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Les chapitre 17 et 18 de Nimrodh les oubliés en ligne sur le site d'Écritures plurielles !

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 Nimrodh, les oubliés

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Ayoju
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MessageSujet: Nimrodh, les oubliés   Dim 31 Juil - 23:04

Chapitre I : Âme perdue sur un champ de bataille.

Jonas Atrayde
Je me réveillai, comme d’habitude depuis 8 ans, avec la désagréable impression d’avoir été abandonné pendant la nuit. Ma main se balada quelques instants à ma droite, dans le vide qu’il y avait entre ma tête et le mur. Ne sentant toujours rien, j’ouvris les yeux sur l’absence de lumière dans mon Block. Je m’assis au bord de mon lit, la tête dans les mains, en essayant tant bien que mal de me réveiller.
- Lumière !
Le plafonnier principal s’illumina. J’observai pendant un petite minute le vide interstellaire par mon unique hublot, puis je me décidai enfin à me lever. Le lit se rétracta automatiquement dans le mur aussitôt que je l’eus quitté, puis je me dirigeai vers le grand meuble sur lequel étaient posées mes cigarettes. Ces cigarettes synthétiques à la tricynine d’alium, faites pour arrêter de fumer. Je la mis négligemment entre mes lèvres pâteuses et l’allumai avec un briquet d’avant guerre, seule chose qui aurait pu me lier d’une quelconque manière, encore à la Terre.
Je m’appelle Jonas Atrayde, matricule PC-183804. Voilà 15 ans, jour pour jour que j’avais rejoint les rangs de l’armée d’Etrenank. Commençant par le niveau le plus bas de l’échelle : La chair à canon que l’on envoyait sur les fronts Terrestres ennemis, jusqu’à ce que cette classe soit supprimée. Me voici désormais pilote d’élite de bombardier FS (Fire Storm). Je pouvais depuis assouvir ma soif de vengeance autant que je le désirais, en rayant de la surface de ce qui reste de notre planète d’origine, toutes ces ordures qui avaient voulu y rester. Je ne comptais plus mes innombrables victimes tombées sous les déluges de feu de mon vaisseau, mais je n’aurais été satisfait que le jour où ces monstres ne seraient plus qu’un souvenir.
Ma Lyse, ma chère Lyse qui me manquait tant avait été tuée de sang froid au cours d’un combat par un soldat ennemi, alors qu’elle faisait son devoir de médecin de terrain. Je lui avais pourtant toujours dit qu’elle avait trop bon cœur. En effet, c’était également un soldat ennemi qu’elle soignait, alors qu’elle fut froidement abattue par un autre porc qui n’avait que faire de la survie de son compagnon de régiment. Je savais pertinemment qu’il était mauvais de penser ainsi. J’en voulais à toute la Terre pour le comportement d’un seul Terrien. Mais après tout, il y avait sûrement des centaines d’autres comme celui là, des milliers, voir des millions !
Etait-ce notre faute ? Non. Il y 300 ans, quand la Terre était mourante, une poignée de gens à l’échelle planétaire furent sélectionnés pour former les futures colonies de l’espace. Les Lambs restés sur Terre devaient dès lors s’adapter à survivre sur une planète avec peu de ressources. Hélas, c’était bel et bien tout ce que m’avait appris ma courte instruction dans mon école militaire.
La guerre n’avait jamais été officiellement déclarée, que ce soit par les Lambs ou par les Solarians, mais nous étions bel et bien en conflit depuis ce temps. J’ignorais pour quelle véritable raison tout cela avait commencé, pourquoi les Lambs avaient refusé toutes les solutions que le gouvernement des Territoires Fédérés leur avait proposées ? Mais quelles que soient leurs raisons, elles n’étaient certainement pas bonnes.
Après m’être longuement perdu dans mes réflexions et mes souvenirs, j’écrasai ma cigarette et jetai un coup d’œil rapide à mon moniteur de messagerie. Il y avait un message du Commandant qui était apparemment là depuis la veille. Je m’étais couché très tard suite à de nombreux entraînements sur simulateur et n’avais pas pris soin de regarder. Heureusement pour moi, j’avais encore une bonne heure devant moi pour me préparer. Je fis une toilette rapide et enfilait mon uniforme.
Je sortis de mon Block et me dirigeai vers la salle de briefing. Je marchai d’un pas nonchalant le long des couloirs high tech de la station, doucement éclairés par une lumière bleutée. Au vu du nombre de soldats y circulant, il y avait peut être une opération d’envergure en préparation. Quelques mètres avant d’atteindre mon but, je croisai Jowy au détour d’un couloir. Jowy Belnades, quasiment le seul vrai ami qu’il m’avait été donné de me faire durant ces années d’instructions. Nous nous ressemblions sur peu de points, nous avions la même haine envers les Lambs. C’était cela qui nous avait réellement rapproché, après la mort de Lyse. S’approchant de moi, il m’aborda sur ton gaillard.
- Alors Atrayde ! On arrive encore le dernier ?
- Tout le monde est déjà là ?
- Tout l’escadron !
- Je vais devoir encore faire des excuses au Lieutenant ! dis je d’un air rageur.
- Laisse, je vais le faire pour toi !
- C’est sympa !
Nous entrâmes alors dans la salle, où presque tous les sièges étaient déjà pris, je réussis tout de même à en trouver deux inoccupés, au premier rang.
Jowy parla quelques minutes avec le Lieutenant, puis il vint s’asseoir à côté de moi. Avant que le briefing ne commence, il me dit à voix basse :
- Devine qui la prison haute sécurité va accueillir dans quelques heures ?
- J’en sais rien, répondis-je indifférent.
- Franck Rhoan !
- Le savant fou, celui de qui on a dit qu’il avait inventé une arme terrible ? demandai-je avec plus d’intérêt.
- Tout à fait ! Il a faillit s’échapper de sa dernière prison, alors ils le transfèrent ici !
- Comme s’il n’y avait pas déjà suffisamment de fous dans cette station ! S’il s’obstine à ne pas avouer ses secrets, pourquoi on ne le liquide pas ?
- Mon ami, ça c’est le gouvernement d’Etrenank qui décide !
Le Lieutenant intima alors le silence, le briefing commença.
La mission d’aujourd’hui était capitale : Dans la petite ville d’Ajira, était dissimulé un nouveau prototype de Canon Ionique que les plus éminents (et les plus recherchés par les commandos d’Etrenank) physiciens Terriens avaient fabriqué, couverts par une usine dévastée. Ce prototype serait capable de percer n’importe quel blindage qui protège actuellement la flotte Solariane. L’objectif était simple : la localisation du prototype n’ayant pas pu être précise, il avait été décidé d’envoyer notre escadron et de rayer de la carte par une frappe éclair et sous un tapis de bombes, la ville et ses environs. Plusieurs allers-retours devaient être effectués enfin d’être sûr qu’il n’en resterait pas la moindre trace. Cet objectif ne plaisait pas à tout le monde, car les pertes civiles seraient conséquentes. Pour moi, le résultat serait le même. Je pourrais même me réjouir d’avoir tué autant de ces déchets en quelques minutes.
Après avoir rejoint ma plate forme d’arrimage, j’embarquai avec mon copilote dans mon vaisseau. Nous quittâmes rapidement la station puis l’orbite lunaire, restant en formation serrée malgré l’imposant gabarit de nos vaisseaux. Quand nous entrâmes dans l’atmosphère, nous ne pûmes rien voir au travers des gros nuages noirs qui recouvraient notre grand objectif. Nous devions seulement nous fier à nos radars.
Soudain, j’entendis non loin de moi une détonation. Mes instruments de bord surveillant l’état de mes équipiers, je vis qu’un canon longue portée avait touché sans dégâts apparents, le vaisseau de Jowy. J’entendis une communication du Capitaine.
- A tout l’escadron ! L’ennemi a anticipé notre attaque ! Foncez sur l’objectif et rasez tout !
Je sentais un tremblotement dans sa voix. L’espion que mes supérieurs avaient envoyé enquêter sur le prototype n’était pas revenu. Il semblait qu’ils avaient placé trop de confiance dans cet homme qui les avait apparemment trahis. Quand nous fûmes enfin sortis de cet énorme voile noir, nous étions en vue de Ajira. Un très vaste paysage métallique gris et terne, vomissant sa rouille et sa décrépitude profonde sur ce qu’il peut rester de verdure aux alentours. C’était une sombre tanière qui cachait bien les rats qui y vivaient. Il fallait que nous soyons au raz du sol pour être au maximum de notre efficacité. Et bien que les innombrables tirs que je voyais défiler à une vitesse faramineuse ne causaient pas beaucoup de dégâts sur nos appareils, ils nous ralentissaient considérablement.
Quand nous arrivâmes à portée, je larguai au même moment que mes équipiers mes bombes EMP. En un rien de temps, l’artillerie au sol avait été neutralisée. Après quelques allers-retours relativement faciles, ce qui restait de la ville allait être bientôt enterré sous ses propres décombres.
Mais lorsque nous reprîmes de l’altitude, j’entendis une nouvelle détonation, mais beaucoup plus forte : Un autre vaisseau non loin de moi perdait rapidement de l’altitude et était en proie aux flammes. A une minute d’intervalle, un autre explosa purement et simplement.
Nous n’avions pas eu le prototype ! Et il avait même était activé pendant que nous bombardions la ville ! C’est alors que cela arriva : Je fus touché à mon tour et entamai ma descente.
- Jonas ! Jonas !! cria vainement Jowy dans la radio qui se mit à grésiller.
Des étincelles fusèrent partout dans le cockpit et mes instruments ne répondirent plus du tout, provoquant la panique chez mon copilote. Lorsque nous touchâmes le sol avec une extrême violence, il mourut sur le coup, la tête fracassée contre la vitre principale. Je n’avais pas pris le soin de vérifier, mais j’avais moi-même subi un gros choc crânien dans cet atterrissage forcé. De plus, le sang coulait à flot de son front. Je sortis avec un peu de mal par l’issue de secours, emportant avec moi les armes qui m’accompagnaient toujours : Un fusil laser, et un Blaster de l’armée.
Je m’étais écrasé aux abords de la ville, dans une vaste étendue d’herbe grisâtre, non loin d’un arbre mort qui avait résisté au souffle du choc et au déplacement de terre provoqué. Victime d’un étourdissement, je m’assis au sol contre cet arbre et allumai une de mes cigarettes que j’avais emportées dans mon uniforme. J’observai avec attention les volutes de fumées s’échapper du bout rouge.
- Juste au moment où je décide d’arrêter de fumer… si j’avais su ! pensai-je
Malgré ma vue troublée par le choc, je pus apercevoir clairement, sortir de l’épave de mon vaisseau une silhouette humaine. Je crus tout d’abord que c’était mon copilote qui avait survécu, mais je remarquai une chose étrange : cette silhouette avait une longue queue, exactement comme un félin. Je vis son visage qui se tournait vers moi, puis il accéléra le pas.
Je n’avais pas le choix : Je me relevais rapidement et pointait mon Blaster chargé vers cet « homme ».
- Hé vous ! Arrêtez !!
Je n’eus pas le temps de réagir que je fus touché dans le dos par une charge énergétique, venant sans doute d’une arme paralysante. Etant affaibli, je ne pus résister plus d’une minute, je sombrai dans l’inconscience en laissant tomber mon arme. Que suis-je venu faire dans cette mission… ?

Kara
Une pluie d'étoiles... Une pluie d'étincelles et de flammes.
Cachée dans cette carcasse d'acier qu'est ce vaisseau, je regarde ce spectacle terrifiant et beau. Le sol vibre sous le crash des vaisseaux. Les yeux rivés vers le ciel, malgré l'éloignement du champ de bataille, je "sens" de la peur, beaucoup de peur.
« Maman » est près du sas, et m’appelle :
« Kara, écoute-moi. D’accord ?
- Oui Maman…
- Je vais sortir un petit moment. Je dois aller faire quelque chose.
- Je viens pas avec toi ?
- Non, Kara. J’y vais seule.
Bizarre. Quand « Maman » part, je viens toujours avec elle. C’est pas normal. Ca doit être grave…
- D’accord Maman. Et tu veux que je reste sur le vaisseau, hein ?
- Elle esquisse un sourire. Mais je « sens » de l’inquiétude en elle. De l’anxiété aussi. « Maman » a peur de me laisser ici toute seule. Oui, c’est ça.
- Mais Kara, fais attention. Ne sors pas. Reste sur le vaisseau et garde-le d’accord ? Kara, tu comprends ?
Je sais pas pourquoi, mais elle allait dire ça. Oui, maintenant je « vois » qu’elle a peur, peur pour moi. D’abord, elle part dehors sans moi, puis elle ne semble pas vouloir me laisser seule dans le vaisseau… Que va faire « Maman » ? En tous cas c’est grave. Je lui « donne » de l’affection pour la rassurer. Si ce qu’elle va faire est pas normal, je dois la calmer.
J’entends « Maman » me faire des recommandations, mais je n’écoute pas. Je les connais.
- Je… environ une heure… Kara, tu… Et surtout il…
J’ai l’impression de connaître l’endroit où on est. C’est tout vague dans ma tête. Tout est sombre. Suis-je déjà allée ici ? Peut-être…
« Maman » met du temps pour partir. Elle a peur… Elle s’inquiète. Je sais pas ce qu’elle va faire mais… la voir aussi troublée de me laisser toute seule dans le vaisseau, ça me fait bizarre.
- Maman… C’est quoi que tu vas faire dehors ?
- Je… Je vais régler quelque chose. Alors tu attends mon retour.
Je serre « Maman » à la taille. Faut pas qu’elle ait autant peur de me laisser.
- Allez, ‘faut que tu ailles régler ta chose, Maman.
Elle sourit, me fait une bise puis ouvre le sas du vaisseau.
- J’y vais. Reste là, je reviens. »

Pourtant... "Maman" sait que je ne n'obéirai pas à ses ordres.
Je pose mon "faux-bras" bionique sur le tableau d'ouverture. La porte coulisse doucement, laissant entrer un air lourd, mauvais... Je saute du vaisseau et trottine vers le lieu du bombardement. Le vaisseau est dissimulé, le mode "Camouflage" activé.
Je trottine presque, poussant mes jambes à courir vite, très vite. Je ne perçois presque plus rien. Un mot passe dans ma tête : Mort. Le "Sommeil sans éveil"... Ils sont...
Je cours toujours, écrasant des brindilles sèches et foulant un sol fait de poussière et de rocs saillants. Et tout est noir, sombre...
J'aperçois une carcasse de vaisseau... de guerre. Des flaques rouges dégringolent du cockpit brisé.
Bizarrement, je n'ai pas peur, je ne suis pas terrifiée à la vue de ces images de mort.
Peur... Crainte ! Je sens quelque chose ! Il y a quelqu'un !
Et c'est là que je la vois. Cette silhouette fine et élancée, qui s'échappe, collée au vaisseau. Je la suis, aussi discrètement que possible.
Cette personne n'est pas comme les autres. J'ai vu qu'elle avait une queue, des oreilles fines, et qu'elle marchait sur ses orteils.
Je remarque une drôle de forme, allongée sous un arbre mort. C'est un homme, qui pointe une arme sur l'homme-félin. Il veut le tuer ?
D'une main, je retire de ma sacoche une boule paralysante et la lance sur l'homme sous l'arbre. Il la reçoit dans le dos, et s'effondre par terre. Je ne veux pas qu'on fasse mal à ce drôle d'homme à moitié chat.
Je continue ma marche et à quelques mètres de cet homme-félin, il s'arrête. Il m'a entendue, peut-être sentie. Je continue d'avancer, doucement. Avec force, j'essaye de lui transmettre mon sentiment de curiosité. Oui... Curiosité pour lui.
Il ne bouge toujours pas, et tourne la tête dans ma direction.
Arrivée à un mètre ou deux de lui, je le regarde dans les yeux. Des yeux... de chat. Je me relève continuant de lui "donner" ma curiosité, un sourire naissant aux lèvres.


Dernière édition par le Mar 5 Sep - 12:33, édité 1 fois
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Ayoju
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Dim 31 Juil - 23:06

Vamy Lilyah
Je somnolais perchée sur la branche d'un arbre d'où j’aperçus une pluie d'étoiles et d'étincelles de flammes. Je me relevai et essayai de voir ce qui se passait mais ma vue n'était pas assez bonne pour voir de loin. Alors je sautai à même le sol sans me soucier si je pouvais me faire mal ou non. Je me précipitai très vite en haut de la colline pour apercevoir ce qui se passait.
Ainsi à quelques centimètres du vide, j'observais. J'en avais l'habitude. Je venais souvent ici car on pouvait voir tout l'horizon.
Mais ce n'était pas le moment d'observer uniquement le paysage. Je voulais savoir d'où pouvait provenir ce que je venais d'apercevoir. Je reportai mon attention sur la plaine. Je pus voir un vaisseau. Je me demandai pourquoi il était ici. Peu importe, le mieux était d'observer et de n'intervenir que quand j'aurai tous les éléments en main. Puis je regardai à nouveau ce qui se passait. Je pouvais voir une fille s'approcher du lieu. D'après ce que je pouvais voir, elle lançait une boule de feu sur un soldat et finit par s'approcher d'une étrange créature. Il me sembla apercevoir une sorte de chat mais ressemblant à un humain.
- Je n'ai jamais vu ça. Songeai-je à voix haute.
Je reportai mon attention sur la scène de plus en plus intriguée. Depuis que je connaissais cet endroit, je n'avais jamais pu voir ce genre de choses ni ce genre de créature. Je n'avais jamais entendu parler d'un récit qui mentionnait leur existence. Pourtant Dieu savait que j'aimais lire. J'ai passé mon enfance à dévorer des centaines de livres sur les sujets les plus divers. J'étais certaine de n'être jamais tombé à un moment quelconque. Aucun souvenir ne me revenait comme si cela n'existait pas. Mais alors qu'est que cela pouvait être? Si j'avais l'habitude de boire et qu'il serait rose, je ne me serais posé aucune question mais ce n'était absolument pas le cas.
Je devais donc rester prudente et ne pas y aller tout de suite.
Ce pourrait être dangereux et je n'avais pour le moment aucun intérêt à m'immiscer dans cette affaire.
Je finis par m'allonger à plat ventre comme un soldat observant ce qui allait se passer.

Xorth
J’avais trouvé cette drôle de coquille volante par hasard. La curiosité aidant je m’étais retrouvé à l’intérieur quand elle s’envola. La manœuvre fut tellement brusque que je me cognai la tête et perdis connaissance.
Quand je repris mes esprits, ma première idée fut de sortir d’ici. Mais l’ouverture était maintenant bouchée. Comment faire !? Ma première idée fut de faire une ouverture moi-même. Ayant sorti mes griffes, je m’attaquai à la paroi, confiant : Même la roche la plus dure de mon monde d’origine n’y résistait pas. Après avoir griffé et entaillé pendant plusieurs heures, je dus me résoudre au fait que je ne pouvais pas faire mieux qu’une égratignure à cette étrange matière. Exténué, cet effort m’avait ouvert l’appétit. Je ne rêvais que d’une chose : une cuisse d’Atsu cuite à point, saignante ! Mais il n’y avait certainement pas de viande ici. Encore moins de viande cuite ! Rien que d’y penser, j’en avais la bave aux lèvres. Cela me donna le courage nécessaire pour trouver de quoi me mettre sous la dent. J’entrepris donc de fouiller ma « prison » afin de trouver tout ce qui pouvait être comestible.
Me servant de mon odorat, il fut relativement facile de trouver de quoi me mettre sous la dent. J’avais découvert une très grosse quantité de « barres de nourriture ». J’en gaspillai trois avant d’arriver à en ouvrir une : Je la coupai en deux avec une griffe et je mangeai l’intérieur en laissant la « peau » qui elle, était immangeable. Chose que j’avais appris à mes dépends. Ne sachant pas combien de temps je resterai enfermé ici, je décidai de ne manger que le strict minimum une fois par jour.
Les jours passèrent et ma réserve de « barres de nourriture » diminuait. Il m’en restait encore tout de même assez pour tenir quelques jours encore. Le fait que ça avait un goût abominable y était pour quelque chose. J’avais beaucoup maigri, et je dormais beaucoup pour économiser le peu d’énergie que je possédais après un repas. J’avais sentis à plusieurs reprises de fortes secousses, mais apparemment, personne n’avait remarqué ma présence.
Une nouvelle secousse me réveilla. Je ne m’inquiétai pas, je m’y étais habitué. Mais une seconde, plus forte cette fois, se fit sentir. Puis une autre ! Qu’est-ce qui se passait ? Je compris qu’il se passait quelque chose d’anormal à la troisième secousse, qui fit tomber les quelques objets qui étaient là. Instinctivement, je m’accrochai à ce qui était le plus près de moi. Manque de chance, l’objet n’était pas très solide et à la secousse suivante, il se détacha et je ne pus m’empêcher d’aller droit sur la paroi, la tête la première. Le choc fut si violent et si soudain que je perdis connaissance. La dernière chose dont je me rappelai fut la chaleur d’un mince filet de sang qui coulait de mon front.
A mon réveil, la première chose qui me frappa fut l’odeur de l’air, puis je sentis un souffle caresser ma fourrure. Lentement, je me remis debout. Mal à la tête ! Je portai ma main à mon front et sentis une croûte. Je me souvins alors du sang qui coulait de mon front. Voilà pour le mal de tête ! Je regardai autour de moi. Je vis alors que la paroi était « déchirée ». Je me faufilai alors et pus enfin respirer de l’air frai à pleins poumons. J’étais enfin libre !
Un cri, quelqu’un criait. Je me tournai vers la source de ce bruit. Devant moi se tenait une créature qui, d’après les anciennes descriptions, semblait être un Dieu. Enfin j’en avais trouvé un ! Mais celui-ci avait quelque chose de bizarre. Il pointait quelque chose vers moi, il avait l’air menaçant ! Je n’attendis pas la confirmation et je partis en courant, effrayé, sans demander mon reste.
Je n’allai pas très loin, le manque de nourriture se faisait sentir et j’étais déjà épuisé en n’ayant fait que quelques dizaines de mètres. J’étais complètement désorienté. Pourquoi un Dieu voudrait-il me faire du mal ? Nos plus anciens écrits nous les écrivaient comme bons et attentionnés envers nous. Complètement épuisé, je respirais rapidement et bruyamment. Une sensation me parvint. Cette sensation me perturba. Non qu’elle m’était inconnue, mais je ne m’attendais pas à l’avoir ici. C’était le signe d’un contact télépathique.
« Curiosité », c’est la pensée que je compris. Je regardai autour de moi, cherchant qui avait émis. La seule personne que je pus voir fut apparemment une jeune créature, se tenant sur ses deux pattes arrières. Je trouvai aberrant qu’elle puisse tenir debout sans queue pour s’équilibrer. Mais quand je me concentrai sur l’odeur, j’en distinguai deux. Il y avait quelqu’un d’autre !

Franck Rhoan
Un bruit métallique me tira du doux état de somnolence où je me trouvais. J’ouvris un œil, et le refermai. Encore un gardien s’amusant sur les barreaux. Les barreaux. Voilà maintenant huit ans que je ne voyais pas autre chose chaque matin. Qu’ils soient énergétiques ou métalliques. Enfin, seulement métalliques à présent. Les spatiaux était vraiment des gens têtus. Continuer pendant 10 mois à me faire garder par des robots derrière des barreaux énergétiques, tout en sachant que tôt ou tard j’arriverai à les pirater. Au bout de 6 fois, ils retinrent enfin la leçon. Les terriens aux moins, quand ils m’ont capturé, retenaient plus vite la leçon.
Je poussai un soupir, et me mis à réfléchir tranquillement, me forçant à ignorer la douleur lancinante m’irradiant. Une de mes blessures avait dû se rouvrir.
« Pas de torture chez nous », mon œil. Ne pas soigner mes blessures et me soumettre à des électrochocs cérébraux n’est pas de la torture bien sûr. Vivement que je termine ce projecteur à azote.’ Pensai-je.
Je laissai tomber un de mes bras sous ma couchette et tâtai du bout des doigts mon prototype. Au fil des mois, j’avais réussis à réunir suffisamment d’appareils mécaniques et électriques, si petits et inoffensifs soient-ils, et j’avais pu commencer à le réaliser. Encore quelques semaines, et je pourrai à nouveau secouer les puces des gardiens. Je souris amèrement, toujours les yeux fermés. Voilà où j’en suis. Utiliser mes connaissances et mon génie pour ennuyer des gardiens. Je poussais un nouveau soupir.
‘ Je n’aurais jamais dû toucher aux technologies moléculaires’, pensai-je pour la énième fois.
Soudain une légère vibration me fit ouvrir les yeux, et me redresser. Je tendis l’oreille, puis me jetai au sol et y collai cette même oreille. J’entendis vaguement un gardien dire quelque chose comprenant le mot « fou », mais n’y pris pas garde. Une pulsation temporisée.
‘ Une bombe à impulsion. Pas assez puissant pour faire sauter la prison, mais suffisant pour créer un sacré bordel’.
Les pulsations devinrent encore plus fortes. Je fis rapidement quelques calculs mentaux.
‘Huit secondes avant premier choc’
Exactement huit secondes plus tard, la radio new-tech des gardiens explosa dans un feu d’artifice d’étincelles. D’après de nombreux autres bruits, je supposai que tous les appareils électriques de la prison explosaient les uns après les autres. Les gardiens se bousculèrent dans un bruit de bottes vers l’escalier, puis ce fut le silence. Je me recouchai, en cogitant. Le fait que la bombe soit trop faible excluait les terriens. S’ils avait posé une bombe, ç’aurait été pour tout faire sauter. Et s’ils voulaient me récupérer, ce qui ne serait pas la première fois, ils auraient plutôt débarqué en force.
- Qui serait assez bête pour poser une bombe inutile ? Murmurai-je.
- Quelqu’un voulant vous parler, sans doute, dit une voix.
Je me redressai d’un bon. Quelqu’un se trouvait devant les barreaux de ma « cage ». Une femme. Elle devait avoisiner le mètre soixante-dix, la peau et les cheveux sombres, et avait à première vu une plastique irréprochable. Ses yeux lançant un regard froid étincelaient dans la pénombre dûe aux lampes hors services. Elle se rapprocha d’avantage des barreaux, et quelque chose en elle me fit tiquer. Elle me rappelait vaguement quelque chose.
- Devrais-je vous reconnaître ? Demandai-je prudemment.
- A moins que les huit ans à croupir ne vous aient ramolli la cervelle monsieur Rhoan, oui.
La voix me fit enfin faire le lien.
- J’y suis, dis-je avec un sourire sans joie, la femme devant l’ex-Itokyo. Comment va cette gosse que vous traîniez derrière vous ?
Son regard se glaça d’avantage, et je vis luire l’éclat métallique d’une arme de poing.
- Ho, je vois, fis-je avec un regard las. Vous êtes venu me tuer. Et bien allez-y.
Je tirai l’unique chaise en bois de ma geôle, et me mit à la fixer d’un regard que j’espérais impassible.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Dim 31 Juil - 23:06

Dr Nilane Bah
Souvent, je me demande si je ne devrais pas parler à Kara de la terre. Raconter. Afin qu'elle sache d'où elle vient. Comment c'était. Je ne sais pas quels souvenirs elle a gardé, si elle en a gardé. Parfois, des images de la fuite nous reviennent, de la grande lumière, et puis de la bataille. Mais je devrais peut-être lui parler d'avant. D'avant la grande lumière.
Cela fait huit ans que je me le dis. Et que je me tais. Elle ne se souvient de rien. Et moi, je ne veux pas me souvenir. J'ai quitté la terre pour rejoindre les solariens. La page a été tournée. Je ne veux même pas me demander si ça me manque. Ce n’était pas une vie simple, pas une vie heureuse, ce n’était pas une vie malheureuse non plus. J'y faisais des choses. Il y avait des gens que j'aimais. Mais c'est fini. Tout ça a été détruit, et ce que j'étais à l'époque a été détruit avec. Serait-ce vraiment utile à Kara que je remue ces vieux souvenir ?
Nous sommes en vie toutes les deux, c'est l'essentiel.
A travers les barreaux métalliques, j'observe le visage de l'homme qui a provoqué tout ça. Il a tellement changé. On appelle ça vieillir, je pense. Je suis étonnée de mon calme. En toute logique, je devrais le haïr. Mais il m'est totalement indifférent. Je l'ai accepté depuis longtemps, comme on accepte la fatalité. Franck Rhoan a été mon destin. Celui de Kara, il l'est encore.
Je m’accroupis devant la cellule, afin de le regarder dans les yeux.
- L'enfant est encore en vie. Je suis parvenue à la maintenir en vie pendant tout ce temps.
Cette information l'émeut-il ? Il n'en montre rien.
- Elle a perdu un bras. Votre "rayon de la mort" le lui a arraché. J'ai dû lui faire greffer un bras bionique à Etrenank.
Légèrement surpris, il relève la tête.
- Etrenank ? Vous êtes une solarienne ?
- Maintenant oui. Le gouvernement du japon ayant décidé d'effacer toute les traces de votre "petite expérience" sur Itokyo, j'ai préféré m'échapper, avec la gosse, avant de faire partie des traces effacées.
- Heureux d'apprendre que vous vous en êtes sorties, me dit-il.
Impossible d'interpréter le ton de sa voix. Je m'apprête à sortir une réplique cinglante, mais il continue, sur un ton égal, ne reflétant pas la moindre émotion.
- J'ai souvent repensé à vous. Stupéfaite et en sueur. Cette gamine dans les bras, avec sa robe déchirée qui n'arrêtait pas de hurler de terreur et de douleur. Oh, ne croyez pas que j'ai des remords. Il y a bien longtemps que je ne ressent plus rien. Mais tout de même, il vous a fallut une telle volonté pour survivre. Mon arme était absolue. Prévu pour ne rien laisser derrière elle. Et vous lui avez échappé. Croyez le ou non, ça m'impressionne.
- Je n'ai échappé à rien du tout, dis-je.
Je sors de l'une de mes poches une petite charge de plastique que je colle contre la serrure de la cellule. Il a un mouvement pour se lever. Je pointe mon arme vers lui.
- Ne bougez pas !
Il se fige. On a beau être épuisé, désirer la mort, l'instinct de survie est toujours plus fort. Je parle vite.
- La gamine a survécu, mais comme je vous l'ai dit, votre rayon l'a tout de même atteinte, lui arrachant un bras. J'ai d'abord pensé que la greffe d'un bras bionique la sauverait, mais ça n'a pas suffit. Ses cellules ont été touchées. J'arrive à empêcher comme je peux le développement de la maladie, mais ça reste en elle, et ça la ronge, la ronge. Je sens que je vais perdre la partie. Les traitements que je lui fais prendre sont de moins en moins efficaces.
Il m'écoute, sans comprendre où je veux en venir.
- J'ai besoin de votre aide, Rhoan. Vous seul pouvez défaire ce que vous avez fait.
- Je vous demande pardon?
- Votre arme. Je sais que vous l'avez détruite, que vous avez détruit les plans, mais ils sont encore dans votre tête. Vous l'avez refusée à l'armée terrienne. Vous l'avez refusée au solariens. Mais vous la reconstruirez pour moi. Seulement pour moi. Vous utiliserez votre "rayon de la mort" pour détruire les cellules malades de ma fille, et vous l'inverserez ensuite, pour lui en recréer de nouvelles, des saines.
- Impossible.
- Parfaitement possible. Je suis médecin. J'ai étudié la question. En combinant vos connaissances et les miennes, nous pouvons sauver cette enfant.
- Vous proposez donc de me faire évader. Mais qui vous dit que je vais me soucier de votre gosse, une fois dehors.
- J'ai gardé autre chose, pendant huit ans. Quelque chose qui vous appartient. Quelque chose que je vous ai arraché, quand nous nous sommes battus, devant Itokyo détruite. Vous aviez l'air d'y tenir. Vous seriez sans doute content que je vous le rende.
Il bondit de sa couche, le regard en feu.
- Je vous vois d'un seul coup plus intéressé. Ecoutez, je suis seule à savoir où est l'objet en question. Si ma petite fille survit, il vous sera rendu.
- Vous savez ce que c'est ?
- Je n'en suis pas sûre. Et de toute façon, peu m'importe. La seule chose qui compte, pour moi, c'est ma gosse. Et bien ? Que faisons-nous, Rhoan ?
Il s'est approché de moi, prudemment, car le canon de mon arme est toujours pointé sur lui.
- Que se passera-t-il, une fois que la gamine sera guérie ?
- Je rentre à Etrenank avec elle, et vous, vous allez au diable, je ne veux plus entendre parler de vous.
- Vous ne chercherez pas plutôt à venger la mort de vos parents, vos amis ?
- Je suis une femme très occupée. J'ai un métier, un enfant. Je n'ai pas de temps à perdre avec une vengeance qui ne me soulagera pas.
Il hésite, ne voit pas si je suis sincère ou non. Je vois les pensées se former dans son esprit avec autant de précision que si je les pensais moi-même. Il n'a rien à perdre. Rien.
- Je marche, finit-il par dire.
Je pose un détonateur sur le plastique, et fait sauter la serrure.
- Par les conduits d'aération, lui dis-je.
J'arrache l'une des grilles du plafond, l'aide à ce hisser à travers l'ouverture. Je me hisse à la suite et referme derrière nous.
- Avancez, dis-je. Nous n'avons pas le temps d'attendre que l'alarme se déclenche.
Quelques minutes plus tard, nous débouchons sur la plate forme d'arrimage. Plusieurs engins attendent, là, abandonnés. Je me précipite vers celui qui me semble le plus maniable. C'est W.A.S 3O843, longiligne, juste assez petit et assez rapide, ce qu'il me faut. J'entraîne mon compagnon à travers le sas d'ouverture, jusqu'au poste de commande.
- Vous n'avez pas de véhicule ? S'étonne Rhoan. Comment êtes vous venue jusqu'ici.
- Quelqu'un m'a conduite. Sans savoir qu'il me conduisait.
Il ne répond rien, et prend place à coté de moi sur le siège du copilote.
J'enclenche à distance l'ouverture du sas, et décolle.
- Et ensuite, me demande Rhoan.
- Nous allons sur terre, rejoindre mon vaisseau et abandonnons celui là assez en vue près d'une ville pour qu'on suppose que ce sont les terriens qui vous ont fait évader.
- Naïf, comme plan.
- Je ne vous demande pas votre avis.
Nous sommes déjà bien éloignés de la station. L’alarme a dû être donnée. Je mets le cap sur la terre, là où j'ai laissé Kara m'attendre. J'entends soudain une voix derrière moi.
- Euh... Où on va, là ? Cet engin était censé être en révision.
Rhoan et moi nous retournons.
Un jeune homme, plutôt musclé, mais pas trop, vêtu d'une combinaison de mécano, cheveux bruns, yeux bleus se tient derrière nous, dans le post de pilotage. Il nous dévisage d'un air ahuri.

Mike Libane
- Bon, dis-je, alors la durite kp26 doit se connecter au circonliveur du carburateur, mais il n'est pas là...
Je frappai rageusement ma clé MF3000 sur la paroi qui était juste à coté de moi, Mike Libane, mécanicien de la station-prison.
Je me relevai, essuyant mes mains crasseuses sur ma combi bleue frappée d'une lune à hauteur de poitrine, design de la station-prison. Je me dirigeai maintenant vers le fond du vaisseau, où se trouvaient les pièces de rechanges du vaisseau sur lequel j’étais en train de travailler.
- Pfff, y m'énerve ce vaisseau pourri. Y a même pas de plan pour m'aider. Bon, c'est pas grave, dis-je avec un petit sourire, je n'aurai qu'à utiliser ma compétence naturel.
Tandis que je me baissais pour appuyer sur le bouton qui commande l'ouverture de la boite de PR (pièces de rechanges), j'entendis avec une certaine frayeur, les réacteurs se mettre en route. Je basculai par dessus tête à cause de la poussée qu'exerçait le vaisseau pour quitter la station, et atterris violemment contre le fond du vaisseau.
Pendant que je me relevais, du haut de mon 1m76 de 27 ans, je maugréai:
- Quel est l'abruti qui a pris ce vaisseau?
Je décidai d'aller moi-même enguirlander le pilote.
Je marchai rageusement vers la porte de la nacelle, et quand la porte s’ouvrit automatiquement à mon arrivée, je dis d'une voix un peu étonnée en voyant le pilote, de sexe féminin, et le co-pilote de sexe masculin à l'air âgé:
- Euh... Où on va, là ? Cet engin était censé être en révision.
Quand tous deux se retournèrent, je vis que la femme était drôlement jolie, et que l'autre me donnais la furieuse envie de l'appeler Mistigri.
- Dites, vous savez au moins que ce vaisseau est en révision car il a des problèmes avec les rétrofusées, et donc si vous voulez vous arrêter quelque part, ça fera une sacrée bande de tôle rouillée?

Xorth
Quelqu’un nous observait, j’en étais sûr maintenant ! Je sentis une expression de surprise. Intrigué, je regardai à nouveau l’enfant qui m’avait trouvé.
- Qu’est ce qu’il y a ? me dit-elle.
Je n’avais évidemment pas compris un seul mot de ce qu’elle avait dit. Mais le sentiment de question, de surprise qu’elle dégageait me permit de savoir le sens général de sa phrase.
- Qon wes sayem (On nous regarde), répondis-je tout en lui envoyant une idée d’étranger, d’intrusion.
Elle se releva et se mit à regarder autour d’elle, cherchant apparemment l’ « étranger ».
- Où ? demanda-t-elle.
Je connaissais ce mot ! Pas besoin de télépathie pour le comprendre ! Je lui montrai alors mon nez en disant :
- Y hed nifs (Je le sens).
Je lui pris la main et remarquai à son contact qu’elle était froide. Cette sensation me poussa à regarder son bras. Le fait qu’il soit fait de métal m’intrigua.
- Due ber naye Deis ! (Tu n’es pas un Dieu !), m’exclamai-je, émettant des pensées d’intérêt pour elle.
- Ah ça ! C’est ma maman qui me l’a fait.
Tout ce que je compris, c’est qu’elle pensait fortement à sa mère. Mais ce qui me préoccupa, c’est que j’avais perdu l’odeur de notre observateur lorsque le vent avait tourné. L’enfant, que je tenais toujours, commença à me tirer par le bras.
- Viens ! Tu dois être affamé, je vais te donner de quoi manger.
La simple pensée de nourriture me rappela que je n’avais pratiquement rien mangé depuis des jours. Apparemment, cette enfant savait où il y avait de quoi manger. Je n’avais plus qu’à la suivre…
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 5 Sep - 12:43

Chapitre II : L'Autre.

