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Les chapitre 17 et 18 de Nimrodh les oubliés en ligne sur le site d'Écritures plurielles !

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 Nimrodh, les oubliés

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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:53

Gengi Murank
« Pfou déjà quatorze heures je commence à me lasser de se travail et il faut déjà que j’y retourne. Être informaticien ça manque vraiment de piment. » m’exclamai-je
Je suis Gengi, voilà quatre ans que j’ai été affecté à la gestion du macro ordinateur d’Etrenank. Au début j’étais chamboulé, quel honneur! Quel prestige! Je me rappelle de la réaction de mes anciens collègues de Zulpalak « Etrenank? Quelle chance tu vas pouvoir réaliser tes rêves les plus fous! » et blablabla et blablabla... Tu parles! Certes c’est une ville futuriste, à la pointe de toutes les technologies possibles, le climat environnant est géré par l’ordinateur, ainsi que la composition de l’atmosphère, la sécurité, les données sur les citoyens de la ville et tout un tas d’autre chose. Mais on se lasse vite de la vie qu’on mène ici, sauf si on aime avoir la vie la plus facile qu’on puisse imaginer. J’aurai dû écouter maman et m’engager dans l’armée pour l’honneur de notre peuple. Enfin bon fallait que j’arrête de me lamenter, je devais aller au boulot. Je fis passer ma carte au dessus du lecteur pour payer mon repas. Puis la remettant dans ma poche je quittai la salle en direction de la sortie.
Une fois dehors, mon regard s’attarda un peu en direction du ciel. Les gratte-ciel s’étiraient indéfiniment vers le ciel, un ciel artificiel - les rayons du soleil risquant de nous aveugler, il fut décider par mesure de sécurité de mettre un écran holographique ultra réaliste sur lequel on pouvait voir le jour un soleil lumineux dont les teintes variaient du rouge au vert et une lune allant du blanc au violet la nuit. « Encore une chose dont on se lasse vite... » pensai-je.
Je laissai mon regard vagabonder entre les voyageurs aériens et les jet-pack, puis me rappelant que même sur Etrenank le temps n’est pas infini, je retroussai ma manche pour laisser apparaître un bracelet avec un petit micro. Ce petit bijou n’est pas accessible à tous, il faut travailler dans le secteur S qui est celui regroupant quelque profession dont la mienne.
_ Amorçage de la séquence d’initialisation! dis-je en direction du micro.
_ Blip...blip...séquence d’initialisation amorcée. Veuillez décliner votre identité et votre matricule de profession, me répondit le petit appareil.
_ Gengi Murank, matricule: ZX8JC12.
_ Identité acceptée, matricule accepté. Séquence d’initialisation validée.
Une voix féminine et plutôt tentatrice se mit alors à parler.
_ Salut Gengi, bienvenue dans l’interface que puis-je faire pour toi ?
J’adore cette voix, heureusement qu’elle est paramétrable sinon l’appareil perdrait tout son charme.
_ Téléporte moi dans mon bureau et vérifie sur la messagerie vocale si Hélène a accepté mon invitation au cinéma immersif.
_ Téléportation lancée dans 3...2....1...
Pourvu qu’elle ait accepté l’invitation.
_ ... Téléportation en cours.
Et, dans un flash bleuté, je vis mon corps se décomposer en millions de petits fragments, puis ma vue se brouilla. Quand je pus de nouveau voir, j’étais dans mon bureau.
_ Téléportation terminée. Vérification des messages..... Tu as un nouveau message d’Hélène.
Je cru sentir mon estomac se nouer.
_ Lecture du message ! dis-je.
_ Lecture.... « Hahaha je ne crois pas non ».... Lecture terminée, je supprime le message je suppose ?
Mon estomac ne s’était pas seulement dénoué, il donnait tout bonnement l’impression d’avoir disparu.
_ Ouais, vas-y, efface-le, dans le fond elle pas si top que je le croyais.
_ Message effacé.
_ Bon on devrait se mettre au boulot !
Je m’installai sur une sorte de boule blanchâtre, malléable, qui pris automatiquement la forme la plus convenable à ma position. Automatiquement un bureau apparu devant moi. Je défis mon bracelet-ordinateur et le plaçai dans un petit socle prévu à cet effet. A ce moment un grand écran bleu apparu devant moi, j’avais accès à l’ensemble du réseau et ma tâche consistait à vérifier que tout allait bien, une tâche un peu superflue étant donné qu’il faudrait être soit un génie, soit un abruti pour essayer de s’attaquer au macro ordinateur.
_ Bon bah comme d’hab... Lance un balayage de détection de virus, moi je vais jouer un peu et...
_ Attention intrusion dans le système, je répète : intrusion dans le système !
_ Cette bonne blague...
_ Intrusion dans le système, intrusion dans le système !
_ Nan ? Tu me fais une farce hein ?
_ Intrusion détectée, intrusion détectée !
_ Ohhhh, quelle galère !!! Ordinateur montre moi où a lieu l’intrusion !
Mon écran s’anima et je vis le défilement de plusieurs fichiers des plus important _et je ne craignais qu’une chose, c’est que le pirate ait foutu le bordel dans l’un d’entres eux_ aux plus insignifiants.
« Choisis un petit insignifiant, t’auras déjà une bonne pub pour avoir percé la défense du macro-ordi, espèce d’ordure !» pensai-je.
Puis finalement l’écran s’arrêta sur un fichier que je n’avais jamais vu auparavant.
_ Hein ? G.E.N.E.S.E ? Ordinateur ouvre ce fichier !
_ Accès refusé.
_ Quoi ?
_ T’as pas le droit !
_ Pourquoi ?
_ Parce que tu n’as pas le matricule requis pour y avoir accès.
_ ... Bon bon bon ! Trace le signal du poste depuis lequel le pirate travaille.
_ Traçage lancé... il a une protection, je ne peux pas passer comme ça.
_ J’m’en occupe, alors comme ça on veut faire joujou...
Ma panique commençait à laisser place à de l’excitation. Enfin un peu de mouvement !! Je pianotais fébrilement sur l’écran puis finalement au bout d’une courte minute je pu passer ses sécurités.
_ C’est bon indique sa position avant qu’il n’ai copié tout ce qui se trouve dans le fichier.
_ Traçage en cours... Planète: Terre ........ Continent: Asie....
_ Oui oui allez grouille !
_ Ville: Itokyo...........
_ L’adresse, allez! Aboule l’adresse !
_ Signal perdu...
_ Han et m**** on a pas plus précis que la ville... je serais mon patron, ça me suffirait pas... Bon ordinateur vérifie qu’il ne manque rien, que tout soit bien sécurisé de nouveau, commence à analyser la situation, je veux savoir comment il a pu entrer dans notre réseau. Mais d’abord envoie un message au patron, code orange, j’ai besoin de l’avoir de suite.
_ J’envoie le message.... message envoyé, je me met au travail.
Au même instant un signal sonore m’annonçait que j’avais quelqu’un qui cherchait à me parler. Sans me demander qui c’était, j’effleurai une touche de mon écran, une fenêtre s’ouvrit à travers laquelle je pouvais voir mon patron.
_ Bonjour, Monsieur Murank, puis-je savoir pourquoi vous avez demandé cet entretien, qui plus est, un entretien en code orange !
_ Bonjour, monsieur, je suis désolé de vous déranger, mais je voulais vous signaler un fait pour le moins important...
_ Quel est-il ?
_ Un pirate a réussi à s’introduire dans le macro ordinateur monsieur...
_ Comment ?! Dites moi, Murank, votre travail n’est-il pas d’assurer la sécurité de cet ordinateur ?
_ Si monsieur...
_ Et quels ont été les effets de cette intrusion ?
_ Impossible de les déterminer vraiment, le hacker a réussi à copier le contenu d’un fichier auquel je n’ai pas accès. Cette personne a dû avoir de bons renseignements pour connaître l’existence de ce fichier, monsieur...Déjà que, même moi, je n’y ai pas accès et que je n’en soupçonnais pas l’existence.
_ Vous êtes en train de me dire qu’il y aurait un espion au sein de notre bâtiment ?
_ Pas spécialement monsieur, tout est possible, le simple fait qu’un hacker ait pu s’introduire est déjà fort déroutant...Mais j’ai pu localiser approximativement sa position, il se trouve sur Terre dans une ville appelée Itokyo.
_ Certes.... Mais dites moi, quel est le nom du fichier auquel le hacker a eu accès ?
_ Un certain G.E.N.E.S.E....
_ Pardon ? Vous avez bien dit G.E.N.E.S.E ??!
_ Heu, bah... oui.
_ Voilà qui est fort intéressant... Envoyez moi l’adresse du fichier je vais aller m’occuper de ça moi-même. A partir de maintenant cette histoire ne vous concerne plus, colmatez les brèches faites par le pirate. Je vais prévenir l’armée afin qu’ils traquent ce rat dans Itokyo. Je ne peux pas vous demander d’oublier la journée, mais je vous préviens, Murank !Je ne veux pas que qui que ce soit entende parler de cet incident ! dit-il d’une voix glaciale. Vous avez bien réagit, Murank, et même si c’est involontaire, vous avez bien travaillé, vous aurez une augmentation. Je vous laisse j’ai du travaille de la plus haute importance qui m’attends.
Et sans attendre une réponse il disparu de mon écran.
Ah bah ça... j’pensais être viré et j’suis augmenté... Il me demande de pas parler de cet incident, voire de l’oublier, mais il va en parler à l’armée... qu’est ce qui se trame...
J’ai localisé les défauts de notre sécurité, veux tu que je les répare ?
Nan laisse ordinateur j’ai besoin de me changer les idées je m’en occupe.
Et me penchant sur mon écran, je me mis à pianoter fébrilement essayant de penser à autre chose... « Tient et si je proposais à Véronique de sortir avec moi demain soir »...
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:54

Dr Nilane Bah
"Appel à tout le monde, je voudrais vous voir dans le réfectoire le plus vite possible."
Ma voix raisonne à tous les étages, et même au dehors, pour que Lilyah et Mike puisse entendre.
_ Vous avez trouvé quelque chose ? me demande le militaire qui, curieusement, est resté planté derrière moi pendant tout le temps de mes recherches, dans une position pour le moins inconfortable, mais refusant de bouger, même pour s'asseoir.
_ J'ai trouve quelque chose, oui. Mais je ne raconterais qu'une fois tout le monde là.
Je quitte le poste de commande et rejoint le réfectoire, ou je vois bientôt tout le monde arriver, d'abord Mike et Lilyah, puis Kara et Xorth. Le Balafré nous rejoint lentement Naturellement, Rhoan arrive le dernier.
_ Prenez place autour de la table, dis-je. J'ai une histoire à raconter.
Je surprends des échanges de regard interrogateurs. Kara, tirant Xorth par la main va s'installer la première. Les autres suivent le mouvement. Bien désireux de me manifester son esprit, Le militaire reste debout. Je ne prends pas la peine de relever, j'ai mieux à faire.
_ Bon, écoutez moi bien. Il y a huit cent ans, bien avant la guerre, un vaisseau terrien explorait un système lointain, et découvrait une planète viable. Elle fut baptisée, Epsolin.
_Vous nous avez fait venir pour nous raconter des contes solariens, faits Rhoan, moqueur.
Je l'ignore.
_ Lorsque les scientifiques de l'expédition y prirent pied, une folie furieuse s'empara d'eux, et les poussa à s'entretuer. Les survivants découvrirent qu'un toxique contenu dans le sol provoquait cette folie, et la planète fut classée non viable par le gouvernement des territoires fédérés.
_ Oui, je me souvient de cette histoire, m'interromps Mike. Après, on a décidé de laisser tomber l'exploration de ce système et de chercher d'autre planètes viables.
_ Faux ! réponds-je. Ca, c'est la version officielle. Je viens de découvrir une version officieuse.
D'un seul coup, tout le monde semble m'écouter plus attentivement. Même s'ils ne savent pas vraiment pourquoi je parle de ça, un secret d'état est une chose qui pique les curiosités.
_ A l'époque, l'écologie de la terre inquiétait déjà. On cherchait d'autres endroit ou vivre en cas de catastrophe, et la planète Epsolin était une chance rare. Le climat y était proche de celui de la terre, l'air et l'eau de même nature. Aucune créature pensante ne semblait y vivre. Ce toxique était la seule barrière. Dans le plus grand secret, un projet fut donc lancé, le projet G.E.N.E.S.E.
_ G.E.N.E.S.E ? répète Lilyah. Je n'ai rien lu à ce sujet, jamais.
_Rien n'a jamais été écrit. Il s'agissait, d'après ce que j'ai pu trouver, de créer une race pensante, non-humaine, capable de résister au toxique, de s'établir sur Epsolin et de la rendre peu à peu viable aux être humain.
Rhoan, soudain intéressé, me regarde, et jette un regard à Xorth. Puis me regarde de nouveau.
_ Comment cela s'est-il terminé ?
_ Ce n'est pas dans les archive d'Etrenank. Mais je crois que nous avons devant nous le résultat du projet G.E.N.E.S.E, dis-je en posant ma main sur l'épaule de Xorth.

Vamy Lilyah
Mon cerveau travaillait à toute allure pour emmagasiner et stocker toutes ces informations. Ce que je venais d'apprendre me semblait incroyable. Alors Xorth serait le résultat d'un projet? Incroyable. C'était le seul mot qui me venait à l'esprit.
Je devais reprendre le contrôle de mes émotions et réfléchir avec mon cerveau. Reprendre l'analyse depuis le début. Il fallait repasser ce qu'avait dit Nilane. Il y avait déjà un petit moment, l'écologie de la terre inquiétait déjà (c'était certain que vu son état actuel, sa dégradation ne s'est pas passée en une année) et la planète Epsolin fut découverte comme semblable à la terre. Ainsi fut créé le programme G.E.N.E.S.E pour développer une race qui rendrait Epsilon vivable aux humains.
Ainsi Xorth serait le résultat de ce programme. Je reportai mon attention vers lui. Il était juste à côté de Kara et avait dû forcement comprendre ces explications.
Il semblait agité ne sachant comment réagir face à ces informations. Il me semblait qu'on pouvait le comprendre. Si c'était à moi que cela arriverait, j'aurai déjà explosé.
Kara était à côté de lui ayant mis sa main dans la sienne. Sans doute essayait d'elle d'apaiser ses craintes ou des sentiments que je ne pouvais pas connaitre. Seule Kara pouvait vraiment les éprouver avec Xorth.
Soudain je repensais à Xorth lorsqu'il parlait de Dieu. Il nous nommait Dieu. Il me semblait avoir compris la raison.
_ Ca y est. J'ai compris, m'écriais-je à haute voix.
Inévitablement tout le monde se retourna vers moi se demandant ce qui me prenait de crier ainsi.
_ De quoi parlez vous, Lilyah ? me demanda Nilane.
_ J'ai compris pourquoi Xorth nous a appelés Dieu. Si il est bien le résultat du programme G.E.N.E.S.E, il a reconnu en nous l'essence de ses créateurs, les êtres humains, expliquais-je.
Je regardai tout le monde attendant les critiques à l'encontre de ma théorie. Pour moi, elle n'était vraiment pas idiote mais est ce que je les convaincrai ?

Mike Libane
Je sentais une douce colère en moins. Les dirigeants de mon monde avaient créé une race dans le seul but de rendre une planète habitable pour leur propre envie personnelle. Et après, quand elle sera vivable, que feraient-ils de la race de Xorth ? La détruiraient-ils ? La transformeraient-ils en race d’animaux de compagnie, ou d’esclave ? Cela ne m’aurait pas étonné de la psychologie égoïste de l’humanité. Je fus interrompu dans ma courte pensée colérique par la constatation de Lilyah à propos du nom que Xorth nous donnait. Je répondais tout de suite à cela :
_ Cela me semble tout à fait possible. Peut-être y avait il des images de nous sur les restes qu’on laissé les hommes qui les ont créent. Peut-être même qu’il nous donne des noms spécifiques, comme Mart, le dieu de la castagne ou je ne sais pas quoi de l’avant avant dernière ère.
A cet instant, la petite fille, que je savais être Kara par le fait que Bah l’appelait souvent ainsi, se tourna en direction de Xorth, qui semblait de plus en plus nerveux. 30 secondes passèrent pendant cet échange silencieux. A la fin, Kara se retourna vers moi, l’air étonnée.
_ Il a dit, fit-elle, que toi tu t’appelles « Dieux voleur de logis ». Pourquoi à propos ??
Je sentis le rouge me monter aux joues, et préférant ne pas voir la tête des autres, je décidai de garder mon regard fixé sur mes mains. J’entendis à ce moment un rugissement violent. Je relevais la tête, pour voir Xorth tenir la sienne dans ses mains en répétant inlassablement :
_ Eno Evré !!! Meanesog !!!
_ Calmes-toi, je t’en prie !!! criait Kara.
_ Qu’est ce qu’il a ?? cria Bah.
_ Il… il dit que ce n’est pas vrai, que c’est impossible ce que tu as dit.
_ Eno Evray !! Eno Evray!!!
Tout a coup, il se leva, et courut à quatre patte vers l’ascenseur, disant « Feorestay ! Feorestay ! », sans doute pour retrouver un peu de vérité dans les arbres et plantes. Quand la porte se referma, Kara courrait tout en l’appelant. Je la retenais par un bras.
_ Laisse le, il a besoin de réfléchir, fis-je, et puis il peut être dangereux avec ces griffes.
_ Bon, fit Jonas derrière moi un peu bouleversé, on fait quoi maintenant ?
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 15:58

Chapitre 11 : Au coeur de la bataille

Cid Asmaros
Combinaison, masque à oxygène, j’étais enfin prêt pour ma mission. Un vaisseau avait été abattu par les spatiaux, et s'était écrasé dans cette forêt toxique il y a peu. J’avait du marché quelques kilomètres avant d’apercevoir au loin l’épave du vaisseau. J’arrivais, et je vis que le vaisseau était protégé par un système de sécurité. J’ouvris le boîtier et débranchai le fil jaune, puis je pris un petit appareil de ma poche et y branchait le fil que j'avais débranché. Plusieurs chiffres s’affichèrent sur l’écran de mon appareil, je les retapait sur la boite du système. Les deux points rouges qui étaient sur le boîtier devinrent verts. La sécurité était désactivée. La porte s’ouvrit, j’entrais prudemment -on ne sait jamais, s’il reste des survivants. Mais sur le sol, gisait des corps sans vie. Ils avaient dû mourir au moment du crash du vaisseau. L’intérieur était en ruine, je me dirigeais vers la cabine principale du vaisseau. J’entrai et je me précipitai vers l’ordinateur de bord pour voir s'il n’était pas cassé. A part une fissure sur l’écran, tout allait bien, je pris une disquette de ma poche et enregistra les données contenues dans la mémoire de l’ordinateur. Je sortis du vaisseau, bien content d’avoir trouvé ce que je cherchais.
«Je ferais peut-être mieux de rentrer par un autre chemin » Pensais-je.
Quelques instants plus tard…
Je marchai assez rapidement sur le chemin du retour, quand soudain je vis des vaisseaux, intacts, posés non loin de ma position. Vite, je me cachais derrière un arbre et examinait en profondeur les vaisseaux. Ils étaient trois exactement, d’après leur architecture, j'aurais dit qu’ils appartenaient aux spatiaux. Mais que venaient-il faire ici ? Je pris ma radio portative et avertis mes supérieurs.
_ Chef ? J’ai découvert des vaisseaux spatiaux dans la forêt toxique…
_ Des vaisseaux ? Combien ?
_ Tout une armada, chef !
_ Gardez votre position. Les spatiaux n'enverraient pas une armada dans la forêt toxique sans bonne raison. Et justement il pourrait que ce soit en rapport avec le message que nous avons intercepté avant-hier. Je vous envoie du renfort !
_ OK !
Je sortis mon arme et restait derrière l’arbre. Quelques minutes passèrent, quand j’entendis un craquement derrière moi. Je me retournais, mais rien d'autres que les vaisseaux en vue. Quand tout à coup, je reçus un coup violent à la tête et je sombrais dans l’inconscience.
C’était sûrement la fin…

Dr Nilane Bah
Je referme ma combinaison en soupirant. Il n'a pas été simple de les convaincre, tous, de retourner à leurs tâches respectives. J'ai envoyé Lilyah et Kara dans la biosphère, pour lui parler. Il faut à tout prix ne pas le laisser seul. Pas dans cet état là. Quel être pensant peut supporter l'idée de n'être qu'un produit de laboratoire.
Je m'approche du sas.
"Terminal, fais moi sortir"
Les portes intérieures se referment sur moi, et les portent extérieures commencent à s'ouvrir. Une plate-forme électro magnétique me soulève et m'amène jusqu'au sol. Je sort mon pistolet à rayon calorique et m'avance vers les propulseurs, depuis si longtemps inactif, de mon Magellan. Un lierre jaune aux affreux fruits mauves les a recouvert depuis longtemps. Je les brûle de mon rayon, laissant les propulseurs intacts.
Je sais, c'est tout sauf le moment de faire ça. C'est tout sauf le moment de m'isoler, pour ces tâches de maintenance. Mais là, pour l'instant, je ne serait pas efficace à l'intérieur. Je n'ai aucune idée de ce que je suis sensée faire.
Les hommes ont créés ces êtres. Ils en sont responsables. Nous devons leur amener l'aide dont ils ont besoin. Mais qui convaincrais-je d'aller là-bas, à Etrenank ? A qui puis-je en parler ? Göran Moberg ? Il s'empresserait d'en référer à sa hiérarchie, et si des vaisseaux décolle d'Etrenank pour retourner à Epsolin, ce ne sera pas pour aider ces être, ces... Quel nom Xorth a-t-il donné pour désigner son peuple ? Les Nimrodh ?
Les Nimrodh. Le projet a du plonger dans l'oubli, sinon, l'on aurait pas attendu huit cents ans pour cueillir les fruits de l'expérience. En huit cent ans, la planète a du évoluer, sous l'influence de ces créature. En Huit cents ans, elle a du devenir viable.
Et c'est ce qu'ils penseront, à Etrenank, si nous leur amenons Xorth. Il iront sur Epsolin, détruirons les Nimrodh et prendront possession du territoire.
Au fond, il valait mieux pour Xorth tomber sur nous, des hors là lois, des exilés...
Mes propulseurs sont nettoyés, mais je ne bouge pas. Je reste là, à contempler la jungle.
J'aurais du lui parler. Lui dire qu'il n'a pas à douter. Qu'il n'est pas une expérience, qu'il est une création, une création dont moi, en tant que scientifique humaine, je peux me sentir fière. Lui dire que puisque nous l'avons créé, nous prendrons soin de lui, que... Des mensonges, peut-être. Mais ce ne sont pas des mensonges pour moi.
Je sursaute, soudain. Perdue dans mes réflexions, je ne m'étais pas rendue compte que la forêt s'était plongée dans un inexplicable silence. Plus une seule trace d'activité chez les mutants qui hante cette jungle. Que ...
Un martellement régulier se met à raisonner. Un martellement dur et sec. Familier. Le pas d'une armée qui marche. En quelque enjambée, je rejoins ma plate-forme, et la fait s'élever le plus haut possible, afin de voir.
L'horizon s'est embrumé, au loin, il doit y avoir de la pluie au nord. Un rayon qui filtré à travers les nuages fait briller leur casque.
L'armée terrienne, cuirassée et masquée arrive vers nous, par la gauche. Et, par la droite, l'armée Solarianne marche sur notre base.
Je m'élève, restant dissimulée dans l'ombre du Magellan. Soudains les deux régiments s'immobilisent. Ils se sont vus.
Je retiens mon souffle. Malgré la distance, les casques, et ces masques sur leurs visages, je devine leur stupeur de trouver l'ennemi si près de leur proie. Car nous somme leur proie. C'est nous qu'elles veulent, ces deux armées avide, c'est pour tous qu'elles vont se déchirer, comme deux chiens pour un bout de viande.
Dans une minute, ils vont se mettre en mouvement, se jeter les uns vers les autres. Je ne peux pas rester là. Je dirige vite ma plate-forme magnétique vers le sas d'entrée, laisse les portes extérieures se refermer sur moi, et n'attends pas que l'air du sas se soit purifié pour crier dans l'interphone :
"Alerte, on nous attaque !"
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 16:00

Jonas Atrayde
Pendant que Rhoan était retourné à son laboratoire pour y faire je ne sais quoi, la Lamb Lyliah et la petite fille s’en étaient allés vers la biosphère. Voir ses croyances détruite en un seul discours avaient du le traumatiser, j’en aurais presque eu pitié.
Je n’avais aucune idée de l’endroit où se trouvait Mike. Moi, j’étais resté au 1er étage. La doctoresse m’avait assigné cette fois à une tâche un peu plus intéressante, dans la grande salle de commandement. Une pièce circulaire d’au moins une 30ène de mètres de diamètre. D’ici, on pouvait contrôler quasiment tout ce qui se passait sur le vaisseau. Dommage que la maîtresse des lieux ne m’ait laissé qu’un accès restreint au système de maintenance, je m’en serais donné à cœur joie. Devant un tel monument d’informatique aéronautique avancée, je me sentais vraiment dans mon élément.
C’est alors que je faillis sursauter en entendant la voix paniquée de ladite doctoresse dans l’interphone. Qu’est ce qu’elle avait à paniquer comme ça ? Je ne la connaissais pas, et je n’avais pas envie de la connaître plus, mais je ne pensais pas que cela était dans ces habitudes de prendre si soudainement son sang froid. J’attendis qu’elle remonte.
Elle débarqua aussi violemment qu’une tornade dans la salle, haletante.
_ Alors Docteur, ça ne va pas ? Vous devriez…
_ Epargnez moi vos sarcasmes ! souffla-t-elle en me coupant. Je viens de voir une chose terrible ! Des troupes Solariannes et des troupes Terriennes encerclent le Magellan !
_ Ils nous attaquent ?! fis je, stupéfait.
_ Je crois que c’est ce qu’ils comptaient faire, mais ils avaient l’air étonnés de se trouver au même endroit, au même moment ! Ils vont d’abord s’entretuer et le camp survivant nous attaquera ! Mais ils vont forcément endommager le Magellan !
_ Et qu’est ce que vous suggérez ?
_ Prenez les commandes d’une des tourelles de défense ! Vous devriez savoir comment ça marche !
_ Mais si…
_ Ne me dites pas que vous allez refuser de défendre le vaisseau dans lequel vous risquez de mourir ? me dit elle plus froidement.
J’étais à nouveau dans une impasse. J’allais peut être devoir tirer sur ceux qui étaient mes compagnons de mission. Cependant, il fallait que je tente de viser avec la plus grande précision enfin de ne toucher que les Terriens.
En y réfléchissant, c’était peut être la meilleure occasion qui venait de se présenter à moi ! Capturer enfin tout ce beau petit monde à l’intérieur du vaisseau et de récupérer le Magellan qui avait si mystérieusement disparu. Il ne fallait pas que cela rate !
Je ne rechignais pas et m’installais aux commandes. Une petite console composée d’un clavier et d’un joystick, ainsi que 3 écrans, couvrant à 180° la portée de la Tourelle. La doctoresse était partie avertir les autres, je me retrouvais à nouveau seul. C’est ainsi que je pus être le premier à constater l’ampleur des forces déployées pour nous intercepter.
L’armée Solarianne, composée à vue de nez d’au moins un millier d’hommes, portant chacun une combinaison réacto-protective de couleur bleue. De l’autre côté, l’armée Lamb, arborant des combinaisons de couleur vertes. Les forces semblaient égales. Pour le moment, les 2 camps ne faisaient que s’observer, se demandant lequel allait déclarer le début des hostilités, lequel allait tirer le 1er. Pendant ce temps, je positionnais le canon laser rotatif, droit sur les Lambs. Je le chargeais, et attendais à mon tour. J’avais beau n’observer cette scène qu’à demi spectateur, je sentais d’ici la tension qui émanait de tous ces soldats qui se défiaient du regard et du canon. J’attendais derrière moi le sas s’ouvrir, mais je ne me retournais pas. Sans doute était ce la doctoresse qui revenait. J’étais tellement concentré sur ce qui allait se passer que mes yeux n’oscillèrent même pas. Mon doigt était à seulement à un centimètre au dessus du bouton de tir, prêt à faire feu. Cependant, aucun des 2 camps n’était décidé à engager la bataille. L’armée Solarianne ne le ferait sûrement pas. Je connaissais bien les tactiques, et elles avaient fait leurs preuves : la meilleure façon d’attaquer, était de contre-attaquer.
Le calme qui devait régner dans la forêt était très malsain, je le supportais de moins en moins, cela me rendait nerveux… très nerveux. Alors tant pis, je savais qu’il y avait un risque qu’après cela le Magellan soit visé, mais je ne pouvais pas en endurer plus. J’appuyais sur le bouton de tir du canon rotatif et abattais au moins une 10ène de soldats Lambs d’un seul coup. Visiblement ils n’avaient pas vu d’où venait cette 1ère agression et se mirent à tirer sur l’autre camp. La bataille avait enfin débutée.
La rage de tuer son ennemi émanait aussi bien d’un camp que de l’autre. Si tous les soldats n’étaient pas obligés de porter des combinaisons antitoxines, on pourrait certainement entendre depuis l’intérieur du vaisseau les cris de guerre poussés par ces humains, devenus dans cette espace restreint qu’est la foret, des bêtes féroces, dont je faisais partie. Je me concentrais au maximum en serrais les dents, afin de n’abattre que mes ennemis. Mais la bataille était confuse, les deux gigantesques bataillons se mêlèrent rapidement. A bout portant, les tirs de lasers abattaient aussi bien les alliés que les ennemis, comme moi je le faisait actuellement. Je n’étais présent que virtuellement, mais cette rage de vaincre et d’écraser était contagieuse au travers de mes écrans, à tel point que je pouvais m’imaginer le bruit de la Tourelle en train de tirer… c’était excitant, ignoble et délectable à la fois !
Les tirs fusaient de partout, dévastant tout sur leur passage, même les arbres mutants. Mais eux se moquaient bien de savoir combien ils tueraient en tombant. Alors que je zoomais sur mon canon afin d’être plus précis, je remarquais de quelle manière se comportaient ces guerriers sanguinaires au corps à corps.
Un soldat Lamb à court de munition arracha littéralement le masque qui couvrait le visage de son ennemi, je vis celui-ci hurler sa douleur tandis que son visage se flétrissait comme s’il venait de vieillir d’une 100ène d’années en quelques secondes. Je ne connaissais pas sa victime, mais étant Solarian, je sentis ma rage monter de plusieurs échelons et sentis mes veines gonfler. Je dirigeais mon viseur sur ce Lamb de malheur et déchargeais au moins 500 balles pulsars qui le déchiquetèrent en un rien de temps. Il ne devait plus rester de lui que des lambeaux de chairs qui retombèrent dans la totale indifférence de tout ceux qui l’entourait.
Il devenait de plus en plus difficile à viser uniquement mes ennemis. J’étais complètement absorbé par l’ambiance malsaine de la bataille, j’avais désormais peine à distinguer un camp de l’autre. Mais un évènement vint me réveiller : Un flash blanc au travers des écrans m’aveugla pendant quelques instants, puis je sentis un légère.
Je reconnus cette lumière ! C’était celle d’un Grenade à Défragmentation Perforante ! Ils venaient de la balancer en plein milieu du champ de bataille ! Ils étaient fous !!
La coque du Magellan avait sans doute due être abîmée par les milliers de billes de titanes brûlantes que ce genre de grenade libérait à l’explosion. Lorsque je revins à moi, je pus remarquer que la doctoresse observait par-dessus mon épaule, sans doute depuis le début de la bataille. Je frottais mes yeux et les dirigeais à nouveau sur mes écrans. L’un d’entre eux avait été endommagé, mais les autres étaient intactes. Je pus voir le désastre : un cratère noir et rouge d’au moins 30 mètres de diamètre s’était formé à l’endroit de l’explosion. J’ignorais combien de soldat Lambs et Solarians avaient péris dans un tel massacre, mais je devais à tout prix me reprendre et continuer MON massacre dans les rangs ennemis.
Il se passa encore 20 minutes sans que je ne décroche un seul instant du combat.
Ce n’était pas possible !! L’armée Solarianne était en train de prendre du terrain ! Je redoublais d’effort et de colère pour descendre un maximum de ces sous produits d’humains, mais rien n’y faisait !
Un voyant se m’y soudain à clignoter sur un de mes moniteurs, une alarme en sourdine se fit entendre. La doctoresse se mit à hurler.
Des troupes terriennes ont des propulseurs d’appoint ! Ils montent et ils essayent d’entrer par le sas principal !!
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 16:03

