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Les chapitre 17 et 18 de Nimrodh les oubliés en ligne sur le site d'Écritures plurielles !

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 Nimrodh, les oubliés

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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 26 Avr - 9:53

Chapitre 18 : Le visage de l'ennemi

Jowy Benhaldès :
Je ne sais pas combien de temps ça fait que je suis caché dans ce vaisseau mais je commence à m'ennuyer et un autre petit problème technique s'ouvre à moi: les fruits que j'ai pris dans la biosphère ne sont pas inépuisables et de plus, je ferai mieux de ne pas retourner là bas, je pourrais me faire choper et ça tournerai au grabuge, ce n'est pas que je n'aime pas ça mais bon...

C'en est trop, il faut que je sorte d'ici. Je me dirige vers la porte, jette un coup d'oeil dans le couloir ... ouf, il n'y a personne, je peux me diriger sans soucis vers l'ascenseur. La porte est fermée, peut-être y a t'il quelqu'un dedans, je fait demi-tour (bravo le courage) et me dirige vers une salle. Je pose mon oreille sur la porte, aucuns bruits, j'ouvre et, OH! STUPEUR! Des armes!!! De magnifiques armes!!! Je regarde avec des yeux brillants les armes!!! Des modèle récents de gatling... Oh ! Des revolvers calibre 20 tirant quarante balles en trente secondes... Je regarde ces armes et mon regard s'arrête sur un magnifique ... Balais brosse avec des poils en pailles, un manche en acier. Ooooh! Je ne résiste pas une minute de plus, je m'empare du superbe ustensile, ainsi que des deux autres armes ( le balais a un manche rétractable ce qui permet de le ranger facilement.).

Je vois alors une sorte de trappe sur le plafond je tends les bras et tente d'ouvrir le passage. C'est inutile, cette porte est bloquée, il me faudrait de quoi ouvrir la porte, mais à quoi sert ces boutons? Oh, je comprend, c'est un code, zut, je ne l'ai pas, je retourne dans l'armurerie et prend une baillonette heureusement, il y a une serrure, je fait tourner la baillonette et .... la porte ne s'ouvre pas... TU VAS T'OUVRIR OUI??? SALETEE DE PORTE. Je refait tourner la baillonette dans la serrure, un petit déclic et la trappe s'ouvre je sors la tête et me retrouve dehors.


Je me mets à courir dans la plaine. Je court puis arrive dans une forêt. Je le traverse rapidement en évitant péniblement les branches, une fois arrivé au bout, je reprend mon sprint et arrive devant une nouvelle forêt, à présent trop fatigué pour continuer à courir, je me mets alors à marcher mais, le souffle court, je m'assois dans l'herbe. C'est alors que, en regardant le paysage, j'aperçois une sorte de temple, bizarroïde, je m'approche de cet étrange construction, une sorte de temple, bizarre, un temple en plein milieu d'une forêt? bon tant pis, j'approche. Une embouchure en guise de porte, ce temple est plutôt mal foutu: il y a plein de plantes grimpantes accrochées dessus, j'entre : une salle relativement grande avec, en son centre, une sorte d'ovale faisant environ deux mètres sur quatre, j'ai déjà étudié ça. Il s'agit d'une porte interdimentionelle. Peut-être me permettra-t-elle d'aller prévenir mes supérieurs.




Kara :

Je suis dans un jolie clairière avec la Xorth. Je suis pas resté avec elle très longtemps, je suis vite rentrée au "Vaisseau-base" pour pas que "Maman" s'inquiète. Donc, quand la nuit est tombée, je suis partie vite, vite en disant à la Xorth que je devais rentrer.

"Maman" avait un peu peur quand je suis revenue mais je l'ai rassurée. Et c'est comme ça que pendant deux journées, je suis allée voir mon amie la Xorth et que le soir je revenais pour le dîner. J'ai pas dit que j'ai rencontrée la Xorth. Parce que sinon je sais pas ce que "Maman" aurait dit...

C'est tout doux, tout doux.

Ca me rappelle quand je faisais un cauchemar et que je dormais, la tête sur l'épaule de "Maman".





Je marche, les bras devant moi. On dirait que je suis aveugle, je trouve ça amusant. Il fait noir alors je vois pas beaucoup... Un peu comme les aveugles, sauf que les aveugles voient rien et tout le temps. Ca doit faire bizarre... Comme un aveugle voit rien, qu'est-ce qu'il voit quand il rêve ? Ca doit être joli...

Oooh... Je sens une porte, oui ! C'est la porte de "Maman" ! Tiens, y'a pas de lumière. "Maman" reste pas debout ? D'habitude elle dort pas et elle lit ou écrit plein de choses compliquées. Alors des fois quand je vois le trait de lumière je rentre pas, pour pas l'embêter...

J'ouvre la porte tout doucement. J'entends "Maman" qui dort. On dirait... on dirait qu'elle ronronne.

Je tâtonne un peu parce que je vois pas bien.

Ah, là c'est son lit. Son grand lit. Alors... voilà une petite place pour moi ! Je me faufile tout doucement, et je pose ma tête contre l'épaule de "Maman".

Elle parle on dirait, oui elle parle en dormant. Et puis elle l'air contente, je sens de la joie. Elle doit faire un joli rêve...






Je regarde la Xorth et elle sourit. J'ai dormis sur ses genoux.

Elle pose une main sur mon coeur et elle murmure :

" Kara...

Elle sait mon nom ! Alors ça veut dire que si je me concentre...

- Aelezig... je m'écrie."

Elle fait un drôle de ronronnement.





Xorth :

Beaucoup de choses c’étaient passées en mon absence, ma très longue absence : Trois Lunes d’après ma sœur. Je traversai le camp établi à côté du vaisseau. L’odeur caractéristique du bûcher me rappela les ravages causés par la maladie. On m’avait rapporté que pendant ces trois lunes, la moitié des villages avoisinant avaient disparu, emportés par la maladie.
Broyant du noir, je ne me rendis pas compte que je étais sorti du camp. Ce ne fut que lorsque je passai à l’ombre des arbres que le brusque changement de luminosité me fit relever la tête. Il fallait que je me change les idées. Et le meilleur moyen dont je disposais était de faire mon exercice préféré : Grimper dans la cime des arbres et se déplacer le plus vite possible jusqu’au village.
Je m’accroupis, tendant le moindre muscle de mes jambes puis, d’un coup, je me relâcha, ce qui me projeta littéralement vers la branche la plus proche – située à une bonne dizaine de mètres du sol quand même. Vif comme l’éclair, je tendis le bras et attrapai cette branche et la tenais fermement, ce qui eu pour effet de me faire brusquement tourner autour. Sans même m’arrêter, je lâcha brusquement la branche ce qui me catapulta sur un autre arbre, que j’avais repéré depuis longtemps. Je continuai à me déplacer ainsi, volant plus que bondissant, à passer d’arbre en arbre, tantôt en donnant une impulsion de mes jambes, tantôt en changeant de direction en m’accrochant à une branche. Quand j’étais jeune, on me surnommait « Fils du vent » tellement je me déplaçais vite entre les branches, tel un courant d’air. Aujourd’hui encore, je me déplaçais plus rapidement que la plupart des Nimrodh du village.
Sans même m’en rendre compte, je dépassa le village et atteignit une vaste clairière. Les arbres étaient radicalement différents de l’autre côté : Décharnés, blanchis par le manque d’eau et n’ayant pratiquement aucune feuille. J’étais à l’entrée de la Forêt Interdite, là où se trouvait le temple des Dieux, des humains.
Alors que je m’apprêtais à faire demi-tour, je distinguai une silhouette dans la plaine. Elle se dirigeait vers la Forêt Interdite et, sans la moindre hésitation, y entra. Le dernier chef du conseil encore vivant restait maintenant au village et aucun Nimrodh à ma connaissance ne s’engouffrerai dans cette forêt sans marquer une pause d’hésitation. Ce ne pouvait donc être qu’un humain ! Mais qui ? Il fallait que je le sache ! Sans le moindre bruit, je descendis de mon perchoir et traversa la clairière. Alors que je venais juste d’arriver près des arbres blancs, un craquement me parvint. Qui que ce soit, il ne cherchait vraiment pas à être discret ! Me guidant grâce au bouquant qu’il produisait, je me rendis compte que je prenais la direction de l’ancien temple humain. Mes doutes se confirmèrent quand j’arrivai en vue de l’imposante masse du temple. C’en était trop ! Il fallait que j’intercepte cet humain pour lui demander ce qu’il faisait ici.
Je pénétrai dans la grande salle, la salle de la porte des dieu. Elle semblait vide. Je ne détectait plus la moindre présence. Avais-je rêvé ?
Non. Je vis en me penchant sur la pierre sacrée qui commandait la porte que quelqu'un y avait touché. Mais qui ? L'un des humains cherchait-il à revenir chez lui ? Et pourquoi s'était-il contenté de toucher ? Pourquoi n'avait-il pas ouvert la porte ?
Je sortit du temple et décidai d'aller voir la Soercyé. Peut-être aurait-elle des réponses à mes questions.


Lilyah Vamy :
Au cours de la journée qui suivit, je ne fit pas grand chose en dehors de marcher dans les couloirs du Magellan et d’observer mes compagnons en essayant de ne pas les gêner. Le premier, ou plutôt la première, fut Nilane. Je la regardai dans l’infirmerie sans la troubler en train d’étudier les possibilités de soigner les Nimdroh. Ensuite je passai devant une salle où était Jonas (j’avais enfin cesser de l’appeler le militaire) qui s’affairait à décoder la carte trouvée dans la base découverte par Janus. C’était Mike qui m’avait mise au courant de cette affaire. Je me demandais ce que cette carte nous apprendrait en temps et en heure. Puis je continuais ma promenade jusqu’à arriver au laboratoire de Rhoan. Apparement celui ci continuait ses recherche. Il semblait toujours aussi fatigué. Mais pourquoi? Lorsque je l’ai rencontré pour la première fois, il avait l’air normal et non un air malade. Je continuais d’avancer comme si de rien n’était. Pourtant quelque chose me troublait en moi même. Chacun d’eux travaillait à l’avenir des Nimrodh mais il y avait aucune vraie communication. Je me demandais aussi où était Kara et Xorth. Enfin ils pouvaient être à l’extérieur en train de jouer ensemble.
_Hey Lilyah, on se promène?
Perdue dans mes pensées, je n’avais pas identifié la personne qui m’avait parlé. Je relevais la tête et découvrit Mike. Je le saluai et nous marchâmes ensemble jusque la biosphère tout en discutant:
_Que faisais tu? Tu te rendais quelque part?demanda Mike.
_Non. J’observais nos compagnons, c’est tout.
_Tu as décidé de les espionner? Attention l’espionne de choc Liliah entre en jeu. plaisanta Mike.
_Mais non. dis-je en riant. J’avais juste envie de me promener un peu et j’en ai profité pour les observer travailler. Mais ils semblent tous concentrés sur leurs activités. C’est une bonne chose mais on ne se parle pas vraiment.
_Je vois ce que tu veux dire. Il n’y a pas une vraie ambiance. Oui, il faudrait pouvoir mieux communiquer entre nous. Certes, nous nous soucions tous des Nimrodh mais nous avançons pour le moment sur des voies plus ou moins différentes.
_Il faut trouver un moyen d’arranger cela.
_Euh mais comment? Laisse moi réfléchir un peu .. Hum c’est plutot compliqué.
_Le mieux serait de leur parler à un moment où nous sommes ensemble. Ce serait stupide de les prendre un par un comme des vendeurs de prêt-à-porter.
_Une occasion où nous sommes réunis, il n’en existe pas trente six mille, Lilyah.
_Oui, je vois aussi. Le moment du diner.




Jonas Atrayde :

Je n’avais rien pu obtenir à partir des autres ordinateurs du vaisseau, la veille. Il fallait que je trouve autre chose. Il me restait encore un espoir pour découvrir les secrets que recelait cette carte…
Le Labo. C’était l’endroit le mieux équipé du Magellan pour ce que j’avais à faire avec cette carte mystérieuse. Après une discussion plutôt houleuse avec Franck Rhoan, j’avais enfin obtenu un siège devant un ordinateur au fond de la salle. C’est à ce moment que je me rendis compte que Rhoan et moi, n’étiez pas si différents que ça. Il voulait à tout prix rester seul, ne voulant et ne réclamant aucune aide de la part des autres. D’ailleurs, cela se voyait très bien qu’il ne tenait plus que sur ces jambes que par la force des choses, et ses mains brûlées été bandées, mais je sentais bien que ce n’était pas par soucis de sa personne … J’avais réellement l’impression de me regarder dans un miroir.
Je m’installais alors en face des trois moniteurs qui me faisaient face. Je n’avais jamais été excellemment doué pour l’informatique pure, que ne concernait pas l’aéronautique, mais il n’y avait que moi sur ce vaisseau qui était capable de décrypter ce qu’il y avait sur cette carte antique. De plus, c’était peut être un moyen pour enfin trouver ma place au sein de cette petite communauté. Je n’avais pas le choix, pas d’autre choix que d’accepter celui que l’on m’avait imposer depuis que mon vaisseau avait été touché par le prototype de canon photonique Terrien. Mais il fallait à présent que je m’adapte. J’étais à présent entourer de gens près à m’aider, mais tant que je n’aurais pas ma place dans ce vaisseau, personne ne pourra encore m’aider… non, personne !
J’essayais de connecter la carte au matériel ultra moderne du vaisseau. J’espérais que malgré cet énorme décalage, cela n’allait pas endommager le contenu, chaque détail pouvait être très important…
Pendant deux heures où je travaillais sur mes écrans, je remarquais de temps en temps que Rhoan jetait parfois un regard furtif dans ma direction. Il ne devait pas avoir l’habitude de travailler avec quelqu’un non loin de lui, et cela avait l’air de le déstabiliser.
Des lignes et des lignes de codes… c’était ce que je voyais défiler en permanence devant mes yeux. Mon cerveau bouillonnait à tel point que je crus qu’il allait exploser. Une seule ligne me prenait déjà plus d’une heure à être décryptée, et dans cette carte, il y en avait bien une centaine, cela allait être très long. Mais je ne pouvais pas m’arrêter, je ne voulais pas m’arrêter ! C’était décidé, je ne fermerais pas l’œil, je ne clignerais même pas des yeux tant qu’une seule infime partie de cette carte me sera encore inconnue !
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 26 Avr - 9:53

Dr Nilane Bah

La température de la Nimrodh que j'ai traité la veille a un peu descendu, mais c'est le seul signe d'amélioration que je peux noter pour l'instant. Mieux vaut attendre encore.

Je regarde ma montre. Ca fait plusieurs heures que je m'occupe de Nimrodh. J'ai administré ce que je pouvais de médicament, tout ceux que je pensait susceptible de convenir à leur organisme. Kara a pris les sien ce matin, avant d'aller jouer. Ça fait trois jour qu'elle disparaît pour ne réapparaître qu'à l'heure du diner. Mais Lyliah m'a dit de ne pas me faire du souci. D'après les Nimrodh, elle n'est pas seule. Je leur fait confiance.

En bref, je n'ai plus aucun prétexte pour retarder ce moment d'avantage.

Au lieu de retourner à l'infirmerie, je vais frapper à la porte opposée à celle de mon labo.

Un silence, et la porte s'ouvre enfin.

_ Bonjour, Rhoan.

L'homme qui a détruit Itokyo a le dos vouté, et les traits tirés. Son expression sarcastique ne dissimule même plus sa fatigue.

_ Il vous faut quelque chose ? Me demande-t-il d'un ton désagréable.

_ Je voudrais vous parler.

_ Je suis occupé. Très occupé, et je n'ai pas le temps.

_ Je sais. Mais j'ai à vous parler.

Il grogne, et me fait entrer.

Une odeur désagréable règne dans la pièce, odeur de métal, odeur de feu... Je frissonne malgré moi.

_ Bon, je vous écoute. fait Rhoan avec impatience.

_ Tout d'abord, j'aimerais vous signaler que vous n'êtes pas obligés de voler des médicaments en cachette, en piratant le système d'ouverture de la réserve médicale. Ca vous prendrait moins de temps de me demander, à moi, de vous les donner. Ensuite, je voudrais vous dire que je désapprouve votre choix dans les médicaments que vous vous êtes auto prescrit. Et dans les doses que vous en prenez. Le matheloxène pourra faire disparaitre les symptômes quelques heures, mais l'effet est limité, et vous ne devez pas en reprendre avant un délai d'au moins six heure. De plus, ça ne traite pas le mal en profondeur. Prenez plutôt ceci.

Je lui temps un flacon contenant un étrange liquide vert.

_ C'est...

_ La drogue avec laquelle je soigne Kara, oui. Elle fortifiera votre organisme, l'aidera à résister. Et pas question d'en abuser, si vous tenez à garder votre tête, compris ? Matin et soir, point final.

Le savant me regarde sans mot dire, puis s'empare du flacon et va le poser sur une table.

_ Vous avez fini ?

_ Non. Je veux vous examiner.

_ Je n'ai pas besoin de vous.

_ Les examens que vous vous êtes faits à vous même étaient superficiels. Ils ne révèlent pas la cause de votre anémie. Je veux vous examiner.

_ Je n'ai pas besoin de vous.

Son ton est sans appel. Un vrais block de granit.

_ Vous pouvez continuer à essayer de vous en sortir seul, Rhoan, mais ça ne marchera pas. Votre corps vous trahit déjà. Il vous faut un médecin.

_ Je n'ai pas besoin de vous.

Il se ferme comme une huitre, il m'empêche toute prise sur lui en me répétant une seule et unique phrase.

_ Vous êtes malade, Rhoan.

_ Je n'ai pas besoin de vous.

Faut-il qu'il soit affaibli, cet homme, pour en être réduit à cette seule défense.

_ Pourquoi est-ce si grave, d'avoir besoin de moi ? J'ai bien besoin de vous, moi ! Et vous voyez, j'ai mis mon orgueuil dans ma poche, par nécessité.

_ Je n'ai pas besoin de vous.

Une vraie tête de mule. Il va se laisser mourir tout doucement plutôt que d'accepter que je l'examine.

Je n'ajoute rien. Mais je reste là. Sans mot dire. Je reste là, bien décidée à ne pas quitter cette pièce. Rhoan me fait face. Il s'efforce de ne rien dire non plus. Je n'ai pas tout mon temps, et lui non plus. Il y en a forcément un qui devra céder.

_ SI vous voulez que l'arme qui peut guérir votre fille soit prête à temps, Docteur, il va falloir me laisser.

_ J'y tiens beaucoup. Donc, je tiens à vous examiner.

_ Et comment aller vous faire ? Me forcer par la contrainte physique ?

_ Je le pourrais. Vous êtes assez affaibli.

_ Mais vous ne le ferez pas.

_ Non, s'il y a bien une chose que j'ai appris sur terre, c'est qu'on ne pouvais pas guérir quelqu'un qui veut mourir.

Il me regarde interloqué. Et éclate d'un rire moqueur et sardonique.

_ Je veux mourir, moi ? Et pourquoi donc voudrais-je mourir ?

_ Je ne suis pas dans votre tête. Je suis juste médecin. Et je sais le nom de votre maladie. Vous voulez mourir, voilà tout. Et je ne pourrais vous soigner que le jour ou vous déciderez de vivre.

_ J'ai bien l'intention de vivre, docteur ! Et malgré vous, vous et votre...

Il s'interrompt, réalisant soudain qu'il est sur le point de perdre son calme, de quitter sa carapace de cynisme et de se révéler à moi.

_ Moi et ma quoi ? répété-je.

_ Je n'ai pas besoin de vous. Et j'ai du travail. Vous me faite perdre mon temps.

_ Et vous le miens, si ça peut vous consoler. Je regrette Rhoan, mais je...

J'entends soudain une voix dans ma tête qui m'interrompt. Soercyé ? Ou êtes vous ? Xorth. Il a l'air pressé.

Je suis dans le laboratoire de Franck Rhoan, Xorth. Qu'y a-t-il ?

Il y a un humain qui a voulu ouvrir la porte des Dieux. Quand je me suis approché, il s'est enfuit. Je voudrais savoir pourquoi.


Un humain ? Un membre de mon équipage ? Quand à la "porte des dieux" ça doit être le passage interdimensionnel qui l'a amené jusqu'à nous. Qui voudrait repartir par là ? Atrayde, peut-être ? Il n'a jamais vraiment accepté de rester avec nous, et je l'ai laissé libre de choisir.

_ Je reviendrais, dis-je à Rhoan.

_ Comme vous voulez, docteur.

Je quitte le laboratoire.

Xorth, merci de m'avoir prévenue. Je vais essayer de comprendre ce qui s'est passé.

J'ai déjà vingt minute de retard sur mon planning de la journée. Tant pis. Je m'éloigne dans le couloir, me dirige vers la salle tout au fond, d'où Jonas Atrayde n'est plus sorti depuis la veille.

_ Jonas ? C'est le docteur Bah. Je peux vous parler une minute.

_ Entrez, docteur. J'avais justement besoin de vous parler aussi.

Sa voix est curieuse, à travers la porte. Calme, mais étrangement vibrante. J'entre.

L'ex militaire, adossé contre un mur, a abandonné son ouvrage. Il fume négligemment. Un homme est étendu à ses pied. Il porte l'uniforme de l'armée solarienne.

_ Je vous présente Jowy Benaldes, me dit Atrayde, comme s'il parlait de la pluie et du beau temps.

_ Jowy ? Le Jowy qui a tué Lyse ?

_ Oui.

Je reste un moment sans réaction. Je me demande d'abord si c'est réel, et une fois que j'ai constaté que ça l'est, ce que je dois penser en premier. Comment est-il arrivé là ? Est-ce que l'armée est à nos trousse ? A-t-il emmené d'autre avec lui ? Mais la première question que je pose n'est aucune de celle là :

_ Vous l'avez tué ?

_ Non. Assommé, seulement. Il y a encore quelque temps, face à un ennemi, je ne me posait pas de question, je tuai. Mais lui... Je ne peux pas le laisser s'en tirer si simplement.

_ Qu'allez vous faire ? Demandé-je, un peu inquiète.

J'ai vu cet homme le regard plein de haine, de colère, de mépris, et même de détresse. Mais la lueur qui lui dans ces yeux ne ressemble à rien de tout ça. Il y a une espèce de soif, oui, de soif irrépressible.

_ Jonas, je vous en prie, dites moi ce que vous allez faire ?

_ Je veux qu'il soit jugé. me répond-il. Par vous. Par vous et tous les autres. Je veux que ce soit vous qui décidiez du sort que je dois lui réserver. Je ne veux pas d'une simple vengeance, je veux qu'on me rende justice en le condamnant.

Je regarde Atrayde.

_ Je suis médecin, Jonas, je ne peux pas... Non, je ne pourrais jamais...

_ Vous l'avez dit vous même. Ils ont tués Lyse, doublement, parce que je pouvais plus m'en souvenir

J'essaye de parler de contester, mais soudain, il me saisit par les deux épaules en me regardant droit dans les yeux.

_ Lyse était médecin. Elle croyait en son métier. Elle soignait ceux qui en avait besoin sans se soucier de leur uniforme. Comme vous, quand vous nous avez recueillis alors que ça n'arrangeait pas vos affaires. Elle a été tué pour ça. Ça aurait pu être vous.

Je me tais. Je ne sais plus quoi répondre.

_ Faites ça pour elle, docteur. S'il vous plait.

_ Je... Je vais rassembler les autres.
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 26 Avr - 9:54

Chapitre 19 : La justice que l'on voudrait




Jonas Atrayde :

A ce moment, j’étais au pied du mur. Qu’est ce que je voulais vraiment de Jowy ? Qu’il meurt ? Qu’on l’enferme à perpétuité dans une soute du Magellan, qu’on le donne en sacrifice à un quelconque Dieu Nimrodh ? A présent qu’il était en face de moi, je ne savais pas quoi faire de lui. Heureusement que Nilhane et les autres étaient arrivés rapidement, car je sentais que ma haine et mon impatience à le voir souffrir aurait eu raison de mon « nouveau » sens de la justice. Que fallait-il faire, alors ? Toutes les souffrances que je pourrais lui infliger, tous les engins de torture que Rhoan seraient capables de fabriquer ne pourraient jamais faire revenir Lyse…

Et lui, il nous regardait avec un air de mépris, renforcé quand il se tournait vers moi. J’avais envie de lui casser les dents rien que quand il croisait mon regard ! Un regard qu’il n’y a pas si longtemps encore, me paraissait amical et compatissant.

Mais en fait, Jowy et moi n’étions pas si différents non plus : Obéissants aveuglement aux ordres de nos supérieurs, avec toujours quelqu’un de plus haut placé que soit pour penser à sa place et ainsi éviter de le faire soit même. C’est un peu comme si j’étais en train de me juger au travers d’un miroir. C’était peut être même plus qu’une procès : un enterrement… celui de ma vie, de la vie que j’avais mené jusqu’à maintenant..

_ Si vous voulez, il pourrait peut être me servir de cobaye pour mes exp…

_ Rhoan, je vous interdis ! interrompis Nilhane. Cet homme doit être jugé comme il se doit ! Autrement…

_ On ne vaudrait pas mieux que lui !

Nilhane et le savant fou se tournèrent vers moi. Auparavant, jamais ils n’auraient pu admettre que j’avais quelque part au fond de moi un sens de la justice. Il fallait qu’il paye, mais la mort ne résoudrait rien.

_ Qu’est ce qu’on fait de lui, alors ? fit Mike

Je regardais tour à tour mes compagnons présents. .Lylia, Mike, Rhoan, Nilhane. Je lisais sur leur visage une intense réflexion, mais personne n’avait l’air d’avoir une réponse en tête.

Nous devions le juger, mais il me fallait une garantie. Celle, que s’il échappait d’une quelconque manière à ce tribunal, il ne s’en tirerait pas si facilement ! Qu’il paye, je voulais qu’il paye !

Pendant que les autres étaient plongés dans leurs pensées, je me détournais d’eux et du regard indiscret de Jowy. C’était la seule arme qu’il me restait en poche, ma dernière carte. Elle était assez petite pour que personne, pas même Nilhane ne la remarque. Je la sortais d’une de mes poches et la plaçait discrètement à mon index. A présent, il me fallait un prétexte pour le toucher, assez violement pour que cela puisse marcher. Je me retournais, et braquais mon regard droit dans celui de Jowy.

Dire que cette ordure et moi avions été amis, que nous avions traversés les missions les plus dangereuses ! Ca me désolait presque, car lui, ne se souvenait plus de rien, ayant sûrement encore dans sa tête cet implant qui avait remplacé ma mémoire par une de substitution.

On se défia encore pendant une minute, sous le regard attentif des autres, attendant ce qui allait se passer. Pour la première fois depuis des moi, j’entendis sa voix.

_ Traître ! Chien ! Sous produit de Lamb ! Quand je pense que j’ai cru que tu finirais par monter en grade ! Tu ne vaux pas mieux que toute la vermine que t’as exterminé ! T’aurais du crever avec eux !

Je n’étais qu’à quelques centimètres de lui, et il me cracha en pleine figure. C’est l’occasion que j’attendais. J’essuyais ma joue et me détourna du groupe. Je fis quelques pas en arrière, sous les regards ébahis de mes compagnons.

_ Jonas ? Vous allez bien ? fit Lylia, inquiète.

Je me retournais soudainement, vif comme l’éclair et décochais un direct du droit dans le nez de Jowy, qui le fit presque basculer du siège sur lequel il était fermement attaché. Il renifla quelques instants, puis cracha à terre une gerbe de sang Nilhane se précipita vers moi et me pris par le bras.

_ Arrêtez ! C’est vous qui avez voulu ce procès ! Si vous voulez que justice soit faite, alors ne réagissez pas comme ça ! Réagissez autrement à ses provocations !

Jowy riait, dans rire malade, laissant voir ses dents à présent rouges. Je me fichais de ce que je venais de faire, je n’avais pas l’intention de continuer ! Jowy avait maintenant dans le corps quelque chose qui me rendait maître de lui. Maître de décider s’il devait vivre ou mourir…

Jowy Benaldes :

Alors que Jonas me regardait droit dans les yeux, toutes mes pensées envers lui ne purent se contenir, et avec un petit rictus je lui envoya en pleine face:
-Traître ! Chien ! Sous produit de Lamb ! Quand je pense que j’ai cru que tu finirais par monter en grade ! Tu ne vaux pas mieux que toute la vermine que t’as exterminé ! T’aurais du crever avec eux !
Puis, pour complêter le tableau je lui crachai en pleine figure.
Il s'essuya le visage puis se retourna, c'est ça, résidu de Lamb, tourne moi le dos, cache moi ta face ourrie, je ne veux plus la voir. D'un coup, il se retourna et décocha un coup de poing, je manquai de tomber de mon siège, mais je me rattrapai: il était hors de question que je tombe face à lui et puis, j'étais attaché je détourna la tête de son visage puant et cracha au sol un peu de sang, je ne devais me montrer en état de soumission face à LUI, ma bouche décrit un sourire et j'éclatai d'un rire rempli de haine, je ne pouvais plus tenir, il fallait que je fasse quelque chose, mais quoi?

Franck Rhoan :

Je contemplai pensivement le nommé Jowy sur son siège recracher du sang. Son visage me disait quelque chose. Il croisa mon regard, me devisagea, cligna des yeux, puis me dévisagea encore.

_ Franck Rhoan! cracha-t-il.

Il braqua son regard brulant de haine sur Atrayde.

_Non content de trahir les tien et de te mettre à ramper au pied des Lamb, tu pactise en plus avec ce destructeur de ville! hurla-t-il en se tortillant dans ses liens.

_ Ha, oui, j'y suis, murmurais-je d'une vois doucereuse. Vous êtes ce soldat qui m'a planté un couteau dans la jambe lord du raid à la prison de Ramoscki pour me récupérer.

Je jeta un coup d'oeil à Bah qui, après une pause due à l'accusation, engueulait le militaire, et décidait de remuer le couteau dans la plaie de son humiliation et de sa rancoeur.

_ Vous m'en voulez toujours d'avoir réduit votre père militaire à l'état d'atome? Sans vouloir me disculper, il faut dire que je ne pouvais pas savoir que c'était lui dans le vaisseau de transport, devant Itkoyo. Je tirai un peu au hasard, je dois l'avouer.

Il me fusilla du regard, donnant de grand à-coup sur ses liens, et je lui fis un sourire ironique. Nilane avait dû entendre une partie de mon monologue, car elle m'empoigna par le bras, et me sermonna. Sermon que j'écoutais d'une oreille distraite, tout en continuant de sourire et de regarder Benhaldès. Puis mon sourire disparut et je pris une expression sinistre.

_ Mon vote est fait pour son cas, dis-je d'un ton cinglant, coupant le sermon. La mort.
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 26 Avr - 9:55

Lilyah Vamy :

Je ne savais vraiment pas quoi penser. J’étais d’accord avec ce procès. C’était le meilleur moyen de décider du sort de Jowy. Mais je n’arrivais pas à savoir quoi penser. Je n’aimais pas décider ainsi du sort d’une personne.

Il fallait me résumer la situation depuis le début. Cette Lise soignait les soldats des deux camps sans distinction. Je resongeais à ma propre histoire. Il n’existait que de rares médécins agissant ainsi malheureusement. Ils préféraient ne sauver que leur propre camp surtout les soldats. Discretement, je regardai Nilane furtivement. Tuer quelqu’un qui soignait un blessé était vraiment un acte abominable. Il ne fallait avoir aucune morale, aucune âme. C’était peut être même la pire des bassesses. C’est comme tuer, des civils, des innocents ou un blessé … Pourtant c’était quelque chose qui se passait très souvent durant ce conflit. Rien qu’à y penser, je sentais la colère. J’essayais de retenir cette révolte. C’était inutile de m’énerver ici.

Bon. Au moins j’étais arrivée à la conclusion que Jowy avait accompli un acte répugnant. Il ne restait qu’à trancher sur ce que je pensais du sort qu’il méritait. Tous ces arguments que j’avais énuméré aurait mérité la mort. Pourtant je ne pouvais m’y résoudre. Tuer un autre être humain ne ramènerait pas sa victime à la vie ni n’annulerait son forfait. Le tuer ferait de nous des meurtriers à notre tour. Non, je pouvais pas me décider à une telle solution. Sa mort n’arrangerait rien du tout. Notre mission était de sauver et de protéger les vies des Nimrodh.

Ainsi mon verdict était pour moi l’emprisonnement. Je ne voyais que cette solution.

Mike Libane :

Je regardais silencieusement cet homme qui avait tué la femme de Jonas, celui qui l'avait rendu froid et agressif envers les terriens. Il était vrai qu'il l'avait abattu parce qu'elle soignait un soldat ennemi, et ce seul état de fait l'aurait conduit tout droit sur le désintégrateur ionique. Mais je me disais qu'une faute de jugement devait entrainer la mort de quelqu'un. C'était parfaitement inutile de priver quelqu'un de la vie. De plus, comme il n'en gardait aucun souvenir, ça ne servirait a rien de le punir pour cela, vu que les procès servaient justement a ce que les criminels ne recommencent pas de sitot. Il est vrai qu'ils ne risque pas quand ils sont dispersés en infîme particules, mais là n'est pas la question. Après cette constatation, je me suis dit que les travaux forcé seraient de bon gout pour aider les Nimrodh en construction.