Jonas Atrayde
Combien de temps étais-je resté ainsi face contre terre, je ne pouvais le savoir. J’étais encore à moitié dans les vapes, mais mon cerveau était suffisamment réveillé pour que je puisse réfléchir à ce qui m’arrivait. Je repensais alors à cette homme chat, et les questions affluèrent soudain dans ma tête : De qui, ou même de quoi s’agissait-il ? Je n’avais jamais vu auparavant une créature pareille. Mais cela n’avait pas d’importance pour le moment : il fallait que je trouve un autre vaisseau afin de rejoindre la station Oblivion, et faire mon rapport sur ce que j’avais vu.
Je repris lentement conscience, en sentant une vague douleur dans le haut de mon dos. Je relevai un peu la tête pour voir devant moi : Evidemment, l’homme étrange que j’avais vu sortir de mon vaisseau n’était plus en vue.
Je pouvais me relever, mais je ne fis pas un mouvement : je sentis à côté de moi une présence. En tournant très légèrement la tête, je pus apercevoir une jeune femme aux cheveux roux qui avait en main mon Blaster. Non loin de moi étaient empilés des rations de survie, des kits médicaux et diverses autres choses qui provenait de l'intérieur de mon vaisseau. Elle avait sans doute l'intention de profiter de mon état pour se servir à l'intérieur. Voleurs putrides ! Elle avait sans doute cru que j’étais mort mais n’avait pas osé vérifier en me touchant. Heureusement, je sentis encore attaché à la lanière dans mon dos mon fusil laser. Lorsqu’elle se détourna de moi pour examiner l’objet (c’était visiblement la première fois qu’elle voyait ce type d’arme), je me relevai à la vitesse de l’éclair, sortis mon fusil et le pointai directement sur sa nuque.
- Pas un geste ! Lâche tout de suite cette arme et retourne-toi !
Je la sentais surprise, ce n’était pas bon. Je devais insister ou la tuer, sinon j’étais sûr qu’elle allait faire un geste regrettable.
- Je te donne 3 secondes pour faire ça, ou je fais un trou dans ta jolie nuque !
Quelques instants plus tard, elle lâcha enfin mon Blaster que je récupérai rapidement. Elle se retourna et me laissa voir un visage dur, où se peignait une irrésistible envie de me frapper. Derrière cet air méprisant, il y avait pourtant de beaux yeux verts devant lesquels étaient posées d’assez grosses lunettes. Bizarre, d'une certaine manière elle ressemblait à Lyse, quand nous nous étions connus. Mais il ne fallait pas que je perde de vue qu’il s’agissait d’une Lamb, d'un ignoble déchet. J’ignorais d’abord ce qui me retenait de l’abattre froidement, mais je finis par lui trouver une utilité.
- Qu’as-tu vu, avant de venir me voler ?
Elle affichait toujours cet air méprisant et détournait même le regard. Je chargeai mon fusil et le pointai entre ses deux yeux.
- Parle ! Qu’est ce que tu as vu ?
- J’ai vu… un genre d’homme qui ressemblait à un chat ! fini-t-elle par dire d’une voix sombre, pourtant si mélodieuse.
- Est-ce que c'est toi qui m’as tiré dessus ?
Elle me dévisagea soudain. Je ne pensais pas qu’elle m’avait observé comme ça lorsque j’étais inconscient.
- Vous êtes un Spatial, non ?
Je resserrai mes mains sur mon fusil, grommelant intérieurement.
- Réponds !
- Non ! J’ai vu une petite fille d’à peu près dix ans qui vous a lancé quelque chose !
- Elle ressemblait à quoi ?
- J’ai pas bien vu, mais elle avait un bras artificiel !
- Et après ?
Elle s’enferma de nouveau dans sa prison de silence, mais je ne tardai pas à l’en faire sortir de force.
- Attention fillette, c’est peut-être la dernière fois que tu me fais me répéter ! dis-je sombrement. Qu’est-ce qu’il s’est passé après ?
- Ils… ils sont entrés en contact, la fille et l’homme chat ! Et il l’a emmené quelque part ! hésita-t-elle.
- Où ça ?
- Je ne sais pas…
Cette Lamb commençait à sérieusement m’agacer. Je descendis lentement mon fusil le long de son corps, jusqu’à sa jambe droite. Je tirai alors un coup à moyenne puissance. Le rayon passa au travers de sa jambe, elle cria en basculant en arrière. Elle avait les larmes aux yeux alors qu’elle était assise, tenant des deux mains sa blessure de laquelle coulait un filet de sang. Je restai impassible et pointai à nouveau le canon de mon arme vers sa tête.
- Où ça ? répétai-je simplement
- Je n’en sais rien !! cria-t-elle
Elle ne m’était plus du tout utile et je m’apprêtais à l’abattre, c'était tout ce qu'elle méritait. J’entendis alors un sifflement aigu se rapprocher de plus en plus. Nous relevâmes tous deux la tête et nous vîmes un vaisseau cargo. Je reconnus tout de suite qu’il s’agissait d’un W.A.S 3O843. Ces types de vaisseaux dans le système proviennent uniquement de ma station. Ce qui m’étonnait le plus était qu’il n’avait pas de dégâts apparents, mais il continuait inexorablement de perdre de l’altitude rapidement sans que les rétros fusées ne s’allument. La situation devint alarmante lorsque le vaisseau dévia dans notre direction. C’est alors que la jeune fille profita de mon inattention pour se jeter sur moi malgré l’état de sa jambe. Quelques instants plus tard, j’entendis non loin de nous le W.A.S 3O843 s’écraser dans un bruit assourdissant, soulevant au moins 30 m³ de terre sèche sous la force du choc.
Cette fille m’avait ainsi empêché d’être enseveli sous une tonne de gravas. Une fois le calme revenu, je repoussai immédiatement ma sauveuse et pointai mon fusil sur elle. Les Lambs ont vraiment des comportements étranges…
Elle ne dit rien et baissa le regard. Je décidai pour le moment de rester sur place, attendant les gens qui pourraient sortir du vaisseau, s’ils étaient encore en vie.
Nous attendions déjà depuis quelques minutes quand un bruit, derrière nous, un bruit silencieux, presque imperceptible, attira mon attention. Je n'eus que le temps de me retourner pour apercevoir un petit appareil long, tubulaire, qui se dirigeait vers l'épave. Un rayon en jaillit et s'abattit sur moi et la Lamb, figeant dans la glace nos corps et nos esprits.

Dr Nilane Bah
Le trajet s'est fait plus vite que prévu. Beaucoup trop vite à mon goût.
Je jette un coup d'œil au mécanicien, inanimé, qui gît derrière nous, endormi par une fléchette anesthésiante.
- Attrapez-le, dis-je. Maintenez-le attaché avec vous sur votre siège. Nous allons être secoués.
- Vous auriez mieux fait de me laisser le tuer, grogne Rhoan. Vous n'auriez pas à vous soucier de sa santé.
- Vous avez accepté de marcher avec moi, Rhoan, donc autant vous y faire tout de suite. Les choses se feront à MA façon. Maintenant obéissez sans discuter, je vais devoir exécuter une manœuvre difficile et si vous voulez que nous arrivions en vie, mieux vaut ne pas me distraire.
Je le sens hésiter, puis il s'exécute, se lève, traîne le corps du jeune homme inconscient jusqu'à son siège, et se sangle avec lui solidement.
Trois secondes avant d'entrer dans l'atmosphère...
Je vire violemment à droite.
La secousse ébranle le vaisseau. Je sens la carcasse chauffer en entrant dans l'atmosphère. Je continue à virer. Le vaisseau entame une spirale descendante.
Bien, ainsi, nous perdons peu à peu de la vitesse, et offrons moins de résistance à l'air, ça nous évite de prendre feu.
Reste à savoir si...
Le sol est en vue.
Trop vite. Ca va encore trop vite. Le choc est inévitable. Tant pis. Je redresse de toutes mes forces. Le nez de notre engin remonte vers le ciel, tandis que la soute heurte la terre avec rudesse. Je sens les sangles de ma ceinture de sécurité pénétrer dans ma chair sous l'effet de la secousse, me couper la respiration. Un voile gris se forme devant mes yeux.
(...)
Combien de temps suis-je restée inconsciente ?
C'est l'arrière de l'appareil qui a tout encaissé, la cabine est presque intacte. Je m'arrache de mon siège et rejoins celui de Rhoan, en prenant garde à ne pas glisser sur le plancher en pente. Il est vivant. Notre jeune passager clandestin aussi.
- Réveillez vous, Rhoan.
Le scientifique ouvre les yeux, et me regarde. Il a un mouvement de recul. Il ne doit plus avoir l'habitude du contact humain.
- Levez-vous, dis-je. Nous avons perdu assez de temps.
- Où sommes-nous ?
- Sur terre. Au Japon. Près d'une ville que vous n'avez pas encore détruite.
- Nous abandonnons cet appareil. Ensuite ?
- Ensuite, nous rejoignons l'ex-Itokyo. Le site a été envahi par une forêt toxique, depuis huit ans. L'air y est irrespirable. Personne ne s'y aventure. J'y ai installé un laboratoire autonome. Il y a suffisamment d'oxygène pour y tenir des mois. C'est là que vous construirez votre engin.
- Où avez-vous trouvez le matériel nécessaire ?
- Je l'ai « emprunté » aux Solarians.
- Je vois, fait-il avec un air moqueur.
Il s'extirpe de son siège avec difficulté. Ses membres sont endoloris. Son regard tombe sur le jeune mécanicien, toujours inconscient.
- Et lui ? Si on le laisse là, il risque d'être dangereux. Il vous a vu avec moi.
- On l'emmène, dis-je. Au labo, je trouverais un moyen d'effacer sa mémoire.
- Vous êtes sûre de vouloir vous donner cette peine ?
- De toute façon, pour sa sécurité à lui aussi, on ne peut pas le laisser là. J'ai payé pour savoir ce qui arrivait aux gens qui sont témoins de vos exploits.
Un instant, je sens qu'il va répondre quelque chose, mais il se retient. Je retire d'une poche de ma veste le boîtier de commande du passe-partout. Par bonheur, il ne semble pas avoir été abîmé par notre atterrissage quelque peu forcé. Je tape le code, et lance l'appel. Quelques minutes s'écoulent sans que rien ne se passe. Puis, enfin, j'entends au loin le sifflement familier de mon engin qui s'approche.
- Venez, Rhoan. Sortons.
Soutenant notre témoin gênant par les épaules, nous nous faufilons hors de l'épave.
Le passe-partout est là, à quelques mètres. Je remarque alors la campagne alentours. Elle est dévastée.
- Il y a eu une bataille, ici, murmuré-je. Ne nous attardons pas.
En faisant quelques pas, j'aperçois deux silhouettes immobiles, à quelques mètres. Deux rescapés, sans doute ! Ils ont du nous voir tomber, mais le système de sécurité du passe-partout les a cryogénisés avant qu'ils puissent nous apercevoir.
Nous montons dans le passe-partout, qui se met en mouvement aussitôt la coque de la cabine refermée pour aller rejoindre mon vaisseau, ou j'ai laissé Kara.
Je ne suis pas restée absente très longtemps, en définitive. A peine une heure. Mais ça me tracasse tout de même de la savoir seule. Je sais que je n'avais pas le choix, à qui aurais-je pu la confier ? Je ne connais personne d'assez sûr.
Nous arrivons. Le passe-partout réintègre dans la coque de mon vaisseau la place qui est sienne, et nous n'avons plus qu'à descendre par la trappe, pour rejoindre l'intérieur, la sécurité.
- Venez par là, dis-je à Rhoan. Dans l'infirmerie, il y a des capsules de survie dans lesquelles nous pourrons enfermer ce jeune homme.
Soudain, je dresse l'oreille.
Kara babille joyeusement, dans le fond du vaisseau, du coté de la réserve. Comme elle a l'habitude de parler toute seule pour jouer, je ne me suis pas inquiétée... Jusqu'à ce que j'entende cette autre voix, cette voix inconnue lui répondre.
Kara n'est plus seule dans le vaisseau. Kara a amené quelqu'un !
Je me tourne vers Rhoan.
- Cachez-vous ! Cachez-vous avec le mécanicien, et restez cachés jusqu'à ce que je le dise !
L'arme au point, je me dirige vers la réserve, silencieuse. La porte est entrouverte. Je glisse un œil à l'intérieur et étouffe un cri. Kara est en train de jouer avec un... Un...
C'est grand. Ca a la taille d'un homme. Ca se tient debout. Ca a de la fourrure, une queue, des oreilles et des griffes comme un chat. C'est habillé, avec des vêtements simples, mais habillé tout de même. Ca regarde avec intérêt, intelligence, même, les gestes de Kara. Ca n'est pas un animal. Ca n'est pas un animal !
Et ça n'est pas humain.
Mais qu'est-ce donc ?
Je reste immobile, sans savoir quelle conduite adopter.
- Regarde ça ! dit Kara avec amusement. C'est du chocolat. C'est la meilleure chose qui existe au monde. Vas-y, goûte ! Mmmmmmm, c'est bon ! Hein, c'est bon, hein ? Mmmmmmm !
- Mms'bon... Répète la créature sans comprendre.
Mais quand Kara lui tend la barre, il la prend et la porte à sa bouche. Il a immédiatement comprit que c'était comestible.
Kara le regarde. Je sais qu'elle lui a fait comprendre sans utiliser la parole. Je n'ai jamais compris comment ce pouvoir lui était venu. Ce pouvoir de ressentir des émotions qui ne sont pas les siennes. De donner ses émotions à d'autres, sans avoir recours à la parole. Après bien des études, je suis arrivée à la conclusion que c'était lié à sa maladie.
La créature a l'air d'apprécier le chocolat. Il l'engloutit en quelques bouchées, et retend les mains.
- Coray, Coray fait-il.
Kara rit et bat des mains.
- Encore ! Ah non ! Maman va me gronder. Elle ne veut pas que je mange du chocolat entre les repas.
Et soudain, comme si le fait de penser à moi lui en donnait conscience, elle tourne la tête vers la porte pour constater ma présence.
Elle écarquille les yeux.
- Maman ! Maman, ne te fâche pas. Je m'ennuyais, je suis sortie, et puis... C'est un ami ! Ne te fâche, il est très gentil ! Il ne sait pas parler, mais il est très gentil !
Je sais qu'elle m'a désobéi, et je suis terrorisée à la seule idée qu'elle ait été se promener, toute seule, dans la campagne environnante, que, mon dieu, elle a peut-être vu la bataille. Mais pour l'heure, je suis trop abasourdie pour y penser. Je regarde l'être à moitié homme, à moitié félin, qui est à coté d'elle. Il s'est tourné vers moi. Il a senti la peur de Kara, et il a sorti ses griffes. De longues, très longues griffes acérées... Des armes tranchantes, si près de la gorge de ma petite fille...
- Kara, murmuré-je d'une voix blanche. Kara, viens. S'il te plait viens.
- Je veux pas ! Pleurniche-t-elle. Tu vas être en colère.
- Non, ma Kara, je ne vais pas être en colère. Mais s'il te plait, viens. Eloigne-toi de lui.
- Non ! crie-t-elle.
N'y tenant plus je fais un pas pour entrer dans la pièce, aller vers elle et l'éloigner. La créature réagit aussitôt. Elle s'empare de ma fille et la soulève dans ses bras, tout en me crachant à la figure d'un air menaçant.
- Einjay ! Einjay !
Je réalise soudain que je sais ce qu'il veut dire
- Danger ? Non, je ne suis pas un danger, pour elle !
Je tends les mains, et j'avance encore. Mais la créature me balance un coup de griffe, que j'esquive de justesse, s'échappe vers la porte, sort par le sas, que Kara a (encore !) oublié de refermer, et s'éloigne au dehors avec ma fille dans les bras !
Mon dieu !
Sans réfléchir, je me précipite à leur poursuite.
- KARA !!!!!!!!!!! KAARAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!


Dernière édition par le Mar 5 Sep - 13:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 5 Sep - 12:43

Janus Winnfield
La tour Fantôme.
Autrefois, elle devait héberger des bureaux ou d'autres choses du genre.
Aujourd'hui, même les patrouilles terriennes ont normalement peur de s'en approcher...
La légende dit que les esprits des morts vivent ici et dévorent ceux qui osent les approcher...
J'y ai vécu trois ans...
Depuis le début des hostilités, tous les terriens pouvant marcher, porter une arme, en bref prêts à se battre étaient forcés de rejoindre l'armée.
Les humains n'ont qu’à se débrouiller entre eux, ai-je pensé quand mon tour fut venu. Je suis et je serai toujours persuadé que cette guerre n'a aucun sens...
J'ai déserté. Avec trois autres types, on a volé un véhicule et on a forcé notre passage hors de la base militaire où on était affecté.
Je suis le seul encore vivant. Les autres ont été tués par les militaires.
Depuis, je vis seul dans cette tour exilée. Les militaires savent que je suis en liberté, mais ne savent pas où.
Encore heureux.
Les seuls autres humains que j'ai rencontrés sont des terriens cachés, rebelles eux aussi à la guerre.
(...)
Je regardai autour de moi le paysage désolé. J'aperçus les étincelles d'une bataille se dérouler au loin... Des batailles... J'en avais vu tellement depuis ce point d'observation que ça ne m'impressionnait plus...
Un bruit aigu attira mon attention. Je regardai et vis alors à ma grande surprise un aéroglisseur militaire (Un véhicule standard blindé de patrouille) se garer au pied de ma tour.
Intrigué, je descendis de quelques étages.
« Janus Winnfield ! »
Je me retournai. Quatre hommes étaient descendus du véhicule. L'un d’eux (le chef, reconnaissable à son armure décorée en bleu au lieu du vert des secondes classes) parla dans un haut parleur.
« Nous savons que vous êtes là ! Vous êtes recherché pour désertion, assassinat, pillage d'entrepôts de provisions de l'armée et vol de matériel. »
Silence. En effet j'avais commis tous ces « crimes ».
« Descendez et rendez vous, si vous tenez à la vie ! »
Silence...
Après quelques secondes, le chef dit :
« Allez fouiller cette baraque et ramenez-le moi ! »
Les trois hommes en armure verte montèrent dans la tour...Je descendis discrètement quelques étages, sortant des couteaux de ma ceinture... Un pour chaque main. Forgés personnellement...
Le premier garde arriva à ma hauteur. Je me dissimulai dans le noir. Il n'eut rien le temps de voir qu'il se retrouva par terre. Un coup dans le cœur.
Les deux autres subirent le même sort. Je pris la radio de l'un d'eux.
« Où en êtes-vous ? fit le chef. Je veux un rapport de la situation !
- Tu as fait des erreurs... répondis-je.
La voix de l'autre côté se fit soudain tendue.
« Winnfield !
- Un : tu as accepté de tenter de venir m'arrêter. Et deux, vous êtes venus à quatre seulement pour moi... C'est insultant... »
Je laissai tomber la radio par terre avant de l'écraser avec mon pied.
Soudain, je me jetai à travers la fenêtre du premier étage. J'atterris en une roulade et me relevai devant le chef, interdit. Il saisit alors une barre et l'activa. Un bouclier magnétique se dressa devant lui. Il cherchait son arme frénétiquement...
« Tu crois que tu peux m'arrêter comme ça ? »
Je dégainai alors mon arme et tirai. La balle traversa le bouclier et le toucha au bras. Il hurla et se laissa tomber.
« Tu vois ça ? fis-je en montrant mon arme. C'est un USP qui date d'avant le Cataclysme. Je l'ai obtenu au marché noir. Et ce qui est bien avec ce truc, c'est que ça traverse tous les obstacles laser, car ces derniers ne dérivent que les lasers. Pas les balles. »
Il gémissait par terre. Je m'approchai, et je pris sur lui la carte magnétique de son aéroglisseur en plus d'un bout de papier sur lequel il était inscrit :
« JANUS WINNFIELD. ARME ET DANGEREUX. RECOMPENSE DE 500.000 ALKS (Unité monétaire planétaire terrienne) MORT OU VIF »
Je souris, et partis vers l'hovercraft. J'entrai et préparai l'autodestruction de celui-ci pour qu'on ne retrouve jamais cette équipe.
Un petit bruit...
Je me plaquai contre la portière alors que le gradé de l'expédition me tirait dessus... Je sors du véhicule, esquive un autre tir, et lui tire deux fois dessus. Il s'écroule définitivement.
Je rentre à l'hovercraft pour finir d'entrer les commandes d'autodestruction, quand j'entendis une série de bips.
Je m'approchai et vit alors que le radar détectait des survivants dans le champ de bataille que j'avais vu plus tôt, dont un était marqué
« ADN INCONNU, CERTIFIE CREATURE NON HUMAINE »
Non humain ? Allons bon, voila du nouveau.
J'annulai la commande d'autodestruction et me penchai sur le radar. Je zoomai et vit que l'être non humain se déplaçait rapidement avec un autre être dans ses bras.
« ADN HUMAIN, NON RECENSE DANS LA BASE DE DONNEES. »
Je relançai une vérification pour l'autre créature, et la confirmation fut la même... C'est bien un être non humain.
Faut que je vois ça... En route !
J'activai les propulseurs, et je partis.
Quelques minutes plus tard, j'arrivai à quelques mètres d'eux. Je pus les observer. La créature était une espèce d'hybride chat/homme et tenait une fille dans les bras. Il courait à une vitesse extraordinaire.
« Wow ! »
Soudain, il s'arrêta. Je le vis se tourner vers mon véhicule. Il avait senti ma présence. J'ouvris la portière et sortis, en restant a distance.
Aucun de nous ne bougea...
Il parla :
« Duanos Tus ? »
Soudain, je reçus... Une sorte d'image modélisée dans ma tête de moi même, avec une sensation, comme si je m'interrogeais sur moi-même
Il... Il parle dans ma tête ! Il a l'air de me demander qui je suis.
Malgré ma surprise, je gardai un visage ferme.
« Je... »
Avant que j’aie eu le temps d'articuler quoi que ce soit d'autre, il tourna sa tête vers l'arrière et dit alors :
« Einjay ! »
Cette fois-ci, ce n'est pas à moi qu'il parlait. Mais avant que j’aie eu le temps de comprendre, il se remit à courir, en partant vers la droite.
Le radar bipa. Une autre forme de vie s'approchait.
« ADN HUMAIN, NON RECENSE DANS LA BASE DE DONNEES. »
C'est la journée des surprises, décidément...
Je décidai d'attendre cette autre forme de vie, quand soudain, je vis sur le radar des troupes terriennes approcher. Sans doute pour tenter de voir s'il y avait des survivants sur le champ de bataille.
Si je reste ici, ils me tombent dessus.
Je rentrai dans l'aéroglisseur et décidai de partir dans une direction loin des troupes terriennes.

Kara
Il court, c'est la première fois que je vois quelqu'un courir si vite... Je m'agite dans les bras de l'homme-félin. Il s'est trompé ! « Maman » n'est pas un danger ! J'ai beau gigoter dans tous les sens, il me tient fermement. Je commence à pleurer. Pourquoi il ne comprend pas ?!
« Lâche-moi ! Lâche-moi, je crie. Tu t'es trompé ! Arrête ! »
Il continue de courir, couchant ses oreilles pour ne pas m'entendre. Je lui transmets alors de l'erreur.
Tu n'as pas compris... Erreur, erreur !
Cette fois, il semble ralentir légèrement mais continue de courir.
« Mais arrête-toi ! « Maman » !!! »
Je l'entends crier mon nom. Elle est à notre poursuite.
Je recommence à bouger, tapant sur les bras de l'homme-félin. Je ne suis pas assez forte, il est trop grand. Je pleure de plus belle. Il ne comprend pas ! Et je ne peux pas m'échapper !
Un véhicule arrive tout droit dans notre direction. L'homme-félin fronce alors son nez. Je ne peux pas retenir un sourire. Il est si rigolo quand il fait ça !
L'homme-félin s'arrête et après quelques minutes, quelqu'un sort du véhicule. C'est un homme, avec... une jolie marque sous l'œil. Comment il a pu l'avoir ? Et... qui c'est ?
L'homme-félin retrousse ses babines et montre ses... espèces de crocs. Il croit encore à un danger ? Cet homme avec une marque... Je le connais pas et l'homme-félin non plus. Il doit penser que c'est un ennemi...
L'homme à la marque et l'homme-félin semblent se « parler ». Celui à la marque bafouille quelque chose mais l'homme-félin se retourne et crache :
« Einjay ! »
Il parle de ma mère ! Elle nous suit toujours. Mais non ! « Maman » n'est pas Einjay !
L'homme à la marque rentre soudain dans son véhicule et part. Je vois alors « Maman » au loin, derrière. Elle tend les mains, en criant mon nom.
Avant que l'homme-félin ne recommence pas à courir, quelque chose l’atteint à l’épaule. Il vacille et s'effondre, s’assommant sur une pierre. Je me dégage de ses bras et le secoue.
« Réveille-toi ! Qu'est-ce que tu as ?! Allez, fais quelque chose ! »
Je crie, j'essaye de le réveiller, sans succès.
« Maman » m'attrape soudain et me serre fort contre elle.
« Kara... J'ai eu si peur.
- Mais lui ! Lui, qu'est-ce qu'il a ?!
« Maman » me lâche et retourne l’homme-félin sur le ventre. Une espèce de marque est sur son épaule.
- Il a été touché par un laser…
- Mais il va bien, hein ? Il est pas… Il…
« Maman » me prend par les épaules.
- Non, ne t’en fais pas. Il est… juste endormi. Emmenons-le dans le vaisseau. D’accord ? »
Je renifle. J’arrête pas de pleurer, de hoqueter. Qui lui a fait ça à l’homme-félin ? Pourquoi ? « Maman » le saisit par les épaules et essaye de le hisser sur son dos. Je l’aide et regarde aux alentours. Je sais pas mais… Je sens que nous ne sommes pas seules.
Un homme ! Je crois l’avoir déjà vu… Il est caché avec un… un pistolet à la main. Je vois aussi une femme derrière lui. Elle est rousse, avec des lunettes.
C’est lui ! Oui c’est cet homme qui a fait mal à l’homme-félin ! Je cours vers lui, laissant ma mère avec l’homme-félin sur son dos.
« Maman ! C’est lui ! L’homme là-bas ! Il a tiré avec son pistolet.
- Mais qu’est-ce que tu racontes Kara ? »
J’arrive devant l’homme avant qu’il ne puisse faire un geste. Je lui crie dessus, à lui crever les tympans. La femme se bouche les oreilles avec une grimace.
« Maman » arrive et s’exclame. Elle dévisage l’homme et la femme.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 5 Sep - 14:02

Chapitre III : Dans le vaisseau du docteur Nilane Bah

Jonas Atrayde
Je fus libéré de mon sommeil de glace au même moment que ma prisonnière. Je vis à ce moment passer non loin de moi cet humanoïde étrange que j’avais vu avant d’être paralysé. Je n’eus d’autre choix que de tirer sur lui pour stopper sa course dont j’ignorais pour le moment la raison. Je m’approchai de lui, suivi par la Lamb, mais je fus rejoint tout de suite par une femme noire, habillée de blanc. La petite fille que la créature portait sous son bras se précipita vers elle en l’appelant « maman ». Elle me désigna du doigt et s’approcha de moi en criant. J’attendis que cette petite fille en ait assez, puis je retirai la main de mon oreille droite que j’avais mise là, plus par réflexe que par douleur. Une fois l’orage passé, elle resta quelques instants à m’observer, comme si elle voulait sonder mon âme. Je ne l’avais jamais vue auparavant, mais d’après la description de ma « prisonnière » Lamb, il s’agissait apparemment de celle qui m’avait agressé alors que j’allais interpeller mon passager clandestin. Malgré l’irrésistible envie de frapper cette fille pour la grave erreur qu’elle avait commise, je me retins. Une femme se dressa devant moi, la petite fille se retourna vers elle et lui prit la main. Je pouvais dès lors supposer qu’il s’agissait de sa mère. Je ne lâchai pas mon Blaster malgré le fait rassurant que cette femme arborait le signe de la fédération d’Etrenank. Elle me parla sur un ton calme, qui cachait mal une nervosité intérieure.
- Qui êtes-vous ? Pourquoi avez-vous tiré sur cet être ?
- Auriez-vous préféré que cette créature l’emporte on ne sait où ? répondis-je à moitié.
J’allumai une nouvelle cigarette, imposant le silence à mon interlocutrice.
- C’est votre fille, n’est-ce pas docteur ?
- En effet, je vous en remercie, mais il y aurait pu avoir un autre moyen !
- Peut être…
- Mais vous ne m’avez pas répondu, qui êtes-vous ? reprit-elle.
- Un malade !! cria la jeune fille derrière moi.
D’ordinaire, je l’aurais également frappée pour l’insolence d’avoir parlé à ma place, mais les présences autour de moi m’en empêchaient. En y réfléchissant, je ne savais même pas ce qui avait pu me retenir de l’abattre après le crash. La doctoresse remarqua alors la blessure à la jambe de ma victime.
- C’est vous qui lui avez fait ça ? s’écria-t-elle.
- Oui !
- Mais pourquoi ?!
- Maman, c’est un monstre ! commenta sa fille. Il a déjà failli tirer sur l’homme chat une fois, mais je l’ai arrêté !
C’était étrange, la mère parlait comme une Solarianne, mais la fille avait des manières terriennes typiques. Je devais dès lors les considérer toutes deux comme des ennemis pour le moment, mais il ne me fallait pas m’attirer leur colère. J’étais seul face à des visages hostiles, avec pour but de trouver un autre vaisseau et rejoindre ma station.
- Pour des Solarians vous m’étonnez, les Lambs sont de vulgaires chiens, et vous êtes en train de la considérer bien au-dessus de ce qu’elle mérite ! dis-je pour briser la glace.
Comme je le pressentais, elle ne me répondit pas. Elle me dévisagea avec un air de colère contenue, comme si elle était gênée que je parle ainsi des Lambs. Elle finit par dire.
- Nous allons emmener votre « amie » et l’autre blessé à notre labo pour le soigner ! Mais je vous préviens : je vous déconseille fortement de faire le moindre geste déplacé !
- Comme vous voudrez !
Elle aida l’homme aux allures de félin à se relever. Il me regarda pendant quelques instants dans le blanc des yeux, je me sentis parcouru d’un frisson. La petite fille se dirigea vers ma prisonnière et lui attrapa la main droite. J’entendis quelques brides de conversations.
- Comment tu t’appelles ? commença-t-elle.
- Liliah ! répondit-elle faiblement.
- Moi c’est Kara ! Dis, tu le connais le gars, là ?
- Pas du tout ! Je ne lui ai rien fait, il a failli me tuer !
- Brrr ! Je le déteste déjà !
- C’est un malade et un tortionnaire, je le déteste aussi !
Je ne réagis pas. Etrangement, je n’avais plus du tout envie de la tuer. Elle avait beau être une vulgaire Lamb, elle me rappelait…
J’attendis que la doctoresse s’avance, pour la suivre vers ce lieu où elle comptait nous conduire.
En chemin, je vis la fille me faire à plusieurs reprises des gestes forts déplacés. Je n’avais plus de doutes, c’était une Lamb ! Comment une Solarianne de pure souche pouvait s’enticher d’une Lamb ? A moins qu’elle ne fût pas elle même Solarianne.
- Au fait, on peut peut-être savoir votre nom ? fit-elle soudainement.
- Jonas Atrayde.
Je l’interrompis avant qu’elle ne continue.
- Ne vous fatiguez pas, je me fiche de votre nom ! Tout ce que je veux, c’est rentrer chez moi !
A partir de ce moment, elle ne me parla plus ni me regarda plus durant tout le trajet. La fille, Kara, semblait assez indisposée par l’odeur de cigarette synthétique…

Dr Nilane Bah
Je n'ai aucune idée de ce que je suis en train de faire, mais une chose est sûre, c'est une bêtise. Je suis en train de conduire un militaire Solarian, dans le genre de ceux que je devrais éviter, une terrienne, dans le genre de ceux que je dois éviter aussi, et une créature dont je ne sais même pas ce qu'elle est, dans le vaisseau où j'ai caché un criminel recherché.
Je suis médecin. Je ne peux pas me permettre d'abandonner deux grands blessés dans ce milieu hostile, à des milliers de kilomètres de tout habitat assez équipé pour leur fournir des soins.
J'ai ordonné à Rhoan de rester caché. La créature et la terrienne ne sont pas en état de fouiner. Bref, mon seul problème, c'est le militaire.
Je ne crois pas me tromper, en supposant que c'est lui, le rescapé de la bataille que mon passe-partout a cryogénisé. Il nous a donc vu atterrir. Je pourrais l'abandonner là, sur cette campagne, mais s'il parvient à rejoindre sa base, il fera son rapport. Il parlera du WAS qui s'est écrasé. De Kara. Ses supérieurs n'auront qu'à faire le recoupement.
Non. Au fond, il vaut mieux, comme le mécanicien, que je l'emmène avec moi, et que j'efface sa mémoire avant de le relâcher. Mais ça, il va falloir le faire en douceur.
Et pour la terrienne ?
Et pour la créature ?
Mon attention se reporte vers elle. Je la porte sur mon dos, tandis que Kara soutient la terrienne, qui peine à marcher.
Une créature non humaine et intelligente. Qui est-il ? D'où vient-il ?
Je réprime un frisson, tout en marchant. Je suis en train de porter sur mon dos un prodige. Pour la première fois, dans l'histoire de l'humanité, des humains rencontrent une autre race d'être pensant. Je sais que je dois lui venir en aide. Je sais que je ne dois pas le laisser mourir. Mais pourquoi, pourquoi a-t-il fallu que cela tombe sur moi !
Je m'efforce de rester impassible, de faire comme si la situation était normale. Je ne veux pas effrayer Kara.
Nous sommes arrivés devant le vaisseau.
Je me retourne avant d'y monter.
- Mr... Atrayde, c'est bien cela ?
Le militaire répond par un grognement sec, et bougon. Seigneur, ce que je hais les militaires, qu'il soit Solarians ou terriens, ce que je peux les haïr !!!!!!!!!
- Monsieur Atrayde, reprends-je. Vous avez, je suppose, besoin d'un vaisseau pour quitter ce lieu, et vous espérez le secours du mien, n'est-ce pas ?
- Croyez bien que je n'ai pas le choix.
- Bon, dans ce cas là, je vous prierais de laisser vos armes sur place. Vos cigarettes aussi.
- Hors de question ! beugle le soldat. Je n'abandonne pas mon arme de service. Et encore moins quand je suis entouré de Lambs !
Grossier et raciste. Comme tous les soldats. Parce que ça fait la guerre, parce que ça détruit des villes entières d'un simple mouvement du pouce, et le tout sans scrupule, en se reposant sur un général pour penser à sa place, ça s'imagine au-dessus de tout. Je souris.
- Vos armes et vos cigarettes vont rester ici. Libre à vous de rester avec elles, si vous y tenez. Mais vous ne montez pas avec. C'est à prendre ou à laisser.
Le grossier personnage me toise. Kara est déjà montée avec la terrienne, Liliah. Elle va la conduire automatiquement à l'infirmerie. Pourvu que Rhoan n'ai pas l'idée saugrenue de quitter sa cachette.
Je continue à soutenir le regard de l'homme de guerre.
Il pousse un soupir exaspéré, écrase sa cigarette et se sépare de son Blaster et de son fusil, qu'il abandonne sur place.
- Après vous, fais-je avec un sourire charmant.
Alors qu'il passe devant moi, je charge l'homme chat sur ses épaules.
- Rendez vous utile. Menez-le à l'infirmerie.
- Vous me prenez pour qui ?
- Pour quelqu'un qui a besoin de mon vaisseau.
En grommelant, il soulève le corps inerte de la mystérieuse créature. Si l'intrusion de cet être dans ma vie m'a laissée profondément déstabilisée, lui ne semble pas lui attacher plus d'importance qu'à un sac de métasphères. Il le transporte sans précaution à travers le couloir que je lui indique.
Je le laisse s'éloigner, referme le sas, et remonte discrètement vers le passe-partout.
- Rhoan ? Vous êtes toujours là ?
- Où voulez-vous que je sois, me répond la voix sèche du scientifique.
J'ouvre la trappe. A coté de Rhoan, le mécanicien est ligoté et bâillonné, et il a les yeux ouverts.
- Il s'était réveillé, fait mon compagnon en haussant les épaules. J'ai dû le réduire au silence. Par égard pour vous, ajoute-t-il avec une nuance d'ironie dans la voix, je ne l'ai pas tué.
- Rhoan, nous avons un imprévu.
- Quel genre d'imprévu ?
- Des étrangers montent à bord. C'est compliqué. Je vous expliquerai.
Un sourire moqueur naît sur les lèvres du scientifique.
- Vous avez décidément un sens de la stratégie et de la discrétion qui me fascine. C'est vraiment un plaisir de s'évader en votre compagnie !
- Je n'ai pas le choix. Je vais vous demander de descendre discrètement par ce couloir, et prendre la première porte à droite. C'est la chambre de Kara. Dans son coffre à jouet, vous trouverez un grimeur de visage holographique. Servez-vous en quand vous changerez d'apparence, et quand vous viendrez me rejoindre à l'infirmerie, souvenez vous que vous vous appelez Paul Ukthan. C'est clair ?
- Comme de l'eau de roche. Et que fait-on de lui, là ? Dit-il en désignant le mécanicien.
- On le laisse la pour l'instant. Quand les autres auront quitté l'infirmerie, on viendra le chercher et on ira le mettre dans une capsule de survie. Ca le maintiendra en sommeil jusqu'à ce qu'on soit à ma base.
Sans attendre sa réponse, je redescends. En passant devant le sas, je constate qu'il est à nouveau ouvert.
- Kara ?
- Oui, maman ? Dit-elle arrivant de l'infirmerie.
Ouf, elle n'est pas redescendue pour errer.
- Kara, je t'ai déjà dit que ce sas doit toujours rester fermé. Je t'ai expliqué, pourquoi ?
- Mais ce n'est pas moi qui l'ai ouvert, maman.
- Ne mens pas, jeune fille, ça ne sert à rien.
- Mais maman...
En temps normal, je lui ferais un sermon auquel elle répondrait par tout un tas d'excuses plus naïves les unes que les autres, mais là, je n'ai pas le temps.
- Bon, allons nous occuper de nos blessés.
Dans la large rotonde blanche, tapissée d'instruments électroniques, qui me sert d'infirmerie, nos invités se sont installés.
Liliah s'est assise sur un siège, sa jambe blessée étendue devant elle. Elle la presse avec un linge que lui a donné Kara. Atrayde fait les cent pas dans le fond. L'homme chat, toujours sans connaissance, est allongé sur l'un des brancards.
Je m'assure que l'hémorragie de Liliah peut attendre et m'approche de lui.
Apparemment la blessure est superficielle, mais il s'est cogné la tête en tombant. Je l'examine avec curiosité. Sa constitution rappelle autant celle d'un chat que celle d'un humain. Quel être fascinant.
J'entends dans mon dos Liliah et Atrayde qui commence à échanger des propos venimeux.
- Cessez, dis-je sans me retourner. Le premier qui crée des problèmes, je le jette par dessus bord.
Je me tourne vers le militaire.
- Je vais mettre une dernière chose au point avec vous. Ici, vous êtes chez moi. Et chez moi, il n'y a pas de Lamb. Pas de Solarian non plus. Seulement des êtres humains, et un homme chat.
L'homme de guerre me toise, mais si sot qu'il puisse être, il ne l'est pas assez pour répliquer. Je retourne vers mon patient mi-homme, mi-animal.
« Je ne sais pas d'où tu viens. Mais vu ce que tu trouveras ici, je me demande si tu n'aurais pas mieux fait d'y rester. »

Vamy Liliah
Décidément la curiosité pouvait vraiment être un défaut parfois. Dire que je croyais que ce serait une journée tranquille. Mais j'ai vu un vaisseau et j'ai décidé de voir ce qui se passait. Quand la petite fille s'était éloignée avec l'homme-félin, je m’étais approchée. Je pouvais croire que j'avais commis une belle erreur. Aux résultats des courses, j'avais une jambe blessée enfin cela aurait pu être pire. Ce militaire aurait souhaité plutôt me tuer. J'avais encore de la chance en espérant que ma réserve de chance ne s'épuiserait pas trop vite car je pouvais sentir que je n'étais absolument pas tirée d'affaire.
En attendant j'ai accompagné l'enfant, une femme qui apparemment était médecin, l'homme-félin et cet imbécile de militaire. Je ne pouvais vraiment pas supporter un militaire. Depuis la mort de mes parents, j'avais compris que la vie était trop fragile pour être gaspillée bêtement. Et les militaires tuaient des milliers de vies lors de leurs maudites batailles.
Je regardais le militaire en face d'un regard haineux en lançant quelques répliques cinglantes. Il fallait avouer que j'avais un bon répertoire que j'avais bien enrichi à l'orphelinat. Finalement, j'arrêtai quand la femme, le médecin, nous le demanda.
J'appréciais les médecins comme elle. Elle semblait courageuse. Elle n'avait pas hésité à respecter son devoir de médecin en acceptant de me soigner ainsi que l'homme-félin. Et elle remettait assez bien ce militaire à sa place. Enfin je ne le plaindrais certainement pas même si on me donnait une forte somme.
Sinon pour revenir à la femme, il m'a semblé qu'elle était la mère de cette petite fille. Je l'ai entendue dire plusieurs fois le mot « maman ». Cela était toujours si touchant d'entendre ce mot. Moi, cela fait plus de quinze ans que je n'ai jamais pu le prononcer à nouveau. Cette petite semblait être heureuse. Enfin un détail me gênait sur elle. Qu’avait-elle pour posséder un bras bionique ? Cela me semblait étrange.
En tout cas, je n'avais plus qu'à attendre les futurs événements. Mais je ne me laisserai pas avoir par ce militaire. Contre lui, je me défendrai. Pour les autres, je verrai bien. Ils ne semblaient guère hostiles mais mieux valait rester méfiante. Les apparences pouvaient ne pas être ce qu'elles étaient. De toutes manières, j'étais une fille sauvage ne me fiant qu'à mon instinct. Celui-ci me disait de rester là et d'attendre. J'avais confiance en mon instinct. Jamais il ne m'avait trahie alors autant espérer que ce ne sera pas la première fois. Et puis, ce n'était pas la première décision que je prenais ainsi. Je laissais toujours la situation se dérouler sans réfléchir aux conséquences. Jamais je ne me souciais du lendemain. Même l'heure suivante m’était insignifiante. Je vivais le moment présent sans me soucier de l'avenir.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 5 Sep - 14:02

Mike Libane
« Hum… Où je suis ??! Qu’est ce qui s’est passé ?? Pourquoi j’ai un mal de crâne alors que j’ai aucun souvenir de m’être saoulé la veille ?? »
J’ouvre enfin les yeux. D’habitude, quand je me réveillais avec cette impression, j’étais dans un lit, avec quelques technopin-ups à coté de moi, et plusieurs boîtes de sterilex usés par terre. Mais là, j’étais assis, ligoté et bâillonné, dans une semi-obscurité plutôt sombre, à coté d’un mec au capillaire franchement défraîchi. Avant de me demander combien de virtu-verres j’ai avalé pour arriver là, je me suis souvenu des derniers évènements avant mon sommeil. Déjà, je commençai à peine à m’agiter et à tenter de parler, que l’autre me regarda droit dans les yeux, et me dit d'un ton sans reproche :
- Tu continues à t’agiter ainsi, et t’es mort.
Je me calmai, pas seulement à cause de sa menace, mais surtout parce que j’avais trouvé un de mes couteaux à lame électromagnétique que j’utilisais pour m’occuper des fils.
- Tu peux tenter quoique ce soit avec tes liens, mais tu n’arriveras à rien, car je t’ai ligoté moi-même.
« Cause toujours, mistigri », pensai-je, tandis que je commençais à couper lesdits éléments d'incarcération primaire.
Alors que j’en étais à ma deuxième minute de travail, une trappe au-dessus de nous s’ouvrit, et le beau visage féminin que j’avais vu dans le vaisseau pourri apparut. Ils discutèrent entre eux, mais j’étais tellement occupé à couper les cordes qui entravaient mes mouvements que je ne m’intéressais pas à leur conversation. Enfin, la femme partit, suivie de l’homme.
5 minutes plus tard, j'étais libre.
- Pfrouaaaah, je commençais à étouffer moi. Bon, allons voir discrètement ce qui se trame.
Je sorti de la cachette, et sorti doucement vers la porte. Par terre, je retrouvai ma clé MF 3000, qu’ils semblaient avoir mis là par négligence.
- Bande de……. Ces clés là, ça se respecte.
Tandis que j’avançais dans le vaisseau, j’entendis des voix, plein de voix, venant d’une pièce.
- Eh ben, ils font quoi là ?? Une réunion ???
Alors que je m’apprêtais à ouvrir la porte pour demander des questions, je sentis une main se poser sur ma bouche et un bras me tirer en arrière. En un rien de temps, j’étais face contre métal, le bras fermement replié dans le dos.
- Ecoute moi bien, fais un seul bruit et je te tue, me dit mon agresseur.
- Tu sais, tu n’es pas le seul à me dire ça aujourd’hui, alors que j’aime tant parler.
L’inconnu semblait un peu décontenancé, mais il se reprit.
- T’es un petit blagueur toi hein ? Et bien si tu aimes tant parler, dis moi ce qui se passe ici ?
- Tu sais c’est marrant, c’est la même question que je me posais, dis-je sur un ton toujours blagueur.
- Quoi, reprit-il, qu’est ce que tu fous ici toi alors si tu ne sais rien ?
- Je sais juste qu’un gars et une fille, ont piqué un vaisseau qui était en révision alors que j’étais dedans en train de réparer les rétrofusées. Sa te suffit comme réponse ??
- Grumph, ok, comme tu m’as l’air sympathique, je vais pas te tuer.
- Merci bien, si tu veux, je connais un endroit où on pourrait boire un pot tous les deux.
Il me retourna brusquement, et j’eus juste le temps de voir que mon agresseur avait une cicatrice sous un œil, avant de sentir une piqûre dans le cou, et de l’engourdissement dans tout le corps.
- Oh non, dis-je en tombant à genoux, pas encore envie de faire dodo.