Mike Libane
Une sirène stridente, des voyants rouges qui s’allument de tout coté, et la voix de Bah qui résonnait dans les haut-parleurs :
_ Les troupes terriennes ont des propulseurs d’appoints ! Ils montent et ils essayent d’entrer par le sas principal !!
Je jurai, tout en me précipitant dans l’ascenseur. Tandis que je descendais vers la salle d’arme, la capitaine donnait ses ordres.
_ Lilyah, protège Xorth et Kara. Franck, restez dans votre chambre. Mike, va les repousser, je te fais confiance.
_ J’y suis déjà, dis-je pour moi même tout en sortant de l’ascenseur.
J’entrais en courant dans la salle d’arme. Je regardais de tout coté, ne sachant pas qu’elle arme prendre, quand je vis une porte au fond. Je me précipitais dedans, espérant trouver quelque chose de redoutable. 1minute plus tard, je ressortais dans l’exosquelette de combat, de 2 m50 de haut, en détruisant le mur, car j’étais pressé, avec un énorme sac en métal dans le dos.
_ YAOUUUH, ça c’est de l’exosquelette.
Je me positionnai juste devant l’ascenseur, pour me tenir face au sas. Elle était déjà bien entamée, les terriens utilisant un découpeur à fusion pour faire un cercle dans la porte.
_ Les…. râlais-je, c’était la seule partie en super bon état.
J’armais d’un coup vif la gatling à micron-laser que le bras droit du robot tenait.
_ Ca, c’est du gun, dame !!! plaisantais-je.
J’attendai de pied ferme les envahisseurs, ne sentant plus mon cœur au bon endroit. Quand l’espèce de porte circulaire tomba, et que le premier casque vert de terrien pointa le bout de son nez, je me demandais si il fallait que je dise « vous allez mourir » ou encore « bienvenu en enfer », mais je dis simplement, en tirant une bonne rafale :
_ COUCOU !!!!
BRATTATATATATTA. On aurait dis qu’au son de la gatling, tout les combinaisons qui l’entendait tomber raide mort, alors qu’en fait des minis lignes bleutés fusait dans leurs direction. Je comptais au et fort le nombre de mes ennemis qui tombaient :
_ 14, 15, 16 AHAHAHAHAH, ça vous apprendra à nous prendre pour un simple bout de viande !!!! 18, 19 !!!!
A un moment, je dus arrêter car un nuage de poussière recouvrait ma ligne de tir. J’enclenchais la transmission extérieure.
_ Alors s’en avez assez ???
Pour toute réponse, une sorte de boule roula dans ma direction.
_ Les fous, une bombe 22B, ils veulent exploser le vaisseau ou quoi ??
Je courus vers la bombe mortelle, comptant mentalement le temps qui me restais, sachant que cette bombe explose après 20 secondes. A la dixième, j’arrivais dessus, tout en remarquant que les soldats étaient partis, sans doute pour se mettre à l’abri. Alors, d’un geste ample, j'obligeai le robot à dégager d’un coup violent la boule, qui partit à 200kilomètres à l’heure. 10secondes plus tard, je vis un écran blanc, a plus de 50 mètres du vaisseau.
_ Sauvé, enfin pour l’instant…
Je me dirigeais vers la porte, et avec le découpeur a fusion qu'ils avaient laisser, je refondais la plaque pour réparer le sas. Après avoir admiré ma réparation, je me mit en contact avec Bah.
_ J’ai fais dégager les gêneurs, dis-je, maintenant je vais sortir faire un peu le ménage.
_ Quoi ?? Vous êtes fou Mike !! Vous allez vous faire tuer !!
_ Vous inquiétez pas, dis-je d’un tons sérieux, je vais m’en sortir. Mais je voudrais juste une chose.
_ Oui ?
_ Dites à Jonas de ne pas me tirer dessus, dis-je avec un grand sourire en rigolant.
Tandis que je sautais dans le vide et enclenchait mes propulseurs d’appoint, j’entendis un soupir dans la radio.
_ CA VA ATOMISER SEC !!!!!
J’atterris en douceur, devant une bataille qui faisait rage. La forêt n’existait plus, ce n’était qu’une vaste plaine à présent. Je vis un groupe de combinaisons bleu passer tout prêt de moi sans me voir. Je tirais une petite rafale en l’air pour attirer leur attention. Cela marcha, une trentaine de casque bleuté se tournais vers moi.
_ Maintenant, votre ennemi, c’est moi !!! dis-je avec un petit sourire sadique aux lèvres.
Je tirais une bonne rafale pour souligner ce que j’avais dis. BRATTATATATATATATAT. Plaf, plaf, plaf. 3 corps tombèrent à terre, pendant que les autres se cachait derrière une barrière électromagnétique. Je tirais tout en me doutant que mes tirs ne servaient à rien contre une telle barrière. Je laissais tomber la gatling, puis mit la main du robot dans le sac que je portais.
_ C’est une bonne barrière, dis-je sur le ton de la conversation, mais elle à une faiblesse.
J’abatis violemment le canon à solénoïde calibre 22.
_ ELLE RESISTE MAL A UNE BALLE PERFORANTE QUI VA A PLUS DE 5 KM/S.
Tandis que je tirais, et que le recul de l’arme me fit reculer de 5 mètres, je vis quelques soldats courir de panique. L’explosion qui s’ensuivit était assourdissante, puisque la balle était explosive, en plus. Tandis que j’avançais au milieu de quelques morceaux de combis, je lançai d’une voix tremblant de colère :
_ Ca vous apprendra, à vouloir jouer à Dieu !!
J’entendis un sifflement inquiétant, et me retourna vers le vaisseau. Un projectile frappa de plein fouet le système de défense ionique qui le protégeait. Je me retournais, pour voir 5 autres exosquelettes de combat, qui était tourner chacun avec un bazooka à lancer protonique vers le Magellan. Je reprit ma gatling, et tout en tirant vers eux en courant, je disais :
_ LAISSEZ…
Un exosquelette explosa de mon tir.
_ CE VAISSEAU…
Je frappai, avec ma gatling vide, sur l’endroit où se trouvais le cockpit, qui crépita dans une gerbe d’étincelles, avant de tomber en avant.
_ TRANQUILLE !!!!!!
Avec l’épée qui se trouvait dans mon sac, je coupais successivement un troisième exosquelette au niveau du tronc, et pour le 4ième, j’enfonçais la lame dans le ventre. Tout deux explosèrent, me donnant l’impression d’être dans une fournaise. Alors que ma lame s’abattait en direction du dernier, celui-ci fit un pas de coté, et me fit trébucher avec sa jambe qui était resté là.
_ Tu crois me faire peur, avec ce truc archaïque, dis une voix moqueuse dans la radio.
Alors que je me relevais, près à en découdre, je sentis une douleur fulgurante dans le bras gauche. Je le regardais, et vis qu’il était plein de sang. Je me retournai, pour voir que l’autre exosquelette tenait en main un fusil à solénoïde. Le salaud avait réussi à percer le blindage et à m’esquinter le bras.
_ Ahahaha, s’esclaffa le soldat. Tu ne fais pas le poids. Dès que je t’aurai tué, on me nommera sûrement sergent.
_ Attend, c’est pas fini, fis-je entre mes dents.
J’appuyais avec mon poing rapidement sur un bouton rouge où était dessiné une explosion.
Tandis que des clapets s’ouvraient sur toutes la surface du corps mécanique que je pilotais, je dis non avec un certain sadisme :
_ Tu as déjà entendu parler de l’option « atomisation » ??
Une vingtaine de missiles fusèrent, et éclatèrent sur mon ennemi. Alors que j’attendais que la fumée se dissipe, la tête de robot roula en ma direction.
_Ouf, ça suffit pour aujourd’hui.
Tout à coup, ma vue se brouilla, et j’eus la tête qui tournait.
_ Aie, j’ai perdu trop de sang. Je crois …… que …..je vais…… m’éva…
J’eus juste le temps d’appuyer sur bouton « retour automatique », avant de plonger dans les songes.

Kara
Xorth... Xorth...
"Maman" a dit que Xorth avait été "fabriqué" par les gens pour pouvoir habiter une planète très loin d'ici. Et ça date d'il y a très très longtemps. J'étais pas née. Oh non !
Xorth est triste, et en colère. C'est tout brouillé... Lilyah lui parle pour le calmer et il est quand même triste.
Dehors, je vois des éclairs blancs, des cris.
Lilyah m'a dit que des gens venaient nous chercher et qu'il fallait pas qu'ils nous attrapent. Il faut qu'on se défendent et les gens en bas sont méchants. Comme ils sont pas du même endroit, ils se disputent et se battent. On dirait une bataille...
Ca me rappelle la pluie d'étoles d'avant ma rencontre avec Xorth et les autres. Et ça me rappelle autre chose... Une chose floue, et je m'en souviens pas bien... Une chose qui fait mal... "La Grande Lumière"...
O non ! Il faut pas que Xorth le sache ! S'il l'apprend, il va être encore plus triste ! Non ! J'arrête de penser à ça et je vais consoler Xorth !
Je m'approche de Xorth et je le serre au cou, pas trop fort pour pas lui faire mal. Lilyah sourit.
Xorth, sois pas triste...
Je viens de savoir quelque chose de grave. Kara... Il va falloir que tu attendes que je sois plus triste. Tu comprends ?
Oui... j'attendrais. Mais si c'est trop long... Je me fâche !
Xorth fait un tout petit et tout rapide sourire ! Oh...
Il est "embrouillé" à cause du fait qu'il a été "fabriqué", c'est ça la chose grave.
Hum... C'est compliqué...
"A tous le monde ! Venez au centre de commandes, vite !"
"Maman" a crié dans l'interphone. C'est grave, très très grave. Lilyah prend Xorth par le bras et je lui prends la main. On se dirige vers l'ascenseur.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 16:07

Rob Deakins
C’est reparti. Il détestait être en première ligne. Mais il était le seul officier disponible immédiatement. Il préférait être derrière un bureau. Beaucoup plus sûr. Un soldat avait mentionné une forte présence de soldats spatiaux. Par conséquent, on lui avait donnée 12 unités. Une division complète ! Il pouvait déjà sentir les nouveaux galons sur ses manches et ses épaules. Capitaine ! Puis Capitaine d’escadre, Major, Colonel et enfin Général. La route était déjà tracée. Et à ce moment, il pourrait influencer le déroulement de la guerre, et ne plus se contenter de la subir. Mais pour le l’instant…
La flotte entra dans l’atmosphère. Ils utilisaient de petits vaisseaux de débarquements. Une idée a lui. Ils pourraient dors et déjà encerclé le groupe de spatiaux avant même que la bataille ne débute. De plus, s’ils devaient rencontrer une flotte ennemis, un vaisseau détruit lui ferait perdre moins d’homme. En contre partie, une flotte de 120 vaisseaux de transport léger n’était pas ce qu’il y avait de plus discret. Ni de plus rapide à débarquer. L’effet de surprise devrait être de notre coté.
_ Je veux un rapport de la zone de combat.
Le plan s’afficha sur l’écran. Au sud et au sud-est s’étendait la forêt. La flotte arrivait par l’ouest. Les troupes ennemies se composaient, selon l’estimation, d’une division spatiale, et se dirigeaient droit vers le sud. Bien, heureusement, les militaires spatiaux comptent en base 10 et non 12. Il leur était ainsi plus simple de calculer le nombre d’homme perdu en cours de bataille. Ses propres forces étaient par conséquent 72.8% plus importante que les leurs. Cela lui laissait de la marge.
Il allait envoyer 6 unités à leur rencontre par l’ouest et les 6 autres les prendront à revers par derrière. Il porta son attention au nord. La ville d’Osaka s’élevait. Je me demande si… Il hésita.
Les spatiaux n’étaient pas passés à Osaka. Mais il était peu probable qu’ils soient passés inaperçus. Il y avait peut-être des renseignements à récolter. Notamment comment les spatiaux s’y étaient prit pour être si discret. Une unité devrait suffire à remplir cette mission. Ses effectifs étaient largement suffisants pour qu’une unité ne soit pas indispensable. Et puis, ce ne serait que temporaire. C’est décidé. Je commanderai moi-même l’unité.
_ A cinq kilomètre de la lisière de la forêt. Que 6 unités débarque à l’ouest et aille à la rencontre des spatiaux. Cinq unités au nord, qu’ils attendent mon signal pour assaillir l’ennemis par derrière. La dernière unité vient avec moi à Osakya.
_ Bien, Monsieur.
Voilà donc à quoi ressemble Osakya… Il n’y avait plus grand-chose. Des ruines, des ruines et encore des ruines.
_ Fouillez moi ces ruines.
Il partit lui-même à la recherches d’un point élevé, d’où il pourrait diriger ses troupes plus efficacement. Il trouva un amas de métal qui avait du être autre fois une statue. Il ne lui fallut que 2 minute pour atteindre son sommet. Il devait d’élever à environ 75 mètres du sol. Il pouvait observer ses hommes passer au peigne fin les carcasses de ce qui fut anciennement une ville. Les habitants étaient interrogés.
_ Ne leur faites pas de mal ! Ordonna-t-il dans son communicateur.
Il fit le tour des ruines du regard. Un détail attira son attention.
_ A l’ouest-nord-ouest, communication possible, signification inconnus.
_ Nous sommes dessus, capitaine.
Il vit 3 de ses homme se diriger vers une battisse qui aurait pus paraître intact si on élevait pas le regard au-delà du 4è étage.
_ Soyez prudent.
_ Comme toujours, capitaine.
Il reporta son attention sur les ruines. Il remarqua que ses troupes s’étaient progressivement déplacées vers le bâtiment suspect sans en avoir reçu l’ordre. Ils savent que s’il y a quelque chose à trouver ce sera dans cet immeuble. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre trop de temps ici.
Cinq minutes plus tard, le groupe d’éclaireur fit son rapport.
_ Il y a bien quelque chose de suspect. Il fait très sombre, mais l’intérieur a été encore mieux entretenu que l’extérieur.
_ Bien, attendez les renforts à l’extérieur.
_Ce qu’il y a à l’intérieur pourrait nous échapper, nous devrions investir la place.
_ Négatif. Ceci n’est pas une mission prioritaire. Ne péchons pas par précipitation.
_ Bien, capitaine.
Il décida de rejoindre ses hommes. Il se dirigea vers le sol puis couru en direction du bâtiment.
Il était à moins de 500 mètre de son objectif quand on lui annonça :
_ Nous sommes en position.
_ Bien, balancez 3 flashbangs à tout hasard puis 5 torches incandescentes.
_ Bien capitaine.
Il voyait la porte d’entrée quand on lui précisa :
_ Le rez-de-chaussée est sécurisé. Le bâtiment semble avoir été évacué précipitamment. Il reste encore la fin d’un repas.
_ Explorez le premier et le sous-sol.
Il traversa la porte. Sa montre indiquait 15h13. Nous repartirons à 15h30.
Un homme vint faire son rapport.
_ Le sous-sol est en cours d’exploration. Pour l’instant, nous n’avons rien trouvé. Il semble bien que les personnes se soient enfuies.
_ En laissant un repas à moitié entamé au milieu de l’après-midi ? C’est un leurre. Ils sont toujours ici. Ils sont trop nombreux pour qu’ils aient évacués sans que nous les repérions.
_ Trop nombreux ?
_ Combien d’homme, selon vous, faut-il pour entretenir un bâtiment de cette importance ?
Ses yeux s’arrondirent sous la compréhension.
_ Il doit y avoir une cinquantaine d’hommes. Utilisez les sondes soniques.
Ses hommes s’exécutèrent.
_ Et pour nourrir 50 hommes, il faut de l’argent. Pour avoir de l’argent, il faut avoir quelque chose à vendre.
_ Oui, monsieur.
_ Qu’est-ce qui se vend pour un bon prix, en temps de guerre ?
_ Des armes et des munitions ?
_ Evidemment. Mais nous sommes parmi les civiles. Un civiles n’a que faire d’une arme.
_ Des vivres ?
_ Exactement ! De la nourriture, de la boisson, des médicaments,… Et tout ça se conserve au frais. Dans des frigo ou des chambres froides.
_ Nous n’avons rien découvert de tel, jusqu'à maintenant.
_ Bien sur, ils sont camouflés. Tout cela est illégal. Mais ils ont besoin d’être alimentés. Suivez le câblage électrique de l’immeuble, il nous mènera à ce que nous cherchons.
_ Bien, monsieur.
Voilà, ils ne nous échapperons pas longtemps.
Il prit son communicateur et sélectionna la fréquence du groupe d’unité placé à l’ouest de la forêt.
_ Capitaine ?
_ Où en êtes-vous ?
_ Nous venons de pénétrer dans la forêt, capitaine. Estimation contact dans 15 minutes.
_ Si tôt ?
_ Les spatiaux ne semblent pas pressés.
_ Ils cherchent quelque chose.
_J’en ai bien l’impression, capitaine.
_ Ne vous montrez que si vous estimez qu’ils ont trouvé l’objet de leur recherche.
_ Bien, capitaine.
_ Terminé.
Il bascula la fréquence pour s’adresser aux unités positionnées au nord.
_ Capitaine ?
_ Les spatiaux cherchent quelque chose. Le groupe à l’ouest n’engagera que si les spatiaux trouve ce qu’ils cherchent. Commencez à avancer très prudemment. Ne vous montrez surtout pas. Et attendez les ordres.
_ Bien capitaine.
_ Terminé.
Il rebascula sur la fréquence de son unité. Et attendit.
Une petite dizaine de minutes plus tard un de ses hommes lui annonça :
_Nous avons découvert les occupants, capitaine. L’identité de leur chef vous intéressera sûrement.
_ Amenez les moi.
Quelques secondes plus tard, un groupe bariolé lui fut présenté.
_ Deakins ?
_ Tiens donc, Kyle. Heureux de te revoir.
_ Je ne peux pas en dire autant.
_ Toujours rancunier. Dis moi comment les spatiaux se sont infiltré dans la forêt.
_ Les spatiaux ?
_ Une division de spatiaux est actuellement déployée en pleine forêt. Tu ne vas pas me faire croire que tu ne les as raté ?
_ Et pourquoi pas, tu as bien ratés leur arrivé toi aussi ?
_ Je n’étais pas à moins de 50Km de leur position, lui fi-t-il avec un petit sourire.
Un militaire les interrompit.
_ Nous avons découvert…
_ Les vivres et les médicaments ?
_ Oui, capitaine, mais aussi des armes.
_ Pré-cataclysmiques, je suppose. Aucun intérêt.
_ Je ne dirait pas ça, capitaine. Il y a des fusils soniques. Environs 2000 pièces
Il se tourna vers Kyle :
_ Je crois que je vais devenir ton confident, Kyle.
_ Profite bien de ce rêve, fi l’intéressé.
_ Capitaine, nous venons de découvrir des fusils à onde ! Prés de 500 pièces.
_ Ok, Kyle, je suis ton confident. Confie-toi à moi, je suis tout ouïe.
_ Vas te faire foutre, ordure, répondit-il en ricanant.
_ Bien, vas-y, ridiculise-toi en m’insultant, mais fait vite.
_ Tu me prends pour imbécile ? Je sais très bien que tu te débarrasseras de moi quand j’aurais vidé mon sac.
_ Kyle, Kyle, quel intérêt aurais-je à te tuer ?
Il fit une pose d’environs 30 secondes, puis fi signe à un de ses hommes :
_ Quatrième étages, troisième porte à droite, dans la chambre sous le lit. Il y a une cache.
_ Bien, capitaine.
_ N’as-tu pas une question à me poser, Kyle ?
_ Comment tu as deviné ? Grogna-t-il d’un œil noir.
_ Simple. Un grand vide est aussi révélateur qu’un grand plein. Ce rapport d’une sonde sonique indique un vaste espace vide. Et ce vide s’arrêtes juste sous ce lit. Je suis impressionné. Je ne pense pas que j’aurais été capable de me payer des brouilleurs soniques, dans ta position.
_ Capitaine, nous avons trouvé des propulseurs d’appoints. Environs 200 pièces.
_ Je m’y attendais. Ainsi, tu ne te contentes pas de fournir des armes et des vivres aux civiles et aux déserteurs, tu couvres également la retraite de ces derniers. Moi qui m’attendais à trouver simplement des renseignements mineurs concernant les manœuvres des spatiaux… Tu es une vraie mine d’or, mon cher Kyle. Tu aurais du te contenter de me révéler ce que je te demandais. Je n'aurais pas insisté.
Il s’adressa à ses troupes :
_ Embarquez les propulseurs.
Il reçut une communication urgente.
_ Capitaine, nous sommes face aux spatiaux.
_ Vous avez découvert ce qu’ils cherchaient ?
_ Pas exactement. Nous sommes tombé sur eux par hasard.
_ Par hasard ?
_ La végétation nous a empé...
_ Laissez tomber les excuses. Nous n’avons pas le temps. Tâchez d’en gagnez un maximum. Ne faîtes rien. Ces lâches n’aiment pas attaquer les premiers.
_ Bien, capitaine.
_ Terminer.
Il bascula la fréquence sur le groupe au nord, mais s’adressa à son unité.
_Embarquez également les armes soniques et a ondes. Laissez tomber les vivres. Mettez les en évidences pour que les habitants les trouvent sans difficulté.
Il s’adressa à Kyle :
_ Toi, tu viens avec moi.
Il prit son communicateur et annonça au groupe au nord :
_ Capitaine ?
_Le groupe a l’ouest est entré en contact avec l’ennemis, mais ne la pas engagé. Ce n’est qu’une question de seconde. Vous attaquerez 2 minutes après le début de la bataille. Nous seront parachuté à l’est dans dix minutes environs. Poussez les spatiaux dans cette direction, nous leur tendront une embuscade.
_Bien, monsieur.
Tout le monde sortit du bâtiment en moins de 30s. Une nouvelle communication arriva.
_La bataille a commencé.
_Déjà ?
_Un tir d’origine inconnue la déclenché.
_D’origine inconnue ?
_Nous soupçonnons les spatiaux Nous étions les cibles, mais nos radars sont tous négatifs.
_Combien d’homme avons-nous perdu ?
_ Onze hommes, capitaine.
_ Onze hommes, en un seul tir ? Trouvez moi l’origine et prévenez moi immédiatement.
_ Bien, Monsieur.
_Le groupe nord attaquera dans moins de 2 minutes. Nous sommes nous-mêmes en train d’embarquer, nous arriveront dans moins de dix minutes à l’est. Poussez les spatiaux dans cette direction.
_Bien, capitaine.
_Terminé.
Les préparatifs de départs continuaient. Les propulseurs et les armes venaient remplir les soutes des transporteurs. Quelques caisses de vivre avaient étaient déposées de manière à former une piste vers les chambres froides. La dizaines de vaisseau stationné prés de d’Osaka décolla sous peu.
Il annonça à son unité :
_Enfilez les propulseurs d’appoint. Vous serez largué à l’est des troupes ennemies, en embuscade. Economisez et protégez vos propulseurs au maximum. Nos pièces restantes seront pour une autre unité. Dirigez vous vers le Magellan dés que la situation s’éclaircira.
Quelques secondes plus tard, une nouvelle communication arriva du groupe au nord:
_Capitaine, nous engageons.
_ Bonne chance, leur dit-il.
_ Merci, capitaine.
_ Terminé.
Son communicateur annonça a nouveau une communication, mais en provenance du groupe à l'ouest :
_ Capitaine, nous avons localisé l’origine des tirs inconnus. A 43.3Km sud 1.2Km est de votre position. Ils proviennent d’un Magellan.
_ Vous voulez dire du Magellan ?
_ Probablement. Mais rien ne vient le confirmer.
_ C’est sûrement lui que les spatiaux sont venu chercher. Laissez passer les spatiaux devant, contentez vous de les titiller. Pour tous, mettez les spatiaux entre vous et le canon du Magellan. Laisser les spatiaux se casser les dents dessus.
_ Bien, Monsieur.
_ Terminé.
Il se tourna vers Kyle :
_Tu es en train de perdre de la valeur à mes yeux. J’en apprendrais bien plus grâce au Magellan qu’avec toi. Que décides-tu ?
_Tue moi immédiatement, tu perdras moins de temps.
_Je perdrais également une source rarissime en fusil sonique et à onde.
_C’était un pur coup de chance. Jamais je n’en aurais d’autre.
_Ne soit pas aussi modeste. Kyle, tu m’as aidé, même si c’était à contrecœur, à écraser ces limaces spatiales. Tu crois que ça ne compte pas ?
_ La guerre. Toujours cette maudite guerre !
_ La guerre est là, Kyle. Dans ta position, tu ne peux que la subir.
Massacrer des innocents, c’est pas mon truc.
_ Je t’en pris, ne joue pas à ça avec moi. Je ne profite pas du malheur des gens pour leur vendre à prix d’or des produits de première nécessité.
Il faut bien vivre. Et si tu ne les massacrais pas, je n’aurais pas besoin de faire ce genre de business.
_ Attention, Kyle, le prévint-il. Je ne massacre pas des innocents volontairement. J’essaye de les aider autant que possible, tant que ça ne dérange pas la mission. Comme je l’ai fait il y a quelques minutes.
_ Bien sur, tant que ton petit cul est bien au chaud dans…
Le capitaine le gifla.
_ Que les choses soient claires. Tu as décidé de te mettre à l’écart de cette guerre. Alors ne te plains pas si celle-ci te marche dessus. Pour ma part, j’ai décidé de faire bouger cette guerre. Pour ça, il faut se trouver au sommet de la hiérarchie. Et pour cela, il faut d’une part être vivant et d’autre part être dans les bonnes grâce de cette hiérarchie. Ce qui implique certains sacrifices.
Un homme vint l’interrompre.
_ Capitaine, nous approchons de la zone.
_ Sautez dés que possible. Evitez la précipitation.
Il s’adressa au groupe Ouest :
_ Je veux qu’une unité se dirige vers le Magellan. Restez dans l’ombre des spatiaux, ne vous exposez pas. A tous les pilotes, allez à la rencontre de l’unité que je viens de mobiliser dés que tous nos hommes auront sautés. Une fois en place, larguez les propulseurs. Puis posez vous prés de la lisière de la forêt.
_ Bien, capitaine.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 16:09

_ Bien, capitaine.
Au bout de quelques instants, le vaisseau prit un nouveau cap et se dirigea vers le Magellan. Il enfila un propulseur d’appoint. Personne ne ferait attention à lui. C’était l’occasion de prendre le Magellan d’assaut. Quand il y arrivera, son exploit lui vaudra une belle promotion. Il s’approcha de son pilote :
_ Je veux que tu t’approches autant que possible du Magellan après avoir largué les caisses. Je sauterais.
_ Bien, capitaine.
Il se dirigea vers l’arrière du transporteur. Il vit les caisses tomber et s’éparpiller dans la forêt.
_ Unité Magellan, des propulseurs d’appoints viennent d’être largué, emparez-vous en.
_ Bien, Capitaine.
Son tour allait bientôt arriver. Il voyait à présent le Magellan. Son système de camouflage doit être sacrément efficace pour que nos radars ne repère pas une masse pareille. Quand il estima être assez proche, il s’élança.
La chute contrôlée dura moins de 10 secondes. Il atterrit en douceur au pied du vaisseau cité. Il ne reste plus qu’à trouver la porte d’entrée. Il longea la coque en direction de la bataille. Les spatiaux cherchent le Magellan, donc ils savent où est l’entrée et se dirige vers elle. En effet, il apercevait le sas. Et les spatiaux qui étaient en train de le percer. Vous espérez quand même pas que vous vous en tirerez aussi facilement. La « porte » tomba. Et une rafale de micro laser balaya les spatiaux. Les imbéciles. En attendant, cela lui dégageait le terrain. Il s’empara d’une couverture de camouflage. S’allongea le plus prés possible de la coque et étendit la couverture sur lui. Il avança en rampant vers le SAS troué. Quand il ne fit qu’a une dizaine de mètre du SAS un monstrueux exosquelette de presque 3 mètre en sortie, ses armes tirant n’importe où et n’importe comment. Ce type est complètement taré. Il prit son communicateur :
_ Un exosquelette lourd est en train de pilonner l’ennemi. Soyez prudent. Unités volantes, surtout, restez à terre, vous vous feriez descendre comme des pigeons. Je vous indiquerais quand vous lancerez l’assaut.
_ Bien, capitaine.
La bataille se déroulait comme prévu. Les troupes des spatiaux étaient sous contrôle. Pour l’instant, le plus urgent était de mettre cette tour de défense hors service. Ensuite, l’exosquelette, si les spatiaux ne s’en occupaient pas avant. L’amas de metal mortel s’avança. C’était le moment. Ces tas de ferrailles ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
Il accéléra la cadence, toujours sous la couverture. Je suis toujours dans le champ de vision des spatiaux. Même s’ils sont trop occupés pour faire attention à moi, je préfère ne pas prendre de risque.
Une fois à l’intérieur, il se mit à couvert et se releva. Il rangea en vitesse sa couverture. Un flash venant de l’extérieur lui fit cligner des yeux.
Une communication urgente demanda son attention :
_ Capitaine, les spatiaux ont envoie une GDP. Les estimations sont de UT 3 1.
_ Les chiens ! Ils vont le payer. Je veux 2 unités qui bloquent la sortie de la forêt. Qu’ils prennent les fusils soniques et les fusils à ondes.
_ Monsieur ?
_ Je confirme l’ordre. Ces chiens ont sacrifié 244 de leur soldat pour en détruire 3 fois plus de notre coté. Je veux qu’on en détruise 3 fois plus.
_ Ca fait 9 unités.
_ En effet, ça pose un problème ?
_ Avec l’unité qu’ils ont perdu, ça signifie une extermination totale.
_Exactement. Je veux que ces salopard s’interroge jusqu'à la fin de leur jour sur ce qui s’est réellement passé ici. Aucune info ne doit transpirer, c’est clair ?
_ Bien, capitaine.
_ Terminé.
Il inspira un grand coup. 432 hommes. Une grenade avait détruit 432 hommes sous sa responsabilité.
_ Tiens, qui voilà donc ?
Il se retourna. Le communicateur demanda à nouveau son attention.
_ Une seconde, Janus Winnfield, et je suis à toi.
Il prit la communication :
_ La tour de défense nous prend pour cible.
_ Que les unités volantes entres en actions. Repliez vous vers la lisière. Essayez d’attirer le plus de spatiaux possible. Seul 3 unités doivent rester. Utilisez le Magellan pour vous couvrir des tirs.
_ Bien, capitaine.
_ Terminer.
_ Toujours capitaine ? Il y a pourtant plus d’une unité à l’extérieur.
_ En effet. J’ai… J’avais, une division complète sous mon commandement. Mais peu importe. Sais-tu ce que ta présence et ce message me révèle ?
_ Si tu devines ce que je sais, je suppose que oui.
_ Ainsi, tu es passé du coté des spatiaux.
_ Jamais, tu m’entends, jamais je ne m’impliquerais à nouveau dans cette guerre.
_ Inutile de me mentir. Jonas Atrayde est dans cette tour. Seul un spatial s’acharnerais sur nous. Jonas s’est écrasé à proximité du vaisseau que tu as aidé à s’échapper et avec lequel tu as disparus. Et comme par hasard, je te retrouve dans un vaisseau qui n’est pas censé exister, dont les spatiaux veulent s’emparer avec un foutu spatial en train de descendre mes hommes.