Dr Nilane Bah :

_ Qu'on l'enferme quelque part, dit Lyliah. Et qu'on le laisse enfermé. Nous n'avons pas le droit de disposer de sa vie avec la même légèreté que lui l'a fait.
Elle a parlé en regardant Rhoan droit dans les yeux, d'un air de défi. Mais Rhoan ne cille pas. Il ne détourne pas le regard. Il ne cherche même pas à soutenir celui de Lyliah. Il continue juste à regarder dans sa direction comme si elle n'avait pas d'importance.
Je n'en attendait pas moins, ni de l'un, ni de l'autre. Je regarde Mike.
_ Qu'en pensez-vous, Mike ?
Le mécanicien d'ordinaire souriant et chaleureux semble pour la première fois hésitant et grave.
_ Docteur... Il ne se souvient de rien. Je pense que tout ce qu'il mérite, c'est de réparer ce qu'il a fait en travaillant pour les Nimrodh.
Je regarde de nouveau Jowy Benaldes. Il nous toise avec mépris.
_ Jowy, vous savez de quoi nous sommes en train de parler ?
_ Allons donc ! Vous déblattérez pour savoir si vous avez ou non suffisamment de tripes pour me régler mon compte ou pas. Je ne suis pas stupide.
_ Donc, vous ne savez pas de quoi nous sommes en train de parler.
Il me regarde comme si j'étais moins qu'une tâche de boue. J'ai l'habitude de ce regard. Je n'ai jamais été regardé autrement, à part par Kara, et par ceux qu'il m'a été donné de guérir. Jonas a dit "Ca aurait pu être vous". Et je sais que c'est vrai. Et je sais que j'aurais accepté, moi aussi, comme elle.
_ Vous ne vous souvenez de rien. Vous ne vous souvenez pas qu'elle soignait un soldat Japonais. Vous ne vous souvenez pas qu'elle vous répondait calmement pendant que vous l'insultiez. Qu'elle vous tenait tête sans se poser la moindre question. Vous ne vous souvenez pas que vous avez tiré sur elle, comme ça, froidement, sans raison. Juste parce qu'elle était entre votre arme et le blessé que vous vouliez abattre.
J'ai parlé sans la moindre agressivité, me contentant d'énumérer des faits. Jonas me regarde stupéfait. Il n'avait pas réalisé tous les détails qu'il m'avait livré, dans son délire, sur ses souvenirs retrouvés. Je regrette de l'exposer ainsi. Le visage de notre prisonnier est toujours aussi méprisant, mais quelque chose dans son regard a changé. Comme si une part de lui essayait de comprendre ce que je disais. Comme si une part de lui comprenait malgré lui.
_ Vous avez tué la femme de votre ami, Jowy. C'aurait pu être une inconnue, mais c'était la femme de Jonas. Vous saviez ce que vous lui faisiez. Vous savez qu'il vous considérait comme un frère. Pourquoi avoir tiré ?
_ Lyse a été tué par un soldat ennemi, me répond Jowy Benaldes.
Mais quelque chose, dans sa voix, a perdu de son assurance.
_ Vous devez bien vous souvenir de ça, tout de même. Pourquoi avez vous tiré ?
_ Vous êtes tarée ! Foutez moi la paix.
_ Qui était Lyse, Jowy ? Elle était comment, dans la vie ? Vous la détestiez depuis longtemps ?
_ La ferme ! J'en sais rien, moi ! Je... Je ne me souvient même plus de quoi elle avait l'air !
Notre prisonnier tremble. Quelque chose en lui tente de se réveiller, et il y résiste de toute ses force. Je me tourne vers Atrayde.
_ Jonas. Je vote pour qu'il vive. Mais qu'il vive en se souvenant de ce qu'il a fait. Je veux l'opérer comme je l'ai fait pour vous.


Jowy Benaldes :

Qu'est ce que cette femme était en train de me raconter? Je ne veux pas me souvenir, je ne dois pas me souvenir... Non ! Soudain; Jonas prit la parole:

_ Très bien, Nilane va soigner ce ... Jowy.

Nilane se tourna alors vers moi.

_ Jowy, je vais vous emmener avec moi pour vous opérer, ainsi, je vous enleverai la puce qui est dans votre tête pour que vous vous souveniez de tout, vous allez me suivre sans protester.

Je ne réponds pas, je dois m'en aller d'ici, cette bande d'enfoirés commencent à me taper sur les nerfs, je décide de la jouer réglo:

_ Bien, puisque vous le demandez si gentiment, et puis, j'ai envie de me souvenir.

Tout le monde se tourne vers moi, comme si j'en avait fait trop.

Nilane met un pistolet à rayons caloriques dans sa main puis s'approche de mon siège, et après avoir hésité un instant, détache mes liens.
_ Passez devant.


Sans un mot, sans une réplique, je suis la direction indiquée par la doctoresse.

Je ne réponds rien, je ne dois pas répondre à ses tentatives de corruptions. Soudain, enfin le moment que j'attends: une troupe de ces étranges créatures, homme-chats arrivent en demandant de l'aide, je ne sais pas quel liens les unissent, eux et les humains, mais peu importe, je dois sauter sur l'occasion, j'attrape la doctoresse au cou, prenant le pistolet qu'elle avait dans sa main, collant le canon contre sa tempe.

_ Un geste et je bute votre doctoresse !

Les bestioles s'enfuient et les autres ne bougent pas.

_ Vous allez me laisser partir, sinon ...

Personne ne bouge, je n'hésiterai pas à tirer au moindre geste suspect...
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 26 Avr - 9:56

Chapitre 20 : Autour d'une table.





Xorth :

J’avais décidé de retourner tranquillement au Magellan. Pour cela il me fallait passer par le village, que j’avais littéralement survolé tout à l’heure. Dès mon entrée au village, je senti que quelque chose clochait : De nombreux Nimrodh parlaient à voix basse, entre eux. En tendant un peu l’oreille, je pu capter quelques phrases.

« …paraît qu’elle l’a emmené dans sa hutte… »

« …c’est la première fois… »

« …étrange pour une chamane… »

Il ne m’en fallait pas plus pour comprendre que notre Chamane, ou Soercyé, avait emmené un étranger dans sa hutte. Et pour que les villageois en parlent ainsi, ça ne pouvait signifier qu’une chose : Il ne s’agissait pas d’un Nimrodh !

Alors que je me dirigeai vers la hutte de la Chamane, celle-ci me contacta par télépathie :

_ Xorth, j’aimerai que tu vienne s’il te plait, me dit-elle.

_ J’arrive Aelezig, notre Chamane, lui répondis-je.

Il se trouva justement que j’étais au pied de l’arbre où était perché sa hutte. Il ne me fallut pas longtemps pour grimper jusqu’à celle-ci, qui était relativement basse par rapport aux autres.

_ Entre Xorth, me dit Aelezig en me voyant.

Je n’avais pas fait deux pas que je vis Kara, endormie sur les jambes de la Chamane. Je lui demandai donc :

_ Kara a-t-elle fait quelque chose de mal ?

_ Non, me rassura-t-elle. Elle est tombée sur moi dans la forêt et je l’ai ramené ici. Elle est... différente des autres.

_ Je le sais, lui répondis-je. Et c’est en partie à cause de moi.

_ Explique toi Xorth.

Je pris une profonde inspiration, et commença à raconter les évènements. Comment Kara m’avait trouvé, m’avait contacté. Puis comment j’avais décelé son potentiel et finalement l’avait augmenté. Pendant tout ce temps, Aelezig m’écoutait attentivement, laissant paraître parfois une expression de surprise.

_ Stupéfiant, répliqua-t-elle. C’est tout bonnement… incroyable. Ainsi dont, cette enfant aurait un pouvoir télépathique que tu aurais réussi à amplifier par le rituel du Gharat.

_ Oui, dis-je.

_ Il faudrait que je puisse parler avec cette enfant, mais je ne comprends pas bien ses pensées.

_ D’après mon expérience personnelle, on ne peut comprendre les pensées de quelqu’un que si l’on comprends déjà sa langue.

_ Et tu la comprends d’après ce que j’ai entendu.

_ Oui Aelizig, c’est pour cela que je peux communiquer avec eux.

_ Dans ce cas, il va…

Elle fut coupée par un gémissement de Kara. Apparemment, elle se réveillait.

_ Xorth ? dit Kara en me voyant. Pourquoi tu es là ? Quelle heure est-il ?

Elle regarda à travers la porte et vit le ciel qui commençait à s’assombrir.

_ Oh mais il est tard ! s’écria-t-elle. Maman va s’inquiéter si je ne suis pas là pour le dîner. Il va falloir courir !

Aussitôt dit, aussitôt fait. Elle se leva d’un bond et se mit à courir en direction de l’entrée de la hutte. Trop vite ! Elle avait oublié que nous étions perché dans un arbre et lorsqu’elle atteignit le pas de la porte, elle s’arrêta brusquement. Si brusquement que, emportée par son élan, elle fit de grands gestes pour essayer de rétablir son équilibre.

_ Oula ! Oh ! Oh !

Je me précipitai pour lui attraper le bras et l’empêcher de tomber mais, à quelques centimètres de sa main, elle bascula… du mauvais côté.

_ Kara ! hurlai-je.

_ Aaaaaaaaah !

Je me penchai sur le rebord de la plateforme pour voir, horrifié, Kara en train de se précipiter la tête la première vers le sol.

_ Karaaaaaa ! hurlai-je à nouveau. Noooooonnn !

Et soudain, tout s’arrêta ! Enfin, tout… Kara arrêta de tomber, comme si quelque chose la retenait. Je la fixait toujours, espérant qu’elle n’avait pas touché le sol trop violemment et, contre toute attente, c’est ce qui se produisit : Kara flotta doucement jusqu’au sol et se posa tranquillement sur ces pieds.

Encore sous le choc, il me fallu quelques instant pour reprendre mes esprits. Je descendis en toute hâte de l’arbre et rejoignit Kara.

_ Kara ! Ca va ? Tu as mal quelque part ?

_ C’était super, me répondit-elle, joyeuse. On recommence ?

« On » ? Serait-il possible que ce soit moi qui… Puis les paroles de la Soercyé me revinrent :

Cela développerait aussi ton pouvoir télépathique, et ça, je ne sais pas quelles sont les conséquence.

Ainsi ma télépathie avait évolué. Je pouvais maintenant faire bouger des choses avec mon esprit. Il fallait que je le dise à la mère de Kara. Je me concentrai pour la contacter.

_ Soercyé ! appelai-je télépathiquement.

Pour toute réponse, une image me parvint : Tout le monde était debout, sans bouger, et me regardait. Quelqu’un que je ne voyais pas pointait un tube sur ma tête.

Peur !

Je compris rapidement que ce que j’avais vu était ce que voyait la Soercyé. Elle avait peur ! Elle était en danger !

Kara, qui ressentait mes émotions quand elle se trouvait à côté de moi, me demanda :

_ Qu’est-ce qu’il y a Xorth ? Pourquoi as-tu peur ?

Je la regarda et abaissa mon visage au niveau du sien.

_ Kara, attend moi ici, lui dis-je en la regardant dans les yeux. Ne quitte pas le village, je reviens !

_ Tu me fais peur Xorth, répondit-elle. Qu’est ce qu’il y a ?

_ Reste dans le village et attends-moi Kara, lui dis-je pour toute réponse.

Je couru vers l’arbre le plus proche et bondit. Dans les arbres, je me déplaçais bien plus vite qu’au sol. Laissant mon instinct guider mes prises, je me focalisai sur mon objectif : Le Magellan.

Arrivé à la plaine où se tenait le vaisseau, je n’eus pas de mal à repérer les deux personnes qui apparemment, venaient d’en sortir. L’humain que j’avais suivit plus tôt pointait maintenant vers la tête de la Soercyé ce que j’identifiai comme une arme. Il la forçait à se diriger vers la forêt.

_ Si l’un d’entre vous ose s’approcher, je lui fais rôtir la cervelle, cria-t-il tout en continuant à se diriger vers les arbres.

Je ne comprenais que trop bien que la « cervelle » en question était celle de la Soercyé. Sans un bruit, je me rapprochai de l’arbre vers lequel il se dirigeait. Toujours en menaçant son otage, il passa en dessous de moi sans me remarquer. Je réfléchit quelques instants : Je savait que ce genre d’arme tuait instantanément – La Soercyé m’avait souvent répété les dangers de ces objets. Si je lui tombais dessus, il aurait donc le temps de tuer son otage. A moins que… je le désarme !

Je me concentrai un moment sur le fait que l’arme ne soit plus dans sa main et, à sa grande surprise, l’arme lui sauta de la main. La Soercyé profita de sa surprise pour se dégager de son étreinte et se jeta sur l’arme. Au même moment, je me laissa tomber de mon perchoir et atterri lourdement sur l’intrus, ce qui eut pour effet de l’assommer.

_ Xorth, je suis heureuse que tu sois là ! me dit la Soercyé.

_ J’ai reçut votre appel à l’aide, lui répondis-je. Alors je suis venu.

_ Merci, tu m’as sauvé la vie. Si l’arme ne lui avait pas glissé des mains….

_ En fait ça, c’était moi !

_ Mais… Comment…

_ C’est justement pour ça que je vous avais contacté. Je crois que mes pouvoirs ont évolué.

Elle marqua une pause.

_ Et bien, on peut dire que ta télékinésie est tombée à pic Xorth !

_ Ma téléquoi ?

_ Télékinésie, c’est le fait de pouvoir déplacer des objets par la pensée.

_ Ah ! Et on fait quoi de lui maintenant ?

_ Je vais demander à Jonas de m’aider à le ramener au vaisseau. Vu l’état dans lequel tu l’as mis, je ne pourrai pas l’opérer ce soir.

Je ne posai pas de question sur cette histoire d’opération. J’avais encore du mal à me faire à mon nouveau pouvoir.

_ Xorth, sais-tu où est Kara ?

_ Oui, elle est au village, je lui ai demandé de m’attendre là bas.

_ Pourrais-tu la ramener s’il te plait ? Puisque je ne peux pas opérer ce soir, on va passer à table.

_ D’accord, je vous l’amène tout de suite.

Alors que je commençait à m'éloigner, je vis Jonas courir vers la Soercyé. Rassuré de la voir accompagnée, je me retourna et bondit dans les arbre en direction du village où m'attendait Kara.

Jowy Benaldes

Alors que mon pistolet venait de me gicler des mains, quelque chose me tomba dessus, me sonnant à peine. Il était évident que cette bestiole, encore un de ces fauves humanoides. Encore une petite chance de m'en sortir. Je fis semblant d'etre assomé. J'entendit alors Jonas arriver et parler à la doctoresse.

_ Vous allez bien, Nilane, il ne vous a pas fait de mal?

Quel crétin, il ferait mieux de s'occuper de moi plutot que de cette femme.

_ Ca va, ca va, mais occupez vous plutot de Jowy.

Lorsque j'entendis cette phrase je savais que c'était maintenant ou jamais. D'un bond, je me levai et me mis à courir à toute vitesse. Je risquai un regard derrière moi, c'est bien ce que je pensais, ces abrutis me suivent, ils pensent pouvoir me rattraper. Qu'est ce que je disais: je me retournais une deuxième fois et j'entendis la doctoresse dire à Jonas:

-_ Laissons tomber, de toute façon, il n'a aucun moyen de rentrer, il ne sait pas faire fonctionner la porte interdimensionnelle.

Je regardai Nilane et Jonas s'éloigner, retournant au vaisseau, il était vrai que je ne savais pas utiliser la porte interdimentionnelle, mais ce n'est qu'une question de temps.

Kara :

J’ai flotté… J’ai flotté !

J’aurais dû me rappeler que les Xorths vivaient dans les arbres et en haut ! Je suis tombée et j’ai entendu Xorth crier… Quel cri… Et là, j’ai flotté !

J’ai même pu toucher l’herbe, c’était si amusant et si bien !

Mais Xorth a eu très peur, je crois que y avait « Maman » dedans… Oui, y avait « Maman » ! Et peur, peur ! « Maman » !

« Kara… »

Je me retourne, Aelezig est là ! Je ne l’ai pas entendue descendre ! C’est une Soercyé alors elle a des pouvoirs… Soercyé comme « Maman ». Non, c’est pas vraiment pareil…

Et c’était elle que j’avais entendue une fois. Oui, je l’ai entendue ! C’est la même voix, toute douce et calme.

Elle pose une main sur mon « Faux-bras ». On dirait qu’elle cherche quelque chose. Aelezig me regarde doucement et me montre du doigt le ciel. Oh non ! Il s’assombrit ! Il faut que j’arrive avant que « Maman » ne s’inquiète !

Devant ma drôle de tête, Aelezig me pousse vers le chemin du « Vaisseau-base ». Avant de partir, sur la pointe de mes pieds, je claque une bise sur sa joue. Elle fait un drôle de bruit, on dirait un rire !

« Au revoir Aelezig ! je crie avant de courir sur la chemin »

Elle fait un signe de la main et disparaît dans sa maison.

Je cours, je cours… « Maman » doit se demander ce que je fais. Je vais rien lui dire, elle est occupée et puis ça l’intéresse pas ! Elle doit sauver les Xorths !

Aelezig… Aelezig… Aelezig…

Elle est… Elle me rappelle quelque chose. Elle si jolie, et… spéciale, oui, spéciale ! Elle est pas comme les autres Xorths, ni comme les autres du « Vaisseau-base »…

Oh ! Je m’arrête, l’homme à la cicatrice est là ! Il porte un gros pot dans les bras. Il est avec des Xorths enfants. Ils lui tournent autour en chantant on dirait ! C’est rigolo !

Il a souri ! Il a souri ! Il a un très beau sourire… comme sa cicatrice.

Les petits Xorth crient et sautent en levant les bras. Ils doivent bien s’amuser…

Je me retourne et cours de nouveau vers le « Vaisseau-base ». Ouf ! Je suis arrivée !

Ouh… Ma tête tourne un peu... J'ai l'impression que le sol est pas plat... Il faut que je me raccroche à la porte je vais tomber... Ouh la...

Ca doit être parce que j’ai couru… Bon, il faut que j’aille dans la salle avec la grande baie vitrée ! J’ai faim moi !





Lyliah Vamy :

Après le procès et la tentative d'orage de Jowy contre Nilane, j'étais retourné à la cuisine. Decidement les ennuis ne cessaient de nous poursuivre. Je reportais mon attention sur mes casseroles avant que cela ne puisse tourner au désastre. Ce soir, c'était moi qui préparais le souper. Cela ne me dérangeais guère. Je savais bien cuisiner même si je préférais tout de même les livres. C’était incomparable.

Enfin le repas fut prêt. J'apellai tout le monde. Rapidement tout le monde était à table. Je servis rapidement et m’attablai ensuite. Tout le monde mangeait avec un bon appétit. Tout le monde semblait être à table il me semblait. Je les reperais du regard: Nilane, Mike, Rhoan, Kara, Xorth et Jonas. Personne ne parlait pas où juste pour dire des banalités comme « pouvez vous me passer le sel? ».

Je repensais à une conversation antérieure avec Mike.

Je me retournai vers Mike. Il ne fallait pas hésiter il me semblait. je me décidai et me jetai à l'eau:

_Ecoutez, j’ai remarqué que nous désirions tous aider les Nimrodh. Cependant nous ne parlons pas ensemble de cette tâche. Nous agissons chacun de notre côté. Je pense que nous devrions apprendre à travailler ensemble. commençais-je.

_C’est vrai. Nous sommes tous différents. Pourtant nous avons un but commun qui est sauver les Nimhrod. Je pense que nous serions plus forts si nous réunissions nos efforts sur un front commun. ajouta Mike.

_Vous n’avez pas tort tous les deux. Je passe tant de temps à l’infirmerie que je ne songe pas à dire à personne ce que je fais. Peut être même que les récits du travails des autres pourraient aider l’un de nous ou même plusieurs d’entre nous à avancer. approuva Nilane.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 26 Avr - 9:57

Dr Nilane Bah :

_ Je vais vous dire exactement ce que je sais, et ou j'en suis.

Mais il me faut quelques seconde pour rassembler mes mots. Tout est déjà compliqué pour moi, et je ne sais pas par où commencer.

_ J'ai conçu pendant notre traversée un traitement qui permet de renforcer le système imunitaires des Nimrodh, leur permettant de résister plus longtemps à la maladie. Mais j'ai des scrupule à l'utiliser, car, comme j'ai pu le constater aujourd'hui, ce traitement a des effet secondaire. Des effets plutôt sérieux.

Je sens sur moi le regard de Lilyah. C'est une vérité qu'elle n'était peut-être pas prête à entendre.

_ Quel genre d'effet secondaire ? Demande Mike, non sans une certaine inquiétude.

_ Les pouvoirs télépathique de Xorth se sont développés au point d'aller jusqu'à la télékinésie.

_ Mais, il est en forme.

_ En pleine forme. Plus en forme qu'il ne l'a jamais été, Mike. Mais il était conscient que ça pouvait arriver, quand j'ai fait l'expérience de ce traitement sur lui. Je me voit mal imposer ça au Nimrodh contre leur gré et je n'ai les moyens de leur expliquer ça, à tous.

_ Mais il sont d'accord, dit une petite voix.

Tout l'équipage s'est tournée vers Kara, qui joue avec les aliments dans son assiette, sans se décider à y toucher.

_ Il faut qu'ils soient gentils. S'il sont gentil, des gens vont venir du ciel, et leur donner plein de nouveau pouvoirs. Mais s'ils sont méchant, les gens viennent les détruire.

_ Qui t'a dit ça, ma douce ?

Kara me regarde et baisse le nez, comme si elle regrettait d'en avoir trop dit.

_ C'est la personne avec qui tu joue tout les jours pendant que je soigne les malade?

_ Je ne sais pas. Tu vas me gronder.

Lilyah vole à mon secours.

_ Kara, les Nimrodh nous ont dit qu'il y avait quelqu'un qui s'occupait de te garder pendant que ta maman soignait les malades. Elle est parfaitement au courant, tu n'as pas à avoir peur qu'elle soit fâchée.

Mais Kara se tait toujours. Un silence troublé s'est fait autour de la table. Ce n'est pas cette histoire qu'elle a raconté qui perturbe tant les autres. Je réalise qu'à part moi, personne n'a réellement observé Kara, ses dernier jour. Ils découvrent ce soir à quel point elle est devenue soudain pâle, et maigre. Et comme elle mange peu. Je ne peux plus doubler la dose de médicament que je lui donne, pour l'instant. Ca ne serait pas bon pour elle.

_ Il y a un problème avec cette personne ? Demandé-je à Kara. Ce n'est pas quelqu'un de gentil.

Le visage de ma petite fille s'éclaire.

_ Oh si, elle est très gentille.

_ Eh bien, tant mieux, dis-je joyeusement. Finis ton assiette, ma chérie, tu ne pourras pas sortir de table avant d'avoir tout manger.

_ Elle est très gentille. C'est leur Soercyé.

J'ai tellement pris l'habitude de m'entendre appeler comme ça, que ça me trouble. Je ne devrais pas être étonnée. Si le mot existe dans la langue, c'est qu'il se rapporte bien à quelque chose.

_ Elle te parle, ma Kara ? Pour qu'elle t'ai raconté ça, il fallait que vous vous compreniez.

_ Oui elle me parle, mais pas avec des mots. Même pas avec des mots dans ma tête. Maman, est-ce que je peux aller dormir sans prendre de dessert ? J'ai vraiment sommeil.

_ Tu n'a vraiment plus faim, ma puce ?

_ Non, maman.

Je me relève, m'accroupit devant elle et la soulève du sol. Elle est si légère.

_ Si vous voulez bien m'attendre un peu, avant de continuer à parler, je l'emmène se coucher.

Je l'emporte dans mes bras hors de la salle. Sa petite tête sur mon épaule pèse doucement. Elle a déjà fermé les yeux.

_ Kara, appelé-je tout doucement.

_ Oui, maman ?

_ Je t'aime très fort, tu sais ? Je t'aime vraiment très fort.

_ Oui maman, je sais, répond-elle d'une voix toute endormie.

Je vais la déposer dans son lit, embrasse son front, et remonte la couverture sur sa poitrine. Je voudrais la serrer fort, très très fort, pour l'empêcher de m'échapper. mais je ne peux rien, c'est inexorable. Seul Rhoan peut faire quelque chose.

Dans la salle à manger, j'entends des rumeurs basse, qui cessent dés que j'entre dans la pièce. Je retourne m'asseoir et soupir. Je sens qu'il va falloir jouer carte sur table, pour ça aussi.

_ Elle commence à s'affaiblir. Et ça va ne faire qu'empirer. Mais je la maintiendras en vie suffisement longtemps. Sa guérison est entre vos mains, Rhoan.

Il me regarde curieusement, comme s'il cherchait quelque chose à répondre. Mais je n'ai pas envie de l'entendre.

_ J'ai étudié la pierre sur toute ces couture, celle qui a créé la maladie. Elle est sans danger pour nous. Elle agit seulement comme un stimulus qui active quelque choses que les Nimrodh ont déjà dans leur gène. Si je parvient à isoler ça, je trouverais un remède. Mais il me serait utile de comprendre comment cette pierre agit. Quelqu'un s'y connait en géologie ?

Un lourd silence me répond.

_ Bon, je me débouillerais avec ce que je sais.

Je me tourne vers Atrayde.

_ Et votre carte magnétique ? Vous avez été un peu bousculé, aujourd'hui, je suppose que vous n'avez pas eu le temps de la décoder.

_ Ce n'est qu'une question de temps. me réponds le militaire.

_ Heu... La carte magnétique ? Répète Mike. Quelle carte magnétique ?

Lilyah réponds à ma place.

_ Nilane me l'a raconté ce matin au réveil. Le Balafré a un peu exploré les environs, et il a découvert une vieille base solarienne souterraine. La carte magnétique que monsieur Atrayde essaye de décoder vient de là. Elle contient peut-être des informations importantes.

_ Ou des information qui n'ont rien à voir, murmure Rhoan, d'une voix à peine audible.

Depuis que ne nous avons quitté la terre, ce n'est que la deuxième fois que je l'entends prendre part aux conversations. Et ce n'est naturellement pas pour dire des choses agréables.

_ Notre ami militaire, ajoute-t-il plus fort, est peut-être en train de gaspiller sont précieux temps pour rien, pendant que vous vous escrimez toute seule, à faire le travail d'un hôpital entier, faute de main d'oeuvre.

Il ne me regarde pas. C'est Atrayde, qu'il fixe. Droit dans les yeux. Après un très, très court instant de stupéfaction, devant cette attaque gratuite, l'ex militaire prends une inspiration pour répliquer, mais je le devance.

_ Merci de votre sollicitude, Rhoan. dis-je ironiquement Elle vous va très bien, si, si. Vous devriez l'utiliser plus souvant, entre deux éradictions de villes.

Le regard de Rhoan se retourne vers moi. C'est ça, attaque-moi, moi ! Pas lui, moi, espèce de dingue ! Si tu as envie de taper sur quelqu'un juste pour oublié ta peur de t'affaiblir, que ce soit sur moi.

Mais Rhoan semble avoir choisi sa cible.

_ Vous pourriez lui donner à faire un travail, comme vous l'avez fait pour la rouquine, ou le mécano, mais à lui, vous ne demandez rien, parce qu'en bon médecin, vous n'attendez aucun effort de vos patients.

_ Je...

_ Ne lui répondez pas, Atrayde. L'effort de Lyliah et Mike pour essayer de nous faire dialoguer les uns avec les autres ne lui convient pas, et c'est tout ce qu'il a trouvé pour le saboter.

_ Elle vous imagine surtout encore un peu trop fragile psychologiquement pour vous défendre vous-même. Murmure Rhoan. Ou pour faire un travail réellement utile.

Je sens les poings d'Atrayde se serrer. Si je réponds avant lui, cette fois, j'aurais l'air de donner raison à Rhoan. Par bonheur, Mike intervient.

_ Bon, écoute, Mistigri. Que tu ai un problème avec nous, je le conçois. Que tu ai envie de semer la pagaille, ben voyons, on s'occupe comme on peu. Mais je te conseille de laisser tomber, parce que c'est pas nous qui tomberons dans des panneaux aussi grossier. Et surtout pas Jonas, il en a maté des plus dur que toi, tu peux me croire, ça fait un bout de temps qu'on travaille dans la même base.

_ De toute façon, surenchérit Lilyah, un homme qui a suffisement de force de caractère pour demander un procès équitable à celui qui a détruit sa vie ne va certainement pas céder à de si petit coup d'épingle. De toute façon, la seule chose qui vous chagrine, c'est que quelqu'un en connaisse plus que vous sur un sujet de technologie.

Cette fois, c'est Rhoan que j'empêcher de répondre, en parlant d'une voix suffisement forte pour couvrir toute les autres.

_ Bon, bref, voilà la situation. Nous disposons d'un traîtement pour maintenir les malade en vie, mais avec des effets secondaires. Nous avons une pierre noire à analyser, et peut-être trouverons nous de nouvelles information bientôt.

_ C'est... Comment-ce Rhoan.

Mais Mike a déjà enchainé, toute aussi fort.

_ Ne devrions nous pas aller explorer la base, voir si nous trouvons d'autre indices ?

_ Je ne crois pas que ce soit nécessaire intervient abruptement Atrayde. Et surtout, ça pourrais ne pas être prudent. Le système de sécurité fonctionne encore.

_ Encore après toutes ces année ? Intervient Lyliah. C'est incroyable !

Rhoan a renoncé à parler. Son désir de détruire est plus faible que son amour propre, et il a encore le sens du ridicule. Je me lève pour débarrasser.

_ Puisque nous sommes maintenant tous au courant de toute les cartes que nous avons en main, je vous propose à tous de réfléchir à tout ça. Une idée viendra peut-être à l'un de nous pendant la nuit, et si elle ne vient pas, au moins, demain, vous saurez mieux ce qu'il y a à faire.

_ Nilane ? Dit Lyliah. Tu pourrais te passer de moi demain matin, auprès des malades ?

_ Je risque d'avoir un peu de mal, mais si c'est important, je peux me débrouiller pour communiquer avec eux. Pourquoi ?

_ Je pourrais peut-être accompagner Kara, voir la Soercyé. J'en apprendrais peut-être...

_ Eh bien... Commencé-je.

Je cherche comment formuler. Je n'ai pas envie de la blesser.

_ Lorsque les Nimrodh m'ont fait dire par toi que ma fille était en compagnie de quelqu'un, tu n'a pas eu l'impression qu'ils insistaient beaucoup pour qu'on ne s'occupe pas d'elle, et qu'on les laisse tranquille ?

_ Si, mais il voulaient te rassurer, tu étais inquiète de savoir ou elle était.

_ Non, il y avait autre chose. Je crois que la rencontre de Kara avec cette soercyé à un sens important, pour eux. Et j'ai l'impression qu'elle a également un sens important pour Kara. Et que, si nous intervenions entre elles deux...

Encore une fois, je perds mes mots. Mais Mike hoche la tête.

_ Je vois ce que vous voulez dire. J'ai vu le regard de la gamine quand elle parlait de la soercyé. On dirait qu'elle est en train de vivre une étape très importante de sa vie.

Je regarde le mécanicien un peu stupéfaite, tant par la finesse de son analyse que par le nouvel élément qu'il me mets devant le nez.

_ Une étape ? Quelle étape ?

_ Je ne sais pas. Mais j'ai eu pas mal de frère et soeur, je connais les enfants. Il y a toujours un moment où, on ne sais pas pourquoi, on sens qu'il sont sur le point de basculer de l'autre coté, du coté des adultes. Et quand ça arrive il faut à tout pris éviter de les retenir, parce que...

_ Parce que ?

_ Parce que, ça peux leur faire très mal, pendant très, très longtemps...

Je suis stupéfaite d'entendre formuler si simplement quelque chose dont ma conscience refusait de me donner le nom.

_ Il vaut mieux que tu reste avec Nilane, demain, conclut Mike en se tournant vers Lyliah.

Lilyah le regarde l'air dubitatif, mais fini par hocher la tête.
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 26 Avr - 9:57

Rhoan s'est éclypsé depuis quelques minute, je devine qu'il retourne à son laboratoire.

Jonas, qui est resté attablé le dernier se lève a son tout. Laissant Mike et Lilyah finir de débarrasser, je le suis dans le couloir, et le voir se diriger vers l'ascenseur.

_ Vous en avez assez fait pour aujourd'hui, Jonas. Vous devriez prendre votre soirée.

_ Vous allez prendre la votre ?

_ Non, j'ai encore du trav...

_ Moi aussi.

Les porte de l'ascenseur s'ouvre. Je me précipite pour y entrer avec lui.

_ Ecoutez.

_ Je sais. Vous allez faire un beau discour pour me remonter le moral, pour me dire que l'autre dingue est un idiot et que je ne dois pas écouter ce qu'il dit. Mais si vous voulez me rendre un service, mademoiselle Bah, oubliez une fois dans votre vie que vous êtes médecin. Ça ne vous fera pas de mal. Et pas qu'à vous, d'ailleurs.

_ Entendu. Je vais retourner à mon labo, vous au votre et...

_ Vous n'en être vraiment pas capable, hein ?

Il s'est retourné vers moi avec un regard étrange, comme s'il découvrait quelque chose de nouveau pour la première fois.

_ Capable de quoi ? dis-je sans comprendre.

_ Oublier que vous êtes médecin. Il vous faut absolument un patient à soigner, un problème à résoudre, vous n'arrivez pas à vous arrêter. Vous me détestiez, il y a quelque temps. D'un seul coup, je tombe malade, et vous voilà toute pleine de sollicitude. Si je n'avais jamais eu ce truc dans la tête, qu'est-ce que vous en auriez à f***** de la façon dont me parle votre évadé, là ! Votre compassion ne vient que tu fait que j'ai eu besoin de vous.

Il a commencé sur un ton calme, mais il commence à s'échauffer de plus en plus.

_ Ça vous rassure, sans doute, qu'on ai besoin de vous. Parce que la réalité, c'est qu'à part médecin, vous ne savez pas quoi être d'autre ? Même avec votre fille, vous restez un médecin. Vous vous souciez de tout ce dont elle a besoin, vous êtes la pour elle, mais quand est-ce la dernière fois que vous lui avez réellement interdit quelque chose ? La dernière fois que vous avez joué avec elle, juste pour le plaisir ?

_ Vous allez trop loin, Jonas, je vous prie d'arrêter.

J'ai dit ça sur un ton calme, mais une pointe de froideur m'a échappé malgré moi. Une partie mon esprit ne peux s'empêcher de s'agiter. Quand ai-je joué avec Kara pour la dernière fois ? Juste pour le plaisir, pas dans le but de lui enseigner quelque chose, ou de lui faire faire des exercice utile à sa santé ?

_ Je vais trop loin, docteur ? Vous ne vous êtes jamais demandé si vous, vous n'alliez pas trop loin ? Comme vous le voyez, ça n'a rien d'agréable de voir un parfait étranger se mêler de chose qui ne concerne que soi. Même avec les meilleurs intentions du monde. Quoi que je doute que vos intentions soit les meilleurs. Vous ne faites pas tout ça pour vos malade, vous faites ça pour vous, pour vous sentir utile. Au fond, vous n'en avez rien à foutre que vos bestioles-là, crêvent ou non.

_ C'est faux ! Je veux réellement leur donné la chance de vivre, ce sont des être exceptionnels.

_ Je vous croie, je vous croie. En attendant, votre fille est en train de mourir à l'étage au dessus sans que vous vous en inquiétez plus que ça !

La gifle part au moment même ou les porte de l'ascenseur s'ouvre. Le bruit raisonne dans tout le couloir comme un coup de feu.

Dans l'ascenceur immobile, Atrayde et moi, nous nous fixons, figés. Le militaire a porté la main à sa joue, encore rouge du choc.

Je tremble et serre les dents. Chacun des odieux mots qu'il vient de me dire raisonne dans ma tête. C'est moi qui ai reçu la véritable giffle. J'étouffe.

_ Elle ne va pas mourir, dis-je. Il n'est pas question qu'elle meurt.

_ Elle est en train de mourir. Ça crève les yeux.

_ Je sais. Vous croyez que je ne le sais pas ?