Janus Winnfield
« CONCENTRATION D'ENERGIE DETECTEE AU POINT 0.4.6.9. »
Je tapai quelques commandes sur le clavier de l'ordinateur de bord. Le radar zooma sur le vaisseau en question.
« ANALYSE EN COURS »
J'accélérai vers le vaisseau en espérant que les autres terriens ne remarquaient pas ma présence. Soudain, l'analyse révéla que six humains se trouvaient à bord du vaisseau, plus une créature non humaine. Je comparai la signature ADN de cet être avec celle de l'homme chat...
Identique.
Donc l'homme chat est à bord de ce vaisseau.
La radio grésilla :
« Ici le capitaine Deakins, de la Confédération Terrienne à toutes les patrouilles. Un vaisseau s'apprête à décoller au secteur de la bataille. Ordre est donné de les arrêter. »
Le capitaine Deakins...
Le commandant des opérations sur ce terrain...
Et aussi...
« Communication pour le véhicule 2234. La neutralisation du vaisseau est prioritaire sur votre mission. Annulez et dirigez vous vers le vaisseau. »
- Comme d'habitude, Rob, je passe toujours en dernier. » répondis-je dans la radio.
Silence...
« Janus ? C'est toi ? »
- Tu sais, des fois, j'espérais vraiment que tu sois tué durant notre fuite de la base, et que tu n'aies pas trahi en te faisant passer pour mort...
- Parce que j'ai « Trahi » ? C'est la guerre, Janus ! C'est toi qui as trahi !
- Fais pas celui qui a toujours raison...
- Parce que tu crois avoir raison, toi ? cria-t-il.
- Ouais, cette guerre est n'importe quoi. Pas de déclaration, on s'entretue, des civils souffrent...
- C'est nécessaire...
- T'es encore plus taré que je ne le croyais...
- Ce sont les Spatiaux, les salauds de l'histoire, tu le vois pas ? hurla-t-il littéralement.
- Je crois surtout que tout le monde a tort. Ou tout le monde a raison. Mais j'en ai rien à faire.
Je coupai la radio.
Même si je ne supportais aucun camp, je décidai d'aider ce vaisseau à décoller...
...Juste pour emmerder Deakins.
Le brouilleur était installé sur les véhicules de patrouilles terriens pour brouiller les communications entre les Spatiaux, ainsi que leurs radars... Ils n'avaient jamais pensé qu'il pouvait être utilisé contre eux. Grâce à ça, je réussis à brouiller les communications entre les hovercrafts qui fonçaient vers le vaisseau, pour les séparer de leur base. Deakins ne pouvait plus leur donner d'ordres, et ils auraient plus de difficultés à trouver le vaisseau. Mon hovercraft seul ne fut pas affecté.
Parfait
J'étais tellement concentré sur le brouilleur et ses fonctionnalités que je ne remarquai pas l'immense masse noire sur laquelle je fonçais... Et quand je la vis...
Oh, M...
Je virai a fond a droite, écrasai les freins, mais je m'écrasai quand même. Malgré tout, le choc fut amorti par les boucliers et mon freinage en urgence. Etourdi par le choc, je levai les yeux pour voir que je venais de percuter une carcasse de vaisseau.
Le champ de bataille était la.
C'était devenu un cimetière de fer, où la mort, la peur et la désolation régnaient... En bref, je m'y sentais chez moi...
Je vérifiai sur mon radar... Le vaisseau n'était plus très loin. Il était sur le point de décoller.
Après un moment passé à slalomer entre les carcasses, je le vis...
Je descendis de l'hovercraft, espérant que les autres ne le trouveraient pas. Soudain, je réfléchis :
Cet extraterrestre, chose, créature ou quoi que ce soit d'autre... Et s'il avait quelque chose à voir avec ce conflit ? Qui sait, c'est une possibilité... Alors, si je le ramène à une des autorités, ou s'ils découvrent l'existence d'une forme de vie non humaine, ça pourrait être la fin de la guerre ! La fin de toutes ces morts, de ces batailles...
Finalement, je décidai de rentrer dans le vaisseau, avec la raison supplémentaire pour aider ces hommes, celle d'ajouter plus de problèmes à Deakins. Je m'approchai de l'écoutille, et je commençai à pirater le système... Bientôt, l'écoutille s'ouvrit... Sur une soute ou une lumière vive éclairait tout.
Je me cachai les yeux par réflexe. Habitué à vivre dans l'obscurité, je ne supportais pas la lumière. J'entrai dans le vaisseau à l'aveugle, et je me mis sur un côté. Risquant un regard, je vis que je me trouvais dans une zone d'ombre. A côté de moi se trouvait une porte donnant sur une soute obscure.
Je rentrai dedans et pus librement ouvrir les yeux, pour autant que je ne tourne pas mon regard vers la soute où se trouvait le sas.
« Kara ? »
- Oui, Maman ?
Je fermai la porte immédiatement. Heureusement, personne ne sembla rien avoir remarqué. J'avais reconnu une voix de femme et une voix de fille.
La fille est sûrement celle que j'ai vue dans les bras de l'extraterrestre.
Dans la soute, se trouvaient quelques clés (des clés de mécano, dont une par terre), des charges laser, un sachet de fléchettes tranquillisantes...
Je pris ces dernières, en cas d'éventualité... Et l'éventualité se présenta sous la forme d'un jeune homme apparemment mécanicien. Il entra dans la salle et ramassa la clé par terre, apparemment jurant contre les autres car c'était une bonne clé. Je saisis l'occasion de me renseigner. Je l'attrapai, le plaquai par terre, et dit :
« Ecoute moi bien, fais un seul bruit et je te tue. »
- Tu sais, tu n’es pas le seul à me dire ça aujourd’hui, alors que j’aime tant parler.
Bon, apparemment, je suis tombé sur un rigolo... C'est décidément pas mon jour de chance.
« Tu es un petit blagueur toi, hein ? Et bien si tu aimes tant parler, dis moi ce qui se passe ici... »
- Tu sais c’est marrant, c’est la même question que je me posais, dit-il.
- Quoi, qu’est ce que tu fous ici alors si tu ne sais rien ?
- Je sais juste qu'un gars et une fille ont piqué un vaisseau qui était en révision alors que j’étais dedans en train de réparer les rétrofusées. Ca te suffit comme réponse ?
- Mmmm... OK, comme tu m’as l’air sympathique, je vais pas te tuer.
- Merci bien, si tu veux, je connais un endroit où on pourrait boire un pot tout les deux.
Trop, c'est trop... Surtout dans ma situation. Je lui plantai une de mes fléchettes dans le cou... Il tomba par terre, endormi.
Bon, je suis dans la place. Et maintenant ?
Une immense secousse manqua de me projeter à terre.
On décolle !
Bientôt, les secousses s'arrêtèrent, et je sentis qu'on accélérait vers l'avant...
Bon, je sens qu'on va voyager pendant un moment, alors je ferai mieux de trouver un endroit où me mettre.
Je levai les yeux pour voir le plafond... Une trappe de service s'y trouvait. Je l'ouvris et escaladai le petit tunnel. Après avoir refermé la trappe en dessous de moi, j'entrepris de parcourir le conduit ou je me trouvais. Je trouvai plein de couloirs tournants, mais je me dirigeai toujours tout droit. Vers la fin, j'avisai une autre trappe sur ma gauche. Je l'ouvris, m'installai dedans et refermai la trappe que je bloquai à l'aide d'une de mes dagues. Une petite fente donnait sur le poste de pilotage. L'éclairage y était moyen, je pouvais donc y voir, et peut-être entendre quelques conversations...
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Ayoju
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 5 Sep - 14:03

Colonel Laral
- Mon colonel, mon colonel, nous avons trouvé une chose suspecte sur nos radars.
- Et bien qu'est-ce ?
- Venez voir par vous-même.

Le colonel Laral de la flotte Solarianne se dirigea vers l'écran principal du radar sol.
Et il aperçut deux vaisseaux, vraisemblablement à l'état de ruine, mais crashés récemment, car les précédentes missions de surveillance/espionnage n'avait pas détecté de pareils débris sur le sol de la planète.
- Arrivez-vous à capter les signaux d'immatriculation des épaves ?
- Non mon colonel, il n'y a plus rien susceptible de fournir de l'énergie sur ces vaisseaux.
- Bien, je veux deux équipes sur chacun des vaisseaux, de type D / terrain semi-hostile. On ne sait jamais.
- A vos ordres mon colonel.

Quelques minutes plus tard, les deux équipes fouillaient les débris des vaisseaux.
La première équipe reconnut rapidement le vaisseau qui avait disparu quelques heures plus tôt. Il avait vraisemblablement Rhoan. Le mécano innocent qui faisait sans doute des opérations de maintenance dessus avait disparu. Il n'était pas étonnant que le vaisseau se soit crashé, s'il était en réparation.
Mais ce fut la deuxième équipe qui trouva la chose la plus étrange :
- Mon colonel, ici équipe 2. Nous avons trouvé le vaisseau du caporal Atrayde. Mais le plus intéressant, c'est une touffe de poil blanc, qui n'a aucune raison de se trouver à bord ! On l'a fait scanner par notre ordinateur de bord... Je crois que vous devriez venir !
- Bien, j'arrive.

Et tout en enfilant sa combinaison semi-hostile, Laral se demandait quel était ces traces qui intriguaient au plus haut point ses hommes.
Après quelques minutes de vole, il arriva sur les lieux de l'énigme, et il descendit aussitôt, avec une équipe d'analyse.
L'équipe sorti tout un tas d'appareil, isolant la touffe de poil, car c'est avéré que cela était réellement une touffe de poil blanc. Laral n'avait pas une grande confiance en ses hommes ; il les respectait mais les considérait comme des outils pour mener a bien une mission, pour éliminer les Lambs.
L'équipe, après avoir déballé son matériel, commença son analyse. Après seulement 2 minutes, ils s'exclamèrent en ces mots :
- Colonel !
- Oui capitaine ?
- Les poils, on les a faits scanner. Aussitôt, l'ordinateur nous a répondu « Information prioritaire. Projet secret défense. Alerter autorités supérieures ». D'après nos données, il s'agit d'un projet appelé G-E-N-E-S-E, vous en avez entendu parler ?
- Non. Je ne vois pas du tout ce que c'est. Comment cela est-ce possible ?
- Que doit-on faire ?
- Donnez-moi ca, on remballe tout. La mission est terminée. Et ne parlez de ça à personne.
- Mais...bien mon colonel, capitula le capitaine sous le regard d'acier de Laral.

Le vaisseau redécolla sous les ordres d'un subordonnées, pendant que Laral était enfermé dans une pièce de COSP (Communication Outre le Système Planétaire).
- ...Oui mon général, j'en suis sûr.
- Et comment est-elle arrivée ici d'après vous ?
- Mais j'en sais rien. Le fait est qu'elle est là, en territoire Lamb, et qu'il nous est difficile de chercher plus loin. Ce serait suicidaire. Nous risquons de nous faire repérer, par leurs forces armées, malgré que la ville soit détruite...
- Mais...

Le colonel Laral ne reçut pas la phrase de son supérieur.
Cela s'explique par le fait qu'une série de laser d'assaut, provenant sans doute de vaisseaux Lambs, percutèrent le vaisseau de Laral, l'envoyant valser contre le mur en face, assez proche.
Un peu sonné, il sortit de la salle de COSP, pour entendre les sirènes d'assaut sonner a tout rompre, et voir son équipage courir en tout sens. Il s’émerveilla de voir que chacun, contrairement au désordre que laissait voir la scène, savait ou se rendre.
Laral, lui, se rendit là où il devait se rendre lui, c'est à dire dans la salle de commande, d'où il donna quelques ordres afin d'intercepter l'assaut.
- Il s'agit de vaisseaux d'interception Terriens, mon général
- Oui, ça j'ai vu. Vous avez armé les canons auxiliaires et entamé une montée ? Nous ne pouvons pas nous battre convenablement dans l'atmosphère.
- Bien mon colonel.

Des ordres fusèrent de l'officier, sous le regard courroucé de Laral.
Le vaisseau se faisait tirer dessus par les Lambs, tandis que les canons auxiliaires, pas destinés à se battre contre autant de vaisseaux, prenaient la place des canons principaux, inefficaces dans les combats en atmosphère à cause de la force de gravité. Mais l'atout majeur de ce vaisseau résidait non pas dans la puissance de feu, mais dans la furtivité et la capacité à se déplacer rapidement, évitant ainsi le combat, ce qui fait qu'il n'avait qu'un armement dérisoire.
Le vaisseau de Laral montait vers l'espace, cherchant ainsi son salut dans la vitesse et le soutien de la station Oblivion a proximité. Mais certaines parties du vaisseau commençaient à se détacher, partant dans des gerbes de feu, et s'écrasant sur le sol de la planète, tandis que Laral fermait une à une les portes d'isolation, condamnant ainsi froidement les hommes malchanceux qui se trouvaient dans les zones à risque.
Le radariste vit soudain arriver deux points, qui émettaient un signal allié.
« Ils cherchent enfin à sauver leur bout de poil blanc, notre état major, dit le radariste en rigolant.
- On n’est pas la pour plaisanter, répliqua Laral. Contactez-les vite, si cela est possible.
- Bien colonel, répondit le radariste, refroidi par la cinglante réponse de Laral. »

Les vaisseaux alliés foncèrent sur les Lambs, qu'ils éparpillèrent rapidement, puis escortèrent le vaisseau de Laral jusqu'à Oblivion, dans la crainte que celui-ci se désagrège de suite de ses blessures.
Mais ils arrivèrent sans encombre à Oblivion, pouvant délivrer au général d'Oblivion les rapports de sauvetage négatifs, mis à part le petit bout de poil.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:26

Chapitre IV : Détruire ou sauver


Jonas Atrayde
Je la regardai s’éloigner vers le cockpit, d’un air interrogateur. J’étais vraiment étonné de toutes les réactions qu’elle avait eues. Je sentais qu’elle se forçait à jouer la comédie, mais dans quel but avait-elle voulu m’imiter ? Pour me faire prendre conscience de la stupidité de mon comportement ? Depuis la mort de Lyse, c’était irréversible. Pour gagner ma confiance en m’amusant ? J’avais besoin de leur confiance ! Elle n’avait pas besoin de la mienne ! Mais ces interrogations étaient justes. Je ne m’étais jamais posé la question de savoir si j’étais du bon ou du mauvais côté de la barrière, car cela n’avait pas d’importance. Si j’avais été du côté des Lambs, j’aurais passé le reste de ma vie à tuer des Solariens à la place. Je me fichais complètement de cette guerre, de qui gagnerait et de quand elle finirait ! Je voulais simplement être le plus fort, afin d’exercer ma vengeance sur les Terriens le plus longtemps possible. Retourner à Oblivion et livrer tous ces gens (y compris l’extra-terrestre) ne me donnerait que plus de pouvoir pour continuer dans ma déchéance. Cettte créature poilue n’avait pas plus d’importance que le reste de l’équipage. Tout le monde semblait en extase devant la première forme de vie extra-terrestre intelligente. Il y a un temps, je l’aurais été aussi. Mais aujourd’hui, plus rien d’autre que ce combat perpétuel contre les Lambs n’avait d’importance.
Je fus tiré de mes réflexions quand je faillis me brûler les doigts avec ma cigarette. Elle s’était presque entièrement consumée. Je m’adossai contre un mur, exactement au même endroit que la doctoresse et jetai le mégot droit devant moi. Je sursautai lorsque j’entendis plusieurs bip rapprochés. Je tâtai rapidement toute la surface de mon uniforme et sentis une excroissance sur le côté de ma jambe gauche. C’était un communicateur de secours à ondes subsoniques qui était resté intact. Quelqu’un essayait de m’appeler ! Je m’éloignai et entrai dans la première pièce qui me faisait face pour être tranquille. Il y avait dans ce compartiment plusieurs couchettes, j’appuyai sur le bouton jaune sur le côté du boîtier de l’appareil.
« Station Oblivion appelle Jonas Atrayde ! Station Oblivion appelle Jonas Atrayde !
Malgré la communication brouillée, je reconnus la voix de Jowy.
- Jonas Atrayde vous entend, Oblivion ! répondis-je.
- Enfin ! Ca fait une heure que j’essaie de te joindre ! Où tu te trouves ?
- Je ne sais pas !
Je ne voulais pas prendre le risque de dévoiler ma position pour le moment.
- Comment tu vas faire pour rentrer, alors ? s’inquiéta-t-il.
- T’en fais pas pour ça ! Je suis pas en danger, et je pourrais facilement voler un vaisseau Lamb !
- Une équipe d’exploration menée par le colonel Laral a retrouvé ton vaisseau dans la zone de combat. Ils ont été interceptés par les Lambs, mais ils ont pu revenir !
- Ils y ont trouvé des indices sur le canon qui a abattu la moitié de l’escadron ?
- Je ne sais pas, ils ont tout de suite classé cette exploration secret défense !
- Pourquoi ?
- Si je le savais…
Qu’est-ce qui pouvait avoir tant de valeur dans cette zone pour que mes supérieurs se taisent sur ce sujet ?
-A propos, je te conseille de ne plus revenir sur le champ de bataille ! Un vaisseau Solarian illégal a été repéré dans la zone. Un IAS d’interception est parti il y a 3 minutes de la station pour l’arrêter.
Mon corps voulut avoir un frisson en attendant ces paroles, mais je le réprimai.
- Pourquoi ça ?
- Un vaisseau lourd vient de venir de partir de la station, on a repéré un gros vaisseau Lamb qui est en train de décoller de la zone de bataille !
Un vaisseau… la zone de combat… il était en train de parler du vaisseau dans lequel j’étais ?!
- Jonas ? reprit-il en ne m’entendant pas répondre.
- Jowy ? Jowy ?
Mais hélas, le temps que je réponde, les batteries de mon communicateur rendirent l’âme. Elles avaient tout de même dû être endommagées lors du crash. Je sortis de la pièce et me précipitai alors vers le premier interphone que je vis pour me faire entendre de tout le vaisseau. Il fallait à tout prix que je me montre le plus fort dans ce genre de situation.
- Rejoignez-moi tout de suite dans le couloir ! Un vaisseau Solarien va arriver d’ici peu sur nous pour nous abattre ! »

Kara
L'homme-félin ne comprend rien à ce qui se passe. Moi non plus.
Il y a d'abord ce drôle d'homme qui parle avec ses mains. Bizarre... On dirait que je le connais déjà, pourtant c'est la première fois que je le vois...
Surtout que "Maman" a rapporté beaucoup de personnes ici.
La femme rousse nommée Lilyah avec un tas de sentiments compliqués ; l'homme qui a tiré sur l'homme-félin et qui semble n'aimer personne (Je crois qu'il s'appelle Jonas)...
Maintenant je suis toute seule dans l'infirmerie avec l'homme-félin, celui qui parle avec ses mains et Lilyah. "Maman" est partie piloter et Jonas a disparu dans le couloir.
J'ai l'impression qu'il n'y pas que nous ici. Je "sens" d'autres choses, comme si d'autres gens étaient dans le vaisseau. Peut-être que c'est la fatigue qui fait ça. J'ai envie de dormir un peu.
Avec tout ce qui s'est passé, il vaut mieux que j'aille faire la sieste.
L’homme-félin regarde sa blessure avec curiosité. L’homme-félin, ou plutôt Xorth comme il s’est désigné.
D’ailleurs, Xorth est un drôle de prénom. Je n’en ai jamais entendu des comme ça. Mais j’ai jamais vu des hommes-félins comme lui…
Il est apeuré, complètement perdu. Ca doit être normal, il doit pas croiser des comme nous...
Je le prends par un bras et le serre légèrement. Je lui "donne" du calme, de la sécurité. Oui, il n'y a pas de "Enjay" ici, dans le vaisseau de "Maman".
Ses bras sont couverts d'une sorte de duvet de poils. C'est doux et tout chaud, comme avec les peluches.
Alors que je crois que tout est calme, la voix de Jonas retentit dans le vaisseau, avec un ton bizarre :
"Rejoignez-moi tout de suite dans le couloir ! Un vaisseau Solarien va arriver d’ici peu sur nous pour nous abattre !"
Un vaisseau qui vient nous abattre ? Mais pourquoi ? Je croyais que les Solariens étaient gentils, que "Maman" était avec eux !
"Maman" ! Il faut que je la trouve pour lui demander !
Tout le monde se lève sauf Xorth. Ils partent tous vers le couloir, comme l'a dit la voix de Jonas. Je les bouscule, j'ai peur.
"Maman", "Maman" ! Où es-tu ? J'ai peur !
Le poste de pilotage ! Elle doit être là-bas !!!
Là ! Je la vois ! Je lui saute dans les bras en pleurant et criant :
"Maman, un vaisseau veut nous tuer ! Un vaisseau Solarien, tu as entendu ?! Oh j'ai peur, j'ai peur ! "

Franck Rhoan
Un vaisseau solarien. Il ne manquait plus que ça.
Je suivis tout le monde au poste de pilotage, où se trouvaient déjà Atrayde et Bah. Ils semblaient soucieux.
« Ce vaisseau a-t-il des systèmes de défense ? demanda impérieusement Atrayde.
- Oui, répondit Bah d’un ton inquiet. Mais ils sont loin de pouvoir rivaliser avec la puissance et la maniabilité des chasseurs spatiaux.
- Donnez-moi les commandes, ordonna le spatial, je suis le meilleur pilote qui soit.
- Quelle modestie, répondit celle nommée Lilyah, faisant écho à mes pensées.
Soudain la gamine au bras bionique déboula en appelant sa mère et en criant sa peur. Bah la reçut dans ses bras, et commença à la rassurer. Atrayde n’attendit pas plus longtemps une réponse et s’installa aux commandes, débranchant le pilote automatique. Juste à ce moment, un tir frôla le vaisseau. Atrayde imprima une violente secousse aux commandes et fit faire une embardée au vaisseau, évitant un second tir. Tout le monde fut projeté d’une paroi à l’autre du vaisseau, tandis que notre pilote évitait les rafales. Un moment, une secousse plus violente que les autres se fit ressentir.
- Nous avons été touchés, cria Atrayde. Nous ne pourrons pas le semer. Il faut l’affronter. Où sont les postes d’armement ?
Bah indiqua deux fauteuils placés devant deux consoles. Lilyah alla tant bien que mal vers l’un deux, et s’y installa.
- Comment ça marche ? demanda t’elle.
Nous voilà bien parti.
Il était clair que nous n’avions aucune chance de gagner ce combat. Je réfléchis vite, et trouvai une solution. L’atmosphère autour du vaisseau était chargée de métaux lourds. J’allais vers Bah, et lui murmurai à l’oreille.
- Dites lui de continuer à fuir.
- Pourquoi ? Mais où allez vous ? »
Je me précipitai vers la salle des machines, courant autant que me le permettaient les embardées du vaisseau. Au bout d’une minute, j’y arrivai enfin et balayai la salle en analysant tout ce que je voyais.
Trouvé.
J’ouvrai divers compartiments, arrachai quelques fils, les attachant à d’autres, bidouillant tout en cogitant aux effets de mon idée. Les vaisseaux spatiaux étaient faits pour voler dans le vide de l’espace. Nous pouvions augmenter notre vitesse de moitié en créant un vide spatial autour du vaisseau grâce à un champ magnétique. Je terminai mes manipulations et jurai mentalement. La puissance manquait. Et je ne pouvais pas me permettre de pomper celle des réacteurs. En entendant un nouveau son, j’eus une idée. La terrienne avait dû trouver le fonctionnement des armes de défense.
Les armes. Elles doivent contenir une puissance suffisante pour créer le champ.
Je fit quelques branchements de plus, et connectai le tout. Les tirs venant de notre vaisseau cessèrent immédiatement, et je sentis le vaisseau bondir en avant.
Maintenant, spatiaux, voyons si vous êtes aussi bons pilotes que vous le dites.

Jonas Atrayde
« Continuez de les distancer ! me cria la doctoresse.
- Votre vaisseau n’est pas assez puissant pour ça ! Vous voulez que je vous sorte de là ou non ?! insistai je.
- Je me suis bien aperçue que vous n’aviez pas besoin de notre confiance, mais si jamais vous deviez nous l’accorder une seule fois, c’est maintenant !
Dans mon éducation militaire, on m’avait toujours appris à ne faire confiance à personne d’autre qu’à soi même, aux membres de son escadron et à ses supérieurs. Et par-dessus tout, ne jamais exécuter sous aucun prétexte, les désirs d’un Lamb. Car il fallait avouer que cette femme était trop peu crédible pour être Solarianne de pure souche. J’ignorais dès lors ce qui me poussa à cesser mes tirs et à reprendre les commandes du vaisseau. Je faisais non seulement confiance à une demi Lamb, mais qui m’était en plus totalement étrangère. Ravalant mon orgueil, j’avançai de nouveau dans une direction pour le moment inconnue. Je vis Kara se serrer contre elle de plus en plus fort, retenant visiblement ses larmes. Même pour une fille de son âge, je ne comprenais pas comment l’on pouvait avoir aussi peur.
Pendant 5 bonnes minutes, je fis faire toutes les acrobaties possibles à un vaisseau d’un tel gabarit. Cependant, cela nous ralentissait considérablement, et les chasseurs Solarians continuaient de nous talonner dangereusement. Je craignais en plus, connaissant nos stratégies, que s’ils ne pouvaient nous abattre, ils nous forceraient à fuir en direction de la station, là où un RIP 220 devrait nous attendre…
Nous étions touchés par trois fois de suite. J’ignorais combien de temps nous allions pouvoir tenir, mais si le bouclier magnétique était aussi solide que le vaisseau était rapide, nous n’en avions plus pour très longtemps. Voyant que nous étions au plus mal, je lâchai les commandes un instant, et dirigeai discrètement ma main vers les commandes de transmission. Mon communicateur était à plat, mais je pouvais communiquer ma situation en envoyant un message par la fréquence d’Oblivion. Je prenais ainsi le risque d’être accusé de traîtrise pour ne pas avoir révélé ma position plus tôt.
- Les canons ne répondent plus ! cria soudain la Lamb qui se chargeait de nos poursuivants.
Je crus que la situation allait encore empirer, quand je sentis une brusque poussée d’accélération qui faillit faire chuter la doctoresse et sa fille. Je ne savais pas d’où pouvait provenir cette énergie nouvelle, mais il fallait en profiter si jamais ce n’était que provisoire.
Cette fois ci, je n’eus aucun mal à éviter les tirs de mes « alliés » et à me diriger vers les frontières stellaires au-delà de Mars. Nous ne vîmes plus de signes de nos poursuivants lorsque nous sortîmes de l’orbite de Deimos. Cependant, je ne voulais pas encore m’éloigner trop de la station tant que j’avais encore une possibilité d’y revenir avec ce vaisseau.
Je nous mis en orbite autour de la planète rouge et activai le bouclier furtif une fois que la femme noire fut d’accord pour nous arrêter. Je me levai alors du siège du pilote et me dirigeai vers un autre dans le cockpit, plus confortable. Je le penchai en arrière et posai mes pieds sur un tableau de commande, en allumant une nouvelle cigarette.
- Je sais pas si je dois vous dire merci « monsieur qui m’a tiré dessus », mais je crois que vous nous avez sauvé ! s’enthousiasma la Lamb Lilyah.
Je la dévisageai d’un air suspicieux. D’ordinaire, de telles paroles à mon égard cachaient forcément quelque chose.
- Pas la peine, fillette, garde ta salive ! répondis-je tout de même surpris. »
Bizarre sensation que celle que j’avais éprouvé sur le moment, malgré ce qui finit par sortir de ma bouche. Même s’il y avait des Lambs dans l’équipage, je n’étais pas peu fier de moi. C’est alors que je vis rentrer dans le cockpit l’assistant médical sourd de la « maîtresse de maison ». Etrange, je l’avais pourtant vu ici juste avant l’attaque. Depuis combien de temps était-il parti ?


Dernière édition par Tchoucky le Ven 9 Juil - 11:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:28

Janus Winnfield
Nous avions décollé depuis si longtemps... J'avais pas eu de repos durant toute la journée, et j'étais épuisé. Je me suis endormi dans le compartiment...
Un champ de bataille... les cadavres... Moi, au milieu, jeune... Une fille, a côté de moi... Petite...elle avait un an de moins... Je lui promettais qu'on allait s'en sortir sans en être sûr moi même... Juste pour la rassurer...
Je courais dans le champ pour la mettre à l'abri... Je lui dis de rester... Que je vais trouver un moyen de la sortir de là...
Je cherche mais je ne trouve rien... Le vide...
Des soldats arrivent de nulle part. Ils tirent un rayon paralysant sur elle... Je prends une arme, la première qui me tombe sous la main, sur le premier corps que je trouve... Je tire... Ils rappliquent... Je les achève...
Je cours vers elle... Elle me dit de la laisser... Qu'elle s'en sortira... Je ne veux pas la laisser mais elle ne me laisse pas le choix... Un véhicule de patrouille arrive... Je saute dedans... Je dégage les occupants... Le véhicule ne veut pas revenir vers le champ de bataille... L'autopilote est réglé vers une ville, je ne sais plus laquelle... Je n'ai pas le temps de réagir que le véhicule accélère... Si je descends c'est la fin... Le pilotage est bloqué... Je regarde le véhicule s'éloigner du champ de bataille ou elle se trouve... Impuissant... Le lendemain j'apprends qu'elle est morte... Tuée dans un bombardement... Aucun camp ne revendique ce dernier... Aucun n'a raison et aucun n'a tort... Je me suis juré de ne jamais participer à cette guerre...
Une explosion me réveilla en sursaut... Retour à la réalité. Je regarde dans le poste de pilotage et j'y vois alors quatre personnes :
Une femme médecin.
La jeune fille dans ses bras.
Un grand type balafré.
Et un autre aux cheveux courts et blancs...
On est attaqué! Manquait plus que ça!
Le type balafré manoeuvrait assez bien le vaisseau. Sûrement un pilote de cargo ou de bombardier, aucune idée.
A un moment, l'autre type se précipita vers l'arrière du vaisseau.
Les autres commençaient à légèrement paniquer, et je vis que le pilote dirigeait sa main discrètement vers les commandes de transmission. J'étais habitué à percevoir de petits mouvements.
Qu'est-ce qu'il est en train de faire?
Soudain, le vaisseau accéléra brusquement. Je fus propulsé vers l'arrière de mon compartiment. Quand je revins à mon poste d'observation, je vis qu'apparemment, on distançait nos agresseurs. Finalement, on réussit à se placer en orbite de Mars. Le pilote se détendit et alluma une cigarette.
Ca te tuera un jour, ces machins là. Pensai-je ironiquement.
Il marmonna alors quelque chose à l'air agressif à quelqu'un que je ne voyais pas d'ici. Tout ce que je savais, c'était qu'on était hors de danger...pour le moment.

Xorth
Tout le monde était parti mis à part Kara. Mais elle aussi partit quelques minutes plus tard. J’étais seul à présent dans la pièce. Je n’avais pas pour habitude de rester inactif très longtemps et me levai donc pour explorer les environs. Alors que j’allais sortir, quelque chose me retint par l’épaule. Je me souvins alors des fils de la soercyé. Il ne fallait pas que je les enlève avant que ce soit guéri si je me souvenais bien. J’examinai donc mon épaule et vis avec surprise que ma plaie avait déjà cicatrisée. J’arrachai alors les fils et sortis.
Alors que je marchai, une violente secousse me fit trébucher. Je réussis à me remettre debout de justesse. C’est alors que je sentis une drôle d’odeur : On aurait dit l’odeur d’un Dieu mais il y avait autre chose, que je n’arrivait pas à identifier. Me fiant à mon flair, je suivi l’odeur et trouvai finalement le Dieu. Mais il n’était pas réveillé. Etait-il… Non ! En tendant bien l’oreille, je pouvais entendre les battements de son cœur. Mais ils étaient anormalement lents ! Sans perdre de temps, je le pris dans mes bras et le ramenai à l’antre de la soercyé. Peut-être qu’elle pouvait le guérir comme elle m’avait guérit...
Alors que j’étais pratiquement de retour, je la rencontrai accompagnée de Lilyah.
« Deis ort le soercyé ! (Le Dieu a besoin du sorcier) dis-je. »

Vamy Lilyah
Apparemment nous étions sauvés. Décidément il fallait toujours que je nuance les affirmations et les certitudes. Enfin je préférais mieux émettre des réserves. Au moins, ce militaire nous aura servi à quelque chose. C'était bien la première fois depuis que je l'avais rencontré que j'étais contente qu'il soit là. J'adorais la réplique que j'avais sortie "le monsieur qui m’a tiré dessus". Tout à fait digne de moi.
Je réfléchissais tout en suivant la doctoresse. A croire que j'étais un chien qui aimait la compagnie. J'étais plutôt un loup solitaire aimant la compagnie. Nous revenions à l'infirmerie. Je ne savais pas pourquoi. Décidément je faisais souvent ça depuis un moment, suivre le mouvement sans poser de questions.
A quelques mètres de l'infirmerie, je pus apercevoir la créature, l'homme-félin. Celui que je pouvais comprendre contrairement aux autres. Quand je repensais à l'orphelinat, les enfants se moquaient de moi car je lisais toujours sans jouer énormément. Au moins, j'ai acquis des connaissances qui me servaient actuellement.
Pour revenir à la créature, il me semblait que je pouvais distinguer qu'il portait quelque chose. Oui, il tenait quelque chose ou plutôt quelqu'un. Il était possible que cette personne fût mal en point. La créature se mit à parler et dit "Deis ort le soercyé ". Mon cerveau traduisit aussitôt cette phrase: " le Dieu a besoin du sorcier". Hum un Dieu? Il pensait que la personne qu'il portait était un Dieu? C'était étrange. En tout cas, il voulait que la doctoresse la soigne. Je me tournai vers elle et dis la signification des paroles de la créature.
« Le Dieu a besoin du sorcier, il dit,fis je. »
J'essayais de réfléchir à ce mot de Dieu mais je ne comprenais pas. À quoi pouvait renvoyer ce mot ? Etait ce une métaphore ? Une comparaison ? Un oxymore ? C'était bien compliqué ce casse-tête. Pourtant j'adorais ces jeux où il fallait résoudre des énigmes. Je continuais mes réflexions sur la signification de Dieu sans réussir à trouver pour le moment.