Janus Winnfield
"Allons bon, toujours obsédé par ta haine... Tu changeras jamais... Tu resteras toujours le salaud qui nous a tous trahis...
_ Arrête de me faire la leçon, espèce de spatial...
_ Je suis pas un spatial... En fait, les spatiaux et vous ont pris en sandwich un pauvre groupe d'une dizaine de types dont je fais partie... Et on se fout de votre guerre...
_ Je le crois pas. Je te connais, toujours aussi fort pour bluffer."
La, il commençait a me chauffer...
"Et quand j'aurai fini de prendre le vaisseau d'assaut, la récompense sur ta tète me vaudra aussi un promotion..."
Soudain, il mit la main derrière son dos pour en sortir...
Un fusil mitrailleur LHS a plasma modèle 254...
"Je crois qu'on a plus rien à se dire, Janus. Adieu."
Je me jetai sur le coté pour éviter la première rafale. Je sortis mes armes en même temps. Il vise... Il tire...
En un immense bruit sourd, des débris tombèrent dans la pièce... Je roulai sur le coté pour tirer au jugé. Raté.
"Alors, Janus, toujours pas compris que tu dois crever ?"
Il tira de nouveau...Les tirs ricochèrent sur un pan de mur.
Soudain, j'entendis le "Clic" de plus de munitions de son arme. Il activa son bouclier magnétique pour recharger.
Je sortis de ma cachette et tirai sur son bras. Il lâcha son arme immédiatement.
"Mais...Comment...tu...
_ Les boucliers d'aujourd'hui n'empêchent pas les vraies balles de passer..."
Je m'avançai vers lui et tirai dans son arme qui explosa sur le coup. Cette fois-ci, il commença a paniquer.
"Tu vois, t'as fait le mauvais choix..."
Je visai la tête et tirai...
...plus de munitions...
"Merde !"
Reprenant soudain du courage de par ce retournement de situation, il sort un couteau de son équipement et essaye de se jeter sur moi. Je l'esquive, sort mes couteaux de ma manche, et rapplique. Il esquive. Décidément, ca va être dur.
Soudain, une explosion se produit au dessus de nous. Distrait, il regarde au dessus pour voir d'ou elle provient.
Inattention pas conseillée...
Je m'avançai vers lui, mais soudain, il reprit son couteau et para le coup que j'allai lui porter... et avec un coup de pied, il me balança en arrière. J'atterris en catastrophe pour finalement glisser...
...juste a l'endroit où j'avais fait tomber mon arme...
Je sortis un chargeur de ma poche...
Il s'en aperçut et se mit a foncer vers moi...
J'éjectai l'ancien chargeur et le remplaçai...
Il fonce en serrant son couteau dans sa main...
J'arme le pistolet...
Il est sur moi et lève son couteau...
BLAM!
Une balle dans la tête...
Il s'effondre. Je me lève et vide le contenu de mon chargeur sur lui.
1) Pour être sur.
2) Parce que ca me défoule, après tout ce temps...
Je pris le cadavre par le bras, je le trainai jusqu'a l'entrée et je le balançai dans la forêt toxique...
"M**** a son âme."
Finalement, je rentrai de nouveau dans le vaisseau pour observer l'évolution de la bataille.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 16:09

Dr Nilane Bah
Mike ne répond plus à nos appels. C'est avec soulagement que je vois sur le petit écran de droite une fenêtre m'indiquant que la porte extérieure du sas vient d'être rouverte.
_ Cette fois, il est de retour ! Comment ça se présente à l'extérieur, Jonas ?
_Mal, me réponds le militaire sans plus de commentaire.
Ils ont failli entrer. Notre position est plus qu'inconfortable.
_ Tout le monde dans la salle des commandes, crie-je dans le micro. Maintenant ! Lyliah, ramenez Xorth et Kara ! Rhoan, Mike revenez !
Je sais que ça ne sert à rien, si on est foutu, on est foutu, dispersés ou regrouper. Mais j'ai le sentiment absurde de mieux pouvoir les protéger, s'ils sont près.
Lilyah arrive presque aussitôt, avec ma fille et l'homme chat. Rhoan, lui, arrive nonchalamment un long moment plus tard. Il me jette un regard ironique. On dirait qu'il me nargue de ne pas parvenir à tout contrôler.
J'ai une sensation familière au creux du ventre. Il me faut quelques minute pour comprendre : c'est la même sensation que là bas, avant, lorsque j'ai du fuir la terre sous un déluge de feux. Une partie de moi s'est remise à réciter la vieille litanie "Ne mourrez pas, ne mourrez pas, je trouverais bien un moyens de nous sauver tous..." Suis-je à ce point désespéré ?
Il manque encore Mike. Mais lorsque la porte s'ouvre une troisième fois, c'est le balafré qui entre, au lieu de lui.
Je l'avais oublié. Il a un regard étrange.
_ D'où revenez vous, vous ? Ou aviez vous disparu ?
_ Ca ne vous concerne pas.
Mike n'est pas de retour. Il est peut-être blessé, ou tué... Tant pis. Il faut que je protège ceux qui peuvent encore l'être. Je tape quelques commandes, entre un mot de passe dans le micro. Le mode "quarantaine" est activé. Toutes les portes, tous les ascenseurs du Magellan sont désormais verrouillés. Advienne que pourra.

Jonas Atrayde
Presque tout le monde était enfin arrivé dans la salle. Ils discutaient derrière moi pendant que je continuais à mitrailler les troupes qui tentaient de s’approcher du sas principal. La situation devenait vraiment très compliquée, depuis que Mike avait cessé de repousser nos ennemis à l’aide de son exosquelette. J’espérais que les commandes de retour avaient fonctionnées et qu’il était bien revenu dans l’armurerie, sain et sauf ! Il n’y avait plus rien d’autre à faire que de retarder l’inévitable.
Les troupes Solariennes, autant que les troupes terriennes s’acharnaient à vouloir à tout prix rentrer dans le vaisseau ! Seulement, la seule tourelle de défense en état que je contrôlais n’allait pas pouvoir les repousser indéfiniment… Mais je continuais à tirer !
J’entendais des brides de conversation derrière moi, et ça n’avait rien d’encourageant. Même le savant n’arrivait pas à cacher ses inquiétudes. C’était maintenant clair que nous allions tous nous faire prendre ! Je pensais que seule l’armée Solarianne parviendrait à entrer, mais je me suis trompé, comme toujours ! Quel idiot j’ai pu faire ! Même si cela avait été mes compagnons qui étaient parvenus à rentrer, est-ce qu’ils m’auraient épargné ? Est-ce qu’il ne m’aurait pas déclaré traître puis fait enfermer ? Ou pire encore ?
Non, j’en avais déjà trop fait ! Je ne cherchais plus à viser les terriens, mais j’abattais tout être humain qui tentait de s’approcher trop près du sas, sans distinction ! L’ennemi n’avait maintenant plus qu’une seule tête et je devais à tout pris trancher cette tête si je voulais rester en vie !
La doctoresse et sa fille se rapprochèrent de moi. Cette dernière poussa un petit cri lorsqu’elle vit mon visage. Sans doute que je ne devais plus ressembler à rien, même pas à un être humain, à rien d’autre qu’à une bête sauvage assoiffée de sang qui ne voyait plus rien d’autre que ses proies. Cependant cela ne dura pas longtemps, car mes écrans devinrent noirs quelques instants plus tard. La dernière chose que je vis fut la grande lumière rouge d’une grenade à impulsions qui grilla tout le système de la tourelle. Je posais brusquement mes coudes sur le clavier et y jetais ma tête. Tout était perdu !
Les deux seules choses qui pouvaient encore retenir les soldats d’entrer, c’était leur propre combat et le sas lui-même, dernier rempart. Même si je devais apprendre à posteriori que la doctoresse avait condamné toutes les portes et les ascenseurs du vaisseau, ça ne changeait rien ! C’est nous qui étions condamnés… Il ne restait plus qu’à compter les minutes qui me séparaient de la mort.
Non, je ne voulais pas mourir, il ne fallait pas que je meure ! J’avais encore toute une planète à purger des Lambs avant que je rejoigne Lyse, l’âme tranquille. Il y avait encore une chance, une toute dernière chance de ne pas mourir. Je n’avais même pas encore le droit de désespérer !
Je me levais du siège, à la surprise du docteur Bah qui s’était penchée sur moi. Je me précipitais vers la console principale et m’assis sur le siège de commande. Je n’avais pas eu le temps d’étudier le système de navigation de ce vaisseau, j’espérais en tout cas que je saurais faire ce que j’avais à faire, simplement par instinct. Les autres vinrent quasiment se coller au dossier du siège, inquiets de ma réaction soudaine. J’avais du mal à taper les commandes nécessaires, car nous sentions tous de violentes secousses. Pourvu que la coque ait bien été réparée par les soins de Mike, sinon…
Bah était plus inquiète que les autres mais elle ne chercha pas à m’arrêter tant qu’elle avait une chance de deviner ce que j’allais faire.
Tout le système fonctionnait encore parfaitement, restait à savoir si le vaisseau allait suivre…
Les commandes avaient toutes bien été initialisées, et le réacteur principal au nutrylium était en train de tourner, lentement. Trop lentement !
_ Mais qu’est ce que vous faites à la fin !? finit par dire la doctoresse.
Je ne répondis pas tout de suite, j’observais la gauge du réacteur. 15 %, c’était vraiment trop lent !
_ Je vais faire décoller cet engin, répondis d’un ton monocorde.
Tous se reculèrent du siège par reflexe, le savant fut le premier à réagir.
_ Vous êtes malade ! Ce vaisseau n’est plus en état de supporter un décollage ! Et même s’il l’était, vous le faites démarre sans faire de Check list ! Vous allez tous nous tuer !
_ Vous vous croyez où, savant de mes deux ? Dans votre labo ?! Ici on a pas 8 mois pour faire partir dans l’espace ce vaisseau !
Je me remis à taper sur le grand clavier, l’air déterminé. J’ajoutais à voix basse :
_ Ca passe, ou ça casse…
_ Donnez moi ce clavier !
L’homme en blouse blanche m’aurait certainement sauté dessus pour m’arracher à notre seule chance de survie. J’entendis un bruit métallique sec, puis plus rien. Je me retournais et vis que le l’homme mystérieux (dont personne ne savait le nom) venait de brandir un de ses longs couteaux devant le visage du savant. Provoquant du même coup un mouvement de défense de la part de Xorth.
_ Laissez le faire !
_ Mais je viens de dire…
_ On se fout de votre avis, Rhoan ! C’est une idée folle, mais si elle marche on aura une chance de s’en tirer ! Si ça ne marche pas, on finira de toute façon au bout des fusils des armées qui sont dehors !
Il dirigea alors son regard vers moi.
_ Continuez, Jonas !
J’ignorais ce que je devais dire à cet homme, alors je me contentais de reprendre mon travail. Le réacteur était prêt à 60%, c’était suffisant pour faire décoller ce tas de ferraille mais pas assez le tirer assez vite hors de portée de toutes les armes dont disposaient les deux armées. Mais le temps venait cruellement à manquer. Tant pis ! J’enclenchais la commande de décollage, en poussant un grand soupir.
« C’est le moment de voir ce que tu as dans le ventre, mon gros ! » pensais-je.
C’est alors que je ressentis un violent tremblement, si violent qu’il fit tomber à la renverse les gens qui observaient par-dessus mon épaule. En face de moi, dans ce que je croyais être un simple mur noir, une immense baie vitrée s’ouvris lentement, arrachant le lierre mutant qui s’était accroché dans l’inactivité de ce vaisseau. Le réacteur émis un bruit si énorme que j’avais l’impression que cette carcasse était sur le point d’exploser.
J’imaginais facilement la mauvaise surprise pour tous les soldats qui allaient assister pour la plupart à leur fin : Un gigantesque morceau de métal, aussi volumineux qu’Oblivion était en train de s’élever dans les airs, comme le diable en personne sortant des entrailles de la Terre. Ils ne pourraient sans doute rien faire face au souffle implacable du réacteur en marche, arrachant les arbres et désintégrant tous les hommes à proximité.
Au fur et à mesure que nous nous élevions vers l’atmosphère, ce réacteur continuait de se charger. Cependant, je dus diminuer sa poussée. Je préférais sauvegarder l’énergie nécessaire pour faire fonctionner les boucliers subspatiaux.
Je venais de trahir toute ma race en aidant des Lambs à s’enfuir, et cela en fait… pour ma propre survie. Mes ordres, qui comptaient plus que tout, n’étaient à présent plus rien ! Lyse… comment est ce que j’allais faire, pour que tu puisses reposer ? Comment ?! Je venais de trahir la seule chose qui pouvait me permettre d’y arriver ! Comment est ce que j’allais faire maintenant ?!
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 16:12

Chapitre 12 : Souvenirs, souvenirs

Dr Nilane Bah :
Le Magellan vole. Le Magellan s'éloigne de la terre, à grande vitesse. Dans la cabine, personne ne parle. Nous regardons tous Jonas, qui, les mains sur les commandes, semble aussi stupéfait que nous.
Déserter. Jonas Atrayde vient de déserter. Il l'a fait comme cela, comme une évidence, pour sauver sa vie, et la notre en même temps. Il a choisi de vivre, cet homme qui semblait mépriser sa propre vie...
Et le Magellan vole. Il vole, après trois ans d'inactivité, d'entretien partiel. Mais pourquoi les Solariens ont-il abandonné un vaisseau pareil en orbite autour d'Etrenank ?
C'est la voix du balafré qui me tire de la torpeur :
_ On nous poursuit. Plusieurs appareils nous suivent.
_ Solariens, ou Terriens, demande Lilyah, d'un air distrait, comme machinalement.
_ Quelle importance, fait Jonas.
C'est la première fois qu'il parle depuis que nous avons quitté l'atmosphère. Sa voix est étrangement sourde. Il réalise ce qu'il vient de perdre. A cause de nous.
_ Oui, dis-je en soufflant. Quelle importance ? Maintenant, nous sommes des hors la loi, d'un coté comme de l'autre. Tous autant que nous sommes.
Je m'approche de Kara et la serre dans mes bras. Xorth, à coté d'elle, nous regarde un par un.
_ Mayke ? Où Maaike ?
Je reviens brusquement à la réalité.
_ Mike, l'armurerie, l'exosquelette !
Je me penche vers mes commandes et ordonne immédiatement la fin du mode "quarantaine". La porte du poste de commande se déverrouille, ainsi, je le sais que toute les porte à l'intérieur du Magellan
_ Je vais le chercher ! dis immédiatement Lilyah.
_ Je vous accompagne, intervient spontanément le Balafré, ce qui me surprend. On vous l'amène immédiatement, dans l'infirmerie.
Tandis qu'il disparaissent tous les deux, je me tourne à nouveau vers le militaire.
_ Jonas, combien de chance avons nous de nous échapper ?
_ Vous me demandez conseil ? s'étonne-t-il.
Pas le moindre sarcasme dans sa voix. Il est encore sous le choc.
_ Oui, je vous demande conseil. Vous êtes notre pilote, à présent.
_ Votre pilote, répète-t-il.
Je me demande un instant s'il va répondre, mais il se contente de hausser les épaules.
_ En dépit de l'état dans lequel vous l'avez mis par votre négligence, ce vaisseau fonctionne normalement. Mais vous connaissez son histoire. Si le prototype n'a pas été retenu, c'est parce que son énergie est insuffisante pour passer en vitesse entropique fissionnaire. On nous rattrapera vite.
_ Qu'allons nous faire, maman ? Demande Kara dans mes bras.
_ Comme d'habitude, ma chérie. Courir et se cacher. Et rester en vie le plus longtemps possible, malgré tout ceux qui en veulent après nous.
Je viens de croiser le regard de Rhoan. Un regard délavé par les années de captivité.
_ Docteur Bah, me dit-il. Le générateur à Plasma, celui que vous m'avez pris...
_ Oui ?
_ Il faut me le donner maintenant. Maintenant. C'est notre seule chance de survie.
_ Vous voulez dire... Vous êtes sûr...
_ Nous n'avons pas le temps d'être sûr. Donnez moi ce générateur.
Je relâche mon étreinte autour de Kara.
_ Ma chérie, je vais revenir. Tu vas rester avec Xorth et Jonas. D'accord ?
_ Mais maman ?
_ Je reviens dans cinq minutes ! Suivez moi, Rhoan.
Je quitte le poste de commande, et entraine le savant fou dans le couloir, du coté des cabine, et pénètre dans l'une d'elle.
_ Ou je me trompe fort, ou nous sommes dans la cabine que vous avez assignée à notre amie rouquine, la traductrice ?
Je ne lui réponds pas. "Terre des hommes est encore sur la table de nuit. Elle a du commencer à le relire. Je me tourne vers l'étagère qui contient les autres, et, délicatement, en prenant garde à ne pas les reverser, la désencastre du mur, révélant une petite cache.
_ Prenez votre générateur, Rhoan.
Le savant me regarde avec un sourire aux lèvres.
_ C'est à ça qu'il sert d'avoir des livres ?
_ Prenez votre truc, vite, c'est lourd, cette étagère.
Le savant attrape le petit objet dur et noir que j'ai conservé toute ces année sans savoir ce que c'était et disparait avec à travers la porte. Je n'ai pas le temps de le suivre; il me faut remettre l'étagère en place.
Quand je sors enfin de la chambre par aller à sa poursuite, la voix de Lilyah se met à retentir dans les hauts parleurs.
_ Docteur, Mike est blessé, venez vite ! Il saigne beaucoup !
J'appuie sur la commande de l'interphone.
_ Où est-il touché ? Est-ce qu'il est conscient ?
_ Il saigne en haut du bras, près de l'épaule ! Et il est évanoui, mais il ouvre les yeux par moment.
_ Posez votre main sur la blessure pour arrêter l'hémorragie, j'arrive !
Mais où est passé Rhoan ?
Il n'y a qu'un moyen de le savoir vite. Je cours au réfectoire, là ou j'ai installé des moniteurs pour surveiller l'ensemble du vaisseau. Il ne me faut pas longtemps pour localiser le savant, dans la salle des machines, son générateur à la main. Il est en train de le brancher à notre source d'énergie. Je le vois soudain s'écarter des machines, se tourner vers la caméra de surveillance et m'indiquer son travail terminé. Je retourne à l’interphone.
_ Jonas, passez en vitesse entropique fissionnaire. Maintenant.
_ Maintenant ? Pour aller où ?
_ Allez-y. Le cap, on s'en occupe après.
Moins d'une seconde s'écoule. Et je sens qu'il exécute mon ordre. Ce n'est pas comme si le Magellan était pris d'une secousse, c'est quelque chose d'approchant, mais c'est comme si, au contraire, pendant une seconde, la moindre molécule d'air autour de moi se figeait.Ca ne dure qu'un temps. Aussitôt la manœuvre faite, je cours à l'ascenseur pour rejoindre l'infirmerie.
Dés que j'y parviens, des grognements se font entendre. La voix de Mike. Il a repris conscience.
J'entre dans l'infirmerie et voit le balafré qui pose les éléments guérisseur sur l'épaule du blessé.
_ Je me suis permis de le ranimer avec les sels trouvés dans votre armoire, me dit-il en m'apercevant.
_ Vous avez bien fait, réponds-je. Comment allez vous, Mike.
Le mécanicien grimace.
_ J'ai connu mieux. Mais les autres sont dans un état encore pire, croyez moi.
Je regarde le Balafré.
_ Merci, dis-je.
Il hausse les épaules, mais n'a pas le temps de me répondre. La voix de Jonas se fait entendre à son tour dans les au parleur.
_ Docteur, nous sommes en vitesse entropique fissionnaire. Pouvez vous nous dire notre destination ?
_ Epsolin, Jonas. Epsolin.
Mike et Lilyah et le Balafré, me regardent. Je ne cherche pas à lire quel sentiment se reflète dans nos yeux.
_ À présent, nous ne pouvons plus reculer. Puisque personne d'autre ne le fera, c'est moi qui vais venir en aide au peuple de Xorth. Vous en êtes ?
_Oui, dit Mike.
_Oui, dit Lilyah.
_Oui, dit le balafré.
Je hoche la tête :
_Bien. Je vais pouvoir vous examiner plus amplement, Mike.
Soudain, cela déferle dans ma tête. Une voix qui m'appelle. Non, deux. Une qui répète "Soercay, soercay" et l'autre qui appelle "Maman, maman". Kara. Et Xorth. Je n'ai pas le temps de réagir, c'est maintenant une image mentale qui me parvient. L'image de ce qu'ils viennent de voir à l'instant. Dans la salle de commande, Jonas s'agite soudain. Hurle. Tape violemment sur son crâne. Kara a peur. Xorth essaye de parler, dans sa langue, ça sert à rien, il n'y comprend rien, le mauvais Dieu. Le mauvais Dieu arrache des fils devant lui. Des fils électriques, Maman a dit que c'était très dangereux ! Il les attrape à pleine main. Tressaute. Tombe à terre. Et ne bouge plus !

Vamy Lilyah :
Décidément tout se compliquait de plus en plus. J'aimais beaucoup l'action mais là, ça commençait à être beaucoup. A présent, nous étions en route pour Epsolin, la planète de Xorth. J'étais plutôt d'accord avec Nilane. Si ces créatures étaient malades, il fallait les soigner. Le seul problème était qu'il fallait être vivant pour y arriver. Je sentais que cette conditions pouvait risquer d'être dure à remplir.
Alors que j'étais concentrée sur ces réflexions, j'aperçus Xorth et Kara entrer dans l'infirmerie complètement paniqués et déboussolés. Je me demandai ce qui avait pu se passer pour qu'ils soient dans un tel état.
Nilane comprit rapidement par les images mentales. Elle nous invita à la suivre moi et Rhoan. Parvenus au pilotage, nous pûmes voir Jonas au sol sans connaissance.
_ Il faut le transporter à l'infirmerie, décida Nilane. Je l'examinerai en plus de Mike. Dépêchons.
Je m’occupai de prendre les pieds de Jonas tandis que Rhoan le prenait par les épaules.
Décidément. Et un autre de plus à l'infirmerie. Je n'aimais guère Jonas mais c'était quand même lui qui avait fait décollé le Magellan. J'espérais que ce serait la dernière personne que nous transporterions à l'infirmerie mais j'avais peur que ce ne soit pas le cas.
Finalement nous arrivâmes à l'infirmerie où se trouvaient évidemment Mike mais aussi Kara et Xorth, qui était toujours paniqué. Mike fut surpris en nous voyant porter Jonas. Rhoan et moi l'étendîmes sur un lit voisin de celui de Mike.
_ Jonas ? Qu'a-t-il ? Que s'est il passé ? demanda le mécanicien.
_ Ca, c'est la question que nous nous posons tous, fis-je.
Je m'éloignai un peu d'eux pour aller vers Kara et Xorth. La petite fille semblait essayer de rassurer Xorth mais celui ci semblait toujours paniqué. Je m'accroupissais pour être à la hauteur de Kara.
_ Qu'est qu'il a ? demandai-je.
_ Il est encore sous le choc de ce que nous a appris maman. Ensuite je lui aie dit que nous volions et ça semble lui faire très peur, me répondit Kara.
Je tentais de réfléchir logiquement. Il était vrai qu'il n'avait pas l'habitude de voler dans un vaisseau spatial. Il fallait donc le rassurer. Ensuite aussi le calmer à propos des révélations.
Tandis que Kara m'aidait à lui parler par la télépathie, moi je me contentais de lui parler à l'aide de gestes ou de mots de sa langue, appris à force de le fréquenter, pour lui expliquer qu'il ne risquait rien dans le vaisseau. Ensuite je tentais de lui dire que même si les humains l'avaient crées, pour nous, il était un être indépendant et intelligent capable de décider ses actions et non le résultat d'une expérience. Je continuais. J'espérais que je pourrais le rassurer un peu. Je lui disais qu'il était un être pensant formidable peut être même plus que le reste de l'humanité. J'essayais de lui dire de ne pas s'en soucier. Seuls nous voyions ce qu'il était vraiment.
Pour finir, je lui disais que nous allons nous rendre sur sa planète et nous sauverons son peuple. Ca paraissait stupide de dire cela. Nous n'étions pas certains d'y parvenir. Mais c'était sorti sans que je puisse y réfléchir.
Xorth me regardait encore un peu troublée.
_ Liliah, pas mentir ? Vous aider Nimrodh ? fit Xorth bredouillant.
Je le regardais. J'hésitais à prononcer ces mots mais cela pouvait définitivement le rassurer. Je pris une inspiration profonde:
_ Je te le promets, Xorth, fis-je.
Xorth semblait rassuré. Cependant j'étais vraiment inquiète. Je m'étais engagée à ce que nous sauvions son peuple. Si nous échouons, j'aurai déçu ses espoirs et tout cela serait de ma faute. Non, nous ne devions pas échouer.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 16:15

Jonas Atrayde
J'avais enclenché la vitesse entropique fissionaire du vaisseau, alors que c'était encore impossible quelques instants plus tôt. Ensuite, j'avais ressenti une violente douleur à un point très précis de ma tête. Je n'avais jamais ressentis ça avant ! C'était si atroce que j'avais envie de mourir pour ne plus rien sentir ! Plus rien d'autre que la douleur n'existait, il fallait que ça s'arrête ! Puis, plus rien…
La seule chose qui pouvait me sauver était le tableau de bord en face de moi. J'ai détruit une partie de la console de commande, et de ma main ensanglantée, j'ai pris les câbles qui en dépassaient à pleine main. Le choc électrique ne pouvait pas être plus horrible que la douleur qui me rendait fou !
A présent, j'étais tout seul, dans le noir. Je n'éprouvais plus aucune sensation, mauvaise ou agréable. Je me demandais même si je n'avais pas perdu la vue. Je voulais penser, je voulais me souvenir, de n'importe quoi ! De quelque chose de banale ! De la dernière dégueulasserie lyophilisée que j'avais mangée ! Mais j'avais tout oublié, tout…
Alors que je me demandais ce que j'allais devenir dans cet espace noir et stérile, une lumière vint enfin éclairer mon chemin.
J'étais debout, je sentais la dureté du sol sous mes pieds, mais pas directement. J'étais en tenue, apparemment une tenue militaire sur laquelle était inscrit SASE… Section Air Sol Etrenank. Oui, j'étais dans cette section de l'armée depuis 4 ans… Il y a un vaisseau de transport lourd dont le sas était ouvert, à quelques mètres derrière moi. D’innombrables troupes habillées comme moi en sortaient. Il y avait quelque chose qui n’était pas normale : ma vue se troublait parfois, suivant dans quelle direction je regardais. De plus, je ne distinguais aucune couleur autour de moi, tout n’était que noir et blanc. J’assistais au spectacle d’une marée humain qui se déversait rapidement jusqu’à ce que je croie bien être une ville enfumée, au loin. Je voulais encore penser, essayer de comprendre ce qui m’arrivait, mais c’était impossible ! Mon corps avançait dans la même direction que tous les autres, un fusil M320 à la main. Je voulais m’arrêter, demander ce qui se passait au 1er type qui courait près de moi, mais je ne pouvais rien faire ! Est-ce que j’avais atterri ici juste pour être spectateur des évènements ?!
En courant, j’entendais les autres autour de moi, ils me parlaient, mais je ne comprenais pas ce qu’ils disaient. Pourtant, mon corps leur répondait, dans ce même langage bizarre qui n’avait absolument aucun sens ! Mais cette scène c’était déroulé dans le passé… j’en étais sûr ! J’avais ensuite été muté dans une autre section de l’armée… Si je ne comprenais pas ce que l’on me disait, cela devait vouloir dire que ce n’était pas le plus important souvenir… des fragments de mémoire dont je me rappelais vaguement, mais qui n’avait pas assez d’importance pour que je les reconstitue parfaitement.
Mon corps courait toujours contre ma volonté. Ca ne pouvait plus durer plus longtemps ! Il fallait que je comprenne ce qui m’arrivait !
Il y a 4 ans… des troupes lâchées par milliers…des explosions qui retentissaient de partout… Mais oui ! La bataille Neo-Shasaki ! Ca avait été le plus gros fiasco d’Oblivion ! L’ennemi ne nous avait pas attendus, retranché à l’intérieur de la cité, mais ils avaient été embusqués dans ce qu’il restait des forêts avoisinantes !
Oh non ! Lyse, Lyse ! Il fallait que je la trouve ! Que je la prévienne de se mettre à l’abri ! S’il lui arrivait quelque chose, je ne me le serais jamais pardonné ! Pourquoi mon corps refusait toujours d’obéir !?
Mais il se mit soudain à ralentir et à scruter le champ de bataille. Incroyable ! Est-ce qu’il m’aurait enfin écouté ? Est-ce qu’il cherchait la même chose que moi ?
Je croyais bien que c’était le cas, mais c’était un hasard total. Le temps que je passais à chercher, le plus gros des troupes était déjà parti loin en avant. Je restais à l’arrière, presque seul, avec les retardataires et les soldats chargés de surveiller les alentours… Pendant qu’à l’avant, les autres étaient sans doute déjà en train de se faire massacrer, surpris par l’ennemi. Je la vis enfin.
Elle était fine, de longs cheveux roux descendant le long de son uniforme bleuté, la tête couverte d’un béret noir. Mais elle était penchée au sol… en train de soigner quelqu’un. J’étais encore à une 50ène de mètres d’elle, je m’avançais un peu plus. Quoi ?! Un uniforme vert ?! Le signe de Itokyo sur son épaule ?! C’était un soldat ennemi ! « C’est pas vrai ! »
C’est alors que cela me revint en mémoire, d’un seul coup… Non, il fallait à tout prix que je cours maintenant ! Que je la force à abandonner ce soldat agonisant ! Mais mon corps refusait de bouger… il n’y avait aucun danger à l’horizon.
C’est alors que je le vis sortir de derrière un énorme rocher, abaissant son camouflage optique. Cet autre soldat ennemi qui se dirigea vers Lyse, toujours penchée… cette fois, mon corps réagit, exactement comme il l’avait déjà fait. Non ! Je voulais arriver à temps !
Que cette scène ne se reproduise pas encore une fois ! Il faut que j’y arrive, que je la sauve ! Vite tirer sur le soldat enfin qu’il ne le fasse ! Je ne veux pas être forcé à assister à ça ! Pas encore ! LYYYYYYYYYYYYSE !
C’était déjà trop tard… une gerbe de sang éclaboussa l’uniforme du soldat, tuant du même coup celui qui agonisait. Elle tomba, les yeux grands ouverts, dans la terre sèche que la pluie toute récente commençait déjà à mouiller. Je courrais toujours, mais fier de son massacre, l’ennemi ne me remarqua pas à temps avant que ma crosse ne lui décroche la mâchoire. Il tomba à son tour, j’écrasais son ventre avec mon pied, l’empêchant de bouger…
Les yeux plein de haine, la rage au cœur et les yeux emplis de larmes, je vidais plusieurs de mes chargeurs dans sa tête de monstre assassin ! J’en faisais de la bouillie ! CREVE LAMB ! CREEEEEEEEEEVE !!!
JE VOUS CREVERAIS TOUS !! JUSQU’AU DERNIER !!! JE VOUS DEFIGURERAIS TOUS !!!
Mon corps lâcha le fusil, à bout de souffle, puis tout à coup, je me retrouvais à nouveau dans le noir. Pourquoi ?! Pourquoi est ce qu’on me revoir cette scène alors que je ne peux rien y changer !? Qui est ce qui m’a fait ça ?! POURQUOI ?!