J'ai saisit derrière moi la rampe et la serre très fort. J'attends que la vague de haine et de révolte qui déferle en moi chaque fois que quelqu'un me dit que ma fille va mourir. Mais elle ne vient pas. Elle ne vient pas, et rien n'est là pour m'entrainer loin du gigantesque gouffre de détresse qui s'étend devant moi.

Quand ai-je joué avec Kara pour le plaisir ? Quand lui ai-je dit que je l'aimais comme ça, parce que ça me venait, et non parce que j'avais peur de la perdre ?

_ Je ne vous détestait pas, Jonas. C'est ce que vous représentiez que je détestais.

C'est vrai. Dés que je l'ai regardé, la première fois, je n'ai vu que son uniforme. Et j'ai décidé de le détester pour cette seule et unique raison.

_ Je n'ai pas eu de réel motif de vous détester. Jusqu'à maintenant.

J'ai parlé d'une voix calme. Mais je ne suis pas calme. Je suis sur le point de m'effondrer, comme un château de carte. Il y a tant de regards qui pèse sur mes épaules. Je ne peux pas tomber maintenant. Ni maintenant ni jamais d'ailleurs. Parce que personne ne me rattrapera si je tombe. Je suis seule. Seule. Depuis toujours.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 26 Avr - 10:00

Chapitre 21 : Broyeur de vie





Jonas Atrayde :

Je me frottai la joue tandis qu’elle sortit de l’ascenseur, avec un air furieux qui lui allait vraiment très mal. Jamais Lyse ne m’avait giflé, même pour lui avoir parlé quelques fois aussi franchement que ça. Elle, elle n’aurait jamais réagit comme ça ! Elle aurait réagit de façon calme et posée, et elle aurait su reconnaître ses torts, même si en ce temps là, c’est sans doute moi qui avait la plupart des torts. Mais qu’est ce que j’avais fait de vouloir m’attacher à cette femme ? J’avais peut être été abrupte, et c’est ça qui l’avait dérangé, pourtant, elle l’avait mérité… Je savais que j’avais raison, elle ne connaissait dans la vie que son métier ! Et sa fille dans tout ça… Non, en fait c’est moi qui avait eu tort. Depuis que je m’étais fait retiré cet implant, je lui avait fait une confiance aveugle. Je lui devais la vie, je lui devais ma vraie vie, même si la vérité me cisaillait encore le cœur. Mais à présent, j’avais vu une partie de ce que devait être son vrai visage… Et je doutais à nouveau. Est-ce que j’étais en train de complètement me tromper sur son compte, où est ce que j’avais totalement raison ? Mais à présent qu’elle était partie sans se retourner vers moi, j’imaginais que je n’aurais pas les réponses à mes questions avant un moment.

Je sortais de l’ascenseur, alors que les portes allaient se refermer sur moi. Se poser de telles questions pour le moment ne ferait que me détourner de mon objectif premier qui était de décrypter le contenu de cette carte antique. Je me dirigeais vers labo, tout en me frottant toujours ma joue. Ce qui était sûr, c’est qu’elle eu l’art et la manière de donner les gifles, j’en ressentais encore la chaleur sur le côté de mon visage une fois arrivé au sas. Je devais passer devant Rhoan pour me rendre à la salle au fond du labo où j’avais laissé mes instruments allumés. Evidement, ce beau parleur de mes deux ne pus pas s’empêcher de faire une remarque sur la marque de ma joue, que je ne cherchais pas malgré tout à cacher.

_ Tiens le militaire, dit il en se levant de son siège j’ai entendu comme un bruit sec qui venait du corridor, vous savez ce qui a pu se passer ?

Il prit un air sarcastique qui me dégoûtait au plus au point ! Il s’amusait à me dévisager, montrant bien qu’il savait de quoi il parlait. Il rajouta en plus :

_ Mais qu’est ce qui est arrivé à votre visage ? A laissez moi deviner ! Vous vous êtes brûlé à la joue ! Venez, je vais voir si je peux effacer ça avec mon prototype…

_ LA FERME RHOAN !!!

Je n’étais plus d’humeur à vouloir lui répliquer et lui faire ravaler ses paroles comme il le méritait, j’étais furieux.. Furieux comme Nilane devait l’être en ce moment. Je claquais la porte du fond tandis que Rhoan continuait ses sarcasmes dans le vide. Je m’appuyais contre la porte à soupirant. Qu’est ce que j’étais en train de faire ! Voilà que cette femme occupait toutes mes pensées quoi que je veuille faire. Pour le moment, il fallait que je m’en débarrasse, et donc que je me replonge au plus vite dans un séance de décryptage de cette carte étrange, il n’y avait plus que ça a faire pour occuper mon esprit à autre chose. Je m’installais sur mon siège et repris mes mouvements frénétiques sur le clavier, les lignes défilant sur l’écran, comme depuis 2 jours.

Je ne trouvais rien de plus que les autres fois pendant une bonne heure, mais au bout de ce laps de temps, je découvris une chose intrigante. Un dossier beaucoup mieux protégé que le reste de la carte. Il contenait des informations sur une pierre, mais pas n’importe laquelle. J’avais entendu dire, sans l’avoir vu, qu’une pierre noire avait été également apportée par Xorth à Nilane pour qu’elle l’examine… Je ne la comprenais pas ! Elle voulait déjà tant se rendre utile en tant que médecin, pourquoi vouloir en plus sauver tout un peuple dont on avait comme seule information qu’il avait été créé par mon peuple ? Pourquoi elle ne s’occupait pas plutôt de sa fille qui crevait à petit feu !?

Je me repoussais violemment du clavier, comme pour me réveiller d’un cauchemar éveillé… Rien à faire, elle ne voulait pas sortir de ma tête ! Tout ce qui avait rapport avec elle me faisait immédiatement penser à autre chose que mon objectif principal. Tant pis, je devais m’adapter et faire avec, tant que je n’aurais pas la tête à trouver une solution. Je recommençais à fixer mes moniteurs.

J’avais beau essayer de resserrer au maximum l’image de l’archive, elle semblait rester floue. Tout ce que je pouvais clairement voir, était qu’elle était d’un noir éclatant, c’était peut être la même pierre qu’ELLE était en train d’examiner en ce moment. Cela voudrait dire qu’elle a un rapport avec cette mystérieuse base de laquelle venait la carte. D’après les précédentes archives que j’avais réussi à décrypter, il semblerait que cette base avait et en fait tout l’air d’un centre de recherche de très haute sécurité. Si ce que je pensais se confirmait, cela voudrait dire que ce centre étudiait la géologie de la planète, et en particulier ces pierres… J’allais avoir définitivement besoin de Nilane pour tout comprendre… Mais b*****, mais pourquoi je n’arrive plus à la détester !! Il y a pas si longtemps, j’aurais souhaité qu’elle crève dans d’atroces souffrances, et là...

Mais avant de m’adresser à elle, il fallait que je déchiffre le reste de la carte. Cependant, avec une information aussi importante, il ne devait plus rester grand-chose, je sentais que j’allais enfin toucher au but.





Kara :

Il y a de la lumière, beaucoup de lumière… Et un drôle de bruit, un bruit sourd.

C’est tout blanc, tout blanc ! J’entends des sons, des voix, elles sont basses… Et des sourires… j’entends des sourires…

Je suis allongée, je n’arrive pas à bouger, recroquevillée sur moi.

Des mains, des mains ! Deux mains blanches, toutes blanches ! Elles me frôlent et une voix ! Une voix, étouffée, claire qui chante !

Shaïno, shaïno… Na fi kran… Shaïno wanchi nouvol shi né

Quelle jolie chanson… Je crois que je la connais.

Les mains blanches m’enlacent. Que c’est bien, c’est chaud… Mais c’est flou, à qui sont ces mains ? Il y a d’autres mains ! Elle sont plus grandes, plus foncées aussi et…





« Non ! »

Je suis sur mon lit, j’ai mal à la tête. J’ai fait un rêve ? Je m’en souviens plus, c’était flou… J’entends encore la voix à la berceuse… Hum… Qu’est-ce que c’était ? Je sais plus !

J’ai plus sommeil. Je me lève alors…

« Maman » a mis mes médicaments sur une table. Il y en a plus ! C’est pas normal, pas normal… Et puis ils travaillent tous en ce moment ! Ils ne jouent plus avec moi, ils ne me parlent plus…

C’est pas grave, je jouerais toute seule…

Je sors de ma chambre. Tout est éteint ! Y a que les petites lumières. Et c’est calme ! Très calme ! Ils doivent dormir… Non, ils travaillent, ils font des choses pas normales…

Je descends avec l’ascenseur.

Tiens ! Mais c’est le laboratoire de « Maman » là ! La porte est entrouverte, je vais voir ce qu’elle fait… Elle regarde une drôle de pierre noire… La pierre noire ! Aelezig dit qu’elle est maudite. Encore des choses pas normales.

« Maman » n’a pas l’air bien, elle tremble un peu. Elle a froid ? Non, elle est en colère, triste, c’est embrouillé.

Elle parle avec les autres. Elle travaille, elle dort pas, pour les Xorths, pour les sauver. Elle soigne les Xorths, les rassure…

Et elle ne me voit pas…

Je pars, il faut pas qu’elle me voit. Je croise personne dans les couloirs, j’entends juste des voix dehors… des petites voix toutes basses. C’est les Xorths.

Je me faufile et finis par trouver la sortie. Et si je sortais un peu ? « Maman » le saura pas. Et les autres non plus aussi.

Il y a les deux belles Lunes dans le ciel. Une blanche et une bleue. Elle brillent très fort ! Le camp des Xorths est allumé, y en a qui doivent dormir quand même.

Je vais vers la forêt. Je traverse les herbes. Elles sont bleues la nuit, c’est beau. J’arrive vers les grands arbres. Et si je montais sur un d’eux ? Oui ! Je verrais les Lunes encore mieux.

Je monte, ouh c’est dur ! Je m’assoie sur une grosse branche et je regarde le ciel. C’est magnifique, les étoiles brillent…





Mike Libane :

Je n'arrivais à dormir.

Je pensais encore à la conversation houleuse qu'il y a eu au diner. Et les visages fatigués que j'avais vu, me pesait sur la conscience. Comment cela allait-il finir?? Tout le monde seraient sauvé, comme dans les beaux films d'aventures?? Ou tout le monde mourraient-ils, comme les films à l'eau de rose cybergénétique? Je me levais, pour ne plus être étouffé par cette anxiété. Je regardais par la fenêtre pour admirer cette planète qui allait peut-être bientôt perdre cette forêt luxuriante, pour laisser place à des bâtiments en béton armé deprimants. Tout a coup, je voyais une forme qui sortait du Magellan pour aller en direction de la forêt. La petite taille, et l'absence du système capillaire très abondant caractérisant les Xorth, je pus deviner que c'était Kara. Je décidais de la suivre pour la surveiller.





Je sortais du Magellan, me dirigeant dans la direction prise de Kara. Je la voyais qui montait dans un arbre, pour me tourner le dos afin de voir les étoiles. Je m'approchais discretement, puis posa la main sur le tronc de l'arbre, et lança sur un ton de rire:

-Alors, on fait le mur gamine?

Je sentis une certaine confusion au-dessus de moi. Comme si elle s'était retenu de tomber.

-Oh c'est toi, dit-elle. Tu m'a fait peur!!

-Oh pardon, dis-je en me marrant doucement.

Nous observions tout deux un silence, et les étoiles.

-C'est la première fois que tu vois des étoiles?, dis-je au bout d'un moment.

-Non, je l'ai ai déjas vu quand maman et moi étions dans l'espace. Mais c'est la première fois que je les vois a travers des arbres.

-..., sais-tu que l'étoile la plus brillante que tu vois, c'est l'alpha du centaure? Et celle un peu plus bas, c'est la constellation de la vierge?

-Oh, tu es astronome ??

-Pas du tout, c'est juste qu'une fois, quand il n'y avait rien d'intéressant a l'holo-vision. Je me suis mis a lire un livre sur les étoiles, et j'ai appris à les reconnaitre, bien que ici j'ai eu un peu de mal vu notre récent voyage.

De nouveau, un silence contemplatif.

-Bon, bouge pas, je monte, fis-je.

Je commençais difficilement mon ascension, et du l'interrompre quand la troisième branche que j'attrapais cassa net sous mon poids.

BLAM.

-Ouille, fis-je en me massant les reins et entendant un rire joyeux au dessus de moi. Finalement, je crois que je serais mieux par terre.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 26 Avr - 10:02

Franck Rhoan





Après mon accrochage avec Atrayde, je ne pus me remettre au travail. Pour la première fois depuis vingt ans, je ne pouvais pas me résoudre à me remettre a mon travail.

_ Je n'en peux plus, murmurais-je à personne en particulier.

Dans un effort de volonté, je me levai, sortis du laboratoire, et pris l'ascenseur. Sans réfléchir, laissant mes jambes me porter, je sortis du Magellan, et commençai à errer au hasard, respirant a plein poumons l'air nocturne. J'arrivai aux premiers arbres, et continuai de déambuler lorsque qu'une voix méfiante me fit presque sursauter.

_ Tiens, mais c'est Mistigri.

Je me tournai vers Mike, me forcant à adopter un air impassible.

_ Que venez vous faire ici? Me demanda t'il d'un air méfiant. Ca doit être la première fois que vous sortez de votre laboratoire la nuit.

_ Ce que je fais de mes nuits de vous regarde pas, mécano, repliquai-je d'un ton aussi acerbe que je le put.

Je m'apprêtait à me remettre en marche lorsque soudain la gamine fut devant moi, me dévisageant de ses yeux d'enfant. Pur innocence, y lisai-je. Inconsciemment, je fis un pas en arrière. Elle partu étonnée et se rappprocha, me fixant toujours.

_ Pourquoi vous reculez? me demanda t'elle.

Je ne repondis pas, mais me figeait. Mike s'avança et se posta a coté de la fillette, une main sur son épaule d'un air protecteur. Je le fixai, et il me rendit mon regard. Mais ce n’était pas un mécanicien baraqué que je voyais. Je voyais un pantin, au fil soigneusement enroulés autour des doigts de Bah. Comme je pensais à elle, un méli-mélo d’émotions me traversa. Beaucoup de culpabilité, volontairement écrasée sous de l’orgueil et de la rancœur. La rancœur de m’avoir sortit de prison, la rancœur de ne pas m’avoir tué. la rancœur de m’avoir poussé à entreprendre la recréation de ce j’avais juré de sceller dans mon esprit, loin de l’avidité des autres…et de moi-même. C’est sans doute cette tempête d’émotions rugissant dans mon crâne qui entraîna ce qui se passa ensuite.

_ Vous êtes le monsieur qui êtes tout le temps enfermé dans la laboratoire. Vous êtes un amis de ma maman ? Je crois que je vous ai déjà vu, avant que ma maman vous amène.

Je n'osais répondre. Que répondre de toute façon? Comment expliquer a une petite fille qu'on est celui qui a gâché son enfance?

Mike dut voir mon trouble, car il raffermit sa prise sur l'épaule de Kara, et lança:

_ Pourquoi ne répondez-vous pas, mistigri ?

_ Vous voulez une réponse? Je vais vous la donner, ripostai-e, ne pouvant m'en empêcher. Oui, gamine, tu me connais. La lumière blanche, c'était moi ! Ca, dis-je en lui montrant brusquement son bras de métal, c'est moi ! Ton père et ta mère disparus! c'est aussi moi !

Mon ton était dur. Je n'avais appuyé sur aucun mot de ma tirade. Mike se figea, les yeux écarquillés. La fillette, elle, se raidit, puis s'enfuit en pleurant. Je n'eut pas le temps de dire "ouf", que je me retrouvais plaqué à un arbre par la poigne de fer du mécanicien.

_ Monstre! rugit-il.

_Allons, hoquetais-je, m'étouffant à moitié. Que vous arrive-t-'il? Mes propos vous choquent?

_ Vous n'avez donc aucun remord? Gronda-t-il, resserrant sa prise. Vous n'avez pas de coeur.

_ A quoi bon avoir des remords? Regretter le passé ne fait pas avancer. Ce n'est pas seulement inutile, c'est stupide. Seul les faibles regrettent. Les faibles, et les saints tels que Bah. Avoir des remord, ou du coeur, rien de tout cela ne change grand chose, au final.

Il me lâcha, mais je le vis crisper ses poings. Sachant que le moindre de ses coup me briserai, je me raidit.

_ Pourquoi ? Dit-il d'un ton grondant.

_ Pourquoi j'ai détruit une ville, tué tous ses habitants et gâché la vie d'une enfant? Par dépit.

Voyant son regard incrédule, je fis ce que je n'avais encore jamais fait. Je m'adossai a un tronc, et me mis a me justifier.

_ Lorsque j'ai commencé a étudier les technologie, j'étais convaincu qu'elles ne pouvait qu'aider les gens a s'en sortir. Je croyais la technologie capable du meilleur. Au fil des années, je fis des découverte incroyables. Une nouvelle source de chauffage, des système médicaux robotisés qui devaient augmenté de 10% le taux de patient sauvés dans les hôpitaux, des système de sécurités hautement perfectionnés pour les transport, et j'en passe. Mais au bout de quelques temps, je m'aperçus que mes découvertes, loin de servir la cause que je défendais, était utilisées pour la guerre. Savez vous d'où viens la technologie du "nouveau" canon à ions terrien? Relevais-je d'un ton ironique. De ce système de chauffage que j'ai inventé, et qui devait révolutionner la vie dans les villes. Plus je découvrais combien mes recherche étaient perverties, plus je sombrais dans le désespoir. J'ai alors été transféré à Itokyo. Là, les autorités me convoquèrent, et me donnèrent l'ordre direct de fabriquer une arme de destruction massive. J'ai bien sûr refusé, mais ils ne cessait de me repeter, sur tout les tons, que ce ne serait que pour la défense d'Itokyo.

Je passai ma main dans mes cheveux, essayant vaguement de me rapeller leur couleur d'origine. Mike restait silencieux, presque abasourdis.

_ J'étais jeune, continuai-je, et naïf. Il réussirent à me convaincre. Je mis deux ans à mettre au point l'arme qu'il me demandait. Deux ans de travaux acharnés, d'entêtement. C'est là que je créai le premier Remanieur à Rayonnement Micro Moléculaire. Une arme capable de modifier la structure de base même de la matière. Mais lorsque que j'émergeais de mon isolement, je découvrit que l'armée avait fait du centre d'Itokyo une base d'attaque à longue distance. Il n'attendait plus que mon arme pour commencer les destructions. Cela me mit dans une fureur telle, que par dépit, j'emmenai mon arme en dehors de la ville, sur un colline la surplombant, et....

Je me tut un instant. Lorsque je repris la parole, ma voix n'était plus qu'un murmure.

_ Le 2R2M à trois capacité définies: Assembler les atomes pour crèer des choses, les désassembler pour anihiler, et les condenser pour les faire exploser. Ce jour là, je fis disparaître itkyo sans la moindre explosion. En quelques minutes seulement. En quelques minutes, Je detruisit une ville entière, et je tuai plus de six millions de personnes.

Je me tut. Ne pouvant aller plus loin, et je me laissai glisser le long du tronc.

_ Mon dieu, murmura Mike.

_ Satisfait, persiflai-je. Maintenant que vous avez votre réponse, que comptez vous en faire ?

Je em relevai avec difficulté, puis fis volte face et retournai vers le Magellan.

Bon sang, mais qu'est-ce que qui m'a pris! me réprimandai-je.

Mais quelque part, au fond de moi, je me sentis plus fort. Soulagé, en quelque sorte.





Jowy Benaldès:





De nouveau dans ce temple, devant cette porte qui refusai de "s'ouvrir" . Cela devait bientôt faire une journée que je cherchais en vain à l'actionner. J'avais tout essayé, j'avais tapé dessus, tiré dessus avec mon flingue, tenté de passer ma main dans ces étranges signes qui ornaient les murs ... RIEN N'Y FIT!! J'étais fatigué, je n'en pouvais plus, je regardais le plafond, les symboles qui y étaient inscrit étaient plus gros, mais mon esprit est trop faible pour pouvoir les décrire, mais une chose était sure: ils représentaient quelque chose. Mais quoi? mon esprit était brouillé, que se passait-il, normalement, je pouvait tenir éveillé plus de trois jours, et au bout d'une journée, j'étais crevé, que m'arrivait-il? Soudain, tout redevint clair: je me levai d'un coup, en pleine forme. J'observai alors le plafond, c'était évident, sur ce plafond était gravé la façon d'ouvrir cette porte, maintenant, je n'avais plus qu'a comprendre ce que faisait l'être avec la porte, j'essayai de me mettre dans la même position que lui, mais, tout ce que je pouvais voir c'était un symbole bizarre, sans doute dans l'écriture de ces hommes félins, je n'y comprenait rien. Je rejetait un regard vers les symbole, la créature tenait une sorte de gros clou ... un burin peut-être. Lorsque je regardais la deuxième gravure, la créature semble taper sur cette partie de la porte, où il y a cet étrange symbole, ressemblant à un huit mais où le trait du milieu est coupé. Je ne comprenais pas de quoi il s'agissait, où devais-je taper? Je ne comprenais pas cet écriture et les gravures étaient mal faites.

D'un coup, ma vue se rebrouillait de nouveau et je retombais a terre à bout de force. Cinq minutes plus tard, je me relevai, de nouveau en forme, mais que ce passait-il? Je regardais de nouveau ces gravures, je comprenais un petit mieux, il fallais que je fasse quelque chose sur ce symbole. Oui, mais quoi? Je sorti du temple et pris un caillou pointu et m'approcha de la porte.

_ Entre toi et moi, ma vieille, ça va pas coller.
Je commençai par frotter la pierre dans les contours du symbole, sans succès et puis, je me souvint de ma référence au huit, je ne savais pas pourquoi, mais il me semblait que cette référence n'était pas totalement stupide, je saisi ma pierre à pleine main et frappa un coup sec contre la partie non gravée du "huit".

Un grand flash blanc se produisit mais ma pierre vola en éclats: la maière dans laquelle la porte avait était taillée était très résistante. Je sorti de nouveau de la salle et reprit une pierre, plus grosse cette fois ci. Je frappa de toutes mes forces, de nouveau un flash blanc, mais la pierre se fendit en deux. Je jeta un oeil à la porte et ... STUPEUR!! un morceau de la porte s'était ouvert, je pouvais apercevoir une partie d'un autre temple. Je pris une moitié de la pierre et reprit mon travail, frappait comme un malade, ma main était en sang mais bientot, la porte était totalement ouverte. Je traversai la porte et sorti du deuxieme temple. Je ne sentait pas l'air habituel d'Etrenank, je n'y était pas encore. Seulement, non loin de là, je voyais un autre temple. J'entrai dedans, exactement le même, vec les même gravures... je reprit ma besogne et ouvrit la deuxième porte, que s'ouvrait, cette fois ci sur Etrenank.[/

Lilyah Vamy :

Je venais de sortir du Magellan et me trouvai dans la forêt. J’avais envie de marcher un peu de respirer un peu d’air pur. Il était si agréable de se promener dans un si beau environnement. Je songeais à ma planète originelle. Ce n’était pas là bas que j’avais pu admirer un si beau paysage. Les seuls endroits où j’ai pu voir ce genre de spectacle, c’était dans les livres grâce aux reproductions d’images, de photos et de peinture. Je regardais la forêt. Tout semblait si calme et paisible. Si il n’y avait pas cette fichue maladie qui faisait mourir les Nimrodh, il me semblait que j’aurai pu prendre beaucoup de plaisir à me trouver sur cette planète.

Je marchais au hasard lorsque je distinguai au bout d’un moment le village de Xorth. J’avançais encore un peu. J’aperçus au loin des flammes. Je compris rapidement qu’il s’agissait encore d’un bûcher funéraire. Les pauvres. Combien de victimes, cette stupide maladie ferait elle encore avant que Nilane ne puisse trouver le remède? Une larme ou deux perlèrent à mes yeux. Promptement, je portais à ma main à mes yeux et les essuya. Cependant une voix m’interpella:

_Vous pleurez, Liliah?me demanda cette voix.

Je me retournai en continuant de frotter mon œil gauche. Je reconnus Janus, le balafré.

_Ne soyez pas ridicule. Il s’agit juste d’une poussière dans l’œil.répondis-je.

Je n’avais pas pour habitude de pleurer devant une personne, connue ou inconnue, et je n’avais aucune envie de commencer à partir de maintenant. Je fronçais les sourcils reprenant mon assurance coutumière.

_Qu’êtes vous venue faire ici?demanda t-il.

_Une simple promenade. Tout va bien ici pour vous?

L’idée de demander si tout allait bien me glaçait le sang. Comment aurait on pu aller bien dans un village où des êtres vivants agonisaient et où la mort était omniprésence planant sur le village? Je pouvais être stupide par moment.

_Moi, je ne vais pas trop mal. Je suppose que par contre les Nimrodh pourraient aller mieux. me répondit Janus.

_Ne vous inquietez pas. Nilane finira par découvrir le remède qui les sauvera.

J’avais parlé d’une voix forte et convaincue. J’essayais plus de me convaincre moi même qu’un remède pouvait être préparé à temps qui sauveraient tous les Nimrodh. Pourtant je faisais confiance à Nilane. Je savais qu’elle n’abandonnerait pas. Mais un docteur seul pouvait-il réaliser des expériences qui nécessiteraient plutôt une armée de médecins. Je décidai de changer le sujet de la conversation.

_Et que faites vous ici? Vous êtes tout seul au village avec eux. dis je.

_C’est vrai. Mais je ne m’ennuie pas. Je les ait aidé à construire une sorte d’escalier à leurs huttes. Ainsi ce sera plus pratique pour nous y grimper.

_Très ingénieux. En effet, nous n’avons guère de performance en ce qui concerne l’escalade d’arbres. ironisais-je.

Janus m’emmena voir les réalisations effectuées. C’était en effet ingénieux. Du bas de l’arbre jusqu’à la hutte se trouvait des branches reliées au tronc chacune à un mètre de distance. Toutes ensemble, elles formaient un véritable escalier en colimaçon. Certes, ce n’était pas vraiment des plus pratiques mais cela était beaucoup mieux que de grimper dans des arbres si hauts.

_C’est de l’excellent travail. reconnus-je.

_Les Nimrodhs sont remarquablement intelligents. Je n’ai eu besoin que d’expliquer une fois, peut être deux, et ils ont compris comment ils devaient procéder. dit Janus.

Ce travail pouvait affirmer qu’il fallait aider les Nimrodh. Ils ne méritaient pas de mourir. Ils étaient trop incroyables et fantastiques pour cela. Nous devions les aider à guérir. Nilane, nous comptions tous sur toi. Et puis .. à cœur vaillant, rien n’était impossible.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 26 Avr - 10:03

Jowy Benaldes:

Non loin de là, une sorte de racaille buvait une boisson à coté de son vaisseau, il me fallait ce vaisseau. Je m'approcha de lui, sorti mon pistolet et le pointa sur lui.

-Je vais prendre votre vaisseau, et vous allez vous laisser faire.

L'homme ne dit rien, je montai dans son vaisseau et partit vers Oblivion. L'engin n'allait pas très vite mais c'était tout de même mieux qu'a pied.

Une heure après, j'arrivai à Oblivion. Je pourrai enfin prévenir mes supérieurs de ma trouvaille et je monterais surement en grade avec ça.





J'entrai dans le bureau de mes supérieurs en leur jetant un regard froid, un regard qu'ils semblaient apprécier.

-Eh bien, caporal Benhaldes, que nous vaut cet venue, nous ne nous attendions pas à vous voir ici.

-Je viens vous annoncer quelque chose qui risque de vous intéresser: une nouvelle planète viable.

-Une planètre viable, tiens donc? Et où se situe-t-elle?

-Ca je l'ignore, j'ai pris un passage interdimentionnel.

Mon superieur détourné un regard déçu.

-Tant pis, nous aurons vite fait de la localiser, est-elle habitée?

-Oui, enfin peuplée, je dirais, mais ils n'ont pas l'air agressif, par contre l'un de nos alliés, le caporal Atrayde s'est rallié à leur cause avec des humains, j'ignore pourquoi.

-Ce n'est pas grave, nous éliminerons ce traitre, vous pouvez disposer, caporal Benhaldes.

Je sorti de la base et repris le vaisseau. Lorsque je ramena la machine à son propriétaire, il me dit:

-He! Enfoiré, t'aurais pus aller plus vite et faire gaffe, tu me l'as rayé.

Je m'apprétai à sortir mon flingue et à le tuer lorsque je ressentit de nouveau cette sensation de fatigue. Qui me fit tomber à genoux.

-AH AH AH! Tu te soumets? T'es pas malin comme gars, allez dégage!

Ma force était revenue mais je ne me sentai pas de taille. Je retraversai les deux portes qui se refermèrent derrière moi. J'étais revenu sur cette planète pourquoi? J'avais l'impression que ce sont mes jambes qui me guidaient. Soudain ma bouche se remplit d'une liquide peu appétissant. Je savais ce qu'était ce liquide, c'était ma salive qui était empoisonnée, mais comment ... oh je voyais clair maintenant, JONAS! Ce coup de poing n'était pas qu'un simple coup de poing, tu en as profité pour me mettre des nanomachines sur le corps pour qu'elles m'empoisonnent. Je cracha rapidement tout ce liquide visqueux, mais c'était inutile, il y en avait trop, il ne fallait pas que j'avale, je le savais. Je n'en pus bientot plus, je déglutis et avala tout d'un coup, lachant un cri rauque ... non ... je ne devait pas ... trop tard ... je ... devais ... récompensé ... tuer Jonas... tous ... pas mourir tout de suite ... d'abord ... tuer ... tous ... mais alors ... pourquoi? ... Je ne devais pas ... Jonas ... tu t'es bien ... joué de moi... tu as voulu ... faire croire ... que je m'en tirerai... non ... tu ... m'as mentis ... et maintenant ... je suis ... je suis ... plus en vie ... pas mourir ... pas ... maintenant ... non ... terminé... non ... ça ne devais pas etre... fini ... maintenant... je ne devais pas ... mourir ...





Kara :

C’est lui ! Je le savais ! C’est lui !

Les images explosent dans ma tête. Plein d’images floues, blanches… Et ça explose, ça explose !

« La grande Lumière » ! Il a fait la « Grande Lumière » ! Mon bras, mon bras !

Douleur, douleur ! J’ai mal et il a mal, il a mal aussi !

Il est tout embrouillé et il a mal, je l’ai senti. C’est lui pour mon bras… C’est lui !

Je regarde mon « Faux-bras ». J’ai envie de l’arracher. Mon bras, mon vrai bras ! Il est parti !

Et lui, il l’a enlevé !

Lui… Il a mal, il est bizarre, tout bizarre. Je sens une drôle de chose en lui. Et son regard, quand il m’a vue. Peur, peur…

Aïe ! Je suis tombée. C’est les arbres avec leurs grandes racines. J’ai mal, j’ai mal. Et la nuit brille, les étoiles brillent… On dirait qu’elles pleurent…

Je vois presque rien, tout est flou. Où je suis ? Pourquoi, pourquoi ?

« Kara… »

Non, non ! Je veux entendre personne ! Laissez-moi !

« Kara… Kara… »

Taisez-vous !!!

« Win dain a lotica… En va tu ri… Si lo ta… »

Qui… Qui ?! Ma tête, j’ai mal ! Et je suis fatiguée, si fatiguée…

« Fin dein a loluca… En dragu a sei lain… »

Ouh… Je me sens bizarre… bi…zarre…





Hum… Ca sent bon. Ca sent les fleurs qui brûlent…

Mais… Je suis chez Aelezig ! Elle est assise devant un feu et lance des fleurs dedans. Ca fait des couleurs très jolies…

« Cheulos Kara, me murmure Aelezig.

- Cheulos… »

Elle me regarde doucement, ses yeux sont beaux, très beaux… Ils brillent comme les étoiles qui pleurent.

J’entends rien dehors, y a pas de bruit. Et y a… de la brume ! On dirait que je suis toute seule avec Soercyé Aelezig.

Elle me prend mon « Faux-bras » et m’assoie devant son feu. Un feu dans une maison… C’est bizarre mais y a un trou dans le toit pour faire passer la fumée. Mais quand il pleut, on fait comment pour faire du feu ?

Aelezig sort de drôles de poudres de toutes les couleurs et elle les aligne en chuchotant des mots que j’entends pas. Elle me regarde et me montre le feu. Je dois regarder le feu, c’est ça !

La poudre argentée, elle l’a prend et la jette dans le feu. Les flammes deviennent bleues ! La fumée prend une jolie apparence…

Aelezig lance de la terre dans le feu pour le rendre plus petit, la fumée grossit et Aelezig met ses mains dedans et fait des signes étranges.

La fumée se transforme en… Xorth ! C’est un Xorth !

Avec ses mains, Aelezig le fait bouger, il court, il court et il saute !

PAF ! Il a disparut !

Aelezig met de la poudre rouge et la fumée est toute verte. Elle refait des signes et là je vois un bonhomme. Il a pas de visage et avec ses mains il fait une boule.

Oh c’est un œuf ! Et le bonhomme s’envole… L’œuf explose et… des Xorths sortent !

J’ai compris ! C’est comme ça que les Xorths sont nés ! Un bonhomme est venu et il les a fait naître. Il les a créés !

Et Aelezig mélange plein de poudre et la fumée devient violette et rose. Plein de Xorths bougent et on voie deux groupes de Xorths. Ils se battent, ils se battent ! Et un vieux Xorth arrive et arrête le combat.

Plein d’images arrivent dans la fumée. Des bébés Xorths, des monstres avec des piquants, des Xorths sur des animaux qui volent…

Oh… la fumée est rouge… Et il y a une Xorth et un homme qui sont ensembles ! Ils… ils font quoi au juste ? Ils se font un bisou sur la bouche et… ils disparaissent dans un éclair blanc !

Aelezig arrête ses signes et fais grandir le feu. C’est fini ?

C’est l’Histoire des Xorths ! J’ai vu leur Histoire ! C’était beau, et j’ai vu plein de choses…

Soercyé Aelezig se lève et me montre le dehors.

Le soleil se lève ! La brume s’efface et le ciel devient rouge, rose ! Un grand cri. Les Xorths appellent le soleil ! J’en vois deux qui sautent sur place en criant ! Une maman Xorth serre son enfant et un vieux Xorth chante.

Aelezig me tient l’épaule. Elle murmure…
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 6 Mai - 19:23

Chapitre 22 : Une matinée de repos.


Dr Nilane Bah :

La sonnerie du réveil me perce les tympan. J'ai mal aux tempes et tout mon corps est courbaturé. Je n'ai pas assez dormi. Et, pour la première fois depuis huit ans, je ne sens pas en moi cette rage qui me fait lever chaque matin et me battre, me battre, me battre sans jamais faiblir. A la place, un profond désespoir, et l'envie de refermer les yeux et de ne plus jamais, jamais me réveiller.