Dr Nilane Bah
Le mécano ! Le mécano qu'on avait laissé dans le passe-partout ! Il l'a trouvé, il l'a ramené !
Lilyah me regarde. Je suis censée réagir. Apparemment impassible, je me penche vers le malade. Mon cerveau s'est mis à fonctionner à toute allure. Quand il se réveillera, il ne manquera pas de parler de ce qu'il a vécu. Le militaire aura tôt fait de faire le recoupement. Et Rhoan...
Je prends le pouls du mécanicien. Régulier, mais lent. Il y a une piqûre à son cou. Il a été drogué avec une fléchette anesthésiante. Et pas par moi... Rhoan, sans doute. Une dose plus forte que celle que j'emploie d'ordinaire.
« Lilyah, pourriez-vous allez me chercher mon assistant ? J'ai besoin de lui pour transporter cet homme dans une des capsules de léthargie. Je n'ai pas le matériel pour le soigner, ici.
- Mais... D'où sort-il ? S'étonne la terrienne. Qui est-ce ?
- Ma foi, dis-je de ma voix la plus calme, j'aimerais bien le savoir. Sans doute Kara l'a-t-elle fait monter à bord sans m'en parler, pendant la bataille. Elle aura cru qu'il s'agissait d'un jeu, qu'elle ne devait pas me parler de lui avant que nous quittions la Terre.
- Votre fille a de drôles de jeux, murmure Lilyah. »
Mais elle semble accepter mon explication, et quitte l'infirmerie, à la recherche de Rhoan.
Je soupire. Impossible de savoir combien de temps ce mécano va rester endormi. Je ne sais pas quelle dose de soporifique Rhoan – car ce ne peut être que lui – lui a injecté.
Il peut se réveiller dans une heure, comme dans quelques secondes.
Il ne faut pas qu'il se réveille avant qu'on l'ai mis dans la capsule. Allez, Rhoan, dépêchez vous d'arriver !

Franck Rhoan
Je marchais le long des couloirs, notant rêveusement des marques des tirs encaissés quelques minutes plus tôt. J’avais à nouveau usé de mon savoir pour aider les autres. Cela faisait tellement longtemps.
Finalement je n’ai peut-être pas tant changé que cela.
Je vois la belle terrienne arriver vers moi. Elle me fait un geste pour que je la suive, et je hausse un sourcil.
Ha, c’est vrai. Je suis censé être sourd muet.
Je la suis au pas de course, et j’arrive à l’infirmerie. Tous sont là, sauf Bah et la fillette au bras bionique. Ils entourent le mécano qui gît inanimé sur une couchette.
Comment il est arrivé là celui-là ? Je croyais l’avoir attaché dans le passe-partout.
Il semble mal en point. Je remarque tout de suite la marque à l’arrière de son cou. Il avait été piqué par une seringue. Toutes les personnes présentes me regardent comme si elles s’attendaient à ce que je m’avance et le réveille. Je hausse les épaules en signe d’impuissance et les yeux s’agrandissent. La terrienne jure tout bas.
« Il n’y a plus qu’à attendre Le docteur Bah, à présent, dit-elle avec un soupir. »
Je m’adosse au mur à côté de la porte, proche du militaire. Soudain ledit militaire se met à marmonner. Il est clair qu’il me croit vraiment sourd.
« Assez. Dès que je trouve une arme je prend le contrôle, je largue cette Lamb et cet abruti de sourd-muet, et direction Oblivion. La capture de cette traîtresse et de l’extra-terrestre devrait m’être favorable.
Ne pouvant plus me retenir plus longtemps, je lui adresse un regard de profond dégoût.
- Enflure de spatial, dis-je d’une voix grondante, vous n’avez donc aucune parole ?
Il semble stupéfait, et il n’est pas le seul. La terrienne arbore à présent un air soupçonneux, tandis qu’Atrayde, se ressaisissant, paraît gonfler de rage.
- N’êtes vous pas censé être muet et sourd ? Qui êtes-vous donc.
- Moi ? Dis-je en le toisant d’un air de défit et en portant la main au projecteur holographique sous ma manche, je suis…
Je suis interrompu par une main qui se plaque sur ma bouche et une autre qui me tire violemment dans le couloir. Bah me fait face, me fusillant du regard. Regard auquel je réponds par un haussement de sourcil ironique.


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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:28

Dr Nilane Bah
Plus le temps de réfléchir. D'une main ferme, j'appuie sur le boîtier de commande qui se trouve sur le mur à côté de moi.
Encore dans l'infirmerie, Lilyah et le militaire regardent abasourdis, la porte qui se referme sur eux. Atrayde est le premier à sortir de sa torpeur, je le vois fondre sur moi, mais les battants de métal se verrouillent entre moi et lui, avec un claquement sec. Je l'entends cogner contre la paroi.
« Vous êtes malade ? Laissez-nous sortir ! »
Kara est dans sa cabine, avec l'extraterrestre. Dieu Merci, elle n'a pas assisté à ça.
A côté de moi, Rhoan se frotte le cou. J'ai du l'empoigner un peu fort.
« Eh bien, docteur...
- Fermez-la, vous ! Sans votre stupidité, ces trois personnes, nous aurions pu les laisser en vie. Il aurait suffit d'effacer un peu leur mémoire. Les événements étaient trop anodins pour eux pour que ça ait des conséquences. Maintenant, quoi que je fasse, ils s'en souviendront !
Rhoan me fixe, mi-étonné, mi... Oui, je crois que je peux dire ça comme ça. Mi-amusé.
- Vous voulez les tuer ? Vous, docteur ? Ce n'est pas si facile de tuer, vous savez ? Vous vous en croyez vraiment capable !
- La ferme ! Je ne vous le répèterai pas deux fois.
Je l'empoigne par le bras, assez violement. Il tente de me résister un peu, mais il a été affaibli par ses années de captivité. Je n'ai pas de mal à le traîner dans ma cabine, et à l'y enfermer à son tour.
- Vous resterez là, jusqu'à ce que j'en décide autrement. »
Rapidement, je me rends au poste de commande. Direction Itokyo. Une fois en sécurité dans ma base secrète, je pourrais aviser.
« Maman ?
Je me retourne, Kara est derrière moi.
- Maman, la porte de l'infirmerie est bloquée, je n'arrive pas à l'ouvrir. Qu'est-ce qui se passe, Maman ?
Je me retourne vers elle, en tentant de prendre ma tête de tous les jours, ma tête de quand tout va bien.
- Viens ici, Kara. Viens sur mes genoux, comme quand tu étais toute petite.
- Maman ?
- Viens. Il y a des choses que je veux t'expliquer. Des choses très graves...
Elle sent ma nouvelle fermeté. Ma volonté. Sent-elle aussi le reste ? Sent-elle l'horreur dans laquelle mon âme est plongée ? Je m'efforce, de toute ma volonté, d'être calme, apaisée, de ne pas penser à ce que je suis obligée de faire, de ne pas penser à ces trois personnes dans mon infirmerie.
- Qu'est-ce qu'il y a maman ? Tu es toute bizarre ?
- Ma Kara ? Tu te rappelles, quand tu étais petite ? Quand on jouait au renard et au chasseur ?
- Oui, je me souviens. Tu étais le chasseur et moi le renard. Pour ne pas que tu m'attrapes, j'avais le droit d'inventer toutes les farces que je voulais.
- C'est pareil aujourd'hui, ma Kara. Sauf que ce ne sont pas des farces, que nous allons faire, mais des choses graves. Beaucoup plus graves. Mais nous devons le faire, sinon, les chasseurs vont nous attraper. Et si les chasseurs nous attrapent, ils vont nous faire beaucoup de mal. Peut-être qu'ils m’empêcheront de te soigner ? Et qui sait, peut-être que finalement, ton autre bras risque de tomber, si tu n’es pas soignée.
Elle ouvre des yeux effarés, et soudain, crispe sa main bionique sur son autre bras, celui qui est encore de chair.
- Je ne veux pas qu'on me prenne mon autre bras ! Je ne veux pas qu'on me coupe l'autre bras ! Maman !
Je l'attrape et l'attire contre moi, la serre très fort.
- C'est pour ça qu'il faut nous battre, Kara. On ne laissera personne nous faire du mal, personne. C'est la chose la plus importante, oui, la plus importante.
Je la serre contre moi. Très fort. Elle tremble. Elle ne s'arrête plus de trembler.
- Ma Kara. Ma petite fille. Je ne laisserai personne te faire du mal. Je ne t'abandonnerai pas. Tant qu'on sera toutes les deux, on sera plus fortes que le monde entier, c'est promis. Et je te rendrai ton bras d'avant. Tu auras une belle main toute neuve, avec laquelle tu pourras toucher, sentir la douceur des choses.
"Et tu n'auras plus cette chose en toi qui te ronge, ajouté-je en pensée. Ce mal qui te tue si lentement que personne ne le voit à part moi. Ce cancer qui avance chaque jour dans ta chair, malgré mes efforts. Non, il sera vaincu. Rhoan fabriquera son arme, et je m'en servirai pour te guérir"
Elle a cessé de pleurer, dans mes bras. Je la berce doucement, chantonnant, pour l'apaiser. Elle ferme les yeux et se laisse aller contre moi. Puis elle relève la tête et dirige ses yeux encore humides vers la porte. Je suis son regard. L'homme chat est là, il nous observe.
Kara me regarde. A présent, c'est elle qui est grave. Très grave. C'est un de ces moments où elle me semble anormalement mûre pour son âge.
- Il ne nous veut pas de mal, maman. Il veut qu'on l'aide.
- Qu'on l'aide à quoi ?
- Je ne sais pas, maman, mais il ne nous veut pas de mal. Il est tout seul, et il veut qu'on l'aide. Il n'arrête pas de répéter "Mayssionne, Mayssionne". Il faut qu'on l'aide, maman.
- Mais qu'on l'aide comment ?
- Je ne sais pas ! Je ne sais pas ! Mais il faut l'aider !
Elle s'est remise à pleurer. Je regarde l'homme chat. Il fronce le museau et remue ses oreilles dans tous les sens. La détresse de Kara semble l'atteindre, et il n'a pas les moyens de la comprendre.
Le supprimer, lui ? Le premier être pensant que la race humaine ait croisé ?
Je n'y arriverai pas. Je n'y arriverai jamais.
- Kara, dis-je. Ne pleure pas. Ca le rend malheureux.
Elle tremble. Il faut que je lui donne quelque chose à faire. Quelque chose qui la rassure.
- Ramène le dans ta chambre, ma Kara. Occupe-toi bien de lui. Qu'il sache que tu es son amie. Fais le jouer avec toi. Allons va.
Elle se détache de moi, et me regarde. Elle tente, je le sens, de lire dans mon coeur pour savoir ce que je veux faire. Je m'emplis d'amour, d'amour incomensuré pour elle. Je l'aime plus que tout. Vraiment plus que tout. C'est la seule chose qu'elle doit sentir.
Elle sourit, et va prendre la main de la créature.
- Viens, on va jouer ? »
Je n'attends pas qu'ils aient disparus. Je prends les commandes et quitte l'orbite de mars. Direction Itokyo, sa forêt toxique, et ma base secrète...
Que vais-je faire de l'homme-chat ? Si je le supprimais, c'est toute la quête que l'homme a entrepris depuis des siècles que je supprime. De tout temps, nous nous sommes interrogés, et nous avons espéré que nous n'étions pas seuls dans l'univers. Nous rêvions d'un autre, d'une rencontre, de quelque chose qui nous permettrait de nous voir à notre mesure, et peut-être nous ouvrirait de nouveaux horizons, nous proposerait d'autre recours que la guerre, pour faire avancer notre histoire, nous ferait connaître d'autres méthodes que la lutte pour vaincre. Aujourd'hui, ce rêve est sur le point de devenir vrai, et moi, je vais en effacer toute trace...
La voix du militaire raisonne dans l'interphone, interrompant mes pensées.
« Docteur Bah ! Espèce de sale sous-produit de Lamb ! Traîtresse à votre nation ! On peut savoir à quoi vous jouez au juste ? Qu'est-ce que vous trafiquez ! Pourquoi vous nous enfermez ! Et c'est qui, ce type qui vous accompagne qui se fait passer pour un muet ? Vous devez nous dire !
Sans lâcher les commandes, je réponds dans le micro.
- Ce type qui m'accompagne, c'est Franck Rhoan. Son évasion, c'est moi. Et je vous em***, monsieur le militaire, monsieur Je-me-crois-plus-fort-et-plus-malin-parce-que-je-passe-ma-vie-à-décimer-mes-semblables au nom d'un drapeau. Si les gens comme vous n'existaient pas, je ne serais pas contrainte de m'associer à une ordure comme lui, et je ne serais pas obligée de vous enfermer, tous les trois. Si les imbéciles comme vous n'existaient pas, il n'y aurait jamais eu de guerre, et ma petite fille aurait des chances de grandir, de devenir une femme. Votre foutue guerre, celle qui vous rend si content de vous-même, elle l'a empoisonnée, ma Kara. Elle l'a empoisonnée dans sa chair, et elle s'appliquer à la détruire depuis huit ans, comme une bombe à retardement. Je me fiche de tout ce que vous pourrez me dire. Je vous em***; vous et tous vos semblables. »
Je coupe la communication, et me concentre sur le trajet. Je ne veux plus entendre personne. Je ne veux surtout pas penser. Mes yeux sont secs depuis des années, ça fait huit ans que je n'ai plus pleuré. C'est pour Kara. Juste pour Kara. Je dois agir contre sa maladie. Je dois la sauver de la mort. Rien d'autre ne compte. Rien d'autre.
La terre approche à grande vitesse, puis nous franchissons la chromosphère. Le Japon grossit à vue d'oeil devant mes yeux. La forêt toxique. Et ma base...
En réalité, c'est un vaisseau de type "Magellan" grand comme une ville, et équipé de suffisamment de technologie pour voyager dans l'espace des mois entier sans faire escale. Mais le prototype a été estimé inapte aux voyages à vitesse subliminique. On l'a abandonné. Le détourner, ça n'a pas été une chose facile. Un travail de longue haleine. Pour la sauver. Je ne peux pas tout compromettre. C'est impossible. Je n'aurais jamais dû les recueillir, blessés ou pas. Ils auraient peut-être eu du secours, et une chance de rester vivants. Pourquoi les ai-je faits monter à bord ? Pourquoi les ai-je embarqués dans ma lutte contre la Maladie, contre le Mal, contre...
Je pénètre dans la base, et me pose, au milieu du hangar. J'attends que l'air se purifie et pose mon front contre les commandes.
Je vais le relâcher. Seulement lui. Seulement l'homme-chat. Je vais le relâcher, discrètement, quelque part où il pourra trouver des gens déterminés à le comprendre. Le plus vite possible, avant qu'il comprenne quoi que ce soit. Ce qu'il pourra raconter une fois qu'il aura appris notre langue n'aura pas d'importance et je ne priverais pas l'humanité de cette rencontre à laquelle elle aspirait tant. Oui, je vais le relâcher.
Et les autres, je vais supprimer cette vie qui bat en eux. Je vais anéantir tout ce qu'ils ont été, tout ce qu'ils auraient pu être.
Je ne pleure pas. Je ne vomis pas. C'est pire que ça. Je sens toute l'horreur du geste que je m'apprête à commettre, et rien, absolument rien en moi ne peut s'y opposer. L'acte est devant moi, inéluctable, et je ne peux rien faire d'autre que le faire. Rien d'autre...
Je devrais le faire maintenant. Tout de suite. Quelques manipulations suffiront à répandre dans l'infirmerie suffisamment de gaz toxique pour qu’ils s’endorment, tous les trois. Qu’ils s’endorment sans se réveiller. Pourtant, je ne le fais pas. Je me lève. Je quitte la pièce de commande, et me dirige vers la chambre de Kara. Ma Kara, que je dois sauver envers et contre tout. Ma petite fille à qui j'ai enseigné des valeurs que je vais trahir pour elle.
Elle joue avec l'homme chat, en lui tendant des objets qu'elle nomme. Il les répète avec un horrible accent. Elle doit le faire répéter plusieurs fois avant qu'il arrive à prononcer notre langue.
Sentant ma présence, elle relève la tête. L'homme-chat aussitôt se redresse et se tourne vers moi.
« Toi, me dit-il en me désignant.
Sa prononciation a été presque parfaite. J'en suis figée de stupéfaction. Oui, je savais que cette créature était douée de pensée. Mais entre savoir une chose, et la voir, il y a une distance que je viens de franchir. L'homme-chat vient de me parler dans ma langue.
- Toi, répète-t-il. Toi docteur.
- Oui, dis-je, soudain mal à l'aise.
- Toi. Moi guéri.
- Oui. Je t'ai soigné.
- Saoaenyé.
- Non, interviens Kara. Soigné. Maman t'a soigné, et tu as guéris.
L'homme chat me désigne.
- Toi saoaenyé.
Je ne comprends pas ce qu'il essaye de me faire comprendre, je ne comprends même pas pourquoi je l'écoute. Ce n'est pas moi qui dois m'occuper de son entrée dans le monde des humains. Je n'ai rien à lui montrer, sauf ce que les humains ont de plus noir, de plus vil.
- Toi saoaenyé. Saoanié. Soanié…
- Oui. Je soigne, réponds-je. C'est mon métier.
L'homme chat m'attrape par les épaules, et me secoue presque, en parlant très vite, dans sa langue, sans que je parvienne à comprendre.
- Kara.
- C'est de toi qu'il a besoin, maman. C'est ça qu'il sent. Il a besoin de toi.
- De moi ? De quelqu'un qui soigne ? »
Je regarde l'homme chat dans les yeux. De toutes les créatures que la terre a portée, avant de devenir invivable, aucune n'a été capable de soutenir un regard humain. Mais lui me le rend. Pupilles noires sur fond jaune et iris vert sombre... Un regard hors du temps. Un regard vrai. Le seul regard vrai qu'il m'ait été donné de croiser.
Besoin de moi. Parce que je suis quelqu'un qui soigne. Je le sais. Je l'ai toujours su. Je suis faite pour soigner, uniquement pour ça. Pas pour donner la mort. Ce n'est pas mon rôle. La mort vient quand elle doit venir, et je n'ai pas le pouvoir de la donner. Je ne pourrais pas le faire. Inutile. Je ne pourrais jamais.
Je fais demi-tour, et quitte la cabine de Kara, pour me diriger vers la mienne, dont je déverrouille la porte.
« Nous sommes arrivés, Rhoan. Sortez. Vous avez un travail qui vous attend.
- Et les autres ? Ils sont morts ?
- On ne les tuera pas.
- Vraiment ? Vous voulez que je m'en charge pour vous ?
- J'ai dit : on ne les tuera pas. Maintenant, venez. J'ai apporté suffisamment de matériel pour que vous vous mettiez à l'ouvrage immédiatement.
Je l'emmène hors de la cabine, et lui indique la sortie du vaisseau.
- Allez m'attendre. Pendant ce temps, je cherche où je vais mettre nos invités forcés et comment les empêcher de s'enfuir. Et enlevez ce jouet qui vous grime le visage. Ils savent qui vous êtes, maintenant. »
Tandis qu'il s'éloigne, je reste dans le couloir à méditer. Puis je retourne au poste de commande, et me connecte à l'ordinateur central de la base. Le mode "blocus" est activé. Désormais, seule ma voix peut déclencher l'ouverture des issues.
« On est arrivé, Kara ! Appelé-je dans l'interphone.
Elle me rejoint bientôt, efflanquée de son nouveau compagnon.
- Je t'aiderais. Dis-je à l'homme chat.
Et je me tourne vers Kara.
- Il est l'heure d'aller prendre tes médicaments. Quand tu auras fini, emmène la créature visiter la base, et apprends lui le plus de mot possible. Il faut qu'il arrive à me dire son histoire. »


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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:30

Chapitre V : Comme une ile au milieu de la jungle

Kara
Mes médicaments...
C'est vrai, j'avais oublié. "Maman" me fait prendre des médicaments depuis... depuis longtemps je crois. Sûrement d'après la fuite, je sais plus vraiment.
Tout ça pour quoi ? "Maman" me dit que ces médicaments sont pour que je sois en forme. C'est peut-être vrai puisque je ne suis pas malade. Je n'ai jamais été malade d'ailleurs. C'est grâce à ces médicaments je crois.
Je vais dans ma cabine, prendre les comprimés près de mon lit. Je les avale rapidement. Ils ont un mauvais goût. C’est comme si je mangeais du ciment.
Xorth me regarde avec curiosité. Peut-être qu’on ne prend pas de médicaments chez lui…
« Pas bon ça. C’est pour soigner. »
_Pabon, répète Xorth. Pour soané ?
_Oui, pas bon. Tu dois pas en manger.
Et pour le lui prouver, je lui fais sentir un autre comprimé. Xorth fronce le nez et recule légèrement. J’éclate de rire.
Après avoir ris un petit moment je prends la main de mon ami et me dirige vers la sortie du vaisseau de « Maman ».
« Suis-moi, je vais te montrer plein de choses ! »
Il hoche la tête et me suit, avec curiosité.
La « Base » est très grande. Toute de fer et d’acier. Des fils courent un peu partout et plein de caisses traînent dans certaines cabines. « Maman » a fait beaucoup de réserves. Elle m’a dit qu’on allait y rester un petit moment. J’ai sentis que c’était pour quelque chose d’important. D’habitude, on reste sur la colonie des « Docteurs »…
La colonie. J’adore cet endroit. C’est grand et il y a énormément de choses à voir. « Maman » passe son temps à faire des expériences ou à soigner des gens. Alors quand elle est occupée, je vais me balader. Je cours sur les toits, je saute ici et là… Et à la fin « Maman » arrive toujours à me retrouver. On dirait un jeu.
« Manjyé, lance Xorth en me montrant une caisse. »
_Oui ! C’est ça ! C’est à manger ! Manger. Tu comprends ?
_ Manjyé… Manger…
_ Oui ! Bravo ! Et le manger est dans une caisse. C-A-I-S-S-E…
_ Quêçe… Kaiçe… Caisse, épelle difficilement Xorth.
Il a vraiment du mal à parler. Heureusement que je lui apprends !
En beaucoup de temps, je lui ai appris des ribambelles de mots et de verbes: Fer, réserve, dormir, vaisseau, ciel, moteur, marcher, planète, maison, chambre, nourriture, couleur, voler, énergie, arme, parler, médicaments, fils, respirer, bouton, air…
Mais pour lui apprendre des phrases c’était encore plus dur…
Et au juste, d’où vient Xorth ? D’une autre planète ? D’un endroit qu’on connaît pas sur Terre ? « Maman » m’a demandé de lui apprendre des mots pour qu’il raconte son histoire…
Et puis elle m’a pas expliquée pourquoi l’infirmerie était bloquée ou alors si vaguement que j’ai pas compris…
Je n’ai pas revu Jonas, l’homme qui parle avec les mains, et Lilyah. Je me demande où ils sont.
Je me dirige avec Xorth vers le fond de la « Base » et avec mes doigts, dessine des bonshommes sur le sol plein de poussière.
Avec application je gribouille une forme bizarre et dit à Xorth :
« Ca c’est moi ! Allez ! Dessine-toi ! »
_ Moi ? Daissynoer moi ?
_ Oui, dessiner toi. Faire toi.
A l’aide d’une de ses griffes, Xorth, en tirant la langue, trace un rond et lui fait des oreilles. Je tape des mains en riant :
« Très joli ! C’est vraiment ressemblant ! Allez dessine-moi ! Fais-moi ! »
Xorth sourit et fait un petit rond avec un grand sourire.
« Toi. »
_ Oh ! Je suis tout petite. Tu m’as fait un beau sourire ! Merci, merci !
Je ris de plus belle et applaudis Xorth qui m’imite.

Janus Winnfield
On était arrivé. Aucun doute. Je ne vis plus rien bouger dans la cabine de pilotage...
Je crois que c'est l'heure de descendre.
Je sortis du compartiment, récupérant mon deuxième couteau par la même occasion...
J'arrivai jusqu'à la soute, et je vis que le corps du jeune mécanicien n'était plus là...
Sûrement à l'infirmerie.
Je fouillai la salle pour voir si rien ne pourrait m'être utile, et je tombai soudain sur des lunettes... Je les mis, et devinai un bouton sur la monture, qui faisait accéder à un écran de contrôle... Je réglai:
"MODE: LUNETTES DE SOLEIL.
OPACITE DES VERRES: 60%"
Ca me protègera de la lumière.
Je sortis de la soute jusqu'au sas...
Le mode "Blocus" qui ne réagissait qu'à la voix d'une personne était activé. J'activai un terminal pas loin, et commençai à pirater... Quelques secondes plus tard, le sas s'ouvrit.
Si les systèmes de sécurité de ce vaisseau ne sont pas meilleurs que ceux des simples entrepôts de nourriture des terriens, on est mal barré...
Je sortis.
Le vaisseau était posé dans une zone d'atterrissage qui semblait appartenir à un immense vaisseau cargo. J'examinai la salle: Des grues, des trappes de service, un ascenseur, des hangars de maintenance... Je décidai de passer par les trappes de service pour explorer les lieux, et, éventuellement, trouver un moyen de partir d'ici.
Un étage plus bas, j'arrivai dans un réfectoire doté d'une baie vitrée. Je regardai et vis qu'on était sur Terre, au milieu de la forêt toxique qui entourait Itokyo... Je ne l'avais jamais vue de mes propres yeux, mais elle était comme on me l'avait décrite: Des arbres au feuillage noir et au tronc vert, de l'herbe rouge...
Un endroit magnifique... De plus, personne ne viendra nous chercher ici.
Je sortis du réfectoire. Je me trouvai à présent dans un couloir. Devant moi, je vis l'ascenseur... Une plaque se trouvait à côté, ou je lus:
"4EME ETAGE: PONT, CENTRE DE COMMANDE ET SYSTEMES DE DEFENSE.
3EME ETAGE: HANGARS POUR VAISSEAUX ET CHASSEURS.
VOUS ÊTES AU - 2EME ETAGE: QUARTIERS DE L'EQUIPAGE, REFECTOIRE ET SALLE DE DETENTE.
1ER ETAGE: LABORATOIRE MEDICAL, RECHERCHE ET DEVELOPPEMENT
REZ DE CHAUSSEE: EQUIPEMENT POUR INFANTERIE, SAS VERS L'EXTERIEUR ET GARAGE D'AEROGLISSEURS"
Bon. Je pouvais rayer les aéroglisseurs car ils ne me protégeraient pas de la toxicité de la forêt. Reste les chasseurs et autres petits vaisseaux...
Pas de gestes inconsidérés. Allons d'abord voir exactement où on se trouve.
Je rentrai de nouveau dans une trappe de service. Le réseau de maintenance du vaisseau était constitué de plusieurs casiers reliés à des couloirs reliés eux même à une échelle centrale... J'escaladai cette dernière, parcourus quelques casiers et j'arrivai sur le pont du vaisseau. Une rapide consultation de l'ordinateur de cartographie me permit de localiser l'endroit où le vaisseau se trouvait. Ayant pris note de ces informations, j'activai un autre ordinateur pour surveiller la localisation des autres formes de vie humaines dans le vaisseau. Et finalement, j'entrai une commande qui bloquait l'ascenseur dès que ce dernier recevait l'ordre de se rendre sur le pont.
A un moment, faudra quand même que je me montre...

Xorth
Que ça faisait du bien de rire ! Depuis que j’étais parti, je n’avais pas beaucoup eu l’occasion de me détendre.
Kara m’avait appris énormément de mots de sa langue. Mais je n’arrivais pas encore à énoncer une phrase complète. Si seulement elle pouvait développer sa télépathie ! La langue ne serait plus une barrière et la communication serait plus profonde ! Mais pour le moment, elle continuait à nommer tout ce qu’elle voyait. Etrangement, je n’avais que très peu de difficulté à les retenir tant cette langue ressemblait à la mienne. Bon ! Il y avait bien quelques mots qu'il m’était difficile d’assimiler, notamment ceux qui n’avaient pas d’équivalent dans ma langue.
Une idée germa dans mon esprit. La technique qu’avait utilisée notre chef Thyrzom pour me permettre d’utiliser ma télépathie. Peut être pouvais-je la reproduire sur cette enfant qui avait aussi des capacités télépathiques… Mais je ne savais pas si cela marcherait. La technique était éprouvante mentalement et je ne voulais pas faire de mal à Kara. Il fallait que j’en parle à un Dieu. Je ne connaissais pas suffisamment de mots pour expliquer cela à Kara. Mais Lilyah était la seule personne qui arrivait à comprendre ma langue natale.
Sentant mon agitation mentale, Kara me regarda, l’air inquiète.
_ Ca va pas Xorth ? me demanda-t-elle.
_ Où Lilyah ? lui demandai-je.
_ Pourquoi ?
_ Dois voir Lilyah ! répondis-je, émettant un sentiment d’urgence.
Sur ces mots, je me levai. Kara fit de même.
_ On va demander à maman, dit-elle. Elle sait tout ici !
Elle me pris par la main et m’entraîna. Je ne connaissais pas cet endroit, mais elle avait l’air de s’y sentir chez elle. Bientôt elle lâcha ma main et marcha à côte de moi, recommençant à désigner et nommer les objets qu’elle voyait.


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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:31

Jonas Atrayde
Saleté de traîtresse, et aussi de ce Rhoan qui nous avait trompé ! Si je les avais tous les deux à portée, je leur dévisserais la tête à mains nues, ces ignobles sous-espèces !
J'étais à présent dans de sales draps, mais il fallait me contrôler. M'emporter plus que je l'avais fait dans l'interphone ne ferait que diminuer mes chances de survie. Mon but avait été découvert, mais pour une raison que j'ignorais encore, je n'étais pas le seul à avoir été enfermé dans cette infirmerie. J'étais en compagnie de la Lamb Lilyah, ainsi qu'un homme qu’ils avaient emporté et allongé sur la couchette.
Mike Libane, si j'en crois ma faible mémoire des noms. Je l'avais déjà vu plusieurs fois dans les hangars d'Oblivion. Nous n'étions pas amis, mais nous nous voyions assez régulièrement lors des maintenances. Je me dirigeai vers lui, il était encore profondément endormi. Que savait-il de tout ce qui s'était passé dans ce vaisseau ? S'il était inconscient depuis un moment, il se pouvait même qu'il soit arrivé ici en ne sachant rien. Je tapotai légèrement sur ses joues, en espérant qu'il puisse se réveiller. Cette méthode ne donnant rien, je mis plus de force dans la dernière tape qui le réanima aussitôt.
_Qu'e... qu'est ce qui se passe ici ? cria-t-il.
Je ne dis rien dans l'instant. Il observa la pièce d'un air affolé en se redressant. Quand il se calma, il prit son visage dans ses mains et dit sur un ton dépité.
_ Alors c'est pas un cauchemar...
_ Non Mike, c'est la stupide réalité !
_ Jonas, qu'est-ce que tu fais ici, toi aussi ? C'est quoi cet endroit ?
Il m'avait reconnu, c'était déjà un début. Je me mis à lui expliquer tout ce que j'aurais cru important de dire, depuis que j'étais parti d'Oblivion. Lilyah s'était approchée de nous pendant ce temps. Mike lui déconseilla d'abord de faire un pas de plus dans notre direction, mais au point où nous en étions, je dis qu'elle pouvait savoir qui nous étions réellement.
La partie de l'histoire qui parut la plus invraisemblable aux yeux de Mike était celle qui concernait l'extra-terrestre. Je ne cherchais pas à le persuader que je disais la vérité, il s'en rendrait compte par lui-même.
Il me raconta également de quelle manière il croyait avoir atterri dans ce vaisseau. Une femme noire... un homme aux airs de vieillard... La doctoresse qui avait fait évadé Rhoan d'Oblivion, le rapprochement était facile à faire. Au moment où il se leva enfin de la couchette, nous vîmes tous la porte de l'infirmerie s'ouvrir sur la doctoresse. Je me serais bien jeté sur elle pour la rouer de coups, si elle n'avait pas ce pistolet calorique à la main pointé sur nous.
_ Venez ! dit-elle simplement.
Nous n'avions d'autres choix que de la suivre, tandis qu'elle nous conduisait en dehors du vaisseau.
Nous étions dans un immense hangar fermé. Etant donné la qualité de l'air que nous respirions, nous nous trouvions dans un endroit pressurisé où un purificateur d'air opérait.
_Où est-ce que nous sommes ? demandai-je en espérant qu'elle me réponde.
_ Vous êtes dans ma base, sur Terre. A bord d'un Magellan à cinq mètres au-dessus du sol.
Je me rappelai soudain avoir entendu parler il y a quelques années d'un vaisseau monde de ce type. Il avait, disait-on, été détourné par une seule personne... ce pourrait-il qu'il s'agisse de celui-là ?
Comme si elle lisait dans mon esprit comme dans un livre ouvert, elle enchaîna.
_Ne vous faites pas d'illusions sur l'éventualité de vous enfuir, toutes les issues sont contrôlées par moi, et moi seule. De plus nous sommes alimentés en oxygène par une biosphère interne car la base est au beau milieu d'une forêt mutante. Faites quelques pas au-dehors sans protection, et je ne donne pas cher de vos poumons.
Son ton s'était durci, depuis qu'elle m'avait répondu dans l'interphone, on aurait dit que c'était une toute autre personne qui parlait à sa place... elle me ressemblait.
_ Pour que j’aie une raison de vous garder ici, je vais vous rendre utiles !
_ Si on doit rester, est-ce qu'on peut savoir au moins à quoi vous utilisez cette base ? demanda Lilyah.
Si c’était moi qui avais posé cette question, je ne pense pas qu'elle m'aurait répondu.
_ Vous n'étiez pas supposés être là, seul Franck Rhoan aurait dû venir ici. Il travaille sur un appareil dont j'ai besoin...
Cette garce cachait encore quelque chose, mais je pense qu'il aurait été impossible de lui arracher un mot de plus.
_ Et pour l'extra-terrestre ? fit Mike.
_ On vous a raconté ? Il est avec ma fille, ne vous occupez pas de lui ! Il n'y a que vous que cela concerne ! dit-elle en désignant Lilyah.
_ Moi ?
_ Oui, vous pouvez m’aider à mieux comprendre son langage, j'ai besoin de vous pour ça ! Vous le mécano, j'ai besoin de vous pour le vaisseau !
_ Et moi ? dis-je innocemment.
_ Vous...
Elle hésitait à me répondre, sans doute avait-elle dans l'idée qu'il n'y avait rien à faire pour un homme de mon espèce sur cette base.
_ Les niveaux inférieurs sont des nids de mutants qui ont percé la sous-couche du vaisseau. Je vous donnerai une combinaison de protection et une arme pour aller tuer ses monstres.
J'allumai une cigarette, le plus naturellement du monde.
_ Et vous voulez que j'aille m'occuper de ces monstres seul ?
_ Je ne peux pas mettre en danger la vie de quelqu'un d'autre...
Elle avait l'air gêné. Partagée sans doute entre le désir de m'imposer une mission dangereuse, et le doute de savoir si je m'en sortirai vraiment. De toute manière, j'étais obligé d'acquiescer à cette proposition pour le moment. Je ne connaissais pas en détail l'endroit et j'étais désarmé.
J'aurais accepté tout type de travail, même le plus ingrat pour mes supérieurs, du moment qu'il s'agissait de tuer des Lambs. Maintenant, je devais effectuer un nettoyage de sales mutants terriens pour une pseudo Solarianne sous la contrainte. Ravaler mon orgueil pour travailler pour cette garce n'allait pas du tout être facile.
Cependant, je voyais une bonne chose dans cette situation : le Magellan était un vaisseau de fabrication Solarianne et devait certainement contenir dans son ordinateur central les fréquences des avant postes de la galaxie. Je pourrais peut être y contacter de nouveau Oblivion à partir d'ici...

Dr Nilane Bah
Je les regarde un par un, m'assurant qu'ils m'ont bien entendue.
_ Je voudrais ajouter une dernière chose.
_ Nous vous écoutons fait le militaire d'une voix faussement courtoise.
_ Nous allons devoir rester ensemble ici pendant un long, très long moment. Mon intention est de tous vous ramener sain et sauf dans vos foyer à la fin de cette histoire. Donc je dois m'assurer que vous ne preniez pas d'initiative dangereuse pour moi, donc pour vous.
Sans cesser de les viser avec mon arme calorique, et sans les quitter des yeux, je recule, lentement, jusqu'au coin du hangar où sont entreposés des caissons que je n'ouvre jamais. Ils étaient là avant que je n'arrive, et je n'ai jamais songé à les enlever. Aujourd'hui, j'en suis heureuse.
Baissant rapidement les yeux, je trouve celui que je cherche et l'ouvre d'un coup de pied.
_ Vous, le mécano, approchez. Les deux autres, restez en arrière.
N'ayant pas d'autre choix que de m'obéir, l'interpellé, me rejoint. Je sors du caisson un petit bracelet électronique que je lui attache au bras, et le verrouille par un code.
_ A vous, Lyliah.
Je ne sais pas pourquoi, j'ai parlé plus doucement. Sans doute parce que je sens, sous les airs durs et froids de cette fille, une extrême sensibilité. Une sensibilité que je ne veux pas heurter.
Elle s'approche. Je procède de même avec elle qu'avec le mécano.
_ Et maintenant, c'est à nous, môssieur Atrayde. Venez !
Il me rejoint. Lentement. Avec une nonchalance calculée. L'air de quelqu'un qui s'en fiche complètement d'avoir une arme braquée sur lui. Mais il vient tout de même. C'est moi qui suis du bon coté du pistolet.
Je lui mets son bracelet, puis en verrouille un autour de mon propre poignet.
_ J'ai entré dans vos bracelets le code du mien. Si vous vous éloignez de moi de plus d'un kilomètre, le vôtre diffuse dans vos veines un poison suffisamment puissant pour vous tuer sans douleur en une seconde.
_ Voilà qui va beaucoup nous rapprocher, murmure le mécano, tentant de dissimuler sa frousse sous une désinvolture apparente.
_ Si vous cherchez à l'enlever de vous même, le poison se diffuse. Si vous essayer de m'arracher le mien pour pouvoir ouvrir le vôtre, nous sommes empoisonnés tous les quatre. Si vous tentez quoi que ce soit contre moi, ou contre Kara, je n'ai qu'à appuyer sur la commande de mon bracelet pour vous donner la mort. Me suis je bien fait comprendre ?
_ Oui, me répondent trois voix plutôt mornes.
Je baisse enfin mon arme, et sourit.
_ Mis à part ce détail, que vous oublierez vite après avoir dormi une ou deux fois, considérez vous non comme mes prisonniers, mais comme les membres de l'équipage de ce Magellan. Notre mission est de communiquer avec l'homme-chat, de comprendre qui il est et ce qu'il veut. Considérez vous chez vous ici, jusqu'à ce que cette histoire soit terminée.
Le militaire éclate d'un rire goguenard. Je l'ignore.Le mécano observe son bracelet, et tend le bras avec une mine coquette.
_ Joli, mais pas pratique pour se doucher avec. Vous ne l'avez pas d'une autre couleur, il ne va pas bien avec ma tenue.
_ Venez, dis-je. Je vais vous montrer où vous loger.
Je range l'arme à ma ceinture, et m'avance vers la sortie. Alors que je passe devant le militaire, celui-ci me retient par le bras, un peu brusquement, pas assez cependant pour m'effrayer. Preuve, s'il en est besoin, qu'il a parfaitement compris ce qu'il risquait.
_ Dites moi, docteur, si j'ai bien compris, vous comptez me confier une arme, et une combinaison, pour sortir ? Vous ne craignez pas que je profite de ça ?
Je lui fais un sourire faussement charmant.
_ Comme vous vous en doutez, l'autonomie de la combinaison n'est pas suffisante pour un séjour prolongé à l'extérieur. Quant à l'arme... C'est en réalité un sonar, destiné à effrayer les animaux et les faire fuir. Désolée de vous priver de cette opportunité de me créer des ennuis.
Un instant, nous nous affrontons du regard. Il s'apprête à répliquer, mais il n'en a pas le loisir. Kara, et l'être que je ne sais déjà plus comment désigner, à présent qu'il n'est plus une créature, et pas encore un humain, entrent tous deux dans la hangar, en se tenant par la main.
_ Maman ! Xorth dit qu'il a besoin de Lyliah !
_Nous arrivons, dis-je.
Je me tourne vers les autres.
_ Notre travail ensemble commence. Allons à l'étage inférieur.