Dr Nilane Bah :
Pas la moindre lésion. Le pouls bat normalement. La respiration est régulière, même si elle est trop saccadée pour être la paisible respiration du sommeil. Le malade est en parfaite santé. Mais il ne se réveille pas.
Rhoan est resté à mes cotés. Il m'observe m'affairer autour du militaire inconscient. Nous sommes seuls dans l'infirmerie. J'ai envoyé le balafré ramener Mike à sa cabine. Il est hors de danger, à présent, et il sera plus à l'aise dans sa chambre que dans cette infirmerie. Mais je n'arrive pas à comprendre ce qu'a Jonas Atrayde.
_ Alors ? Qu'est-ce qu'il a ? me demande le savant.
_ Je ne sais pas, dis-je.
Je n'ai pas envie de l'affronter maintenant. Je veux me concentrer sur Jonas. Je veux comprendre.
Il n'a même pas gardé de trace de brûlure de son électrocution. Son corps va anormalement bien. Il va très bien, mais sa conscience est bloquée quelque part derrière ses paupières closes. Pour une raison que j'ignore, cet homme est tombé dans un coma profond.
_ Vous n'êtes pas obligé de rester, Rhoan. Je peux très bien l'examiner toute seule.
_ Je sais. Je ne suis pas là pour vous aider, je m’instruis. Vous observer travailler est très instructif.
_ Instructif ?
_ Instructif, oui. Vous avez une conduite très professionnelle, et je trouve ça instructif.
_ Je n'ai pas le temps de jouer, Rhoan. Au fait, s'il vous plait.
_ Cet homme, vous ne le portez pas dans votre cœur, il me semble. Je m'étonne de l'extrême douceur de vos gestes envers lui. Vous ne preniez pas autant de précaution avec Mike, et même avec votre gamine. Mais peut-être cette douceur est-elle pour vous le moyen de résister à l'envie de profiter de sa vulnérabilité pour vous débarrasser de lui, une bonne fois pour toute, comme vous mourrez certainement d'envie de le faire.
_ Si ça vous amuse d'imaginer que tout le monde est comme vous, allez-y, mais dispensez moi de vos conclusions, je suis occupée, là.
_ Je sais, je sais. Bon, aucune trace.
_ Aucune. Mais d'après Xorth et Kara, il a commencé par porter les mains à sa tête et à s'agiter dans tous les sens. Je vais faire un scanner de son cerveau.
Je déplace la couchette roulante jusqu'au scanner et y installe Jonas. Devant moi la surface vitreuse réfléchit ce qu'il y a derrière moi, et j'aperçois soudain le visage de Rhoan, à l'arrière. Le masque d'ironie et de sarcasme a disparu, c'est un visage désespéré, épuisé et fantomatique, que je vois. Je sursaute et me retourne, mais le savant a repris son expression habituelle si vite que je pourrais presque me demander si je n'ai pas rêvé.
_ Qu’avez vous, me demande-t-il, d'un ton moqueur. Peur des esprits frappeurs ?
_ Rhoan... Vous allez bien ?
_ Vous voulez dire, à par le fait que je suis embarqué dans un vaisseau en direction d'un système abandonné depuis des siècles en compagnie de gens tous plus stupides et fous les uns que les autre, que deux armées cherchent à mettre la main sur moi, ce qui m'oblige à rester avec les dits gens et que je n'ai que huit mois pour recréer un prototype qui m'a pris des années d'élaboration ? Oui, je crois qu'on peut dire que ça va.
Je reste immobile face à lui, incrédule. Je ne saurais dire pourquoi voir quel est son visage quand je lui tourne le dos m'a bouleversée à ce point... J'hésite un instant quand à ma réaction, mais sentant que Jonas Atrayde constitue l'urgence du moment, je renonce à insister et déclenche le scanner.
Devant moi, sur l'écran, une coupe transversale du cerveau du militaire s'affiche lentement. Une petite gêne s'est installée, au creux de mon estomac. Quoi donc, ce n'est pas comme si je scannais l'âme de mon adversaire, et pourtant, tout ce que cet homme a vécu, tout ce qu'il a été, tout ce qu'il a espéré ou souffert, tout cela est bien contenu dans cette petite masse de tissus et de fluide dont la photographie est peu à peu en train de se révéler à moi.
Goran Moberg me reprocherait mon irrationalité, mais je refuse de faire taire la voix de mon subconscient. Je garde en tête ces pensée absurde qui m'empêchent de devenir une froide machine à raisonner comme la plupart des médecins de la Colonie, et j'attends cette vérité que le scanner me montre. C'est sans surprise que j'y trouve exactement ce que je cherche.
_ Rhoan, venez voir. Je veux votre avis sur ça.
Le savant s'approche et aperçoit à son tour le détail intriguant. Au niveau du cerveau reptilien de Jonas Atrayde, se tient un petit objet longiligne qui n'a rien à faire là.
_ Pourriez vous agrandir l'image ? me demande Rhoan, soudain intéressé.
Je zoome sur l'endroit qui retient notre curiosité. L'objet est métallique, de forme tubulaire, et semble accroché au cerveaux par des électrodes.
_ Un implant mental ? s'étonne Rhoan. Je n'aurais pas cru que ça existait.
_ Ca n'existe pas dans les hôpitaux civils d'Etrenank. A quoi ça sert à votre avis ?
_ Je doute que ce soit assez puissant pour obliger notre homme à suivre une volonté qui n'est pas la sienne. Je pencherais plutôt pour une modification de certain mode de pensée. On peut lui avoir mis ça pour l'obliger à haïr les Lamb. Ou pour modifier un souvenir gênant. Vous permettez ?
Il quitte l'infirmerie et revient quelques minute plus tard avec une sonde magnétique.
_ Sortez le militaire du scanner.
Je tire le brancard à l'extérieur. Rhoan pose la sonde sur la nuque.
_ L'objet semble ne plus fonctionner. Mais impossible d'en être sur.
_ Rien de ce qui est électronique ne vous résiste. Arriveriez vous à le rendre définitivement inoffensif ?
_ Si j'essayais, il est probable que je réussirais, me réponds le savant en remettant la sonde sous son bras et en s'éloignant.
Son ton, qui quelque minute auparavant avait pris l'accent intéressé du scientifique qui découvre une chose qu'il ne connait pas, est redevenu celui, acerbe, de l'homme qui se fiche éperdument de tout.
_ Hé ! fais-je malgré moi. Cet homme a besoin de votre aide.
Ravi de ma réaction, il se retourne en me souriant jusqu'aux oreilles.
_ Mon cher docteur Bah. Contrairement à vous, si vous ne l'avez pas encore remarqué, je ne suis pas pétri dans les bons sentiments. Cet homme représente tout ce que je méprise le plus au monde. C'est une chose de m'engager à sauver votre fille en échange de quelques menus services. C'en est une autre de sauver un militaire.
Je soupire. Inutile d'insister, je perdrais mon temps, et justement, je n'ai pas de temps à perdre.
_ Bon. Dans ce cas, je n'ai pas le choix. Je vais l'opérer pour lui retirer cette chose.
_Vous allez faire ça. J'espère que vous avez de l'expérience en neurologie.
_ Aucune. Remontez dans votre cabine, informez les autres du fait que je vais être indisponible quelques heures durant et qu'on s'organise sans moi, et envoyez moi le balafré. Il a l'air de connaitre un peu son fait, et je vais avoir besoin d'un assistant.
_ Voilà qui promet, qui promet vraiment, murmure Rhoan en sortant.
J'ai envie de l'insulter, mais le souvenir du visage que j'ai aperçu dans la vitre du scanner me revient, paralysant ma colère. J'essaye de ne pas m'attarder sur cette pensée que je ne comprends pas, et m'affaire auprès de Jonas.
Il a beau être inconscient, mieux faut que je lui fasse une piqûre anesthésiante, pour être sûre qu'il ne bouge pas pendant l'opération. Je l'observe. Les traits de son visage se sont imperceptiblement tendus. De quoi peut-il être en train de rêver ?
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 16:16

Jonas Atrayde :
Souvenirs… le souvenir le plus douloureux… et je venais de le revivre comme si j’y avais été. J’étais effondré, totalement miné ! Détruit plus que je ne l’étais déjà !!
Pourquoi est ce qu’on me faisait ça ? Je n’étais pas prêt de le savoir…
J’étais toujours dans le noir complet, je ne sentais à nouveau plus mes membres, tous mes sens avaient une nouvelle fois disparus. Je fus pris à nouveau d’une sensation bizarre qui se transforma en douleur. La même douleur que j’avais ressentie lorsque j’étais encore conscient ! Même dans cet espace sombre je n’en serais pas débarrassé !
Cependant, cela ne dura qu’un instant. L’instant d’après mes yeux se fermèrent, puis mon corps se raidit. Je n’en avais toujours pas le contrôle, mais je sentais bien que je n’aurais pas pu le bouger même si je l’avais pu. Je tentais d’ouvrir les yeux pour voir ce que l’on avait encore à me montrer, mais je n’y arrivais pas ! Mon sens du touché revint le 1er, je pus sentir alors le contact froid et métallique d’une plaque dans mon dos. Mes poings et mes jambes étaient attachés, mais je ne pouvais toujours pas ouvrir les yeux. J’entendais des gens parler, des bourdonnements et d’autres bruits bizarres… Je n’arrivais pas à comprendre grand-chose, mais j’écoutais ce que je pouvais avec la plus grande attention possible. Je me sentais mal à l’aise quand j’écoutais cette voix… J’avais l’impression d’avoir le souffle tellement oppressé que j’aurais étouffé si la voix n’avait pas fait des pauses. Pourquoi est ce que j’entendais cette voix ? Je ne l’avais jamais entendue avant ?
Je comprenais de plus en plus de mots, ça me permettait de reformer des phrases… Son langage restait très scientifique… Il ne me parlait pas, on aurait dit qu’il récapitulait des opérations.
Désactivation des capteurs neuronaux… Stimulation émotionnelle prête… Devrait aller pendant l’opération… Atrayde… programme Lamb en cours de chargement…
Au moment où il cessa de parler, je pus enfin ouvrir les yeux… mais ça ne m’aida pas beaucoup ! J’avais l’impression de voir au travers d’une vitrine déformante rayée de partout. Je pus voir une sorte de lampe au dessus de ma tête, dont la lumière bleutée m’aveuglait… J’avais mal à la tête, terriblement mal à la tête… J’arrivais à légèrement tourner la tête, et j’aperçus vaguement une autre table d’opération, comme la mienne, avec quelqu’un dessus… Un homme, blond, cheveux courts… Il ne bougeait pas… je n’aurais pas pu savoir qui c’était si l’autre homme ne s’était pas approché de lui en disait « Belnades ».
Jowy ? Mais qu’est ce que je faisais ici ?! Qu’est ce qu’IL faisait ici ? Qui c’était ce gars en blouse ? Qu’est ce qu’il nous faisait ?!
De la lumière au dessus de moi, je vis jaillir un faisceau laser qui vint s’abattre entre mes yeux ! Encore cette même douleur atroce ! Je sentais que mes veines allaient éclater !
Quand soudain, ce fut encore le noir complet… Qu’est ce que c’était que cette scène ? Je ne me souvenais pas avoir vécu ça ? Mais qu’est ce qui m’arrivait ?! J’étais perdu, perdu, perdu !! Il fallait que je sorte de là !! Ou que je sache ce qu’il m’arrivait !
Et Jowy…pourquoi lui ? Qu’est ce qu’il foutait dans mes souvenirs ?! Quel cauchemar j’étais en train de faire ?!

Dr Nilane Bah
Le silence dans l'infirmerie est plus lourd qu'une chape de plomb. Je suis heureuse du silence de mon compagnon. C'est ce dont j'ai besoin, en ce moment. Une présence qui ne parle pas. Peu importe, après tout, toute les raison que j'ai de me méfier de lui. J'avais besoin de quelqu'un pour me passer mes ustensiles au moment où je les réclamais, et il l'a fait, sans commentaire, sans question, m'a laissé œuvrer, tranquillement, tâtonner, sans chercher à m'interroger, à me presser pour savoir si je savais ce que je faisais. Il s'est contenté d'être là, pendant toute l'opération, et c'est ce dont j'avais besoin.
Je n'arrive pas à croire que j'ai réussi. C'est la chose la plus difficile que j'ai tentée depuis huit ans. Je n'arrive pas à croire que je l'ai faite. Je croyais que Kara était la seule pour laquelle je pourrais faire de pareille folie.
Au fond, Xorth avait bien raison. Je suis quelqu'un qui guérit, qui fait tout pour guérir, c'est en moi, c'est écrit dans les plus infime partie de mon être. Je ne peux pas m'en défaire. Tant qu'il y aura quelqu'un à sauver, et une chance de le sauver, je tenterai toujours ce qu'il y a de plus fou, et ce, sans me demander si la personne le mérite, si elle est mon amie ou mon ennemie. Je suis médecin. Médecin jusqu'au fond de l'âme. Je ne pourrais jamais m'en empêcher.
L'implant est posé dans ma paume. C'est si petit. C'était si dur à extraire. Si délicat de ne pas déchirer les indispensable tissus auquel il était accroché.
Le balafré s'est assis en face de moi, il a retiré son masque et ses gants. Il ne parle pas. Je vois sur ses lèvres un semblant de sourire.
Je voudrais l'interroger à nouveau. Lui demander qui il est. Ce qu'il cherche près de nous. Je voudrais savoir si je peux ou nous lui faire confiance. Je me retiens. Il a fait ce que j’attendais de lui. Cela ne lui donne pas ma confiance, mais cela signifie au moins que pour l'instant, je peux me dispenser de l'interroger.
_ Puis-je savoir votre prénom ? Dis-je simplement. Votre vrai prénom. Juste cela.
_ Janus.
_ Le Dieu du destin ? Il faut croire que vous n'étiez là que pour éviter à Mike et à Atrayde de succomber.
Il ne répond pas. Le sourire ironique qui vient de paraître sur son visage n'a rien de joyeux.
Je suis épuisée.
_ Quelle heure est-il ?
_ 22h30 à Itokyo. Ici, je ne sais pas.
Je me relève, et va rejoindre le brancard ou Atrayde est couché, la tête bandée. Il devrait se remettre assez facilement de l'opération. Sur sa nuque rasée, les élément cicatrisant on déjà commencé à agir. L'anesthésiant que je lui ai injecté cesse déjà d'agir. Il s'agite légèrement dans son sommeil. Et gémit.
_ Alors ? demande Janus.
_ On a fait du bon boulot. Maintenant, c'est surtout de chance, qu'il a besoin. Nous ne sommes certainement dans l'endroit idéal pour lui porter assistance s'il y a le moindre problème. Faut espérer que vous continuerez à lui porter bonheur.
_ Il n'a pas l'air en forme.
_ Il doit rêver. Il faudrait trouver un moyen de l'apaiser, mais je n'aime mieux pas lui injecter de morphine. Cela risquerais de laisser des séquelles.
Atrayde gémit encore. Sur le brancard, sa main droite bouge imperceptiblement, comme à la recherche de quelque chose. Ses lèvres tente d'articuler un mot.
_ llllllllhhhhh.... souffle-t-il. Lhhhhhiiiihhhhs…
De l'eau ? Il réclame de l'eau ? Non, c'est autre chose. C'est un nom. Un prénom.
_ L.... Lyse...
_ Je suis là, Jonas, lui dis-je sans trop chercher à comprendre. Il n'y a rien à craindre.
Sur le brancard, sa main trouve la mienne et se referme dessus. Sa respiration se calme aussitôt. Mais ses traits de se détende pas.
Je me sens mal à l'aise. Je voudrais m'en aller, mais je ne peux pas le laisser seul, pas maintenant.
Absurdement, j'ai l'impression que tout n'est pas fini, que le combat que nous menons depuis quelque heure, lui, Janus et moi, continue encore, et va devenir plus dur, plus difficile. Il lui reste encore du chemin à faire avant de reprendre conscience, et il va devoir le faire seul.
_ Je vais rester près de lui, dis-je à Janus. Allez dormir.
_ Et vous ?
_ Je dormirais ici au cas où. Allez-y.
Le Balafré s'éloigne, me laissant seul avec le malade. Pas encore apaisé, celui-ci s'agite.
_ M... Ma Lllll...
_ Je suis là, Jonas. Je veille sur toi. Je ne m'en vais pas.

Jonas Atrayde
J'abandonnais. Je ne pouvais pas lutter contre les événements du passé… Mais quel passé ? Je ne le connaissais même pas !! Je ne me rappelais rien de cette seconde vision ! J'avais l'air d'être le cobaye de je ne sais quel savant fou !! Et Jowy… Je ne l'avais vu qu'un cours instant, il n'avait rien pu faire non plus. Dans quel, mais dans quel cauchemar on m'avait soudain forcé à embarquer ?!
A nouveau, je vis une lumière au loin, dans mon cloître noir. Mais cette fois, elle ne bougea pas. Elle ne vint pas vers moi. L'intérieur de ce cercle de lumière était flou mais je reconnaissais ce qu'il y avait : C'était le même champ de bataille de Néo Shasaki. Un nouveau souvenir ? Comme celui que je venais de voir ?
Qu'est ce que je devais faire ? Y aller ? Pour, si ça se trouvait, voir une chose horrible où j'étais impliqué ?
Non, je ne voulais pas ! Je ne voulais plus savoir ! Je m'en étais déjà trop rappelé sur mon propre compte ! Je voulais rester dans mon ignorance ! Je voulais rester ici, dans ce froid, pour tout oublier encore une fois, absolument tout… Tout, y compris Lyse…
Lyse, c'est à cause d'elle tout ça ! Si je ne l'avais jamais connue ! J'aurais pu tranquillement atteindre le sommet dans l'armée sans me soucier de ce qu'en pensaient les autres ! J'aurais pu vivre sans compromis ! Sans soucis ! Sans scrupules ! Sans inquiétudes… et… et sans amour…
Lyse, pourquoi est ce que tu m'avais autant donné ? Tu n'avais rien eu en échange ! Tout ce que tu voulais, c'est que mes lèvres puissent encore continuer à effleurer les tiennes… tu voulais simplement être prêt de moi. Et ça, je n'avais même pas su te le donner… Ma "carrière" comptait beaucoup trop à mes yeux aveugles. Tandis que toi, ton métier de médecin, tu n'en aurais changé pour rien au monde… Si justement ! Tu l'aurais changé volontiers pour être plus prêt de moi. Mais moi, qu'est ce que j'aurais fait ? Je n'ai aucun courage, aucune volonté qui ne m'appartienne. L'armée était mon seul amour, pour moi, tu n'étais qu'au second plan… Et quand tu étais définitivement partie du monde physique, j'ai encore plus sous estimé le courant d'amour qui passait entre nous deux…
Lyse, pardonne-moi. Je ne veux plus oublier, plus rien ! Je veux me souvenir ! Je veux savoir ! Je veux savoir la vérité !
Je me relevais dans le noir. J'avais l'impression de traîner un boulet de 10 tonnes au pied. J'atteins la sortie.
Je me retrouvais dans mon corps, tout le paysage autour de moi était beaucoup plus clair que la 1ère fois. J'étais caché, assis derrière un mur, sans doute. Lyse, je me faisais du souci pour elle, cette bataille était une véritable boucherie ! Même à l'arrière en soignant les blessés, elle courait toujours un risque. Je pris mon communicateur et l'appelais.
_ Jonas, tout va bien, je t'assure !
_ Où tu es ?
_ Près de la forêt de… pas très loin de la ville !
J'entendis vaguement une voix, une voix asiatique… Non, elle n'avait pas osé ?!
_ Arrêtez de bouger, ça sera plus simple !
_ Qui est avec toi ? C'est un Japonais ?!
_ Mon lieutenant ! me répondit elle. Je suis médecin de terrain, je DOIS soigner les blessés !
_ Mais pas un soldat ennemi !
_ Même s'il ne s'en sort pas, je veux qu'il meure sans souffrir !
_ Sans souffrir ? Lyse, c'est la guerre ! Il aura souffert quoi qu'il arrive !
_ Alors… autant qu'il souffre le moins, physiquement !
Nous en avions déjà parlé, mais elle n'en faisait toujours qu'à sa tête. Il fallait vraiment que je l'aime… Je ne pouvais pas rester ici alors qu'elle était seule avec un soldat ennemi, sans doute pas armé, mais seule ! Mais pour la rejoindre, je devais déserter le front… J'espérais faire ça le plus discrètement possible pour que cela ne se remarque pas.
_ Je viens te rejoindre, ne bouge pas !
_ D'accord… sois prudent !
_ C'est plutôt à toi d'être prudente !
Je décrochais et je me dirigeais hors des limites de la ville. La marche jusqu'à la forêt était longue, c'est en chemin que j'entendis, cette fameuse conversation… J'en eu mal au crâne… Comment, est ce que j'avais pu oublier ça ?!
_ Jowy ! Qu'est ce que vous faites là ?
Ca provenait de mon communicateur, Lyse ne l’avait pas éteint !
_ J'ai descendu une 10ène de ces pourritures et je vous ai aperçus !… Mais, qu'est ce que vous faites ?
_ Je fais mon métier !
_ Mais c'est un soldat japonais !
_ Oui, et il agonise ! Vous ne m'aidez pas, Jowy !
_ Arrêtez ! Vous ne vous rendez pas compte de ce que vous faites !
_ Si ! J'accorde une dernière chance à un homme qui aurait pu mourir !
_ Mais c'est un LAMB, Lyse ! Un vulgaire LAMB !
Le ton de Jowy commençait à ne plus me plaire. La terre défilait plus vite sous mes pas.
_ Votre racisme ne concerne que vous ! J'ai un blessé à soigner !
_ Venez !
Mon communicateur se brouillait, qu'est qu'ils étaient en train de faire ?!
_ Lâ… moi !
Lyse…
_ Aban… ce… amb !
_ Laissez moi faire mon travail !
J'entendis une arme se charger… Oh, non, non, non !
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 16:16

_Qu'est ce que vous faites !
_Je vous ordonne de laisser ce Lamb…
_Je trahirais mon devoir de médecin.
_ Et vous trahiriez votre race si vous continuez !… Lyse, ne m'obligez pas à…
Des bruits métalliques ! Ils devaient être en train de se bagarrer ! Vite ! Il fallait que j'arrive avant que cela ne finisse mal !
_ … êtes fou !
_ LYSE !
Un coup de feu… J'arrivais enfin aux abords de la forêt, au détour d'un arbre énorme, lorsque j'entendis un 2ème coup de feu.
Je le vis. Jowy, son arme au poing, face aux corps du soldat et… à celui de Lyse. C'était encore pire que tout ce que j'avais pu imaginer ! Mon meilleur, mon seul ami que j'avais dans cette foutue armée ! Il avait abattu de sang froid ma Lyse, ma pauvre Lyse ! Tout ça pour satisfaire sa haine pour les Lambs ! Je ne lui pardonnerais jamais ! Je vais le tuer moi-même, maintenant !
Je me glissais dans son dos, il ne m’entendit pas arriver. Je le planquais au sol et dégageais son arme ! Il n'eut même pas le temps de crier mon nom que je m'agrippais à sa gorge !
Maintenant, je la revoyais parfaitement, cette scène ! Rien n'était flou ! Comme si je la revivais une nouvelle fois dans le passé !
Mes larmes qui coulaient à flots ! Mes dents qui se serraient si forts que j'en avais mal ! Cette sensation sur la peau du cou de Jowy !
_ Ordure ! Je veux que tes yeux sautent de ta tête !! ORDURE ORDURE ORDURE !!
J'entendis alors à côté de nous quelque chose tomber, mais je m'en foutais ! Je voulais arracher la tête de Jowy et après, lui arracher les cheveux ! Je le ferais pourrir à six pieds sous terre !
Mais ce "quelque chose" à côté de nous attira notre attention malgré nous. Un gaz verdâtre s'en échappa. Les yeux de Jowy se fermèrent… puis ce fut les miens. Le néant, le noir…
Jowy… c'était lui. C'était lui l'assassin, depuis le début. Mais il n'y avait pas que lui… l'armée entière ! Cette organisation pour laquelle j'avais dévoué ma vie ! Mon existence tout entière ! Elle m'avait poignardé dans le dos et a fait de moi une machine, une machine à tuer… Mais est ce que c'était vraiment de leur faute ? Et moi là dedans ? Je n'étais pas innocent, pas innocent du tout… Lyse, est ce que tu pourrais jamais me pardonner ? Et les Lam… les Terriens. Tous les Terriens que j'avais tué depuis que tu n'es plus là ? Est-ce qu'ils pourraient me pardonner aussi ? Tous ces hommes, femmes et enfants qui étaient morts pour moins que rien ?
C'était impossible de tout refaire. A présent, il me fallait prendre un nouveau chemin… tout me revins en mémoire, ce semblant cauchemar était fini.
Le Docteur Bah, Mike… tous ceux là, qu'allaient ils en penser… rester ? Pour les beaux yeux de Kara ? Pour ce savant fou ?… Pour Lyse ?
Pour elle, oui, mais aussi pour moi. Je ne veux plus, de là où elle se trouve qu'elle pense que je suis un lâche qui fuit la réalité depuis ce temps là. On m'y avait forcé, mais je n'avais même pas résisté.
Je ne voulais plus être l'homme qu'elle avait eu le malheur de connaître, même si elle l'avait aimé, cet homme. Lyse, tu ne me connaîtras plus comme cela, plus jamais...
J'ouvris les yeux, un visage noir aux cheveux longs était penché près de moi. Il se recula, un peu gêné. Nilane…

Dr Nilane Bah
_ Nilane... murmure-t-il.
Il y a dans son ton comme un appel au secours. Pour moi, c'est comme si, en moi, une corde de violon trop tendue venait de se rompre. Conscient, il est conscient, et il me reconnait. L'opération dangereuse que je lui ai fait subir ne l'a pas privé de sa raison. Oh mon Dieu, je réalise à quel point je voulais qu'il soit sauvé...
_ Nilane... Répète-t-il, suppliant.
Il est encore trop faible pour parler plus. Sa main tiens toujours la mienne, il n'a pas du le réaliser encore. Je n'ose pas me dégager. Je tremble. Il ne faut pas qu'il le sente.
_ C'est fini, Jonas. C'est fini. On a gagné. On a été plus fort qu'eux, et on vous a enlevé ce truc de la tête.
_ Nom de Dieu, murmure-t-il. Nom de Dieu.
Il referme les yeux. La lueur des néons fait scintiller d'étrange petite perle de cristal, qui poussent au bord de ses paupière. Des larmes. Il pleure. Il inspire, rouvre les yeux, comme dans l'espoir d'arrêter ses larmes et me regarde, pour voir si je me moque, ou si j'ai pitié. Mais je ne fais ni l'un ni l'autre. Je pleure, moi aussi. Comme une idiote.
_ Vous m'avez fait une belle peur, murmuré-je. Vous nous avez tous fait très peur.
Et comme je sens qu'il est inutile de feindre, de faire comme si je n'étais là que depuis cinq minute, comme si je n'étais pas resté toute la nuit à coté de lui, à l'entendre parler dans son délire, et à revivre avec lui ses horrible souvenir, je me mets à dire tout ce que je peux, tout ce qui me passe par la tête.
_ C'est fini, Jonas. C'est terminé. Ils ne vous auront plus. Plus personne ne pourra vous mentir à présent.
_ Ils l'ont tuée... ILS L'ONT TUEE !!!
C'aurait été un rugissement s'il avait été assez fort pour en pousser un. Ce n'est qu'un faible cri, mais toute la douleur, la fureur qu'il porte en lui raisonne autour de moi, figeant l'air.
_ Oui, ils l’ont tuée. Et doublement, puisqu'ils vous ont empêchés de vous en souvenir. Mais ça ne changera jamais rien au fait qu'elle vous a aimé. Personne ne pourra jamais vous prendre ça. Même s’ils vous tuent, même si personne ne vous garde en mémoire, ça n'effacera pas cette réalité. Vous avez été aimé. Et vous avez aimé.
Il tente de tourner la tête, pour regarder à coté, mais les éléments guérisseur qui lui retiennent la nuque l'en empêchent.
_ Ne bougez pas, dis-je. Ca risque de vous donner le vertige.
_ Mon uniforme ?
_ Il est là, à coté de vous.
_ Montrez le moi, s'il vous plait...
Je dégage ma main de la sienne et va ramasser la veste que j'ai posée sur l'étagère à coté. Je l'étends devant lui. Il la regarde une minute sans mot dire, avec une lueur indéchiffrable dans les yeux. Il soupire.
_ Les galons... Arrachez-les.
_ Pardon ?
_ Arrachez-les. Je ne veux plus les voir.
_ Non, Jonas. Vous êtes en état de choc. Vous avez d'abord besoin de réfléchir. Quand vous irez mieux, si vous tenez à brûler vos anciennes idoles, vous le ferez vous même.
Un sourire ironique apparait sur les lèvres du militaire, le faisant redevenir l'homme que je connais.
_ Tout cela doit vous amuser incroyablement, pas vrai, docteur ? Vous avez gagné sur tous les tableaux !
_ Gagné ? On a tué votre femme, on a tué mes amis et ma famille, on a tué les parents de Kara, on a tué ma planète... Je ne vois pas ce que j'ai gagné, non.
Je pose la veste et revient m'asseoir devant lui.
_ Je sais que ça va être dur à accepter, pour vous, mais vous et moi, on est du même bord. On souffre des mêmes blessures. Moi aussi, on m'a volé mon passé.
Il ne répond pas. Encore trop faible. Encore bouleversé.
_ Il faut vous reposer, Jonas. Voulez vous que je vous laisse seul ?
_ Vous avez certainement beaucoup mieux à faire, à bord de ce vaisseau, que jouer les nounous. Vous êtes le capitaine.
_ Je suis le médecin. Et vous le malade. Voulez vous que je reste, ou que je vous laisse ?
_ Comme vous voulez, vous êtes le médecin, à vous de voir.
_ Vous êtes désespérant, monsieur Atrayde. Pourriez vous, s'il vous plait, me dire, en un ou deux mots, ce que vous voulez exactement.
_ Puisque vous me le demandez si gentiment, je fumerais bien une petite cigarette.
_ Pas question.
_ C'était bien la peine de me demander, alors...
_ Bon, vous l'aurez voulu. Tant pis pour vous si vous vouliez avoir la paix, je reste pour vous surveiller. D’ailleurs, je n'aurais pas du demander votre avis, ce n'est vraiment pas sûr, de vous laisser seul.
_ Bon sang. La nuit est bientôt terminée ?
_ Il doit être trois heures du matin.
_ Encore quatre heures avec vous avant que vous n'alliez réveiller votre petite fille... Eh bien, c'est fou ce que ça va être reposant.
_ Monsieur Atrayde, depuis le temps vous deviez vous être rendu compte que je n'ai été mise sur terre que pour devenir votre pire cauchemar...
Les mots n'ont pas franchis mes lèvres que je les regrette déjà.
Il vient de se rembrunir.
_ Vous êtes forte, docteur, mais vous ne pourrez jamais être pire que le cauchemar que je viens de vivre.
Je prends un ton joyeux et engageant.
_ Ne me mettez pas au défit, monsieur Atrayde. J'ai une fâcheuse tendance à relever les défis impossibles...

Kara
Je marche dans les couloirs déserts.
Ils dorment tous on dirait… Il fait nuit ? Je crois pas. On est dans l’Espace, et dedans il fait toujours nuit.
Avec Lilyah, j’ai accompagné Xorth dans le « Jardin-serre » et on a parlé et joué un peu. Xorth est encore tout embrouillé. Après tout ça, il est monté dans une drôle de maison dans un arbre et il s’est endormi. Lilyah m’a conseillé de me coucher aussi, alors je suis partie.
J’ai croisé personne. Ah si ! Celui qui a une cicatrice. Il allait sûrement dormir lui aussi. Je lui ai pas parlé mais fait un grand sourire avant qu’il disparaisse dans sa cabine. Il a rien fait.
J’ai dormi un tout petit peu. J’ai fait un cauchemar.
« La Grande Lumière », oui… C’était flou juste flou. Et puis elle m’a touchée, rasée et…
Non, non, non ! Je dois pas m’en souvenir ! Je dois oublier, oui je n’ai rien rêvé, je n’ai pas fait de cauchemar, non !
J’ai plus du tout envie d’aller me coucher, alors je me promène. C’est bien quand il n’y a personne.
Ca me rappelle la Colonie des Médecins. Là-bas non plus il n’y avait personne là où j’allais. Ils étaient tous enfermés ou ils se promenaient très vite.
Quand je faisais un cauchemar, "Maman" me consolait, mais là elle n'est pas là. Dans l'infirmerie je crois. Elle doit soigner Jonas.
Lui il m'a fait peur, très peur. J'ai cru qu'il allait... Et il était si blanc, si...
Oh non, non ! Pas de ça, je veux pas ! Il faut que je pense à autre chose !
J'arrive devant l'ascenseur. J'entre et je décide d'aller dans la salle avec la grande baie vitrée.
La pièce est vide, il y a que du silence et toutes les lumières sont éteintes. Je distingue quand même ce qu'il y a dedans.
Dehors... Je vois les étoiles défiler. Elles sont comme des longs traits blancs, bleus, violets, rouges, jaunes ! Ca fait une légère lumière, tout douce...
Je m'approche de la vitre et je colle mes mains dessus. Qu'est-ce que c'est joli ! On dirait...
Je reste comme ça, à regarder les étoiles qui défilent très vite, si vite.
Mes yeux sont grands ouverts et je souris, c'est si beau.
Ca me rappelle quelque chose. Juste une sensation... Une sensation toute douce et toute froide...
Kara... Kara...
Qui... Tiens ? Mais je suis où ? C'est un endroit tout vert !
Oh il ya quelqu'un à côté de moi. Ooh ! C'est une... une Xorth ?! Mais elle est plus petite et elle a de grands yeux bleus. Elle a aussi de jolies petites oreilles rondes et blanches et plein de poils blancs, comme un bébé chat... Elle est...
Mais, pourquoi je suis avec une petite Xorth ? Et il y en a d'autres ! Une grande Xorth rouge, jaune et marron avec des yeux dorés. Et un vieux Xorth tout noir et courbé. Et... et...
Ils sont habillés un peu comme Xorth. Ca leur va bien !
La petite Xorth m'attrape mon "faux-bras" et fait un espèce de... Oooh elle ronronne ! C'est...
Je la serre contre moi et le vieux Xorth vient me toucher l'épaule. J'entends plein de voix, plein de bruits...
Je me sens si bien...
Mais ! Je suis par terre ! J'ai dormi ? C'était si... si bien !
Je me lève et je repars vers l'ascenseur. Je descend au hangar à et je me cogne sous un gros vaisseaux foncé. Il est ouvert on dirait...
J'entre dans l'espèce de coffre et... AH ! Il y a plein de choses dedans ! Des couvertures, à manger et puis d'autres choses !
Je m'assoie au milieu des tas de choses et commence à fouiller en souriant.
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 21:16

Chapitre 13 : L'amitié pour bracelet.

Vamy Lilyah
Après avoir quitté la biosphère, j'avais conseillé à Kara d'aller se coucher. Il commençait à être tard et elle risquait d'être trop fatiguée le lendemain.
Je rentrai dans ma cabine et l'allongeai sur mon lit. Machinalement, je mis mes bras en croix sous ma tête comme à mon habitude. Je réfléchissais à ce que j'avais dit à Xorth.
_ Lilyah, pas mentir? Vous aider Nimrodh ? fit Xorth bredouillant.
Je le regardais. J'hésitais à prononcer ces mots mais cela pouvait définitivement le rassurer. Je pris une inspiration profonde:
_ Je te le promets, Xorth,.fis-je.