Je n'ai que ce que je mérite. J'aurais du me méfier d'avantage. J'aurais du.

Ce n'est pas la première fois qu'on m'insulte. Ça fait partie du métier. Ça fait partie du besoin de guérir des patients, ils insultent le chirurgiens, témoins gênants de leur faiblesse. Ce n'est pas non plus la première fois qu'on m'interdit de croire que ma fille va guérir. Mais c'est la première fois que le coup m'atteint. Et qu'il m'atteins là où il faut, en plein coeur.

Jonas Atrayde sait faire la guerre, même avec des mots, il vise juste. Pourquoi ai-je baissé ma garde ? Et surtout, quand l'ai-je baissée ?

J'ai mal, bon sang ! Ce n'est pas possible d'avoir aussi mal, juste à cause de ce pantin, ce lâche, cet imbécile qui a préféré la servilité, la soumission, à son amour et à la vérité. Et pourtant, c'est vrai. Jonas Atrayde a percé ma cuirasse, et ses insultes m'ont labourée l'intérieur. Comme s'il n'était pas juste un simple patient, un membre de l'équipage du Magellan, un ex militaire, un étranger. Comme s'il n'était pas un ennemi, mais un ami. Un ami cher.

Quand ? Quand est-ce que j'ai commencé à changer ? Et pourquoi ? Parce qu'il y avait quelque part, suspendue dans le silence, cette fille, cette Lyse, qui avait l'air de me ressembler ?Ou est-ce que ça a commencé avant, bien avant, lorsque nous nous affrontions encore, comme s'il était vital, pour l'un comme pour l'autre, d'avoir raison...

Bon, ça suffit comme ça. Lève-toi et va travailler !

Je me hisse hors de ma couche avec le sentiment que tout mon corps est devenu effroyablement lourd pendant la nuit. J'essaye de secouer la torpeur, et me dirige vers l'infirmerie. Machinalement, je refais les geste de chaque matin, trie les médicaments pour Kara et me dirige vers l'ascenseur. Mon regard est attiré malgré moi par la porte du fond. Est-ce qu'il a passé la nuit là, comme la dernière fois ? Est-ce qu'il risque d'en sortir avant que les portes de l'ascenseur se referment ? Les deux battants se rejoignent avec un claquement sec dans la cabine. C'est là que nous nous tenions, hier. Rien n'avait encore été dit. On pouvait encore espérer se parler, s'apprendre...

Je serre les dents. Qu'est-ce que je regrette ? C'est lui qui a tout détruit, pas moi. Lui et Rhoan.

Je me dirige d'un pas mal assuré vers la cabine ou j'ai laissé Kara dormir, et y allume la lumière.

_ Debout ma chérie, c'est l'heure de prendre tes médicaments.

Le lit est vide. Elle a du aller jouer quelque part dans le vaisseau.

Je ressort de la chambre et aperçoit Mike qui vient vers moi.

_ Bonjour, Mike, vous avez vu Kara ce matin ?

_ Non, doc, pas ce matin, mais hier soir. Et à ce propos, je voudrais vous parler ? De votre Mistigri.

_ Rhoan ? Qu'est-ce qu'il a fait.

_ Il l'a terrifiée. Il lui a dit que c'était lui qui avait détruit sa ville, ses parents, son bras. Et il l'a dit de manière violente. La pauvre petite s'est enfuie en courant.

_ QUOI ????

_ Comme je vous dit, docteur. Après, il m'a parlé de bien des choses, mais la pauvre petite, elle doit y penser encore.

_ BON SANG !

Mon cri semble avoir tiré du sommeil les autres membres de l'équipage. Ils sortent de leurs cabine, Lyliah, Rhoan, et _il semble qu'il ai regagné les dortoir, cette fois ci_ Atrayde. Je me précipite sur Rhoan et l'attrape par le col.

_ S'il lui est arrivé quelque chose, je vous jure que les séance de torture terrienne et solarienne vous semblerons un doux souvenir à coté de ce que vous subirez !

_ Que se passe-t-il ? me demande Lilyah

_ Kara n'est pas dans sa chambre.

_ Ah oui ? Fait Lilyah.

Elle a manqué le début de la discussion, elle ne peux donc pas savoir ce qui est inquiétant dans le fait que Kara découche. Je me tourne vers Mike.

_ Où est-elle partie ?

_ Je ne sais plus trop, vers la forêt.

La forêt ! Le village de Nimrodh. Elle aura été rejoindre la Soercyé, cette Aelezig !

_ Il faut que je la retrouve. Si elle ne prends pas ses médicaments, les conséquences peuvent être catastrophique.

_ Je vais t'accompagner, alors, dit Lyliah.

Je retourne mon regarde vers Rhoan. Chaque fois que je crois qu'il ne peut plus me détruire d'avantage qu'il ne l'a déjà fait, il me prouve que j'ai tort.

_ Un jour, vous payerez, Rhoan. Vous payerez pour tout ça.

_ Attention, docteur, n'oubliez pas que vous êtes une femme très occupée qui n'a pas à s'encombrer de la vengeance. Et que vous avez besoin de moi.

_ Je vous suggère de vous faire oublier, Mistigri ! Commence Mike.

Mais Atrayde a été plus rapide. Il s'est approché du savant pour le saisir violement par le bras. Je retiens son poing qui se lève déjà, près à frappez.

_ Ne faites pas ça ! C'est vrai qu'on a besoin de lui, pour guérir Kara. Et il n'en vaut pas la peine, de toute façon.

J'essaye de ne pas le regarder dans les yeux, mais ne peux retenir un frémissement au contact de son bras. Je crois que je donnerais tout ce que j'ai en ce moment pour que ce qui a été dit hier soit effacé. Mais c'est trop tard. Et c'est irréparable.

_ On y va, dis-je à Lyliah.

Nous quittons le Magellan en hâte. Le soleil se lève à peine. Nous courons à travers la forêt. Les Nimrodh sont rassemblé sur la grand place, tous ensemble, comme pour attendre notre arrivée.

_ C'est leur salut au soleil, me dit Lilyah. J'ai déjà remarqué ça.

_ Maman !

Je me retourne et voit Kara qui court vers moi. Je m'agenouille et tends les bras. Elle s'y jette et pleure.

_ Ma Kara, pardon, je ne savais pas que tu étais là, je ne savais pas que tu étais triste.

_ Maman, pourquoi tu l'as amené ? C'est lui qui a fait la grande Lumière !

_ Je sais, oui. Je l'ai amené pour qu'il répare ce qu'il a fait.

Ma fille quitte mon étreinte, recule d'un pas et me regarde. Un regard... Un regard attendu, mais dur à recevoir. Pour la première fois, elle doute. Je ferme les yeux et ouvre mon coeur. J'y mets l'espoir que j'ai de la voir grandir et être heureuse. Je veux qu'elle sente que je crois possible que Rhoan répare ce qu'il a fait, que j'y crois vraiment. Elle lit tout cela, et semble s'apaiser, puis elle hausse le sourcil.

_ Toi aussi tu as mal quelque part, maman ? Qui t'a fait du mal ?

_ Ce n'est rien, Kara. Les grande personne ont parfois des soucis qui ne sont pas facile à résoudre, mais rassure-toi, j'irais bientôt mieux.

Derrière Kara, une silhouette de fourrure atterrit souplement et vient la rejoindre. Aelezig. Sans l'avoir jamais rencontrée, je sais que c'est elle. Elle est magnifique. Son regard porte une noblesse et une sagesse que j'ai vu chez peu d'humain.

_ Maman, fait Kara, ravie. Elle m'apprends l'histoire des Nimrodh.

Aelezig pose sur l'épaule de Kara une main protectrice. Je comprends la phrase muette. Mais je n'ai pas envie de m'éloigner.

_ Maman, ne t'en fait pas, je vais mieux. Aelezig s'occupe bien de moi.

_ D'accord, Kara, je te laisse avec elle.

Je la reprends de mes bras et la serre fort.

_ Je t'aime, ma Kara.

_ Moi aussi, maman.

Je glisse dans sa main ses médicaments du matin et m'éloigne. Lilyah me suis, sans mot dire.





Retourner là bas, au magellan. Recommencer mes recherches, sans parvenir à avancer. Penser à lui, parce qu'il sera à coté. Non, je n'arriverais à rien comme ça. Je m'arrête au milieu du chemin.

_ Lilyah..

_ Oui ?

_ Peux-tu me rendre un service ? Un grand service ?

_ Tout ce que tu voudras !

_ Tu sais à peu prends quoi faire avec les malades, prendre leur température, les apaiser quand ils ont mal. Je voudrais te demander de t'occuper d'eux ce matin. Je ne rentre pas au Magellan.

_ Pourquoi ? Qu'est-ce que tu vas faire ?

_ Quelque chose que je ne fais jamais, mais qui est devenu plus que nécessaire. Prendre une matinée de repos. Marcher, me vider la tête, et voir après si j'arrive à être plus efficace.

Elle semble un peu surprise, mais hoche la tête.

_ Compte sur moi. Je m'occuperai des malades en ton absence.

_ Merci, Lyliah. Merci.

Je la regarde s'éloigner. J'ai du mal à croire à ce que je suis en train faire. Déléguer, faire confiance à quelqu'un, prendre du recul... Tant de chose que je me suis refusée pendant si longtemps.





Jonas Atrayde :

Pourquoi m’avait-elle arrêté ! Pourquoi m’avait-elle touché pour m’arrêter ? J’avais conscience que l’on avait encore besoin de ce savant fou, mais d’après ce que j’avais compris, il avait déjà détruit une ville avec une de ses inventions. Il était donc si intelligent et habile, qu’il aurait bien pu continuer de travailler avec les bras cassés ! Mais sa main à elle, touchant mon bras au travers de ma veste militaire, avait annihilé en un instant toute ma colère.
Je n'avais plus sommeil. Quand elle fut partie, je décidai de retourner au labo pour poursuivre mes recherches. Je lui en voulais, à elle, pour m’avoir empêché de la défendre, et à lui, qui l’avait fait souffrir au travers de sa fille… Comme moi, je l’avais fait.
La défendre ? Mais pourquoi ? Qu’est ce qui me prenait tout à coup de me mettre à la protéger contre les attaques morales alors que je n’avais fait que l’insulter ? Pourquoi ?
En réalité, je savais très bien pourquoi ! Nos disputes régulières, l’un voulant constamment faire mieux que l’autre, dès que l’occasion s’en présentait... Il fallait que je me remette la tête dans mon travail de décryptage, pour ne plus y penser, ne plus penser à elle, ne plus parler d’elle quand elle n’était pas là… Cela ne ferait que retarder l’inévitable. Ça se produirait tôt ou tard, quoi que je fasse…
Je m’installai devant mes écrans, une fois arrivé au labo. Avant de me quitter, Mike m'avait regardé d'un drôle d'air, comme quelqu’un qu’il ne reconnaît plus, comme un étranger. J’avais tant changé, depuis le début ? J’en avais vraiment pas l’impression… Est-ce que c’était mal ?
"Lyse, si tu pouvais encore être là pour m’aider à comprendre tout ce qui arrive…"pensai-je.
Je reconnaissais les lignes de codages que j’avais en face de moi, je les avais déjà vu avant sur la carte. Le cryptage fonctionnait par un système complexe de circonvolutions entrelacées. Au fur et à mesure que j’approchais de la fin, je voyais de plus en plus de codes se répéter ainsi… je touchais au but, j’allais enfin savoir ce que cachait ce labo. Ils allaient me remercier, tous autant qu’ils étaient ! Et Nilane… Je ne savais pas. Je ne pouvais définitivement plus effacer sa trace laissée dans ma tête, c’était trop tard.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 6 Mai - 19:23

Dr Nilane Bah :

Plus de cri, enfin. Plus de gémissement. Plus de reproche, plus d'attaque. Je suis seule, au milieu d'arbres millénaires, qui ne me veulent aucun mal, acceptant avec indifférence mon évolution sous leur ramure. Pas d'autres voix à écouter que la sève qui bat dans leurs tronc, et mon coeur dans ma poitrine. J'inspire à fond, guettant dans l'air quelque chose. Une invisible fraicheur, derrière la brise. C'est par là. Oui, au delà de cette colline.
L'eau. L'eau jaillie du fond de la terre, sans trace humaine dans sa limpidité. La véritable eau. Elle m'a manquée.
C'est un petit lac au milieu de roches, là où les arbres de la forêt commencent à s'éclaircir. Une cascade y coule, et le soleil du matin y allume des feu. J'avais bien besoin de le trouver.
Je m'avance jusqu'au bord et retire mes vêtements, tous mes vêtements. La brise qui souffle me fait frissonner. Je plonge un pied dans l'eau, puis l'autre. Le froid me mord. Malgré moi un sourire se forme sur mes lèvres. Je ferme les yeux et me laisse tomber en avant, la tête la première, vers l'ombre, vers la vase, vers le fond de l'eau. Je laisse les ondes glisser le long de mon corps et brasse vigoureusement, pour avancer plus vite. Ce trou d'eau n'en avait pas l'air, mais il est profond. Je brasse, je brasse, à la recherche de la fin, du bas, du sol.


Un sol de pierre, je le caresse, puis frappe le sol d'un coup vigoureux, pour remonter à la surface.

L'air entre dans mes poumons, je le bois à grandes goulées, et rejoint la rive.

Près de la cascade, sur une pierre, une petite fille m'observe. Elle a l'âge de Kara, mais elle est très différente. D'allure athlétique, avec des grands yeux sombre et froid, un petit visage ovale qui promet de devenir beau quand elle grandira, de long cheveux tressés, et une peau noire comme l'onyx.
_ Bonjour, Nilane, me fait-elle.
_ Bonjour, Nilane, réponds-je à la petite fille que j'ai été.
Je me hisse sur la rive et m'y allonge. Je laisse mes muscles s'abandonner au repos.
_ Tu es fatiguée, me dit mon moi enfant.
_ J'ai beaucoup travaillé, c'est normal. Mais toi, tu as l'air triste.
La fillette serre les poings.
_ Pourquoi P'pa m'a vendue au japonnais ? J'aurais pu rester avec eux. Je le déteste ! Je le déteste !
_ Bien sûr que non, tu ne le déteste pas, et tu le sais très bien. Tu vas regretter jusqu'à la fin de ta vie de lui avoir craché dessus au moment où il est venu te dire au revoir.
_ J'aurais du faire attention. Il fallait pas qu'il voit que j'étais plus intelligente, et plus forte que les autres enfants de mon âge. Je serais restée avec eux. J'aurais pu être là pour mon petit frère.
Je soupire. Je me suis fait ce discours tant de fois, déjà.
_ On était pauvre. On avait pas assez d'argent pour nourrir tout le monde. De toute façon, tu ne seras pas malheureuse au japon. Tu vas y rencontrer le docteur Agasa.
Le visage de l'enfant s'éclaire d'une nouvelle lueur.
_ Le docteur Agasa ! C'est le seul qui ai été gentil, avec moi !
_ Oui, tu vois. De toute façon, on ne change pas le passé. On vit avec.
Je ferme les yeux.
_ Tu devrais lui parler, me dit la Nilane d'autrefois.
_ C'est trop tard. Et puis de toute façon, à quoi ça servirait ? Je n'existe pas, pour lui. La seule femme qu'il aime, et qu'il aimera jamais, c'est Lyse.
_ Elle est morte.
_ Justement. On ne lutte pas contre une morte. De toute façon, je n'ai pas le temps. J'ai Kara, j'ai mon métier. Je n'ai plus de place pour qui que ce soit.
_ Je sais. Tu n'a plus de place pour moi.
Cette vérité me heurte.
_ Tu n'as plus de place pour moi, Nilane. Tu me méprises parce que je n'ai pas été capable de résister, quand les japonais sont venus m'enlever à ma maison. Tu voudrais te débarasser de mon souvenir. C'est bien pour ça que tu ne sais pas être une mère avec Kara, ou que tu ne sais pas demander de l'aide. Tu me méprises.
_ Non ! M'écrie-je. Non ! Je ne te méprise pas. Je sais que tu étais une petite fille pleine de talents, et que tu aimais ta famille comme personne. Je ne t'en veux pas d'avoir souffert.


_ Alors accepte-moi ! Accepte moi enfin ! Laisse une place dans ta vie pour moi.
La petite fille pleure. Un élan d'amour pour elle me déborde.
_ Pardonne moi, Nilane, dis-je. Pardonne moi d'avoir voulu t'étouffer tout ce temps. Je t'écouterais, désormais. Et je veillerais sur toi comme personne ne l'a jamais fait.
Je referme mes mains autour de mon ombre, pour mieux la garder. Et je vois. Je vois une pierre noire, dans mes mains. Une pierre. Mon ombre...
C'est ça ! C'est exactement ça !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
L'évidence me réveille, et je rouvre les yeux. Je suis allongée sur la rive froide. D'après la position du soleil, j'ai dormi longtemps.
_ C'est ça ! M'écrie-je toute seule au milieu du lac désert. Le remède pour les Nimrodh, c'est exactement ça !
Non, pas de conclusion hâtive. Ce n'est qu'une idée qui vient de se former en moi.


Jonas Atrayde :

Depuis vingt minutes, j’étais sur ce fauteuil. Enfoncé dans mon dossier, les pieds sur le clavier. J’avais terminé toutes mes recherches, j’avais même revérifié plusieurs fois le contenu de la carte, puis j’avais tout transféré dans la mémoire centrale du Magellan, dans un dossier dont j’étais seul à connaître la manière d’y accéder. Ma cigarette était arrivée à son terme, je la jetai sur le côté et en rallumai une autre aussitôt. Depuis que j’avais quitté Oblivion, les événements s'étaient enchaînés, et j'en avais fini par oublier d'ouvrir mon paquet. Tout avait changé, à partir de l'instant où elle m'avait donné cette gifle. Je m'étais mis à fumer au même rythme qu'avant Quand j’y songeais, j’avais vraiment très peu de volonté. Mes soucis n'arrangeaient vraiment pas les choses... Ces sentiments ambigus que j’éprouvais lorsque je pensais à Nilane... Parmi tous les changements brutaux que j’avais subit ces derniers jours, je me serais vraiment passé de celui-ci…
Mais de toute façon, c’était comme si ça s’était déjà produit, j’allais oublier Lyse, et tout le reste… Je ne voulais pas la laisser s’en aller de ma mémoire ! J’aurais voulu la garder pour toujours avec moi ! J’étais très bien comme ça depuis des années !
Et arrivait cette Nilane qui venait tout bouleverser dans ma vie. Elle était arrivée comme un cyclone dans mon existence. Mon existence... Une existence morne mais qui me satisfaisait ! C’est vrai, ce n’était pas de sa faute, mais le mal était fait. Parce que pour le moment, cela ne ferait de bien à aucun de nous, que j'éprouve des sentiments si contradictoires, surtout envers quelqu'un que je haïssait encore récemment.
La porte s’ouvrit soudain, me faisant presque basculer de mon siège, mais je réussis à garder ma position. Décidément, dès que je me mettais à penser à elle, elle arrivait toujours.
_ Jonas ! J’ai trouvé ! J’ai enfin trouvé ! cria t elle
_ Vous avez trouvé quoi ?
_ Le remède pour les Nimrodh ! Je l’ai trouvé !
Je me mis dans une position plus correcte pour l’écouter. Enfin, cette histoire allait avancer ! Enfin, j’espérais.
_ Dites moi ça !
_ La pierre que Xorth a ramené émet un rayonnement étrange. Ca n’affecte pas les humains, mais seulement les Nimrodhs ! Ce rayonnement sert à faire rejeter par leur organisme, une substance qui y est contenue. Vous me suivez ?
_ Pour l’instant oui !
_ Bref, ce rejet de la substance provoque à la longue la dégradation des cellules Nimrodhs et elles finissent pas mourir !
_ Un peu comme un cancer ? intérompais je
_ C’est ça. Sauf que cette maladie est à l’échelle planétaire !
_ Et votre remède ? dis je en soufflant une bouchée de fumée


_ Je pourrais modifier la structure de la pierre pour inverser les effets du rayonnement qu’elle provoque !
_ Vous POURRIEZ ?
Je la sentis un peu désorientée, face à cette répétition.
_ Je PEUX le faire, mais il faudrait que nous trouvions un moyen pour répandre son effet à travers toute la planète…
_ J’ai quelque chose à ce sujet qui devrait vous intéresser ! Regardez !
Elle s’approcha timidement de mes écrans, je repris ma position face au clavier.
_ Regardez ! répétai je. C’est le plan du labo que Janus et moi avons un peu exploré !
Je passais à une autre image qui montrait une de son étrange pierre sous toutes ses coutures.
_ Ce labo servait à l’étude, mais aussi l’amélioration du rayonnement dont vous venez de me parler ! Je n’avais pas tout compris jusqu’à maintenant !
_ Vous savez combien de pierres noires les Solariens de l’époque étudiaient ?
_ Ca, ça risque d’être très difficile ! Ces pierres ne sont qu’une toute petite partie d’une chose beaucoup plus grande !
J’affichais une autre image, montrant grossièrement un bloc d’un ½ kilomètre de diamètre à basse échelle. Un bloc noire et lisse sur le quel était disposé des 10ènes de machines aux fonctions qui n’étaient pas indiqués sur la carte.
_ Voilà la VRAIE pierre, de laquelle viennent toutes les autres .
_ Attendez, l’image est floue, mais elle est teintée de rouge ! Et je vois comme une rivière bizarre qui coule au 1er plan… De la lave en fusion ?
_ C’est exactement ça ! Les pierres tombent automatiquement dans la lave, et sont véhiculés à travers toute la planète par un réseau tout à fait naturel !
_ Vous avez appris, de quoi le bloc principal est composé ?
Elle m’avait un peu surpris. Quand je me tournais pour lui répondre, je sursautai. Elle s'était approché tout près de ma tête, dans mon dos. C'est tout juste si je n'avais pas effleuré la peau de son visage. J’ai eu plus peur à ce moment qu'au moment ou je m'était écrasé avec mon vaisseau, il y avait maintenant des mois… Ça semblait vraiment inévitable…
_ Je… non ! La… la structure de la Pierre Principale fait partie des archives qui étaient trop endommagés pour être extraites ! Mais d’après ce que j’ai compris, les petites pierres, une fois au contact du magma changent totalement de composition !
Alors il va falloir aussi que l’on sache de quoi est faite la Pierre Principale pour savoir comment en inverser les effets !
Elle fit une pause, elle se mit à réfléchir derrière mon dos.
_ Mais attendez ! Le labo n’est qu’à quelque mètre sous terre, et la Pierre doit sûrement être au moins à 5, voir 6 kilomètres ! Vous avez trouvé un moyen d’y aller ?
_ Regardez ça ! Étrangement, c’était le dossier le mieux protégé !
L’image affichée était celle d’un énorme engin en coupe.
_ Qu’est ce que c’est ? demanda t elle
_ Une foreuse ! J’en avais déjà vu pendant mes instructions, mais le modèle a été très amélioré depuis, en même temps… Bref, c’est un très vieux modèle, mais heureusement, les rudiments de pilotage étaient dans la carte ! Je devrais pouvoir le faire fonctionner.
_ S’il marche encore après 800 ans !
Je me levais, pour sortir de la salle. J’étais dans une phase délicate… Sa présence, sa présence commençait à me mettre mal à l’aise.
_ Elle marchera, ne vous en faites pas !
Je récupérai la carte au passage.
_ Elle va nous servir pour accéder aux parties importantes du labo ! Je vous retrouve à la salle des commandes !
_ Jonas !
"M**** !" pensais je.
_ Oui ? dis-je tout haut.
_ De quoi avez-vous peur ?
_ Pardon ?
_ Vous me donnez toutes ses informations, et vous vous enfuyez comme un voleur ! Qu’est ce qui vous tracasse ?
_ Rien de spécial…
_ Jonas, ça ne fait que quelque temps que je vous connais, mais je sais voir quand quelque chose ne va pas !
_ Oui, parce que vous êtes médecin ! Vous savez à chaque fois…
_ Parce que je... je
_ Vous quoi ?
Elle hésita, je la voyais trembloter, puis elle dit finalement :
_ Rien, oubliez ce que je viens de dire !
Elle venait pas parler sur un ton plus dur qu'il y avait quelques instants. Elle était inquiète, oui, ça se voyait. Mais elle était aussi inquiète pour elle, ça se voyait aussi. Je ne savais pas quoi penser, alors je préférais ne pas penser du tout.
_ Je vais prévenir les autres !
Puis, je sortis de la salle, la laissant seule. Je sentais qu'elle m'en voulait encore... En sortant, j'étais tout aussi mal à l'aise... Je n'avais peut être que ce que je méritais.
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 6 Mai - 19:25

Chapitre 23 : Dans les entrailles d'Epsolin





Dr Nilane Bah :

Dans la salle de commande, le silence pèse comme une chape de plomb. Ils nous ont tous rejoints, Lyliah, Rhoan, Mike. Nous attendons Janus. J'ai envoyé un Nimrodh du campement pour le chercher. Nous attendons, imobiles. Ils sentent tous qu'il se passe quelque chose de grave.
La porte s'ouvre. Janus entre, Xorth sur ses talons. Notre ami Nimrodh s'avance vers moi.
_ On est venu nous rapporter que vous vouliez parlez à tous les humains. S'il s'agit de quelque chose qui concerne la maladie de mon peuple, je voudrais être là, moi aussi.
_ Il s'agit bien de la maladie de ton peuple. Oui, tu peux rester avec nous.
Je m'avance vers le centre du cercle formé par mes compagnons réunis.
_ Je vais essayer d'être simple. Le plus simple possible. Les Nimrodh sont malade à cause d'une pierre. La petite pierre que Xorth m'a rapportée n'a pas surgi de nulle part. C'est le fragment d'une énorme masse de roches radioactives, enfouie profondément dans le sol de cette planète. Grâce à la carte magnétique qu'il a décodé, Jonas a trouvé un moyen de descendre jusque là.
Je jette un coup d'oeil en coin à Jonas qui, assis dans un siège du poste de pilotage me regarde. Je baisse les yeux. Je n'arrive pas à soutenir son regard, cela provoque en moi trop de sensations confuses, et je dois restée maîtresse de moi-même. Je fixe la personne opposée à lui _ Janus_ et continue.
_ Nous allons donc descendre dans les entrailles de cette planète. Ce sera dangereux. Très dangereux. Et une fois en bas, j'essayerai de modifier le rayonnement radioactif de cette roche. Ainsi, toute les pierres qui tuent deviendrons des pierre qui guérissent.
_ Je veux vous accompagner !
C'est Xorth qui a parlé, avec une détermination farouche.
_ Non, Xorth. Je suis désolée. La roche est sans danger pour nous, les humains, mais elle est mortelle, pour toi. Nous ne pouvons pas t'y exposer.
_ Qui va descendre ? demande Mike.
Avant que j'ai eu le temps de répondre, Atrayde s'est levé derrière moi. Il explique d'une voix forte.
_ Pour descendre, il faut utiliser un engin que nous trouverons dans les laboratoires souterrains. Toi, Mike, il va falloir que tu reste à la surface, pour surveiller notre progression. Tu ne devrais pas avoir trop de mal à t'y retrouver, dans les ordinateurs du labo.
_ Janus et Lyliah vont descendre avec Jonas et moi. dis-je. Rhoan, vous rester ici.
Le savant fou lève le sourcil.
_ Moi ? Et pourquoi donc ?
_ En dépit de tout votre cinéma pour ne pas avoir besoin des autres, vous êtes malade, Monsieur Franck Rhoan. En dépit du plaisir que j'aurais à vous voir suffoquer au centre de la terre, je ne vous imposerais pas un voyage dangereux pour votre santé.






Lyliah Vamy :
Nous nous apprêtions, Nilane, Jonas, Janus et moi même, à descendre au centre de la terre ou plutôt d’Epsilon. Je regardais mes deux compagnons. Ils semblaient tous les deux aussi graves et déterminés que moi. Je savais ce que nous devions faire et l’enjeu de notre exploration. Mais je sentais l’excitation m’envahir. Explorer un endroit inconnu m’excitait toujours. Je devais rester calme. La précipitation ne nous mènerait surement à rien de bon. Je devais essayer de me contrôler autant que je le pouvais. Comme on pouvait le dire si bien, chassez le naturel, il revient au galop. Nous arrivâmes près de la base solarienne où nous prîmes place à bord de la foreuse. A l'intérieur, nous trouvâmes des combinaisons thermiques que nous nous enfilâmes. Ensuite Jonas prit les commandes et nous allions commencer notre exploration. L’engin commença à dégager la galerie afin que l’on puisse passer. Lorsque le passage fut dégagé, nous commençâmes à descendre lentement en raison de la pente abrupte. Une petite heure plus tard, nous tombâmes de nouveau sur des rochers qui bloquaient notre passage. La foreuse dégagea rapidement et nous pouvions reprendre notre chemin. Cependant en nous engageant après ce passage, notre machine se trouvait sur de l’eau. Celle ci commença à flotter sur l’eau qui était forte et tournait en colimaçon comme un siphon de lavabo. Ce n’était pas une sensation désagréable pour moi. C’était juste une descente de rafting améliorée. Le courant ne cessait de s’intensifier et faisait tournoyer notre embarcation. Nous devions nous cramponner à nos sièges afin de rester dans notre moyen de locomotion. Au bout d’un moment, l’eau devint calme restant un tantinet agité et était à plat. Soudain nous aperçûmes à notre gauche une lueur provenant une entrée de grotte. Nous décidâmes d’y aller. De toute façon, le courant ne nous amènerait qu’à une anfractuosité où nous ne pourrions pas passer.
Ainsi nous sortîmes de l’eau et pénètrâment dans cette grotte. Nous laissâmes notre foreuse là et commençâmes à avancer. En sortant de la grotte, nous pûmes apercevoir une vaste salle souterraine. Au plafond se trouvait de superbes stalactites. Devant nous se trouvait une coulée de lave qui faisait le tour de la salle souterraine. Celle ci était assez grande car elle faisait bien plus de trois mètres de diamètre. En face de nous, il y avait une grand muraille de pierres. Dans son centre, on pouvait apercevoir une boule noire. De notre position, nous pouvions déjà savoir qu’elle devait être énorme.
_Je vais prévenir Mike que nous sommes arrivés, dit Nilane, Mike, nous sommes au centre et pouvons voir la pierre noire. Nous allons essayer de nous en approcher.
_Bien reçu, Nilane. Bonne chance, répondit Mike.
_Bon, je suppose que c’est la pierre noire, non? On y va comment? En volant?ironisais-je.
Nous inspections les recoins de la salle. Je me demandais si on trouverait vraiment un moyen d’accès. Alors Janus nous indiqua d’aller à notre gauche juste à côté d’une paroi. Il nous montra de fines petites plaques rocheuses sur la lave qui pouvaient servir de pont.
_Nous pourrions passer par là. En sautant, cela pourrait aller, non?proposa Janus
_Ca me paraît un peu dangereux.dit Jonas. On pourrait s’enfoncer. D’un autre côté, je ne vois pas d’autre moyen.
Je vis Nilane s'écarter légèrement. En l'observant, je remarquais une sorte de creux dans la paroi. je m'approchai et m'agenouillai. avec mes doigts, je tâtonnai et fit basculer une pierre qui s'ouvrit sur une galerie. Elle était vraiment étroite mais peut être pouvait-elle nous faire éviter de traverser la lave de manière si dangereuse. Je montrai ma découverte à mes compagnons.
_Dites, si on passait par là? D'accord ce n'est pas terrible et on sait pas où ça atterrit. C
ependant il est possible qu'on soit de l'autre côté.
_ C'est vrai que ce serait plus sûr pour nous, reconnut Jonas. Nous pouvons essayer. De plus si cela n'aboutit à rien, nous reviendrons ici.
Ainsi d'accord, nous nous engageâmes dans la galerie. Étant donné son étroitesse, nous devions ramper pour ne pas se cogner la tête. Finalement nous atteignîmes une sortie que Nilane, qui était en tête, ouvrit. Celle ci donnait sur l'autre côté de la lave. Ainsi nous sortîmes de la galerie et nous nous dirigâmes vers la muraille d’où nous voyions de l’extérieur la pierre. A part devant l’entrée, elle était entourée de lave. L’entrée était assez grande pour laisser passer un sumotori monté à cheval. Nous passâmes le seuil et découvrîmes un long couloir que nous primes. Au bout se trouvait une bifurcation. Jonas décida de nous emmener à droite mais un peu plus tard, nous arrivâmes à une nouvelle intersection. Nilane s’arrêta et tourna sur elle-même en levant les yeux.
_Nous sommes dans un labyrinthe. La pierre noire que l’on voit doit être au centre, comprit Nilane.
_La pierre est un bon point de répère. Grâce à elle, on arrivera plus vite, dis-je.
_Je pense que nous devrions marquer où nous allons. Les labyrinthes sont plus ardus qu’on peut le penser même avec un point de repère. Il nous faut une bonne méthode, suggéra Nilane.
_Je pense comme Liliah. La pierre est suffisamment grande pour nous guider, fit Jonas.
_Et puis, il faut toujours compter sur la chance. Ça vaut toutes les méthodes scientifiques du monde. répliquais-je.


Ainsi Jonas et moi suivions la piste de la pierre à travers ce dédale. Nous essayions de nous orienter selon de l’endroit où nous la voyions. Nous allions sans cesse à gauche, droit, tout droit, retour en arrière et ainsi de suite. Par moment, Janus demandait si nous étions perdus mais je répondais que nous connaissions seulement un léger ralentissement dans notre progression. Au bout de plusieurs heures, nous nous trouvions dans un couloir qui nous amena à l’entrée.
_Comment cela est il possible?demandais-je.
_Je crois que je vais reprendre l'expédition en main ou nous n’arriverons jamais à la pierre, décida Nilane.
_Bon, si vous pensez y arriver, .fit Jonas.
_Nous allons entrer dedans. Nous prendront toujours à gauche. A chaque intersection, l’un de nous tracera une flèche. Si nous tombons à un endroit déjà marqué, il la barrera et nous prendrons à droite, expliqua Nilane. Qui a un objet permettant de tracer des signes?
_Je dois avoir quelque chose comme ça.dis-je en fouillant mes poches et extrayant un morceau de craie blanche. J’ai du la prendre par inattention un jour où j’ai joué avec Kara.
_Parfait. Alors reprenons l’exploration, fit Nilane.
Ainsi nous entrâmes de nouveau dans le labyrinthe. Conformément à ses instructions, nous prîmes toujours à gauche et je marquais chaque intersection d’une flèche. Lorsque nous arrivions à une intersection où se trouvait déjà une flèche, je la barrais et nous allions à droite où je traçais une nouvelle flèche. Finalement au bout d’un moment, nous atteignîmes le centre du labyrinthe.
Sous nos yeux, nous pouvions voir la pierre noire. Celle ci était encore plus immense que nous avions pu l’imaginer lorsque nous la voyions depuis le labyrinthe. Au contact du sol et de la pierre se trouvait une immense coulée de lave.
_ Nous avons réussi. Voici la pierre, dit Jonas.
_Eh bien, il faut toujours compter sur la méthode scientifique. Cela vaut toute la chance qu’on peut avoir.fit Nilane amusée.
_C’était ma réplique ça, répliquais-je. Sinon que faisons nous maintenant, Nilane?
Puis Nilane prit de nouveau l'appareil de communication.
_Mike, nous sommes devant la pierre noire, annonça Nilane.
Je regardais Nilane sérieusement. Je lui faisais confiance, oui, vraiment confiance. Je regardais à nouveau la pierre noire. Cela me paraissait incroyable que cette pierre située au centre d’Espsolin puisse contaminer tous les Nimrodh de cette planète. Nilane, pourras-tu vraiment tous les sauver? Il fallait y croire.


