a personne en haut de la colline, notre homme maudit les Dieux pour avoir abusé de lui. Pour ce blasphème impardonnable, il est foudroyé sur place, et se retrouve au Paradis, car c’était un homme généreux et bon.

Là-bas, il tente désespérément de se faire entendre des Dieux, leur expliquant que les provoquer n’était nullement son intention, et les implore de lui redonner vie, mais ses requêtes restent sans réponse, et il erre seul dans ce lieu où tous les autres mortels sont heureux jusqu’à la fin des temps. Mais un jour (jour ? Il y a une notion de jour et de nuit au Paradis ? Bon, on va faire avec, c’est vrai que toutes les descriptions du Paradis semblent à chaque fois tellement proches de notre monde qu’on se demande bien ce qu’il a de plus, mais là n’est pas le sujet), il rencontre une superbe créature, plus belle que les premières lueurs de l’aube sur les vertes étendues de… oh, et puis zut.

Bref, il est ébloui par sa beauté à nulle autre pareille, et en tombe éperdument amoureux. Aussitôt, il s’écrie : « Vieillard de la colline ! » (c’est vrai qu’un nom faciliterait grandement les choses… bon, appelons-le Mogdus, ça rend bien) « Mogdus ! Où que tu sois, si tu m’entends, je souhaite vivre le reste de mon existence aux côtés de cette fille, et jouir d’un amour noble et pur pour le restant de mes jours, sans garder le souvenir de cet effroyable endroit ! » Oui, même le Paradis lui apparaissait morne et sombre sans sa bien-aimée… (Mais elle est là, sa bien-aimée, il est au Paradis avec elle, pourquoi souhaiterait-il une autre existence, c’est nul comme situation !)

Bon, après tout, puisqu’il a été foudroyé, on n’a qu’à dire qu’il a mené une vie faite de débauche et de luxure, il a donc été expédié en Enfer, où lui et sa compagne (qui n’a pas faire preuve d’une grande piété elle non plus, à en juger par sa situation) se sont rencontrés. Il demande donc à pouvoir vivre avec elle sans souffrir mille tourments et sans se souvenir de cet effroyable endroit… Oui, ça semble logique.

Mogdus, qui lui était au Paradis (normal, c’était un vieillard, il est mort entre-temps, ça tombe sous le sens) trouve que ça fait beaucoup pour un seul vœu, mais consent à le lui accorder, étant donné qu’il souffre quand même beaucoup pour pas grand chose. Et hop, voilà nos deux tourtereaux parachutés dans leur palais, et ayant oublié toutes leurs mésaventures. Ils vivent donc une existence paisible et heureuse, et notre héros, qui a enfin trouvé une raison de vivre, est très heureux et… non, pas beaucoup d’enfants, tout le monde a horreur de cette fin, c’est à se demander comment ça existe encore, un truc pareil. Mais en tout cas, il n’a nulle raison de se plaindre, et tout est bien qui finit bien.

(Aha ! Piégés ! Piégés, piégés, piégés ! Vous êtes frustrés, pas vrai ? Dans votre esprit de calculateur, vous n’avez vu que des chiffres émanant de ces lettres, et vous avez compté deux vœux seulement, n’est-ce pas ? Vous voudriez bien savoir quel est le troisième, avouez-le ! Mais si le héros n’a pas envie d’en faire un troisième, hein ? On n’y pense jamais, à celle-là ! Vous voilà frustrés pour l’éternité, vous maudissez cette histoire stupide et son créateur qui vous ont fait perdre votre temps pour rien… Bon, d’accord, c’est pas très sympa, et puis c’est pas une très bonne fin non plus. Allez, je vais vous faire plaisir, on va le faire arriver, ce dernier vœu. Vous êtes contents ? Bien, continuons.)

Notre héros vit donc heureux, tout va pour le mieux, sauf que la vie n’est jamais si parfaite que ça, et qu’un beau jour sa compagne se voit atteinte d’un mal incurable que nul ne peut guérir. Il décidé donc de partir sur la colline pour demander un dernier vœu à Mogdus… (ark, non, c’est vrai, il n’y est plus, puisqu’il est mort, ce brave Mogdus… Et en plus il sait qu’il n’est pas là-bas, pourquoi retournerait-il sur cette colline ? Bon, il ne sort pas de son palais, en fait). Il lève les yeux au ciel depuis son balcon incrusté d’or et de pierreries, et hurle à la face du monde :