Ce que j'avais dit à Xorth pour le rassurer, c'était un engagement, une promesse, un serment. Je venais d'engager la responsabilité que nous sauvions le peuple de Xorth alors que nous ignorions tout du mal qui les frappait. J'ignorais même si les compétences de Nilane seraient suffisantes.
A cette pensée s'ajoutait un doute. Je repensais aux médecins. Je ne les aimais guère. Pas depuis qui s'était passé quand j'étais petite. Si cet imbécile en blouse blanche n'avait pas refusé de la soigner, je n'aurai pas été dans ce maudit orphelinat.
Le doute m'assaillait. Est ce que Nilane soignerait le peuple de Xorth? Elle semblait dévouée à soigner les maladies, comme ma jambe au début, la perte de conscience de Jonas ou à surveiller l'état de santé de Kara (bien que le dernier cas soit normal. Une mère est généralement attentive vis à vis de son enfant).
Au fond de moi, j'avais honte un peu de douter de Nilane. Elle m'avait hébergé et soigné. Sans elle, Jonas m'aurait peut être tué. Cependant une autre partie de moi s'éveilla. La rancune envers les médecins commençait à refaire surface. Pourtant elle faisait beaucoup moi ainsi que les autres. Mais quelque chose en moi doutait. Je ne pouvais pas oublier ce sentiment de doute.
Je souhaitais me tromper. Je décidais d'aller la voir quand je pourrais. En attendant, je devais dormir un peu. Demain serait un autre jour comme disait le dicton. Enfin si j'arrivais à fermer l'œil.

Xorth
Une fois sur ma petite plate-forme, je me dirigea vers ma couche – Un simple amas de feuilles – et m’y étendis. En peu de temps, je me retrouvai au royaume de Ghairt, la déesse des songes.
Les paroles de la soercay et de Lilyah m’avaient fait réfléchir. J’avais appris que mon espèce n’était que le résultat d’une expérience visant à purifier l’air de ma planète. Cela avait ébranlé tout ce en quoi je croyais : Les Dieux – ou humains comme il se faisaient appeler – ne nous avaient pas créé par amour et par bonté comme je le pensai mais par besoin et par égoïsme. Cela ne pouvait être vrai ! Puis Lilyah m’avait assuré que les personnes ici présentes ne me considéraient pas comme un vulgaire objet, mais comme un être vivant à part entière. Cela m’avait un peu rassuré. Ensuite, elle m’avait promis qu’on allait tout faire pour aider les miens à combattre le mal étrange qui était apparu.
Cette étrange maladie… Personne n’avait compris au début ce qui se passait : Certain s’endormaient le soir, l’air serins et en pleine forme… pour ne jamais se réveiller. Ryth avait été le premier touché. Il était si jeune… Trop jeune pour mourir comme cela ! Puis ce fut le tour de Karthéa, mon amie d’enfance… Les souvenirs remontèrent… Certains heureux, d’autres douloureux…
J’ouvris les yeux. Il faisait grand jour, du moins c’est ce que le « faux ciel » montrait. Kara avait essayé de m’expliquer. Pour que les arbres et les autres plantes se développent, il avait fallu créer un ciel artificiel, ho-lo-gram-me m’avait-elle dit.
Je descendis de mon perchoir et pris l’ascenseur – étrangement, je savais naturellement ce que c’était et comment m’en servir – et dit :
_ Deuxième étage
Plus rien ne m’étonnait maintenant. Kara m’avait expliqué que l’on « volait » jusque chez moi. Alors un ascenseur…
Les portes s’ouvrirent et alors que je sortais, je percutai… la soercay.
_ Ah Xorth, dit-elle, je te cherchais.
Je compris ce qu’elle avait dit aussi clairement que si elle avait parlé dans ma langue natal. Sans me laisser le temps de répondre, elle continua :
_ J’aurais besoin que tu viennes avec moi à l’infirmerie.
_ Pourquoi, je suis en pleine forme, répondis-je.
J’avais parlé dans sa langue, machinalement. Mais elle ne l’avait apparemment pas remarqué.
_ Je le sais Xorth, répondit-elle. Mais je viens de quitter Jonas et puisque je suis encore debout, j’aimerai te faire quelques examens par sécurité.
_ D’accord, je vous suis, répliquais-je
Vu qu’elle continuait à marcher, je la suivis sans protester dans l’ascenseur.
_ Premier étage, dit-elle.
Quelques vibrations, puis l’ouverture des portes. A peine fut-elle sorti qu’elle s’arrêta subitement et se tourna vers moi, me dévisageant du regard.
_ Xorth, je n’ai pas rêvé ? Tu viens bien de parler dans notre langue ?
J’hésitai quelques instant puis, j’acquiesça d’un mouvement de la tête.
_ Je crois que oui, lui répondis-je
_ Mais… Mais… Kara n’est pas avec toi ?
_ J’allais la voir quand on s’est rencontré.
Elle se figea. Je vis quelque chose tomber de ses yeux… Elle pleurait.
_ Soercay, ça ne va pas ? J’ai fait quelque chose qu’il ne fallait pas ? dis-je paniqué.
Elle se jeta sur moi et tout en me prenant dans ses bras, me répondit :
_ Non Xorth, je pleure car je suis heureuse ! C’est merveilleux ! Mais… Comment cela est-il possible ?
Je ne savais pas quoi dire. Son attitude m’avait prit au dépourvu. Quant à sa question, même si je l’avais comprise, je n'aurai su y répondre.
_ En fait, je n’en ai pas la moindre idée. Mais il ne fallait pas aller à l’infirmerie ? demandais-je.
Elle me lâcha et me regarda dans les yeux.
_ Oui, et maintenant que l’on se comprend, ça sera beaucoup plus facile.
Et sans perdre une seconde, nous nous dirigeâmes ensemble vers l’infirmerie.
Une fois arrivé, mon regard se porta sur la personne allongée près de l’entrée. Il s’agissait du mauvais Dieu, Jonas.
_ Il va bien ? demandais-je.
_ On a du lui extraire un appareil du cerveau qui lui imposait un mode de pensé rasciste envers les terriens et qui lui bloquait l’accès à certains de ses souvenirs, me répondit-elle.
Court silence…
_ Tu n’as rien compris à ce que je viens de dire n’est ce pas, Xorth.
_ Non en effet.
_ Suis-je bête ! Tu comprends peut être notre langue mais il y a certaines choses que tu ne peut pas assimiler, même avec la barrière de la langue en moins !
_ En effet.
Elle se dirigea vers un coin de la pièce et me fit signe de la suivre.
_ Si tu veux bien t’allonger sur cette couchette, je vais pouvoir commencer.
Je m’allongeai docilement. Elle me m’accrocha alors un petit boitier au poignet auquel étaient attaché plusieurs fils dont elle m’appliqua les extrémités sur le torse, la tête et mes bras. Curieux, je lui demandai :
_ Qu’est-ce que c’est ? demandais-je. Je vous ai vu installer le même boitier sur Kara avant le rituel de transfert télépathique.
_Cet appareil sert à surveiller plusieurs fonctions vitales et enregistre les résultats, me répondit-elle.
_ Je ne me rappelle pas que Kara avait autant de fils, remarquais-je
_ Je ne surveillais que son rythme cardiaque, m’expliqua-t-elle.
_ Son rythme cardiaque ?
_ Son cœur !
_ Ah ! Et que surveillez-vous chez moi ?
Elle fit un petit sourire.
_ Tu as le droit à la totale Xorth ! me répondit-elle. Je surveille tout ce que je peux !
_ Pourquoi ?
_ Et bien, si je dois m’occuper de la maladie qui ravage les tiens, je dois en apprendre le plus possible sur toi.
_ Je comprends.
Après avoir connecté tous les fils au boitier elle m’annonça :
_ Ca va prendre un peu de temps.
Elle se tourna quelques secondes puis me refis de nouveau face, une aiguille à la main.
_ Qu’est ce que c’est ? demandais-je, légèrement paniqué.
_ C’est une seringue, me dit-elle, elle va me servir à récupérer un peu de ton sang.
Et joignant le geste à la parole elle approcha la seringue de mon bras et écarta les poils, cherchant manifestement quelque chose. Je n’eu pas le temps de lui demander quoi car elle poussa un petit cri « Je t’ai trouvé ! » puis planta l’aiguille dans mon bras. La seringue se remplit alors d’un liquide violet sombre : Mon sang.
_ Sinon, comment ça va Xorth ?
_ Heu… Bien ! Pourquoi cette question ?
_ Je sais que tu as été profondément perturbé quand nous t’avons appris tes origines.
Je me remémorai les évènements de la veille. En particulier le moment où la Soercay avait annoncé que je n’étais que le produit d’une expérience.
_ Je ne sais pas trop quoi penser à ce sujet pour le moment, dis-je. Vous savez, ce que vous avez dit contredit tout ce en quoi je croyais jusqu’à maintenant !
_ Je comprends, il vaudrait peut-être mieux en reparler plus tard.
_ Oui, j’ai besoin d’un peu de temps pour faire le point.
_ C’est normal.
Un petit bip se fit entendre.
_ Ah ! L’appareil a finit !
_ J’espère que ça vous aidera à soigner mon peuple !
Elle ne répondit pas.
_ Soercay ?
Elle arrêta de fixer l’appareil et me regarda.
_ Je crois que je vais devoir te faire des examens plus poussés Xorth.

Mike Libane
Encore un réveil douloureux, encore un matin. Depuis que j’étais embarqué dans cette aventure, je commençais sérieusement à redouter les réveils. Et cette fois-ci, je me vis avec un bras droit dans le plâtre. Des souvenirs entourant un évanouissement défila encore dans ma tête.
Une bataille. Des explosions. Une douleur dans le bras. Un moment de noir. Et un visage.
Et ce visage là, je l’avais déjà vu, juste avant de m’évanouir une autre fois. Un visage avec une cicatrice près de l’œil.
_ Le balafré, dis-je en sortant de ma chambre.
Dans le couloir, je me demandais où il pourrait être, quand l’idée de l’armurerie me vint à l’esprit.
Au rez-de-chaussée, j’entendis des bruits de déflagrations qui confirmèrent mon hypothèse. J’entrais dans l’armurerie, puis me dirigeais vers la salle de tir à droite. Là, je le vis de dos, en train de tirer avec un pistolet laser calibre 22. Les cibles, excepté celle qui était en ce moment utilisés, semblaient poussiéreuses. Encore un laisser-aller flagrant du vaisseau.
_ Tu es déjà remis ? dit le balafré de dos en train de recharger son arme.
_ Oui, a propos merci de m’avoir sauvé, répondis-je.
Il ne répondit pas tout de suite, se concentrant sur sa cible. Après une salve de tir, il répondit enfin :
_ Je n’ai fait que te donner les premiers soins, c’est pas comme si je t’avais soigné de la sclérose spatial.
_ Ben, ça à du être quand même suffisant pour m’aider. Sinon, je croyais que t’était un solitaire, un misanthrope, alors pourquoi tu m’as sauvé ?
_ Je ne suis pas doué en mécanique. Et je ne pense pas que ni une bestiole, ni une enfant, ni une médecin, ni une intellectuelle et ni un pilote stupide saurait réparé ce tas de ferraille si il tombait en panne, et je ne fais pas confiance au savant fou. Il serait capable de nous faire exploser pour nous énerver.
_ Ben, au moins, dis-je en rigolant, ça montre que j’ai de la valeur à tes yeux.
Il fut un peu décontenancé par ma réplique, mais ce reprit vite et fit un vague « mouais ».
Une autre série de tir, puis un moment de silence le temps qu’il recharge. J’eus une vague envie de compétition, et pris un fusil laser qui était pendu sur le mur.
_ Tu crois, fit-il, que tu sauras viser avec ta patte dans le plâtre ?
_ Ben, fis-je en me positionnant, c’est pas parce qu’on a un problème physique…
BLAM
…ou morale…
BLAM
…qu’on ne sait…
BLAM
…pas faire des choses…
BLAM
…bien faites.
BLAM BLAM BLAM BLAM
Je reposais le flingue sur la palette au mur, et ramenais la cible avec 7 trous parfaitement en cercle sur le point jaune et un trou en plein milieu.
_ Comme pour se faire des amis, dis-je en tapotant l’épaule du balafré et en partant de la salle.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 21 Nov - 21:17

Franck Rhoan
Je ferais mieux de faire des analyses.
J’étais dans le laboratoire, assis, un café à la main. Après avoir adapté mon générateur à plasma au Magellan – activant les boucliers et tous les système au maximum pour éviter un dangereux trop plein de puissance – j’étais retourné au laboratoire pour continuer mon projet. Mais là, je faisais une pause, due principalement à une fatigue inexplicable et à un sentiment non moins inexplicable que la plupart des gens appellent remord.
Il faut que je sache.
Je me levai, calmement, et sortis du laboratoire. D’un pas lent, je traversai le couloir vers le laboratoire d’analyse. J’entrouvrit légèrement la porte, et la refermai aussitôt en marmonnant un juron. Bah était là, en train d’examiner l’extra-terrestre.
Hors de question de montrer ma faiblesse à qui que ce soit.
Alors que je m’apprêtais à faire demi tour, la chance me sourit.
_ Venez Xorth, lança Bah Je dois faire une prise de sang à Kara.
J’eu un sourire ironique.
Me voilà chanceux maintenant.
Je m’écartais de quelques mètres de la sortie du labo, et les regardais passer en silence. Puis j’entrais, et fermai la porte derrière moi. Hésitant quand même quelques peu, je m’approchais de ce qui m’apparut comme étant un scanner complet. J’ôtai ma blouse, et me mit torse nu. J’observais un peu la machine, histoire de comprendre son fonctionnement, puis la programmait, et m’allongeait sur la table du scanner. Les yeux fermés, je sentis le rayon du scanner passer sur mon torse et ma tête. Lorsque le rayon s’éteignit, je me relevait, remit mes vêtements, et l’approchais de l’écran pour voir le résultat. Une seule anomalie était détectée. « Faiblesse anormale de l’organisme ».
Mais que m’arrive t’il ? Pourquoi suis-je aussi faible ?
Il y avait un bon moyen de le savoir : demander à Bah. Mais je rejetai toute nette cette option. Ne prenant pas la peine d’éteindre la machine, je sortit rapidement, et retournait m’enfermer dans mon laboratoire, où je repris mon travail.
_ Ce n’est pas quelques fatigue passagère qui vont m’handicaper ! Dis-je avec colère, me mentant à moi-même.

Dr Nilane Bah
_ Kara ? Ma Kara ?
Encore une fois, j'ai fini par la retrouver, bien cachée dans la soute d'un des vaisseau, et toute endormie. Je l'embrasse pour la réveiller. Je trépigne en moi-même. Pourvu qu'elle ne le sente pas.
_ Ma petite fille ?
Elle ouvre des yeux tout ensommeillés.
_ Oh, maman, c'était si beau, il y avait tout plein de Xorth qui venaient me parler !
_ Tu entends les amis de Xorth dans ta tête ?
_ Oui. Ils sont si gentils. On va les aider, hein, maman ?
_ Bien sûr, ma Kara. Nous allons les aider. Dis-moi, veux-tu bien me tendre ton petit bras ? Je dois te faire une prise de sang, pour vérifier quelque chose.
Ma fille m'obéis, et relève sa manche. J'y pose mon appareil. L'analyse comparative se fait instantanément. Les résultats s'affichent avec une lenteur exaspérante. Les enzymes que j'ai trouvé dans le sang de Xorth sont maintenant présente dans le sang de Kara. Et leur effet...
Bon sang ! Une telle découverte après cette nuit de cauchemar !
J'ai envie de hurler. Je me retiens.
_ C'est incroyable, Xorth, tu es... Une créature merveilleuse.
_ Quelque chose ne va pas, soercyé ?
_ Oh non, tout va bien. Mais les hommes n'ont pas pu t'apporter ça. C'est ta race toute seule qui, en évoluant au fil des siècles, est devenu ce... Chef d'oeuvre biologique !
J'ai envie de rire, de rire aux éclats. Et puis de pleurer, une bonne fois pour toute, pour me calmer. Je me contente de sourire, et respire pour rester calme.
_ Tu es bizarre, Maman, me dis ma fille.
_ Je vais essayer de vous expliquer ce que mon appareil vient de me dire, mais ça risque d'être dur à comprendre, alors, Xorth, n'hésite pas à poser des questions.
_ Je vous écoute, soercyé !
_ Quand ta race a été créée, vous n'aviez pas ce... Don. Ce pouvoir de parler par l'esprit. C'est une chose que vous avez appris à faire au court des siècles. J'ai fait une photo, tout à l'heure, de l'intérieur de ton crâne, et j'ai pu voir qu'il y avait une... Glande. Comment je pourrais t'expliquer ça ? Enfin, il y a quelque chose, à l'intérieur de ta tête qui te donne ce pouvoir. Mais cette chose peut servir aussi à plein d'autre activité. Elle envoie dans ton sang des substances, par exemple, qui te permettent de cicatriser plus facilement qu'un humain. Tu me comprends ?
L'homme chat regarde Kara, puis hoche la tête.
_ Pour l'instant, je crois que je saisi l'essentiel. Mais pourquoi avez vous eu besoin de regarder dans le sang de Kara ?
Je regarde ma fille, qui, assise sur ses talons, nous observent en nous écoutant de toutes ses oreilles.
_ Ma puce, tu veux bien nous attendre une minute ? lui dis-je.
J'entraîne Xorth à part, hors de portée de voix.
_ Que se passe-t-il, soercyé ? Pourquoi nous éloignons nous ?
_ Je ne veux pas que Kara entende ce que je vais te dire.
Je me penche vers lui et murmure.
_ Kara est très, très malade. Tu l'avais compris ?
_ Non. Elle me semblait...
_ Je m'efforce de la soigner comme je peux pour qu'elle continue à avoir une vie normale, mais son corps est malade à l'intérieur. Pour augmenter son pouvoir télépathique, tu as mélangé tout sang au sien. Ca l'as beaucoup fatiguée, mais maintenant, elle va mieux qu'avant. Parce qu'en lui donnant un peu de ton sang, tu lui a aussi donner cette substance qui te permet de cicatriser vite. Tu l’as rendue plus forte. Tu comprends ?
_ J'ai fait ça, moi ?
_ Oui. Tu l'a peut-être même sauvée. Tu te souviens de Rhoan ? Il ne sort presque jamais du laboratoire. Il a les cheveux blancs. Tu vois qui c'est ?
_ Oui.
_ Il doit construire un appareil pour la guérir. Mais il va mettre du temps à la construire, et je ne savais pas si elle pourrait vivre assez longtemps. Grâce à toi, maintenant, je sais qu'elle tiendra le temps qu'il faut.
_ C'est... C'est vrai ? Grâce à moi ?
_ Oui. Pour moi, ton existence est un miracle, Xorth.
Et n'y tenant plus, je l'attrape par le coup, et le serre contre moi, de toute mes force.
_ Merci, merci, merci... Merci d'exister ! Merci d'être venu à nous ! Nous ne méritons pas d'être les parents d'une si belle race. Vous êtes devenus de pures merveilles, malgré nous !
_ Soercyé, soercyé s'il vous plait, ne pleurez pas !
_ Ce n'est rien, Xorth. Je suis contente. Vraiment contente ! Je jure que je sauverais ta race dusse je y laisser la dernière goutte de mon sang !
_ Soercyé, votre fille nous regarde.
Je me calme et m'éloigne, mais mon sourire ne s'est pas effacé. Je rayonne. Je suis heureuse, heureuse.
_ Cette chose que tu as dans la tête, Xorth, si tu développais son pouvoir, peut-être que ton corps deviendrait assez fort pour lutter contre la maladie qui ronge ta race. Evidement, cela développerai aussi ton pouvoir télépathique, et ça, je ne sais pas quelles sont les conséquence. Mais je tiens peut-être là un remède pour les tiens. Je ne peux pas en être sûre avant de les avoir vu, bien sûr. Enfin, l'important, c'est que je puisse peut-être les sauver.
_ Vous arriveriez à développer mon pouvoir, Soercyé ?
_ Je ne sais pas Xorth. Je ne sais pas ce que je peux faire sans mettre ta santé en danger. Il faudra que je réfléchisse avant de me lancer dans une expérience. Et pas aujourd'hui. Je n'ai pas dormi depuis 36 heures.
_ Je crois que vous devriez dormir, soercyé.
_ Je crois que tu as raison, Xorth. Mais encore une fois, merci, merci, merci. Merci pour elle. Merci vraiment pour elle.
Il ne sourit pas, car les chats ne savent pas sourire, mais ses yeux brillent d'un éclat apaisant.
Je retourne à Kara.
_ J'ai eu une dure nuit, ma chérie. J'ai du soigner Jonas. Maintenant, je vais aller me reposer. Tu restes avec Xorth, n'est-ce pas ?
_ Oui, maman ! Ne t'inquiète pas, on va bien s'amuser.
Je l'embrasse, et la serre très fort dans mes bras. Il faut que je me calme, je ne suis pas loin de me remettre à pleurer.
C'est pourtant vrai que je suis épuisée.
Pas épuisée, vidée, cassée, lessivée. J'ai donné tout ce que je pouvais, et même d'avantage. Je suis à bout. Vraiment à bout. Il faut que je dorme. Mais d'abord, j'ai une dernière chose à faire.
Je descends à l'étage des cabines. Lilyah est dans la sienne, en train de lire.
_ Bonjour, Lilyah.
_ Bonjour, Nilane. Comment va le militaire ?
_ Hum, physiquement il s'en remettra. Moralement, je ne sais pas. Ne le cherchez pas trop, ces temps ci. Il est en état de choc. Certains souvenirs qu'on lui avait effacé lui sont brusquement revenu, et ce ne sont pas des bons souvenirs.
_ Vous n'allez quand même pas le plaindre ?
_ Militaire ou non, c'est un de mes patients. Je dois veiller à sa guérison, sur tous ses aspects. Mais ce n'est pas pour ça que je venais. Donnez moi votre poignet.
Un peu surprise, elle me tend le bras. Je dégrafe le bracelet que j'y avais accroché.
_ Il y a un bon moment que ces objets sont devenus inutiles. Vous avez été d'une coopération exemplaire, et je crois que je vous dois ma confiance.
_ Docteur...
_ Je vais me reposer aujourd'hui. J'en ai besoin. Puis-je compter sur vous et Mike pour trouver une occupation à tout le monde ?
_ Je... On va essayer.
Mike n'est pas dans sa cabine. Je le croise au sortir de l'ascenseur.
_ Je vous cherchais, Mike. Donnez moi votre bras.
Je lui dégrafe le bracelet, ainsi que je l'ai fait pour Lilyah. Il me fait un sourire.
_ Merci, c'était joli, mais ça commençait à me gratter horriblement !
_ Je vais dormir, aujourd'hui. Je compte sur vous et Lilyah pour organiser les choses en mon absence.
_ Entendu. On va s'occuper du vaisseau.
Reste encore le militaire.
C'est en redescendant vers l'infirmerie que je constate à quel point j'ai du mal à garder les yeux ouverts. Ma tête tourne. J'aurais du m'arrêter bien plus tôt. Mais je ne pouvais pas. Enfin, je ne voulais pas. Pas avant d'avoir tout réglé.
Dans l'une des chambres de l'infirmerie, Atrayde est en train d'ouvrir les yeux. Il constate qu'il a récupéré quelque force, et il s'est assis sur son lit. Il me regarde venir.
_ Encore là pour me surveiller ?
_ Vous avez l'autorisation de vous lever quand vous voulez. Je crois même que si Mike a un travail à vous faire faire aujourd'hui, vous serez en état de l'exécuter.
Avant qu'il ait eu le temps de répliquer, je lui ai attrapé la main. Surpris, il me regarde débrancher son bracelet, ainsi que je l'ai fait pour les autres.
_ Vous êtes libres, Jonas Atrayde. Libre de tous nous tuer, si vous en avez encore envie. Libre de vous échapper à la première opportunité, si vous en avez le courage. Ou libre de nous suivre, d'être de notre coté, parce que nous sommes les seuls alliers que vous puissiez encore avoir au monde. A vous de voir.
Je reste un instant comme ça, le bracelet dans une main, son poignet maintenant libre dans une autre. J'attends une réaction. Une réplique ironique et cinglante, qui dissimulerait l'état de faiblesse dans lequel il se trouve. Il ne dit rien. Il est étrangement calme. Il n'y a même pas d'hostilité dans son regard. Je relâche son poignet et repart avec le bracelet, en parlant d'une voix douce.
_ Vous êtes libre. Prenez le temps de choisir ce que vous ferez de votre liberté.
Tiens, les ordinateurs du labo sont restés allumés ? J'ai du oublier de les éteindre. Je sauvegarde les dernières analyses sans les relire, il faudra que je le fasse mais plus tard. Je ne me sens même plus la force de rejoindre ma cabine. Je m'isole dans l'autre chambre de l'infirmerie, m'allonge sur la couche, et laisse le sommeil m'envahir.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Dim 16 Sep - 20:43

Chapitre 14 : Sur le chemin d'une étoile.

Vamy Lilyah
Je regardais mon bras sans mon bracelet. C'était quand mieux sans ce truc. Ma peau respirait mieux. Je repensais à la conversation avec Nilane à propos du militaire.
_ Bonjour, Lilyah.
_ Bonjour, Nilane. Comment va le militaire ?
_ Hum, physiquement il s'en remettra. Moralement, je ne sais pas. Ne le cherchez pas trop, ces temps ci. Il est en état de choc. Certains souvenirs qu'on lui avait effacé lui sont brusquement revenu, et ce ne sont pas des bons souvenir.
_ Vous n'allez quand même pas le plaindre ?
_ Militaire ou non, c'est un de mes patients. Je dois veiller à sa guérison, sur tous ses aspects.
Ce souvenir me troublait. Ne répondait t-il pas à mes doutes ? Pourtant je ne parvenais pas à le chasser de mon esprit. Pourquoi je doutais de Nilane ? Elle se souciait de Jonas, le militaire, le traitant comme un patient normal. Pourquoi je remettais sa probité en doute ? Pourquoi ? Je connaissais réponse. Je me demandais ce qu'aurais fait Nilane à la place de l'autre médecin. Est ce son état d'esprit continuerait ainsi lorsque nous arriverons sur la planète de Xorth ? J'avais promis. Promis que nous aiderions à les soigner. Il fallait que je lui parle. Je devais m'assurer si je pourrais respecter ma promesse.
Je décidais de sortir de ma cabine. J’en avais assez de rester enfermée. Je marchais à travers les couloirs lorsque j'aperçus Mike qui parlait avec le balafré. Je les rejoignis rapidement.
_ Bonjour vous deux, fis-je.
_ Bonjour Lilyah, me répondit il.
_ Bonjour, lança le balafré.
_ Que comptiez vous faire ? demandais-je.
_ Je comptais aller réviser les moteurs afin de vérifier que tout soit bien opérationnel, répondit Mike.
_ Si tu le souhaites, je peux t'aider, dis-je;
_ Je regrette, Lilyah, mais tu as certainement beaucoup de compétences. Tu es une excellente traductrice, tu connais beaucoup de choses... mais tu n'es vraiment pas douée pour la mécanique, me répondit Mike.
Je souris. En effet, Mike devait largement se souvenir de mes dons pour la mécanique. Lorsque je l'avais aidé, il était probable que je l'ai retardé beaucoup plus qu'autre chose.
_ Eh eh eh, on ne peut pas être bon partout, fis-je en riant.
Puis je repensais à Nilane et à notre conversation. Si Jonas avait un problèmes avec des souvenirs il devait s'occuper l'esprit.
_ Par contre, tu devrais demander à Jonas, proposai-je.
_ Tu as peut être raison. il est encore à l'infirmerie ? demanda Mike.
J'acquiesçai. Le balafré décida de nous quitter pour retourner à sa cabine puis Mike et moi fîmes le chemin jusque le chemin jusque l'infirmerie.
Là, Mike proposa à Jonas de l'aider. Celui ci accepta. Ainsi les deux se dirigèrent vers les moteurs tandis que je me reprenais ma promenade. Je songeai à aller voir Xorth et Kara. Ils devaient se trouver à la biosphère. Ils étaient souvent. Je m'y rendis donc.
Arrivée à la biosphère, j'aperçus Xorth et Kara assis dans un coin. Kara apprenait encore de nouvelles choses à Xorth. Je souris et m'avançai. J'aimais bien être avec ces deux là.

Kara
J´ai compris que Xorth avait une chose dans le tête qui le soignait plus vite c´est avec cette chose qu´il a son pouvoir de... hum... télépathie aussi !
Xorth est très fort alors !
"Maman" était bizarre... Elle parle, dit des choses en chuchotant à Xorth et le serre dans ses bras ! C´était rigolo !
C´est pas normal, pas normal... "Maman" prend jamais les gens dans ses bras à part moi.
Mais "Maman" est fatiguée. Oui et c´est parce qu´elle est fatiguée qu´elle a serré Xorth... Oui, c´est ça.
Maintenant "Maman" est partie au lit.
J´explique à Xorth plein de choses qu´il connaît pas : Les livres avec des jolies images, les objets qu´il a jamais vu, et plein d´autres choses encore !
" Non, non ! On ne mange pas des choses euh... chassées. On mange des choses dans des boîtes ou des trucs en... "Faux papier". "Maman" m´a dit le nom une fois mais je l´ai pas retenu... Tu vois les barres dans le vaisseau ? Oui ? Et ben c´est des choses à manger dans du "Faux papier" ! Tu comprends ?
Xorth a les yeux très grands ouverts ! Il est amusant avec cette tête !
_ J´ai essayé de manger des barres mais je n´ai pas aimé cela du tout...
_ C´est normal tu en mange pas depuis longtemps ! Moi je suis habituée, mais le chocolat. Hum... C´est bon le chocolat ! J´adore le chocolat ! Et la nourriture que fait "Maman". Tu aimes, hein ? C´est bon !"
Xorth fait un grand "Oui" avec la tête.
Oh ! Lilyah arrive ! Elle sourit aussi. Elle aime jouer avec nous et moi aussi !
" Bonjour, dit Lilyah, que faîtes-vous ?
_ J´explique à Xorth dans quoi sont les choses qu´on mange. Tu sais les barres...
_ Oui je sais."
Hum... Je m´ennuie un peu... Je veux jouer.
" Et si on jouait ? On pourrait jouer au Chasseur et au Renard ! Tu connais le jeu Lilyah ?
_ Oui, oui je connais. Mais Xorth ?
_ Oh ! Tu as raison ! Je vais expliquer à Xorth !"
Dans ma tête, j´explique à Xorth comment on joue. Il comprend et ferme les yeux en disant des mots comme des chiffres...
Vite ! Moi et Lilyah on court pour se cacher et faire des farces à Xorth pour l’empêcher de nous trouver !