Vamy Lyliah
Décidement les ennuis n'allaient pas en régressant. Au contraire, il semblait qu'ils empiraient. J'ai observé la docteresse. Celle-ci nous a parlé. Elle semblait avoir beaucoup de projets. Celle-ci nous a mis des bracelets pouvant nous tuer si nous nous éloignions d'elle ou nous rebellions contre elle. Elle n'était vraiment pas stupide. C'était vraiment une arme très redoutable. Même ce militaire devrait se tenir tranquille avec ce bracelet.
Tout au long de la conversation, je réfléchissais à ses paroles. J'ai remarqué que sa voix avait été moins brutale et plus douce avec moi que les deux autres. C'était étrange. Jamais personne ne m'a parlé ainsi. Ressentait elle de la pitié pour moi? Non je ne pensais pas. Je n'avais pas un air à inspirer de la pitié. De plus, je n'avais rien dit sur moi contribuant à faire naître un pareil sentiment. Peut-être voulait elle seulement rester courtoise? Ou alors ne pas me vexer pour que je puisse l'aider à comprendre la créature. Après tout, j'étais la seule à comprendre son langage.
Je souriais. Décidement j'étais vraiment bonne. Je savais beaucoup de choses pour battre un bataillon de professeurs. J'exagerais peut être un peu. Non je ne croyais pas. Après tout, il fallait s'y connaître pour être une bonne traductrice et comprendre le langage de cette créature.
Soudain Kara, la fille de la docteresse, arriva. Elle dit que Xorth avait besoin de moi. Je me rengorgeai un peu. J'allais finir par devenir indispensable moi. Enfin ce n'était pas désagréable de se sentir utile. allez c'est le moment pour la meilleure traductrice de les aider.


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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:33

Chapitre VI : Il faut. Je dois.

Julia XXX

Bip! Bip! Bip! Bip!
Au milieu de ma foire électronique, mon capteur audio m'appelle. Je suis le bruit pour le trouver dans tout cet attirail. Je tape et je clique jusqu'à trouver la bonne fréquence ... ça y est ! Un texte s'écrit au-dessus de la fréquence : Conversation : Spatiaux.
Les Spatiaux ? .... Hm ... que nous réservent-ils, ceux-là ? ...Je mets mon casque, j'appuie sur le bouton de lancement, et j'attends ....
“ Jowy, abandonnez les recherches de Franck Rhoan, j'ai une mission prioritaire à vous confier.
- Quoi ? Qu'est-ce qui peut être prioritaire à Franck Rhoan ?
- Je n'en sais rien, mais les gradés disent que c'est de la plus haute importance. Il faut que vous retrouviez la trace d'Atrayde, ainsi que d'une créature qui doit l'accompagner, un être à moitié homme et à moitié chat. Le nom de code de cette créature : Nimrodh. Le nom de code de l'opération : Genèse. ”
Abandonner les recherches de Franck Rohan ?! Mais c'est de la pure folie !!!
Je me calme, tant bien que mal, et comprends que si cette créature est assez importante pour stopper les recherches du Dr. Rohan, c'est qu'elle doit avoir un rôle particulier ! ....
J'enregistre la conversation dans mes dossiers Top Secrets et je plonge littéralement sur mon ordinateur pour faire un résumé de la chose. Je tape le plus rapidement possible, j'imprime deux fois pour être sûre de ne rien perdre, je réajuste mon casque et mon micro et je me branche sur le réseau de la base.
“ Commandant ! Commandant !
Un hologramme de mon supérieur apparaît devant moi. L'expression de son visage n'étant guère souriante, je me dis que j'aurais mieux fait de l'appeler avec plus de calme.
- Agent Julia, que nous vaut cet appel ... ?
- Une conversation des Spatiaux, mon Commandant !
- J'imagine qu'elle doit être importante ! ....
- Oui, mon Commandant ! Je vous envoie le rapport complet !
Je récupère toutes les informations en veillant au moindre détail. J'envoie le tout en protégeant les fichiers pour qu'ils ne soient pas interceptés.
- Voilà les données audios et les écrits, mon Commandant !
- Merci, Agent Julia ! ... Nous allons analyser le contenu des dossiers immédiatement ! ...
- Reçu, mon Commandant ! Bonne journée, mon Commandant ! ”
L'hologramme disparaît. Je suis fière de moi, j'ai mené ma mission à bien !
... Même si je suis consciente qu'elle n'est pas encore finie ! ....

Vamy Lilyah
Nous quittâmes l'infirmerie tous ensembles et commençâmes à marcher à travers le couloir. Curieuse de nature, je demandai où nous allions puisque je ne connaissais pas cet endroit.
“ Je vous conduis à vos chambres, répondit la doctoresse poliment. ”
Instinctivement je répondis un merci. La politesse était un principe de base. Mon père le disait toujours avant de mourir. Sans me rendre compte vraiment du trajet, nous fûmes rapidement arrivés. La doctoresse s'occupa de montrer au militaire et au mécanicien leur chambre. Pour moi, ce fut sa fille, Kara il me semblait, qui s'en chargea. Charmante enfant cette petite. Elle n'était pas comme ces idiotes que j'avais connues à l'orphelinat qui passaient leur temps à se moquer de moi pour les raisons les plus sordides.
Je pénétrai dans la chambre où je logerai il me sembla un bon moment. J'en avais le pressentiment. J'observai la pièce. Il y avait une couchette qui paraissait confortable, plus que la bruyère en tout cas, un bureau et des étagères avec des livres. Là, je me plaisais. Tant que j'avais de la lecture, je pouvais m'adapter n'importe où. J'allai vers eux et en saisis un au hasard. Je l’ouvris pour voir de quoi il parlait. Comme il semblait intéressant.
Derrière moi, Kara était entrée aussi et me regardait.
“ Vous aimez les livres, Lilyah? fit Kara.
Je fus surprise. Je commençais à peine à me plonger dans la lecture du livre que j'avais oublié la présence de Kara. Je déposai le livre sur le lit et m'avançai vers elle.
- J'adore ça. Depuis que je suis petite, je lis énormément. Même beaucoup plus petite que toi, répondis-je.
J'avais parlé à cette petite fille naturellement. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas eu une conversation avec quelqu'un. Peut être parce que Kara était une enfant. Les enfants ressentent beaucoup de choses et sont souvent incapables de mentir face à leurs sentiments.
- Dis, si tu aimes lire beaucoup, alors c'est grâce à la lecture que tu peux comprendre Xorth ? demanda Kara.
Je souris malicieusement.
- Tu as raison, petite futée, dis-je en riant. Il parle une langue ayant des origines avec des choses que j'ai pu apprendre grâce aux livres.
Je me demandais ce que Kara devait en penser, si elle comprenait tout. D'un seul coup, je repensai à la créature, Xorth. Quand Kara est arrivée, elle a dit que celui-ci avait besoin de moi.
- Dis Kara, tu as dit tout à l'heure que Xorth avait besoin de moi, non ? Je ne me trompe pas hein ? fis-je.
- Non. Il te demandait, répondit Kara.
- Hum je pourrais y aller mais je devrais plutôt attendre ce qu'en pense ta maman. Après tout, c'est elle qui décide, non ? dis-je.
- Hum oui. Je lui demanderai, me répondit Kara. ”
J’opinai de la tête. Je me demandais d'où pouvait venir Xorth. En tout cas, cela paraissait une rencontre incroyable digne d'être racontée dans un livre.

Janus Winnfield
Un vaisseau Solarian Magellan modèle 205... Il n'était pas très vieux, mais le système informatique qui le contrôlait était bogué comme un Windows XP de l'ancien temps sans son Service Pack... Enfin bref... Quelques minutes plus tard, j'eus accès à toutes les autorisations de sécurité. Un scanner me prévint alors:
SUJETS NON HUMAINS DETECTES
Je regardai avec étonnement:
C'est quoi cette histoire ?
Je regardai le scanner et vis alors que les formes de vie non-humaines étaient en fait des créatures mutantes réfugiés dans les niveaux en dessous... L'homme-chat se trouvait toujours dans les quartiers de l'équipage...
Je continuai donc mes recherches pour tenter de trouver d'autres issues...
Finalement, j'en revins au hangar... Je scannai et je vis qu'il y avait, outre le vaisseau qui nous a amenés ici, un petit chasseur de classe Silencer.
Exactement ce qu'il me faut...
Mais soudain je me mis à réfléchir : je me demandai si ça en valait vraiment la peine... Je m'étais embarqué dans cette aventure sans trop réfléchir... C'était cet homme-chat qui m'avait lancé... Mais suis-je sûr que c'est lui qui arrêtera la guerre ?
Et merde !
Je n'étais plus sûr de rien... Si je ramenais cet homme-chat aux autorités, comment réagiraient-elles ? J'ai surévalué la situation en pensant qu'il arrêterait la guerre. Ce serait sûrement juste un sujet d'étude de plus pour développer une nouvelle arme afin de continuer la guerre et faire encore plus de morts...
Qu'est-ce que je fais là ?
Je considérai l'option de prendre le Silencer tout de suite et de partir, mais je sentais que quelque chose d'important pourrait avoir lieu ici... Quelque chose d'important... Cette créature pensante et parlante en était la preuve. Je décidai alors de rester pour observer la suite des événements... Et il y avait une raison supplémentaire: Deakins cherchait la créature ou tout du moins tout ce qui se trouvait à bord du vaisseau sur lequel je m'étais embarqué... Peut être que cette aventure pourrait me faire prendre ma revanche sur lui...
Je continuai à fouiller l'ordinateur central en quête de quelque information qui pourrait m'être utile...

Vamy Lilyah
Kara était partie. Il me semblait que cela faisait quelques minutes mais en regardant une horloge, cela faisait une vingtaine de minutes. Elle m'a dit qu'elle devait retourner voir sa mère.
Je reportais mon attention sur mon livre. J'avais déjà lu deux dizaines de pages mais je ne parvenais pas à me souvenir de ce que j'avais lu. Mon esprit était préoccupé par le mystère de Xorth, l'homme félin. Il semblait incroyable. Qui était-il ? D'où venait-il ? Oh comme j'aimerais pouvoir répondre à ces interrogations. Je pouvais le comprendre grâce à mes connaissances mais il s'agissait de bribes. A ce stade, une conversation normale n'était malheureusement pas possible. Il fallait réussir à mieux le comprendre. Mais ce travail j'était la seule à pouvoir le faire. C'était grâce à mes connaissances et à ma logique que j'étais capable de le comprendre. Je devais donc trouver un moyen de parvenir à communiquer normalement avec lui. A mon sens, il existait deux possibilités. Je pouvais essayer de comprendre ses paroles, ou bien de l'aider à comprendre notre langue. Qu'importe la méthode utilisée, je devais d'abord rester calme et patiente. Ce serait un travail long et délicat.
Je fermai mon livre et le laissai sur le lit. Je me relevai et sortis de ma chambre. J'avais décidé de commencer à travailler sur ce problème de communication avec Xorth. Je ne me demandai même pas si je devais prévenir quelqu'un que je m'élançais à la recherche de Xorth.

Jonas Atrayde
Cela fait déjà une demi-heure que j'essaie de taper tous les codes possibles et imaginables sur le petit tableau numérique qui se trouvait à côté de la porte de mon compartiment. Cela ressemblait beaucoup au bloc que j'avais à la station, mais ça n'effaçait pas le fait que j'étais captif ici. Etant militaire, je m'étais forcement préparé à être prisonnier, mais je détestais par dessus tout être enfermé. Ca me rendait nerveux et agressif ! Il n'y avait que 2 heures qu'on m'avait conduit dans cette pièce et j'avais l'impression que j'y étais déjà depuis une éternité. Je n'avais rien à faire, c'était horrible !
Tant que je n'aurais pas une occasion d'accéder à un terminal du vaisseau pour communiquer avec l'extérieur, je serais livré à moi-même avec personne sur qui compter. Mike semblait avoir été moins réticent à devoir obéir à cette garce, je ne pouvais pas compter sur lui pour nous sortir de là tous les deux.
Après avoir essayé une énième fois de taper un code sur le tableau numérique, je décidai d'abandonner... pas sans l'avoir frappé du poing au passage, décrochant presque une touche. Je me dirigeai vers ma couchette et m'y allongeai. Je regardai mon bracelet que cette femme m'avait obligé à enfiler. Cette sa**** voulait nous faire croire qu'il nous restait un semblant de liberté. Mais même si elle ne tenait pas la laisse à la main, elle nous avait mis des colliers comme à de vulgaires chiens. Ca me faisait enrager à chaque seconde que j'y pensais : devoir effectuer ses quatre volontés sous peine de mourir dans une atroce souffrance, le sang étouffé par je ne sais quel poison. Cela allait finir par me rendre fou ! Il fallait que je trouve quelque chose afin de m'occuper, sinon j'étais sûr que je me briserais les poings sur les murs en frappant dedans. Mais dans cette pièce, il n'y avait strictement rien à faire, rien d'autre à faire que de regarder le plafond et de penser.
Cela faisait longtemps que j'avais laissé ce genre d'exercice de côté. Depuis la mort de Lyse, je n'avais plus besoin de penser. Exécuter les ordres de mes supérieurs et massacrer les Lambs à coups de bombes soniques ne réclamait pas cet effort.
C'était comme si une partie endormie de mon esprit venait de se réveiller. Je finis par me dire que si je comprenais mieux la situation dans laquelle je me trouvais, je trouverais peut être un moyen de m'en sortir, moi et Mike... et faire ce que je devais faire de tous ceux qui se sont trouvés sur notre route. Jusqu'à présent, je les avais très mal jugés, en particulier cet être étrange qui répondait au nom de Xorth. Les Lambs et la pseudo Lamb semblaient vraiment fascinés par toutes ses réactions, même celles que l'on voyait chez un humain normal tous les jours. Il ressemblait à un enfant auquel on apprenait à marcher et à parler. En y réfléchissant, j'étais peut-être passé à côté de quelque chose d'extrêmement important. Même Frank Rhoan, tout scientifique qu'il pouvait être, ne semblait pas comprendre tous les agissements de cet être.
Voilà que je devenais curieux ! J'avais toujours l'intention de le ramener à Oblivion, mais j'avais maintenant envie d'en savoir plus. Qui il était, d'où il venait, comment s'était il retrouvé dans mon vaisseau...
Et ce savant fou. Il avait été évadé par cette même garce qui nous retenait prisonnier, d'après Mike. Malgré mon manque d'intérêt pour lui plus tôt, lorsque le savant s'était fait passer pour un assistant médical, j'avais cru remarquer dans leur regard qu'il y avait une certaine animosité entre lui et la doctoresse. Ca n'avait pas de sens ! Pourquoi s'ils étaient ennemis, Rhoan aurait accepté de travailler pour elle ? Elle le retiendrait par un moyen de pression ? Et surtout, qu'est-ce qu'il pouvait fabriquer ? Rhoan n'était pas connu dans la galaxie pour sa broderie fine...
Je commençais à être fatigué de toutes ses questions. Soudain, j'entendis une voix, celle de cette *****, dans le haut-parleur.
“ Jonas, veuillez descendre et venir me voir à l'armurerie ! Je vais vous donner ce dont vous avez besoin pour votre travail ! ”
Elle m'appelait par mon prénom et s'adressait à moi sur un ton presque mielleux... comme si j'étais son ami. Je soupirai bruyamment, mais ne connaissant pas les limites de sa patience, je me levai et avançai vers la porte qui s'ouvrit enfin. Il fallait à présent que j'établisse un plan, je ne pouvais plus compter que sur moi...
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:40

Dr Nilane Bah
Ils sont tous installés. Je suis passé les voir, discrètement, sans me montrer, avant de descendre. Le mécanicien semble s'être bien accommodé de son sort. Il a sorti un jeu de carte de sa poche et s'est mis à faire une réussite sur sa couchette.
Je n'irais pas jusqu'à dire que l'apparition de ces intrus chez moi est providentielle, mais je dois admettre que cette base avait bien besoin du secours d'un mécanicien. Pendant trois ans, j'ai été seule à l'entretenir, il a bien fallu que je privilégie les circuits vitaux, et que je néglige le reste. Il n'est pas un seul étage dans ce Magellan qui ne contienne pas au moins une réparation à terminer.
La terrienne, Lilyah, s'est plongée dans l'un des livres qu'elle a trouvé au dessus de sa couchette. Des livres de papier. On n'en trouve que sur terre. Lors de notre fuite, je n'ai rien pu emporter, sauf Kara sur mon dos, et puis quelques instruments de ma trousse de secours. Les livres de papier, je me les suis procurés par nostalgie, la seule nostalgie que je me sois autorisée à éprouver à partir du moment où j'ai obtenu la nationalité Solarianne. Une petite entorse à la légalité, mais l'avantage d'être exilée, comme moi, c'est qu'on n'est plus sensible qu'à quelques lois universelles, comme sauver des vies parce que c'est dans sa nature, empêcher sa fille de mourir, ou avoir la nostalgie des livres de papier.
"Terre des hommes", c'est le livre qu'elle a choisi. Combien de fois l'ai-je lu ! Je peux même en réciter des passages par cœur.
"Il faut bien tenter de se rejoindre. Il faut bien essayer de communiquer avec quelques uns de ces feux qui brûlent de loin en loin dans la campagne".
Il faut bien tenter de se rejoindre. Elle avait l'air si tranquille, courbée sur sa banquette à tourner les pages fragiles et précieuses... Il y a chez cette fille quelque chose qui... Je ne trouve pas le mot exact. Tout en elle semble si serein, si indifférent à ce qui l'entoure. J'ai vu les autres manifester leurs émotions. J'ai vu le mécanicien ébahi, le militaire furieux, Rhoan ironique. J'ai vu l'homme-chat paniquer. J'ai vu Kara rire et pleurer, oh combien de fois !
Elle, elle s'est laissée embarquer dans cette histoire sans broncher, répondant aux insultes du militaire, quand il lui en lançait, silencieuse la plupart du temps. Elle n'a pas bronché quand l'homme-chat s'est mis à parler. Elle n'a pas bronché quand la flotte Solarianne nous a attaqués. Les deux fois, elle a réagi, elle nous a aidés, mais ce n'était ni du sang froid, ni du courage, c'était seulement ce qu'il fallait faire, aucune émotion ne se dégageait d'elle a ce moment là. Elle nous a simplement livré son savoir.
Elle n'a pas bronché quand je lui ai mis au poignet ce bracelet qui tue. Elle s'est laissée faire. Comme si tout cela n'avait aucune importance. Sans doute que pour elle, ça n'en a aucune. Sans doute que la vie lui importe peu, pourtant elle vit, elle vit, à l'intérieur de cette carapace de tranquillité froide. Qu'est-ce qui pousse une femme, une jeune femme, presque une jeune fille, à devenir à ce point somnambule ?
Je ne sais pas pourquoi je suis restée si longtemps à l'observer, et à désirer la comprendre. Est-ce parce qu'elle lisait mon livre préféré ? Est-ce parce qu'elle semble aussi fragile et jeune que Kara ? Est-ce simplement parce que j'ai la certitude qu'elle est la seule dans cette base qui soit sincèrement prête à m'aider, pour l'homme-chat ?
Je ne comprends pas pourquoi l'Histoire m'a choisie, moi. Il a débarqué comme ça au milieu de mon cauchemar, l'exil, la maladie de ma fille. Il vient à moi, au moment où je renonce à tout ce en quoi j'ai toujours cru, au moment où je décide de passer dans le camp de ceux qui n'ont aucun scrupule, de m'associer à l'homme qui a détruit notre ville, juste pour sauver Kara.
Et, lui, cet Autre, cet Espoir, cet Inconnu, il m'arrive comme ça, le jour même où je décide de vendre mon âme au diable, le jour même où je ne suis plus digne de le recevoir.
J'ai hésité avant de le loger. Une cabine ? A en juger ses vêtements, ses griffes, son allure souple et agile, ceux de sa race doivent plus avoir l'habitude du grand air que des espaces clos. Je l'ai conduit au dernier étage, dans la mini biosphère. Sous la coupole translucide, un petit bout de notre terre, telle qu'elle était avant, avant les forêts toxiques, avant la guerre, telle qu'elle était quand tout était vert, trônant majestueusement dans son habit d'herbes hautes et d'arbres fruitiers.
"Toi ici, lui ai-je dit.
Et, montrant le dehors.
- Pas sortir. Enjay, dehors, tu comprends ? Enjay !
- Pas sortir, a-t-il approuvé. ”
Le soleil est en train de se coucher à présent. Je fais les cent pas dans l'étroit couloir qui mène au dernier sous-sol, sous le hangar aux aéroglisseurs. Les mutants vont bientôt se réveiller sous la coque. J'espère pour le militaire qu'il s'est bien reposé. Je l'attends.
Evidemment il n'est pas content. Enfin, à supposer que ce type soit capable d'être content. A voir la mauvaise grâce avec laquelle il répond à mes tentatives d'installer un semblant de courtoisie entre nous, je commence à croire le contraire. Je me demande même ce qui lui fait si peur, dans le fait de se montrer un peu humain.
“ Bon ! fait-il en écrasant sa cigarette en plein milieu du couloir. On y va ?
Je me demande aussi d'où lui vient ce besoin d'avoir toujours une cigarette à la main. Est-ce par peur de constater à quel point ses mains sont vides ? Ou à quel point elles ne lui servent à rien ?
- Enfilez ça, dis-je en lui tendant la combinaison. Entrez là-dedans pour vous changer.
- La vue de l'anatomie masculine vous fait peur à ce point ?
- En effet. Ca m'effraye, chaque fois que j'opère un patient. Entrez. ”
Emettant un son dont je ne sais pas s'il s'agit d'un grognement ou d'une phrase, il entre dans le réduit que je lui indique. Je m'adosse à la paroi en attendant. Le silence tombe entre nous. Lourd. Très lourd.
“ Dites moi, me dit la voix d'Atrayde, derrière la paroi.
- Oui ?
- Ce Magellan, là. Ca a fait un tintouin, quand ça a disparu. Vous avez fait comment ?
Je ris silencieusement. Quand on pense au temps qu'il m'a fallu pour préparer ce détournement, et aux quelques minutes que le détournement lui même a duré...
- Dès que je suis arrivée à Etrenank, je l'avais repéré. Il flottait en orbite autour de la station, il ne servait à rien, on ne savait pas quoi en faire. On le surveillait, bien sûr, pour la forme. On empêchait les vols trop près, pour ne pas l'endommager, pour la forme aussi. Mais j'ai un peu étudié la question, j'ai pu constater que quand le satellite B612 coupait l'orbite du Magellan, celui-ci perdait pour quelques minutes tout lien radio, radar, etc... Avec Etrenank. Il suffisait de s'arranger pour être au bon endroit, au bon moment...
- Il faut croire que vous avez un don pour vous trouver au bon endroit, au bon moment.
- Qui s'est trouvé au bon endroit, au moment où Xorth découvrait la terre ? Vous ? Lilyah ? Rhoan ? Le mécanicien ? Personne n'avait besoin d'être là, et quoi que soit ce que cette créature cherche, nous ne la lui avons certainement pas apporté, pour l'instant.
- Vous auriez mieux fait de nous laisser tous sur place. Vos pauvres sentiments de compassion pour le prochain, vous auriez dû les laisser de côté quand vous avez décidé de faire évader un criminel.
- Vous finirez un jour par vous rendre compte que l'humanité est une maladie dont on ne guérit pas monsieur Atrayde. Vous aurez beau essayer de vous convaincre que vous y avez renoncé, elle vous rattrapera toujours. Toujours.
Il ressort, vêtu de la combinaison. Je ne vois pas son visage. Je lui pose dans les mains le sonar et lui indique une trappe au sol.
- Attendez que je sois partie pour la soulever. Et quand vous serez dans l'entre-deux étages, refermez la trappe, avant d'ouvrir celle que vous trouverez en-dessous, qui vous mènera au sous-sol.
Je m'éloigne dans le couloir. Puis me retourne.
- Hé ! Jonas ?
- Quoi, encore !
- Revenez en vie... Quand même ! ”
Je ne l'entends pas répondre. Je n'attends même pas de voir s'il me fait un signe. Je remonte l'escalier. Voilà. Chacun a une tâche. Il va bientôt être l'heure d'aller coucher Kara. Mais il faudrait tout de même que je passe à la cuisine. Je dois faire le bilan des vivres que nous avons. J'avais prévu largement, mais pour trois personnes...

Franck Rhoan
J’entendis du bruit, et tournai tranquillement ma chaise vers l’entrée du réfectoire. Je n’avais eu aucun mal à pirater le système me retenant dans une cabine du vaisseau. J’avais été un instant étonné de me retrouver dans un Magellan.
Elle est plus futée que je le pensais, avais-je pensé.
Je n’avais trouvé personne dans le hangar, et n’étant jamais monté dans ce genre de vaisseau, je ne voyais pas l’utilité d’y courir en tous sens pour trouver Bah. Elle finirait par me trouver où que je sois ici, alors autant la laisser se déplacer. En tombant sur un ascenseur avec l’indication des étages du Magellan, j’avais décidé de modifier légèrement mes plans. Je m’étais donc rendu au réfectoire et m’étais servis un petit repas et un café. Un café, dont je n’avais pas savouré le goût depuis huit longues années.
La position de ma chaise me plaçait également devant une grande vitre renforcée, me permettant de voir la forêt toxique à l’extérieur, ainsi que le ciel empli d'étoiles.
Etrange que ce genre de forêt se développe ici. Je n’ai pourtant pas laissé un seul atome radioactif d’Itokyo.
La porte du réfectoire s’ouvrit, et Bah entra, l’air furieuse.
“ Puis-je savoir ce que vous faites ici ? s’exclama-t-elle.
- Cela ne se voit-il pas, docteur ? Répliquai-je en accentuant le dernier mot. Je déguste une saveur que j’avais presque oubliée.
Elle parut se calmer un peu, mais tira une arme de poing et la pointa sur moi. Je fis mine de n’avoir rien remarqué, et avalai une autre gorgée.
- Dites-moi, docteur : Qu’est-ce qui favorise le développement de ce genre de végétations ? Où puisent-elles les ressources leur permettant de se développer ?
Elle parut étonnée, mais répondit en s’avançant.
- On ne sait pas trop. On suppose que c’est à cause des restes énergétiques des armes terriennes ou Solariannes, car ces plantes ne se développent que sur les champs de batailles.
- Il y a donc eu une bataille ici ? Même après qu’Itokyo ait disparue ? Tsss, ces soldats, terminai-je sur un ton ironique.
Son regard se durcit, et elle me saisit le poignet. D’une secousse, je me libérai et me levai, posant ma tasse. Elle crispa sa main sur son arme.
- Tendez la main, Rhoan.
- Pourquoi ? Que comptez vous faire ?
Elle sortit un bracelet de métal de sa poche, et m’expliqua son utilité. Lorsqu’elle eut finit j’esquissai un sourire ironique.
- Désolé, je n’aime pas être tenu en laisse.
- Vous n’avez pas le choix, rétorqua-t-elle en montrant son arme.
J’eus un rire sans joie, sarcastique.
- Mais tirez donc, Miss Bah. Allons, vous ne pouvez pas vous permettre de me tuer.
- Je peux parfaitement me permettre de vous faire perdre connaissance et vous le mettre de force.
- Mais je vous en prie, faites donc. Je me ferais un plaisir de l’activer et ainsi de mettre un terme à vos projets en même temps qu’à ma vie. Rien que pour vous ennuyer.
Elle voyait parfaitement que je ne bluffais pas. De toutes manières je n’attendais plus rien de la vie. Elle hésita, puis rangea le bracelet. Je me rassis et repris ma tasse.
- Que comptez-vous faire de vos…passagers inattendus, finalement ?
- Je ne vais pas les tuer, si c’est ce que vous voulez dire, répliqua-t-elle en se raidissant.
- Je m’y attendais, dis-je d’un ton quelque peu condescendant. Nous risquons donc d’avoir quelques problèmes de ravitaillement. J’ai vu vos réserves : ce ne sera pas suffisant pour la durée de votre projet.
- Nous devrions tenir suffisamment de temps.
- Vous ne semblez pas réaliser. Vous voulez que je recrée mon “ arme ”, mais vous n’avez aucune idée du temps que cela prendra.
- Combien de temps cela demandera-t-il ?
Je sirotai un instant ma tasse, effectuant un rapide calcul mental.
- Au bas mot deux ans, fis-je d’un air pensif.
- Deux ans ? S’exclama-t-elle. Mais vous avez tous les plans en tête, vous l’avez dit vous-même ! Nous ne pouvons pas nous permettre de prendre deux ans.
- Il m’a fallu au total quatre ans pour développer le Remanieur à Rayonnement Micromoléculaire, dit 2R2M. La plus longue partie étant la création d’un générateur suffisamment puissant pour fournir l’énergie nécessaire. Le générateur à plasma que j’ai utilisé devant Itokyo m’a pris un an.
- Un générateur à plasma ? Releva-t-elle.
- Oui. Même une centaine des plus puissants générateurs magnétiques ou à ions ne pouvaient apporter la puissance nécessaire, expliquai-je en continuant de boire mon café. J’ai donc dû inventer un nouveau type de générateur. Mon générateur à plasma ne faisait qu’une quinzaine de centimètres de long, mais était capable de libérer autant d’énergie qu’une étoile. Il m’a fallu deux ans pour l’inventer, dont un à le créer. Je pourrai sans problème en recréer un, mais dix mois – au mieux- me seraient nécessaires. Ajoutez à cela que je dois synthétiser l’alliage supportant le rayonnement, et le 2R2M en lui-même.
Je répondis à son regard incrédule par un sourire goguenard. Mais elle se ressaisit.
- A quoi ressemblait votre générateur à plasma ? Demanda-t-elle.
- A une batterie de l’ancien temps, répondis-je, soupçonneux. Long de quinze centimètres, large de onze et haut de cinq.
- Combien de temps vous faudrait-il sans avoir à recréer ce générateur, continua-t-elle d’un air de triomphe.
Je fis aussitôt le lien, et manquai de lâcher ma tasse. L’objet le plus précieux et le plus puissant jamais créé était entre ses mains.
- Vous l’avez, dis-je d’une voix faible. C’est cela que vous détenez.
- J’en suis presque certaine, confirma-t-elle avec un sourire supérieur.
Une forte inquiétude me prit.
- J’ose espérer que vous ne vous êtes jamais amusée à faire des tests pour savoir ce que c’était. Les radiations de ce générateur, quand elles ne sont pas maîtrisées, peuvent entraîner des mutations chez certains êtres vivants.
Elle secoua la tête, et je me détendis. Je refis à nouveau mes calculs, et poussait un soupir.
- En ayant le générateur – et en admettant qu’il n’ait rien perdu de sa puissance- et tous les matériaux nécessaires, cela me prendra au mieux huit mois, conclus-je, optimiste.
- Tous les matériaux que l’on puisse trouver sur cette planète et dans l’espace sont stockés dans ce vaisseau.
- Et bien, finis-je, réellement intéressé à présent, montrez-moi donc le laboratoire où je vais passer mes huit prochains mois. ”
Nous sortîmes de concert, et prîmes l’ascenseur vers le premier étage.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:40

Jonas Atrayde
J
'étais à présent au bord des sous-sols décrépis de cet immense vaisseau, dans un petit espace entre les deux trappes hermétiques en titane qui séparaient les deux zones. La doctoresse m'avait dit de rester en vie... je ne sais pas comment je devais le prendre. Peut-être que c'était juste une manière de ne pas trop se donner mauvaise conscience en m'envoyant ici, ou alors qu'elle ne me détestait pas au point de m'envoyer à une mort certaine. Que cette femme était étrange... ainsi les mutants auraient le droit de me tuer s'ils en étaient capables, et moi je n'aurais seulement le droit que de les repousser en dehors du vaisseau...
De toute manière, je n'avais pas d'autre choix que de m'exécuter, la fuite étant techniquement impossible. J'ouvris la seconde trappe au-dessous de moi avec un peu de mal, puis la soulevai. Il en sortit un voile de brume d'une couleur indéfinissable, mais j'étais pour le moins sûr qu'il était extrêmement toxique. Je sortis l'arme que la doctoresse m'avait donnée, puis je descendis l'échelle rouillée, refermant la trappe derrière moi. Ma vision dans cette combinaison était assez limitée, mais même au travers de ce brouillard toxique, je distinguais encore bien le décor qui m'entourait. C'était hallucinant ! Une végétation empoissonnée s'était presque totalement emparée des vieilles machines, des ordinateurs rouillés et des écrans brisés qu'il y avait ici. Pour le moment, j'explorais les couloirs sombres sans rien rencontrer de menaçant. Quel endroit lugubre, j'avais l'impression de me trouver dans un lieu entièrement différent du Magellan. Un si beau vaisseau... il était pourri de l'intérieur par la faute de cette ***** qui n'aurait jamais pu l'entretenir à elle seule ! Quel gâchis !
J'avançais prudemment, non seulement parce que je commençais à entendre des bruits de pas, mais aussi parce que mes propres pas faisaient grincer la vieille ferraille par endroit. J'ignorais tout des monstres qui pouvaient habiter dans le coin, qui sait s'ils ne m'avaient pas déjà vu. Je m'arrêtai un instant à un endroit où la coque avait été percée. Percée, j'aurais même dit complètement trouée ! Les contours du passage semblaient indiquer que la paroi avait fondue. Si ces monstres pouvaient faire de tels dégâts à la coque du vaisseau, je n'ose pas imaginer ce que je deviendrais s’ils arrivaient à me toucher.
Je regardai la forêt par delà cette ouverture et du haut des quelques mètres où flottait en permanence le Magellan. J'aperçus le même genre de brume au dehors qu'à l'intérieur, les arbres mutants étaient d'une couleur orangeâtre à vomir ! Des créatures quadrupèdes immondes ressemblant à des chacals décharnés étaient en train de se bouffer les uns les autres ! Je voyais à présent ce que la Terre était devenue au fil des années, ça faisait vraiment peine à voir. J’avais pensé il y a quelques années que les dommages que notre planète mère avait subis pourraient être réversibles un jour. A présent, je pensais que le seul moyen de recréer un monde en bonne santé aurait été de tout raser d'abord...
Je continuai mes recherches en suivant de mon mieux les bruits suspects qui étaient de plus en plus nombreux. La résonance de mes pas sur l'acier rouillé fut soudain remplacée par un bruit écœurant. Je lançai un regard sur mon pied droit, il semblait que j'avais écrasé ce qui restait d'une de ces créatures cannibales. Je vis également deux gouttes d'un étrange liquide tomber du plafond. Je chargeai l'arme sonique à toute vitesse, juste à temps avant que l'une d'entre elles ne me donne un coup de griffe, elle fut projetée au sol et s'enfuit en courant. Cette saleté avait enfoncé ses griffes dans le plafond et m'avait presque surpris ! La combinaison l'avait échappé belle. J'avais intérêt à être très vigilant dès à présent. Ses créatures n'ont aucun scrupule à se manger entre elles, mais certaines arrivaient peut être à se supporter pour former un groupe.
Je marchai ainsi dans ce dédale pourri et sombre pendant quelques heures, marchant très lentement afin de surveiller mes arrières. J'avais déjà croisé un bon nombre de ces créatures isolées que je surprenais de dos afin de ne prendre aucun risque. Je vis la lumière extérieure se lever peu à peu par les trous dans la coque, je décidai alors d'arrêter ma chasse aux mutants. J'espérais que cette arme inoffensive serait au moins efficace pour les éloigner définitivement du vaisseau.
Je retrouvai mon chemin vers l'entre-zone assez facilement. Lorsque j'allais passer le dernier virage pour m'y rendre, je me cachai immédiatement dans une alcôve dans le mur : trois mutants semblaient monter la garde juste au bas de l'échelle. Il fallait que je réfléchisse, encore une fois...
C'était un cul de sac, si je tirais avec mon arme, les mutants prendraient peurs et seraient obligés de me passer sur le corps pour s'enfuir. J'observai en détail mon arme et m'aperçus que la fréquence des ondes soniques était modulable. Si j'arrivais à la régler adéquatement, elle attirerait les monstres au lieu de les repousser. Après avoir cherché un petit moment, je réglai l'arme à un niveau suffisamment élevé pour attirer les mutants suffisamment longtemps pour me permettre de passer la première trappe. J'enclenchai le tir automatique et jetai l'arme dans le couloir que j'avais emprunté pour revenir. Les trois mutants se précipitèrent vers elle et se mirent à se battre pour l'avoir, je courus vers la sortie. J'étais arrivé à l'échelle quand les créatures se retournèrent vers moi, visiblement l'arme venait de leur servir de repas. Heureusement, je réussis à fermer la trappe à temps, juste avant d'entendre l'un des monstres s'écraser la tête contre. J'enclenchai la purification d'air de l'entre-zone. Une fois l'air toxique évacué, j'enlevai le haut de ma combinaison et soufflai un bon coup. J'avoue que j'ai eu peur de ces monstres pendant un moment, j'avais honte. Je m'étais pourtant juré de ne plus rien craindre depuis la mort de Lyse, surtout pas d'être seul...
Cette garce de docteur me paiera tôt ou tard pour ce sale boulot.