Xorth :
J'avais tenu à être présent lors du départ de la foreuse. Lorsque je la vis la première fois, je ne pu retenir ma surprise: C'était immense !! La machine en elle même était disposée à la verticale dans une immense salle. Des passerelles situées à différents niveaux permettaient sans doute d'entrer dans la machine. Jonas, Janus, Lilyah et la Sorcyé Nilane en traversèrent une à peu près à mi-hauteur.
_ Peut-on aller voir le départ plus bas ? demandai-je à Mike.
Il fit quelques manoeuvre qui m'échappèrent et me dit:
_ Oui, me répondit-il. Il y a un point d'observation situé quelques étages plus bas.
Puis il m'énonça d'une traite le chemin pour y accéder, m'expliquant qu'il ne pouvait pas m'accompagner car il devait rester dans la salle de contrôle.
Sur le chemin, je ne pus que m'émerveiller sur les bizarreries de cet endroit : Les cloisons s'ouvraient à mon approche sans que j'ai besoin de faire quoique ce soit. Des feux s'allumaient à mon passage, très lumineux, comme sur le vaisseau avec la "biosphère" (J'avais encore du mal avec ce que les humains appellent "technologie"). J'étais tellement fasciné par toutes ces choses que lorsque j'arrivai à une intersection, je me retrouvai à hésiter.
_ Voyons, c'était quoi déjà... pensai-je tout haut. A droite, 4ème à gauche, descendre 2 étages, deux fois à droite puis... heu... zut, c'est quoi après... A gauche ou à droite ?
Un bruit assourdissant se fit soudain entendre, accompagné de la voix de Mike:
- Préchauffage des turbines, 5 minutes avant le départ !


Plus le temps de traîner ! Il fallait choisir.

- Bon allez, à droite ! Le bruit à l'air de venir de là.

Au fur et à mesure que j'avançai, le couloir rétrécissait, mais le bruit lui, augmentait. je ne devais plus être très loin.

J'arrivai devant une nouvelle cloison. Elle s'ouvrit mais, étrangement, pas de la même manière que celles que j'avais déjà traversé. Je me retrouvai dans une étrange pièce. D'étranges colonnes lumineuses étaient rangées là. Je m'approcha de l'une d'elles et essaya de lire ce qui y était inscrit
"RE15-F1"
_ Qu'est ce que ça veut dire ?
Mais je n'eus pas le temps de chercher. Une violente secousse me plaqua au sol, m'assommant légèrement.
_ Foreuse 1. Lancement.
C'était la voix de Mike ! Mais alors... Cela voulait dire que... j'étais dans la foreuse !!! Vite ! Il fallait que je sorte ! Je me précipita sur la porte, mais malgré mes efforts, elle restait close. Et les secousses commençaient vraiment à devenir fortes ! Les vibrations continues me donnait mal à la tête ! C'était insupportable ! Tout tournait. J'avais des nausées. Ma vue se troublait, s'assombrissait.
_ Non, dis-je faiblement. Mike !
Puis l'obscurité m'envahit...
Quand je me réveillai, les secousses avaient cessé. Lentement, je me redressa, reprenant petit à petit mes esprits. Le première chose que je remarqua fut la baisse de luminosité. Regardant autour de moi, je vis que plusieurs colonnes étaient maintenant éteintes, tandis que d'autres émettaient une faible lueur. Une fois redressé, je me mis en quête d'une sortie de cette prison. La porte par laquelle j'étais entré était toujours bloquée, mais je pus en distinguer une autre à l'autre bout de la pièce. Quand je fus à proximité, elle s'ouvrit. Je traversa deux autres pièces semblables à la première puis entra enfin dans un espace plus petit, plus bas de plafond, où plusieurs dalles lumineuses étaient visibles. De nombreuses images y étaient affichées mais je n'en comprenais pas la signification.
Finalement, je remarquai une porte ouverte dans un coin de la pièce d'où semblait venir un air très chaud. Je la traversa et me retrouva dans une grotte. A peine étais-je sorti qu'une sensation de malaise se fit sentir. Apparemment, nous étions arrivés à destination. J'aurai bien voulu explorer les environs mais quelque chose d'indéfinissable me retenait. J'étais en sueur, peu-être était ce la chaleur... Bref, je ne me sentais pas bien.
Sorcyé ? Lançai-je télépathiquement. Il y a quelqu'un ?
Décidément, ça n'allait vraiment pas ! Je trouvais qu'il faisait de plus en plus chaud. Il fallait que je contacte quelqu'un.
Mike ? Vous m'entendez ?
Chaud ! Pourquoi il faisait si chaud ? J'avais l'impression de suffoquer.
A... A l'aide !
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Mar 6 Mai - 19:25

Kara :

Je suis fatiguée… Un peu fatiguée… Je sais pas pourquoi mais je suis fatiguée.
Aelezig et moi sommes dans une grande clairière avec un lac. Le soleil brille et de grands nuages blancs tournent autour… J’écoute Aelezig qui chantonne en faisant de drôles de signes dans la terre. J’ai les pieds dans l’eau et j’essaie d’attraper des poisons… C’est dur !
Je vois des… Ooh… C’est des petits Xorths ! On dirait qu’ils sont comme moi. Il doivent avoir mon âge non ?
Je m’approche d’eux en souriant. Ils me voient pas. Ils jouent pas loin du lac. On dirait qu’ils se battent… Ca doit être un jeu de bagarre. Et puis ces Xorths-là ce sont des Xorths garçons !


Mais… Ca fait bizarre. J’ai pas vu des… « comme moi » depuis… depuis… J’en ai presque jamais vu. Ils sont comme moi, avec mon âge et ça me fait bizarre. Dans un livre de « Maman », il y avait marqué que c’était des enfants. Je suis un enfant et eux aussi. Et moi j’ai pas vu d’enfants. J’ai jamais joué avec des « comme moi », des enfants.
Les petits Xorths s’enfuient. Je leur cours après. Pourquoi ils partent ? Ils s’envolent dans les arbres et disparaissent. Je m’assoie et pleure.
C’est des « comme moi » ! Je voulais jouer avec eux ! Pourquoi ?
Je grimpe sur un toit. Ouah ! c’est jolie la vue ! « Maman » est encore en train de faire des papiers et des expériences… Elle sait pas que je suis encore partie. C’est pas grave.
Tiens ! Mais il y a des… enfants en bas ! Elles me ressemblent, sauf qu’elles ont de jolis cheveux avec des rubans.
Elles sont comme les « petites filles » que j’ai vu dans les livres de « Maman ». C’est la première fois, je crois que j’en vois en vrai… Elles sont si jolies !


« Je peux jouer avec vous ? »

Elles s’arrêtent de jouer et regardent dans ma direction. Leurs yeux sont grands ouverts. Ah oui ! Je suis sur un toit ! Je dois descendre ! Et hop !
Mais… Elles sont parties.


Y a personne maintenant… C’est tout calme, et Aelezig qui chante en souriant. On dirait une berceuse que j’ai déjà entendue…
Et les autres ? Où ils sont ? « Maman », elle est encore dans son laboratoire, Mike plaisante avec Lilyah, Celui à la belle cicatrice joue avec les petits et les jeunes Xorths, Jonas doit se disputer avec Rhoan…
Rhoan… C’est lui, et il a mal, très mal. Il a fait disparaître mes… parents.
« Papa…je murmure. »
Ca me fait rien. C’est juste un mot, un mot vide.
« Maman… »
Ca me fait tout bizarre.
A… A l’aide !
Xorth ! Xorth a mal ! Je le sens ! Il est quelque part et il fait chaud ! Xorth…
Des mains, des mains douces qui me tiennent les épaules. Aelezig !
"Enjay... Kara..."
Quel beau sourire Aelezig… Oui, j’ai compris… Il faut que j’envoie de «ça» à Xorth, il faut pas que j’ai peur. Xorth est en Enjay, il faut que je l’aide…
Allez Xorth... Faut pas que tu ais mal, faut pas que tu sois en Enjay... Allez, sors de l'Enjay. Allez, allez...





Dr Nilane Bah

_ Mike, nous somme devant la pierre noire. Vous m'entendez ? Mike ? Mike ?

Rien à faire. La communication ne passe pas. Trop d'interférence. Pas étonnant.

Tant pis. La pierre est devant nous. Soutenue par quatre générateur d'antigravité, elle flotte à mi chemin entre le plafond et le sol. Elle flotte, au dessus un profond gouffre, au fond duquel coule la lave.

Oh, non...

Allons donc, je m'étais bien attendu à ça. Je savais qu'il faudrais l'approcher. Je ne peux pas me laisser paralyser par ma peur maintenant. Près de moi, mes compagnons se sont figés, dans une contemplation fascinée de la boule.

_ Incroyable, murmure Jonas, sur ma gauche. Cette boule flotte encore, après tout ce temps. Ces générateur d'anti gravité ont tenu le coup pendant des siècles.

Il est ému.

_ Ceux qui les ont construits, dis-je, on probablement réussit à les faire tels qu'ils se sont entretenu eux même, au cours des année. C'est possible ?

_ Très possible, quel dommage que nous ayons abandonner la technique à notre époque.

_ Que de gaspillage aurait pu être évité comme ça. murmuré-je.

_ On aurait évité la crise de l'énergie, continue Atrayde sur le même ton. La pollution, les forêt toxique, l'exil dans l'espace...

_ Et la guerre, conclus-je.

Et je réalise aussitôt que je suis en train de lui parler, à l'homme qui m'a traitée de mauvaise mère, aimablement, que je pense avec lui, et que finis ses phrases à sa place. Que j'ai laissé s'installer entre nous un échange d'âme à âme, une conversation agréable, une sorte d'intimité, qui me réconforte... Et que je n'aurais pas du chercher. Je croise son regard, à travers les verre fumés de nos casque. Il vient de faire la même constatation. Je me détourne de lui et me force à regarder Janus, pendant que je donne des instructions.

_ Il me faut approcher cette boule. Mais je ne pourrais pas tant qu'elle sera au dessus de la lave. On va chacun aller près d'un générateur d'antigravité, et essayer de les fair pivoter assez pour que la boule se rapproche de l'endroit ou on est. Attention, il va falloir qu'on soit synchro.

Nous nous séparons. Je m'approche de la borne de métal dur grace à qui la pierre flotte.

_ A mon signal, crie-je. A gauche ! Tous en même temps ! Maintenant !

Je tire de toute mes force sur le monticule en acier. Je regarde au dessus de moi, la pierre tremble...

_ Attention, Janus, vous allez trop vite ! Lyliah, essaye de nous serrer de plus près. Encore un peu ! Voilà, stop, ne bougez plus.

La boule n'a bougé que de quelque mêtre, mais au moins, elle est à portée de main. Je m'approche du bord du gouffre. Parce qu'il faut tout de même que je m'approche.

La pierre est lisse et luisante, comme si elle avait été sculptée. Pourtant, je sais qu'il t'en est rien. C'est juste... C'est juste que sa conception est telle qu'elle forme une sphère parfaite. Je sors de ma sacoche une minuscule perceuse à laser, et l'enfonce dans la paroi. Un tout petit échantillon me suffira...

Je n'ai pas chaud. Ces combinaisons thermiques, même vieilles de plusieurs siècles, sont une réussite. Nos évoluons à température ambiante dans ce qui doit être une monstrueuse fournaise. Je n'ai pas chaud. Et les casques aux verre fumés nous protègent de la luminosité de la lave.

Il n'empêche qu'elle est là, et que j'ai beau essayer de ne pas y penser, je n'arrive pas à me concentrer. Elle coule tout autour de nous. Des tonnes et des tonnes de roches liquides, que seules de fragiles constructions humaines empêche de déferler sur nous.

_ Docteur, vous en avez pour longtemps ? Me demande quelqu'un, juste derrière moi.

Jonas. Il s'est approché sans que je l'entende. Pourquoi toujours lui ? Je me sens si fatiguée, fatiguée de cette dispute, et de cette rivalité éternelle entre nous, qui m'empêche de dire "J'ai peur ici, j'ai peur du feu, il faut que vous m'aidiez"

_ J'ai fini. Regagnons la surface. Nous redescendrons bientôt.

Je prends la tête du groupe pour retraverser le labyrinthe, puis le souterrain. C'est au moment ou nous quittons ce dernier que nous entendons la radio grésiller ?

"Docteur ? Vous êtes là ?"

_ Oui, Mike, on vous entend ! Tout va bien ?

_ Docteur ! Votre fille ! Elle est arrivée en courant au labo. Elle s'est complêtement effondrée d'épuisement dans mes bras. Et je ne comprends pas, elle parle de Xorth, et elle dit "Enjay, Enjay"...

Xorth... Danger ? C'est alors que je perçoit enfin quelque chose, dans ma tête, que, prise par ma peur de la lave, je n'avais pas écouté.

Soercyé...

_ Xorth ! Mon Dieu !

_ Nilane, qu'est-ce qu'il y a, me demande Lilyah.

_ Xorth est dans la foreuse ! Il a été exposé au rayonnement de cette foutue boule !!!!!





Frank Rhoan :

Je marchais d'un pas vif au milieu des arbres. Peu de temps après le départ de Bah et des deux autres, j'étais sorti agacé du Magellan. Comment osait-elle utiliser ma santé comme argument ? Sachant parfaitement qu'avec cet agacement je n'arriverai à rien, je m'étais dit qu'une promenade sous les arbre me calmerait.
Je respirais profondément, comme à chacune de mes sorties de plus en plus fréquentes. Je fermai les yeux une seconde , et faillis trébucher sur une énorme racine. Lâchant un juron, je levai les yeux. Je me trouvais devant un temple. Sans doute le temple dont avais parlé les autres. Sa structure me paraissait clairement bancale, mais je sentis que ce n'était qu'une apparence. Intuition confirmée une fois que j'en ai fait le tour.


_ Incroyable, murmurais-je pour moi-même.

Des plantes, ressemblant au plantes grimpante de l'ancien temps en dix fois plus gros, s'était apparemment logée dans chaque interstice, chaque base des murs. Certaines paroi étaient d'ailleurs entièrement couverte d'un manteau vert. Cette symbiose entre la nature et la construction avait maintenu l'ensemble debout pendant des siècle. Je m'émerveillait encore de cet exploit naturel, lorsque je remarquai un considérable rassemblement de mouches dans le temple. J'entrais prudemment, et haussai un sourcil en découvrant un cadavre. Un cadavre humain, qui plus est. Chassant les mouches d'un geste agacé, je m'agenouillai devant le corps, et le retournait avec précaution. C'était le militaire. Ce Jowy Benha-je-ne-sais-plus-quoi. Remarquant tout de suite les yeux exorbités et les lèvres violètes, j'enfilais les gant de laboratoire qui ne me quittais pas, et l'inspectait brièvement.

Durant mes études, un de mes projets avait été de travailler sur une technique nommé la psychométrie. Cette technique permettait, en touchant un objet ou un être, de connaitre toute son histoire, et - dans le cas d'un objet - tout le savoir des propriétaires antérieurs sur ledit objet. Je n'avais pu utiliser cette technique qu'une seul et unique fois, mais elle avait considérablement développé mon esprit d'analyse. C'ets donc avec peu de connaissance médicale, mais une analyse structurée, que je commençais mon "eutospsie".





Vingt minutes plus tard j'avais terminé. Et ce que j'avais découvert était inquiétant. Tout d'abord ce militaire était mort empoisonné, comme le démontrait ses yeux révulsé et ses lèvres. Mais aussi sont palais où les veines était devenues vertes. Avec un détachement professionnel, j'avais reconnu là la marque d'un dérivé d'un de mes inventions. Les nanorobots utilisant l'acide pour construire. Sans doute l'armée l'avait-elle adapté comme arme. Je savais aussi à présent qu'il avait pu passer la porte, et sans doute parler à quelqu'un de gradé. Ses vêtement étaient légèrement imprégnés de tabac, et j'avais reconnu la doue odeur que diffusent les purificateur d'air d'Etrenank.

Marrant qu'il mettent les même purificateur dans leur prison que dans leur autres bâtiments.

Il avait donc sans doute contacté ses supérieurs. Lesquels avaient dû être fous de joie à l'idée d'une nouvelle planète à coloniser. Combien de temps leur faudrait-il, pour localiser pour atteindre cette planète? J'effectuais quelques calculs mentaux, puis d'autre, qui me prirent plus de temps.

Toujours partir du principe que son ennemi est égal à soi-même.

En me calquant sur ce proverbe, j'arrivais à la conclusion qu'il leur faudrai un mois et demi pour venir nous chatouiller de leur armes. Et seulement une journée s'ils empruntaient la porte interdimentionnelle, ce dont je doutais : elle etait apparemment trop petite pour débarquer une armée autrement qu'au compte-goutte. Ils préféreraient attendre et débarquer en masse, sans doute.

Je fis volte-face, et m'éloignai du temple.

Ne restez pas trop longtemps dans votre trou, Bah! Vous allez avoir fort à faire.

Je devais trouver le mécanicien. Lui seul pouvait contacter Bah.

_Et depuis quand je me soucie de ce qui risque d'arriver ? Ironisais-je.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 14 Juin - 19:17

Chapitre 24 : une incommensurable faiblesse.













Lyliah Vamy :

Quand Nilane nous cria que Xorth se trouvait dans la foreuse, je ne pus pas y croire. D’un vague geste, je me retournai vers la pierre noire. Il était exposé à son rayonnement. Mais qu’allait-il lui arriver?
Oh Xorth, je t’en prie, reste avec nous.
Rapidement, nous revînmes à l’endroit où nous avions laissé la foreuse. Je l’atteignis la première suivie de près par Janus puis Jonas et enfin Nilane.
Nous pouvions voir Xorth étendu sur le sol de la foreuse. Je m’agenouillai auprès de lui et posai la main sur son front d’un geste machinal. Celui ci était bouillant. Mais lorsque je le touchai, il se mit à se débattre. Il fit de grands gestes brusques et me donna quelques coups. Instinctivement, Janus lui maintint les mains me permettant de me relever. Jonas l'aida à son tour. Ensuite Nilane s'approcha et l'examina. il nous semblait qu'il murmurait quelque chose, des mots peut être, mais cela restait incompréhensible. Après son examen, Nilane se releva pour nous faire face:
_Il faut remonter impérativement à la surface. Quand nous serons là, Jonas et moi l'amènerons au Magellan. Pendant ce temps, Lyliah et Janus irez en premier avant de préparer notre arrivée. décida Nilane.
Ainsi nous fûmes tous d'accord. là dessus, Jonas prit les commandes de la foreuse pour remonter à la surface. durant le voyage, je m'occupais avec Nilane de veiller sur Xorth.
Lorsque nous atteignîmes la surface, nous sortîmes en vitesse de la foreuse. Nilane et Jonas tenaient fermement Xorth afin de ne pas le laisser tomber ce qui pourrait aggraver son état. Durant ce temps, Janus et moi regagnions le Magellan.
En rejoignant Mike, nous pûmes constater que le pauvre était sur le point d'avoir une crise de nerfs. Celui-ci tenait Kara qui semblait très faible tout en essayant de garder le contact radio.
_Mike ? fit Janus.
L'appel de Janus fit prendre conscience à Mike que nous étions de retour. Il se retourna aussitôt tenant toujours Kara.
_Que se passe t-il avec Kara ?demandais-je.
Comme si nous n'avions pas assez de soucis ainsi ! En plus d'un Xorth inconscient, nous avions une Kara affaiblie sur les bras. Ce serait quoi ou qui la prochaine fois? Quand je pensais qu'à un moment, j'avais dit que nous reverrions souvent l'infirmerie. J'aurais mieux fait de me taire.
Kara, Xorth .. Vous ne pouvez pas nous laisser....
_Elle est affaiblie. Elle est arrivée là bas me prévenir pour Xorth. Mais je ne savais plus quoi faire. avoua Mike.
_Ne t'inquiète pas, Mike. Nilane sera bientôt là. dis-je.
_Elle a aussi Xorth à soigner. Et son état est aussi sérieux que celui de Kara, rappela Janus.
_Je sais bien, Janus. Mais j'ai confiance en elle. Et puis, elle est la seule à pouvoir les sauver.
_Et comment est Xorth?demanda Mike inquiet.
_Pas bien du tout. Il est complètement inconscient. répondit Janus.
Je m'éloignais légèrement de mes deux compagnons. Oh Nilane... Oh Jonas... Revenez vite s'il vous plait. Nous avons besoin de vous ici.






Jonas Atrayde :

Nous trouvâmes des branches et des lianes au dehors, juste ce qu'il fallait pour construire une civière. Nous y déposâmes notre félin compagnon, dont la fièvre semblait monter de minute en minute. Il remuait faiblement, et tentait de murmurer des mots, comme en proie à un cauchemar effroyable. Nous soulevâmes la civière, moi par les branches de devant, Nilane par celles de derrière..
_ Doucement, dit-elle. Il ne faut surtout pas le secouer.
Elle avait à présent une toute autre voix que celle avec laquelle elle m'avait parlé depuis la veille. C'était sa voix neutre de médecin. Je ne pouvais pas la voir, mais je devinais son visage, penché vers le malade, tandis que nous avancions pour sortir du laboratoire. Je savais qu'elle avait déjà oublié tout le reste, qu'elle était entièrement concentrée sur cette tâche, surveiller l'évolution de son état, durant notre lente progression. Depuis que je l'avais rencontré, cette femme n'avait cessé de m'exaspérer au plus haut point. Mais à présent, force m'était de constater que je l'admirais, même si je ne lui aurait dit pour rien au monde.
Nous marchâmes sous les arbres, lentement. Je voulais accélérer le pas, mais elle tirait sur le brancard, pour le ralentir. Sur la civière, l'homme-chat gémissait de plus en plus.
_ Tout va bien, Xorth, murmurai Nilane. Tout va bien, tu n'a rien à craindre.
Je reconnaissais ces mots sans me souvenir les avoir entendu, elle avait du me les murmurer à moi aussi, durant ma nuit de cauchemar. Mais l'homme chat ne semblait pas l'entendre. Il gémissait de plus en plus fort. Soudain, une branche craqua non loin au dessus de nous !
_ Jonas ! Hurla Nilane.
Je vis la branche qui au lieu de tomber, volait vers moi, comme lancée par une main invisible, à une vitesse prodigieuse ! Je me baissai pour l'éviter, infligeant à la civière une brusque secousse. Ce fut alors comme si la forêt entière s'animait. Des pierres, des fougères s'arrachèrent au sol, et volèrent vers nous.
_ Qu'est-ce que ...
Mais je ne put achever, obligé de lever une main pour protéger mes yeux, tenant la civière de l'autre.
_ C'est lui ! me dit Nilane, c'est lui qui fait ça. Xorth, calme-toi, s'il te plait, tu es en sécurité avec nous ! Xorth, Xorth !
Elle déposa la civière et s'allongea presque sur le malade, son front touchant son front. J'eus soudain la vague vision de quelque chose de terrible d'effrayant, que je ne pu définir, et d'une mélodie calme, d'un apaisement. Les pensées de Xorth m'atteignaient, et avec elles, celles de Nilane, celles qu'elle essayait de lui envoyer pour le calmer.






Xorth :

Qu'est-ce... Où suis-je ?
Il y avait quelques instant, j'étais encore dans la "foreuse". Mais le paysage avait radicalement changé: Je me trouvai dans une forêt. Ou du moins dans un lieu qui avait été une forêt. Les arbres étaient morts, décharnés. Il n'y avait plus le moindre signe de vie: Pas la moindre verdure, pas le moindre signe d'un être vivant. Pour seul son, le sifflement assourdissant du vent. Ce bruit me faisait terriblement mal à la tête ! J'avais l'impression d'avoir reçut une grosse pierre sur la tête.
Tout en marchant, je regardai autour de moi, en quête d'un signe de vie. J'avais l'étrange sensation d'être observé mais à chaque fois que je m'arrêter pour regarder autour de moi, je ne voyais rien et ne sentais aucune odeur suspecte, autre que l'odeur caractéristique de la mort qui hantait ce lieu.
Malgré tout, le paysage me semblait familier, comme si je l'avais toujours connu. Puis ça me revint: J'étais dans la clairière proche du village !
"On est revenus trop tard !" me lamentai-je.
C'est alors que la sensation d'être observé refit surface. Je me retourna brusquement et c'est là que je la vis: Une silhouette... Non, une ombre ! Noire... avec des yeux de feu qui me fixaient... comme si elle essayait de lire en moi.
J'avais vu beaucoup de choses étranges et surprenantes, mais ça, ça me terrorisait ! Je n'avais qu'une envie: Fuir. Fuir loin de cette... chose.
Je me mis à courir, courir le plus vite possible pour m'éloigner de cette ombre au yeux de feu. Puis, tout d'un coup, elle apparue devant moi !
"Comment... Elle était derrière moi !" pensai-je.
Pas le temps de réfléchir, je tournai à droite, espérant atteindre les arbres où je pouvais me déplacer plus rapidement. Mais là encore, l'ombre me barra le chemin. Je stoppai net et regardai autour de moi: Il y avait non pas une, mais trois ombres qui me bloquaient le passage. Puis une autre apparut, puis une autre, puis une autre... Des dizaines d'ombres m'encerclaient maintenant.
Le sifflement du vent semblait maintenant dire quelque chose
"Viens Xorth, Viens !" comprenais-je.
Non !
J'hurlai, fermai les yeux et tentai de passer en force, usant de ma télékinésie pour envoyer des objets sur ces ombres. Mais quand je les réouvrit, les ombres avaient disparues et à la place du sifflement du vent, j'entendais une voix. Le son était déformé mais je pouvais comprendre:
"Tout va bien, Xorth. Tout va bien, tu n'a rien à craindre."
Étrangement, cette voix me calmai un peu. Mais j'étais toujours en pleine confusion.
Je m'approcha d'un arbre et m'assis à son pied. Une grande fatigue m'envahissait. Oui c'était ça: Il fallait que je dorme. C'était le seul moyen de quitter ce monde cauchemardesque. De le quitter une fois pour toute...




Kara :

« Maman »… Mike… Xorth… XORTH !!!
Ils sont tous là, sauf « Maman », Jonas et Xorth !
Je me sens bizarre, si bizarre… Ma tête crie, elle pleure, elle cherche quelque chose.
Pourquoi les autres ont peur ? Pourquoi ils bougent pas ? Pourquoi sont-ils si grands ?
Lyliah se tord les mains, Mike secoue sa tête en grimaçant, celui à la belle cicatrice regarde le lointain et Rhoan… Il est loin…
« Maman », Jonas ! Où est Xorth ?! Où ?!
Pourquoi ils reviennent pas ?
Xorth… Je l'entends. Xorth a mal, il crie dans ma tête. Ça s’affole, ça bondit partout, ça fait du bruit.
Je ne le sens presque plus… Non, non… Il va… Il veut… XORTH !!!
Je dois y aller, je dois, je dois !
Mes jambes sont lourdes, ma tête hurle. Mais je dois !
On me retient, on me tire. Des mains qui m'attrapent, des voix qui murmurent. Laissez-moi ! Lâchez-moi !
Je cours, je cours. Les couloirs sont longs, ils sont si sombres !
Xorth ! Xorth !!!
Je sors du « Vaisseau-base ». La lumière, le soleil rouge, les nuages, les voix…
Vite, vite !
Les arbres défilent, mes pieds volent, mon « Faux-bras » brille avec le soleil.
Je sens Xorth… Il… il…
Je le vois ! Xorth, Xorth ! Je lui saute dessus, je tends les mains.
Des choses volent partout, j’entends des voix, et ça recule, ça recule…
Il a mal, si mal… Non, reste !
Je suis là ! Je suis là ! Pars pas !
Xorth… Xorth… Faut pas que tu t'endorme ! Reste, reste !
Un éclair ! Des images !

Une forêt sombre... Un vent chaud... Des silhouettes noires, qui marchent, qui tournent... Des voix, des cris... Un grand arbre... Une chose assise dessous... Xorth...

Non, non ! Peur, douleur, fatigue, affolement ! Je sens plein de choses, j'entends plein de bruits.
Fermer les yeux. Voir que du noir. Aynor, Aynor !
Je serre les mains de Xorth, fort, très fort.
Et ça recule, et ça s'éloigne.
Faut pas que ça s'envole, faut pas que ça s'en aille. Reste, reste !
Je le sens, je l'attrape.
Xorth... Reviens...
Me laisse pas. Laisse pas ta soeur, ni les Xorths, ni les autres, ni ici !
Je veux pas que tu partes... Je veux pas... veux pas...
Une goutte qui tombe par terre, puis deux, puis trois...
Et ça se met à briller. Il s'accroche à moi, il bouge, il...
"Kara, crie Xorth"
Il est là, il a mal mais il est là... Je suis contente, si contente...
Je souris, un tout petit mais tout heureux sourire.
Pas Enjay. Pas Aynor.




Mike Libane :

Depuis la descente des autres dans les entrailles de la petite planète, j’avais eu l’impression de frôler dix fois l'attaque cardiaques. D’abord Kara qui était arrivée et qui s’était évanouie dans mes bras en appelant Xorth, et ensuite Xorth découvert en bas, complètement irradié par la pierre fatale, il y avait de quoi avoir une rupture d’anévrisme. Heureusement, l’arrivée des autres m'avais remis un peu les idées en place, mais ça avait été de courte durée. En effet, j’avais vu notre ami à fourrure dans un sale état a travers l’écran de contrôle, et Bah ainsi que Jonas n'étaient pas encore arrivé avec pour le soigner au Magellan. Quand enfin tout s’était calmé, et que mes synapses aient terminés leur danse de la pluie de crise de nerf, Kara s 'était soudain réveillée puis avait couru vers la sortie.
_ Ah, mais où elle va ? fis-je en courant après-elle, laissant les autres sur place.
Bien qu’elle fût menue et pas très athlétique, elle réussit à garder une certaine distance entre nous. Comme si elle courait avec la force du désespoir.
Après une brève course de sous-bois dans la forêt, impliquant des coups de branches, frappant pas nécessairement dans les endroits résistants de l’anatomie humaine, je la vis sauter dans les bras de Xorth, dans une clairière, entouré de Bah et du reste de l’escorte. Il semblait dormir, au prise avec un violent cauchemar. Mais quand Kara le sera de toutes ces forces, il se calma.
_ Mais qu’est ce qui c’est passé ? demandais-je au docteur.
_ Il semblerait qu’il ait fait un cauchemar, et qu’il est activé inconsciemment son pouvoir télépathique.
En effet, quelques cailloux et branches jonchaient le sol, pas positionnés comme les aurait mis Dame nature.
_ Et bon, on fait quoi ? fit Jonas derrière la doctoresse.
_ Et bien, nous pouvons continuer à emmener Xorth au Magellan, fit Bah.

Après la «promenade » dans la forêt, nous étions enfin arrivé au vaisseaux. Alors que nous nous dirigions vers l’entrée, on entendit des pas derrière nous. Quand je me retournais, j’eus à nouveau mal à la tête, mais à cause de la rage qui me rongeait, car c’était le mistigri cinglé qui sortait de la forêt. Je vis Kara s’agripper fermement au poil du buste de Xorth. Il venait tranquillement vers nous, sans presser le pas. Quand il se posta devant nous, il dit d’un ton sans aucun sentiments :
_ J’ai trouvé le corps de notre ancien prisonnier près des ruines.
Un silence s’installa. Je ne me retournais pas pour voir la têtes des autres, alors je répondit :
_ C’est vous qui l’avez tué ?
_ Non, ce n’est pas moi, dit il d’un ton méprisant. Je l’ai vu étalé dans l’herbe, le visage violacé. Sans doute l’œuvre d’un poison. J’ai découvert autre chose d’intéressant : il a réussi a utiliser la porte.
Je sentis comme un coup de gong en moi. Désormais, les solariens savaient où nous étions. Maintenant, ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’ils n’arrivent pour prendre possession de cette planète.
_ Ce n’est pas vrai, laissais-je couler de mes lèvres.
_ Oh que si, fit-il avec un petit sourire en coin, c’est bel et bien vrai. Bientôt, cette planète sera au mains des solariens, et nous nous serons soit torturés, ou encore mis a mort, ou bien…
PAF
Le coup de poing retentit avec un air dramatique dans l’air. Mon corps m’avait guidé dans ce geste, et ma tête avait suivi avec véhémence. Je tremblais des pieds à la tête, sentant au fond de moi une haine passagère, mais aussi une grande pitié pour cet homme qui avait perdu goût pour la vie.
_ Mike, s’écria Bah dans mon dos.
_ Ce n’est pas parce que vous avez tournez le dos à la vie qu’il pour autant gâcher celle des autres, dis-je. Kara a encore de la vie devant elle, des moments de joie en vue, mais aussi de tristesse. Alors je n’accepte pas que quiconque tente de détruire le si joli sourire qu’elle a quand elle est heureuse. COMPRIS ???!
Je ne regardai pas la réaction du scientifique, me retournant vers le groupe qui se tenait derrière moi.
_Venez, dis-je en reprenant mon calme, il faut s’occuper de Xorth.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 14 Juin - 19:18

Franck Rhoan :

Le coup de poing que je reçu me fit ployer les genou, et seul une extraordinaire chance m'empêcha de tomber inconscient. Je tâtai mon nez ensanglanté, et constatai qu'il était cassé. Je sortis un mouchoir d'une de mes poche et me tamponna doucement le visage.
_ Vous me faites pitié, mécano, crachai-je, et il s'arrêta net. Je ne suis pas égoïste, je suis réaliste. J'ignore si avec votre QI de gorille vous y avez réfléchi, mais si une flotte solarienne se pointe dans le coin, nous n'avons aucune chance. Mon Remanieur est loin d'être terminé, et cette planète ne dispose d'aucun système de défense. Mais peut-être que votre joyeux optimisme de simplet sera capable de repousser quelques milliers de solariens lorsqu'ils détruiront le Magellan et massacreront les habitants de cette planète.