Jonas Atrayde
J’en avais assez de rester sans bouger depuis si longtemps. Même lorsque je dormais après 8 heures de service dans l’armée, je ne restais jamais aussi longtemps allongé. Je décidais de me lever de ma couchette et d’aller faire un tour dans le vaisseau.
Je savais que je n’étais pas en état de faire quoi que ce soit, du moins, le temps de digérer tout ce que mes vrais souvenirs m’avaient révélés… Dire que j’ai vécu tout ce temps là dans un esprit de vengeance, et ça n’avait en fait jamais eu aucun sens ! Lyse…
Et ce traître de Jowy ! Si jamais j’arrivais à remettre la main dessus, je le casserais en deux !
Je regardais mon poignet, il avait conservé la trace de ce bracelet tueur que le docteur Bah m’avait forcé à enfiler. Et présent, elle me l’avait enlevé, elle avait dit que j’étais libre. Je pourrais dès à présent me diriger vers le hangar et voler un exemplaire unique des vaisseaux conservés dans le Magellan, mais ça ne m’était même pas venu à l’idée.
J’étais libre de partir de partir ! Je devrais en être content. Mais partir pour aller où ? J’étais à présent un traître aux yeux de l’armée. Partir pour faire quoi ? Prendre un nouveau départ ? Non, je ne pouvais pas décider une chose pareille sur un coup de tête ! L’armée, l’armée était la seule chose que je connaissais dans la vie. Pour le docteur Bah, j’étais peut être libre de faire ce que je voulais, mais moi, je ne pouvais rien faire. J’étais coincé ! Ma vengeance n’avait plus de raison d’être ! Et Jowy, je ne pourrais sans doute jamais le retrouver… Alors, qu’est ce que je devais faire ? J’étais perdu, perdu, perdu…
Personne pour me donner d’ordre et me dire ce que je devais faire. Il allait falloir décider moi-même de mon destin. Mais pour l’instant, je ne pouvais que suivre les autres… Je me demandais vraiment si j’arriverais à me remettre de tout cela… 3 ans de ma vie qui m’avaient complètement changé, détruits par la vérité…


Dernière édition par le Dim 16 Sep - 20:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Dim 16 Sep - 20:43

Franck Rhoan
_ Et merde ! Saleté ! Pensais-je, me tenant la main.
Ladite main était brûlée, sans doute au deuxième degré. Un capteur à laser m’avait échappé, et le rayon m’avait frôlé la paume, me laissant une superbe trace rouge.
C’était la première fois que ma main tremblait lors d’un travail.
De colère, je flanquai un coup de poing sur un bureau, faisant tomber divers objet. Du fond de mes ruminements, je captai une série de BIP répétitifs. Je descendis mon regard vers les appareils tombés au sol. Le détecteur énergétique avait dû s’allumer dans sa chute. Je le ramassai, y jetai un œil, et retins un juron. J’allumai les hologrammes permettant de voir l’espace autour du vaisseau, et cette fois lâchait un chapelet d’invectives. Je me précipitais vers la sortie du laboratoire, puis vers un des interphones.
_ Bah ! Atrayde ! Criai-je après avoir branché la communication générale. J’ai détecté une immense source énergétique. Une supernova ! Le vaisseau fonce actuellement vers une supernova cent fois plus grande que le soleil éclairant la Terre !
Une réponse vint soudain de l’interphone.
_ Vous êtes sûr, Rhoan ? Répliqua la voix glaciale d’Atrayde.
_ Si vous ne me croyez pas, je vous suggère de regarder l’espace autour du vaisseau. Si nous ne changeons pas de trajectoire d’ici dix ou quinze minute, nous ferons d’excellents toasts. Nos boucliers, mêmes alimentés par mon générateur, sont loin de pouvoir encaisser de telles radiations de chaleur.

Xorth
Les premières parties de ce jeu avaient été vraiment faciles. Je pouvais entendre Kara et Lilyah chuchoter à plusieurs mètres. Quand je devais me cacher, je grimpais à un arbre et me dissimulait dans le feuillage. Ca fonctionnait au début mais elle trouvèrent vite la parade : Elle levaient plus souvent le nez pour me chercher et ne parlaient plus dans leur cachette, respirant le plus calmement possible. Une fois elles me trouvèrent même grâce à ma queue, qui pendait simplement de la branche où j’étais perché.
C’était à moi de compter quand la soercyé arriva, apparemment affolée :
_ Ah Xorth ! Je te cherchais, me dit-elle. Où sont Kara et Lilyah ?
_ Elles sont cachées, répondis-je. On joue à… Ca-ché-ca-ché.
_ Cache-Cache Xorth, corrigea-t-elle. Mais ce n’est pas pour ça que je suis là. Il faut absolument que vous veniez tous avec moi.
Je sentais qu’elle était anxieuse et qu’elle avait peur. J’appelai donc Kara et Lilyah :
_ Lilyah ! Kara ! La soercyé est là !
_ Kara, ta mère veut vous voir, dis-je télépathiquement au cas où elles ne m’auraient pas entendu.
Au bout de quelques minutes, deux visages apparurent entre les arbres.
_ Qu’est ce qui se passe maman ? demanda Kara.
_ Rien Kara, mais j’aimerai que vous restiez avec moi, je vais voir Jonas au poste de pilotage.
_ Pourquoi tu as peur alors ? demanda Kara.
Ainsi donc, elle l’avait aussi senti ! L’anxiété et la peur de sa mère étaient si fortes que même Kara, qui ne maîtrisait pas totalement sa nouvelle télépathie, pouvait le sentir.
La soercyé ne répondit pas. Elle pris Kara dans ses bras en lui faisant un grand sourire. Puis, toujours sans un mot, elle se dirigea vers l’ascenseur. Lilyah et moi échangèrent un regard. Apparemment, nous n’aurions pas d’explication, du moins pas pour le moment. Nous nous dirigeâmes à notre tour vers l’ascenseur. Beaucoup de question me venaient à l’esprit mais une chose était sûre : Quelque chose de grave était arrivé.

Dr Nilane Bah
La salle de contrôle du Magellan a été prévue pour un équipage nombreux. Il y a suffisamment de siège, et de sangles. Mais la super nova nous a déjà prise dans son attraction. Ca secoue. Ca secoue terriblement...
Je n'ai pas assez dormi, mais au moins, j'ai les idées claires. J'attache solidement Kara, avec une sangle raccourcit. Je montre à Xorth comment fermer la ceinture de sécurité. Les autres sont encore debout. Rohan, nerveux pour la première fois depuis que je l'ai vu à travers les barreaux de sa cellule. Lilyah, silencieuse, tranquille, comme quelqu'un qui attend qu'un orage passe. Janus, le balafré, dans un coin, observe sur les écrans, le danger qui s'approche. Rien dans son attitude, ne trahit ce qu'il pense. Ils restent debout, malgré les secousses, et attendent.
La porte s'ouvre. Mike et Atrayde nous rejoignent enfin.
_ On dégage, ou pas ? crie l'ex-militaire. Je ne suis quand même pas le seul à savoir piloter, ici !
_ Trop tard, fait Janus d'une voix simple. Nous avons déjà été pris dans l'orbite.
Mike et Atrayde de répondent pas. Ils prennent le temps d'observer nos expressions graves.
Je regarde le militaire dans les yeux.
_ Ca va être dur. Très dur. Aidez-nous.
Il n'est pas le seul à savoir piloter, c'est vrai. Mais un engin pareil ne se pilote pas comme un simple passe-partout. Et Jonas Atrayde a su le faire décoller avec autant d'aisance que s'il y avait été préparé toute sa vie.
_ Aidez-nous, répété-je.
Je sens sur mon dos des regards incrédules. Ils devaient s'attendre à ce que je lui donne un ordre. Et bien non, c'est une requête.
_ Comment je suis sensé vous aider, moi ?
C'est Rhoan qui intervient.
_ Il faut qu'on se serve de l'attraction pour prendre de la vitesse, jusqu'à ce que qu'on arrive à un point ou l'attraction est moins forte. A ce moment, on utilisera toute la vitesse accumulée pour nous sortir brusquement de l'attraction.
_ Vous êtes le plus à l'aise avec ce vaisseau, reprends-je. Il faut que vous nous aidiez.
Tout le monde m'observe. Ils se demandent ce qui a pu me rendre soudain si humble devant Atrayde, ce qui peut m'empêcher de lui dire ce qu'il a à faire avec la sècheresse habituelle. Mais je ne veux pas courir ce risque. Il est encore émotionnellement fragile, à cause de sa mémoire soudain revenue. Il n'a pas encore décidé où était son camp. Il faut à tout prix qu'il sache. Qu'il a le choix. Qu'il peut s'il le désire, nous laisser nous fondre dans cette boule gigantesque, et mourir avec nous, pour échapper à l'horreur de sa vie volée. Qu'il a ce choix et qu'il ne le fera pas. Parce qu'il n'est pas si fermé à ce qui se passe ici, dans ce vaisseau, à ce qui se joue, à l'espoir que Xorth à mis en nous. Parce qu'il veut, lui aussi, saisir cette ultime chance de rédemption, comme moi, comme nous tous. Et de toute façon, même s'il n'y était pas sensible, l'instinct de survie est si fort, chez cet homme. Encore debout, après tout ce qu'il a traversé.
_ Pas de temps à perdre, fait-il.
_ Que devons-nous faire ?
Il me regarde un quart de seconde, avec un air un peu surpris dans le regard. Oui, c'est bien moi qui lui demande des ordres.
_ Mike, allez surveiller l'état des propulseurs, on va devoir les faire cracher ce qu'ils ont dans le ventre. Le balafré, et Rhoan, à mon signal, vous couperez l'énergie des boucliers, et des lumières dans le vaisseau. Il faut qu'on fasse tout passer dans les propulseurs. Les autres, attachez vous, ça va secouer. Docteur...
Il se tourne vers moi et m'indique le siège à coté du sien.
_ Je ne dois pas quitter des yeux le gravitatiomètre. Je ne peux pas regarder ou je vais. Vous serez mes yeux.
Il déverrouille les commandes manuelles. Devant nous, le panneau s'ouvre, nous révélant l'espace devant nous. Et cette chose qui veut nous avaler. Cette chose. Ce gigantesque feu en boule. Ce feu...
_ Je vais survoler la surface, me dit Atrayde, inconscient de la soudaine tension qui s'est emparé de moi. Tant que la ligne d'horizon se trouve au dessous du quart de l'écran de contrôle, c'est que nous sommes en sécurité.
L'écran... Il s'est assombri, pour me permettre de fixer, sans risque de me brûler les rétines, ce sol, ce sol de pure flamme. Du feu à l'état brut. Plus brûlant encore que les armes caloriques.
Mon dieu...
Allons, ma fille, c'est tout sauf le moment.
_ Docteur ?
_ C'est... Vous pouvez vous rapprocher encore...
Un horizon incandescent. Ca bouillonne au dessous de nous. Ce n'est pas possible. On pourrait être atteints par une projection, on pourrait...
_ Docteur ?
_ En… Encore, c'est bon, ça va.
Je ne veux pas qu'il descende. Je ne veux pas qu'il descende encore. Mais il le fait. La chaleur. La chaleur monte.
_ On va griller, gémit Mike.
_ Mais non, mais non, tout va bien. Dis Lilyah doucement. Enfin... Oui, tout va bien. Tout va bien.
_ Ca va encore, répété-je. Ca va encore...
Qui est-ce que j'essaye de convaincre ?
Soif... Fatiguée... Je serre l'enfant contre moi.
_ Ne meurs pas, ne meurt pas.
Son bras a été amputé avec une précision effrayante. La plaie s'est cautérisée toute seule. Elle a cessé de gémir depuis deux jours, pour tomber dans cet état comateux. Elle ne semble réagir que lorsque je lui trouve à boire ou à manger.
_ Ne meurs pas, s'il te plait. Il ne reste que nous deux. Ne meurs pas. Je te sauverais. Mais ne meurs pas.
Depuis combien de temps ils m'ont jetée dans ce trous. Même pas à boire. Je ne sais même pas ce que j'ai fait de mal ! Je ne suis pas une criminelle !
Pourquoi ils m’ont jetée là, avec la gamine ? Pourquoi il a déclanché son rayon affreux sur notre ville, ce type ? D'après les conversations, j'ai compris qu'il avait été arrêté. Et nous ? Pourquoi ? Parce qu'on est les seules survivantes ? Parce qu'on en sait trop ?
Elle s'appelle Kara. C'est écrit sur la gourmette qui reste sur son bras valide. Une petite gourmette en cuir...
Je n'ai pas le temps de lever la tête en entendant le sifflement. Ca explose près de moi. Le renfoncement de la terre nous a protégées du souffle. Ca flambe. Ca prend peu. Les gardes ! Il faut que je les appelle.
_ A l'aide ! Au feu !
Rien. Des explosions. Les spatiaux qui bombardent. Plus personne près du trou. Plus personne pour nous sortir de là. Bon sang.
Ca flambe. L'air brûle. Je tousse. Je vais crever dans ce trou, brûlée. Non ! La gamine, il faut que je la sauve. Il faut que je la tire de là, il faut que je grimpe, que je grimpe hors du trou...
Je me hisse, je me hisse de toute mes force ça glisse. Je ne... Je ne peux...
On va mourir. On va mourir toute les deux.
Non ! Ca a dégringolé. Un gigantesque poteau radio qui s'écroule sur moi. Je le saisis, je me hisse au dehors. Le village est en feu. Ca hurle. Faut que je me tire, et vite ! Faut.... Pas du coté des terriens. Ils nous rejetterons aux flammes. Les spatiaux. Il faut que les spatiaux m'emmènent...
_ Docteur ? DOCTEUR !
Je reviens à la réalité.
Oh, seigneur, nous sommes si près.
_ Ca... Ca va encore.
Ma voix n'a été qu'un souffle. Atrayde semble hésiter.
_ Vous êtes sûre ?
_ Oui... Oui... Au nom du ciel, on ne va pas bientôt arriver ?
_ C'est pas moi qui décide, c'est l'engin, c'est... Oh ! MAINTENANT, MIKE ET ROHAN.
J'ai à peine le temps de percevoir le bref mouvement de nos deux compagnons. Toutes les lumières s’éteignent, et une brusque violente embardée. Je ferme les yeux. On s'en va. On quitte le feu. Non, Nilane, tu ne quitteras jamais le feu. Il te poursuivra toute ta vie. Tu ne pourras jamais, jamais t'en débarrasser....
On se stabilise. J'entends un soupir unanime partir de toute les poitrines.
_ Les réacteurs ont tenus, annonce Mike, satisfait.
_ Retour à la vitesse Entropique Fissionnaire. Annonce Atrayde.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 26 Fév - 12:38

Chapitre 15 : Un nouveau monde.


Vamy Lilyah :
Je me réveillai sur le lit de ma cabine constatant que j’étais sur les couvertures. De plus, je n’avais même pas retiré mes bottes. Je me levai et essayai de me rappeler ce qui s’était passé. Soudain les souvenirs me revinrent à la mémoire.
Je jouais à la biosphère avec Xorth et Kara à cache-cache lorsque Nilane était venue nous prévenir pour nous amener, comme le reste de nos compagnons, à la salle de pilotage. Nous étions attirés par une supernova. Jonas alias le militaire (je ne pouvais pas m’empêcher d’assimiler ensemble ces deux notions) avait pris les commandes. Ainsi nous nous étions tirés de justesse de l'attraction de la supernova. A quelques minutes près, nous aurions ressemblé à des poulets grillés ou plutôt nous aurions été des humains grillés accompagnés d’un chat rôti. Après je pouvais me souvenir que nous nous étions retournés dans nos cabines. Ensuite je devinai que je m’étais endormi sous le coup des émotions. A mon avis, les autres devaient certainement m’avoir imité.

*
**

Les jours qui suivirent, le voyage se poursuivit tranquillement. Tout restait calme à bord. Pour ma part, je m’occupais soit à lire soit à jouer avec Xorth et Kara. Nilane restait pour le plus souvent à l’infirmerie afin de vérifier ses produits médicinaux. Mais une chose m’intriguait. Pourquoi Xorth la rejoignait t-il si souvent? Je lui avais parlé un jour alors qu’il sortait de l’infirmerie afin de le questionner sur ce que Nilane lui faisait subir. Celui m’avait répondu qu’elle pratiquait des examens. Des expériences, je pouvais comprendre. Alors traitait t-elle Xorth comme un sujet d’expérience comme ceux l’ayant crée ? Non, non et non, ce ne pouvait pas être possible. Cette fois, je devais en parler. Je poussai la porte de l’infirmerie et j’y pénétrai. Nilane était assise devant un bureau à écrire des choses sur un cahier. En me voyant entrer, elle le referma et se releva.
_ Qu’avez vous, Liliah ? Seriez vous souffrante ? Les seules fois où vous venez ici c’est pour accompagner un blessé ou lorsque votre jambe a été blessé, fit Nilane gentiment.
_ Ne vous inquiétez pas. Je vais parfaitement bien, répondis-je. Je voulais vous parler de Xorth. Il est ici très souvent. Que lui faites-vous subir? Il m’a dit que vous faisiez des sortes d’expériences. J’aimerais savoir ce que c’est.
_ Je comprends que vous puissiez vous faire du souci pour Xorth. Néanmoins, je peux vous assurer qu’il est entre de bonnes mains avec moi. Ayez confiance, me répondit Nilane d’une voix calme et sincère.
_ Je l’espère alors, fis-je.
Oui. Je l’espérais. Elle semblait sincère. Pourtant je n’arrivais pas à faire tout à faire confiance. Les médecins sont la race d’humains la plus dangereuse après tout.

*
**
Jonas ou le militaire restait à la salle de pilotage afin de s’assurer que nous ne dévions pas de notre trajectoire. Il restait souvent seul sans parler à personne. Cela me troublait un peu. Le détail qui me semblait le plus curieux et étrange était qu’il ne se disputer même plus avec Nilane. Ou il se passait quelque chose avec lui ou je devenais complètement folle. Par moment j’aurais bien aimé être une petite souris _(finalement non. Je n’aime vraiment pas ces bestioles depuis le jour où des filles de mon dortoir à l’orphelinat en avait mis une dizaine dans mon lit) plutôt un petit hamster_ afin de savoir ce qu’il faisait tout seul.
Mike vérifiait par mesure de précaution que tout fonctionnait dans le vaisseau. Par moment, il venait à la biosphère se reposer où nous parlions ensemble en regardant Xorth et Kara jouer. Nous devenions assez proches tous les deux. Nous essayions de communiquer avec le Balafré. Malgré des débuts difficiles, nous commencions à avoir un véritable contact. Cependant il n’abordait que des choses anodines et aucune chose personnelle. D’un côté, j’étais pareil un peu. Je ne disais pas vraiment grand chose sur mon passé. Je ne pouvais pas le forcer à parler de lui. Nous n’en aurions rien obtenu. Enfin pour revenir au Balafré, il ne manifestait aucun sentiment ni affection mais nous sentions qu’il commençait à nous apprécier.
Rhoan était pratiquement toujours dans son laboratoire mais j’ignorais quelles étaient ses activités. Pourtant je remarquais que lorsqu’il sortait de son antre, il semblait épuisé. Et plus les jours passaient, plus il paraissait épuisé.
Kara et Xorth étaient très souvent ensemble à jouer dans la biosphère. Je les rejoignais souvent pour jouer avec eux. Par moment, Mike se joignait également à nous.
Cependant le voyage ne fut pas toujours aussi calme et paisible. A un moment, nous arrivâmes confrontés à une pluie d’astéroïdes. Comme lors de l’épisode avec de la supernova, nous nous réunîmes dans la salle de pilotage. Ce fut Mike qui pilota le vaisseau tandis que Jonas lui disait où passer pour éviter que nous nous fracassions sur un de ces astéroïdes. Nous, nous restions sur nos sièges à regarder, attendre et prier.
Ensuite le voyage reprit de manière normale et tranquille. Cela devait faire un mois que nous avions quitté la Terre, ma planète d’origine, afin de gagner Epsolin, la patrie de Xorth et de ses compagnons.
Un jour, j’étais à la biosphère étendue à plat ventre sur le sol à lire tandis que Xorth et Kara jouaient à colin-maillard. Soudain les oreilles de Xorth se dressèrent puis il se dirigea vers la fenêtre où Kara le suivit. Intriguée par le comportement de Xorth, j’abandonnai mon livre et me relevai afin de les rejoindre. Je pus voir à travers une fenêtre une planète que Xorth fixait comme hypnotisé. Son attention était un mélange de sérieux et d’excitation. Puis il pointa son index vers cette planète et dit:
_ Ma planète.
Je sursautai presque. Alors nous étions enfin arrivés à Epsolin. C’était exceptionnel et incroyable. Nous étions aux termes de notre voyage spatial. A présent, nous devions guérir les congénères de Xorth. Je resongeais à ma promesse en regardant Xorth ainsi que ma conversation avec Nilane. J’espérais que Nilane soit aussi motivée que moi.

Jonas Atrayde :
Tout le monde venait de se rassembler dans la salle de commande. Cela me faisait une drôle de sensation car je m’étais rapidement habitué à la demi solitude que je vivais depuis quelques semaines dans cette salle. Xorth avait l’air excité de voir que nous nous rapprochions de plus en plus de sa planète natale. J’entrais les dernières coordonnées d’atterrissage, puis je fis très lentement descendre le Magellan vers l’atmosphère. J’étais un peu inquiet ! Après les périlleuses manœuvres que j’avais du effectuer pour nous sortir de la super nova il y a quelques semaines, j’espérais que la coque n’avait pas subi de dommages, sinon…
Nous subissions quelques secousses, mais tout allait bien. En attendant, je relevai l’immense volet en face de moi pour voir enfin de quoi ce fameux lieu où les Nimrodh vivaient, avait l’air. Je sentais l’impatience grandir autour de moi, et toujours ces maudits nuages pour nous empêcher de voir quoi que ce soit !
La petite Kara tout comme Xorth, avait les yeux rivés sur les épais nuages blancs, retenant leur souffle jusqu’à ce qu’ils se dégagent enfin !
Quel spectacle hallucinant ! J’avais déjà été émerveillé par la beauté synthétique de la biosphère du vaisseau, mais là, je pensais au fait que nous allions peut être pouvoir toucher de nos mains ce paysage…
Des forêts vertes, des plaines de toutes les couleurs possibles et imaginables, de la lumière vive et brillante qui n’était pas artificielle ! Dire que c’était peut à cela que ressemblait la terre il y a quelques siècles et que le conflit entre Solarians et Terriens avait littéralement transformé toute la géologie terrestre…
Depuis des semaines, j’avais de plus en plus de raisons d’être dégoûté d’avoir été militaire pendant si longtemps, car c’était à cause de gens comme moi que notre planète Mère ressemblait à une planète morte… au lieu de ressembler à un paradis climatique comme celui qui s’étendait devant nous…
_ Atrayde, vous comptez nous faire atterrir, oui ou non ?! grogna le savant fou.
Je n’avais vraiment pas l’habitude de m’extasier ainsi devant les merveilles de l’environnement, j’en avais presque négligé les préparatifs d’atterrissage. Je me remettais immédiatement au travail ! Tout en me promettant de faire un jour ravaler sa langue à ce scientifique…
Après 20 minutes de descente délicate, j’arrêtais définitivement le réacteur principal à 2 mètres du sol, d’après notre altimètre. Je lançais un scanner à l’aide du module d’analyse d’atmosphère, découvrant rapidement que l’air de la planète était bel et bien respirable.
J’allais mettre les pieds sur une planète qui avait été gardé secrète depuis 800 ans par le gouvernement Solarian ! Je devrais être plus excité, comme tout curieux, mais j’avais encore en tête tous ces souvenirs… Des semaines que je traînaient dans ma tête toutes ses révélations, et je n’arrivait pas à m’en débarrasser ! J’en avais assez ! Mais il n’y avait rien à faire. A moins qu’un quelconque événements ne me fasse surmonter ces horribles visions dans ma tête, j’étais définitivement condamné à vivre avec pour le reste de ma vie…
Tout le monde avait déjà quitté la salle, se préparant à débarquer. Tous, sauf moi… Je fus parcouru d’un frisson quand le Docteur Bah me prit par la main, voyant que j’étais plus prêt à rester dans la salle de commandement plutôt que de descendre explorer les environs…
_ Venez Jonas, on a encore besoin de vous !
_ Pourquoi ? On est arrivé, vous n’avez plus besoin d’un pilote ! Je peux rester ici…
_ Jonas, ce n’est pas le moment de vous morfondre une nouvelle fois dans votre chagrin ! Venez, cela vous aidera sûrement !
Cette fois, je ne pus résister à lui poser la question que me tenaillait les tripes depuis qu’elle m’avait opéré.
_ Pourquoi faites vous ça ? Pourquoi vous occuper autant de moi ? Vous avez veillé sur moi depuis que vous m’avez enlevé cet implant !
Elle hésita à répondre.
_ Vous être mon patient… je dois veiller…
_ Conneries !! Je n’y crois pas !! Il y a autre chose, vous ne pourrais pas me le cacher !!
Elle lâcha ma main et recula de quelques pas. J’avais quasiment hurlé sans m’en rendre compte. C’était à ce moment que je fis une chose que je n’avais jamais faite auparavant. Il y a encore peu de temps, je n’imaginais pas que j’arriverais à faire ça…
_ Dé… désolé ! Je s… je sais... pas ce qui m’a pris !
Elle se rapprocha et m'attrappa l'épaule.
_ Ca va aller. Mais venez avec nous, ne restez pas ici tout seul, s’il vous plait !
Elle avait peut être raison, après tout. Je ne devais pas continuer à faire comme avant, rester cloîtré dans ma vengeance et ruminer tout mes souvenirs. Il fallait bel et bien que je tourne la page. Mais… pour faire quoi ? Je n’étais pas encore sûr. Le seul moyen que j’avais à disposition pour le savoir était de les suivre, de faire comme eux. Car tous dans ce groupe (sauf peut être le savant) avaient le choix, le choix de faire ce qu’ils avaient envie de faire. Et ce dont ils avaient envie de faire, c’était d’aider le peuple qu vivait sur cette planète.
Je me réveillais de ma réflexion, et m’aperçus que Nilhane me tenait toujours l'épaule. Cela devenait assez gênant, je m’en dégageais assez rapidement, puis dis :
_ Je viens ! Laissez moi juste quelques minutes !
_ Bien, nous allons sortir du vaisseau, mais nous vous attendrons en bas !
Elle sortis de la salle et le sas se referma derrière elle. Elle était calme, lorsqu'elle me parlait... en fait, je pense qu'elle était de moins en moins nerveuse en ma présence. Pourtant, je me rappelais l'avoir vu sur le point d'exploser de terreur, encore récemment. C'était au moment où nous passions au plus près de cette super nova. Plus nous nous approchons, plus elle était terrifiée... Est-ce que c'était la chaleur qui avait provoqué ça ?
Et puis à quoi bon y penser, ça n'avait aucune espèce d'importance ! Ce n'était demain la veille que nous nous approcherions à nouveau d'une super nova !
J’espérais à présent que cette cure mentale sur la planète de Xorth allait m’être utile…
Je me levai du siège et me dirigeai vers un assez gros boîtier sur le tableau de commande. A mon approche, les sécurités autour du boîtier s’écartèrent, me laissant le loisir de le prendre en main. Cela permettait de commander à distance toutes les principales fonctions du vaisseau. En effet, j’avais décidé de nous faire atterrir sur une large plaine. Etant donné que les créatures de cette planète ne possédaient certainement pas d’armes de poing, le Magellan n’avait rien à craindre, mais il valait tout de même mieux ne pas laisser les sans grand ouvert pour permettre à n’importe quel animal de venir endommager la belle machinerie de ce vaisseau !
Je m’apprêtai alors à rejoindre les autres.
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 26 Fév - 12:40

Kara :
La planète de Xorth, la planète de Xorth...
Après le long voyage qu´on venait de faire, on va enfin marcher sur la planète de Xorth !
Et les Xorths que j´ai vu... Ceux dans l´endroit tout vert. La petite Xorth, la grande et le vieux... Je les verrai ? Ils seront là ? Je pourrai les toucher ? Leur parler ?
Pendant le voyage dans la "Base-vaisseau", on a eu plein d'aventures ! C'est "L'Etoile géante" qui m'a fait très peur. Ça m'a rappelé quelque chose... Ah mais ! J'avais oublié... C'était sombre, très sombre et puis ça brillait...
Par contre, il y a eu une aventure qui m'a fait beaucoup rire ! On s'est baladé entre des pierres énormes qui flottaient dans le ciel. Tout le monde avait peur, mais moi je trouvais ça si amusant !
"Kara ?"
Oh... Xorth est là devant moi. Il sourit, et il bouge, enfin... sa queue et ses oreilles n'arrêtent pas de bouger, c'est rigolo !
Tiens, Jonas arrive. Il est resté derrière pour faire quelque chose mais je sais pas quoi. Il ne manque plus à "Maman" que d'ouvrir le sas et on pourra courir sur la planète à Xorth !
Pffu... "Maman" et les autres sont curieux. Ils ont les yeux grands ouverts et ils bougent pas.
Bon ! S'ils veulent pas bouger et ben je vais le faire !
Je trottine jusqu'au bouton et j'appuie très fort. Ça grince, ça fait du bruit. Voilà ! La porte est grande ouverte.
Je bondis, je cours, je vole et je crie en piétinant la belle herbe verte. Xorth me suit et semble tout heureux, les oreilles et le nez qui bougent tout le temps.
Je tombe par terre je me roule dans l'herbe. C'est tout doux, tout froid ! Je ris, j'arrête pas de rire !
"Maman" arrive avec Lilyah. Elles sourient, on dirait qu'elles brillent...
Jonas est très étonné.
L'homme aux cheveux blancs, regarde l'herbe avec un drôle de regard, il a l'air très fatigué, non, il est très fatigué et ça me fait peur.
Mike rigole et parle de ce qu'il y a ici.
Et celui avec une cicatrice... Il semble normal mais je sens qu'il est content, heureux et que ça sourit dans sa tête.
Des voix... Des voix... Comme dans mon rêve avec les Xorth... Plein de voix, très différentes...
"Les Xorths... Les Xorths... Ils parlent..."