Mike Libane
“ Mouaaaaaaaaaah, qu’est ce que j’ai bien dormi.
C’était le matin, d’après la lumière qui éclairait ma “ chambre ”. Tandis que je m’habillais, je pensais qu’il faudrait faire une réclamation au sujet du lit trop dur, et aussi à propos de ce bracelet qui me grattait horriblement, avant de me souvenir que je n’étais pas dans un hôtel.
Quand je sortit de ma chambre, ma priorité fut de trouver des toilettes, car passer plusieurs heures à dormir d’un sommeil artificiel, ça vous donne envie de voir de belles cuvettes. Mais malheureusement, aucun plan ne me donna d’indication.
- Raaaaah, mais on ne devrait pas cherchez les toilettes dans un vaisseau digne de ce nom.
Je regardais dans le couloir où je me trouvais. C’était un long corridor où se trouvaient les chambres des “ membres de l’équipage ”, ainsi que le réfectoire juste en face. Toutes les portes des chambres étaient ouvertes, ce qui me permit de conclure que plus personne ne dormait, et donc personne à qui demander une information.
- Pfffff, j’ai vraiment pas de chance.
Au bout de couloir, il y avait une salle de détente, et de l’autre côté un ascenseur.
- Bon ben je crois que je vais devoir chercher étages par étages.
J’appelais l’ascenseur, qui arriva en 1,5 secondes grâce au déplacement électromagnétique.
- J’ai vraiment hâte de m’occuper de ce beau joujou de vaisseau, mais d’abord, cherchons.
Sur la commande à l’intérieur de l’ascenseur, je pouvais lire :
Rez-de-chaussée : armurerie, garage des aéroglisseurs.
1er étage : labo médical et de recherche.
2ème étage : réfectoire, chambres.
3ème étage : hangar, piste d’atterrissage.
4ème étage : pont
5ème étage : biosphère.
Je réfléchis deux secondes, et me dis qu’il valait mieux commencer par le plus bas.
- Rez-de-chaussée, dis-je. ”
Quand les portes s’ouvrirent, je pus voir un autre couloir, mais un peu plus grand. Au milieu de ce couloir, je voyais Jonas dans sa combinaison qui semblait sur le qui vive.
“ Hello, Jonas, comment ça va ?
Il se retourna brusquement, puis me reconnut et enleva la capuche de son costume vert bizarre.
- Ah, c’est toi, fit-il d’un air dédaigneux.
- Qu’est ce que tu fais ici ? répliquais-je.
- Je vais me coucher, j'ai passé une nuit éreintante.
- Ca se voit, on dirait que tu as des bagages sous les yeux.
Il garde le silence, sans doute pour se retenir de me frapper.
- Bon sinon, repris-je, tu ne saurais pas où sont les toilettes ?
- A vrai dire, je n’ai pas encore eu le temps d’y faire attention.
- Ah, bon ben je vais te laisser à ton travail de démutanseur, tchao.
Comme je me positionnais dans l’ascenseur, il me lança :
- Dis, t’en pense quoi de cette traîtresse qui nous a amenée ici ?
- Elle est plutôt jolie, répondis-je avec un sourire.
- On s’en fout de ça, ce que je veux dire, toi tu n’es pas révolté qu’elle ai trahi notre peuple et nous ai séquestré ici ?
- Ben tu sais, elle aurait très bien pu nous laisser sur le champ de bataille, qui aurait pu être à nouveau bombardé, ou encore nous jeter dans cette forêt toxique et nous regarder mourir à petit feu. Au lieu de ça, elle nous a sauvé et nous a donné des choses à faire pour qu’on se sente utile. ”
Il était à nouveau renfermé dans son silence, sans doute pour essayer de comprendre ce que je venais de dire. Moi pendant ce temps, je dis :
“ 1er étage. ”
Les portes s’ouvrirent de nouveau. J’étais encore face à un couloir, mais de la même taille que celui qui se trouve à l’étage des chambres, avec par contre une seule porte pour chaque côté. Je regardais la porte qui se trouvait à droite. Il y avait toutes sortes d’instruments dont je ne connaissais pas le nom, car ce n’était pas des outils pour les vaisseaux. Par contre, pour la porte de gauche, c’était une vaste salle avec des objets que je connaissais, comme le générateur de plasma utilisé pour découpé les métaux, ou encore le cyclotron. Dans cette salle, se trouvais Mistigri, qui ne m’avait pas vu. Comme je connais les gens qui travaillent sur le métal et ce qui sert pour les matériels électronique, je décidais de ne pas le déranger. C’est surtout son juron retentissant qui m’apprit qu’il était très occupé. Je retournais donc à l’ascenseur et dis :
“ 3ème étage. ”
Cette fois, c’était une immense salle, où se trouvaient des dizaines de vaisseaux.
“ Ouaaaaaaah, m’écriais-je. ”
Car je vis que les 10 vaisseaux étaient les 10 pumas-54 qui avaientt été fait uniquement pour l’énorme vaisseau dans lequel je me trouvais. J’avais lu qu’ils avaient la force de frappe de 20 swispeur de l’armée… chacun. Avant de ne commencer à me jeter dessus pour tout vérifier, j’eus la force de dire :
“ 5ème étage. ”
Quand la porte coulissa, je me demandais pourquoi j’avais dis le 5ième et non le 4ième, quand le mal au niveau de la ceinture qui m’avait réveillé me répondit et me rappela la proximité des arbres pour faire ce que j’avais besoin de faire. Je me précipitais devant un tronc, défit ma braguette, et me soulagea. Après 20 secondes, j’entendis comme un grognement derrière moi.
Comme je me retournais et vis la provenance du bruit, je m’exclamais :
“ Oh non, revoilà la peluche géante.
En effet, l’homme-chat avait sortit les griffes et montrait des dents.
- Qu’est ce qu’il y a ? Tu as un problème ? Tu veux du vermifuge ?
Soudain, un doute me tirailla, et je me retournais pour voir que j’avais “ marquer mon territoire ” sur l’endroit où il avait fait sa couchette.
- C’est pas vrai, j’ai vraiment pas de bol. ”
Quand l’ascenseur s’ouvrit sur la salle de contrôle du pont, je vis que les 3 femmes de l’endroit s’y trouvaient déjà. Quand la “ capitaine ” se tourna vers moi, elle poussa un cri.
“ AAAAHH, qu’est ce que c’est que tout ce sang ? s’exclama-t-elle.
En effet, le félin anthropoïde m’avait lacéré le visage, ce qui me donnait un air boursouflé.
- C’est rien, fis-je, faîtes pas attention. Sinon, une question : Où se trouvent les toilettes dans ce foutu vaisseau ?
- Et bien, répondit la femme qui avait crié, vous ne savez pas que chaque cabine avait sa propre toilette individuelle ?
Une minute de silence passa, puis je soupirais.
- Booooooon, fis-je. Alors, que dois-je faire ??
- Allez donc remettre en état la connexion avec les réacteurs, vous voulez bien.
- Oui m’dame, mais avant, permettez que j’aille me faire soigner.
- Oui, faites donc cela, répondit-elle, c’est à l’étage 1.
Pendant que la porte se fermait, je répondais :
- Je sais. ”

Kara
Après le passage du mécanicien tout gonflé et saignant, Lilyah et "Maman" recommencent à parler entre elles.
Qu'est-ce que le mécanicien a fait pour avoir une tête pareille ? On dirait qu'il s'était fait griffer par quelque chose ou...
Xorth ! Il a voulu faire mal à Xorth !
Je bondis et cours le plus vite possible. Si "Maman" m'a bien dit, Xorth est au dernier étage de la "Base"...
Je monte dans l'ascenseur en tapant du pied. Vite ! Vite !
La porte s'ouvre et je me précipite dans l'espèce de "Forêt-serre".
Xorth est toujours là. Il n'a rien et regarde son espèce de lit de feuilles en grimaçant. Il est en colère... Pourquoi ? A cause du mécanicien je pense...
Je lui saute dessus en riant. Comme ça il sera plus en colère ! Xorth tombe sous mon poids et se retourne brusquement. Quand il me voit, il esquisse un drôle de sourire. Il me dit :
"Cheulos Kara.
Tiens ? Je connais pas ce mot... Cheulos... cheulos... Ca doit être un mot de... Mais oui ! C'est un mot de bonjour ! Oui c'est ça ! Xorth me dit "Bonjour" dans sa langue !
- Cheulos Xorth, je réponds en souriant."
Il se relève et regarde à nouveau son lit de feuilles. Je lui envoie de l'inquiétude. Qu'est-ce qui s'est passé avec le mécanicien ?
Xorth se retourne vers moi et balaye l'air avec une de ses mains, comme pour dire qu'il n'y avait rien de grave.
Je hoche la tête. Il a peut-être mal dormi... Voilà, il a mal dormi alors il regarde son lit pour voir si quelque chose l'a gêné.
"Manger, je lui demande. Toi manger ?
Xorth me regarde à nouveau et fait "oui" avec sa tête.
Je lui prends le bras et le guide vers l'ascenseur. Arrivé dans la salle avec la grande baie vitrée, je le laisse et lui demande de rester là. Je cours dans les couloirs tous blancs vers les réserves et sort deux grosses barres de chocolat d'une caisse.
De retour devant la baie vitrée, je donne à Xorth les barres et il se met à les manger gloutonnement, en regardant la forêt toxique.
"Maman" m'a dit que c'était à cause des vaisseaux de guerre, à cause de la guerre. Je trouve ça... étrange et triste. C'est pas les beaux arbres verts de la "Forêt-serre", mais c'est des arbres de drôles de couleurs, sans feuilles.
Xorth continue de manger, avec une espèce de joie. Je souris.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:41

Vamy Lilyah
J'étais toujours décidée à améliorer la communication avec Xorth. Je suivis donc Kara jusqu'au dernier étage de la base. J'hésitais tout de même à la déranger de peur de la froisser. En apercevant Xorth manger, je devais en profiter. Il se sentait bien avec Kara et en l'associant à mes séances de communication Terro-langue de Xorth, cela pouvait rendre plus ou moins les tentatives plus faciles.
Je m'approchai d'eux. Kara me remarqua aussitôt.
“ Lilyah ? fit Kara surprise.
J'expliquais rapidement que je souhaitais commencer les séances de communication.
- Si tu le veux, tu peux rester avec nous, l’invitais-je.
- Oh oui. Je veux bien, répondit Kara. ”
Nous commençâmes donc à nous mettre au travail. A l'aide de mes connaissances, je devais trouver un moyen d'engager la conversation avec Xorth. Kara me souffla de dire cheulos pour le saluer. Je la remerciais du conseil.
“ Cheulos Xorth, fis-je.
- Cheulos Lilyah, me répondit Xorth. ”
Ensuite le début de notre communication commença. J'éprouvais parfois du mal à comprendre certaines phrases. A l'aide de signes, je lui faisais comprendre de répéter la phrase plus doucement. Dès le premier essai, j'avais inventé une série de gestes permettant de mieux se comprendre. L'un d'eux consistait à mettre la main gauche à l'oreille pour dire qu'on ne comprend pas. Un autre après faisait position sa main droite près de sa bouche mettant un doigt pour exprimer la notion de répétition et en fonction des mots non compris, je montrais un ou plusieurs doigts selon leur position dans la phrase. Si le ou les mots étaient en second ou troisième, je montrais deux ou trois doigts. Décidément je m'étonnais parfois moi même. J'avais une capacité à imaginer qui dépassait l'entendement.
Vers la fin de conversation, Xorth avait un regard vers Kara. Dans sa langue, il me parlait de télépathie puis montant sa main droite, ce qui signifiait augmenter, et de la gauche montrant Kara. Ensuite il ajouta le mot Enjay. Je comprenais rapidement son message. Il parlait des pouvoirs télépathiques de Kara. Il connaissait un moyen de les augmenter apparemment mais cette technique pouvait s'avérer dangereuse.
J'étais très perplexe. D'un côté, avec ce moyen, on pourrait comprendre certainement beaucoup mieux Xorth. Mais de l'autre, il existait un danger et je ne pouvais pas me permettre d'exposer Kara à un danger.

Dr Nilane Bah
Je suis là depuis un moment, à regarder Rhoan travailler, observant chacun de ses mouvements. J'essaye de comprendre. Ses gestes sont sûrs, précis, comme les miens quand j'opère. Aucune émotion ne transparaît sur son visage, même pas un signe de son intense concentration. Son visage est lisse comme un masque de cire. C'est pourtant la mort, qu'il manipule. Et pas n'importe quelle mort. La mort des centaines, et des centaines d'habitants d'Itokyo. Etait-il si calme, lorsqu'il a construit le premier prototype ? Lorsqu'il a appuyé sur le bouton ?
Comment un homme en vient-il à détruire une ville, juste pour vérifier si son invention marche. Cet homme-là, surtout. Il avait foi en quelque chose. Il voulait arrêter la guerre. Comment en est-il venu à construire une arme, une telle arme ?
La vie sur terre n'a jamais été simple. Nous étions pauvres. Le gros des technologies était réservé à l'armée, et pour nous, les civils, il fallait se débrouiller comme on pouvait.
Itokyo, c'était de grand building en ruine, des bidonvilles, qui bordaient des casernes, les seuls bâtiments à peu près solides. C'était misérable. C'était moche. Mais c'était chez moi. Il y avait des gens que je connaissais, que je côtoyais. Je n'aime mieux pas me rappeler si je les aimais.
Je devais tout de même être seule. Quand la lumière blanche qui efface a traversé notre ville, j'ai couru seule, toute seule, pour sauver ma vie. Il y a eu cette enfant sur ma route et je l'ai prise avec moi. Mais il n'y avait personne à côté, personne derrière. J'ai fuit seule.
Un bruit interrompt mes réflexions, l'interphone vient de se mettre à grésiller.
“ Docteur Bah ? Docteur Bah ?
C'est la voix de Lilyah. Je m'approche.
- Oui ?
- Je crois que vous devriez nous rejoindre, à la biosphère.
- J'arrive.
Je croise le regard de Rhoan, qui a relevé les yeux vers moi.
- Je sais ce que vous allez dire, et ça ne m'intéresse pas, Rhoan.
- Vous l'entendrez quand même. Vous perdez votre temps. Si vous n'avez pas le cran de tuer cette créature, relâchez la. Ce n'est certainement pas nous qui pourrons lui apprendre l'humanité.
- Pourquoi ? Ne sommes nous pas, justement, ce que l'humanité a de plus représentatif ? ”
Je ne l'écoute pas répondre et monte dans l'ascenseur.
Quand j'arrive dans la biosphère quelque chose me frappe sur le visage de Lilyah. Une gravité très différente de celle que je lui connais. Elle se tient debout devant moi, dans l'herbe verte. Kara, riant, s'amuse à lancer une balle à la créature, qui la lui renvoie. Mais il abandonne le jeu dés qu'il me voit, et vient se poster derrière Lilyah, en me regardant.
“ Qu'y a-t-il ? Demandai-je.
- Nous avons réussi à communiquer un peu, me dit Lilyah.
- Et ? ”
Mais Lilyah se tait. Je la vois échanger un regard avec Xorth, l'homme chat, puis fixer des yeux Kara, qui, encore un peu secouée par les rires, vient se pelotonner dans mes bras. Je comprends.
“ Ma douce, lui dis-je, que dirais-tu d'aller faire un tour dans le vaisseau, de chercher des objets que nous pourrions montrer à Xorth, pour continuer à lui apprendre à parler.
- J'y vais, fait-elle, enthousiaste. ”
Je la regarde disparaître par l'ascenseur, et me tourne vers Lilyah.
“ Eh bien ?
- Je me suis dit que je devais vous en parler. Xorth m'a plus ou moins fait comprendre qu'il connaissait un moyen d'augmenter les pouvoirs télépathiques de Kara. Ce serait plus pratique pour communiquer, sans doute si Kara pouvait lui transmettre des phrases complètes...
- Un moyen ? Quel moyen ?
- Je ne sais pas. Mais il hésite à le faire. Il semblerait que ça comporte des risques.
Je regarde Xorth. Il a compris que son message avait fini d'être traduit. Il s'avance vers moi.
- Docteur "maman". Moi Kara aimer.
Et voilà. Tout est dit. Je pose les mains sur les épaules de Xorth, doucement, pour bien lui faire comprendre que chez nous, c'est un signe de paix. Et je parle d'une voix douce.
- Enjay ? Enjay, pour Kara ? Si je te laisse faire, il y a enjay ?
L'homme chat se remet à parler. Lilyah lui fait plusieurs signes, lui fait répéter des mots. Elle tente de reconstituer le sens derrière les phrases. Je la vois transpirer sous l'effort.
- En gros, je crois qu'il dit qu'il n'utilise ce moyen que pour ceux de sa race. Il dit "Nimrodh", pour sa race, mais je ne sais pas ce que ça veut dire. Il a peur, en fait, parce qu'il ne sait pas quel effet ça aurait sur un dieu.
- Un quoi ?
- Un dieu. C'est comme ça qu'il nous appelle.
- Lilyah, essayez de lui faire dire d'où il vient, ce qu'il attend de nous !
La terrienne se retourne vers l'extraterrestre et prononce quelques mots, esquisse quelques signes. Xorth se remet à parler. A parler vite, longtemps.
Lilyah se tourne vers moi, avec un geste d'impuissance.
- C'est trop dur ! Je comprends juste les mots "pierre noire" et puis "mourir".
Elle fixe maintenant l'ascenseur où Kara a disparu.
- Docteur, qu'est-ce qu'on fait ?
- Pour l'instant, continuez. Vous vous en sortez très bien. Je sais que vous êtes capable d'y arriver.
- Je ne sais pas, docteur...
- Bien sûr que si ! Vous y arriverez. Il est hors de question d'exposer Kara à un quelconque danger, juste pour gagner du temps.
Lilyah hoche la tête. Mais Xorth a attrapé mon bras. Il répète une phrase, plusieurs fois, intensément, comme si sa vie en dépendait.
- Je... Je crois qu'il dit que le temps presse.
Mon cœur se serre. Je sais qu'il ne ment pas. Il doit vraiment y avoir quelque part une race d'homme chat en train de courir en danger, une race qui a besoin de quelqu'un qui guérisse. Qui a besoin qu'on lui envoie du secours... Mais, je ne livrerais pas Kara. Je courrais le risque moi-même, s'il le fallait. Mais je ne ferais pas courir de risque à ma fille.
- Je suis désolée, Xorth, dis-je simplement. ”
Je m'apprête à partir, mais sursaute. Kara est arrivée sans que nous l'entendions. Ses bras sont chargés d'objets divers et varié. Elle me regarde. Elle a tout entendu.

Kara
Je regarde Xorth, puis Lilyah, puis "Maman".
Xorth veut que je devienne plus forte. Il veut augmenter mon pouvoir, mon pouvoir à moi ! Télépathie je crois, oui, c'est comme ça qu'ils disent... Mais alors pourquoi "Maman" veut pas ? J'ai entendu "Enjay". Enjay pour moi. Mais Xorth dit que le temps presse. Ca doit être grave, très grave...
Je laisse tomber les choses qui sont dans mes mains et me précipite vers "Maman".
"Maman ! Pourquoi tu veux pas ? Pourquoi, pourquoi ?
Elle me serre contre elle, tout doucement.
- Tu sais pourquoi ma Kara. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose, tu le sais très bien.
- Mais...
- Il n'y a pas de "mais" Kara.
Je regarde "Maman" dans les yeux. Mais elle comprend pas ? Xorth a peur ! Peur pour moi mais aussi pour "Eux", pour... les hommes-félins comme lui !
C'est vraiment grave, c'est la première fois que je sens Xorth aussi inquiet ! S’il doit sauver les "Hommes-félins", je crois qu'il a besoin de moi, de mon pouvoir ! Il faut l'aider !
- Maman ! Il a besoin de nous ! Besoin, très besoin ! Il a peur ! Je suis la seule à l'aider ! Tu n'as pas mon... pouvoir. Lilyah, et les autres non plus ! On doit l'aider !
Je commence à sangloter. Lilyah me regarde et tripotant ses mains. Et Xorth ! Xorth à peur ! Et il est triste, si triste...
Je veux l'aider ! Il a dit qu'il avait peur pour moi ! Il n'est pas méchant, pas méchant...
Je serre mes poings. "Maman"... "Maman" à peur aussi. Peur à cause de "Enjay". Mais moi je veux aider Xorth ! Si j'aide pas Xorth je sens que quelque chose de très très grave va arriver.
- Maman... je veux aider Xorth... Il y a "Enjay" mais... si on fait rien, les gens comme Xorth...
Je m'écroule et recommence à pleurer.
- Je veux aider Xorth ! Je dois l'aider ! Je dois, je dois !"

Dr Nilane Bah
Elle s'est détachée de moi, et s’est écroulée. Je veux m'agenouiller, la prendre dans mes bras, mais son dernier cri me fige sur place. "Je dois, je dois"
Lilyah s'est précipité à ma place, l'a entourée de ses bras, la berce, tandis, que, secouée de sanglot, elle continue à gémir "je dois, je dois".
J'ai reculé malgré moi. Je sens dans mon dos le souffle de Xorth.
Ce n'est pas ses mots. C'est le ton sur lequel elle les dit.
"Je dois"
Je suis épuisée, mais je continue désespérément à travailler, l'œil fatigué par le microscope électronique. Il ne faut pas que je m'endorme. Une main sur mon épaule. Le professeur Moberg.
“ Vous êtes encore là, Göran ? Vous n'êtes pas rentré ?
- J'étais à une soirée, j'ai décidé de repasser pour prendre un dossier. Nilane, il est trois heures du matin. Qu'est-ce que vous faites encore au labo ?
- J'avais besoin des locaux pour vérifier quelque chose. Je ne peux pas vous en parler. C'est personnel.
-Votre fille ?
Je me tais. Évidement. Göran Moberg est un homme protecteur et paternel. Il se renseigne sur la vie de ses employés, sur les soucis qui pourraient entraver leur efficacité au travail.
- Je n'utiliserais plus les locaux, dis-je. Pardonnez-moi.
- Rentrez chez vous, Nilane. Et demain, ne venez pas, reposez vous.
Je ne conteste pas. Je ne veux pas d'ennui. J’ai trop besoin de garder ma place dans ce labo de recherche.
- Nilane ? appelle-t-il au moment où je m’apprête à partir.
- Quoi donc ?
- Nilane, vous vous épuisez pour rien. J'ai fait examiner votre fille par les spécialistes les plus éminents. Ils ne trouvent pas le moyen d'arrêter la propagation du cancer. Ne perdez pas le précieux temps qui lui reste sur ces microscopes.
- Taisez vous.
- Je regrette de vous dire cela, mais il faut bien que quelqu'un vous le dise. Votre fille va mourir, Nilane.
- Taisez-vous, je dois la sauver. Je dois ! Je dois ! ”

Oui. Le même ton. Exactement le même.
Ma petite fille, combien de temps te reste-t-il, si Rhoan ne parvient pas à construire son arme à temps pour te sauver ? Deviendras-tu femme ? Vivras-tu avec ce souvenir, cette race que tu pouvais sauver, et que tu n’as pas pu à cause de moi ? Vivras-tu une autre occasion de trouver à ta vie un sens aussi fort que celui-là ?
Je tremble. Je tremble terriblement. Tout mon être résiste, et pourtant, je le sais, je dois dire oui. Un simple oui.
Je me retourne en sentant quelque chose de chaud se poster sur mes épaules. Xorth refait le geste que j'ai fait avec lui, en signe de paix. Il ne sait pas sourire à la manière humaine, mais ses yeux cherchent à m'apaiser.
Je regarde Lilyah.
“ Dites-lui... Essayez de lui dire qu'il peut, mais qu'il aille doucement, qu'il fasse très attention. Et je reste à côté d'elle. Et j'ai le droit de tout arrêter des que je sens que ça va trop loin. ”
Lilyah hoche la tête.
J'ai une main de glace dans l'estomac.
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:44

Chapitre 7 : Un enfant à sauver

Janus Winnfield
J'avais verrouillé le pont puis j'étais descendu à l'étage inférieur par les conduits pour voir le Silencer que j'avais repéré... D'après la description donnée par l'ordinateur du vaisseau, le Silencer était équipé d'un système de camouflage optique/radar très efficace. Malheureusement, cela fit que l'armement était très léger...
Ca fait rien, je veux pas me battre.
J’embarquais a bord. Les commandes étaient très simples et n'importe qui pouvait utiliser ce genre de chasseurs... Sûrement pour raccourcir le temps de formation de la chair a canon... J’activais le dispositif d'invisibilité immédiatement et décollais, ayant établi un point de route...
Après le début de la guerre, on compta plusieurs déserteurs. Certains établirent des campements, et d'autres s'installèrent dans des ruines... C'est le cas à Osakya. J'atterris juste à côté de la ville, dans un champ de ruines... Descendant de mon appareil, je partis tout droit vers la ville, et je trouvais vite la où s'étaient installés les fugitifs... Je frappais à une porte. Elle s'ouvrit. J'entrai dans la salle sombre qui s'offrait devant moi. A ce moment, la lumière s'alluma et je me retrouvais entouré de fusils braqués sur moi.
"Bouge pas. ”
Un homme en costume cravate noir arriva vers moi, me vit, et dit:
"Baissez vos armes."
Ils s'exécutèrent.
"Ca faisait longtemps...Janus.
- Je me disais ca aussi...Kyle"
Kyle était un des hommes avec lequel je traitai régulièrement après mon évasion, avant son départ pour Osakya.
"Qu'est ce qui t'amène ici ?
- Les affaires.
- Droit au but, comme toujours.
- J'ai besoin de matériel d'avant cataclysme et de vivres... Je peux voir quel est ton choix ?"
Un quart d'heure plus tard, j’embarquais le tout dans le vaisseau. Kyle laissa échapper un sifflement.
"Tu vas partir en guerre avec tout ca ?
- Disons plutôt que c'est une mission commando... Je suis sur quelque chose de gros... De très gros...
- Et où tu as trouvé ce vaisseau?
- Tu tiens à le savoir?
- Euh...non...
- Parfait. Bon, désolé de pas pouvoir rester longtemps.
- On se reverra peut être...
- Ouais. Salut"
Je décollais. En rentrant du vaisseau, je dressais une liste dans ma tête:
Mes couteaux.
Mon USP.
Des vivres.
Un petit scanner de données.
Une autre arme a feu d'avant cataclysme.
Un crocheteur-électronique fait main qui utilisait une combinaison du crocheteur standard des Terriens et des Spaciaux trouvés sur les champs de bataille.
Un micro directionnel.
Ca me permettait de survivre pendant quelque temps tout en essayant d'en savoir le plus possible sur tout ce qui se passait sur le Magellan. Maintenant, tout l'art était de remonter sur le pont sans me faire repérer...
J'atterris sur le Magellan en mode furtif, et je verrouillais le vaisseau avec le crocheteur. Pour avoir de nouveau la bonne combinaison permettant d'utiliser le vaisseau, il faudra que le crocheteur détecte mon ADN.
L'ascenseur émit un petit "Ding"
Quelqu'un venait !
Je me plaquais contre un des murs du hangar, quand une voix plutôt jeune poussa un cri de surprise, puis dit:
"5ème étage!"
Je crus reconnaître la voix: Celle de ce type que j'avais anesthésié dans le vaisseau... L'ascenseur se referma. Je me repris et utilisais de nouveau les conduits pour regagner le pont. Quelque chose devait se passer dans ce cinquième étage, mais je n'avais pas encore réussi à accéder au système de caméras embarquées. Une fois arrivé, je me remis au travail en utilisant mon nouveau matériel...

Xorth
Lilyah me fit comprendre que je pouvais commencer mais que la maman de Kara pouvait me faire arrêter s’il le fallait. J’acquiesçais de la tête et fit comprendre à Kara de me rejoindre. Mais sa maman la retint quelques instant pour lui installer quelque chose sur le bras.
“ Ne t’en fais pas Xorth, me dit-elle, c’est pour surveiller ma santé. Tu vois ?
Elle me montra le petit appareil. Des choses étaient écrites dessus mais je ne savais pas les déchiffrer. Kara se tourna ensuite vers sa maman :
- T’en fais pas maman, tout ira bien ! ”
Nous nous éloignâmes du groupe tout en restant visibles de tous. Je m’accroupis au sol et Kara fit de même en face de moi. Nous allions pouvoir commencer.
Je commença par émettre des pensés apaisantes pour que Kara ne panique pas. Je sorti l’une de mes griffes et me fit une petite entaille sur le pouce, juste assez profonde pour qu’une petite goutte de sang coule. Je pris alors la main “ normale ” de Kara et fit de même. Je perçus un léger cri de sa maman quand ma griffe lui coupa la peau.
“ T’inquiète pas maman, j’ai presque rien senti, dit Kara en regardant sa maman. ”
Une petite perle rouge apparu. Cela me troubla : Mon sang lui, avait une couleur violette, tirant sur le bleu. Avec une certaine appréhension, je rapprochais mon pouce de sa plaie afin que nos sangs se mêlent. Aucune réaction de rejet n’apparut. L’échange du sang c’était apparemment bien déroulé.
Je lui fis ensuite signe de me regarder droit dans les yeux, ce qu’elle fit. Pendant qu’elle me fixait ainsi, je me concentrais sur une pensée particulière, celle qui réveillait notre télépathie parmi les miens. Un flot immense d’information se mit alors à transiter entre moi et Kara : Mon expérience, tout ce que je connaissais sur la télépathie de mon peuple. Mais quelque chose clocha : Je recevais aussi des informations de sa part. Ce n’était pas normal ! Mais tant que le transfert n’était pas fini, rien ne pouvait l’interrompre, pas même moi ! Au bout du moment qui me parut une éternité, le lien se coupa. Je m’écroulais de fatigue mais juste avant de perdre connaissance, je vis Kara étendue sur le sol, inconsciente. Déjà sa maman courrait vers nous en criant des choses que je ne comprenais pas. Je voulu resté éveillé mais j’avais dépensé trop d’énergie. Je fermai les yeux, l’image de cette enfant sans connaissance me hantant l’esprit.

Jonas Atrayde
J’avais à peine eu le temps de me remettre de cette légère frayeur en sortant des sous-sols, que je fus accueilli par celle qui m’avait odieusement obligé à y aller. J’enlevais rapidement ma combinaison et la laissai sur place. Elle m’invita à nouveau à venir avec elle. A ce moment, je n’avais qu’une seule envie, ou plutôt deux envies. C’était de m’allonger sur ma couchette et de préparer notre évasion, à moi et Mike. La 2ème était de lui mettre mon poing dans la figure…
Voyant que j’étais réticent, elle me dit qu’il s’agissait d’assister à une expérience télépathique qui concernait sa fille. Suscitant chez moi un nouvel intérêt, je décidais de tout de même la suivre. J’étais curieux de voir ce que cela pouvait donner.
Ma seule passion depuis mon engagement définitif dans l’armée avait toujours été les technologies de pointe, c’est ainsi également que je pouvais me tenir au courant des derniers types d’armes et d’engins que nous allions utiliser lors de nos futurs missions. A Etrenank, la technologie télépathique en était encore à la phase expérimentale. D’après les holodisques les plus anciens que j’avais vus il y a une 10ène d’années, j’avais vu et lu les essais des premiers prototypes de casques de casques à transferts mentaux. Ils avaient valu aux malheureux testeurs des dégâts cérébraux allant de migraines chroniques à la destruction définitive de certaines parties du cerveau. Par contre, parmi les dernières nouvelles que j’avais vues, les prototypes s’étaient de plus en plus miniaturisés et les testeurs arrivaient déjà à envoyer des pensées à courte distance.
Mais je fus frappé d’étonnement lorsque je vis Kara et la créature : ils ne portaient sur eux aucun dispositif de transmission télépathique, aucun équipement, rien.
La doctoresse m’expliqua d’abord que sa fille était douée de capacités mentales depuis que son bras était devenu artificiel, une sorte de “ don ” qui lui permettait de transmettre des émotions par pensée. C’était déjà insensé, mais qu’elle me dise ensuite que c’était grâce à la créature que sa fille allait pouvoir développer ce “ don ” jusqu’à la VRAIE télépathie ! C’était impossible ! Aucune créature connue dans l’univers n’était capable de faire une telle chose !
La mère de Kara brancha un pressuriseur cellulaire afin de surveiller si l'expérience allait bien se passer. L’homme chat et cette dernière s’éloignèrent de nous, ils s’accroupirent l’un en face de l’autre. La créature sortit une griffe et entailla le pouce de Kara. J'avais failli les arrêter, plus par réflexe qu'autre chose, mais il semblait que Kara n'aurait pas voulu. La créature fit de même avec son propre pouce, puis ils mélangèrent leur sang en se touchant. J'avais l'impression pour le moment d'assister à un rite barbare plutôt qu'une expérience télépathique...
Je ne dis rien, mais j’étais sûr que cette tentative allait être un échec. Rien n’allait être possible sans équipement approprié ! Et surtout pas par un rituel aussi ridicule !
Je voulais bien croire que la créature était douée d’une certaine intelligence, mais pas au point de surpasser les humains sur un point qu’ils commençaient à peine à maîtriser.
Ils ne firent strictement rien en apparence, mais au bout de quelques minutes, ils tombèrent en arrière au même moment. C’était impensable ! Qu’avaient ils pu faire pour qu’ils perdent connaissance ?
Malgré moi, je fus parcouru d'un frisson au moment où les deux cobayes tombèrent. La doctoresse se précipita vers eux. Se pouvait il qu’il se soit passé quelque chose dans leur esprit ?

Franck Rhoan
Je travaillais tranquillement. J’avais à ma disposition un remarquable matériel, bien que piètrement entretenu. Actuellement, j’essayais de reproduire la composition chimique de la coque du 2R2M. Ce métal devait résister à des radiations capables de faire fondre le titane le plus résistant en une seconde. Je m’appliquais à approcher lentement un extrait de diamant d’un bassin de synthèse contenant du dioxyde de sulfure concentré.
Doucement Franck, ne tremble pas si tu tiens à rester entier.
Plongé dans mon travail, je ne m’aperçus pas que je n’étais plus seul. Lorsqu’une main se posa sur mon épaule et qu’une voix me cria presque dans les oreilles, je tressailli. Ma main dévia sur les commandes du bras manipulateur, et l’extrait de diamant tomba brusquement dans le bac de synthèse, provoqua une giclée de son contenu. Je m’écartais vivement, et retirait frénétiquement ma blouse, que je jetai ensuite avec précautions dans un stérilisateur. Je me tournais, et me retrouvait face à Atrayde, manifestement surpris de ma panique.
“ Imbécile ! Lui criais-je. Une goutte de ce produit, et vous pouvez dire adieu à votre squelette ! ”
Il ne parut pas troublé, et me mit tranquillement que Bah voulait me parler à l’infirmerie. Je le suivis en maugréant. Nous traversâmes le couloir, Atrayde droit et fier, moi légèrement voûté et pensif. Malgré le fait indiscutable que mon arme était efficace, je me souvenais clairement avoir constaté un sous charge de puissance devant Itokyo. Pendant une seconde, le générateur à plasma avait été faible, et j’avais dû stopper le processus quelques instants pour qu’il se recharge.
Peut-être qu’en stockant à l’avance de l’énergie en vue de combler cette sous charge et ainsi soulager le générateur je devrais éviter l’arrêt.
Au bout d’une série de calcul, je me décidais d’adopter cette technique. Restait le problème du test. Aucune incertitude n’était permise. Si j’incluais un nouveau système au 2R2M, il fallait des tests.
Le mieux serait de fabriquer un prototype. Cela ne rajouterai pas beaucoup de temps. Oui. C’est plus prudent.
Nous arrivâmes à l’infirmerie, et je constatais que tous étaient là. Je haussais un sourcil.
“ Il parait que vous voulez me parler, dis-je à Bah, feignant d’ignorer les autres.
- Oui Rhoan. Le temps nous manque. Vous devez accélérer dans la construction de votre arme.
- Je croyais pourtant avoir été clair sur le délai, répliquais-je, agacé.
- Je viens de vous le dire : le temps nous manque.
- Me voyant septique, elle m’expliqua :
- Nous avons tenté une expérience avec Xorth.
- Xorth ? Relevais-je.
- L’extra terrestre, précisa-t-elle en jetant un coup d’œil à l’homme félin étendu sur un autre lit. Il nous a fait comprendre qu’il pouvait développer la télépathie de Kara. Nous l’avons laissé faire. Cela a manifestement épuisé l’organisme de Kara, qui résiste beaucoup moins au cancer depuis. Elle ne tiendra pas huit mois. Vous devez faire plus vite.
- Pensez-vous m’émouvoir ? Je me fiche de cette fillette.
Ses yeux s’agrandirent.
- Mais c’est de votre faute si…
- Et alors ? Je vous ai dit huit mois, c’est huit mois. Et encore, je suis optimiste. ”
Elle se redressa brusquement, et nous nous affrontâmes du regard.
Ca sent l'orage.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:45