Il s'était brusquement tourné pendant ma tirade. Ses poing tellement serrés que ses jointures en étaient blanches.
S'il me frappe de nouveau, c'est le coma assuré.
_ Calmez vous tous les deux, ordonna Bah d'un ton tranchant. Rhoan, vous allez nous suivre a l'infirmerie pour soigner votre nez, et vous allez le faire en silence! Mike je veux que vous vous contrôliez, c'est clair?
_ Oui docteur, répondit-il en me foudroyant du regard.

Je m'apprêtait à répliquer que je n'avais nul besoin d'aide, mais elle me devança.
_ Rhoan, si vous ne nous suivez pas a l'infirmerie, je vous y traînerait de force, menaça-t-elle. Je commence à en avoir assez de votre orgueil démesuré. Quand à vos progrès dans la construction de votre arme, nous en reparlerons.

Sans même attendre de réponse, elle se remit en route, Atrayde, Lyliah et la gamine sur ses talons. Avec un dernier regard assassin, le mécanicien la suivit. J'attendis quelques seconde le temps de ravaler ma hargne, puis lui emboitai le pas en tenant le mouchoir contre mon nez toujours saignant.




Docteur Nilane Bah :

Une fois dans l'infirmerie, Jonas et Mike déposent Xorth sur une des couchettes. Il est faible, mais il es conscient, à présent. Quand à Kara, elle devrait être à bout de force, mais elle marche seule, sans aide, sa petite main dans la patte griffue de notre ami malade. Je me dirige vers la réserve de médicament et en tire une nouvelle bouteille de cet élixir fait avec les plantes de la forêt toxique, en essayant de ne pas penser que je la prends dans la réserve que j'avais fait pour Kara. Je la tends à Lyliah.
_ Donnes-en une cuillerée à Xorth et une à Kara.
Mon geste reste un instant suspendu. Elle regarde la bouteille dans ma main, puis me regarde, hésitante.
_ Et... C'est tout ?
_ Oui. C'est tout.
Elle reste encore immobile quelques secondes, le temps de comprendre ce que ce "c'est tout" signifie. Le temps d'envisager de se rebeller, de me réclamer une solution miracle que je n'ai pas. Et d'accepter. Puis elle prend le flacon et se dirige vers les deux patients.
Janus, Mike et Atrayde ont assisté à la scène sans mot dire. Eux aussi perçoivent, plus ou moins gravement, ce qui se passe. Leur regard vont de Xorth à Kara. De Kara à Xorth. Un homme chat au coeur pur. Une enfant innocente. Tous deux, plus très loin de leur termes. Oui, c'est ainsi. Le danger est grand de les perdre.
Je suis étonnée de mon calme. Kara n'a jamais été aussi fragile que maintenant. Mais c'est sans doute la raison pour laquelle je suis calme. Je ne peux plus me permettre de m'inquiéter. Elle a besoin de mon efficacité. Et Xorth aussi. Je n'ai l'intention de perdre ni l'un ni l'autre.
J'ai écrit quelques mots sur une feuille de papier. Je la tends à Mike, en englobant les trois hommes du regard.
_ Vous trois, vous allez monter les affaires de Kara dans la biosphère. Ainsi que le matériel que j'ai indiqué sur cette liste. Revenez ici une fois que c'est fait.
Je me tourne vers Rhoan, qui vient de nous rejoindre, un mouchoir ensanglanté sous le nez.
_ Venez. Nous allons dans la pièce à coté.
Il ne discute pas et me précède dans le laboratoire médical. Je referme la porte derrière moi pour être seule avec lui.
_ Asseyez vous, Rhoan.
Il s'exécute. Il sait que s'il ne le fait pas, de toute façon, je le contraindrai par la force. Je n'ai plus le temps de jouer, maintenant.
Je le regarde droit dans les yeux, le détaille. Ses cheveux blancs sur son visage encore jeune, et maigre, ses traits tirés, son corps maigre que la blouse blanche ne suffit pas à dissimuler.
Je m'assois en face de lui.
_ Parlons maintenant sans détour. Sans jouer à qui saura mieux blesser l'autre. Vous m'écoutez ?
_ Je vous écoute.
_ Mon but est que vous viviez. Que vous viviez au moins assez longtemps pour reconstruire votre prototype. Et le votre ? Voulez vous vivre assez longtemps pour construire votre prototype ?
Il s'apprête à répondre, mais j'arrête, avant qu'il les prononce, les phrases assassines qui naissent sur ses lèvres.
_ C'est une vraie question, Rhoan. Si votre but est de construire votre prototype, ce ne sera ni par pitié, ni par gentillesse que je vous aiderais, mais par besoin. Je ne suis pas votre docteur, vous n'êtes pas mon patient. Tout ce que nous sommes, c'est associés. Je peux vous donner les moyens de vivre pour que vous construisiez votre prototype. Vous savez pourquoi j'en ai besoin. Quand à vous, je suis sûre que vous avez une raison de vouloir le reconstruire. Elle vous regarde, donc je ne vous la demanderais pas. Je ne vous demande qu'une chose. Voulez-vous vivre assez longtemps pour le faire ?
Franck Rhoan me regarde, et serre les dents sans répondre.
_ C'est donc oui.
_ Oui. Je veux vivre assez longtemps pour reconstruire mon prototype.
_ Bien. Je savais que nous finirions par nous comprendre. Je vais donc soigner votre nez, et ensuite, vous examiner. Vous examiner entièrement. Et si réellement votre but est de vivre pour construire votre Remanieur, vous allez me laisser faire sans m'obliger à vous contraindre par la force.
Il ne répond rien. Je prend une compresse, et éponge le sang qui coule de son nez. C'est la première fois que je le regarde dans les yeux d'aussi près. C'est l'homme qui a hanté mes cauchemar pendant des année. Une brute assassine et folle. Un être fragile et brisé. Mes gestes se font infiniment lents et prudents, comme si un mouvement brusque pouvais le faire tomber en cendres sous mes doigts. Je crois n'avoir jamais rencontré personne plus vulnérable, et plus dangereux. C'est tant de désespoir, que je vois au fond de ces yeux, que si je m'y penche trop, je risquerais de m'y engloutir et de ne jamais réussir à en remonter.
Il me regarde aussi. Il me sonde de la même manière que je le sonde.
_ Que lisez-vous ? Lui demandé-je.
_ La solitude, murmure-t-il.
Il n'y a pas de sarcasme dans sa voix. Pas parce qu'il se serait adouci, je le sait. Juste parce qu'il a oublié.
_ La solitude, et de la faim. Une faim incommensurable. Et qui ne sera jamais inassouvie.
_ Vous avez raison, dis-je.
Je pose un pansement sur la blessure, et presse assez fort pour arrêter l'hémorragie, mais pas trop fort, non, pas trop fort, puis je vais jeter ma compresse ensanglantée.
Avant que je revienne, il a déjà oté sa blouse et sa chemise. Debout, il me tourne le dos, me l'offrant à ausculter. Je réprime un frisson.
_ Mon dieu...
_ Et bien quoi ? Vous n'avez jamais vu de cicatrices ?
Je me tais. Je le regarde. Il est d'une maigreur affligeante. Et tout son dos porte la marque des traitements qu'il a subit. Je peux presque reconstituer son parcours, rien qu'à le regarder.
Niourk. Il n'y a que là que les autorités terriennes permettent l'usage du laser pour la torture. On lui a découpé la peau avec habileté, carré par carré, et on l'a laissé la chair à vif, en prenant garde à ce que ça ne s'infecte pas, non, sans quoi il aurait pu en mourir.
Genévia. On y préfère l'ancestral fouet. Et pourtant, il est de notoriété publique que les habitants de l'ancien monde sont plus civilisé.
Bouakén... Ma ville natale. Et son amour pour les injections.
Puis les prisons solarienne, et tout leur raffinement. Privation. Torture psychologique, provoquant toute sorte de stigmates.
C'est incroyable qu'il ai survécu si longtemps. Qu'il ai gardé si longtemps la volonté de survivre.
_ La haine, répond-il à ma question muette. C'est la seule chose qui permet de survivre. On parle toujours de l'amour, l'amour, ça me fait rire. L'amour, on en meurt.
_ C'est de haine que vous êtes en train de mourir, Rhoan.
J'écoute le bruit de son coeur, si rapide, si fébrile. Sa température est anormalement élevée. Je le fait s'allonger sur les brancards des scanners.
_ Quelles images vous viennent-elles quand vous dormez, Rhoan ?
_ Je ne dors jamais.
Je le savais. Des signes ne trompe pas.
_ Il faut que vous arrêtiez la méditation qui remplace le sommeil. Vous serez libre de recommencer à la pratiquer quand votre organisme aura repris des forces. Je vous donnerais chaque soir des pillules qui vous ferons dormir sans le moindre rêve.
_ Et si je ne les prends pas ?
_ Si vous ne les prenez pas, il ne vous reste qu'un mois à vivre. A vous de choisir. Pensez vous que votre prototype puisse être près en un mois ?
Il ne me répond pas, comme chaque fois qu'il sait que j'ai raison. Au fond, nous sommes aussi vulnérable l'un que l'autre, dans ce laboratoires, seuls ensembles. Lui, parce que je vois sa faiblesse. Lui, parce qu'il voit qu'elle me touche. C'est pourquoi aucun de nous deux ne songe à répliquer, à surenchérir, à reprendre l'affrontement.
_ Je dois vous faire une piqûre.
Il me tends son bras. J'évite de recroiser son regard, pendant que je le pique. Une plongée dans son enfer m'a suffit.
_ Ce soldat, Jowy Benaldes. De quoi était-il mort, quand vous l'avez trouvé ?
_ A première vue, d'un poison. Mais en réalité, de quelque chose de plus complexe. De quelque chose venu de MON cerveau.
Il espérait sans doute me heurter, ou provoquer en moi une quelconque émotion, mais je retire mon aiguille et passe un coton imbibé d'eau oxygénée sur son bras, indifférente.
_ Vous avez empoisonné Jowy ?
_ Pas moi. Mais je crois savoir qui. Votre ami militaire.
Je hausse le sourcil, un peu étonnée.
_ Atrayde nous a demandé de décider lui-même de son sort. Pourquoi aurait-il fait cela, s'il avait déjà empoisonné le prisonnier?
_ C'est plus complexe que ça. Il s'agit de nano-robot de mon invention, qui libèrent leurs acides dans le corps si la personne qui les télécommande leur ordonne. J'ai constaté, en consultant l'inventaire du Magellan, que vous en aviez quelques uns dans l'armurerie. Lorsque votre ami est venu... Disons "m'emprunter" du matériel, nous nous sommes un peu affronté, et bien que je n'ai aucun moyen de pénétrer dans l'armurerie, vu que vous ne me laissez pas y accéder, je n'ai pu m'empêcher de lui rappeler qu'il m'était possible d'utiliser ce matériel pour le contraindre à me respecter. Après cela, bien qu'il n'ai jamais manifesté un esprit très brillant, votre Atrayde a du additionner deux et deux.
_ Il aura pris une précaution au cas où, dis-je.
_ Oui, dommage qu'elle n'ai pas servi. Quand Atrayde a déclanché la commande des nanorobot, le soldat avait déjà quitté la planête. L'ordre n'a donc pas pu être transmis. Ce n'est que lorsqu'il est revenu ici que le poison a enfin agit, et qu'il est mort.
Je ne réponds rien. Je n'ai pas le temps d'être choquée, ou de juger de quelque manière que ce soit le choix de Jonas. De toute façon, si je veux arriver à gérer les caprices du destins, il vaut mieux que j'évite de penser à quoi que ce soit qui concerne Jonas pour le moment. Penser à lui provoque en moi trop de sentiments complexes et contradictoires, et je n'ai pas le temps d'en faire le tri. Surtout devant Rhoan.
_ Vous pouvez vous rhabiller. Votre traitement commence ce soir. Et n'oubliez pas. Nous sommes associés. Si vous tenez à atteindre votre but, il faut prendre les médicaments que je vous donne.
_ J'ai bien compris. Inutile de le répéter.
Il essaye de parler avec sa hargne habituelle, mais sans conviction. Quelque chose vient de se produire, contre lequel il ne peut rien. Quelque chose qu'il ne peut plus effacer par des sarcasmes.
Je rouvre la porte de l'infirmerie. Les hommes sont revenus. Xorth a trouvé la force de s'assoir sur sa couchette, et Kara s'est assise pres de lui, la tête sur ses genoux.
Je m'approche d'eux.
_ Je veux que vous montiez à la biosphère tous les deux, et que vous n'en sortiez plus. Xorth, je veux que tu veilles sur Kara, et Kara, je veux que tu veille sur Xorth. A partir de maintenant, vous allez avoir besoin l'un de l'autre, tous les deux. Il faut que vous vous souteniez l'un l'autre, car vous êtes tous les deux très malade.
Kara s'est redressée et me regarde étonnée. Elle a du mal à comprendre, je le sais. Je me tourne vers Lyliah.
_ Tu vas aller au village et expliquer comme tu peux la situation à l'ancien. Et aussi à la soercyé.
Je regarde de nouveau Kara.
_ Si Aelezig veux venir te voir dans la biosphère, tu as le droit de la recevoir. A condition que vous ne fassiez rien qui te fatigue. Et à condition qu'elle ne touche pas Xorth. Tu as entendu, Xorth ? Tu ne dois toucher personne de ta race. Sinon, tu les rendrais malade.
_ Oui, Soercyé, me répond Xorth.
_ Oui, Maman, dit Kara avec une gravité inhabituelle.
Elle a perçu à quel point ce que je disais était important.
_ Mike et Atrayde, accompagnez-les là haut. Lyliah, va au village.
L'ex militaire et le mécano approchent des malades, les aident à se relever, à marcher, puis les emmènent hors de l'infirmerie. Lilyah s'apprête à sortir à leur suite, mais le balafré la retient. De l'autre bras, il m'interrompt alors que je me penchais sur mon sac pour y prendre les échantillon prélevé en bas, sur la grande pierre.
_ Je veux savoir, me dit-il d'un ton sans appel.
_ Dans ce sac, j'ai ce dont j'ai besoin. Je vais travailler jusqu'au soir, et toute la nuit, s'il le faut. Et demain, je guérirais Xorth.
_ Et pour la gamine ?
Je jette un coup d'oeil à Rhoan, qui, toujours à la porte du laboratoire médical, a tout observer sans mot dire. Il a un bref et sec hochement de tête.
_ Demain, je guérirais Xorth, dis-je. Et Kara, quand à elle, vivra jusqu'à ce que Rhoan me donne l'unique moyen de la guérir.
Sans attendre de réponse, je ramasse mon sac et retourne dans le laboratoire.
La journée n'est pas finie, et la nuit va être longue.
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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 14 Juin - 19:22

Chapitre 25 : Et le troisième jours, ils furent sauvés.









Xorth :
Nous étions revenus dans la biosphère, Kara et moi, sans le moindre mot. Il faut dire aussi que je n'avais pas encore les idées très claires, sans doute les effets de mon exposition prolongée à la pierre noire. Trop faible pour grimper à mon petit abris, je n'eus d'autre choix que de me coucher à même le sol. N'y tenant plus, je m'endormis comme une masse.
Quand je me réveillai, Kara était blottie à côté de moi. Je me dégageai doucement de son étreinte afin de ne pas la réveiller puis fit quelques pas. Je perçus le bruit caractéristiques des portes de l'ascenseur s'ouvrir puis se fermer. Je m'y rendis donc, pensant que c'était la Soercyé qui venait. Quelle fut ma surprise quand je vis devant l'ascenseur l'humain balafré accompagné de ma soeur Berthia. Me souvenant de la recommandation de la Soercyé, je l'empêchai de me prendre dans ses bras.
_ Qu'est-ce qu'il y a, me demanda-t-elle, surprise.
_ Je ne dois pas te toucher Berthia, lui répondis-je. Je... Je suis malade.
Elle fit un pas en arrière, horrifiée.
_ Non ! bredouilla-t-elle. Pas toi !
Elle se mit à pleurer. Je voulais la prendre dans mes bras, la réconforter. Lui dire que ça allait s'arranger, que la Soercyé des Dieux allait trouver un remède. Mais je restait là, sans bouger, sans rien dire.
Remarquant mon manque de réaction, l'humain à la cicatrice la prit dans ses bras, lui offrant le réconfort que je ne pouvait lui donner.
Mon attention se porta sur lui. Je ne savait pratiquement rien de lui et, d'après ce que j'avais compris, les autres humains non plus. Je voulais en savoir plus sur lui, mais son attitude montrait clairement qu'il ne répondrai pas à mes questions. Son comportement à l'égard de ma soeur, et des Nimordh en général, avait surpris tout le monde, moi y compris. Qu'est-ce qui pouvait le pousser à l'agir ainsi ?
Tout d'un coup, ça déferla en moi ! Une vague de souvenirs qui ne m'appartenait pas. Haine ! Regret ! Douleur ! Je mis un temps avant de comprendre que cela concernait l'homme qui me faisait face. Et tout me parut plus clair : Son attitude envers mon peuple, son intérêt pour Kara - que je n'avais même pas remarqué.
_ Xorth ! Est-ce que ça va ?
Il s'était rapproché de moi, ainsi que Berthia qui, elle, restait à bonne distance tout de même. Je le regarda droit dans les yeux.
_ Vous avez ôté la vie à une enfant, lui lançai-je, pourquoi ?
À son visage, je sus qu'il avait compris ce qui s'était passé.
_ Pourquoi as-tu..., dit-il en se mettant la main à la tête.
_ Je ne l'ai pas fais consciemment, lui expliquai-je. Je n'aurai jamais osé faire une telle chose. Mais vous n'avez pas répondu à ma question.
Il baissa les yeux.
_ Elle avait à peine cinq ans. Nous étions en mission de reconnaissance. Une mission secrète...
Tandis qu'il racontait, les souvenirs que j'avais absorbé se firent plus nets, imageant ses paroles.
_ Qui dit mission secrète dit pas de témoins, continua-t-il. Personne ne devait savoir que nous étions là mais cette jeune fille était tombée sur nous par hasard.
Son ton changea, laissant transparaitre ses remords.
_ J'avais proposé de simplement lui effacer le mémoire, mais mon supérieur trouvait que cela nous aurai trop ralentit. Alors il a sortit son arme, me l'a donné en m'ordonnant de la... il voulait que je la...
Il ne pu terminer sa phrase, tant les souvenirs, que je partageais, étaient douloureux.
_ Suite à ça, j'ai décidé de partir le plus tôt possible, de ne plus participer à cette guerre. Les humains, et en particuliers les soldats, me répugnaient. Quand j'ai vu Kara pour la première fois, elle me rappelai la petite fille que j'avais du... Alors quand j'ai appris qu'elle était malade, je me suis promis d'essayer de la sauver, de mieux que je pourrai. Puis je suis arrivé ici, où il n'y avait aucune haine, aucune guerre. Quand j'ai vu la solidarité entre vous, j'ai décidé de tout faire pour vous aider.
Il arrêta de parler. Je ne savait pas quoi dire, comment réagir.
_ Voilà, tu sais tout maintenant Xorth, conclu-t-il.
Il me tourna le dos et fit face à Berthia. Celle-ci compris qu'il voulait partir et ils sortirent ensemble de la Biosphère.
Je me retrouva seul avec Kara, qui dormait toujours dans l'herbe. Je m'assis à quelques pas d'elle et réfléchit à tout ce que j'avais appris. Fallait-il que je le dise aux autres ou valait-il mieux que je garde cela pour moi ? J'avais envie d'aider Janus, de l'aider à se libérer de la culpabilité qui lui pesait. Mais là encore, je voyait pas comment.

Kara
Des arbres, partout... Et du vert, beaucoup de vert...
Où suis-je ? Sur du sable, du sable tout chaud.
Et Xorth... Où est Xorth ?
Il est là, par terre, les yeux fermés, les oreilles qui bougent.
Hum... "Maman" veut qu'on reste ici, et qu'on reste ensemble. Mais je veux sortir, et je dois ! Mais je veux pas laisser Xorth tout seul ! Je veux pas voir les silhouettes noires autour de lui...
Ouh... Mes jambes sont lourdes. Je marche à quatre pattes sur le sable.
Je rejoins Xorth. Il faut que je veille sur lui, oui. Je vais empêcher les silhouettes noires de revenir.
Sa crinière est pleine de noeuds... Je vais démêler tout ça !
Je passe mes mains dans ses cheveux. On dirait un "comme moi", un tout petit Xorth. Je me demande à quoi il rêve...
Il fait nuit. Le "faux-ciel" du "Jardin-serre" est plus là. on voit les vraies étoiles du ciel de chez Les Xorths. Un grand et beau ciel, avec tout plein de petites larmes qui brillent.
Je suis toute seule... Toute seule dans un grand "Jardin-serre", toute seule avec Xorth endormi.
Je suis pas normale, non, pas normale. Je suis bizarre, fatiguée et je sens toujours quelque chose, quelque chose autour de moi.
Après tout... Je suis différente... Je suis pas comme les Xorths, ni comme les autres, ni comme "Maman". Ça doit être normal ce que j'ai, oui...
Mes yeux se ferment... Déjà ? Mais je viens de dor... mir...

Le Laboratoire de "Maman" est vraiment grand. Y a plein de choses dedans, et plein de bruits. Et son laboratoire est dans un très très grand bâtiment qui s'appelle "hôpital". J'ai jamais tout vu. "Maman" veut pas que j'aille là où il y a des malades. Pourquoi ?
Elle est avec plein d'autres docteurs depuis ce matin. Elle ne m'a pas vu, pas parlé, elle est si occupée.
Et si je descendais ? Si j'allais voir les malades ? On m'interdit de les voir, je veux savoir pourquoi, moi ! Où est l'ascenseur ?
J'appuie sur une touche et attend, assise par terre. C'est long...
La porte s'ouvre et je déboule dans un très très grand couloir. C'est tout blanc. Et y a personne. Une pancarte est sur le mur, j'arrive pas bien à la lire. Pas grave. Je suis sûre d'être chez les malades !
Toutes les portes sont fermées. Ah si ! Y'en a une d'ouverte ! Je me demande ce qu'il y a dedans...
"Bonjour toi... murmure une voix toute bizarre.
C'est une dame avec un gros ventre, dans un lit bleu. Un appareil pas loin clignote en faisant des "bip bip".
_ Euh bonjour, je réponds.
Elle m'a vue, elle va raconter à "Maman" que je suis allée ici !
_ Allons n'ai pas peur. Reste un peu. Je ne vais pas le dire, d'accord ?"
Bon, ben si elle dit que je risque rien, alors je reste !
Je ferme sa porte et m'assoie sur une chaise à côté. Je la regarde.
"Pourquoi t'as un gros ventre ? T'as mangé beaucoup ?
Elle rit, elle a un joli rire.
_ Pas du tout ! En fait dans mon ventre, il y a un bébé.
_ Tu manges les bébés ?
_ Ah mais non, rit-elle. Un bébé qui dort dans mon ventre. Je ne l'ai pas manger !"
Mal... Mal... Elle a mal. Elle le montre pas, elle a très mal.
J'entends un bruit dehors ! Ce sont les hommes en blanc ! Je dois partir.
Je lui fais signe d'au revoir, elle aussi. Sa main tremble, son sourire est faux. L'appareil clignote très vite.
Je sors, je cours. J'entends plus qu'un bip continu...

AAAH !
Je... Mais je suis au "Jardin-serre" ! Et le ciel est blanc ! C'est le matin ! J'ai dormi si longtemps ? Et Xorth ? Il dort ?
Non, il est sur le sable, près de l'eau. Il me regarde, et ses yeux sont si tristes... Il est malade comme moi. Et on doit rester tout seuls, tous les deux.
Je m'approche de Xorth et lui sourit. Il cligne des yeux et fait une drôle de grimace-sourire.
Tiens ! Du bruit ! C'est "Maman" !
"Bonjour "Maman" !
- Bonjour Kara, sourit-elle, bonjour Xorth.
Elle sourit, elle est heureuse. Y a quelque chose qu'elle a fait et c'est pour ça que je sens de la fierté. "Maman" va sauver les Xorths... Je le sens...
- Xorth, demande "Maman" avec un grand sourire aux lèvres, peux-tu toucher la petite pierre noire ? Je crois avoir trouver l'antidote.
Xorth la regarde. Espoir... Espoir... et il tremble un peu.
- Bien."
Sa main se pose tout doucement sur la pierre noire. Je sens un choc, une petite lumière blanche, si rapide...
Xorth lâche la pierre et "Maman" la reprend.
"Je ne sais pas combien de temps il va falloir attendre pour avoir des résultats... Kara, continue de veiller sur lui, d'accord ?
- Oui "Maman" ! Promis !
- Bien, merci. Merci beaucoup à vous deux."
Elle s'éloigne et elle est fière. Un regard vers nous, vers moi.
Moi aussi je tiens à toi "Maman".

Ca fait longtemps que je dessine sur le sable. J'ai fait plein de choses... des nuages, un beau soleil et des Xorths heureux.
Le ciel est pâle, un peu mauve. C'est joli et très calme.
Et Xorth... Il s'est levé, il marche, il sautille. Il va mieux, beaucoup mieux. Lui qui ne pouvait qu'à peine s'asseoir...
Je lui saute dessus en riant. Il va guérir ! Les Xorths ! Tout le monde !
Lilyah arrive à cause des rires et des cris. "Maman" est avec elle. Elles sourient, d'un sourire plein d'espoir...
Elles s'éloignent en marchant. Elles vont le dire aux autres je pense...
Xorth me tient dans ses bras en me tripotant les cheveux.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 14 Juin - 19:23

Lyliah Vamy :

Je regardais Nilane se tourner vers moi puis tendre la pierre. Je la pris délicatement. J’observais la pierre. Je savais qu’elle était responsable. Pourtant j’avais du mal à croire qu’une chose si petite avait pu tuer tant de vies.
_Liliah, sers toi de la pierre afin d’aller guérir les malades. me demanda Nilane.
_Bien, Nilane. répondis-je. Mais comment as tu fait pour réussir ?
Ma curiosité naturelle revenait au galop. On se débarrassait pas souvent de ses défauts. Et puis la curuiosité n’était pas seulement un défaut, c’était aussi le début de tout intelligence et savoir. Je reportais mon attention sur Nilane qui répondait à ma question.
_Cette pierre émettait un rayonnement qui rend les Nimrodh malades. Alors j’ai réussi à provoquer une implosion à l’intérieur de la pierre afin d’inverser ses effets. expliqua Nilane.
Vraiment très ingénieux comme une solution. Cependant quelque chose ne me satisfaisait pas. Je baissais les yeux vers la pierre de nouveau. Oui, je savais ce qui m’ennuyais. Cette pierre était vraiment si petite.
_Nilane, et si il existe d’autre Nimrodh qui sont aussi malades sur cette planète ? demandais-je.
_Ne t’inquiètes pas, Liliah. J’y ai pensé. fit Nilane.
Elle accompagna ses paroles aux gestes en sortant de sa poche un tas de feuilles toutes gribouillées. Elle les tendit à Mike et Jonas. Tous deux les observèrent et les examinèrent attentivement.
_Vous deux, essayer de me construire ceci, leur dit Nilane.
J’observais la réaction de Jonas et Mike. Ils faisaient vraiment une drôle de tête impressionnés par ce qu’ils lisaient tout en soupirant et consultant les feuillets de Nilane. Je m’approchais d’eux et observais les feuilles par dessus leurs épaules mais je n’y comprenais pas grand chose.
_Qu’est que c’est ? leur demandais-je curieuse.
_C’est le plan d’un engin capable de creuser dans la grande pierre et d’explorer l’intérieur, expliqua Mike. Allez au boulot.
Ainsi nous nous séparâmes chacun devant vaquer à sa propre tâche. Les deux garçons devaient construire cet engin. Quand à moi, je devais guérir les Nimrodh malades. En sortant, je regardai Nilane s’éloigner. Elle devait regagner sa cabine pour dormir. Elle n’avait pas dormi de la nuit pour préparer tout ceci.


Mike Libane :

Après que la doctoresse nous avait remis ses notes, mon pote le militaire et moi, nous nous dirigeâmes vers l'ancienne base, tout en consultant les notes.
_ Argh, c'est quoi ça ? fit Jonas.
Je regarde par-dessus son épaule un schéma.
_ C'est un reconvertisseur énergétique, répondis-je.
_ Et ça, c'est quoi ? un pommeau de douche ?
_ Non, c'est un moteur protonique modèle X45.
Il feuillette un peu dans les notes.
_ Ah, ça je sais ce que c'est ! dit-il avec joie. C'est une bombe A45.
_ Non, dis-je après avoir vu ce qu'il montrait, c'est juste son stylo qui a un peu bavé.

Après quelques minutes à traverser la forêt, nous arrivions finalement a l'endroit. Nous trouvâmes la pièce des constructions des véhicules.
_ Oula, m'exclamais-je en voyant l'intérieur, que du vieux matériel usagés.
La salle était grande, et chaque pièces de ferraille était numérotée et rangée dans des containers. Les outils pour les assemblages était bien rangés sur le mur.
_ Bon, c'est pas tout ça, mais faut se mettre au travail, dit Jonas dans mon dos.
_ Oui, t'as raison, répondis-je. Bon voyons voir ces notes.
Après un feuilletage rapidement expédié, je donnais mes premiers ordres à Jonas.
_ Bon, va falloir que tu aille me chercher 8 tubes de carbonate ionisé, des tôles d'adamentium épaisseur 7 mm, des cables de conduction simple, environ 2 mètres de longueur et enfin un moteur protonique. Tu m'assemble les tubes comme sur le premier dessin, et quand tu auras le moteur, amène le moi, pour que je puisse vérifier que tout est en ordre.
_ Bien chef, me répondit-il.
Tandis que je m'éloignais pour trouver le reconvertisseur énergétique, je dis par dessus mon épaule:
_ A ta place, je perdrais cette mauvaise habitude d'appeler, ceux qui te donnent des ordres, "chef".

Après une heure, la structure interne de l'objet était déjà faite, et Jonas commençais déjà à mettre les tôles. Pendant ce temps, j'avais eu le temps de vérifier le reconvertisseur et le producteur d'anti-gravité, ainsi que le moteur. Je décidais d'interrompre mes vérifications, pour commencer à installer les pièces principales de la machine.
_ Bon, arrête deux secondes Jonas, je dois installer quelques trucs là-dedans. Vas plutôt me chercher le générateur de rayon laser.
Je fixai le moteur à l'intérieur de la machine, le reconvertisseur juste a coté, permettant d'utiliser moins d'énergie qu'il n'en faut. Juste en dessous, je fixai le producteur d'anti-gravité, ce qui lui permettrait de se déplacer, grâce au champ magnétique qu'il produira en dessous de lui, et de ce faisant, le rendra moins lourd. J'installai bien entendu un boîtier de commande, afin qu'il ne qu'il ne décide pas tout seul de sa balade. A l'arrière, je mis en place un dispositif qui permettrait de laisser à l'air libre la bombe chargé de s'occuper de la pierre, afin que son explosion ne soit pas réduite a cause de l'épaisseur du véhicule.
_ Me revoilà, fit Jonas dans mon dos.
_ C'est pas trop tôt, dis-je concentré sur mon travail. T'étais où?
_ Ben, je me suis perdu dans les rayons.
_ C'est malin, fis-je. Bon, dépose le générateur à coté de moi, je le vérifierais puis je l'installerais sur le devant de la machine, et ce sera terminé.

Cela me prit plus de temps que prévu, a cause de la complexité du générateur, mais j'arrivai à mes fins.
_ Il a fière allure, n'est-ce pas ? Dis-je tout fier à Jonas.
_ Faut vite le dire, dit-il sarcastique. Bon, on y va ?
_ Attend, j'ai bien envie de lui donner un nom. Hum, que penses-tu de "sauveur des Nimrodhs" ?
_ Tu peux bien l'appeler "la gargouille cosmique a poil", j'en aurai rien à battre.
_ Raah, pfff, quel rabat-joie. Bon allez, on va apporter ce petit bijoux à Bah.
Nous sortîmes du bâtiment, et retournions vers le Magellan.