Xorth :
Chez moi ! J’étais chez moi !
J’étais parti depuis tellement longtemps déjà ! J’en avais presque oublié les odeurs, les sons, les couleurs ! Je m’allongeai dans l’herbe, m’imprégnant odeur, me laissant porter sur ce tapis moelleux. Kara elle, roulait follement sur ce tapis vert à côté de moi.
C’est quoi ça ?
Je crois que je le connais !
Ce ne serait pas Xorth ?
Je me redressai rapidement. Quelqu’un m’avait appelé ! Kara, tout comme moi, regardait autour d’elle.
Mais oui, c’est bien Xorth !
Cette voix… je connaissais cette voix !
_ Bethia ? dis-je à haute voix. C’est toi ?
Un craquement ! Je fis volte-face. Une Nimrodh sorti de l’ombre du bois voisin.
_ Berthia ! criai-je, fou de joie.
_ Xorth ! Plus personne n’espérait ton retour !
Nous nous touchâmes la truffe en guise de salut. Puis je la pris dans mes bras.
_ Mais je suis de retour… ma chère sœur !
_ Quelles sont les étranges créatures qui t’accompagnent ? me demanda-t-elle.
_ J’ai accompli ce pour quoi j’étais parti ! lui soufflais-je.
Elle me regarda, les pupilles réduites à de simples traits en signe de surprise.
_ Tu veux dire que… C’est vraiment les…
_ En fait, oui et non, dis-je. Mais ils vont nous aider !
Je me tournai alors vers mes compagnons de voyage.
_ Voici des Dieux, annonçai-je. Mais ils se donnent le nom d’Humains.
Puis je continuai dans la langue humaine :
_ Mes amis, je vous présente ma sœur, Berthia.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 26 Fév - 12:43

Dr Nilane Bah :
Et voilà. Nous y sommes. Xorth et moi, on s'est préparé à ce moment. On a travaillé dur, ensemble, on a avancé, découvert des choses... Jusqu'à ce que nous nous posions, j'avais confiance, mais quand je croise le regard de cette femme chat – cette Nimrodh...
Il y a dans ses yeux une espèce de terreur, et en même temps... C'est indescriptible. Comme Xorth, elle nous prend pour des dieux. D'un seul coup, ça nous traverse, et se propage en nous comme un poison. Nous n'osons plus bouger, plus faire un mouvement. Les uns après les autres, nous nous figeons. Je retiens Kara, qui voulait se lancer vers la Nimrodh, pour la saluer, et la serre contre moi.
"Ne bouge pas, chérie, ne bouge pas. Il ne faut pas lui faire peur. Laisse Xorth lui expliquer"
Lui expliquer ? Va-t-il vraiment le faire ? Va-t-il vraiment imposer à sa soeur le choc qu'il a subit ? Non, bien sûr. Il l'épargnera. Et cette créature va continuer à nous regarder comme ça.
Impossible de supporter un tel regard. Je détourne les deux. A coté de moi, Janus fixe le sol. Je suis assez près pour le sentir trembler. Oui, je ne rêve pas, il tremble.
_Janus, murmuré-je. Tout va bien. Ne bougez pas.
_ Qu'elle cesse de nous fixer, marmonne tout bas le Balafré, d'un ton qui ne lui est pas coutumier. Qu'elle cesse de nous fixer comme ça, ou je...
_ Calmez vous, Janus. Vous êtes avec nous.
Je ne sais par pourquoi je dis ça. Je ne sais pas exactement de quoi il a peur. Je ne sais pas quel lourd passé cet homme traîne derrière lui, à quelle insupportable vérité de lui-même le regard de la jeune Nimrodh peut le renvoyer. Nous sommes tous mal à l'aise. Nous savons que nous sommes des créatures imparfaites, faibles, mesquines, et lâches. Nous savons que nous sommes chargés de pêchés. Mais les Nimrodh ont besoin de croire en nous. C'est presque insupportable à concevoir. Ils attendent de nous que nous soyons des dieux.
"Qu'est-ce qu'ils se disent, Kara ?"
"Xorth raconte son voyage, comment il a passé le grand anneau de pierre, comment il s'est retrouvé dans la grande coquille vide. Et puis il parle de moi, il dit que grâce à moi, il a apprit à vous parler, parce que nous ne comprenons pas le langage des Nimrodh. Et maintenant, il parle de toi. Il dit que tu es la soercyé, et que tu vas soigner et guérir ceux qui meurent"
Soigner et guérir ceux qui meurent... Oh, mon Dieu, pourvu que j'en soit capable !
Xorth a senti mon doute. Je le sens qui pénètre dans ma tête. Il ravive le souvenir de toutes ces heures que nous avons passée ensemble dans le labo, à étudier ses défenses immunitaires. Il me rappelle le sentiment de triomphe qui m'a envahit, lorsque j'ai trouvé comment développer les capacités de la glande qui lui donne le don de cicatriser, et de lire dans les esprit. "J'ai confiance en vous, soercyé". Merci, Xorth.
Je souris, et me décide à avancer, la main tendue.
_ Bonjour, heu... Cheulos, Berthia.
Elle a un mouvement de recul. Je m'immobilise de nouveau, la main tendue, ne sachant quoi faire.
Xorth attrape délicatement sa soeur par le bras, et l'amène devant moi. Il pose la main griffue dans la mienne, et lui montre comment la serrer et la secouer. Les moustaches de la Nimrodh frémissent. Elle retire sa patte aussitôt qu'elle le peut. Je reste immobile, confuse, penaude.
"Il faudra du temps," me dit Xorth pas télépathie.
Je soupire. Du temps.
Percevant ma pensée, Xorth se tourne vers sa soeur, et se remet à lui parler.
"Il lui demande comment vont les autres, traduit Kara dans ma tête (Je sens que cette fois, tous mes compagnons l'entendent); et elle lui donne le nom de tous ceux qui sont..."
"Oui, j'ai compris, ma Kara. N'écoute plus"
Xorth me communique la vision de son village, telle que lui transmet sa soeur. Je vois les ravages causés par la maladie.
Le bûcher d'incinération ne cesse pas de brûler. Les chants funéraires raisonnent à longueur de journée. Tant de frères disparus, rendus à la terre, rendus à la nature.
Une pensée me vient soudain et me serre le ventre d'angoisse. Ce n'est que le peuple de Xorth qui m'est montré là. Combien y a-t-il de Nimrodh sur cette planète ? Combien de Nimrodh, sur combien de pays, combien de continents. Comment pourrais-je les sauver, moi, toute seule ? Je ne pourrais pas. Je ne pourrais préserver la race qu'en sauvant ceux qui sont à ma portée, pendant que tous les autres mourront sans secours.
Ce n'est pas le moment, Nilane ma fille, ce n'est pas le moment d'avoir la nausée.
Des bruissement alerte nos sens tout autour. Des dizaines et des dizaines de Nimrodh nous rejoignent, nous entourent, tout en se tenant à une distance raisonnable. C'est Berthia sans doute, qui les appelle par télépathie. Pas un cri. Pas un hourra, pas un rejet. Ils sont immobiles et nous contemplent. Comment réagirais-je, moi, si Dieu prenait corps et venait me rencontrer ? Eux semblent hésiter.
Un homme chat courbé et hésitant -un vieillard- sort du cercle et s'avance vers nous. Xorth me souffle à l'esprit que c'est l'ancien, le dernier ancien à être encore en vie. Il s'avance vers moi.
Oui, ce sera lui, lui le seul interlocuteur possible. A lui seul, qui est âgé, qui a tout vu, nous pourrons expliquer.
Je me détache de Kara, je m'avance vers l'ancien, et m'agenouille devant lui.
Il se fige.
Un frémissement traverse les rangs Nimrodh.
"Soercyé, que faites-vous ? Pourquoi essayez vous de paraître plus petite ? Vous êtes un Dieu, pour eux, ne faite pas ça !"
"Xorth, traduis mes parole."
"Mais..."
"S'il te plait"
Je penche la tête vers le sol, et murmure.
_ Chez nous, on s'agenouille pour s'humilier, pour demander pardon. Au nom de ma race, je demande pardon aux Nimrodh. Pardon d'arriver si tard. Pardon de vous avoir laissé sans secours si longtemps. Au nom de ma race, je demande la permission de me racheter, en tâchant de sauver les Nimrodh de la maladie qui les ronge.
Ce n'est pas le langage d'un dieu, mais ce n'est pas le langage d'un être calculateur et froid. Que les Nimrodh aient de leurs créateurs l'image d'êtres honorables, même s’ils ne sont pas divins. Ils pourront continuer à croire.
"Soercyé, l'ancien ne sait pas comment il doit vous répondre."
"S'il accepte mon aide, il doit me relever en me prenant les mains."
Je n'entends pas Xorth transmettre ma réponse, mais le vieillard se penche sur moi et me relève. Il me parle d'une voix douce.
"Il vous demande de nous suivre au village, et d'accepter notre humble hospitalité."
"Nous le suivons."
Je fais un signe derrière moi. Tous mes compagnons, même Rhoan, semblent sensible à l'importance symbolique qu'on nous donne. Seule Kara reste naturelle, et regarde les Nimrodh avec curiosité. Elle meurt d'envie de jouer avec eux. Je sens qu'elle tente déjà d'entamer des dialogues télépathiques avec quelques uns.
"Ma Kara, tu ne peux pas leur parler, Xorth nous l'as expliqué. La télépathie ne marche qu'avec ceux qui parlent ta langue, sauf entre vous deux."
"On dirait qu'ils ont peur de nous, Maman"
"Non, ils n'ont pas peur. Ils sont juste stupéfaits de nous voir."
En file indienne, silencieux, nous nous mettons lentement en marche à la suite de l'Ancien. Xorth, toujours tenant sa soeur par la main, ferme le cortège.
Autour de nous, les Nimrodh s'éparpillent et s'envolent plus qu'ils ne bondissent, vers les branches hautes des arbres, bondissant de l'un à l'autre, partant au-devant de nous. C'est ainsi qu'ils ont coutume de se déplacer, je l'ai bien compris, en observant Xorth.
"Xorth, notre race ne sait pas grimper au arbre."
Je m'arrête, et tous les autres derrière moi en font autant, à l'orée de la clairière. L'ancien nous observe, étonnés.
"Dis-lui, Xorth. Nous ne grimpons pas aux arbres. Notre race ne sait que marcher."
Xorth, bondissant sur un tronc près de lui, rejoint l'ancien en quelque bon, et lui parle. Le vieillard paraît incrédule. C'est pourtant vrai. Nous sommes une race qui marche.
L'ancien nous fait un signe de la main, et s'avance, à pied sous la ramure.
Je m'inquiète. Il est vieux, et c'est un exercice dont il n'a pas l'habitude.
Je devrais essayer de hâter le pas, d'entraîner mes compagnons, mais je ne puis. Je me sens peu sûre de l'endroit où je pose mes semelles.
A l'ombre des hauts arbres, les folles herbes vertes, grasse, douce, qui nous ont accueillie à la sortie du Magellan se raréfient, découvrant un humus d'une étrange couleur mauve. Sur ce sol, vierge de tout sentier, fourmille une population d'insectes étranges, aux formes biscornues, aux couleurs inattendues, du rouge, du jaune. La lumière du jour tombe en tâches blanches, sur le sol nu. Les arbres, aux troncs lisse et caoutchouteux, aux feuilles rondes, sont de plus en plus grand, au fur et à mesure qu'on s'avance, et leur branche de plus en plus hautes. Des sons inconnus descendent des ramures, caressant nos oreilles, sans les surprendre. Ici, les oiseaux ne crient pas, ils murmurent. Pas un souffle de vent, dans ce sanctuaire de bois et de fougère. Tout y semble tranquille, protégé par la couverture verte qui lui sert de ciel.
Un mouvement imperceptible, à ma gauche. Une créature serpentine, couverte de fourrure, s'échappe vivement.
Que de nouvelles espèces ! J'ouvre les yeux grands, malgré moi. Je suis redevenue petite fille. Une irrésistible sérénité se dégage de cet endroit, et pourtant, rien n'y reste immobile. Il y a tant à voir, tant à observer.
Un soupir me ramène à la réalité. L'ancien se fatigue.
_ Xorth, propose-lui de faire une pause.
_ Je lui ai déjà proposé, Soercyé. Il refuse. Nous sommes bientôt arriver.
En effet, je perçois de nouveau mouvements, dans les branches, au dessus de nos têtes. Plus de fuite, cette fois. De la curiosité. Un océan de phosphore qui luit à travers la verdure. Des centaines, des centaines de regard, et pas un murmure pour s'étonner de notre allure. Nous n'avons pas de fourrure. Nous sommes étrangement vêtus.
Et soudain, au détour d'un tronc, ça me frappe.
Une éclaircie soudaine, parmi les arbres millénaire. Et sur tous les troncs entre toutes les branche, de petite habitation de bois et d'écorce, de forme coniques - pour la pluie, sans doute... Des passerelles, ça et là, semble faciliter l'accès à ces huttes. Pas de pont, pas de corde, pour aller de l'une à l'autre. Alors que nous passons sous l'une de ces petites maisons, je lève la tête. Elle semble si fragile, et pourtant si je peux juger la façon dont l'arbre a fait corps avec elle, elle est là depuis des siècles. Comment un assemblage de bois peut-il être si solide ?
Une odeur acre frappe mes narines, mettant fin à mon émerveillement. Sans l'avoir jamais sentie, je la reconnais, immédiatement. C'est l'odeur du bûcher funéraire.
Ils brûlent leurs morts. C'est normal, beaucoup de civilisation primitive terrienne le faisait. Mais le dégoût s'est emparé de moi. Tous ces corps, réduits en cendre. Les corps de ces incroyables créatures, anéantis, par ce maudit élément destructeur. Je serre les dents, essaye de ne plus faire attention à l'odeur, de sentir autre chose.
_ C'est magnifique, s'extasie Lilyah. C'est comme...
Je n'écoute pas.
L'arbre vers lequel l'ancien nous dirige n'est pas pourvu de passerelle. Il ne porte qu'une seule hutte, plus vaste que les autres, à quinze mettre du sol.
Des Nimrodh viennent près de nous. L'un deux, un joyeux adolescent au pelage gris, s'approche de moi, et m'attrape à bras le corps. Avant d'avoir compris ce qui m'arrivait, je me sens arrachée au sol, secouée, ballottée, entraînée vers le haut. Ça ne dure que quelque seconde. J'ai à peine le temps de reprendre mes esprits que je suis debout, sur le plancher de la grande hutte. Mes compagnons, derrière moi, atterrissent l'un après l'autre, apporté assez peu délicatement, pas d'autre hommes-chats.
_ Kara !
Je me retourne et cherche. Mais ma petite fille sort des bras d'une Nimrodh à la fourrure orange en battant des mains.
_ Oh, maman, c'était trop drôle ! Je peux recommencer ?
_ Plus... Plus tard, ma chérie.
Seigneur, elle aurait pu tomber !
L'ancien me parle :
_ Il vous invite à partager son repas, dit Xorth.
Je constate en effet qu'une couverture a été tendu sur le plancher de la hutte. Dessus, des fruits étranges, rappelant vaguement les goyaves, mais de couleur rose, et de la viande cuite. Je transmets mes remerciements à l'ancien et m'agenouille sur la couverture.
_ Ne mangez que la viande, pour l'instant, dis-je à mes compagnons. Ne touchez ni aux fruits, ni aux herbes qui les accompagnent.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 26 Fév - 12:43

A coté de moi, délicatement, Rhoan a découpé l'un des fruits roses. Il en met le morceau dans le petit analyseur portatif que je lui ai fait emporté. Je mords dans un quartier de viande à belles dents. Ça rappelle le boeuf, c'est plus tendre, mais c'est assez fade. Mike a l'air, lui, de bien apprécier. Lilyah grignote, du bout des dents, assez dubitative. Atrayde et le balafré n'ont pas encore touché à la moindre nourriture.
_ Mangez de la viande, leur dis-je. Vous risquez de les vexer. La viande n'est pas une menace, pour nous, d'après les archives que j'ai lu, ce sont les végétaux qui ont empoisonnés nos ancêtres sur cette planète.
L'analyseur sonne, il a fini. Rhoan me montre l'écran. Le toxique répertoriée par la première expédition Epsolin semble avoir totalement disparut. Les Nimrodh ont accomplit leur tache. La planète est à présent viable pour les êtres humains.
_ Vous pouvez vous servir de fruits, dis-je à mes compagnons. Ils ne sont plus dangereux. Le projet Jenova a été une réussite.
_ Assez cynique, ce que vous dites là, docteur, me souffle Rhoan dans l'oreille.
_ Cynique ? Non. Les Nimrodh sont peut-être le fruit d'une expérience scientifique, mais ce n'est pas déshonorant pour eux. Nos enfants naissent parce que nous les créons. Ils sont nos enfants. Nous plaçons en eux des espoirs, qu'ils peuvent ne pas combler, ou combler, ils restent malgré tous nos enfants.
_ Avouez que ces enfants là ont été utiles, ils nous permettent de nous nourrir de ce que nous trouvons sur cette planète, sans danger de perdre la tête.
_ Je n'ai pas envie de discuter de ça avec vous maintenant, Rhoan. Mangez, s'il vous plait. Vous mangez à peine, ces derniers temps.
_ Je me nourris autant qu'il me plait. Laissez-moi tranquille.
Avec brusquerie, il se détourne.
Je retiens un sursaut. J'ai vu un frisson le parcourir, au moment où j'ai fait référence à son manque d'appétit. C'est la deuxième fois que je surprends un signe de faiblesse de ça part. C'est pourtant vrai, qu'il semble épuisé, mais...
Non, il est bel et bien épuisé. Je ne peux pas me le cacher à moi-même plus longtemps. Ce n'est pas la simple fatigue de quelqu'un qui se remet d'années de captivité trop longues. Loin de s'améliorer, son état de faiblesse s'aggrave.
C'était sous mes yeux, et je n'ai rien vu. Je n'ai pas voulu regarder.
Pas maintenant. Pas tout de suite. Ce soir, au Magellan, j'insisterai pour l'examiner. Mais là...
J'observe la hutte. Elle est composée de deux partie, le plancher sur lequel nous mangeons, et une passerelle au dessus de nos tête, constituant un deuxième étage, celui où l'ancien dort, je suppose.
J'ai arrêté de manger. L'ancien se tourne vers moi, il devait attendre cela pour me parler.
_ Soercyé, l'ancien vous remercie d'être venue, et vous demande quels sont vos ordres.
_ Mes ordres ?
_ Il veut savoir ce qu'il faut faire pour guérir les malades.
_ Il faut que je puisse les voir, avant tout.
Nous y sommes. Je croise les regarde des Nimrodh resté dans l'assistance, autour de nous. Ils sont pleins d'espoir. Ils sont persuadés que je vais faire un miracle. Mais, je ne peux pas faire de miracle. Si je parviens à faire quelque chose, ça prendra du temps.
_ Il faut que je voie les malades, dis-je. Ensuite, je ferais ce que je peux, mais ça prendra du temps.
Xorth traduit mes paroles, qui provoque autour de nous des murmures.
Je surprends un regard étrange, de la part de Lilyah. Elle semble me guetter. Comme si j'étais en train de passer une épreuve. Une épreuve dont je ne connais pas l'enjeu.
Je vois soudain un Nimrodh, plus petit que les autres, un jeune, à la fourrure d'une blancheur immaculée qui s'avance vers moi.
Son regard a quelque chose d'accusateur. Il me parle d'une fois tremblante, mais pleine de défit.
_ Soercyé. Aneg veut savoir si vous guérirez sa mère.
Dis lui que je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour ça.
Xorth traduit. Nouveaux murmure. Ce n'est évidemment pas la réponse qu'ils espéraient. Il voudrait que je leur promette de réussir. Mais je ne le peux pas.
Le jeune félin blanc continue à me fixer, et me repose une nouvelle question.
_ Aneg veut savoir s'il est dans votre pouvoir de guérir sa mère.
_ Pour l'instant non, mais...
_ Docteur !
Lilyah, s'est soudain redressée, une lumière furieuse dans son regard.
_ Vous... Vous ne pouvez pas leur dire ça ! Xorth, ne traduis pas !
_ Lilyah ? s'étonne Mike à coté d'elle. Qu'est-ce qui te prends ?
_ Docteur, vous ne pouvez pas leur dire que vous n'avez pas le pouvoir de les guérir, vous êtes là pour ça, tous vos espoirs sont en vous.
_ Justement. Je ne peux pas leur promettre plus que ce que je peux accomplir. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir, comment pourrais-je faire plus ?
_ Ils sont malades ! Ils ont besoin de vous !
_ Qu'est-ce qui vous arrive, Lilyah ? Je n'ai pas l'intention de les abandonner à leur sort !
_ Vraiment ? Ils vous intéressent comme de nouveaux objets d'études, mais une fois que vous en aurez appris suffisamment, que ferez vous ?
_ Lilyah, au nom du ciel, calme-toi ! souffle Mike en tentant de la faire rasseoir. Ce n'est pas le moment !
Lilyah hésite, mais se laisse rasseoir. Je me retourne vers Xorth.
_ Dis lui que j'ai beaucoup de pouvoir, mais que je ne peux être sûre de rien.
Xorth traduit la réponse. Le jeune chat se mets alors à crier. Pas besoin de Xorth pour comprendre. Il dit "Imposture ! Imposture!" Il dit la même chose que Lilyah. Que je ne chercherais pas à les guérir. Oui. Je ne suis pas une déesse, juste une humaine. Je ne peux pas promettre de réussir.
Plusieurs Nimrodh essaye de calmer Aneg, mais je sens le doute qui envahit quelques uns. Janus s'est soudain levé.
_ Xorth, traduis ce que je vais dire.
Xorth appelle au silence d'une voix forte. Une fois le calme rétabli, le Balafré commence, d'une voix très sereine, mais déterminer.
_ Le docteur Bah et les autres vont retourner au Magellan. Vous, les Nimrodh, vous y transporterez vos malades, pour qu'elle puisse les y soigner. Moi, je resterai avec vous, je partagerais vos tâches quotidiennes et tenterai d'aider votre communauté du mieux que je peux. Si aucun des malades ne survit, malgré les soins du docteur, vous serez libre de vous venger sur moi de la façon dont vous le déciderez.
_ Janus ! M'écris-je. Vous êtes fou ?
Il me regarde avec un sourire. Le premier sourire que je lui vois faire.
_ Fou ? Non, docteur. Je vous ai vu opérer le militaire. Une opération que vous n'aviez jamais faite. Et que vous avez réussie. Vous êtes un bon médecin, vous avez beaucoup de talents. Je vous fais confiance.
Confiance. Tous me font confiance. Comme cette confiance est lourde à porter !
L'ancien parle. Xorth traduit.
_ Il dit que Celui-qui-a-une-marque-sur-le-visage parle sagement, et vous demande d'excuser Aneg pour son insolence, du à son jeune âge. Il dit qu'il sera plus qu'honoré de garder le Dieu-qui-a-une-marque-sur-le-visage pendant que la Soercyé guérira les malades.
Le sort en est jeté. Impossible de revenir en arrière.
Je me relève.
_ Nous allons retourner au Magellan immédiatement. Qu'on m'amène les malades. Xorth, j'ai une chose à te demander.
Je sors de ma sacoche un récipient isotherme et des pincettes.
_ Cette pierre par laquelle le Mal vous est venu, je voudrais que tu me la rapportes, dans ce récipient. Attention, ne la touche pas. Sers-toi de ces pinces pour la prendre.
_ Bien, soercyé.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 26 Avr - 9:46

Chapitre 16 : Arig



Jowy Benaldès:



Tout tourne dans ma tête, j'ouvre les yeux. Soudain, je me relève, je suis trempé de sueur, je regarde autour de moi, paniqué. Où suis-je? Et moi, qui suis-je? Il faut que je sorte d'ici ! Je me met à courir vers les parois en métal qui me retiennent prisonnier et les heurtes de plein fouet. Je recommence plusieurs fois, je crie, je hurle.
_ JE VEUX SORTIR! JE VEUX PAS RESTER ICI! QU'EST-CE QUE JE FOUS LA?


Il faut que je me contrôle, que je me calme. Je regarde les parois. Ça y est, ça me revient, oui, je suis Jowy Benaldès, caporal dans l'armée solarienne... J'étais en train de me battre contre ces satanés Lambs. D'ailleurs, je m'en souviens maintenant, un des ces officiers Lambs avait pénétré dans cet étrange vaisseau, le Magellan, lorsque l'exosquelette en est sorti. Quelle saleté d'ailleurs, cet exosquelette... Toujours est-il que j'ai profité de son repli pour pénétrer à mon tour dans le vaisseau. Peu de temps après, le sol s'est mis à trembler et j'ai eu la sensation que le vaisseau bougeait. Je me suis précipité dans les sous-sols de la machine pour me cacher mais ... AH! je m'en souviens, de cette terrible douleur qui me rongeait la tête, AAAAH! De quoi rendre fou un sage. Ensuite, ensuite...
Je ne me souviens pas, j'ai du perdre connaissance. SI ! Je me souviens m'être levé pour aller dans cette étrange sale, une sorte de nature artificielle, la biosphère. Là bas, il y avait des fruits, oui, de délicieux fruits, j'en ai pris quelques-uns pour me rassasier.

Mais, qu'est-ce que je sens? un courant d'air? Oui! cela veut dire que le Magellan est posé.


J'ouvre discrètement la porte et regarde en dehors, personne.

Je tends l'oreille pour tenter d'entendre des voix: Aucune, personne.

Je prend alors le risque de me faire voir en avançant dans le couloir, personne.

Le vaisseau semble vide, les occupants ont dut sortir, peut-être devrais-je risquer un petit tour dehors? Non, je risquerai de me faire voir à coup sur... finalement, je me décide à sortir.

Le paysage ne ressemble pas à la terre. Je ne suis pas sur terre. J'admire cette plaine et, d'un coup, j'entends des gens approcher. Des Lambs? Aucune idée. Rapidement, je retourne dans le vaisseaux, dans la salle où je m'étais caché. Je ne rêve pas, non ! Je suis sur une planète viable. Il faudra prévenir mes supèrieurs.

Vamy Lilyah :
Nous étions rentrés au Magellan tard dans la soirée. Tout le monde s’était rendu à sa cabine afin de se reposer des derniers événements. Enfin tout le monde sauf Nilane, qui était à l’infirmerie, et moi qui était dans la biosphère. Je réfléchissais à ce qui c’était passé au village de Xorth. Je me souvenais des moindres paroles prononcées par Nilane. Chacune résonnait dans mon esprit.


_ Soercyé. Aneg veut savoir si vous guérirez sa mère.

_ Dis-lui que je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour ça.
Xorth traduit. Nouveaux murmure. Ce n'est évidemment pas la réponse qu'ils espéraient. Il voudrait qu'on leur promette de réussir.


Le jeune félin blanc continue à fixer Nilane et repose une nouvelle question.
_ Aneg veut savoir s'il est dans votre pouvoir de guérir sa mère.


_ Pour l'instant non, mais...

_ Docteur !
Le cri m'a échappé malgré moi :


_ Vous... Vous ne pouvez pas leur dire ça ! Xorth, ne traduit pas !
A coté de moi, Mike ne comprend pas ce qui m'arrive.


_ Lilyah ? Qu'est-ce qui te prends ?
C'est, de l'équipage du Magellan, celui qui m'est le plus proche. Il ne m'a jamais vue comme ça.
_ Docteur, vous ne pouvez pas leur dire que vous n'avez pas le pouvoir de les guérir, vous êtes là pour ça, tous vos espoirs sont en vous.


_ Justement. Je ne peux pas leur promettre plus que ce que je peux accomplir. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir, comment pourrais-je faire plus ?

_ Ils sont malades ! Ils ont besoin de vous !

_ Qu'est-ce qui vous arrive, Lilyah ? Je n'ai pas l'intention de les abandonner à leur sort !
Qu'est-ce qui m'arrive ? Comment pourrais-je lui expliquer ce qui m'arrive ?Je sais qu'elle n'est pas en train de les abandonner, mais avouer son impuissance, c'est comme renoncer à réussir.


_ Vraiment ? Ils vous intéressent comme de nouveaux objets d'études, mais une fois que vous en aurez appris suffisamment, que ferez vous ?
La main de Mike s'est refermée sur mon bras.


_Lilyah, au nom du ciel, calme-toi ! Ce n'est pas le moment !
Je sens l'incompréhension dans son regard et me voit à travers ses yeux... Oui, ma conduite est incompréhensible.
Le docteur se tourne vers Xorth


_Dis lui que j'ai beaucoup de pouvoir, mais que je ne peux être sûre de rien.
Xorth traduit la réponse. Le jeune chat se mets alors à crier. Pas besoin de Xorth pour comprendre. Il dit "Imposture ! Imposture! »
Je ne savais pas quoi faire. Faire confiance ? C’était difficile, surtout pour moi. Je n’arrivais pas à oublier ce qui c’était passé avant, il y a bien longtemps. Nilane agirait t-elle de cette façon ? Allait-elle les laisser mourir ? Je ne voulais pas et je ne pouvais pas. Je me battrais pour cela. Parmi les Nimrodh, il y avait des enfants. Des enfants qui allaient mourir ou deviendraient orphelins. Orphelins… Comme moi. Cette pensée sembla avoir raison de tous mes doutes. Cette fois ci, je ne pouvais plus reculer. Je me levai de mon banc et sortit de la biosphère.


Je gagnai rapidement l’infirmerie. Je ne voyais rien du chemin que j’avais pris. Mon esprit était totalement centré sur ma pensée avec Nilane et le sort des Nimrodh. J’aurai pu rencontrer un éléphant face à moi, il était probable que je n'aurais rien remarqué tellement j’étais obnubilée. Je poussai la porte de l’infirmerie sans prendre le soin de frapper pour annoncer ma venue.
« Ca devient récurent. La dernière fois, je n’ai pas frappé non plus », songeais-je.
Nilane était assise à son bureau à regarder sans doute les résultats des analyses et expériences sur Xorth. Lorsqu’elle me vit, elle releva la tête surprise.
_ Lilyah ? Je crois que vous avez pris l’habitude de venir ici sans frapper.


_ C’est possible, docteur, mais je ne suis pas là pour discuter de la façon d’entrer.

_ Hum, je crois deviner pourquoi. Ce ne serait pas sur ce qui s’est passé au village avec les Nimrodh ?
Je fus surprise durant quelques secondes. Puis je réalisais qu’elle avait pu le deviner en se souvenant de mes actions.
_ En effet. Pourquoi leur dire qu’on ne peut pas les aider. Nous devons tout faire pour les sauver.


_ Lilyah, calmez vous. Je le sais. Mais je ne suis pas surpuissante. Je n’ai aucun pouvoir divin. Je ne sais pratiquement rien du mal qu’ils souffrent. Je ne peux pas m’engager de les guérir car ….

_ Non. Nous devons leur montrer qu’ils peuvent avoir confiance en nous. Il le faut.

_ Lilyah, laissez moi parler je vous prie. Après, vous pourrez dire tout ce vous voulez.

_ Bien. Allez y. Je vous écoute.

_ Merci. Je ne peux pas faire de miracle. Je suis médecin. Je veux les sauver autant que vous. Pour un patient, je lutterais jusqu’au bout. Mais j’ignore tout du mal qu’ils souffrent. Je ne peux pas me permettre de mettre tous leurs espoirs en moi pour les décevoir plus tard. Voilà j’ai fini.
Je répétais ces mots dans ma tête. Pour un patient, elle lutterait jusqu’au bout. Elle ne voulait pas leur insuffler un espoir trop grand pour ne pas les décevoir face aux conséquences. Les souvenirs me revenaient à la mémoire. Je me demandais ce qu’aurait fait Nilane à la place de l’autre. Je voulais savoir. Ce serait l’ultime test.
_ Nilane, pourriez vous répondre à une autre question ? demandais d’un ton poli et aimable.


_ Volontiers.

_ Hum, imaginons que vous travaillez dans un hôpital, un service d’urgences. Un accident vient de se produire il n’y a pas longtemps. Soudain une femme blessée accompagnée d’un enfant d’environ huit ans arrive. L’enfant vous demande de sauver sa mère qui est très grièvement blessée car son père est mort sur le coup dans l’accident. Que feriez vous?
Nilane semblait avoir compris. Etait il possible qu’elle ait compris la signification et la symbolique de mon exemple ?
_ D’abord j’essaie de rassurer l’enfant en lui disant que je ferais tout. Ensuite j’examine la femme. Evidemment je ne peux pas dire ce que je ferais. Je n’ai aucun détail de son état.
Sa réponse était calme et semblait sincère. Cela m’en désarmait presque. Elle me regardait avec un sourire à la fois triste tout en essayant d’être compréhensive.
_ Cet exemple, vous ne l’avez pas inventé, n’est ce pas ? C’est un souvenir à vous ?
Je fus surprise. J’étais étonnée qu’elle ait pu le comprendre si vite. En fait, j’étais surtout étonnée de moi même. J’avais raconté quelque chose que je ne parlais jamais à moi même et je venais de le raconter à une autre personne que je connaissais depuis quelques semaines.
_ En effet.
Je ne pouvais pas m’empêcher de répondre et de dire la vérité. Pourtant ma voix restait basse mais je gardais la tête haute. Peut être avais je besoin de l’avouer?
_ J’avais huit ans. J’étais avec mes parents un jardin public lorsqu’une bombe est tombée sur le parc près de nous. L’impact du choc et le souffle de l’explosion m'ont propulsée en arrière ce qui m'a protégée. Mon père est mort sur le coup. Ma mère a été projetée aussi mais un rocher a stoppé sa chute. Elle a perdu connaissance. Elle avait beaucoup de plaies sur tout le cou. Le sang coulait. Lorsque l’ambulance l’a emmené, je suis montée avec. A l’hôpital, j’ai supplié le docteur des urgences de la soigner lui disant que je n’avais plus qu’elle. Mais il m’a dit que c’était trop tard. Il refusait de la soigner car il devait partir et n’avait pas le temps de l’opérer. Ma mère est morte une journée plus tarde de ses blessures. Depuis j’ai été placé dans un orphelinat. J’étais distante des autres. Je ne pouvais plus rire, jouer... alors les autres étaient méchants… c’est pour cette raison que je restais à lire dans la bibliothèque. Puis à quatorze ans, je me suis enfuie pour vivre ma vie seule sans dépendre de personne jusqu’à notre rencontre.
J’avais raconté tout d’un trait sans me rendre compte vraiment. J’avais l’impression que cela me faisait du bien. Je me sentais plus libre. Nilane était épouvantée et attristée.
_ Lilyah, je ne sais pas dire …. Je suis ….


_ Ca va. Je sais qu’il n’y a rien pour exprimer cela. Parlons d’autre chose je vous prie.

_ Si vous voulez. Alors revenons aux Nimrodh. Où êtes vous dans l’étude de la langue de Xorth?

J_’avance doucement mais sûrement. A présent, je peux reconnaître une centaine de mots. Je peux formuler des phrases simples. Je peux comprendre des phrases en m’aidant des mots que je comprends. Si vraiment je ne sais pas traduire, je peux m’aider de gestes. C’est un travail fascinant. Mais cela demandera de beaucoup de temps encore.

_ Vous faites du bon travail, Lilyah. Mais continuez ainsi.

_ Arig, Nilane.

_ Arig ? fit Nilane surprise.

_ Cela signifie merci dans la langue de Xorth.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 26 Avr - 9:47

Kara
"Maman" est dans l'infirmerie et les Xorths amènent leurs malades. Malades de quoi au juste ? Ah oui ! A cause de la pierre noire... C'est triste, si triste...


Les autres sont dans le "Vaisseau-base" et aident un peu. Et Celui à la cicatrice ? Il a décidé de rester chez les Xorths et si "Maman" ne soignait pas les Xorths malades il...

Non, non ! "Maman" doit les soigner... elle doit, elle doit ! Elle y arrivera !

Xorth est resté avec sa soeur... Elle si jolie et si grande. Elle s'appelle Berthia. Je trouve que c'est un nom qui lui va bien.

Et ceux de ma vision... Je les ai pas encore vu. Ils sont peut-être... Ah non, non ! Je les verrais, je les verrais !

Tout le monde fait des choses ici. Je m'ennuie, et si j'allais me balader ? "Maman" le saura pas parce qu'elle est trop occupée...

Je sors tout doucement du "Vaisseau-base" et je me mets à courir dans l'herbe. Personne ne me voit on dirait. Ca doit être à cause des herbes... Elles sont énormes et très vertes !

J'ai jamais vu un endroit comme ça... C'est beau et on dirait que c'est infini ! C'est pas la forêt euh... toxique. Les arbres là-bas ne sont pas pleins de feuilles avec de belles couleurs. Y a pas des fruits un peu partout non plus...