Dr Nilane Bah
Franck Rhoan. Ses cheveux blanchis par le travail, par les erreurs, les tâtonnements. Son dos voûté, fatigué. Son âme dure comme du granit, dans ce corps si faible, si facile à détruire.
Derrière moi, c'est le silence. Lilyah et le mécanicien se sont regroupés autour de Kara endormie, assommée, épuisée, vidée de toute son énergie vitale, et plus en danger que jamais. L'extraterrestre, Xorth, allongé derrière, commence à s'agiter sur sa couche. Evidement, il récupère vite, lui. Il est fort, lui. Pas ma Kara. Pas ma petite fille.
“ 5 mois, dis-je d'une voix sourde. 5 mois. C'est tout ce que je peux vous accorder.
- Huit mois. Ou tuez moi maintenant. Ce que vous me demandez est impossible. Je regrette.
Ce ton froid, simple. Comme s'il parlait du délai de construction d'un jeu vidéo.
- Elle a dix ans, dis-je. Peut-être moins, je ne connais pas son âge exact.
- En quoi est-ce mon problème ? Fait-il en haussant les épaules.
Ma respiration se stoppe net. Je le regarde avec stupéfaction. Il me faut un instant pour réaliser que la question est sincère. Il ne voit réellement pas en quoi l'âge de Kara le concerne.
Je lui saute à la gorge. Littéralement. Personne n'a le temps de m'arrêter. Je lui empoigne le col et le traîne devant la couchette de Kara, l'obligeant à coller presque son visage au visage d'enfant endormi.
Je parle d'une voix sourde. Rauque.
“ Regardez-la. Regardez-la bien.
Rhoan essaye de s'arracher à ma poigne, mais je suis plus forte que lui. Lyliah et Mike, le mécanicien, ont eu un mouvement de recul. je resserre mes mains sur la nuque du savant, l'obligeant à rester en face de Kara.
- C'est désagréable, n'est-ce pas ? C'est tellement plus pratique, de jouer à la guerre, quand les ennemis ne sont que des chiffres sur une feuille de papier. Qu'est-ce que ça fait, Rhoan ? Qu'est-ce que sa fait de découvrir qu'ils ont un visage, tous ces enfants qui vivaient à Itokyo, et que vous avez effacés comme des fautes d'orthographe sur une feuille manuscrite ?
- Lâ... Lâchez moi, espèce de folle ! ”
Je croise en face le regarde de Mike. Il paraît terrorisé, mais il ne bouge pas. Je sens soudain deux énormes mains – celles d'Atrayde – s'emparer de mes poignets et m'obliger à lâcher prise. Dans le même temps, Lilyah s'est précipitée et a pris Kara dans ses bras, l'emmenant à l'autre bout de la pièce. Rhoan se redresse, en se massant douloureusement la nuque. J'ai dû le serrer plus que je ne le voulais. Ou le vouloir plus que je ne m'en rendais compte. Je relève la tête vers Attrayde et lui crache à la figure :
“ Otez vos sales pattes de moi ! Vous ne valez guerre mieux.
Je me dégage. Rhoan me fait fasse.
- Vous me comparez à ce militaire ? Vous avez vécu à Itokyo, donc vous savez pourquoi je l'ai détruite. Ce n’était pas une ville, Itokyo, c'était une base militaire. Les enfants qui y vivaient, s'ils avait grandit, ils seraient devenu des machines à tuer, comme ce matador. Et votre Kara de même.
- Personne ne m'a traité de... Commence Atrayde, mais je me suis mise à crier, plus fort que lui.
- Oh, c'est bien commode ! C'est bien commode, de trouver ce genre de prétexte, juste pour ne pas admettre qu'on s'est juste laissé embrigadé comme les autres. J'ai vu tout ce que la guerre peu comporter d'ignoble, et j'ai certainement éprouvé plus de peur que vous deux réunis, mais j'ai tenu bon, moi, je n'ai pas choisi la solution de facilité, celle qui consiste à dire "que l'autre soit détruit, et j'aurais la paix". Pourtant, il n'est pas un être dans le système solaire, pas un seul qui n'ai souhaité que je survive. Pas un seul humain au monde ne s'est soucié de notre devenir, à toutes les deux. Vous avez effacé notre ville, détruit les vies de tous ceux que nous connaissions, comme si nous étions des vulgaires fourmis. Il a fallut s'enfuir plus vite que la lumière, la sale lumière blanche de votre sale invention, il a fallu courir. Elle était sur mon chemin, j'ai eu le temps de la ramasser. J’ai trouvé un véhicule encore en état de marche, pour m'enfuir encore. Mais la lumière nous a rattrapé, et lui a arraché son petit bras d'enfant. Elle hurlait, elle avait mal, je n'avais rien, rien pour la soigner. Le premier être humain en vie que j'ai pu apercevoir, pour nous aider, je me suis précipité vers lui. Mais c’était vous. Il a fallut me battre contre vous, m'enfuir, marcher des jours et des jours dans une lande déserte. Et l'empêcher de mourir. Je n'avais rien pour la soigner, rien, juste mes vêtements, que je déchirai pour faire des bandages. Je lui parlais. Je lui disais "Ne meurs pas, ne meurs pas, on va trouver des gens pour nous aider, ne meurs pas". C'est tout ce que j'avais. Quand je suis arrivée enfin à la civilisation, la milice est venue nous arrêter. Le gouvernement ne voulait pas laisser de témoin de vos petites manipulations, Rhoan. On m'a laissé au fond d'un trou, pendant des heures, sans eau, sans rien pour soigner Kara. Je continuais à répéter "Ne meurs pas, ne meurs pas, on va nous aider". Je savais que c'était faux, mais je continuais à le dire. Et puis les bombes ont commencé à tomber. Peut-être l'une d'elle venait-elle de votre vaisseau, Atrayde. Les sentinelles qui me surveillaient ont été tuées par la déflagration. J'ai quitté mon trou, sous un déluge de feu. Je la berçais, en courant, au milieu des explosions. Je chantais. Je savais que ma voix ne couvrirait pas le son, mais je le faisais. Et pas un seul instant, pas un seul instant, je n'ai songé à vous haïr, Rhoan, ni à haïr vos amis, Atraydes. Je ne songeais qu'à elle, qu'à elle qu'il fallait que je sauve à tout prix. Autour de moi, c'était encore pire qu'à Itokyo, à Itokyo, il n'y avait pas eu de sang, pas eu de corps, pas eu de membre déchiqueté, partout. Il y a eu ce bombardier, qui s'est posé, pour je ne sais quelle raison, sans doute une avarie. Je n'ai pas réfléchi, je suis montée à bord. Je suis restée cachée, jusqu'à ce qu'il décolle, jusqu'à ce qu'il rejoigne son port d'attache. Alors je me suis montré, j'ai juste dit que j'étais le docteur Nilane Bah, et que je demandais l'asile politique. Et j'ai continué à me battre Rhoan, pendant huit ans, et je n'ai jamais cessé de me le répéter dans ma tête "ne meurs pas, ne meurs pas". J'ai bien fini par comprendre qu'à part moi, tout le monde s'en foutait, qu'elle vive ou non. Mes connaissances en chirurgie ont intéressé les scientifiques, mais ma fille, elle pouvait crever, ce n'était le souci de personne. Mais je n'ai jamais arrêter de me battre, de garder ce but en tête, la sauver, uniquement la sauver. J'aurais pu choisir une autre obsession. J'aurais pu choisir de me venger, contre les terriens, contre les militaires, contre vous. C'est ce que font les gens, généralement. Mais moi, je n'avais pas peur de me remettre à vivre. Ca ne me fait pas peur, d'exister. Tant pis si vous, si Atrayde, le gouvernement terriens ou qui sais-je encore, préférerais nous savoir réduite en cendre, moi et ma gamine. Que vous le vouliez ou non, je la ferais vivre, vous m'entendez ? J'en ferais une femme, de cette enfant que vous ne vouliez pas laisser grandir ! ”
Je m'arrête, vidée de tout mon souffle. Un silence de mort est tombé dans la pièce. Tous me regardent, stupéfaits. Je me rends compte que des larmes coulent sur mes joues. Je les ravale. Je ne pleure jamais. Je n'ai plus pleuré depuis huit ans.
Rhoan me regarde sans mot dire. Impossible de savoir ce qu'il pense. Une seconde interminable s'écoule. C'est comme si la moindre vibration de l'air allait faire exploser une nouvelle bombe.
“ Qu'espérez vous, me dit Rhoan d'une voix douce. Me faire pleurer ?
- Non, dis-je. Vous ne pouvez pas pleurer. On ne pleure pas quand on sait qu'on a perdu. Retournez à votre labo. Je ne veux plus vous voir. ”
Rhoan reste un instant face à moi. Il semble hésiter à obtempérer. Il doit chercher encore quelque chose à dire. Mais Mike l'a attrapé doucement, mais fermement, par les épaules.
“ Si j'étais vous, mon vieux, je n'insisterais pas, et je sortirais sans rien ajouter. ”
Il l'emmène hors de la pièce.
J'ai le sentiment, d'avoir les jambes coupées. J'ai envie de me laisser tomber sur une chaise, de pleurer, mais je ne peux pas, pas maintenant.
Un gémissement me ramène à la réalité. Xorth. Il est en train de se réveiller.
“ Lilyah, s'il vous plaît, ramenez le à la mini-biosphère tout de suite, et s'il demande après Kara, rassurez le du mieux que vous pouvez, ne lui parlez pas de sa maladie. Il ne faut pas qu'il se sente coupable.
- Bien docteur, fait Lilyah doucement. ”
Elle emmène l'homme chat. Je reste seule avec Atrayde, près du lit de Kara.
“ Si je comprends bien, murmure le mercenaire, c'est l'homme qui a détruit votre ville et estropié votre gamine que vous venez de faire évader, et d'armer ?
- Votre opinion est la dernière chose qui m'intéresse.
- Tant mieux pour vous, je vous la donnerais quand même. Vous êtes minable, docteur, minable. Trop trouillarde pour vous venger. Vous vous accrochez à cette gamine comme à un prétexte pour ne pas vous battre, pour ne pas avoir le courage de...
- De quoi ? Tuer Rhoan ? Vous tuer, vous et tous les autres ? Vous croyez que ça ira mieux, après ? Ou peut-être justement est-ce ce à quoi vous ne voulez justement pas penser, caporal, à après, au fait qu'il y aura un après la guerre, qu'elle finira d'une manière ou d'une autre, car la vie finit toujours par l'emporter, ça dure comme ça depuis des millénaires et je vous jure qu'en tant que médecin, je sais de quoi je parle. Et que ce jour là, les brutes avec un pois chiche dans la tête comme vous ne seront plus que des loosers inutiles, dans un monde qui ne veut pas d'eux, parce qu'il tend naturellement à la vie, pas à la destruction.
Il ouvre la bouche pour répondre. Je ne lui en laisse pas le temps.
- Oui, un looser, voilà ce que vous êtes. Quelqu'un qui ne veut pas admettre qu'il est un être humains, autant que n'importe qui, que ça l'émeut autant que n'importe qui, de voir un enfant qui meurt, quelqu'un qui a peur de lui-même. Un looser. Et comme naturellement mon opinion vous importe peu, je peux vous le dire. ”
Je me repenche vers Kara, et je réfléchis. Je ne peux pas compter sur Rhoan. Il va falloir que je trouve un moyen de rendre à l'organisme de Kara l'énergie qu'il a perdu. Un moyen radical. Atrayde reste derrière moi, mais se tait.
La porte de l'infirmerie s'ouvre. Lilyah et Mike sont revenus en même temps.
“ Je vais avoir besoin d'aide. Dis-je. C'est dangereux, donc, même si je pouvais vous obliger, je n'emmènerais personne de force. Mais c'est le seul moyen pour donner à Kara le délai dont elle a besoin.
- Que faut-il faire ? demande Mike.
- Sortir. Dans la forêt toxique. Certaines plantes y ont des vertus chimiques qui me seront utile pour faire une drogue suffisamment puissante pour rendre à l'organisme de Kara la force dont il a besoin. J'irais seule, s'il le faut.
- Je viens avec vous, dis aussitôt Lilyah.
- Moi aussi, renchéri Mike. Je ne laisserais pas une gosse mourir sans rien faire, moi. ”
Ils ont tout deux dit cela spontanément. Ca n'a l'air de rien, mais... C'est la première fois en huit ans. C'est la première fois que des gens me rejoignent, m'offrent leur aide. Les premiers qui ne veulent pas que ma Kara meure. Je voudrais leur dire quelque chose... Mais je ne trouve rien. J'esquisse un pauvre sourire.
J'attends naïvement que Atrayde se manifeste, mais il ne dit rien. Je soupire.
“ Je vais vous donner des combinaisons. Et de vraies armes.
- Je vais venir, moi aussi, intervient aussitôt le militaire.
- Tiens donc, souris-je sans joie. Dés que je parle de vraies armes ! Drôle de coïncidence. Vous restez ici, avec Rhoan. Vous devriez être fait pour vous entendre. ”
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:47

Chapitre 8 : La forêt poison

Mike Libane
Nous étions tout les 3 dans l’ascenseur, descendant vers le rez-de-chaussée. J’était un peu perplexe en allant dans cette forêt toxique, et voir ce qui s’y trouve. Mais je ne pouvais quand même pas laisser 2 belles demoiselles risquer leur vie dans cet endroit dangereux.
Quand les portes s’ouvrirent, la chef se dirigea vers la porte de l’armurerie.
“ Bon écoutez moi bien, dit-elle. Nous allons devoir aller dans cette forêt le mieux préparé possible, alors c’est pourquoi je vous donnerais des armes et des combinaisons.
- Pourquoi doit-on y aller en combinaison ? demandais-je. J’ai enfin de prendre un peu l’air moi, y fait chaud ici.
- Car si vous sortez sans protection, votre peau risque de gonfler et de virer au jaune, pendant que vos poumons seront liquéfiés sur place, me répondit-elle en faisant un petit sourire pour me rassurer quand même, mais je ne le fus pas vraiment.
- Cette forêt est-elle si toxique que ça ? demanda la fille qui venait avec nous.
- Oui, car la pollution du sol cumulé pendant des siècles fait que les forêts deviennent toxiques et rejettent des gaz mortels dans l'atmosphère. Les espaces respirables sont de plus en plus rare sur la planète.
Nous observions tous un silence, un peu gêné.
- Bon, fini les cours de bio, place à l’action, reprit la capitaine. ”
Elle ouvrit d’un coup la porte qui était en face d’elle, pour se rendre compte que c’était un placard.
“ Oups, désolé, dit-elle gênée, j’ai pas encore l’habitude de m’y retrouver dans ce vaisseau.
Elle ouvrit plus timidement l’autre porte, qui se révélait bien être celle de l’armurerie. Une grande salle s’offrit à nous, dont les murs étaient parcourus de plusieurs étagères, avec des centaines d’armes.
“ Ouaaaaah, fis-je avec admiration, un canon à solénoïde calibre 22. Et là, des arachnos-bombe. OOOH y a même un gun à jet de plasma, c’est le pied.
Les femmes firent des yeux ronds.
- Mais d’où vous vient cette connaissance des armes ?? demanda mon hôte.
- Ben, entre 2 réparations, je lis le “ gun news ”, répondis-je. Mais pour cette mission, je vous propose le Beretta calibre 15, à jet de fusion. Léger, peu de munitions à porter pour un grand nombre de tir, et vite rechargeable. ”
Après quelques minutes de changement vestimentaire et d’équipement, nous étions devant la porte du sas, dans nos combinaisons vertes.
“ Bon, on y va, dis la chef dans le micro.
- Dites, ça fait un moment que je vois un bouton là-bas, dis-je, et j’ai bien envie de savoir ce que c’est.
- Bon, ben allez-y, on vous retient pas.
Je m’approchais dudit bouton, et appuyais dessus. Un long BEEEEEEEEEP ce fit retentir, et dans mon casque j’entendis la jeune accompagnatrice dire “ abruti, c’était l’autodestruction !!! ”
- Vous n’avez aucun message, dis une voix métallique.
Un petit moment de silence, puis je retournais près des 2 autres.
- Euh, Mike … ?
- Non, répondis-je en appuyant sur le bouton et faisant face au sas, me demandez pas ce que ça faisait là, je n’en sais rien. ”
Nous étions donc à pied d’œuvre, et je ne pouvais pas m’empêcher de regarder la ligne déglinguée du Magellan.
“ Mais c’est une ruine !! m’exclamais-je.
- Euh, Mike ??
- Sa va être impossible de réparer ça, je suis mécanicien moi, pas carrossier.
- MIKE !!! ”
Je me retournais vivement, et vis une chose encore plus horrible que le Magellan. C’était une forêt, enfin si on pouvait parler encore d’une forêt, à l’air malade. Des feuilles noires pendent de branches vertes, mais d’un vert fluo. Et partout où on regardait, ce n’était que des troncs oranges, atténués par une brume verte omniprésente. Rien qu’à regarder le tout, une profonde envie de vomir vous sautait à la gorge.
“ Bon, on est pas là pour faire du tourisme, et puis je crois que vous n’avez pas envie de voir plus, dit la voix de la chef dans la radio, alors avançons… ”
Nous marchâmes dans des herbes rouges, d’un rouge presque irréel. Il y avait un silence tendu entre nous, alors je décidais, après avoir cru voir un arbre avec des tentacules comme branches, de casser ce silence.
“ Euh dites, c’est quoi vos noms, car avec tout ça, je ne sais toujours pas qui vous êtes.
- Moi, répondis la chef de groupe, je suis Nilane Bah, mais vous pouvez m’appeler Nilane.
- Et moi, repris l’autre, je suis Lilyah.
- Enchanté, repris-je. ”
Elles eurent un petit rire, mais qui ne dura pas. Je continuais à regarder autour de moi, en me disant que si les “ Lambs ” avaient décidés de rester sur terre, qu’ils aient au moins le courage de garder en bonne état les forêts, pour donner de quoi faire jalouser nous les spatiaux avec nos forêts en synthétique. Tout d’un coup, je vis une chose qui faillit me remplir le scaphandre de ce que j’avais mangé le matin même.
“ Qu’est ce que c’est que ça…
- Ca, c’est un pouilleux, me répondit Nilane.
- Mais qu’est ce qu’il fait ??
- Il mange un autre pouilleux mort.
Le pouilleux, comme je pus le voir, était un sort de chacal, les côtes saillantes, avec la peau comme de la gélatine noire, avec le visage ravagé, les yeux rouges, les dents jaunes fluo et la “ truffe ” orange.
- Beurk, c’est atroce, fis-je, on doit vraiment passer par là pour chercher ce qu’il faut pour votre fille ?
- Non répondit-elle, c’est pas loin à gauche, venez.
Tandis que nous la suivions, j’entendis une sorte de “ gragroum ” derrière moi. Je me retournais vivement, pour voir une ombre disparaître derrière un tronc.
- Beuh, j’aime vraiment pas cette forêt, fis-je en courant pour rattraper les 2 demoiselles. ”

Jonas Atrayde
Je restais seul dans l’infirmerie, le savant fou ayant été raccompagné par Mike. J’aurais dû réagir quelques instants plus tôt lorsque la doctoresse avait demandé de l’aide pour cette mission à l’extérieur du vaisseau. A l’heure qu’il est, j’aurais déjà répandu sur le sol, le sang de cette garce… Mais en y réfléchissant, elle m’avait peut être ainsi sauvé la vie sans le vouloir. J’étais tellement en colère contre elle que j’en aurais oublié ses bracelets que nous portions tous au poignet, il n’y avait qu’elle qui connaissait le moyen de les enlever sans dommage. En la tuant, j’aurais sans doute gâché l’unique chance de nous en sortir.
N’ayant plus rien à faire dans cette pièce, je me levais de mon siège et m’apprêtais à sortir pour rejoindre mon compartiment. C’est alors que j’entendis un bruit derrière moi : c’était Kara qui se retournait sur sa couchette, régulièrement de droite à gauche. Je voulais rester totalement indifférent, mais cette fille, cette petite fille si fragile me faisait presque pitié. Je finis par céder, puis décidais de me rasseoir. Je reprochais alors légèrement mon siège de la couchette.
La manière dont elle se retournait laissait paraître un grand malaise intérieur, tout comme les perles de sueur qui coulaient le long de son front. Je ne voyais vraiment pas ce qui me poussait à rester près de cette fille alors qu’elle ne pouvait même pas savoir que j’étais là. Des enfants comme elle, déjà blessés, malades ou en bonne santé, je n’avais pas l’habitude de m’en soucier. J’en avais tué un nombre incalculable au cours des nombreux raids aériens dont j’avais parfois mené l’assaut. Je n’avais aucune raison de m’en faire pour le devenir de cette fille, sa mère s’occupait très bien d’elle, même si je la voyais déjà morte dans ma tête. Il y a 3 ans, je m’étais juré de ne plus jamais m’attacher ni aux femmes ni aux enfants, cela faisait beaucoup trop souffrir. Je commençais à retrouver des pensées plus neutres et indifférentes comme je les aimais, quand Kara vint soudain me brider involontairement dans mes efforts.
“ Mmm… ma… ma… man. ”
Je me raprochais un peu de son visage par curiosité, elle n’était pas encore réveillée, elle ne faisait que murmurer dans son sommeil. Elle ne cessa pendant 10 bonnes minutes de murmurer ce mot. J’avais envie de l’étrangler.
Quand j’entendais ce mot lorsqu’elle était éveillée, c’était déjà insupportable, mais ici, alors que nous étions seuls…
Je n’avais que peu de souvenirs de mes parents. Je ne me rappelais même pas ce que faisait ma mère dans la vie, c’était à peine si je me rappelais le son de sa voix. C’était mon père qui occupait le plus ma mémoire. Je me souvenais qu’il était un gradé dans l’armée d’Etrenank. Quel grade ? Je n’en savais rien. Pourquoi un militaire Solarian s’était il encombré d’un enfant ? Sans doute était ce ma mère qui m’avait voulu. Quand j’ai été en âge de comprendre les choses essentielles de la vie, ils m’avaient envoyé à Niltiem, un satellite artificiel d’Etrenank, pour y faire mon éducation militaire. Je n’avais rien demandé, mais je ne leur en ai jamais voulu pour ce qu’ils avaient fait. N’ayant connu que cela, je n’avais pas de raison de leur en vouloir de m’avoir imposé cette vie, car elle me plaisait, cette vie.
“ Ma… man… ”
Elle cessa enfin de répéter ces deux syllabes qui réveillaient tant de souvenirs. Bons ou mauvais, quelle importance, ce n’étaient que des souvenirs. Un seul valait la peine pour moi de s'en rappeler : Lyse…
J’étais seul avec Kara. Pourquoi ne faisais je rien ? Il m’aurait suffit de la prendre en otage et d’obliger sa mère à me retirer ce bracelet de mort ! Mais je repensais à ce qu’elle avait dit à propos de Rhoan, car c’était aussi valable pour moi :
Entre annihiler son ennemi depuis le cockpit d’un vaisseau et tuer froidement ce même ennemi en face, il y a une marge. Un fossé, un immense trou béant, même ! Elle avait beau n’être qu’une simple Lamb, je ne voulais pas le faire. J’attendrais encore un peu. Je pensais même que plus tôt, face à Lilyah lorsque je l’ai rencontrée sur le champ de bataille, je n’aurais…
Mais il ne fallait pas que je perde de vue mes objectifs ! Je n’avais pas du tout l’intention de passer pour un traître, même si personne d’Oblivion ne savait où j’étais. Je décidais de rester là, près de Kara, à attendre. La regarder fixement, continuant à se tortiller, m’éviterais peut être de me poser trop de questions, des questions plus importantes qui me feraient douter. Je ne voulais pas douter, il ne fallait pas douter.

Vamy Lilyah
Nous continuâmes d'avancer dans cette forêt. Enfin nous on pouvait l'appeler ainsi. J'ai connu d'autres forêts plus jeune qui étaient bien plus belles que celles-ci. Peut être que maintenant, elles étaient dans le même état. Tout cela était à cause de cette stupide guerre. Enfin je devais cesser d'y penser ou j'allais être de mauvaise humeur. Et je ne croyais pas que mes compagnons l'apprécieraient étant donné ma "gentillesse" lors de mes mauvaises humeurs.
La route se poursuivit donc. Nous devions sans cesse enjamber des lianes ou un tronc tombé sur notre chemin. Bref il fallait surmonter toutes les difficultés de cette forêt. C'était un véritable labyrinthe naturel où tout pouvait arriver.
Soudain Nilane s'immobilisa. J'étais intriguée de cet arrêt soudain car elle avait dit que nous devions encore parcourir six heures de marche.
“ Pourquoi sommes nous arrêtés, Nilane? demanda Mike.
- Regardez. Ce sont des sables mouvants, fit Nilane.
En effet, une vaste étendue de se sables mouvants était visible en contrebas. Elle était si immense qu'il semblait plus sensé de les contourner malgré le fait que le trajet serait allongé de deux heures supplémentaires au minimum.
- Nous devons longer cet obstacle et le contourner. C'est plus prudent. Si nous tombons là dedans, nous sommes fichus, dit Mike.
- J'en suis bien consciente. Je crains que nous n'ayons pas le choix. La prudence l'exige, confirma Nilane.
Je regardais l'obstacle. Il semblait en effet plus sage de contourner l'obstacle. Cependant j'avais remarqué un tronc d'arbre au-dessus des sables mouvants. En montant dessus, on gagnerait bien plus de temps.
- Non, c'est ridicule, fis-je. regardez ce tronc. Il nous suffit de traverser les sables mouvants en montant dessus.
- Cela parait hasardeux, jugea Mike.
- Nous n'avons pas le temps nécessaire pour nous permettre de contourner ceci. Il nous faudrait au moins deux heures, peut être même trois. Il nous reste assez de trajet à faire pour en rajouter plus, répliquais-je.
Durant ce temps, Nilane observait le tronc, les sables mouvants tout en écoutant mes arguments et ceux de Mike.
- Lilyah n'a pas tort. Nous pouvons gagner du temps. Mais le tronc supportera-t-il notre poids? fit Nilane.
- Pfiu sans problème, rétorquais-je.
Je montais sur le tronc pour montrer qu'il était solide et stable. De plus, je sautais pour montrer qu'il ne céderai pas. Apparemment ma démonstration les convainquit puisqu'ils me rejoignirent. Nous avancions en file indienne sur le tronc.
Lorsque nous parvînmes au centre des sables mouvants, la partie du tronc où nous étions semblait moins solide et s'effritait. Pourtant je restais confiante. Je pensais que cela tiendrait. Mais sans le vouloir Mike se prit les pieds dans une des fissures du tronc et allait tomber. Celui ci était en équilibre très instable essayant désespérément de se stabiliser. Nilane et moi agrippâmes instinctivement une de ses mains chacune croyant réussir à le maintenir. Au lieu de cela, nous fûmes entraînés tous les trois dans une chute dans les sables mouvants.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:48

Xorth
Quand je me réveillais, j’étais à nouveau parmi les arbres. L’expérience avait-elle réussi ? Je ne pouvais le savoir, et personne n’était là pour me le dire. Je n’avais plus qu’à attendre… Mais quitte à attendre, autant m’occuper ! Puisqu’un Dieu avait marqué ma couche, il fallait que j’en construise une autre, dans le même style que dans mon village cette fois, c'est-à-dire en hauteur dans les branches d’un arbre.
À peine avais-je commencé mon ouvrage qu’un sentiment d’urgence me parvint. Danger ! Quelqu’un était en danger ! Mais qui ? Une image me vint à l’esprit : La soercyé ! La maman de Kara était en danger ! J’en étais sur maintenant !
Sans réfléchir, je descendis de l’arbre où j’était perché et me dirigea vers un coin de la forêt, là où la terre laisse place à la matière lisse et dure. Toujours sans réfléchir, je m’engouffrais dans une petite pièce qui s’était ouverte à mon arrivée.
“ Rez-de-chaussée, dit-je instinctivement. ”
L’ouverture se ferma et je sentis la pièce bouger. Quand l’ouverture se rouvrit, je sorti immédiatement. C’est alors que je me rendis compte que je ne savais absolument pas ce que je faisais. J’avais agi par instinct. Je me concentra et remarqua alors quelque chose : J’entendais la voix de Kara. Faiblement, mais distinctement.
L’armoire, me dit-elle ”
Comme si je savait de quoi il était question, je me dirigea vers un panneau et appuya sur un bouton. Celui-ci s’ouvrit, me permettant de voir de drôles de vêtements ainsi que des petites boites reliées à un petit objet transparent par une sorte de “ liane ”.
Casque à oxygène
Je pris l’une de ces boites avec l’objet transparent qui lui était attachée. Sans vraiment savoir ce que je faisais, je m’accrochai l’objet au visage, couvrant ainsi ma truffe et ma mâchoire, et je serra la sangle retenant la boite à ma taille.
Ce fut à ce moment que je perdis le contact avec Kara. Je savais que je devais sortir, mais je ne savais pas comment. Comme pour répondre à ma question, une porte s’ouvrit. Je m’y engageais. La porte se referma derrière moi puis la paroi se trouvant devant moi coulissa.
Ce que je vis me stupéfia : Une immense forêt s’ouvrait à moi, mais à la couleur des arbres, je vis tout de suite que quelque chose n’allait pas. D’un pas hésitant, je pénétrai dans cet étrange endroit. Après quelques pas, ma démarche se fit plus sûre. Aucune odeur ne me parvenait mais une profusion de sons atteignait mes tympans. Un son en particulier retint mon attention. Me concentrant, je pu le reconnaître. C’était des cris !! Me fiant à mon oreille, je me dirigeai au pas de course vers les personnes en danger.
“ Xorth ! C’est toi ? ”
A l’énoncé de mon nom, je stoppais net. Je tournais la tête et c’est alors que je les vis : La soercyé, Lilyah et le Dieu qui avait marqué mon ancienne couche – Mike je crois. Ils étaient enfoncés dans le sol et se retenaient à un vieux tronc d’arbre. Ils étaient tombés dans la “ terre qui avale ” ! Comment les sortir de là ? Levant les yeux, je vis un arbre dont les branches allaient juste au-dessus d’eux. L’écorce était très lisse, mais je pouvais y grimper à l’aide de mes griffes. Il n’y avait plus qu’à espérer qu’il soit assez solide pour supporter mon poids…

Dr Nilane Bah
Mon cœur vient de se remettre à battre. Je me voyais morte. Morte, et Kara seule. Cet homme chat, j'ignore par quel miracle il a pu sortir du vaisseau, nous retrouver, mais peu importe, nous sommes sauvés.
Agrippé à la branche d'un arbre, il tend sa main griffue vers moi.
“ D'abord Lilyah, dis-je avec un mouvement de menton vers la terrienne.
C'est tout moi, ça. Il faut que je joue les capitaines, que je n'oublie pas d'être la dernière à abandonner le navire en cas de naufrage. J'entends déjà dans ma tête rire le militaire, et Rhoan. Mais peu importe.
Avec un horrible bruit de succion, Lilyah est arrachée à la boue.
- Ne bougez pas Mike. Continuez à ne pas bouger.
Je l'entends haleter dans son micro. Je me sens engourdie de partout. Le froid commence à traverser nos combinaisons. Lilyah est sur la berge, intacte. L'homme chat revient vers nous.
- A vous, Mike. ”
Mike tend la main à Xorth qui tire, et l'arrache, de la même façon que Lilyah, au marécage.
Mon corps continue à s'enfoncer lentement, j'ai de la boue jusqu'aux épaules à présent. Je m'efforce de maintenir levé les bras que j'ai préservé pour pouvoir le tendre à Xorth au moment ou il reviendra vers moi. J'en ai mal à l'épaule. J'ai maintenant de la boue jusqu'au menton. Enfin la patte velue m'agrippe, me tire, me tire désespérément. Je sens que la boue me retient, refuse de me laisser partir. Kara... Je ne veux pas être engloutie dans le sable.
L'étreinte de l'extraterrestre sur mon poignet se fait violente. Avec un cri sauvage il tire sur mon bras comme pour me l'arracher. Mais c'est la terre qui cède. Elle me relâche. A moitié assommée, je me laisse rapporter sur le sol.
“ Docteur ? Appelle Lilyah. Nilane ?
- Je... Je vais bien. Merci.
Mike et elle me regardent avec un air sincèrement inquiet. Je souris pour les rassurer.
- Tout va bien. Ce n'est vraiment pas passé loin, mais tout va bien.
Je regarde Xorth. Comment dit on merci, dans sa langue ?
- Lilyah, pourriez vous lui demander comment il a réussit à nous retrouver ?
Tremblante, Lilyah essaye tant bien que mal de communiquer.
- Il... Il dit que Kara lui parle dans sa tête.
- Elle s'est réveillée ?
- Non, elle dort toujours, mais... Il entend ce qu'elle pense. Il dit que ça a marché. Qu'il entend Kara, maintenant.
- Mais... Comment est-il sorti du vaisseau ? J'ai verrouillé les issues.
Lilyah dit quelques mots, fait quelques gestes. Auquel il répond.
- Il dit que la porte s'est ouverte. Qu'elle s'est ouverte seule.
- Les portes ne s'ouvrent pas seule. Quelqu'un lui a ouvert. ”
Je prends ma radio et appelle le Magellan.
La voix maussade du militaire me répond.
“ Qu'est-ce qu'il y a ?
- Amenez moi Rhoan. J'ai à lui parler.
Un silence. Puis la voix de Rhoan.
- Qu'est-ce que vous me voulez encore
- Rhoan, pourquoi avez vous fait sortir l'homme chat ? Il ne sait rien de cette planète, il pourrait courir de grand danger !
- L'homme-chat ? Quoi, l'homme chat ? Il est avec nous à bord, l'homme chat! Comment il aurait pu sortir !
- Ne vous fichez pas de moi, Rhoan. L'homme chat est avec nous, et qui aurait pu trouver un moyen de lui ouvrir les portes...
Une main de glace m'étreint le ventre tendis que j'achève :
- A part vous.
Il ne ment pas. Je sais qu'il ne ment pas. Il pourrait, pour me narguer, mais ce n'est pas le cas.
- Rhoan, vous et le militaire, enfermez vous dans l'infirmerie avec Kara, et n'ouvrez à personne avant que je revienne !
- Comment ?
- Faites ce que je vous dis ! Il y a un passager clandestin à bord ! On ne sait pas ses intentions ! ”

Janus Winnfield
Ils rentraient au vaisseau, en état d'alerte. Je les vis sur la carte. Ce qu'ils ignoraient, c'était que j'écoutais toutes leurs conversations.
Cependant, je n'avais pas envie de fuir.
Un petit moment se passa, puis le bruit de l'ascenseur qui montait se fit entendre... J’activais les micros qui se trouvaient à l'intérieur ainsi que le scanner: La femme-docteur, le scientifique, le pilote que j'avais vu sur le vaisseau et le mécanicien montaient... J'entendis leurs conversations :
"On pourra le repérer si on est sur le pont... Les scanners montrent n'importe qui où qu'il soit sur ce vaisseau..."
Les portes s'ouvrirent et j'entendis le cri de surprise quand ils me virent, assis dans ma chaise et dos a eux...
"Vous en avez mis le temps..." commentais-je...
Personne ne parla pendant un instant... Puis la femme-docteur:
"Qui...
- Je suis ? Disons que je suis l'invité mystère et que je suis dans aucun des deux camps...C'est tout ce que vous avez besoin de savoir... Vous auriez pas une tasse de café ?"
Elle porta la main à sa ceinture.
"A votre place, je vous déconseillerai de faire ca... Vous risquez de blesser quelqu'un..." l'interrompis-je.
Elle s'arrêta alors qu'elle avait saisi son arme...
"Je n'ai aucune envie de vous tuer, repris-je, mais il faut que vous ne le vouliez pas non plus. Sinon, les conséquences pourraient être désastreuses pour chacun d'entre nous, et ca, je ne le veux pas... Je crois que nous avons quelques intérêts en commun.
- Lesquels ? demanda le pilote
- Peu vous importe de le savoir..."
Le mécano réussit à me voir, et fit:
"Hé, mais je le connais ! C'est lui qui m'a assommé dans le vaisseau !
- Excellente mémoire."
Tout le monde me regarde...
"Maintenant que les présentations sont terminées, quelqu'un pourrait-il m'expliquer ce qu'il se passe ici ?"
La doctoresse me regarda bizarrement.
"Et vous, comment êtes vous arrivé ici ? demanda-t-elle.
- Bonne question, fis-je. Je vais faire court..." fis-je
(...)
"En bref, vous ne savez pas dans quoi vous vous êtes engagé, résuma le scientifique...
- On peut dire ca comme ca...
- Vous auriez dû rester dans votre tour et vous y faire bombarder, tiens ! fit le pilote."
Je soupirais et me tournais vers les autres :
"C'est quoi le problème à tous ces militaires?"
Le scientifique me répondit par un haussement d'épaules.
Pour plus de sûreté et pour que la conversation se déroule sans trop de dégâts, j'avais gardé mon arme cachée, ainsi que tout l'attirail que j'avais acheté chez Kyle. Mais j'étais toujours prêt à la dégainer.
La doctoresse me regarda:
"Vous connaissez déjà un peu l'histoire. Je résume le reste: D'autres sont ici aussi par hasard: Mike, le mécanicien; Jonas, le pilote; Xorth, l'extraterrestre et Lilyah, une femme qui n'est pas ici. Les seuls qui devraient se trouver ici sont Franck Rhoan, le scientifique, Kara, ma fille qui n'est pas là non plus et moi...
- Dans quel objectif deviez vous vous trouver là ?
- Vous avez sûrement entendu parler de moi ? demanda Franck.
- Ouais, le fadingue qui a ruiné Itokyo et ses environs ? Joli boulot. J'apprécie le style...
- Il n'empêche que son style... commença à crier Nilane comme elle s'énervait.
- Moins fort.
- Il n'empêche que son style a pris le bras de ma fille ! Il lui a coupé le bras ! Et maintenant, a cause de son arme, elle a une maladie incurable qui la tuera si on ne la guérit pas ! Vous entendez ! Elle risque de mourir !!
- J'ai très bien compris... mais vous vous détournez du sujet...
- Le Dr Bah demande que je reconstruise son arme et elle espère qu'ainsi que je puisse créer l'effet inverse de ce qu'elle a provoquée pour guérir Kara...
- Et vous devriez espérer vous aussi, lança Nilane. Car sinon...
- Vous me tueriez ? Vraiment ?
- Si je dois encore vous répéter de la fermer, c'est moi qui vous ferai la fermer...définitivement." coupai-je
Silence...
"Bien... Vous avez vos objectifs, et comme il apparaît qu'ils ne me concernent pas vraiment...
- La mort de ma fille ne vous toucherait pas ?" demanda Nilane.
Je m'arrêtai. Le souvenir de ce qui s'était passé ce jour-là me revint en pleine figure... Une jeune fille que je n'avais pas réussi à sauver...
Je dois sauver celle-ci ! Il le faut !
"OK, je vais vous aider..."
La doctoresse me regarda sans comprendre:
"Mais pourquoi...
- J'ai des raisons que je préfère ne pas expliquer... je veux vous aider à la seule condition de ne pas porter ces bracelets... J'en ai étudié les effets sur votre ordi et je n'en veux pas, et inutile d'essayer de me le mettre de force. Bon, ceci étant dit, je vais faire le tour du propriétaire"
Je me levai pour me diriger vers l'ascenseur. Personne ne bougea. Quand j'arrivai à l'ascenseur, j'entendis la voix de la doctoresse.
"Hé ! C'est quoi votre nom ?"
Je réfléchis quelques secondes, puis lançai:
"John McClane"
Je la vis lever un sourcil
"Revoyez vos classiques."
Et j’activais l'ascenseur. Avant que les portes ne se ferment, je dis:
"Pour mon vrai nom, peut être plus tard..."
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:49

Chapitre 9 : Le début d'une réponse.

Kara
Il fait noir. J’entends un bruit… C’est le bruit de l’eau. Je suis dans de l’eau ? Je coule et il fait froid, si froid… Il y a un autre bruit à par celui de l’eau. On dirait des battements… C’est des battements de cœur ! De mon cœur ! C’est fort, si fort. Ca résonne, ça résonne dans l’eau.
C’est de plus en plus lent. C’est de moins en moins fort. Et puis je ne les entends plus. Je continue de couler… J’ai froid, très froid.
Mon bras, mon "Faux-bras"... Il est lourd, très lourd. Il m'entraîne au fond. Je peux pas remonter. Je peux pas nager. Je n'arrive pas à bouger, à bouger mon corps.
Je peux que couler, couler et couler.
Oh, il y a quelqu'un au-dessus de moi... C'est quelqu'un de tout blanc, de tout flou. C'est "Maman", "Maman" habillée avec un grand habit blanc. Ca vole autour d'elle, c'est beau...
Elle me tend la main, mais je peux pas bouger.
"Maman"... "Maman"...
Elle se rapproche de moi, lentement. Elle tend toujours sa main, mais je ne peux toujours pas bouger.
Et puis "Maman" disparaît, elle disparaît comme un dessin qu'on efface...
"Ma...man"
Je pleure pas, je peux pas pleurer, je n'y arrive pas.
Et j'ai mal, j'ai mal... Et froid, si froid...
J'entends des voix, des voix qui parlent, toutes en même temps... Je comprends pas ce qu'elles disent, on dirait qu'elles parlent... sans parler...
J'arrive à entendre une voix douce, un peu froide ; une grave et rauque ; une autre fatiguée et qui murmure presque ; une enjouée ; une avec un drôle d’accent très bizarre ; et une voix lointaine, lointaine et inconnue…
Aïe... Il y a quelque chose qui m'a piqué, quelque chose qui rentre en moi. C'est chaud, c'est bien...
Je remonte ! Je remonte ! Je ne bouge pas et je remonte ! Les voix deviennent plus fortes, et une autre voix arrive... Elle est encore plus forte, elle chante... Elle chante une jolie chose...
Oh, la surface, elle est là ! Mon visage passe dedans.
De la lumière, de la lumière très forte, très brillante et...
"Kara !"
Oooh... Je suis sur un lit. Je vois "Maman" au-dessus de moi. Mais elle a pas les beaux habits blancs qui volent...
"Maman", tu es jolie quand tu souris...
Je tourne la tête un peu. Je vois Lilyah, le mécanicien, ils sourient aussi.
Tiens, il y a Jonas et un homme avec des cheveux blancs... Je le connais pas mais il me dit quelque chose...
Et Xorth ?! Comment va Xorth ?!
Je vais bien Kara...
Oh Xorth je suis contente ! Je t'entends, je t'entends !
Moi aussi je suis content
Je regarde "Maman" :
"Xorth... J'entends Xorth..."

Vamy Lilyah
J'observais Kara reprendre, enfin, connaissance. Cette petite pouvait se féliciter d'avoir réussi à me faire peur. Mais ce qu'elle venait de dire chassait progressivement l'inquiétude de mon esprit pour faire grandir l'excitation. Elle disait entendre Xorth. Cela semblait incroyable et étonnant. Ainsi l'expérience avait fonctionné. Je me demandais ce que nous allions apprendre.
Très vite, Kara regarda Xorth et commença à raconter ce que lui disait celui ci télépathiquement.
_Xorth dit qu'il vient d'un endroit où vivent d'autres personnes qui sont comme lui, commença Kara. tout commence lors d'une partie de chasse où il traquait l'Atsu.
En prononçant le dernier mot, Kara devint troublée et sembla demander à Xorth ce que c'était avant de reprendre l'histoire.
_ Il explique qu'il s'agit d'un animal qu'ils chassent pour se nourrir. enfin bref, ils étaient en pleine chasse lorsqu'ils attirent l'Atsu à la rivière et ils... fit Kara sans oser dire le mot tuer. Ensuite un ami de Xorth a trouvé une étrange pierre. Elle était noire complètement lisse et aussi large que son bras. Xorth a décidé de se rendre à son village pendant que son ami et le reste des chasseurs amenaient la pierre.
Kara fit une pause. Elle tourna sa tête vers Xorth pour lui dure d'aller un peu moins vite. Ensuite elle reprit:
_Puis quelques jours plus tard, les anciens du village étudiaient toujours la pierre. Seulement une étrange maladie venait d'apparaitre. Celle ci est contagieuse et mortelle. Ils n'arrivaient pas à trouver un remède. alors Xorth est parti vers d'anciennes ruines où selon une légende, il était possible d'invoquer les Dieux. Une fois arrivé sur place, il reconnu une sorte de porte comme "la porte des Dieux". Il est passé dedans et s'est retrouvé dans une forêt tropicale. Après l'avoir traversé, il a repéré une coquille de métal où il est monté dedans, ajouta Kara.
Kara demeura pensive réfléchissant sur ce qu'elle venait de dire avant de reprendre la parole:
_ Je pense que ce qu'il nomme "coquille de métal" doit être un vaisseau, déduisit Kara.
Je restais silencieuse. Je réfléchissais à toutes ces informations et mon cerveau travaillait à toute allure. Alors il y avait d'autres créatures comme Xorth. Mais avec cette maladie, ils étaient en danger.