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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 14 Juin - 19:25

*

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Jonas Atrayde :

Voilà plus de 3 heures que Mike et moi oeuvrions dans une chaleur infernale, à préparer l’installation de la machine sous la direction de Nilane. J’avais déjà vu de nombreuses fois Mike travailler sur les engins d’Oblivion, il était comme un enfant qui s’amusait à construire ses jouets lui-même. Il avait pris une longueur d’avance sur moi dans le plan, mais lui n’avait pas toutes ses pensées qui se mélangeaient et son attention prit au piège à chaque fois qu’il regardait Nilane. Elle nous surveillait, ou plutôt nous encadrait étroitement, nous dictant parfois ce que nous devions faire : Quel alternateur ionique était à dériver sur la Pierre, quel séquenceur à inversion subtronique à implanter. Je me demandais vraiment d’où pouvait lui être venu l’idée de ce plan, elle qui m’avait l’air de ne pas très bien connaître… Mais c’était normal. Je ne parlais de moi à personne, pourquoi se serait elle fatigué à parler d’elle avec moi…
_ Hé Jonas, tu dors ? fit Mike
_ Non, je faisais une petite pause…
Il me regarda un instant et croisa mon regard au travers de ma visière fumée, je lui fis clairement comprendre de ne pas insister.
Nous étions en nage, même dans ces tenues protectrices, elles n’étaient normalement pas conçues pour rester aussi longtemps en milieu extrême. Je commençais un peu à fatiguer, ma visibilité se réduisait à cause de l’humidité engendrée par la sueur, qui venait se coller contre ma visière sous forme de buée. Mais je ne voulais pas arrêter, pas maintenant. Ce que j’étais égoïste ! Ce n’était pas pour sauver plus vite la population des Nimrodhs que je faisais ça, mais uniquement pour contredire Nilane, au risque d’épuiser Mike également. Je la regardais parfois au travers de la buée, je voyais des perles de sueur couler de son visage. En nous regardant, elle semblait dire : « Faisons une pause, retournons nous aérer à la surface », pas question ! Mike avait beau être beaucoup plus à l’aise que moi dans la construction, ses mouvements ralentissaient et devenaient imprécis.
« N’arrête pas maintenant, on est plus très loin ! Tant que je continuerais, tu continueras ! »
J’aurais été capable de le dire si Nilane ne nous regardais pas de si près…
Il se passa encore une vingtaine de minutes avant que Mike et moi ne plantions, plutôt difficilement, la dernière pièce de l’installation, à un mètre sous la surface de la Pierre. Nous descendîmes alors de celle-ci pour revenir sur la roche magmatique à une dizaine de mètres, pour admirer notre œuvre.
_ On a fait du boulot, non ! fit Mike, fier
_ Il faut encore voir si elle tient le choc toute seule et qu’on apporte la machine jusqu’ici ! Répondis-je.
_ Soyez un peu enthousiaste Jonas, pour changer !
Nous avions installé auparavant une petite console reliée à l’installation par un câble. Mike s'agenouilla face au dispositif et tourna la manette qui s’y trouvait d’un coup sec. Une minute trente, c’était le temps nécessaire pour que l’installation se lance et que notre machine fasse ce pourquoi nous l'avions conçue, forer la pierre et y faire sauter la bombe en plein coeur. Comme mes deux compagnons, je retenais mon souffle en attendant la suite des évènements. Cependant, il ne se passa toujours rien alors que près de trois minutes se soient écoulées de s’écouler.
_ Ben alors, on a mal vissé un boulon ? intervient Mike
_ Je vais aller voir ce qui cloche, déclara Nilane
Je n’essayai pas de l’en empêcher. Elle connaissait mieux les plans que nous, elle saurait repérer les défauts, s’il y en avait.
Mais alors qu’elle se tenait sur le Pierre, une violente secousse ébranla la caverne toute entière, projetant des filets de lave bouillonnants non loin de nous. Qu’est ce qui ne passait ? Nous avions pourtant travaillé dans le calme, rien n’aurait pu affecter notre environnement ! Pourtant les tremblements ne diminuèrent pas, et la lave qui se rapprochait de la planque de roche magmatique commençait à vraiment devenir inquiétant.
_ Mike, retourne dans la foreuse et communique aux autres que l’on remonte plus tôt que prévu, ça devient dangereux !
_ Mais…
_ Fais ce que je te dis ! Je reviens tout de suite !
Il me regarda un instant, puis il se retourna et s’en alla vers l’énorme engin par lequel nous êtions arrivés. Nilane était toujours sur la Pierre.
_ Docteur, vous vérifierez une autre fois, on s’en va !
_ Mais il faut savoir maintenant ce qui n’a pas été...
J’eus juste le temps de m’apercevoir qu’une roche du plafond de la caverne était en train de me tomber dessus que je bondis sur le côté pour l’éviter, me retrouvant à celui quelques centimètres de la lave. Elle était en train de monter, de seconde en seconde, la distance de saut entre la Pierre et la plaque de roche augmentait à vue d’œil ! Je me relevais pour m’apercevoir que Nilane n’avait toujours pas bougé.
_ Mais qu’est ce que vous attendez ! Vous voulez mourir ou quoi ?!
Elle ne répondait pas, non pas que les craquements que l’on entendait de toute part m’empêchaient d’être entendu, mais elle était comme paralysé par une force mystérieuse.
_ Sautez, bon Dieu ! Sautez et revenez !
Mais j’avais beau m’égosiller, elle ne restait sur place, figée comme une statue. Ce fut dans un élan d’effort qu’elle réussi à me crier :
_ Venez… Venez m’aider ! Jonas, j’ai trop peur de la lave ! Je vous en supplie ! Venez !
Elle me suppliait, elle me suppliait de lui venir en aide. Moi qui l'avait méprisée pendant si longtemps, j'étais le seul à pouvoir faire quelque chose alors que la peur était en train de la pousser droit vers la mort.
Non ! Je ne pourrais supporter de voir cette situation de reproduire une deuxième fois ! Je pris un grand élan, tandis que lave montait toujours et sautais à mon tour sur la Pierre. Nos regards se croisèrent un instant, puis je lui tendis ma main. Elle la prit d’abord fébrilement, puis elle la serra très fort, au travers de nos tenues de protection. J'avais déjà des regrets d'avoir imaginer l'inimaginable : Ne plus la voir, ni l’entendre… ni lui parler, ni la sentir, ni la toucher… Au bord de la Pierre noire, j’avais de plus l’impression que j’allais me brûler les pieds, tant le niveau du magma devenait élevé.
Les roches qui tombaient du plafond ne faisaient que secouer dangereusement la substance bouillonnante. Nous prîmes ensembles un élan considérable et atterrîmes durement sur la plaque de roche qui semblait devenir instable. La foreuse n’était plus qu’à une trentaine de mètres, les trente mètres les plus longs de toute ma vie, en traînant presque de force Nilane par la main tant elle était terrifiée par la lave. L’engin était en train de démarrer, sans doute que Mike avait du nous repérer. J’ouvris rapidement le sans d’entrée et fit entrer Nilane à l’intérieur. Je fermais derrière moi et enlevais mon casque à la volée.
_ Mike, démarre, démarre, démarre !
Tout de suite, l’engin entama enfin sa remontée, une remontée fulgurante dans un bruit assourdissant, tandis que la lave allait tout juste nous atteindre.
Lorsque nous fûmes hors de danger, je me dirigeais vers la doctoresse qui venait également d’enlever son casque, je l’aidais à se relever.
_ Pourquoi avez vous fait ça ?
_ Je vous ai dit que j’avais eu trop peur pour…
_ Mais justement ! interrompais je. Si vous aviez peur, pourquoi est ce que vous êtes venue ?
Elle détourna son regard. J’avais moi-même un peu d’appréhension quant à ce qu’elle allait me répondre. Cela fait déjà quelques semaines que je doute, que mes pensées s’emmêlaient sans savoir exactement… Voilà que je sentais aussi que ma voix n’était plus aussi assurée que d’habitude…
_ Je… ne pouvais me vous laissez y aller tout seul ! me dit elle d’un trait
_ Moi… et Mike ?
_ Vous…surtout, vous.


Dr Nilane Bah :

_ Vous, surtout vous.
J'entends les mots sortir de mes lèvres malgré moi. Ils m'échappent dans un souffle avant que j'ai eu le temps de les penser, avant que j'ai eu le temps d'être raisonnable. J'ai encore le coeur qui bat la chamade. Lorsque la lave a commencé à monter près de moi, j'ai senti toute mes pensées s'arrêter. Lorsque la lave a commencé à monter, à me menacer, je n'ai plus été que ma peur, ma profonde, incommensurable, irrésistible terreur, et l'impossibilité de bouger mon corps, de bouger même les mains... Puis lui près de moi. Puis sa main dans la mienne, ses bras protecteurs autour de moi. Et pour la première fois, depuis des années, des siècles, une illusion, celle que je pouvais compter sur quelqu'un d'autre que moi-même. Que je pouvais me risquer à lui faire confiance...
J'ai parlé sans le vouloir, sans y penser, je n'étais pas encore capable de penser. Et à présent, je vois avec terreur le visage de Jonas _ si près, trop près du mien_ changer. Ses yeux grandissent, sa bouche s'ouvre...
_ Mike, appelé-je soudain.
Sur le siège du pilote, le mécano nous jette un coup d'oeil, supprimant toute possibilité de conversation privée entre moi et Atrayde.
_ Oui, docteur ?
Je m'avance vers lui, en cherchant à toute vitesse quelque chose à lui dire. Je n'ai aucune instruction quelle qu'elle soit à lui donner. Mais il faut à tout prix que je garde son attention, que j'empêche Jonas de répondre à ce que je viens de lui dire dans un instant d'égarement, de faiblesse, de folie...
_ Je crois avoir compris ce qui n'avait pas marché. Ca n'avait rien à voir avec notre installation. Simplement, en concevant les plans de la machine, j'ai oublié un point essentiel, elle est vingt fois plus grande que le petit dispositif que j'ai utilisé sur la petite pierre. Le poids de la machine est trop important pour l'installation, qui, pour se protéger, se bloque. Vous pensez qu'on puisse y remédier ?
Mike me regarde avec un air ahuri.
_ Docteur.... La lave a envahi tous les accès, on peut plus y retourner !
_ Répondez-moi dans l'hypothèse où on puisse.
Je ne sais pas trop où je vais. Je fuis Jonas en cherchant des solution pour un problème qui vraisemblablement est devenu insoluble, l'implosion nécessaire de la grande pierre pour guérir l'ensemble de la population Nimrodh. Ma conduite a quelque chose d'absurde. Mais Mike, confiant, me répond avec sérieux.
_ Ce serait facilement remédiable en changeant les paramètre du moniteur pour qu'il maintienne la machine autrement... Mais bon...
Il reporte son attention vers les commandes, et notre remontée à travers le tunnel. Derrière moi, Jonas s'est approché. Je me penche par dessus l'épaule de Mike, bien décidée à continuer à capter son attention.
_ Vous avez une idée de ce qui a provoqué la montée de lave ?
_ J'ai bien une théorie. Notre installation a nécessité trop d'énergie, et les dispositifs qui permette de faire circuler artificiellement la lave ont du s'affoler. Ah, nous arrivons !
Au dessus de nous, le plafond de roche s'est ouvert sur un ciel de lumière blanche. L'air libre, enfin !
La foreuse prend pied sur la terre ferme et s'immobilise dans le hangar où elle dormait depuis des siècle avant que nous ne venions interrompre son sommeil. J'aperçois Lyliah qui se précipite vers nous. J'ai à peine le temps de quitter le véhicule qu'elle bondit sur moi et me serre contre elle.
_ Nous avons eu peur, bon sang ! Que s'est-il passé ?
_ Je crois que Mike vous expliquera mieux que moi.
Janus nous a rejoint, calme, sombre, et mystérieux, comme à son habitude.
_ D'après ce que j'ai compris, votre plan n'a pas marché comme prévu. Qu'allez vous faire ?
_ Pour l'instant, réfléchir. Mais maintenant, une chose est sûre. Redescendre sera dangereux. Très dangereux.
Je passe devant eux sans m'arrêter, et me dirige vers la sortie de l'antique laboratoire.
_ Ou vas-tu ? Me demande Lyliah.
_ Je rentre au Magellan. dis-je, sans ralentir le pas. On y sera mieux pour repenser à tout ça.
Lyliah me retient par le bras, m'oblige à m'arrêter.
_ Ça va, toi ? Tu as l'air... Bizarre. Pas comme d'habitude.
_ J'ai subit un choc émotionnel important, dis-je, assez fort pour que Jonas, qui m'a suivie, quelque mètres en arrière, m'entende. Je vais probablement dire ou faire des choses anormal jusqu'à ce que j'en soit totalement remise, mais il ne faut pas en tenir compte.
Malgré moi, je relève la tête et croise le regard de celui que je fuit.
Je ne lis pas de défi, dans son regard. Ni d'incrédulité. Ni de triomphe. Pourtant, je me suis laissée surprendre, dans tous les sens du terme. Je lui ai tout révélé, toute mes faiblesse, tout. Mais tout ce que je lis, dans son regard, c'est... Comme une attente...
Je lui tourne le dos et repars vers la forêt.
Je ne peux pas prendre le risque de me tromper une deuxième fois. Je ne laisserais plus à quelqu'un le pouvoir de me trahir, de m'arracher à moi-même en m'éloignant de lui, comme l'a fait mon père, il y a une trentaine d'année...
Il n'est plus question que je m'autorise à être faible.


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Tchoucky
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 14 Juin - 19:27

Lyliah Vamy :

J’avais regagné l’infirmerie où les malades allaient déjà beaucoup mieux. Le remède de Nilane fonctionnait. Je souriais devant cette vision heureuse. Finalement elle était arrivée à trouver ce fameux remède. Je me sentais si heureuse pour les Nimrodh. Cependant un doute restait en moi. Les malades qui étaient avec moi n’étaient qu’un faible pourcentage du total des malades. Je m’approchais de la fenêtre et regardais au dehors. En regardant à l’extérieur, je songeais que la planète entière était peuplée de Nimrodh. Comment pourrions nous soigner tous ces malades? Mon regard se porta à présent sur la petite pierre noire et je la pris dans mes mains. Elle était si petite, voir minuscule. Comment espérer soigner toute une planète ainsi? Malgré la joie de voir plusieurs malades guéris, je ne pouvais pas chasser de mon esprit que d’autres souffraient encore. Je ne pourrais me sentir vraiment heureuse que lorsqu’ils seraient tous guéris.
Durant un moment, j’observais mes compagnons afin de voir comment ils réagissaient envers cette situation. Nilane semblait essayer de fuir Jonas. Bizarre, enfin ce n’était peut être qu’une simple coïncidence. Aussi, Mike travaillait, réfléchissait sur des moyens d’actions avec la foreuse. Il en avait du courage quand même de regarder tous ces plans ! A sa place, j’aurai abandonné et pris une boite entière d’aspirine. Rhoan était retourné comme à son habitude au labo. C'était étrange mais il me semblait mieux, c'est à dire moins fatigué qu'à l'ordinaire. Je terminais par la biosphère où étaient Xorth et Kara.
Un peu plus tard, nous décidions de nous réunir pour parler de notre problème concernant les Nimrodh et le moyen de les guérir. Ce fut Mike qui prit la parole pour exposer sa pensée.
_ Ecoutez, il y a un moyen pour ajouter une fonction à la foreuse. Celle ci pourra alors naviguer sur la lave. Cependant ce sera dangereux. Le mieux serait qu’une et une seule personne y aille.
Tout le monde méditait à ses informations. Nous nous demandions qui envoyer là bas pour une mission de type suicidaire ou kamikaze. Le dicton disait souvent qu’il ne fallait jamais se proposer pour être volontaire. Cependant il fallait bien que quelqu’un se décide. Soudain Janus se leva promptement et droit.
_Moi, je suis volontaire. annonça Janus.
Au moment où il finissait sa phrase, Nilane, Jonas et Mike se levèrent en même temps et crièrent en même temps:
_Pas question. C’est à moi d’y aller.
Je soupirai. Décidément cette réunion tournait mal. J’avais peur qu’ils ne puissent commencer à se disputer. Et puis, qui envoyer? C’était si dur de choisir.
_Continuez ainsi. Au moins, mourir tous les quatre vous mettra d'accord. lança Rhoan.
Je soupirais encore une fois. Cette discussion s'envenimait. devrais gamins. Soudain je remarquai Xorth qui s’agitait. Celui ci toussota un peu pour attirer l’attention vers lui et se leva à son tour.
_Je suis le seul Nimrodh ici et je pense que c’est à moi de choisir qui doit descendre au nom de mon peuple. Je pense que ce doit être Janus.
Tout le monde jeta un regard de surprise à Xorth interrogatifs d’une telle conduite. Pourquoi choisissait t-il Janus et non un autre?
_Merci, Xorth.le remercia Janus.
Sur ce, Janus sortit de la pièce pour s’apprêter. Aussitôt j’en profitai déjà pour demander à Xorth des explications.
_Xorth, pourquoi lui?
_Je l’ai désigné car Janus a un lourd passé sur la conscience. Il a besoin d’accomplir cette mission pour se racheter, répondit Xorth.
J’étais intriguée par le sens de cette révèlation de Xorth. Quel lourd passé pouvait avoir Janus? D’un autre côté, cela ne me regardait pas vraiment. Les blessures du passé sont toujours dures à évoquer. Et puis, il faut laisser le temps au temps.







Franck Rhoan :

Comme d’ordinaire depuis plusieurs mois, je m’activais dans mon laboratoire. Bah et les autres avait, à la suite du balafré, quitté le Magellan. Sans doute pour aller rôtir dans la lave. Sans même une pensée pour eux, je continuais de créer le Remanieur. Et malgré le fait que je m’activais depuis cinq heures du matin, mon rythme ne baissait pas.
Étrange. Je n’ai pas eu de tremblement depuis hier soir.
Intrigué, je m’arrêtais de travailler, et me dirigeais vers le bureau placé dans un coin de la pièce. Trois boite de médicament étaient posées là. Je me saisi d’une, et l’approchais de mon visage pour lire l’étiquette.
Peut-être est-ce ça ?
Mais ce que je lus me parut si obscur que je reposais l’objet en n’ayant rien appris. Toujours songeur, je retournais à mon prototype. Mais lorsque que je m'aperçus que je réglais les matrices énergétiques de travers, je m’arrêtais, et commençais vraiment à réfléchir. Et si, malgré tout, Bah pouvait me sauver, me guérir et me permettre de vivre ?
Imbécile, me réprimandais-je. Vivre, ce serait soit fuir inlassablement, soit pourrir à nouveau en prison à subir la torture. Courir sans cesse , porter une connaissance destructrice continuellement, ce n’est pas vivre.
_ Vivre…murmurais-je. Un chez moi, un travail sain et agréable, une vie saine et dépourvue d’inquiétude du lendemain.
Je fermai les yeux, tentant de visualiser ce que serait une vie de ce genre. Mais même en me forçant, je ne pus l’imaginer. Cela me mit sans que je sache pourquoi dans une rage folle, et dans un mouvement de colère, j’abattit mon poing sur le mur ou j’était adossé, faisant tomber une pile de tôles dans un bruit de tonnerre. Lentement, je me laissai glisser au sol, les yeux dans le vide. Sans que je puisse l’empêcher, une larme émergea de mon œil droit et, centimètre par centimètre, glissa sur ma joue.
Allons, au travail.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 14 Juin - 19:29

Jonas Atrayde :

Nous arrivions tous les sept aux abords de la forêt Nimrodh, un peu plus loin se trouvait l'entrée du labo souterrain. Nilane tenait Kara dans ses bras, elle n'avait pas osé la laisser au vaisseau avec le savant fou dans le parages. Lyliah, Xorth, Mike et moi même nous tenions derrière Janus, silencieux comme la mort. Un homme que je connaissais à peine, qui ne parlait jamais de lui et qui parlait même rarement. Un homme qui nous était tombé dessus et qui avait débarqué dans nos vies si soudainement, ce même homme venait de se porter volontaire pour une mission simple et pourtant extrêmement délicate, en y plaçant sa vie en jeu. En plus, parmi tous les volontaires, dont je faisais parti, il venait d'être désigné par Xorth, pour sauver sa race. Il devait avoir bien changé, depuis qu'il nous avait imposé imposé sa présence, ce Janus, et comme un bon nombre d'autres choses, je ne m'en étais pas rendu compte...
J'avais l'impression, en marchant derrière lui de servir d'escorte à un haut dignitaire, qui allait prendre un grande décision... Ou d'accompagner pour son dernier voyage un condamné à mort jusqu'à son exécution.
Nous arrivâmes tous dans le labo, toujours silencieux. Mike et moi nous occupâmes de charger les communicateur sur la console principale, pendant que Janus se dirigeait déjà vers le hangar de la foreuse.
_ Attendez un peu ! Ça nécessite un minimum de préparation si vous ne voulez pas griller comme une saucisse ! fit Mike sans relever le nez de la console
Tous dirigèrent leur regards vers lui, mais restèrent silencieux. C'est vrai que le moment n'était pas très bien choisi pour faire de l'esprit, d'autant que cette opération pouvait très bien ne pas fonctionner du tout. Si la lave avait envahi toute la grotte notre installation était foutue...
Comme pour essayer de faire descendre un peu la tension qui régnait entre nous tous, Lyliah se dirigea vers Janus, alors qu'il enfilait sa tenue de protection.
_ Janus, vous vous sentez prêt ?
_ Depuis que j'ai dit que je le ferais, répondit il sur le ton le plus neutre possible.
_ Il y a arrivera Lyliah, il y arrivera, enchaîna Xorth
Je relevais la tête pendant que Mike effectuait les derniers réglages.
_ Bon, alors voilà le plan ! Vous allez devoir emprunté un chemin détourné pour vous rendre à la caverne où ce trouve la Pierre, le tunnel qu'on a déjà emprunté est devenu trop instable à cause des secousse d'avant !
_ Vous savez que Janus ne sait pas piloter cet engin, intervint Nilane
_ Je sais, c'est pourquoi Mike et moi allons le guider pas à pas de la descente à la remonté !
_ Tous les communicateurs sont opérationnels ! fit Mike. Comme ça, on pourra rester en contact permanent, même quand vous devrez quitter la foreuse !
_ Elle peut naviguer sur la lave, à présent ?
_ Oui docteur, reprit Mike, en fait cette fonction était déjà intégrée dans la machine mais elle n'avait jamais été utilisée depuis sa mise en service ! On a juste eu un peu de mal à la ...
_ Bon ça va, je descends, qu'on en finisse avec ça !
Il enfila le casque de sa tenue rapidement et s'en alla vers le sas d'ouverture de la foreuse.
_ Bonne chance ! firent Xorth et Lyliah en même temps.
La porte du hangar se referma derrière lui, nous allumâmes à cette instant les écrans de contrôle. Nilane avait lâché Kara et la tenait à présent par la main pour mieux observer les moniteurs. Elle se plaça derrière Mike... Elle m'évitait toujours, comme si j'avais la peste ! Mais quand cette affaire de Pierre sera finie, je lui parlerais... cette fois, tous les autres était présents, elle ne pourrait pas s'enfuir plus longtemps... à moins que là, ce soit moi qui décide de m'enfuir...
Les premiers essais des communicateurs étaient un peu brouillés, mais ils fonctionnaient. Le nouveau chemin que devait emprunter la foreuse était beaucoup plus sûr que l'était ancien à présent, même s'il était plus long. La descente se déroula parfaitement bien jusqu'à ce que la voix de Janus prit un ton un peu moins assuré.
_ A... attendez, il se passe quelque chose de bizarre ?
_ Quoi ?
_ Je ne sais pas, on dirait que la foreuse a moins de mal à creuser, mais j'ai l'impression qu'elle glisse, ou qu'elle est entraînée par quelque chose !
_ Là !
Xorth me fit voir sur un moniteur auxiliaire qui représentait la machine en coupe, que la tête foreuse clignotait d'une lumière rouge.
_ Arrêtez Janus ! Stoppez tout !
Il s'exécuta, mais le moniteur n'arrêta pas de clignoter pour autant.
_ Diagnostic, Mike ?
_ Echauffement, et un gros !
_ Pourquoi, comment ça fait ? On est pas supposé arrivé à la lave tout de suite !
_ Peut être, mais on dirait qu'elle s'est infiltré par des cavités, et le bouclier thermique est pas encore prêt !
_ Regardez Jonas, fit Lilyah derrière moi, la foreuse penche en avant !
_ C'est pas possible, les moteurs sont à l'arrêt ! Janus, vous l'avez bien fait ?
_ Qu'est ce que vous croyez ! Je ne sais pas piloter cet engin mais je suis capable d'appuyer sur un bouton !
_ La roche est plus friable qu'on pensait ! C'est même possible que si on continue de creuser, la machine va tout simplement tomber dans la lave !
_ Alors on annule l'opération ! Janus, remontez, on va trouver un autre chemin !
_ Pas question !
_ C'est un ordre ! Vous entendez !
_ On aura peut être pas une seconde chance, alors je continue !
_ Jonas...
_ QUOI ?!
Je me retournais, et je vis Xorth qui s'était approché de moi, me regardant dans le blanc des yeux. Je sentis également autre chose, plus bas : C'était Kara. Elle s'était accroché à ma jambe et le serrait très fort, pleurant.
_ Arrêtez de crier, M. Jonas, s'il vous plait...
Je ne m'étais pas rendu compte de je m'étais énervé à ce point en si peu de temps... Xorth ne disait rien et continuait à me fixer. Je pus... je pus percevoir ses pensées, il me les envoyaient, au même moment où je ressentais la peur, la peur de Kara. Xorth avait désigné Janus plutôt qu'un autre, ce n'était pas seulement parce qu'il voulait racheter ses fautes, mais bien qu'il sentait qu'il était plus solide que nous tous pour cette mission délicate qui était la dernière. Il fallait continuer.
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 14 Juin - 19:29

Xorth cessa de me regarder et Kara me lâcha la jambe. Au moment où je me retournais vers l'écran, je pus voir le visage de Nilane. Elle se demandait autant que moi ce qui avait pu pousser sa fille à se précipiter vers moi pour ma calmer... peut être que cette petite, elle, sentait ce qui se passait, ou plutôt, ce qui coinçait, entre sa mère et moi...
_ Janus... Lancez les boucliers thermiques !
_ C'est fait !
_ Maintenant, continuez doucement, rétrogradez d'un cran la vitesse de forage !
_ Ça va prendre plus de temps ! commenta Lyliah
_ Ouais, mais pour économiser l'énergie que nécessite les boucliers, ça vaut mieux ! On avait pas prévu qu'on aurait si tôt besoin d'eux !
Au fur et à mesure que la descente avançait, la lave remplissait peu à peu le tunnel que creusait l'engin. Heureusement, le boucliers tenaient très bien la route, et Janus semblait être à l'aise de se laisser guider. La température de la tête redevint normal, mais bientôt vint la lave, la mer de lave qu'il allait falloir traverser à l'allée et au retour. Je commençais vraiment à me demander, si moi, j'aurais eu le courage d'aller si loin...
_ Les cadrans devant moi l'allument, ça veut dire quoi ? fit Janus
_ Ca veut dire que vous êtes tout prêt de la caverne, vous allez avoir chaud !
_ Qu'est ce que je fais maintenant ?
_ Retrogradez au minimum et avancez ! Les boucliers sont solides, mais il faut très doucement les habituer à la chaleur !
_ Une fois que vous avez creusé un trou suffisament grand, poursuivit Mike, enclenchez les propulseurs auxiliaires pendant quelques secondes et stoppez les tout de suite après !
_ Pourquoi ? Je remonterais plus vite avec ?
_ Parce qu'on peut pas prendre le risque de les griller avant que vous ne remontiez, vous en aurez besoin !
Je surveillait du coin de l'oeil l'était d'échauffement de la carlingue de l'engin, pour l'instant, cela restait dans le vert.
_ Attendez, la lave commence à monter... ça se passe plutôt bien, c'est juste que je pense qu...
Plus rien, je n'entendait plus que des grésillements !
_ Jonas, Mike ! Qu'est ce qui se passe ? fit Lyliah
_ On sait pas ! les communications sont coupés ! répondit Mike
_ C'est peut être à cause de lave !... Non, la surveillance de la machine s'est affolé ! Ça clignote rouge, orange et vert de partout !
Pendant que nous essayons de rétablir la communication, j'aperçus Xorth qui s'éloignait derrière. Il s'assit en tailleur et baissa ses oreilles poilues, d'un air triste.
_ C'est fini... plus d'espoir pour les autres... ma race...
Immédiatement, Lyliah et Kara se dirigèrent vers lui, tentant de le réconforter. Quelques minutes de passèrent, et toujours pas un signe de vie de Janus, les détecteurs de chaleur continuait à clignoter sans arrêt. Soudain, nous entendîmes des bruits bizarres, comme des bulles d'air qui éclataient. Mais au milieu de ces sons étranges...
_ ...rface ... attend... ke... Jona...
_ Janus, Janus, on vous entends ! Mais on vous reçoit très mal, qu'est ce qui se passe ?
Il y eu de nouveau de la neige pendant une trentaine de secondes, tout le monde cessa pendant ce cour laps de temps de respirer. Enfin, on attendit à nouveau une voix claire.
_ Surface, vous m'entendez à la fin ? Surface !
_ On vous reçoit cinq sur cinq !
Mike avait l'air ravit, mais la voix qu'avait Janus n'était pas celle d'un homme content.
_ Qu'est ce que vous faisiez là haut ! Ça fait cinq minutes que je hurle et vous répondiez plus !
_ On ne vous recevez plus non plus, qu'est ce qui s'est passé ?
_ La lave a envahi tout le tunnel et la foreuse a été entraînée par le courant !
_ Où êtes vous maintenant ?
_ A la surface de la lave ! Je suis plus très loin du plafond de la grotte !
_ La Pierre, vous la voyez ? Demanda Nilane
_ Attendez... oui... oui ! Elle est à 100 mètres devant moi !
_ Et l'installation ?
_ Je ne vois pas très bien, mais apparemment, elle est intacte !
Je regardais l'état général de l'appareil sur un moniteur à côté de moi : La structure n'avait subi aucun dommage, mais les boucliers thermiques était descendu à 40 % de leur puissance. Janus devait aller réparer le plus vite possible ...
_ Approchez vous lentement de la Pierre, mais veillez à ne pas à toucher ! Il ne faut pas que la lave remue de trop ou ça pourrait endommager l'installation !
Mike prit le relai et guida Janus jusqu'à ce que la foreuse flottante ne fut plus qu'à un mètre de la Pierre. Il sortit et bondit sur celle ci afin modifier notre travail et enfin pouvoir remonter. Pendant que Mike donnait les instructions nécessaires, Je m'éloignais quelques instants de mes écrans. je fouillais dans ma poche et y pris mon briquet. A présent, ce petit objet était tout ce qui me restait physiquement de mon passé. Même le fumeur que j'étais commençais à disparaître... je me demandais, et si je m'en débarrassais aussi ?
Lyse... c'était toi qui me l'avait offert... Ça veut dire que je dois vraiment t'oublier, parce que j'ai des sentiments vraiment forts pour cette autre femme ? Parce que personne ne pourra te remplacer... Mais... Tu sembles me dire que j'ai aussi le droit de changer, comme Nilane m'a changé la vie... Lyse, je dois vraiment te dire au revoir, j'ai compris. Ce que tu as essayé de me faire comprendre sans rien me dire mais en me le suggérant, je le ferais, parce que j'en ai envie... Et même si elle ne voudra peut être pas l'admettre, je le ferais ! Une petite place sera toujours là pour toi dans ma tête Lyse, merci...
Je fermai ce briquet, et le jetai dans un coin sombre de la pièce. Je revenais en face des moniteurs, alors que Janus semblait avoir fini.
_ Normalement, ça doit fonctionner !
_ T'aurais pu m'aider, Jonas, ça aurait été plus vite !
Suite à cette réflexion, je regardais l'état des détecteurs de chaleur. Bon Dieu ! Les boucliers étaient à 15 % seulement ! Tant pis, nous n'avions plus le temps de faire un 1er test, il fallait activer le forage tout de suite et placer la bombe.
_ Janus, vous avez la machine ?
_ Je l'ai embarqué sous le bras !
_ Alors fixez là et remontez vite ! Vous n'avez plus de temps à prendre ! Les boucliers de la foreuse sont au plus bas !
Après quelques instants passés à relier divers câbles entre eux et à amorcer la détonation qui se produira une fois à l'intérieur de la Pierre, le balafré rejoignit l'engin flottant par dessus la lave, mais ne démarra pas.
_ Alors qu'est ce que vous faites ! Remontez, on vous attends ! cria Mike
_ Déclenchez le forage et faites pêter la bombe.
Tous les autres se rapprochèrent de nous et des écrans de contrôle, Xorth le premier.
_ Racontez pas n'importe quoi et remontez !
_ Si je remonte maintenant, vous n'aurez aucun moyen de savoir si ça a fonctionné ou pas, alors je reste jusqu'à ce que vous démariez le forage !
_ Vous êtes sourd ou quoi ! Je viens de vous dire que vous n'aviez presque plus de boucliers !
_ Alors justement vous feriez mieux de vite activer votre machine qu'on en finisse !
_ Pas question ! firent en même temps Lyliah et Nilane
Mais alors que je ne regardais plus que le moniteur devant moi, une main velue se glissa juste sous mon nez et appuya sur le bouton de démarrage : Xorth !
La machine se déclencha, le processus n'était pas reversible... Nous perdîmes quelques instants plus tard la communication avecla foreuse. Au bout de quelques minutes, nous entendions un explosion sourde... Mais avait elle été efficace ? C'était vrai, seul Janus aurait pu nous dire si cela avait marché, mais à présent...