Oh ! Des animaux ! Dans les livres que "Maman" me lisait, il y avait beaucoup d'images d'animaux qui vivaient, ou vivent je sais plus, sur Terre. Mon préféré c'est un animal qui vit dans l'eau. Il est très très grand et gris ou bleu. Ca chante aussi et on dirait un poisson. "Maman" m'a dit que c'était une baleine... C'est joli...

J'entre dans la grande forêt. Le soleil est caché par les grandes feuilles, ça fait de l'ombre.

Soleil... Hum ça fait longtemps que j'ai pas vu un aussi brillant soleil !

J'avance en regardant autour de moi. Y a plein de choses que je connais pas !

Tiens ! Il y a quelque chose qui bouge derrière ce buisson ! C'est quoi ?

Je marche sur la pointe des pieds et saute sur la chose qui bouge. Elle se débat très fort ! Je lâche et la chose qui bouge se retourne vers moi.

Mais... Mais c'est... Une Xorth ! Une Xorth adulte ! Elle a un pelage jaune, rouge et marron.

Peur, peur ! Je sens de la peur dans ses yeux dorés...

C'est... C'est la Xorth de ma vision ! Plus vieille mais c'est elle ! C'est elle ! Je souris et tends ma main.

La Xorth regarde ma main avec curiosité mais elle recule. Je lui envoie de la joie pour la rassurer. Elle me regarde dans les yeux et me fixe.

Je ne sais pas combien de temps il s'écoule mais ça doit faire un petit moment que je suis partie du "Vaisseau-base"...

Oh... La Xorth bouge un de ses bras et... elle pose sa grande main fine dans la mienne. Je la serre tout doucement et je m'approche en envoyant de la curiosité. J'essaye de lui "donner" ma vision mais je ne sais pas si elle l'a "vue".

La Xorth fait une espèce de sourire et me prend dans ses longs bras. Elle est contente, contente ! Et elle rit dans sa tête on dirait !

Hum... C'est tout doux...

J'ai un peu mal à mon "Faux-bras" mais c'est pas grave, je suis contente c'est tout.

Xorth
Avec mille et une précautions, je mis la pierre noire dans le récipient à l’aide des pinces. Ce pourrait-il vraiment que ce soit la source du Mal qui décimait mon espèce ? Je regardais avec curiosité la pierre. Parfaitement lisse, elle semblait être noire mais quand on regardait bien, on pouvait y voir quelques reflets dorés. Il m’avait été difficile de la retrouver. Apparemment, on l’avait déplacé pour faire de la place aux malades. J’avais du demander à la moitié du village encore vivant s’ils savaient où elle était. Finalement on m’avait indiqué qu’on l’avait mise dans mon ancienne hutte, croyant que je ne reviendrais pas. Malgré sa grande taille, elle était étonnamment légère. Elle était ronde, parfaitement ronde.


La pierre sous le bras, je me mis en route pour le vaisseau, sautant de branche en branche, d’arbre en arbre. Ma longue absence ne m’avait pas fait oublié mes réflexes, et ce fut très rapidement que j’atteignis l’orée du bois.

Je me laissai tomber de la branche où j’étais perché et atterris dans un bruit sourd au milieu des hautes herbes. Quand je fus près du vaisseau, je ne pu ignorer les nombreux abris qui étaient battis à proximité. Ainsi les familles des malades préféraient attendre près du vaisseau plutôt que de retourner au village. C’était parfaitement compréhensible : Qui voudrait rester dans un lieu hanté par le malheur alors qu’un malade qui nous est proche est soigné à quelques pas de là ?

Quand je m’approchai du vaisseau, une plate-forme descendit à ma hauteur. Je ne comprenais pas pourquoi elle descendait vu que je pouvais atteindre l’entrée d’un simple bond ! Enfin, avec la pierre, il m’aurait été difficile d’atteindre la petite ouverture du premier coup et cela me permettrait de me reposer un peu. Je me plaçai donc sur la plate-forme qui m’emmena à la hauteur de la porte qui s’ouvrit à mon approche.

« Il faudra un jour qu’on m’explique comment ils font ça ! » pensai-je.

Je pris l’ascenseur pour me rendre au deuxième étage, là où se situait l’infirmerie. Une fois à destination, je m’exclamai bien fort afin que l’on puisse m’entendre :
_ Soercyé, j’ai ramené la pierre !
La soercyé souris.


_ Merci, Xorth. Nous allons pouvoir commencer.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 26 Avr - 9:50

Chapitre 17 : Les vestiges du savoir ancien.





Mike Libane:
Le soleil. Plus d’un mois que je n’avais plus ce soleil pour me réveiller. Alors, quand un rayon de soleil me caressa les paupières, j’étais content. Mais, bizarrement, la puissance de la lumière semblait plus faible que sur Etrenank, comme si l’étoile incandescente était plus neuve.
_ Hmmmmm, encore une belle journée qui s’annonce, fis-je en m’étirant.
Après m’être levé, douché et habillé, je partis en ballade dans le vaisseau, profitant de la moindre écoutille pour admirer cette nature préservée. A un certain moment, quand j’entrai dans la salle de détente, je pus voir à travers la grande écoutille de la salle le réveil de nos hôtes à poils. Ils avaient aménagés des petites huttes devant le sas d’entrée. Je voyais l’un deux qui se démenait sur un grand tas de bois. J’observais avec intérêt cet être qui jouait habilement avec des pierres pour produire le feu, ce que nous, pauvres humains, avions réussi à faire au bout de plusieurs millénaires, alors qu’eux, y sont arrivés seulement en quelques siècles. Je décidais de rester à mon lieu d’observation, croyant naïvement qu’il préparait un barbecue géant. Je pus voir rapidement que ce n’était pas ça.


Deux Nimrodh portait un brancard, sur lequel était couché une autre de ces créatures fantastiques, qui devait être femelle, selon les caractéristiques physiques normale. Un petit Nimrodh marchait à coté, il semblait pleurer. Pour ce qui était de celle allongée, on aurait dit qu’elle dormait, avec plusieurs morceaux de peau mises à nues à cause de la chute des poils. Les porteurs la déposèrent sur le bois, qui ne brûlait pas encore assez, puis se retirèrent dans une hutte, juste à coté. Le petit restait là, en versant des larmes tandis que le visage de la femelle commençait doucement à se faire lécher par les flammes dévastatrices.

J’avais assisté à tout ça, et je me mis à pleurer doucement contre la fenêtre. Cet écran transparent montrant un monde agonisant, n’était plus qu’une faible cascade de larmes. En voyant cette scène, je m'étais souvenu de la mort de ma mère, emporté par la grippe spatiale qui sévissait il y a 10 ans. A l’époque, les dirigeants avaient dit qu’il n’était pas utile de débloquer des fonds pour la recherche, disant que la maladie n’était pas bien grave et qu’elle disparaîtrait d’elle même. Mais quand un cas fut détecté dans une colonie de politiciens, les chercheurs furent tenus de trouver un vaccin. Ce qu’ils réussirent au bout de deux mois. C’était ça l’humanité : un monde égoïste et égocentrique, mais heureusement, tous n’étaient pas comme cela. Le docteur Nilane Bah par exemple. Je trouvais qu’elle aurait dû dire sans hésitation qu’elle pouvait les guérir, quitte à mentir. Car ainsi, il aurait resté toujours un espoir en ces êtres magnifiques. Sachant qu’ils seraient un jour sauvés, ils se seraient battus, se disant de tenir jusqu'à ce moment béni.

Je m’essuyai les yeux, et regardai par la fenêtre. Le mini village se réveillait peu à peu, et tous se dirigeaient vers le grand feu, signe funeste d’un début de journée et de la fin d’un compatriote.

Je posai ma main sur cette vitre et avec un faible sourire, je murmurai :
_ Nous vous sauverons, je vous le promets.


Janus Winnfield

Il y a à peine quelques jours, jamais je n'aurais pris la décision que je venais de prendre... Mais maintenant, je sentais que j'avais parfaitement confiance en la doctoresse. Il ne me restait plus qu'a espérer qu'elle réussirai a trouver un remède pour la maladie. Je passai la nuit dans la hutte de l'ancien, à l'étage. La promiscuité de cette créature était embarassante, mais je finis par m'endormir. Au matin, quand je me réveillai, le jour semblait levé depuis longtemps. J'étais seul. Je descendis à l'étage inférieur de la hutte et m'approchai de la terrasse, me demandant comment j'allais descendre de l'arbre. A peine avais-je formulé cette pensée qu'un éclair de fourrure grise jaillit près de moi. Je me sentis empoignée, secoué comme un sac, et je me retrouvais au sol, au pied de l'arbre.. Le Nimrodh qui m'avait transporté jusque l'à s'éclipsa aussi rapidement qu'il était venu, et je me demandai ce que j'allais faire. Finalement, je pris pour parti de faire un tour dans le reste du village et peut être en dehors pour pouvoir réfléchir deux secondes. Je commençai par faire un tour à l'extérieur du village.
A la sortie du village opposée a celle qui menait au vaisseau, après un petit sentier au travers de la forêt, se déroulait une immense plaine. Je repensai à la Terre que j'avais quittée, et aux mémoires de ceux qui avaient vécu avant le cataclysme... Avaient-ils vu, eux aussi, un paysage tel que celui-ci ?


Bon, ce n'était pas le moment de faire dans le sentimentalisme. Il fallait que je cherche. Une nouvelle forêt s'étendait, pas loin de là où je me trouvais. Je m'en approchai...

Un Nimrodh surgit devant moi soudainement, et se mit a me parler. Je sentis dans ma tête des images...Foret...Peur...Mort...Interdit...

D'après ce que je pouvais composer, la forêt était un territoire interdit à tous les Nimrodhs. Ils en avaient peur...

Ou quelqu'un les forçait a en avoir peur.

Je m'avançai vers la forêt, en essayant de rassurer l'autre Nimrodh. Finalement, il me laissa passer, en pensant que de toute façon, j'étais considéré comme un dieu chez eux...

La forêt était beaucoup plus profonde, moins accueillante que celle où vivaient les Nimrodh. C'est vrai qu'elle avait de quoi faire peur... J'avançai vers le coeur, où j'étais sur que je trouverais quelque chose.

Une gigantesque clairière se découvrit devant moi à un moment. Entièrement couverte d'herbe. Enfin, presque. La technologie laisse toujours des traces... J'arrivai au centre de la clairière et je vis distinctement que l'herbe avait une texture différente que celle qui avais poussé naturellement. Je donnai un coup de talon dedans. Du métal en dessous de l'herbe synthétique... En suivant le reste de la plaque de métal, je trouvai des petits câbles quelque part. Il suffisait de les brancher. Soudain, le sol s'ébranla. Je reculai et quelques secondes plus tard, la ou se trouvait le carré d'herbe se trouvait maintenant une porte qui menait sous la terre... De construction humaine, sans aucun doute. Aucun Nimrodh n'avait jamais du aller la, et même s'ils y étaient arrivés, ils n'auraient jamais découvert la base... Je descendis.

Une espèce de base en préfabriqué. L'électricité avait été coupée, et l'obscurité régnait. J'enlevai mes lunettes pour la première fois depuis longtemps. Les systèmes de sécurité étaient généralement indépendants du système principal, et détectaient sûrement d'autres équipements électroniques. Mes yeux étaient toujours habitués à l'obscurité, et je n'eus aucun mal à trouver un chemin dans la pénombre... Finalement, j'arrivai dans une salle remplie de consoles d'ordinateurs... Enfermée dans l'ordinateur central, se trouvait la mémoire générale. Je pris toutes les précautions du monde pour enlever le panneau et sortir une petite carte mémoire que je rangeai dans ma poche. Cela pourrait nous donner quelques indices sur que faisait cette base ici... Je sortis de la salle...

...juste pour me rendre compte que l'ouverture de la porte avait attiré un petit robot de sécurité qui venait voir ce qu'il se passait...

"ALERTE! MENACE HUMAINE! ALERTE, MENA..."

Manquait plus que ça. Je sortis mon arme et tirai. Ce qui éparpilla de la tôle un peu partout. Une fois le programme de contrôle du robot bousillé, je rentrai dans la salle des ordis, et je trouvai ce que je cherchai: Une console de sécurité qui était restée allumée. Je la reprogrammai pour désactiver les autres robots. Ca servirait si les autres devaient revenir ici.

Une fois ceci fait, je sortis du bâtiment. Le soleil était haut, à présent. Je remis immédiatement mes lunettes de protection et repartit vers le village.

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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 26 Avr - 9:51

Jonas Atrayde :
Ce fut notre première journée sur cette planète, laissée depuis si longtemps à l’abandon par les miens. J’avoue que j’aurais trouvé tous ces hommes chats assez amusants en temps normal… mais plus rien n’était normal pour moi à présent. J’avais suivi les autres, rencontrés et les fameux Nimrodh et fait connaissance avec eux, mais je ne sentais toujours pas à ma place parmi l’équipe. Il n’y avait pas que moi, il y avait aussi le balafré, mais lui, il avait l’air de s’en ficher. Et Mike… Dire que je le traitait à Oblivion, parfois comme un moins que rien, mais il avait au moins le mérité d’avoir trouvé sa place ici.


Et moi ? J’étais Solarian, pilote et soldat, je ne savais que piloter et tuer… après tous ces souvenirs qui venaient de resurgir dans ma mémoire, je doutais même que je sois encore capable d’aimer. Je me sentais inutile. Nilane, sa fille et la terrienne Lilyah allaient-ils encore supporter longtemps ma présence ? Depuis qu’elle m’avait retiré ce bracelet, elle m’avait permis de faire ce que je voulais… C’est là que je me rendis compte que je n’avais plus de volonté propre. Je ne faisais que suivre les ordres depuis des années et maintenant j’étais livré à moi-même. J’avais vraiment l’impression d’être un petit garçon qui vient de perdre ses parents, perdu, ne sachant pas quoi faire, n’ayant nulle part où aller sauf dans le premier refuge qu’il aurait trouvé.

Je décidais d’arrêter de réfléchir et de me lever de ma couchette où j’avais pensé des heures à penser. Je sentais que si je continuais ainsi, qui pouvais prévoir quel genre d’envie me viendrait à l’esprit…

Je sortis de mon compartiment et tombais sur un hublot. Il faisait nuit. Etrange, rien qu’en voyant l’obscurité au dehors, je me sentis tout de suite mieux à l’aise. Je n’avais jamais eu la chance de voir la nuit sur notre bonne vieille planète, et à présent je le regrettais. Je regrettais de n’être jamais resté assez longtemps sur Terre pour observer les étoiles la nuit. Je n’avais pas envie de me coucher, et j’avais envie de voir la nuit au dehors du vaisseau. Je traversais les couloirs du Magellan, prenant soin d’éviter les nombreux Nimrodh qui s’étaient installés sur des peaux de bête un peu partout. La plupart dormaient, mais certains n’avaient, comme moi, pas sommeil. Leurs yeux luisaient dans le noir et me suivaient lorsque je passais devant eux. Tous ces « gens » qui avaient dans l’espoir que le docteur pourraient tous les guérir de ce mal inconnu qui les rongeaient. Toutes les pensées des Nimrodh transparaissaient dans leur regard. Certains étaient pleins d’espoir, certains étaient persuadés qu’ils allaient être sauvés, d’autres paraissaient moins confiants, certains avait déjà abandonné tout espoir et avait sans doute suivi un proche, plus confiant. Lorsque que je sortis du vaisseau, j’avais eu l’impression que le village s’était étendu jusqu’ici avec tous les abris provisoires que les Nimrodh avaient installés ici.

Impossible… Nilane n’y arriverait jamais ! Il y avait déjà tellement d’habitants dans ce village, alors, guérir la planète entière, c’était peine perdue…

Je ne savais pas où aller, alors je pris le premier sentier qui menait en dehors du village, tandis que l’astre du jour de ce système se levait déjà. Au bout d’un petit moment, j’arrivai à l’orée d’une forêt. Je vis sortir de là une silhouette avec des lunettes, c’était… Le balafré ?! Que faisait il là ? Il m’aborda en premier.
_ Jonas ? Qu’est ce que vous faites ici ?


_ J’allais vous dire la même chose !

_ Je me promenais !

_ Bien sûr…

_ Et j’ai découvert quelque chose d’intéressant !

_ Qu’est ce que c’est ?

_ Une base ! dit il le plus simplement du monde

_ Quoi ?!

_ Bon, puisque vous êtes là, venez voir !
Il retourna dans la forêt et m’invita du geste à la suivre. Nous traversâmes des herbes hautes et évitèrent des arbres difformes pour arriver au bout d’une vingtaine de minutes à un carré d’herbe plus court et beaucoup plus clair que l’herbe environnante. Il mit ses main au sol et souleva la carré qui étaient en fait une cache à une plaque de métal sur laquelle il y avait une marque : le symbole d’une planète noire traversée d’un éclair.
_ Etrenank !!


_ A vos souhaits !

_ Non, c’est le symbole d’Etrenank depuis qu’elle existe, sur cette plaque !

_ C’est quoi Etrenank ?
Je ne pris pas le temps de lui répondre, je me précipitai à l’intérieur. L'ancienne base Solarienne, à l’abandon depuis le départ des humains de cette planète ! C’était incroyable que le balafré l’ait découverte par hasard !


Je tombais en 1er sur une salle sombre, où étaient disposée un peu partout des consoles vétustes au possible. C’était de véritables antiquités, je n’en avais jamais vu de pareilles auparavant. Tout dans cette salle était recouvert d’une épaisse couche de mousse, et les petites bêtes et insectes pullulaient. Dire que cela faisait plus de huit cents ans que personne n’avait mis les pieds dans cette base… Mais il y avait une chose étrange, ça sentait le brûlé. C’est alors que mon regard se porta vers un amas de tôle calciné, j’entendis une voix derrière moi.
_ Ne vous en faites pas, il n’attaquera plus ! fit le balafré.


_ Vous avez trouvé autre chose à part de vieux robots ?
Il sortit de sa poche ce qui ressemblait à une vieille carte.
_ Faites moi voir ça !


_ Ca servirait à quoi ?
Sentant sa réticence à me donner cette vieillerie, je lui arrachais de la main.
_ Hé !


_ Je m’y connais mieux en matériel Solarian que vous, alors laissez moi faire !
Je l’examinai attentivement, mais il n’y avait rien qui pouvait me dire ce que cette carte pouvait contenir.
_ Est-ce qu’il y a encore un appareil en état de marche, ici ? demandais je
Sans dire un mot, il pointa le doigt vers une autre salle au fond d’un petit couloir. Cela ressemblait une vieille salle de contrôle, le plus incroyable était qu’il restait un ordinateur encore en état de marche. Je dégageais d’un coup sec de la main un bon centimètre de poussière et saisis quelques commandes basiques que mon instinct me dictait sur cette machine archaïque. Une petite fente s’ouvrit alors dans la console. Elle correspondait exactement à la taille de la petite carte. J’hésitai un instant, puis je la plaçai dedans avec une infinie précaution. Des symboles étranges s’affichèrent en masse sur l’écran à moitié cassé en face de moi. En école militaire, j’avais étudier l’histoire d’Etrenank et les technologies du passé m’avaient particulièrement intéressés… cela allait enfin me servir à quelque chose…


Je retirai la carte de la fente, le balafré commençait à se poser des questions.
_ Alors ? Vous avez trouvé quoi ?


_ Cette carte est encodée dans un vieux langage informatique Solarian ! Je pourrais rien faire ici, mais je pourrais peut être en déchiffrer le contenu au Magellan !

_ Rentrez si vous voulez, moi, je retourne au village !
Il sortit de la salle en 1er et me laissa avec mes réflexions. Bizarre, comment une base qui datait de plus de 800 ans pouvait encore fonctionner ? Qu’est ce qui pouvait bien l’alimenter ?


Franck Rhoan :
Je portais le verre à mes lèvres, et avalait cul sec l'eau et les comprimés.
Ca ne durera pas longtemps songeai-je en rebouchant le flacon et en le reposant sur une table.
Ce tube était le dernier de ma petite réserve que j'avais fauché à l'infirmerie. Des comprimés contre la fatigue, contre les spasme et convulsions mineures. Ainsi, moins de risque d’accidents dus au tremblement de mes mains. Un jour avant d'arriver sur Epsolin, mes mains devenait rigoureusement incontrôlable aux moins cinq fois par jour. Ces convulsion étant trop dangereuse, j'avais dû prendre des mesures. Ces médicaments, et deux "gants de métal relié à mes avant-bras, immobilisant en partie mes mains. Je pris une profonde inspiration, et me levait. Le prototype était presque terminé. Il ne me restait plus que la géode à facette à réaliser. La partie la plus délicate
Foutues mains !
Rageant, je me saisis vivement d'une feuille de céramique, et la plaçai dans le ciseleur que j'avais construit de mémoire. Quand soudain, la porte du laboratoire s'ouvrit. Je me tournai, et leva un sourcil étonné. Un Nimrodh se tenait sur le seuil. Il étais plus petit que moi, sans doute un jeune. J'éteignis le ciseleur, et marchai vers lui. Me voyant arriver, il fis un pas en arrière, puis sembla se concentrer. J'allais lui dire de sortir, lorsque je sentis une onde de curiosité aller de lui à moi. Ce Nimrodh était curieux! Il voulait savoir ce que je faisais.
_ Et puis quoi encore ? marmonai-je. Je ne suis pas guide touristique, et ce n'est pas un parc d'attraction ici.
D'un geste ample du bras – pas trop brusque pour ne pas paraître insultant – je l’invitais à sortir. Il ne remarqua pas mon geste, trop occupé à observer le socle terminé du prototype de 2R2A. Irrité, je claquai des doigts devant ses yeux. Il eu un sursaut violent et me bouscula dans son mouvement. Incapable de maintenir mon équilibre, je tombai lourdement au sol. Il eu un autre mouvement de recul en me voyant par terre. Je tentai de me relever, mais mes jambes me trahirent, et cédèrent. Le Nimrodh tendis la main vers moi, comme voulant m'aider, mais je la repoussais violemment. Il pris peur, et détala, couinant comme un chat. De plus en plus irrité, je ramenai mes jambes sous moi, m'appuya sur le manteau de la porte du labo, et me relevai.
Peut-être devrais-je...commençai-je a penser.



- Non! me réprimandai je. Hors de question de demander de l'aide!

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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 26 Avr - 9:51

Dr Nilane Bah
Une nuit a passé. Puis un jour. Et la nuit est revenue.



Il n'y avait pas assez de couchettes dans l'infirmerie du Magellan, il a fallut donc laisser les malades dans le camp de fortune à coté du camp.

Seule cette Nimrodh là, je l'ai portée à l'intérieur.

Elle est en stade terminal. Elle s'est portée volontaire. Lilyah reste à mes côtés, pour servir d'interprète.
_ Dis-lui que ça va piquer, dis-je en préparant une seringue.
Lilyah murmure quelques mots, fait quelques gestes. La Nimrodh répond.
_ Elle dit que tu peux y aller, elle est prête, me traduit Lilyah.
J'enfonce l'aiguille dans la nuque de la créature.



Elle n'a plus rien à perdre. Bien sûr, ce que je suis en train de lui faire, je l'ai déjà essayé, prudemment, sur Xorth, et n'ai pas constaté la moindre altération de sa santé. Mais je ne pouvais pas appliquer le résultat de mes expériences sur Xorth aux malades, de manière aléatoire, sans une ultime expérience.
_Et maintenant ? Me demande Lilyah.



_ Maintenant ? Il faut attendre. Si demain, je constate une amélioration dans son état, j’appliquerais ce traitement à d’autres malades en phase terminale.

_ Pourquoi seulement au malade en phase terminal.

_ Ce n'est qu'un dernier recours, destiné à prolonger leur vie. Comme la drogue que je donne à Kara pour retarder le développement de son cancer. Ce n'est qu'un traitement, et ce n'est pas le remède. De plus...

_ De plus ?

_ Le produit que je leur injecte stimule leur système immunitaire, mais également leur pouvoir psychique. Je n'ai constaté aucun changement chez Xorth. Mais je suis mal à l'aise.
Je joue nerveusement avec mon stéthoscope.
_ Je ne les considère pas comme des rats de laboratoire sur lequel je peux faire des expériences. Tenter des choses sans être sûre de leur faire du bien me parait...



_ Mieux vaut faire des erreur plutôt que ne rien faire, me répond-elle. Tu n’as pas à douter de toi, dans la situation ou nous sommes, ce n'est pas un crime d'essayer des choses.
Je souris et regarde la Nimrodh. Elle s'est endormie.
_ Aide moi !
Nous l'amenons dans une des alcôves, là où sa famille l’attend. Lilyah leur explique, dans des termes simples, ce que j'ai fait, et qu'il faut attendre.
_ Après, Lilyah, tu peux aller te coucher. Il est tard.



_ Et toi ?

_ Moi, dis-je en rejoignant le labo, j'aimerais continuer à examiner cette pierre que Xorth m'a rapportée. Ce n'est pas possible, pendant la journée.
Ces deux jours ont été comme une plongée sans bouée dans un torrent fou. Scanner, prise de sang, analyse, et surtout, tout ces regards, tout ces regards qui attendent.



Sur terre, j'avais choisi Itokyo pour aider ceux qui étaient dans la misère, ceux qui loin du confort des bâtiments militaires, traînaient dans les bidonvilles. La misère ne me rebutait pas, puisque je n'avais jamais connu autre chose.

En découvrant le confort d'Etrenank, j'ai baissé ma garde. Il a fallut apprendre à me protéger, à garder la tête froide, même devant les patients les plus atteints. Je dois rester concentrée sur les symptômes. Renforcer leur système immunitaire, tout en cherchant à comprendre la maladie.

Dans ma salle d'expérience, je regarde la pierre. Enfermée à double tour derrière la parois translucide du cageot anti-irradiation ou je l'ai mise.

Je m'approche du boîtier de commande et manie le bras mécanique à l'intérieur du cageot pour récupérer les deux éprouvettes que j'y ai placé hier, et je les envoie directement à l'analyse.

Le résultat s'affiche sur mon écran. L'une des éprouvettes contenait mon sang. L'autre celui de Xorth.

Je fixe les résultats sans bouger. Les cellules humaines sortent intacte de l'exposition aux radiations de la pierre. Pas les cellules Nimrodh.

Etrenank. La ville espoir. La ville avenir. La ville où un meilleur monde, sans guerre et sans mépris, semblait possible, tant il y avait de penseurs et de philosophes pour la guider.

Pas de conclusion hâtive.

La pierre a tout d'une pierre volcanique. Pour l'instant, je n'ai aucune raison de croire qu'elle ai pu être créée artificiellement, d'ailleurs si elle l'avait été, je ne vois pas par quel moyen. Il me faudrait sans doute l'avis d'un géologue, mais je n'en ai pas à bord. Je reviens à l'éprouvette contenant le sang de Xorth. La réaction des cellules est curieuse. D'ailleurs, c'était curieux dés le départ, une irradiation n'est pas sensé être contagieuse.

On dirait que les cellule sécrètent quelque chose, quelques choses déjà contenues en elle, et qui, une fois libéré, provoque leur destruction.

Songeuse, je regarde le sang de Xorth se détruire lui-même lentement devant mon écran. Et soudain, un imperceptible mouvement de l'air, quelqu'un derrière moi, juste derrière moi, s'est approché sans que je l'entende. Je sursaute, me redresse, prête à frapper l'intrus, s'il m'attaque. Pour apercevoir l'ex militaire, debout derrière mon siège, le poing fermé sur quelque chose.
_ Bon sang, Jonas, ne vous approchez pas sans bruit comme ça, vous m'avez foutu la trouille.



_ Je ne me suis pas approchée sans bruit, mais vous étiez trop concentré pour m'entendre.

_ J'ai eu une rude journée, alors s'il vous plait, passons là dessus. Qu'est-ce que vous me voulez ?
Mon ton a été plus agressif que je ne l'aurais voulu. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne supporte pas qu'il m'ait surprise au milieux de mes tâtonnements incertains. Il me regarde un instant, en apparence imperturbable. Puis hausse les épaules.
_ Sans importance, continuez votre travail.



_ Ne m'énervez pas, Atrayde, j'ai déjà la maladie des Nimrodh pour ça, et je vous assure qu'elle remplit très bien cette fonction.

_ Bon, écoutez, le Balafré a exploré un peu les environ, et il a découvert une ancienne base solarienne.

_ Une ancienne base ? En ruine ?

_ Non, curieusement non. Après Huit cent ans, elle fonctionne encore. Elle s'est auto-entretenue automatiquement pendant tout ce temps. Et nous avons trouvé ça.
Il me tend quelque chose. Une carte. Une carte magnétique.
_ C'est la première fois que je vois une carte magnétique de ce genre.



_ C'est un modèle d'il y a huit cents ans, docteur. Mais elle est encodée dans un langage d'il y a huit cents ans. Impossible de la lire. Mais avec le matériel du Magellan, j'arriverais sans doute à la décrypter. Il me suffit d'un code Alpha et d'un réinpolateur de transmission...
Je le regarde bouche bée. Il y a cinq minutes c'était un homme morne et apathique. Maintenant, il semble rempli d'une énergie nouvelle, ses yeux brûlent de passion.
_ Vous avez étudiez les technologies anciennes, dis-je.



_ A l'école militaire, oui. Mon père n'avait pas vu ça d'un très bon oeil, ça ne servait à rien pour ma carrière, mais j’adorais ça. D'ailleurs...
Il se tait soudain. J'attends avec impatience qu'il continue, mais il se renfrogne.
_ Bref, je pense pouvoir le décrypter, oui. Fait-il simplement.
Son regard me fuit. Il ne voulait pas m'en révéler autant sur lui-même, je le sens. Je voudrais poser des questions, une foule de question. Son père, l'école militaire, et les technologies anciennes. Je les retiens. Une part de moi est dérangée, de devoir admettre que dans ce colosse de cynisme, de froideur, il y a une place pour la passion, l'intérêt. Mais le médecin que je ne pourrais jamais cesser d'être triomphe. Jonas Atrayde a trouvé le fil d'Ariane qui pourra le mener vers la guérison.
_ Eh bien, dis-je d'une voix soudain très douce, je compte sur vous pour nous le décrypter, ce code. Il se peut que vous teniez entre vos mains un élément très important pour mes recherches.



_ Ce n'est peut-être qu'une carte d'accès à de vieux labos vides.

_ Peut-être. Mais c'est peut-être aussi la pièce manquante du puzzle.
J'hésite un peu avant d'ajouter :
_ Si vous la décodez, vous sauverez peut-être les Nimrodh.
J'ignore si cette phrase peut le toucher. Je n'ai d'ailleurs aucun moyen de le savoir. Je ne suis même pas sûre de la penser, mais je dirais n'importe quoi d'autre pour l'empêcher de s'éloigner, de ce couper de nous.



Le silence tombe entre nous. Il faudrait que je me remette au travail, et que lui parte commencer le sien, mais aucun de nous deux ne bouge.
_ Pourquoi m'avez vous sauvé la vie ? Finit-il par me demander.



_ Parce que je suis médecin, Jonas. Parce que c'est mon métier.

_ C'est la seule raison ?

_ C'est la seule. C'est dur à comprendre, sans doute, mais j'ai toujours été médecin. Je ne peux pas faire autrement, quand quelqu'un souffre, que de vouloir tout faire pour le guérir. C'est plus fort que moi. C'est ma nature.

_ En ce qui me concerne, commence-t-il...
Il s'arrête. Je sais qu'il allait dire "En ce qui me concerne la pitié aurait été de me laisser mourir", mais je fais semblant de ne pas l'avoir compris. Ne pas s'engager sur cette voie, non, surtout pas.
_ Je vais devoir m'y remettre, Jonas.



_ Je vais commencer à voir ce que je peux faire avec cette carte, dit-il.
Il s'éloigne vers la porte et se retourne.
_ Bonne nuit, docteur.
Pas d'ironie dans son ton. Il ne doit pas se rendre compte que je ne pourrais pas dormir avant plusieurs heures.
_ Bonne nuit, Jonas.
Je reste seule dans le silence du labo. Il faudrait que je retourne à l'examen du sang contaminé. Mais je me répète encore une fois ce que j'ai dit à Jonas. "Je ne peux pas faire autrement, quand quelqu'un souffre, que de vouloir tout faire pour le guérir."



Non. C'est vrai. Je ne peux pas faire autrement.

Je dirige mon curseur vers un dossier archivé, dans la mémoire des ordinateurs du labo. Un dossier intitulé "Franck Rhoan". Je n'ai pas fait d'examens à Franck Rhoan, il a du utiliser les appareil en mon absence. J'ai découvert ce dossier ce matin, et jusqu'à présent, j'ai résisté à l'envie de lire, attendant que Rhoan vienne m'en parler de lui-même. Mais il ne m'en parlera pas.

J'ouvre le dossier et regarde.
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Nimrodh, les oubliés
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