Dr Nilane Bah
La nuit est tombée sur la forêt toxique, pour la deuxième fois depuis que nous avons tous été rassemblés ici, plus ou moins par ma volonté, plus ou moins par hasard.
J'ai volontairement laissé s'écouler les heures. Le temps de réfléchir à ce que Xorth, à travers Kara, nous a raconté. Le temps de le répéter à celui qui n'était pas dans l'infirmerie au moment du récit - le Balafré, qui ne veut pas dire son nom.
Mais surtout, le temps pour moi de démêler toute mes émotions, de réintégrer un à uns dans ma conscience tout ce qui s'est passé aujourd'hui.
Kara a retrouvé l'essentiel de ses forces. La drogue que je lui ai injectée, faite avec les plantes de la forêt toxique, s'est révélée un fortifiant efficace. Je craignais que ce ne soit trop violent pour une enfant de cet âge, mais il semble que son corps ait repris une activité normale. Bien sûr, je sais que tout ça n'est qu'apparence, et que le mal continue à grandir, en elle, plus insistant que jamais. Il ne faut pas que je relâche ma vigilance. Demain, je devrais mettre au point une stratégie, il faut que je trouve un moyen de lui fournir ces huit mois de sursis dont elle a besoin. Je ne peux pas compter sur Rhoan pour raccourcir le délais qu'il ma fixé. C'est la maladie, qu'il faut que je fasse reculer. Et je la ferais reculer. Même si je dois y laisser tout mon être, même si je dois vendre mon âme.
Je soupire, toute en découpant les légumes. A Etrenank, on s'amusait beaucoup de mon obstination à faire la cuisine moi-même, quand la nourriture lyophilisée est si rapide à préparer. Göran Moberg m'avait bien démontrée que ces aliments étaient conçus de manière à amener à l'organisme tous les éléments dont il avait besoin. Je sais, en tant que médecin, la vertu de ce genre de nourriture, mais je continue, égoïstement, juste pour mon plaisir.
C'est la première fois que je "reçois" autant de monde. Sur terre, je n'avais pas les moyens, et à Etrenank, je n'avais pas suffisamment d'amis. En fermant un peu les yeux, je pourrais essayer de m'imaginer que c'est une situation ordinaire, que je suis simplement en train de préparer le diner d'un équipage dont je fais partie, dont je n'ai pas à me méfier, dont je n'ai rien à redouter. M'imaginer que je m'efforce de leur apporter un peu de convivialité, de chaleur... Depuis combien de temps n'ai-je plus éprouvé ce désir de chaleur humaine, qui me prends soudain ?
L'homme à la Balafre, puisque je n'ai pas d'autre nom pour le désigner, a fait le tour de la base, sans mots dire, puis est revenu pour entendre Lilyah lui raconter l'histoire de Xorth. Je le surveille du coin de l'œil, depuis les écrans de contrôle que j'ai fait déplacer au milieu du réfectoire. Il est à présent dans la mini Biosphère. Il observe Xorth avec un intérêt non feint.
Il a réussi à ouvrir les portes, à nous suivre jusqu'ici. S'il l'avait voulu, nous serions tous aux mains des autorités terriennes. Mais ce n'est pas ce qu'il a voulu. Il s'est montré glacial et hautain, envers nous. Mais lorsqu'il s'est engagé à nous aider, ses accents étaient sincères. Que veut-il vraiment ? Après quoi court il, lui ?
Et moi ? Après quoi est-ce que je cours ? Depuis des années, la seule chose à laquelle je songe, c'est sauver Kara. Et voilà que j'amène cet extraterrestre, et que je suis prête à tout risquer, même la santé de ma fille, pour lui venir en aide ? C'est comme si une force impérative, en moi, me poussait vers lui. Comme si rien, dans ma pauvre c**** de vie, ne pouvait devenir aussi important que lui, que son peuple.
Son peuple qui meurt. Je peux y repenser, à présent que mon esprit s'est calmé. Son peuple est en train de mourir d'une maladie qu'il ne connait pas. Il attend de moi que je lui apporte secours. Mais comment puis-je lui porter secours, je ne sais même pas d'où il est venu ? Kara a parlé d'une porte, d'une jungle. C'est si vague...
Je réfléchirais à ça plus tard. Je sors dans le couloir et appelle.
_ Mike, pourriez vous m'aider à venir mettre la table. Kara, avertit tout le monde que le dîner est servit.
Etrange... Je parle comme une mère de famille. Une famille dont les membres se guettent, se méfie des uns des autres. Le genre de famille que j'ai si souvent l'habitude de voir. Un sourire nait malgré moi sur mes lèvres. Je n'arrive pas à m'empêcher de trouver la situation comique.
Je les regarde venir, un par un, s'asseoir autour de la table. L'épuisement se lit sur les visages de Lyliah et Mike. L'expédition dans la jungle toxique les a vidés.
Pendant quelques secondes, personne ne parle. L'ambiance est pesante. Le malaise est entre nous tous, palpable.
Xorth observe avec hésitation le couteau et la fourchette qui sont placé devant lui. Kara lui montre.
_Comme ça. Tu dois le tenir comme ça.
_ Ena cuti, péorcé ?
_ Pour couper. Et l'autre, c'est pour piquer et attraper.
_ Org angé no los doyé ?
_Non, réponds Kara en riant, pas chez nous. Enfin, moi j'aime bien, mais Maman n'aime pas. Pas vrai, maman, tu n’aimes pas que je mange avec les doigts.
Personne ne lui répond. Nous observons tous ce dialogue avec fascination. Kara parle dans notre langue, Xorth lui répond dans la sienne. Et ils se comprennent.
Kara attrape le plat chaud avec sa main bionique, et en sert quelques bonnes cuillérées dans l'assiette de Xorth. Celui ci renifle avec méfiance, porte lentement le contenue d'une fourchette à sa bouche, de la manière que Kara lui indique, goutte, et se met à pousser un hurlement. Autour de la table, tout le monde sursaute, et laisse tomber ses couverts. Je me suis levée.
_ Quelque chose ne va pas ? Il a mal ? Il s'est brulé ? Il est malade ?
Mais Kara se tourne vers moi en riant de toutes ses dents.
_ Il dit qu'il n'a jamais rien mangé d'aussi bon. Que c'est encore meilleur qu'une cuisse d'Atsu !
Je reste silencieuse, sans trop savoir quoi réagir. Autour de moi, tout le monde se tait. Puis un hoquettement, non, un rire, un irrépressible rire raisonne. C'est Mike, qui se tient les cotes au dessus de son assiette. Il ne semble pas parvenir à se calmer. D'un seul coup, à coté de moi, Lilyah se mets à rire elle aussi, nerveusement, et c'est plus fort que moi, voilà que ça me prend aussi.
Le militaire, le balafré et Rhoan nous regardent sans rien dire. Pendant quelques minutes nous ne faisons que rire, tandis que le malheureux Xorth tourne la tête dans tous les sens, sans comprendre ce qui nous arrive. Kara lui explique :
_On rit quand on est amusé. Il n'y a pas à avoir peur.
Soulagé, l'extraterrestre affamé se jette sur son assiette et commence à la vider, en s'efforçant comme il peut de tenir les couverts de la façon que Kara lui a indiqué.
Soudain plus détendue, je me tourne vers Lilyah.
_Vous savez, le livre que vous lisiez hier, "Terre des hommes" de Saint Exupéry, c'est mon préféré.
Le reste du repas voit se créer une conversation relativement détendue entre moi, Mike, Lyliah, et Xorth par l'intermédiaire de Kara. Ce n'est que lorsque nos assiettes sont vide que l'homme à la balafre sort enfin de son mutisme.
_ Si j'ai bien tout suivit, cet homme-chat, Xorth, a des semblables quelques parts qui sont en train de mourir d'une maladie qu’ils ne connaissent pas.
Ne sachant trop sur quel ton je dois lui répondre, je me contente de hocher la tête.
_C'est cela. Il est vraisemblablement venu jusqu'à nous pour chercher de l'aide.
_ De l'aide ? Et nous allons lui fournir l'aide dont il a besoin ?
_ Il faudrait d'abord déterminer d'où il vient exactement. Nous ne le savons pas, et lui n'a pas l'air de savoir vraiment comment il est venu ici.
Je regarde Xorth. Par l'intermédiaire de Kara, il sait de quoi nous sommes en train de parler. Mais il ne peut rien pour m'aider. Il ne sait qu'une chose, il est passé par une porte...
_Qu'allez vous faire ? Demande le balafré.
_ Continuer à le faire parler. Lui faire décrire l'endroit où il vit, la position des étoiles depuis son village. Jusqu'à ce que nous ayons recueillis assez d'indice pour savoir. Alors seulement nous déciderons de ce qu'il convient de faire.
Le balafré ne prend pas la peine de faire un commentaire. Il se lève et quitte le réfectoire. Les autres commencent à se lever, pour le suivre.
_ Jonas, restez. J'ai besoin de quelqu'un pour m'aider à faire la vaisselle.
Le militaire tique. Un instant, je sens qu'il hésite à me lancer une réplique cinglante.
_ J'ai à vous parler, ajouté-je.
Les autres sont sortis. Atrayde me fait face.
_ Eh bien, je vous écoute ?
_ Une chose à la fois, aidez moi d'abord à débarrasser.
_ Je ne suis pas votre larbin.
_ Non, mais vous avez mangé sur cette table, donc vous la débarrasserez. A moins que vous n'estimiez utile de gaspiller du temps et de l'énergie à discuter comme un gamin et vous couvrir de ridicule.
Avec une mauvaise fois évidente, il s'exécute. Je le rejoins, tout en expliquant.
_ En partant, ce matin, j'ai constaté l'absence du sonar que je vous avais confié hier.
_ C'était moi ou lui. Je sais que vous auriez préférez le récupérer et que j'y reste, mais…
_ C'était si dur ? Demandé-je avant de le laisser finir.
_ Attention, fillette, j'ai déjà vu la mort de près plusieurs fois, et je ne permettrait pas à une demi Lamb de votre genre de...
_ C'était vraiment dur ?
Je repose la question en le regardant dans les yeux.
_C'est une vraie question. Je vous demande sincèrement si c'était dur. Faut-il que j'envisage une autre solution pour chasser les mutants de la coque ?
_ Vous vous fichez de moi ? Vous ne prendrez pas le risque de me retirez la seule occupation utile que vous m'ayez trouvée dans ce foutu Magellan.
_ Comme occupation, vous en aurez une autre à partir de demain, de toute façon. Vos connaissance de pilotes me seront utile pour essayer de déterminer quel chemin a du parcourir Xorth pour arriver jusqu'ici.
_ Et si je n'ai pas envie, moi, de chercher ce qu'il a fait comme chemin, votre bestiau ?
_ Eh bien, rien ne vous coute d'essayer. Je vous laisse finir la vaisselle, dis-je en sortant ?
_ Pardon ?
_ N'oubliez pas d'éteindre la lumière de la cuisine en partant, dis-je, avant de disparaître.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:50

Mike Libane
Le soleil se levait, une fois de plus, pour éclairer ma coquette chambre. Pendant que je maudissais le matin, et que je prenais une douche, je décidais aujourd’hui de m’occuper de la coque du vaisseau. Alors que j’ouvrais la porte pour me diriger vers l’ascenseur, Lilyah sortit elle aussi de sa chambre à ce moment là.
_ Tient, vous êtes bien matinal, Mike.
_ Vous aussi, vous êtes tombée du lit ??
Tandis qu’elle faisait un faible sourire, je me dirigeais vers l’ascenseur.
_ Eh, où allez-vous ? me demanda-t-elle.
_ Je vais m’occuper de reboucher les trous de la carrosserie du vaisseau.
_Oh, puis-je venir avec vous, je n’ai pas grand chose à faire aujourd’hui, vu que Xorth sais parler tout seul avec Kara maintenant.
_ Bon, d’accord, fis-je.
Nous entrâmes dans l’ascenseur, et je dis :
_ 1er étage.
_ Nous n’allons pas sortir par le rez-de-chaussée ? me demanda-t-elle.
_ Si, mais il faut d’abord prendre le matériel qui se trouve dans l’atelier.
_ Et, où se trouve l’atelier ??
_ Dans le labo de recherche.
Quand les portes s’ouvrirent, je me dirigeais résolument vers la porte de gauche. Quand j’ouvris ladite porte, Franck, que j’avais appris le nom d’après Jonas au souper d’hier soir, releva la tête et fis la grimace.
_ Qu’est ce qu’il y a ?? Que voulez-vous encore ?? demanda-t-il assez agressivement.
_ T’inquiète pas, mistigri, on est juste venu prendre des affaires.
Tandis qu’il était en train de répéter avec mauvaise humeur le nom que je lui avais donné, j’ouvris la porte qui était au fond du labo, demandant à Lilyah de venir me rejoindre.
J’était content de me retrouver dans une pièce qui regroupais ce que j’aimais utiliser avec ferveur, rassemblant tôle et pièces de rechange. Alors que Lilyah entrait, je me dirigeais vers un coin de la pièce, où des formes étaient cachées sous une sorte de drap.
_ Dites, fit-elle dans mon dos, comment allons nous faire pour transporter tout ça ??
Alors, dans un geste théâtrale, je retirais la bâche.
_ Avec ça, répondis-je.
Devant nous se tenaient maintenant deux sortes de robot couleur ocre, imitant à la perfection la morphologie d’un homme de 2m50 ayant fait beaucoup de musculature, avec la tête comme un seau.
_ Qu’est ce qu’est que ça ?? demanda-t-elle effrayer.
_ Des exosquelettes modèle T15, avec des magnéti-bottes, des réacteurs de déplacement nucléaire et une radio de télécommunication intégré.
Je poussais un bouton qui se trouvais sur le coté, et le ventre s’ouvrit avec une petite fumée, où je me glissais rapidement.
Dans le cockpit, il y avait un écran pour voir ce que voyais le robot, des joystick pour le déplacement, et plusieurs boutons.
Avec le porte-voix spécial pour communiquer avec l’extérieur, je dis :
_ Comme le distributeur de Slivions Glacer était en option, ils ne l’on malheureusement pas pris.
Elle ne rit pas, et semblait paniquer.
_ Mais je ne sais pas piloter ça, moi, dit-elle avec des perles de sueur.
_ Ne vous inquiétez pas, dis-je, faisant des gestes apaisant avec les mains de l’exosquelette, c’est très facile à piloter. Rentrez déjà dedans.
Elle se retourna, puis appuya sur le même bouton que moi. Elle se glissa plus doucement que moi dedans. Quand la trappe se referma, j’enclenchais la radio.
_ Ca va, pas de crise cardiaque ? dis-je.
_ Ca va, ça va, dit-elle.
_ Bon, pour avancer, appuyez sur le joystick droit, très doucement.
Le robot faisait des petits pas vers moi.
_ Bien, maintenant pour tourner à gauche, poussez le joystick gauche vers la gauche.
L’exosquelette tournait maintenant très lentement vers la gauche.
_ Ben voilà, pas plus difficile que ça.
_ Oui mais pour prendre des objets, comment on fait ?
_ Vous voyer les capteurs qui sont juste au-dessus de votre tête ?
_ Oui.
_ Enfilez-les à vos doigts, selon ce qui est écrit dessus. Quand c’est fait, le bras du robot bougera automatiquement selon où se trouvent les capteurs dans le cockpit. Dites moi bonjour avec la main gauche…. Bien, mais il faut que vous changiez, car j’ai vu que vous saluiez de la main droite.
Petit moment, le temps qu’elle change les capteurs de place.
_ Bon, maintenant, prenez la caisse à outils qui se trouve derrière vous.
Comme prévu, elle réussi à se retournez grâce au joystick gauche.
_ Mais c’est énorme ce machin, dit-elle dans la radio.
_ Ca, faut pas des cotons-tiges pour remplacer la face externe d’un vaisseau, répondis-je. Bon, je prends les tôles et on y va.
Nous sortions donc de l’atelier, et Franck fit des yeux ronds quand il nous vit dans ces drôles d’accoutrement. Juste à ce moment, Lilyah fit tomber un objet en métal. Je me retournais pour voir l’étendu des dégâts, et les tôles que je tenais passèrent à quelques centimètres au-dessus de la tête de Mistigri, d’après les cris de fureur qu’il poussait.
_ SORTEZ, criait-il, SORTEZ D’ICI.
Après quelques minutes de casse et de cris, nous étions enfin dans le couloir.
_ Il n’avait pas l’air content, fis Lilyah.
_ Mais t’inquiète donc pas pour lui. Allez, en marche.
Après un petit passage par l’ascenseur, nous nous retrouvions devant le sas. Alors que j’appuyais sur le bouton pour nous faire sortir, mon accompagnatrice me demanda :
_ Il n’aurait pas fallu mettre nos combinaisons ?
_ Ces exosquelettes sont pour aller dans l’espace, alors elles sont évidemment hermétiques, répondis-je avec un petit rire.
J’appuyais sur le bouton, et la porte s’ouvrit, en allongeant une plate-forme.
_ Bon, n’oublie pas de mettre en marche les magnéti-bottes, dis-je.
_ Euh, c’est quel bouton ??
_ Le bleu sur ta droite.
_Celui avec des dessins de vapeur ??
_ Oui, euh… NON !!!
Elle commençais déjà à s’envoler, à cause des réacteurs qui étaient en marche, et je lui attrapais le pied pour ne pas qu’elle s’envole plus haut.
_ APPUYE DE NOUVEAU DESSUS POUR ETEINDRE, VITE !!!!!!
Juste à ce moment, les réacteurs s’arrêtèrent, et elle retomba dessus.
_ Pfou, soufflais-je.
_ Je suis vraiment désolé !! se lamenta-t-elle.
_ Pas grave. Allez on est go maintenant.
Quelque minute plus tard, nous étions la tête suspendue, sous le vaisseau, où les bêtes avaient fait tous les dégâts.
_ Bon passe-moi le découpeur à fusion, dis-je.
Elle me donna une pince de 50 centimètre avec des dents et un bout de couleur bleu.
_ Mais non, ça c’est l’écarteur ionique.
_ Mais alors c’est lequel le truc fusion bidule ??
_ C’est l’espèce de pistolet jaune de 60 centimètres.
Nous avions fait la plupart des trous de la même façon à chaque fois : découper une partie de tôle, la poser sur le trou, et faire fondre la tôle avec un vulcano-fuseur faisant chauffer le métal spécial à plus de 15 000 degrés.
_C’est vachement dangereux quand même de bidouiller avec ces trucs, non ? demanda Lilyah après la dernière brèche reboucher.
_ Non pas vraiment, le métal utiliser pour l’exosquelette vient de l’une des lunes de Mars, le meilleur métal que l’on peut trouver dans l’univers, enfin pour l’instant.
_ Bon, on a fini ?? Car moi j’en ai un peu marre.
_ Attends, dis-je en regardant l’ordinateur qui avait fait un schéma du Magellan et ses différent dégâts, oui on a finit.
_Ouf, quand on rentre, dit-elle en se dirigeant vers le sas, je me prend une bonne boisson.
_ Une Slivions Glacer, ça te dit ?
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:51

Jonas Atrayde
Je me réveillai lourdement dans mon compartiment. Ne voulant pas traîner de cette couchette inconfortable plus longtemps, je me levai et m'habillai rapidement.
Je repensai à ce que m'avait dit la doctoresse la veille. Je n’avais pas tellement envie d’entamer une discussion avec un être primitif. Mais quelque chose en moi, une sensation étrange appelée « curiosité » me poussait à vouloir savoir d’où pouvait venir le passager clandestin, par qui tous les gens autour de moi (sauf le savant fou) étaient fascinés. Je décidai de sortir de la salle et de me diriger vers l’ascenseur, pour monter jusqu’au 5ème étage. Avant de monter, je croisai par hasard elle doctoresse, j'en profitai pour l'informer de mon intention d'aller voir la créature. Elle me proposa bien l'aide de sa fille, mais je refusai. Elle insista une deuxième fois, mais rien à faire, je ne voulais pas de son aide ! Peut être était ce pour me prouver à moi même que je n'avais besoin de personne. Dans mon esprit, j’étais tout seul. Lyse n’était plus là pour me soutenir, je devais me débrouiller sans l’aide de personnes.
La biosphère, c’était ici que l’homme chat avait établi son refuge dans le vaisseau. Dans cet étage, la seule chose qui faisait tâche dans le décor était bien l’ascenseur. J’étais bouche bée. Cette espace presque surnaturel dans un environnement si technologique était presque un rêve. Les forêts artificielles d’Etrenank, pourtant très belles, avaient tout à envier à cet environnement entièrement naturel. Toutes ces odeurs, toutes ces sensations à la fois, c’était… je n’avais même pas de mots pour le décrire. Je tâchai tout de même de me réveiller, j’avais quelque chose à chercher dans toute cette flore, et cela me donnait déjà légèrement mal à la tête.
Il semblait que cet endroit rassembler un peu tous les climats qu’avait recelé la Terre. J’étais littéralement dans ce que l’on appelait certainement autrefois, une jungle. J’avais un peu de mal à avancer, devant utiliser ma musculature plutôt qu’un outil approprié pour traverser les herbes humides et parfois très grandes pour arriver à me frayer un chemin. J’essais de m’imaginer cette Terre, savoir quels animaux auraient pu habiter un espace comme celui-ci, les vrais animaux ayant quasiment tous disparus, et les autres, se vendant très chers dans les marchés spéciaux d’Etrenank. Au bout d’un moment, je changeait totalement de climat : je ne voyait plus que du sable, avec une étendue d’eau créée artificiellement, à côté de laquelle se trouvait pourtant un arbre du même aspect que ceux de la jungle. Enfin, près de cette eau, je vis la créature. Elle était assise en tailleur sur le sable le bras en avant pointé vers le sol. Je m’approchais doucement de lui, assez bruyamment pour qu’il m’entende, mais pas trop pour qu’il n’ait pas de réaction brusque. Je n’avais aucune idée de comment il allait réagir, après que je lui ai tiré dessus, et en allant vers lui désarmé, mais j’étais malgré tout près à me défendre si nécessaire.
J’étais à quelques mètres de lui et il leva enfin la tête vers moi. Comme je l’avais prévu, il me regarda d’un air mauvais, mais me voyant seul, il se produisit l’inverse de ce que j’avais pensé : il ne chercha pas une seule seconde à s’en prendre à moi. Je lui fis alors des grands signes des mains vers moi, voulant montrer que je venais en ami. Il prit un air plus neutre et rabaissa sa tête vers le sable. Je m’accroupissais à ses côtés, regardant à quoi une créature si étrange pouvait bien s’occuper.
Il dessinait depuis un moment dans le sable des symboles qui ne ressemblaient à rien de connu, qu’il ponctuait de commentaires. Peut être était ce des brides de sa langue d’origine. Au dessus, il avait représenté dans un cercle, des formes géométriques ressemblant à des huttes primitives. Autour, étaient dessinés de petits personnages qui avaient des oreilles de chat. Il était facile de deviner qu’il s’agissait de sa planète natale. J’avais également remarqué sur ce dessin une autre forme circulaire : Une sorte d’énorme d’anneau où il avait tracé plusieurs étoiles à l’intérieur.
Il était clair après avoir vu cela, que le seul moyen que j’avais pour communiquer avec cet extra terrestre sans l’aide de Kara, était la représentation graphique. C’était le seul langage universel que je pouvais utiliser. Mais pour le moment, je me contentais d’observer par-dessus son épaule ce qu’il faisait. Il traça un autre cercle, 10cm à droite de l’autre. Il l’entoura alors de trois anneaux.
Bizarre, cette planète m’étais étrangement familière… la seule planète de toutes les galaxies connues possédant 3 ceintures d’astéroïdes s’appelait… Menigarm d’après mes souvenirs. Je me disais alors que les vieux holodisques d’histoire de Lyse ne m’auraient pas été complètement inutiles. Je me risquais alors à engager un dialogue avec Xorth.
_Menigarm ? dis je en désignant du doigt le dessin.
J’avais de sérieux doutes, la race de cet être ne devait peut être pas appeler cette planète de la même façon que nous. Pourtant, sa réponse me surprit, même si je ne la compris qu’à moitié.
_ Menigarm, penaat !
Il pointa alors son doigt griffu sur sa planète, me voyant intéressé.
_ Epsolin, penaat Xorth !
La Lamb traductrice avait dit que de nombreux mots de la langue de Xorth ressemblaient beaucoup aux mots humains. Si je prenais cela en considération, le mot « Penaat » devait sûrement signifier « Planète » dans notre langage D’après mes souvenirs, Menigarm faisait parti d’une galaxie nommée Andromède. Le dernier vaisseau qui avait pénétré dans cette zone datait de plus de 800 ans… bien avant que notre conflit avec les Lambs ne débute. Mais l'expédition avait tourné vite au désastre. D'après les rare survivant à en être revenus, l'équipage avait eu le temps de découvrir une planète viable dans l'un des système de planète qu'ils avaient explorés. Mais à peine y avaient-ils posés le pied qu'un mal étrange s'étaient emparé de la plupart d'entre eux, une folie furieuse inexpliquée, les poussant à s'entretuer les uns les autres.
Comment l'histoire s'était-elle finie, déjà ? J'étais sûr que Lyse m'en avait parlé, un jour où nous...
L'amertume me revint avec les souvenirs, et, furieux contre moi-même, je refusais de me rappeler plus.
Mais en tout cas, j’avais fait ce que la doctoresse m’avait demandé, j’avais trouvé l’emplacement de la planète de l’extra terrestre ! Je pensais que j’allais encore devoir prolonger ma mission, bien que je ne perdais toujours pas de vu mon but. Mais j'étais malgré moi de plus en plus intrigué par cette histoire...
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:53

Chapitre 10, le projet GENESE :

Xorth
Les quelques instants que Jonas passa avec moi à me regarder dessiner semblèrent le troubler. Apparemment, il connaissait la « planète aux anneaux ». Après lui avoir montré ma planète, il sembla perplexe et parti tout d’un coup. Décidément, l’attitude des Dieux semblait bien différente d’une personne à l’autre !
Je me redressai et décidai de retourner à ma hutte. J’avais veillé toute la nuit, cherchant vainement le sommeil, et c’est une fois la journée commencée, que la fatigue arrivait. Je retrouvai sans peine l’arbre où mon « petit coin à moi » était perché et, m’aidant de mes griffes, je grimpai quelques mètres pour atteindre la plateforme. A peine m’étais-je allongé sur le petit lit de feuille que je sombrai dans le sommeil.
Respirer ! Il fallait que je respire ! Je n’avais pas fais tout ce chemin pour mourir bêtement d’asphyxie ! Je me forçai à avaler une goulée d’air. Quand je rouvris les yeux, tout avait changé : Je n’étais plus dans le temple mais dans une immense forêt, dense, oppressante. Je me retournai pour voir le portail seul, à moitié recouvert par la végétation qui semblait avoir tous les droits ici. L’air était chaud et humide, ce qui était radicalement différent de l’air frai et sec du temple. Comment le paysage pouvait-il avoir changé en si peu de temps !? Je n’avais pas le temps de le savoir car j’avais une mission : Je devais trouver des Dieux pour leur demander leur aide. Tournant à nouveau le dos à la porte, je m’engouffrai parmi les lianes, les buissons et les racines des gigantesques arbres de cette forêt. Mais plus j’avançais, plus les arbres devenaient touffus et proches. A bout d’un moment, je me retrouvai devant un véritable mur d’arbres. Je n’avais pas d’autre choix que de grimper dans les branches pour continuer…
Tout en grimpant, je rencontrai divers animaux que je ne connaissais pas. Je n’arrêtais pas de m’émerveiller devant autant de diversité animale. Malgré la faim qui commençait à me tirailler l’estomac, je n’osai pas manger l’une de ces étranges créatures, ne pouvant savoir si elle était comestible. Une fois arrivé à la cime de l’arbre, je regardai les alentours, à la recherche de l’orée du bois. Je la trouvai facilement et me rendit compte qu’elle n’était qu’à quelques dizaines de mètre sur ma gauche, derrière le mur végétal que je venais de grimper. Juste avant de redescendre, je jetai un œil au ciel. Il faisait plein jour mais une chose retint mon regard : De nombreuses lignes zébraient le ciel, phénomène que je n’avait jamais vu. Un bruit assourdissant me fit tourner la tête : Quelque chose semblait se diriger vers l’orée du bois. Peut-être était-ce un Dieu ! D’après la légende, ils étaient venus dans des objets volants brillants et lisses, et cette chose correspondait à la description ! Sans perdre de temps, je replongeai dans la végétation et me dirigeai tant bien que mal jusqu’à la sortie de la forêt pour mieux voir de quoi il s’agissait.


Kara
"Kara... Kara..."
Je me réveille et saute de mon lit. Tiens, personne n'est dans ma chambre... Bizarre, quelqu'un ne m'a pas appelé ? C'est peut-être Xorth...
Je vais me laver et m'habille vite.
"Maman" m'a dit hier de bien prendre mes médicaments. Je regarde les petits comprimés sur ma table de nuit. Il y en a plus, c'est pas normal, je croyais en avoir que deux à prendre, maintenant je dois en prendre quatre...
Hum, "Maman" ne se trompe jamais en me donnant mes médicaments alors pourquoi elle en a mis plus ?
Un petit bruit dans mon dos ! Quelqu'un passe devant ma porte.
Je l’ouvre un peu et vois Jonas passer dans le couloir. Il croise "Maman" et tous les deux se mettent à parler. J'entends pas trop se qu'ils disent et ça me regarde pas. Jonas et "Maman" s'aiment pas trop, et je crois que Jonas n'aime personne. Je trouve ça dommage, mais il est froid et me fait un peu peur.
Kara... "Maman" a dit mon prénom. Ils parlent de moi ? Jonas semble dire non et "Maman" insiste. Jonas refait non et il part.
Mes médicaments... Je les avale et sors de ma chambre en courant.
L'ascenseur ! Et si j'allais dans la grange à vaisseaux ? Ca descend et les portes s'ouvrent.
C'est grand et il y a de l'écho.
Je remarque que je suis pas seule, il y a quelqu'un au fond, près d'un vaisseau.
Oh, mais c'est "Celui avec une cicatrice" ! Il est là ! "Maman" ne m'a pas dit d'où il venait, juste que c'était un nouvel invité. Il est au courant de tout ce qui se passe ici.
Je pensais pas le revoir, cet homme à la jolie cicatrice.
Je me dirige vers lui tout doucement. Il est froid, il pense à quelque chose... C'est embrouillé, j'ai du mal à tout comprendre.
Il se retourne vers moi, toujours avec son visage froid. Je lui souris et il me regarde, toujours froid.
"Je me souviens de toi, je dis."
Il continue de me regarder, un peu surpris. Il hoche de la tête.
On dirait qu'il veut pas parler. C'est vrai... de quoi il pourrait me parler ? Il ne me connaît pas et moi non plus... On s'est juste vu...
Mais moi je l'aime bien, j'aime bien sa tête. Et vraiment, sa cicatrice est très jolie, on dirait... on dirait un croissant de Lune...
Je m'assois pas loin de lui. Et je commence à regarder le hangar aux vaisseaux.

Dr Nilane Bah
Kara n'est plus dans sa chambre. Encore allée trainer à droite et à gauche. Je dois pourtant l'examiner. Je passe ma vie à lui courir après, à la chercher, alors qu'elle va se cacher dans les endroits les plus inattendus. Depuis qu'elle est petite, c'est comme ça. Je me demande qui de nous deux a entrainé l'autre dans ce jeu en premier, parfois. Je crois que j'ai encouragé ça, pour en faire quelqu'un d'autonome, de vif. Elle est toujours si curieuse de tout.
Je pourrais me rendre dans la salle des commande du Magellan, et chercher sur quel moniteur de quelle salle, elle apparait, mais je ne résiste pas à l'envie de la chercher moi-même. J'explore un peu les chambres, elles sont toutes vides. Lilyah et Mike sont dehors, il font des réparation. Le militaire est là-haut, dans la mini-biosphère, avec Xorth. Si elle avait été là-bas, sur qu'il me l'aurait ramenée immédiatement, et certainement par la peau du cou. Je doute qu'elle ait voulu se promener au niveau des Labo, toutes les portes y ferment à clef, et Rhoan n'admettra pas une intrusion dans son travail.
Le garage d'aéroglisseur et l'armurerie ne présente aucun intérêt pour elle. Je la pense plutôt partie se promener dans les hangar.
Je monte au troisième étage, et y pénètre doucement, sans bruit, pour la surprendre. Elle n'est pas seule.
Je me cache derrière une caisse. Le balafré est là. Il est assis loin d'elle, lui tournant légèrement le dos. Elle est assise, elle aussi, immobile, chose rare chez elle, et silencieuse, encore plus rare.
Je devrais aller la chercher, mais je ne bouge pas. J'ai envie de rester cachée, d'observer. De voir ce que Kara saura lui faire dire.
Un long moment s'écoule sans qu'il ne se passe rien. Puis Kara parle, doucement.
_Tu as fait la guerre, mais plus maintenant. Maintenant tu n’aimes plus la guerre.
Ce n'est pas une question. Elle le sait. Elle l'a lu dans son esprit. C'est donc vrai. Xorth a sensiblement augmenté ses pouvoirs d'empathie. Le balafré la regarde, mais ne répond rien.
Je regarde mieux son allure. Il a gardé la raideur naturelle des soldats, et une certaine façon d'être, mais il a quelque chose de plus sauvage. Un déserteur de l'armée terrienne. Que fait-ils près de nous ? Qu'est-ce qu'il veut ?
_Qu'est-ce que tu veux ? Demande Kara. Pourquoi tu ne veux pas dire à maman ce que tu veux ? Elle est docteur, ma maman. Elle aide les gens, quand ils en ont besoin.
_ Je sais, répond le balafré.
Comme encouragée par le fait qu'il lui ait parlé, Kara quitte sa position et s'approche.
_ Tu ne dois pas avoir peur de moi, tu sais. Je lis dans la tête des gens, mais je ne leur fais pas mal. Je n'aime pas faire mal au gens.
Le balafré la regarde s'approcher avec un regard étrange. Il se relève brusquement.
_ Laisse-moi tranquille. Va-t-en !
_ Pourquoi tu as peur que je m'approche ?
_ Va-t-en, je te dis. Je n'ai pas peur, je veux juste être tranquille.
Je préfère intervenir. Je quitte ma cachette et, en quelques pas rapide, je suis entre eux.
_ Kara, tu ne dois pas lire les pensée des gens sans qu'ils t'y autorisent, ce n'est pas gentil pour eux. Veuillez l'excuser, elle est jeune et elle ne se rend pas vraiment compte !
Le Balafré me regarde faire semblant que tout est normal, que toutes les enfants solariennes ont l'habitude d'explorer le subconscient des inconnus. Il hausse les épaules.
_ J'aime autant qu'elle se rende compte très vite, me dit-il. Je n'apprécie pas qu'on fouille ma tête, comme ça.
_ Elle ne recommencera plus, n'est-ce pas Kara ?
_ Non, non, répond ma fille.
Pourquoi ai-je peur de ce type ? J'ai déjà Atrayde et Rhoan à bord, je ne devrais rien craindre. Pourquoi ai-je peur du Balafré ? Sans doute parce qu'avec lui, ce n'est pas comme avec les deux autre, je ne sais pas à quoi m'attendre...
J'emmène Kara par la main.
_ Je t'ai attrapé, jeune fille. Maintenant, nous allons descendre ensemble au labo pour que je puisse t'ausculter ?
_ Encore ! Grogne Kara, mais tu m’as déjà examinée partout il y a un mois.
_ Taratata ! J'ai réussi à t'attraper, et tu sais bien que quand je réussi à t'attraper, je t'emmène faire ce que je veux, c'est le jeu !
M'éloignant du balafré et de son regard glacial, j'emmène ma fille dans l'ascenseur.
_ Premier étage ! dis-je.
Les portes se referment, pour se rouvrir à l'étage des laboratoires.
_ Attends moi un instant à l'infirmerie, dis-je à Kara.
Je m'avance au fond du couloir, vers le laboratoire de Rhoan. Il est là, affairé, concentré. J'entre sans bruit, pour ne pas le surprendre, et lui fait signe.
_ Quand vous pourrez rejoignez moi à l'infirmerie, je vais examiner Kara, et j'aimerais vous montrer son dossier médical.
J'ai parlé aimablement. C'est la première fois que je lui reparle depuis mon coup d'éclat d'hier, et je ne tiens pas à ce qu'il décide de tout laisser tomber en guise de représailles.
Il me rejoint quelque minute plus tard, alors que Kara est déjà dans le scanner.
Je regarde l'avancé de la maladie sur l'écran de mon microscope. Incontestablement, elle s'est accélérée. Mais je peux renforcer les défenses naturelles de Kara pour la faire tenir les huit mois qu'il faut. Seulement, il va falloir que je double les dosages de médicament au fur et à mesure que le temps passera.
J'explique d'une voix froide, professionnelle, à Rhoan, comment cette maladie s'est développée, et fonctionne, et à quel résultat j'ai besoin qu'il arrive. Et, curieusement, c'est avec la même froideur professionnelle qu'il me pose des question, manifestant pour ma fille un intérêt, maintenant qu'elle est devenue un objet d'étude, et non une personne. Je m'efforce de ne pas penser, de faire comme si nous n'étions que deux collègues en train d'organiser le traitement d'un malade quelconque. Quand j'y songe, c'est ce que je fais depuis trois jours, faire comme si...
J'observe Rhoan pendant que nous discutions. Jusqu'à présent, je ne l'ai pas vraiment regardé avec cet œil de médecin. Il est dans un état de santé assez pitoyable. Les maltraitance qu'il a subit se voient sur son visage. Je devrais peut-être...
_ Eh, docteur !
Atrayde vient de passer brusquement la porte de l'infirmerie, sans frapper.
_ Je vous chercher partout. J'ai l'info que vous vouliez !
_ L'info, répété-je, sans comprendre !
_ La planète ! La planète d'où vient notre ami couvert de poil !
_ Je vous demande pardon ?
Je le regarde éberluée.
_ Je sais d'où il vient, répète le militaire, exaspéré.
Je ne trouve rien à répondre, à part :
_ Déjà ?
_ Ben oui, déjà.
_ Bon, fait Rhoan qui visiblement ne comprend pas mon étonnement, si vous n'avez plus besoin de moi, je retourne à mon ouvrage. J'ai cru comprendre que vous ne me laissiez pas le droit de perdre une seule minute.
Je me retourne vers Kara.
_ Ma chérie, c'est tout pour aujourd'hui. Tu peux aller jouer avec Xorth. Venez Jonas, montons dans la salle des commandes, nous y serons plus à l'aise pour parler.
Je m'efforce de parler d'une voix posée pour dissimuler mon embarrassante stupéfaction. Évidemment, je ne le reconnaitrai pour rien au monde, mais je dois dire que le militaire m'a impressionnée. Je le croyais d'une intelligence médiocre, et voilà qu'il se révèle bien plus efficace que je ne l'aurais cru.
Nous montons et rejoignons ce qui devrait être le poste de pilotage du Magellan, s'il volait.
Je surprends un regard envieux de mon compagnon vers le siège de commande. Piloter un engin pareil, ce doit être un rêve, pour un pilote.
Je note en mon fort intérieur.
Il a donc des rêves...
_ Eh bien, je vous écoute ?
_ Epsolin, me dit-il simplement.
_ Epsolin, répété-je sans comprendre.
_ Une planète dont nous avons renoncer à prendre le contrôle, il y a 800 ans. Les solariens apprennent ça à l'école.
_ Désolée pour vous, j'ai fait mes études sur le tas, et sur terre. Pourquoi a-t-on renoncé à en prendre le contrôle ?
_ Je crois qu'il y avait une maladie incurable, sur son sol... Je ne sais plus.
_ Il faudrait que vous vous rappeliez. C'est essentiel d'être renseigné.
_ Je n'ai rien à vous dire de plus. Vous vouliez un renseignement, je vous l'ai trouvé.
Je reste un instant silencieuse. Puis me dirige vers le siège du pilote, et branche l'ordinateur de bord.
_ Mais qu'est-ce que vous faite ?
_ Je tente quelque chose, qui me permettra d'en savoir plus.
L'informatique. Une des connaissances que je suis contente d'avoir perfectionné à Etrenank. L'ordinateur du Magellan est puissant. Il ne me faudra pas trop de mal pour me connecter au macro ordinateur d'Etrenank, et peut-être pourrais-je parvenir jusqu'aux dossiers les plus secrets...
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