« Mogdus ! Je t’en prie, si tu m’entends, je te demande de sauver ma compagne de ce malheur terrible ! Je te demande de la guérir de ce mal et de lui permettre de continuer de vivre à mes côtés ! »
A cet instant, dans un grondement de tonnerre, une voix tonitruante s’élève de la plaine au loin et lui répond :
« Accordé ! »
Et sa compagne guérit aussitôt, et leur vie reprend son cours normal. Notre héros est en paix et heureux. (Il l’était déjà avant… Il servait à quoi ce passage en fait ? Ah oui, il n’a plus de vœux maintenant, voyons voir ce qui va lui arriver…)

Notre homme continue sa vie, comme il l’avait demandé au vieillard (je le sais, qu’il s’appelle Mogdus, j’ai le droit de continuer à l’appeler "vieillard" tout de même !), et un jour, il s’aperçoit qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre, et que lui et sa compagne vont bientôt s’éteindre. Il ne souhaite pas mourir, car il a trop apprécié cette vie, alors il se lève, chancelant sur sa canne, crachotant sous sa longue barbe blanche, et, cahin-caha, se rend une nouvelle fois sur son balcon, pour réclamer son dernier vœu (son dernier vœu ? Mais il l’a déjà utilisé, ma parole ! Ah, mais non, c’est vrai : il l’ignore ! Souvenez-vous : il n’a gardé aucun souvenir de l’Enfer, et ne se rappelle donc plus qu’il a déjà utilisé son deuxième vœu pour revenir à la vie).

Il lève les yeux vers le ciel, et d’une voix tremblante, dit :
« Mogdus ! Je sais quel est mon dernier vœu : s’il te plaît, fais-moi vivre éternellement, moi et ma femme, afin que plus jamais nous ne manquions de rien ! Rends-nous heureux, à tout jamais ! »
Mais la voix de Mogdus résonne à ses oreilles :
« Non, mon ami, tu t’es montré noble et courageux lorsque tu m’a sauvé la vie il y a longtemps, mais tu as épuisé tes trois vœux, et je ne puis satisfaire ta requête. Adieu ! »
« Non, Mogdus, par pitié, non ! » s’écrit le vieillard (pas Mogdus, l’autre, le héros, lui aussi est devenu vieux maintenant - oui, je sais, ça se complique).

C’est alors qu’il se souvient de tout – de sa rencontre avec sa compagne, des mille tourments qu’il a enduré aux Enfers, et il comprend que c’est là qu’il souffrira jusqu’à la fin des temps.
Alors, il s’en retourne dans son palais, monte lentement les marches le conduisant jusqu’à sa chambre, et s’allonge aux côtés de sa bien-aimée mourante, qui le regarde et lit une expression étrange sur son visage.
« Qu’y a-t-il, mon aimé ? » lui demande-t-elle. « Il ne nous reste que peu de temps, je t’en prie, dis-moi ce qui te préoccupe. »
Il sourit et lui dit :

« Rien, mon aimée, rien du tout. Bientôt nous endurerons de terribles tourments, bientôt nous connaîtrons la damnation éternelle et souffrirons mille maux, mais je n’en ai plus peur à présent. Je sais que tu seras avec moi, que nous serons ensemble pour affronter toutes les épreuves que le destin nous enverra, et cela me va. Je t’aime plus que tout au monde. Grâce à toi, j’ai vécu bien plus que je ne l’aurais jamais espéré ; maintenant, je suis prêt à partir. »

Alors le Grand Ange de la Mort au sourire grimaçant se posa sur le rebord de la fenêtre, et la faux s’abattit sur les deux amants, figés l’un contre l’autre. Ils ne tremblaient déjà plus, ils se tenaient par la main, affichant un léger sourire face à cet ultime lancer de dé que leur infligeait le destin. Et ils ne vécurent plus, ne furent plus jamais heureux, n’eurent pas d’enfant, mais au moins, l’amour est toujours le plus fort, et ça me semble être une bonne fin. Non ?

(« C’est vrai que c’est beau, mais tu aurais pu expliquer pourquoi ils se retrouvent en Enfer, si ça se trouve ils l’ont bien mérité… Et puis c’est facile d’utiliser l’humour pour cacher les moments où tu ne sais plus quoi faire ! »
« Je sais, Tchoucky, je sais… Même Aurélien serait d’accord avec toi. Et toi, Pesmé, qu'est-ce que tu en penses ? »
« Hrumpf ? »)
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