L'espoir c'était complètement evaporé, au bout de quelques minutes seulement. Cependant le silence fut bientôt brisé, par un son venu de la console.
_ Surface... Surface, vous m'entendez ?
_ Janus ! Est ce que ça va ! On avait plus de nouvelles, comment ça sest passé ! Répondez !
_ Apparemment vous ne m'entendez pas, mais sachez que j'ai vu le forage ! J'ai pas vu la bombe exploser, mais ça a du marcher. La foreuse a été endommagée...remonte... terminé...
La communication se coupa à nouveau. Il ne pouvait nous entendre, mais nous avions bien compris que l'opération avait été un succès total ! Un grand silence tomba sur le labo, avant l'exultation soudaine de tout le monde. Moi je réfléchissais, je devais décider à présent de ce que je devais faire... mais ce fut soudain le hasard qui décida pour moi.
_ C'est réussi, c'est réussi, bravo Jonas !
Nilane venait de m'agripper au cou, me serrant fortement contre elle. Je n'avais pas ressenti ça depuis une éternité : Une étreinte sincère, forte et passionnée. Mais lorsque l'excitation fut passée, elle se détacha de moi, l'ai gênée. Elle avait ce regard quand elle se rendait compte qu'elle venait de faire une erreur.
_ Enfin, bravo à vous ! A Mike et à Janus aussi... j'espère qu'il va savoir remonter sans votre aide.
_ J'espère...
Elle avait de nouveau cet air neutre, impassible, de docteur. Cette fois c'était trop ! Je ne pouvait plus retenir ce que j'avais en moi plus longtemps, tant pis...
_ Nilane !
_ Oui?
_ Pourquoi vous vous enfuyez ?
_ M'enfuir ?
_ Ça suffit ! Je ne veux plus que nous continuions tout les deux à jouer à ce petit jeu !
_ Jonas, qu'est ce qui vous prend ? intervint Lyliah
_ N'interviens pas là dedans fillette ! C'est NOTRE affaire !
Je me rapprochais d'elle, plus déterminée que jamais, si elle ne se décidait toujours pas à ce moment là, je le ferais. Elle essaya une dernière fois d'éviter l'inévitable.
_ Jonas, je... tout les autres...
_ Et bien justement, que tout le monde écoute ce que j'ai à dire !
Nilane... j'ai compris. Depuis que vous m'avez opéré, vous m'avez ramené à la réalité. Au début, je pensais mourir, crever avec tout ce que j'avais appris, me détruire moi, puis tous les autres ! Mais je n'aurais fait que fuir une fois de plus !
Oui, parce que moi aussi, j'ai fuit. Tout ! L'amour, mes pensées, ma joie... Depuis qu'elle est morte, je n'ai pas cessé de fuire tout ce que je pouvais, et même avant.
Son visage prit un air triste.
_ Vous parlez de Lyse, vous avez...
_ Oui, même elle ! J'ai pratiquement refusé son amour parce que c'était trop dur à assumer ! Et pourtant, elle n'a jamais cessé de m'aimer, jamais. Depuis sa mort, je n'ai pensé à rien d'autre que la vengeance. Lorsque j'étais soldat, je pensais qu'elle ne reposerait pas tant que je n'aurais pas annéhanti tous les terriens. Après mon opération par vos soins, je pensais aussi qu'elle ne connaitrait pas le repos tant que Jowy serait encore en vie. mais je me suis trompé sur toute la ligne...
Je fis une pause, pour réfléchir un instant. Tout le monde autour de nous restait stoïque. Nilane de bronchait pas, c'est à peine si elle respirait.
_ Ce qu'elle aurait désiré depuis le début, c'est que je change, que je vive ! Et vous, Nilane qui m'avez changé, c'est grâce à vous si j'en suis là, à trouver un vrai but, un autre que celui de me venger jusqu'à en crever...
_ Jonas, comprenez moi... je ne peux pas, j'ai trop de mauvais souvenirs qui concerne ce genre de choses, ce que vous êtes en train de me suggérer. Il y a eu Kara qui est entrée dans ma vie, mais personne d'autre n'a pu...
Je me lançais, je pris fébrilement ses mains tremblantes dans les miennes.
_ Alors, laissez moi être le 1er... Je ne veux plus fuir ce que j'aime, je ne veux plus fuir ce que dont j'ai peur, je veux simplement vivre ! Alors, vivez, vous aussi !
Nos visages se rapprochèrent lentement, lentement...
_ Je vous... je t'aime, Nilane...
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 14 Juin - 19:32

Chapitre 26 : L'armée d'Etrenank









Kara :

« Maman » et Jonas se rapprochent tout doucement… Comme l’image de la femme et du Xorth dans la fumée. Je sens quelque chose de tout étrange. C’est doux et ça m’écrase, ça m’écrase très fort.
Les autres regardent, avec des grands yeux. Et je ne veux pas voir, je ne veux pas regarder.
Je ne sais pas ce qui se passe et je veux pas le savoir ! Bizarres, ils sont bizarres ! Et ces regards, ces yeux qui fixent la même chose…
Vite, très vite, je passe la porte et m’enfuis en courant. Ils ne m’ont pas vue, ils ne doivent pas m’avoir vue. J’ai toujours la tête lourde, et mes pieds veulent s’envoler.
Courir, courir… Je vois des couloirs, je sors. La lumière est là, les Xorths sont là.
Je sens quelque chose autour, partout. Un peu comme le flash, le petit éclair blanc qui était apparu quand Xorth a touché la pierre noire. C’est ça ! C’est le grand éclair que j’ai senti tout à l’heure ! Oui, oui ! Ils vont guérir ! Les Xorths vont sourire encore et encore !
Celui à la belle cicatrice ! Janus comme disent les autres… Merci !
Je commence à marcher, j’ai le cœur qui me fait mal. Mes jambes s’arrêtent. Où je suis ? Tiens, je savais pas qu’il y avait une aussi grande clairière là-bas, après les drôles de ruines.
Je m’avance, j’essaye de voir le bout. Le ciel est tout près.
En fait y a pas de bout, ça part à la verticale, tout droit ! C’est une falaise, une grande falaise !
J’entends le bruit des vagues. De belles grandes vagues qui tapent sur les rochers, tout en bas. Et je sens une odeur piquante. L’odeur du sel… C’est la mer, la mer bleue qui est là en bas…
C’et la première fois que vois la mer, la vraie mer… comme dans les livres.
Quelque chose crie, non… plusieurs choses crient en même temps ! C’est grand, ça a de belles ailes blanches et bleues et ça vole ! Des oiseaux !
Je lève mes mains bien haut et je crie avec eux. Ils me répondent, il rient, ils rient !
Le vent souffle et les fait planer dans le ciel, tout léger…
J’aimerais voler avec eux… Ca doit être si bien regarder les choses d’en bas !
Et si je m’avançais vers le bord et que je sautais ? Le vent est si fort ! Il peut me porter ! Allez… Une… deux…
Tiens ! On m’attrape ! Qui c’est, qui c’est ? Mais …
Un petit Xorth ! Avec de grands yeux violets… tout brillants…
« Sayto no imteda ! »
Pas sauter ! Il veut pas que je vole tout là-haut !
Il prend une grosse pierre et la jette. Elle tombe et coule dans l’eau… Oh j’ai compris ! si je fais … je vais finir comme la pierre !
Le petit Xorth me retient et me fixe. Curiosité… Intérêt… Qui je suis ? Je suis Kara… Et je… Oooh…
« Yuli, dit le petit Xorth en se tapant la poitrine.
Yuli… ça va vraiment bien avec ses yeux.
Ma tête… je me sens mal… Aïe ! Je vois flou, où es-tu Yuli…

« Elle se réveille ! C’est bon ! »
Quelqu’un me serre dans ses bras… C’est « Maman ». Je suis dans le « Jardin-serre » et Xorth me regarde avec inquiétude.
Qu’est-ce que je fais ici ? Où est Yuli et… et…
« Kara ! Pourquoi t’es-tu sauvé si loin ?! Un jeune Nimrodh t’as ramenée ici. Tu étais évanouie… Que s’est-il passé ?
C’est pas la peine de te demander pourquoi, « Maman »… Tu sais.
Je lui raconte ma rencontre avec Yuli, la falaise et les si grands oiseaux. Elle sourit, Xorth semble se calmer et Jonas est là… pas loin.
Je suis restée endormie toute la nuit et toute l’autre journée d’après. Ça fait beaucoup ! « Maman » me donne mes médicaments et repart. Elle est embrouillée elle aussi…

Une semaine dans le "Jardin-serre"... Une semaine ! J'ai pas revu Yuli... c'est dommage, il avait l'air gentil...
J'ai pas beaucoup bougé et "Maman" n'est pas trop venue me voir. Xorth, Mike, Lilyah et moi on jouent et on rigolent ! Les jeux de Xorth sont très durs... il faut courir ou sauter partout !
Sinon, quand je suis toute seule avec lui, je peigne sa crinière, ça le fait ronronner... C'est rigolo de l'entendre !
Le temps passe très vite et les Xorths sont tous guéris je crois. Tant mieux, je suis heureuse pour eux ! Très heureuse !
Bientôt j'irais voir Aelezig et peut-être Yuli... Je ne veux pas rester dans le "Vaisseau-base", on s'ennuie... Et plein de choses bizarres aussi...




Franck Rhoan ;

Une semaine s’était passée. Une semaine où je ne cessai d’avancer dans mon travail. Le prototype était presque terminé. Mais un doute me tenaillait. Le générateur à plasma allait-il supporter de fournir une telle décharge d’énergie ? Je ne pouvais qu’extrapoler. Construire des éléments de simulation prendrait trop de temps.
Et faire un test concret serait à la fois stupide et dangereux. Il faudrait sortir le générateur du Magellan, puis l’emmener dans un endroit désert, le programmer au maximum, puis créer un arc de puissance pure.
Le tout était complètement déraisonnable. Un tel arc d’énergie serait visible à un système solaire de distance, et repérable par tout les capteur à une année-lumière. Plongé dans mes réflexions, je sursautais lorsque qu’un bruit de cavalcade dans le couloir. Je poussais un profond soupir. Depuis que Bah et les autres étaient remonté de leur trou dans la planète, le Magellan n’avait cessé de grouiller de Nimhrods courant dans tout les sens pour remercier Madame le docteur, sa fille, le Nimhrod Xorth ainsi que Lilyah. Et tout ce beau monde courant sur le métal des couloirs pied nu –ou plutôt griffe nus- faisait un bruit de tout les diables. N’en pouvant plus, je marchais d’un pas énervé vers la porte du labo, que j’ouvris d’un coup sec en m’exclamant d’un ton tout aussi sec :
_ Il n’y a personne à cet étage ! Serait-il possible de travailler dans le calme rien qu’une minute ?
Un nimhrod, ou une nimhrod, se tourna brusquement vers moi en sursautant et, sans doute instinctivement, envoya sa griffe directement vers mon visage. Sans même réfléchir, je retirais ma tête vers l’intérieur du labo, levant les mains pour attraper le bras du Nimhrod. Il recula à son tour, et nous nous dévisageâmes. Il semblait se demander qui j’étais. Mais en ce qui me concernait, c’était plutôt mon mouvement vif qui m’étonnait. Il est à présent clair que le traitement de Bah était efficace. Pas plus tard que la veille, j’avais soulevé la lentille du Remanieur, qui pesait bien une vingtaine de kilos. Je retrouvais rapidement mes forces. Ces médicaments me guérissaient-ils ? Ou ne faisaient-ils que m’insuffler des force jusqu'à la fin, tel un bougie qui, sur le point de se consumer, brille d’autant plus fort ?
_ Kara.
Je revins à la réalité, et au Nimrodh me regardant d’un air interrogateur.
_ Kara, répéta t-il. Où Kara ?
_ Allons bon, murmurais-je.
Levant les yeux au ciel, je m’apprêtais à leur expliquer, lorsque je me rendis compte de l’idiotie dont je ferais alors preuve. Je levais a nouveau les yeux au ciel.
Me voilà forcé de jouer les guides, à présent.
D’un signe désabusé de la main, je leur indiquais de me suivre. Il m’emboîtèrent le pas, et une fois de plus je ne pus m’empêcher de noter la facilité avec laquelle je parcourais le long couloir. J’attendis qu’ils soient tous entrés dans l’ascenseur, puis fis monter l’engin vers le dernier étage. Durant les quelques secondes de trajet, les Nimrodh ne cessèrent de m’observer, ce qui m’irrita plus qu’autre chose. Ce fut donc bien content que je leur indiquai la sortie de l’ascenseur, s’ouvrant sur la biosphère. Mais l’un d’eux me poussa pour sortir plus vite, et je me retrouvais comme un idiot « dehors », les portes de l’ascenseur fermées derrière moi. Un rire attira mon attention. La gamine, Kara, jouait apparemment à un jeu impliquant beaucoup de rire avec des Nimrodh plus petits que les autres. En la regardant attentivement, je ne pus m’empêcher de sourire. Tellement d’innocence pure émanait de son sourire d’enfant. Je me sentis soudain nostalgique, et restait un moment les yeux dans le vague, me remémorant les bons moments des belles années qui me paraissaient si loin à présent.
_ Est-ce moi qui rêve, ou êtes vous vraiment en train de sourire franchement ?
Mon visage se figea immédiatement, et je haussai un sourcil en direction de Lyliah, me traitant mentalement de tous les noms pour ne pas l’avoir remarqué plus tôt. Sans lui prêter attention plus longtemps, je tournai les talons, et appelait l’ascenseur pour redescendre.








Dr Nilane Bah

Une semaine... Deux semaine...

Je me suis accordée ce que je ne m'étais jamais permis, le repos. J'ai beaucoup dormi. Je me suis isolée. J'ai évité mes compagnons de voyage, j'ai laissé à la soercyé, Aelezig, le soin de s'occuper de Kara. J'ai passé des journée à marcher. Parfois avec Jonas. Souvent seule. Je suis partie explorer ce que je pouvais de la planète, avec l'un des appareil du Magellan. J'ai vu d'autre villages, d'autre Nimrodh, auxquels je ne me suis pas montrée. Pas encore.
Parfois, durant mes promenades solitaire, je me suis cachée pour les observer, ces êtres si étonnant. Il y a tant de douceur, de chaleur en eux, et tant de malice, d'intelligence dans leur esprit.
Au coeur de la forêt, j'ai trouvé ce qui a disparut de la terre depuis bien longtemps, une faune et une flore plus riche que nous ne pourrons jamais rêver d'avoir à Etrenank...
C'est une planête où je rêverais de voir grandir Kara, si elle doit grandir. Une planète où je pourrais autoriser Jonas à m'aimer sans craindre des conséquence. Mais pour l'heure, la seule chose à laquelle je dois penser, c'est à empêcher les hommes de voler cette planête aux Nimrodh.
Nous avons bloqué la porte interdimensionnelle. Personne ne pourra nous rejoindre autrement que par l'espace. Dans deux mois la flotte solarienne sera là. Ils doivent considérer les Nimrodh comme très primaire, et peu menaçant.. L'armée qu'ils enverrons sera proportionnelles aux risques encourus. Pas plus de quelques vaisseaux mère... A nous seuls, si nous nous y prenons bien, nous pouvons les affronter.

*
**
*

Il y a, dans le hangar, une centaine de vaisseaux. Ce ne sont pas des vaisseaux de combat, mais on peu les armer. Tous sont doté d'un système furtif qui leur permettrait de s'approcher des vaisseaux mères de l'armée solarienne sans être vus. Et de frapper au bon endroit.
_ Je veux bien, objecte Janus, lorsque j'explose ce plan à mes compagnons. Mais qui pilotera ces vaisseaux ? Nous ne sommes que 6 et les Nimrodh, même si on essaye de leur apprendre à piloter ont très peur de voler.
_ Personne ne pilotera. réponds-je Les vaisseaux seront téléguidés depuis le magellan.
_ Depuis le magellan ? Pour que ça marche il faudrait que nous restions assez près d'eux.
_ Quand les solariens arriverons, nous nous mettrons en orbite autour d'Epsolin, et nous enverrons les vaisseaux, que nous y auront placé d'avance, charger la flotte solarienne.
Mike soupire
_ Cela va être un travail de titan, de préparer ces vaisseaux et de les mettre en orbites.
_ C'est pourquoi nous nous y mettons tout de suite. Les Nimrodh nous aiderons.

*
**
*

Un mois que la maladie des Nimrodh a pris fin.
Kara ne s'est pas levé, ce matin. Je l'ai fait déplacer dans la zone la plus chaude de la biosphère. J'ai dosé ses médicaments au maximum. Je veux que jusqu'au bout elle est la force de parler, de marcher... D'être une petite fille. C'est la première fois qu'elle a des amis de son âge. A Etrenank, on m'avait bien fait comprendre de ne pas mettre ma petite terrienne en contact avec les enfants solariens, de peur qu'elle les contamine... Qu'elle les contamine de quoi ? Le malheur a beau ne pas être contagieux, on le fuit comme la peste.
Je demande aux enfants Nimrodh de continuer à jouer avec elle, même si elle se fatigue vite. Je pleure en cachette sur l'épaule de Jonas.
_ Aide-moi ! Aide-moi !
Je n'ai pas l'habitude de prononcer ces mots, ils trébuchent dans ma bouche. Jonas me serre contre lui et m'embrasse, c'est inutile, ça ne sauve pas Kara, mais ça me donne de la force, de la force pour continuer à faire semblant, à rassurer les autres, à les assurer qu'elle va s'en sortir.
Je m'investit à fond dans l'organisation de la défense. Je vérifie tout, je m'efforce d'être partout. Mais c'est à elle, que je pense. Uniquement à elle.
_ Rhoan... Je vous en supplie...
J'ai cessé tout jeu de pouvoir avec lui. Je suis une mendiante. Je lui quémande la vie de ma fille.
_ Je travaille, me répond Rhoan.
Sa santé physique s'améliore, mais il semble qu'autre chose se détériore en lui. Il est plus sarcastique, plus cassant que jamais, mais ce n'est plus la froideur empoisonnée à laquelle ils nous avait accoutumé. Il semble comme moi, écorché vif. La moindre contrariété déclanche une vague d'insulte non calculée. Il ne joue plus à nous provoquer. Il ne se contrôle plus. Et le désespoir, dans ses yeux, est plus profond que jamais. L'autre soir, alors que je ne parvenais pas à dormir, et que je montait dans la biosphère pour voir Kara, je l'ai croisé qui en revenait. Quand je lui ai demandé ce qu'il faisait là, il m'a simplement répondu :
_ Je voulais me rendre compte.
Il ne mentait pas. Il voulait s'assurer de ce qu'était la maladie de ma fille. Son regard fuyait, comme un petit garçon pris en faute. Pris en flagrant délit d'humanité...

*
**
*
Ce n'est plus qu'une question de semaine avant qu'ils arrivent.
Ce matin, une délégation de Nimrodh, d'une tribu de derrière les montagne est arrivée au village de Xorth. Ils demandaient à rencontrer les dieux. Rencontrer les Dieux. Nous n'en sommes pas. Les enfants qui jouent avec Kara le savent. J'ai demander à Janus de les voir. Mon Dieu, il y aura tant à faire, quand tout sera fini. Il faudra expliquer, en douceur à cette race la réalité de leur nature, de la notre. Et ce que nous pouvons accomplir ensemble. Il se peut qu'ils ne veuillent pas de nous. Peut-être faudra-t-il que nous repartions. Mais où irons nous ?
Jonas a changé.
Non, c'est faux, il n'a pas changé, il a juste cessé de faire semblant d'être quelqu'un d'autre. C'est étrange, comme tout me paraît à présent d'une évidence absolue. Lorsque je me souvient de la première fois où il m'est apparu sur le champs de bataille, cette expression de mépris sur le visage, cette arme à la main, j'ai le sentiment que même à ce moment là, je savais, que j'avais dés le premier instant cerné l'imposture, et éprouvé le besoin à tout prix de l'obliger à sortir de ce personnage, de devenir lui...
Ce soir, je charge Kara sur mon dos, et je l'emmène au dehors, respirer l'air de la nuit. Elle est devenue bien lourde, en huit ans. Je chantonne en marchant sous les étoiles.
_ Là bas, lui dis-je, c'est d'où nous venons. C'est le système solaire. Il y a la terre près de cette étoile.
Je la dépose sur le sol de mousse, et l'allonge, pour qu'elle puisse mieux voir.
_ La terre, c'est d'où nous venons ? me demande
_ Oui, ma chérie. C'est là que nous étions avant la colonie. Ton... Ton papa, et ta vraie maman étaient là-bas.
Je m'allonge près d'elle.
_ Comment étaient-ils, maman ?
_ Je ne sais pas. Je suis sûre qu'ils t'aimaient très très fort. Et qu'ils t'aiment encore.
Je l'attire contre moi. Elle pose la tête sur mes genoux, et ferme les yeux.
_ Ça fait quoi, de mourir ?
_ Je suppose, dis-je d'une voix douce, que c'est comme dormir, mais très, très, très profond...
_ Et je les retrouverais ?
_ Oui, ma puce, tu les retrouveras.
Je me tais. Je la laisse s'endormir et embrasse son front.
Je continue à regarder le ciel. On a bien avancé. On est bientôt près.

*
**
*
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 14 Juin - 19:33

C'est un jour chaud. J'ai rejoint Janus au village, pour accueillir les délégués d'autres tribus. Il y en a de plus en plus qui arrive. Xorth leur a traduit mes paroles. J'ai habilement tourné l'histoire de nos deux race afin qu'elle reste proche de leur légendes. Ils accueillent avec une certaine surprise le fait que nous soyons mortels, et sensibles aux maladie. Ils attendent quelque chose de nous. Une récompense pour avoir cru en nous si longtemps. J'aimerais promettre que la récompense, c'est tout ce que nos deux peuple pourrait construire ensemble, mais je ne parle pas au nom de mon peuple.
Pour eux, peu importe. Nous sommes leurs dieux. Je parle de la menace qui viendra du ciel, et contre laquelle nous nous sommes préparer, mais ça ne les inquiète pas. Nous sommes là pour les protéger. C'est alors que Mike survient dans la hutte.
_ Nilane ! Jonas réclame tout le monde au vaisseau, et vite.
Janus se redresse brusquement :
_ Ils sont là ?
_ Ça pour être là, ils sont pas ailleurs ! Venez.
Nous suivons Mike au dehors, descendons de l'arbre et le poursuivons dans la forêt. Je l'appelle tout en courant :
_ Mike, tu voulais dire quoi, par "ils sont là, et bien là" ?
_ Nilane, tu t'es plantée. On s'est préparés en pensant qu'ils n'enverrait qu'une petite flotte, mais c'est l'invincible armada !
_ Quoi ? Mais c'est absurde ! Pourquoi !
_ Ils doivent avoir une raison qu'on connais pas. On est coupé d'Etrenank depuis des mois, on a aucune idée de où en est la guerre.
Toute une armada ! Comment va-t-on faire ? On ne fera jamais le poid.
Lyliah nous attends aux porte du Magellan.
_ Il est dans la salle des commande, se contente-elle de dire.
A peine avons nous franchis le sas que les propulseur se mettent en marche.
M'efforçant de tenir debout sur mes jambes, je cours à travers les couloirs du vaisseau, secoués par le décollage précipité. L'accélération manque de nous plaquer au sol. Je me rattrape au bras de Mike, avant de perdre l'équilibre.
_ Mais à quoi il joue ? Qu'est-ce qu'il espère ?
_ Il ne joue pas, il n'espère rien, fait Lyliah à coté de moi. C'est Jonas.
Les secousses ont cessée. Le vaisseau est parvenu à s'arracher à l'attraction du sol. Nous avons du quitter l'athmosphère.
_ Où est Kara ?
_ Je l'ai laissé avec Xorth, dans la mini biosphère. Elle y sera plus en sécurité.
_ Tu en es sûre? fait Mike avec un sourire sans joie.
Nous rejoignons le poste de pilotage. Jonas est installé au commande, la mâchoire serrée par la concentration.
_ Je les vois, nous dit-il simplement.
Nous le rejoignons devant l'écran de contrôle. A présent, ce qui, depuis le sol, n'était qu'une succession de signaux radar, est maintenant une réalité. Devant nous, des vaisseaux solarienx. Pas une poignée. Mike a raison. Toute une armada. Elle approche. Elle sera en vue d'ici peu.
_ C'est notre faute, murmure Lilyah. C'est nous qui les avons amenés.
_ On devrais filer, s'enfuir loin, avant que l'armée attaque. murmure Mike d'une voix blanche. On est rapide, maintenant. On peu sauver notre peau !
_ Et les Nimrodh ? Rétorque la Lyliah. Ils n'ont pas de technologie. Ils ne tiendront pas, face à cette armée-là ! On leur a assuré qu'on les défendrait. On va les laisser à leur sort ?
Jonas et moi, nous ne disons rien. Nous nous regardons silencieusement. Je hoche la tête.
_ Nous ne sommes pas assez fort. Nous n'avons aucune chance de tenir.
_ Mais nous sommes les seuls entre eux et les Nimrodh, me réponds-il simplement.
Le silence retombe. Nous regardons l'écran radar. On ne peut pas se permettre de fuir. Et nous n'avons rien pour faire face.
_ Que faisons nous ?
_ Vous ne faites rien, fait une voix derrière nous.
Nous sursautons tous et nous nous retournons.
Franck Rhoan. Ca fait une semaine que je ne l'ai pas vu, il se fait apporter ses repas dans son labo et y travaille jour et nuit. Pour la première fois depuis tout ce temps, il est sorti de son mutisme, et de son labo. Mais est-ce vraiment lui ? Son visage s'est creusé. Son teint est blafard. Il parait si vieux, si vieux à présent.
_ Rhoan, que...
Mais il me coupe.
_ Je veux que vous m'ameniez, dans mon labo, une de ces combinaisons autonomes destinés au travaux dans l'espace. Je veux que vous me la fassiez apporter par Kara, et seulement par Kara. Que personne ne l'accompagne. Ensuite, je veux que vous déverrouiller les sas qui sont à mon niveau.
_ Vous allez sortir sur la coque ? Mais pourquoi ?
_ J'ai à faire. Mais rassurez vous, je vais avant tout tenir mon engagement envers vous.
_ Que voulez vous dire ? Elle est prête ? Vous l'avez finie ?
Mais il est déjà reparti vers le couloir.
_ Dépêchez vous de m'envoyer Kara. Nous n'avons plus que quelques minutes !
Il dit et repart. Je reste immobile, stupéfaite. Elle est prête... J'attends ce moment depuis...
Je regarde les autres. Je regarde Jonas. Un imperceptible malaise plane sur chacun de nous. Je n'ose penser à ce que Rhoan compte faire, après...
_ Ne lui envoie pas Kara, dit soudain Mike. Ne l'envoie pas chez ce malade.
Jonas lui, me regarde inquiet, pour un autre raison.
_ Est-ce qu'elle sera capable de marcher seule, jusqu'en bas ?
_ Elle le sera, dis-je.





Xorth :

Voilà quelques minutes que nous avions décollé. Pour la seconde fois, je pus voir Epsolin flottant dans le grand vide. Kara était à côté de moi, assise. Elle n'allait pas bien ces derniers temps et je le sentais.
Sa mère, la Soercyé, nous rejoignit, un paquet sous le bras. Elle se rapprocha de nous et s'agenouilla devant Kara
_ Kara, ma chérie, lui dit-elle doucement. Je sais que tu es très fatiguée, mais dans peu de temps, ça va aller mieux.
_ C'est vrai ? demanda Kara, une lueur dans le regard.
_ Oui ma chérie, mais pour ça, il va falloir que tu apporte ça à l'homme aux cheveux blanc, expliqua la Soercyé en tendant le paquet à Kara.
Kara se leva et prit le paquet. Je me redressai aussi et nous sortîmes tout les trois de la biosphère. Lorsque l'ascenseur s'arrêta, Kara sortit, accompagnée de sa mère. Je voulus moi aussi les accompagner, mais la Soercyé me stoppa:
_ Xorth, je souhaiterai que tu ailles rejoindre les autres dans la salle de contrôle. Je dois parler seule avec Kara.
_ D'accord, répondis-je.
_ Pourquoi Xorth ne vient pas ? demanda Kara.
_ Kara, il faut que je tu m'écoutes attentivement, commença la Soercyé.
Je ne pus entendre la suite car l'ascenseur repartit, m'emmenant à l'étage où se situait la salle de contrôle. Je ne comprenais pas très bien ce qu'il se passait. Mais j'espérais bien que quelqu'un à la salle de contrôle me le dise... Mais quand j'arrivai dans la salle, tout le monde avait les yeux figés sur la fenêtre ou sur les écrans.
_ Qu'est ce qui se passe ? demandai-je.
Ils sursautèrent à ma question. Ils ne m'avaient apparemment pas entendu entrer.
_ Ah ! C'est toi Xorth ! dit Mike.
_ Il se passe que c'est très mal partit, annonça brusquement Jonas.
Je m'approchai à mon tour de la fenêtre et resta sans voix. Des dizaines de vaisseaux étaient visibles. Je regarda l'un des écrans qui montrait l'un d'eux de près: Ces vaisseaux étaient visiblement menaçants.
Mon peuple avait survécu à une maladie mortelle. Mais parviendrait-il à survivre à... ça ?
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MessageSujet: Re: Nimrodh, les oubliés   Sam 14 Juin - 19:34

Franck Rhoan :

Je courais presque dans les couloirs. La porte de la salle des machines apparut enfin à mes yeux, et je m’y précipitai, haletant. Nous avions si peu de temps. Je me sentis faible, comme vidé de toute substance. Je ne m’étais pas trompé en estimant que mon regain de vitalité des dernières semaines devais être temporaire. Je devais me dépêcher. Je m’approchais du générateur à plasma, et débranchait un à un des fils que j’y avais connecté. Le reste de puissance laissé dans les batteries du Magellan devrait suffire à revenir sain et sauf sur Terre. Lorsque je déconnectai le dernier fil, je sentis le Magellan ralentir. Le générateur en main, je revins à l’ascenseur. Arrivé au premier étage je me mis vraiment à courir vers le laboratoire, tout en comptant les secondes dans ma tête. Il me fallais être prêt avant le premier tir ennemi.
Pourvu que le prototype ait la puissance nécessaire...

A deux pas de la porte du laboratoire, je me figeai. La jeune Kara était là, l’air tout aussi fatiguée que moi, portant dans ses bras la combinaison que j’ai demandée. Je la fixai. Le cancer avait manifestement beaucoup avancé.
_ Entre avec moi, lui dis-je.
_ Maman m’a dit de me méfier, dit-elle d’une voix faible.

Sans réfléchir, je lui pris le bras bionique et la força à entrer avec moi. Le prototype était là, et je le passai en revue. Quatre mètres de haut, deux de large. Divisé en deux parties, la première en forme de demi sphère et fixée au sol par aimant, la deuxième en forme de cylindre long de deux mètre cinquante et large de trente centimètre, actuellement positionné à la verticale. Je traînai Kara jusqu'à un siège, malgré sa faible résistance, et l’y attachai.
_ Cela va faire mal, la prévins-je, la faiblesse de mon ton me surprenant moi-même.

Elle ne répondit pas. Elle avait manifestement perdu connaissance. Allant doucement, je retirai sa greffe bionique, puis revint vers le 2R2M. Je positionnai le générateur à plasma à l’intérieur, puis lui fis délivrer sa puissance. La partie supérieure se mit à scintiller. J’attendis que le production soit au maximum, puis m’approchait du clavier de contrôle. Pianotant aussi rapidement que possible, j’entrai la procédure en trois parties. La première devait désassembler toutes les cellules cancéreuses et celles à proximité. La deuxième rassembler des cellules neuves pour les remplacer. Enfin la troisième était d’assembler un nouveau bras en copiant les cellules de celui restant. Le tout en une microseconde. Toujours comptant dans ma tête, je finis ma programmation. Il ne me restait plus qu’à activer la machine.
Et si mes calculs étaient faux, et si cette modification pompait toute l’énergie du générateur, nous laissant sans défense, et si mon système de stockage d’énergie ne fonctionnait pas...
Ma main hésita au-dessus de la commande. Trop de « si ». Je retint ma respiration, et appuyai. Un vrombissement annonça l’activation. Je fermai les yeux, priant presque. Lorsque que je les rouvris, Kara était toujours là. Toujours évanouie, mais entière. Son nouveau bras était un peu plus pâle que l’autre, la peau étant neuve. Je la soulevai dans mes bras, et marcha difficilement vers la porte du laboratoire, puis dans le couloir. Je la déposai dans l’ascenseur, l’adossant à une paroi, programmait l’étage du cockpit, puis je retournai à nouveau dans le laboratoire. Je branchai la communication vers la salle de pilotage, et rassembla mes forces pour avoir une voix stable.
_ Bah, appelais-je dans l’appareil tout en enfilant la combinaison, ouvrez les sas.
_ Vous êtes sûr de …

Je débranchai la communication sans la laisser finir. J’essayais de calmer ma respiration saccadée, et d’ignorer la douleur lancinante qui parcourait mon torse. Les secondes continuèrent de s’écouler. D’après mes calculs, je disposais de neuf minutes à partir de mon départ du poste de pilotage. Cela faisait déjà six minutes et dix-huit secondes.
Ouvrez ce foutu sas, Bah !
Enfin, dans un énorme grincement, les panneaux commencèrent à s’écarter, s’ouvrant sur le vide spatial. Mes mouvements ralentis par le manque de pesanteur, je guidai le 2R2M dehors avec moi, son système d’adhérence au métal par aimant évitant qu’il ne se perde. Je fixai un instant la flotte humaine. Elle était réellement énorme. Je n’en avais jamais vu d’aussi grande.
Au moins, les vaisseaux sont assez rapprochés les uns des autres.
Le temps manquait de plus en plus, et je me hâtai de programmer le prototype.
Huit minutes et trois secondes.
A une vingtaine de secondes de ma première prévision de tir, je terminai la programmation, et mis en route le 2R2M, qui commença à accumuler l’énergie nécessaire.
Huit minutes et cinquante quatre seconde.
Soudain, je vis que ça y était, et je me couvris les yeux. Je sentis littéralement le tir, et surtout l’entendis.

*
Dr Nilane Bah
Une secousse et un sifflement épouvantable, perçant, inimitable... Le même. Et devant nos yeux, tout devient de ce blanc effroyable que je n'ai jamais réussi à oublier.
_ NON ! Me mets-je à crier.
J'esquisse un geste en direction du micro, il l'a débranché, mais je veux le joindre, je...
La lumière blanche s'est déjà estompée, découvrant devant nous, cet espace vide, désespérément vide.
Plus le moindre vaisseau sur le radar. Plus rien devant nous.
Plus rien...
J'achève le geste que j'avais suspendu et arrache le micro de la main de Jonas.
_ RHOAN ! RHOAN REPONDEZ IMMEDIATEMENT !
Silence. Pas le moindre grésillement. Son micro est toujours débranché. Je sens en moi une fureur effrayante, incontrôlable.
_ Soercyé ! me crie Xorth, derrière moi.
J'entends dans ma tête une musique douce, et il me vient d'étranges image, des images apaisantes, qui ne m'appartiennent pas. Xorth m'envoie ce qu'il peut de lui même pour m'apaiser, comme je le faisait quand il était malade.
Je me retourne et lui sourit.
_ Ce n'est rien, Xorth. Ce n'est rien.
Lilyah a toujours les yeux fixé sur l'écran, écarquillé...
_ C'est réellement comme ça que ça s'est passé ?
Je hoche la tête.
_ Oui, Lyliah, c'est ainsi qu'à été effacée Itokyo.
J'observe un à un les visages de mes compagnons. C'est une chose de l'avoir entendu raconté. C'en est une autre de le vivre. Ils sont sous le choc.
Mike me regarde avec des yeux ronds.
_ Mais comment ?
Je chasse la question d'un mouvement de main. Je ne sais pas comment j'ai fait pour survivre à ça. Je me souviens juste d'avoir couru. Je n'ai pas envie de m'en souvenir.
J'ai les poings encore serrés, malgré moi. Je croise le regard de Janus.
_ C'est ce que nous voulions, me dit-il. Nous voulions sauver la planête Nimrodh. Elle est sauvée. Quel que soit le moyens que nous pouvions employer, il aurait ressemblé à celui là.
_ Il a raison, Nilane, murmure Jonas dans mon dos.
Un tintement sonore me ramène à la réalité. la porte du poste de commande vient de s'ouvrir. Et Kara la franchit. Elle sourit. Elle me tends ces deux bras. Oui, ses DEUX bras, de chair l'un comme l'autre.
_ Je me sens bien, Maman, est-ce que je suis guérie ?
Je m'approche, touche son nouveau bras tout neuf, prend son poul...
_ Oui, ma chérie, dis-je en l'attirant contre moi. Tu es guérie. Tu es bien guérie, cette fois.
Et je la serre, fort, très fort, souriant sans parvenir à m'en empêcher.
_ Rhoan n'est pas encore rentré, fait remarquer Mike, toujours près des commande.
La remarque s'adresse à moi. En toute logique, je devrais avoir une réaction quelconque mais je l'ai entendu sans l'entendre. Je continue à embrasser ma fille. Tout m'est tellement égal à présent.

**

Franck Rhoan

Je l’ai fais encore, je me suis servis de mes connaissances pour tuer.
Je contemple l’espace sans réfléchir. Je me suis toujours gaussé des gens prétendant voir leur vie défiler juste avant de mourir. A présent je me rends compte que ce n’est pas si faux. Par gestes lents, je retire le générateur à plasma de son étreinte de métal. D’un même geste, je branche la communication avec le poste de pilotage.
_ Docteur ? Dis-je d’une voix calme, posée, qui me semble ne pas être la mienne. Pourriez-vous veiller à ce que le 2R2M soit détruit, je vous prie ?
Comme plus tôt, je coupe la communication sans attendre la réponse. Serrant le générateur contre moi, je désactive l’adhésion par aimant de ma combinaison, et donne une poussée contre la coque du Magellan. Mètres par mètres, je m’éloigne. A une vingtaine de mètres environ, je lance une dernière communication.
_ Docteur Nilane Bah ? Dis-je de cette voix presque lointaine, je…je suis désolé.
Fermant les yeux, sourd à toute réponse. Lentement, j’enclenche la décharge progressive mais totale du générateur, provoquant un sillon lumineux d’énergie suivant ma dérive. Je sens les radiation émises par le plasma me transpercer de part en pars, telles des lames. Mon esprit sombre peu à peu. Juste avant de sombrer, une pensée me traverse.
Quelle meilleure fin pour un génie, que de mourir en compagnie de sa meilleure inventions?
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